Ces exemples montrent comment les services d'information sur les marchés agricoles (SIM) - qui sont chargés de la collecte et de la diffusion d'informations sur les prix des produits agricoles - tentent de résoudre leur principal problème: porter l'information à la connaissance des agriculteurs. Selon Andrew Shepherd du Groupe de la commercialisation et des approvisionnements agricoles d'AG, " dans les pays en développement, les producteurs ont aujourd'hui plus que jamais besoin d'informations à jour sur les marchés. Celles-ci leur permettent de planifier leur production en fonction de la demande, de programmer leurs récoltes au moment le plus avantageux, de décider à quels marchés envoyer leur production, et de traiter avec les négociants en meilleure connaissance de cause."
Malheureusement, déclare Shepherd, dans bien des cas les SIM "n'ont pas été d'une grande utilité jusqu'à présent". Une enquête menée par la FAO au milieu des années 90, a révélé que des services d'information sur les marchés avaient été mis en place dans bon nombre de pays en développement, mais que la grande majorité d'entre eux se concentraient sur la collecte de données et fournissaient bien peu d'informations commercialement utiles à la communauté agricole.
La radio est également le moyen de diffusion préféré au Mali, dont le service d'information sur les marchés a été radicalement restructuré en 1999 - le gouvernement a pris en charge le financement du service jusque là assuré par plusieurs donateurs, en a confié la gestion à la Chambre d'agriculture du Mali (APCAM) et a mis en place 22 bureaux décentralisés dans tout le pays. Liées par contrat à l'APCAM, 24 stations de radio locales diffusent désormais les informations sur les prix et la production rassemblées par ces unités. Au Ghana, où des informations sur les prix sont recueillies dans de nombreux marchés locaux, le SIM national ne tire pas encore pleinement parti des quelque 45 stations FM locales qui opèrent aujourd'hui dans le pays. Toutefois, un programme pilote centré sur le marché d'Asesewa, dans la région orientale, a utilisé efficacement trois stations FM, desservant des groupes linguistiques différents, pour encourager les agriculteurs à aller au marché au moment où les prix sont les plus favorables.
Internet et téléphones cellulaires. es stations de radio africaines pourraient accomplir elles-mêmes une grande partie de la tâche de collecte de données, grâce à la diffusion de la technologie des communications dans la région. En Afrique du Sud, par exemple, le site web Agritel (http://www.agritel.co.za/) offre chaque jour des informations sur les prix pratiqués dans tous les marchés de gros du pays, tandis que le marché à terme du pays (http://www.safex.co.za/) communique les prix des contrats à terme pour les céréales.
Là où Internet n'est pas accessible, les télécopieurs, les téléphones mobiles et les ordinateurs le sont en revanche bien souvent. Au Cambodge, une station de radio FM de Phnom Penh diffuse chaque jour les informations sur les marchés directement fournies par un reporter qui arpente les marchés de la ville muni d'un téléphone portable pour relever les prix et interroger les commerçants et les consommateurs. Selon Shepherd, "en Afrique, la disponibilité grandissante de réseaux de téléphonie mobile ou cellulaire permet de recueillir les informations localement, tandis que leur traitement et leur distribution aux stations de radio pourraient être centralisés, comme en Ouganda".
Si la technologie moderne de l'information effleure encore à peine bon nombre de pays en développement, d'après Shepherd ses potentialités commencent à être perçues, souvent dans les zones agricoles longtemps associées à la pauvreté rurale. "Au Mali, huit de ces unités SIM décentralisées sont reliées par un système de radiotéléphone FM et équipées de modems, ce qui leur permet de communiquer par courrier électronique les informations sur les prix dont elles disposent aux autres unités et au bureau central à Bamako. Aujourd'hui les agriculteurs demandent à utiliser ce système pour transmettre des offres d'achat-vente, ouvrant ainsi la voie au commerce électronique des cultures vivrières."
Publié en avril 2001