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Archives Octobre 1998

 
CE deuxième numéro du Magazine "Agriculture 21" sort à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation et de la deuxième campagne TeleFood, programme télévisé transmis en mondovision, à l'appui du combat contre la faim dans le monde. Le thème retenu pour la Journée mondiale de l'alimentation et la campagne TeleFood de cette année est "Les femmes nourrissent le monde", afin de rendre hommage aux femmes rurales pour leur rôle déterminant dans la sécurité alimentaire au niveau des ménages, des pays et du monde.

Le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a déclaré que "Dans de nombreux pays, notamment dans les pays en développement et dans les sociétés agricoles, la production vivrière de base, les cultures de rapport et l'élevage reposent essentiellement sur le travail des femmes. Or, la plupart du temps, leur travail n'est pas payé ou reste honteusement sous-payé, et les producteurs d'outils agricoles, les chercheurs et les vulgarisateurs ne se préoccupent guère d'alléger le fardeau que portent les femmes".

Avec la présente édition, nous publions les résultats d'une étude - réalisée par le FIDA et le Département de l'agriculture de la FAO - qui fait le point. Selon cette étude portant sur cinq pays d'Afrique subsaharienne, de nombreuses femmes rurales contribuent à "nourrir le monde" en utilisant des outils de conception et de fabrication médiocres, et n'ont pas du tout ou que très peu accès aux revenus, au crédit et à la formation qui leur permettrait d'adopter des techniques plus efficaces et plus productives. Le rapport encourage les services agricoles à faire participer les agricultrices à la formation à la production, à promouvoir des consultations entre les forgerons et leurs clientes, et à donner des conseils sur les outils et les matériels agricoles dans les campagnes de vulgarisation. Voir Focus: Les femmes et les outils agricoles.


Nouveau regard sur les financements agricoles

Le volume du crédit agricole s'est réduit dans de nombreux pays en développement depuis le début des années 80. De nombreuses banques de développement agricole ont fermé leur porte durant cette période, et bien souvent les institutions qui sont restées debout manquent des compétences nécessaires en matière d'organisation et de gestion pour servir les petits agriculteurs. Le Groupe des financements ruraux du Département de l'agriculture et l'Office allemand de la coopération technique collaborent à une nouvelle série de publications "Nouveau regard sur les financements agricoles", qui analysera l'impact des techniques financières modernes sur la clientèle modeste et élaborera des politiques plus judicieuses et de meilleures pratiques. Six modules ont été prévus, portant sur l'expérience de la FAO et de l'Office allemand de la coopération technique, la formulation de politiques au niveau national, des technologies et la mobilisation de ressources pour des institutions financières, la réglementation et la supervision et des moyens d'améliorer les compétences des exploitants agricoles en matière de finances. Suivre ce lien pour plus de détails et pour télécharger les deux premiers modules.


Focus  Les semences de l'espoir durant la catastrophe

Le Service des semences et des ressources phytogénétiques du Département de l'agriculture cherche un appui pour le Congrès mondial sur les semences, prévu pour l'an 2000, afin d'orienter les initiatives de la FAO visant à renforcer le secteur des semences dans les pays en développement. Il s'agira en particulier de renforcer la "sécurité semencière" durant les catastrophes naturelles ou dues à l'homme, lorsque les agriculteurs perdent souvent non seulement leurs récoltes mais aussi du matériel végétal indispensable pour la campagne suivante. Selon le Service des semences et des ressources phytogénétiques, quelque 1,5 milliard de personnes vivent dans des familles agricoles qui produisent encore elles-mêmes la grande partie des semences qu'elles utilisent. Durant les crises, les organismes d'aide fournissent souvent des variétés de semences importées qui ne sont pas adaptées aux conditions locales, ce qui peut faire baisser les rendements et affecter la sécurité alimentaire à longue échéance. Une solution consiste à renvoyer dans les zones touchées des variétés cultivées recueillies dans les banques de gènes à des fins de conservation. Pour plus de détails, voir Focus: Vers la sécurité semencière.


Mise en place du Centre pour le contrôle des aliments et des pesticides (FAO/AIEA)

Un centre FAO/IAEA vient d'être mis en place pour aider les pays en développement à se conformer aux accords internationaux sur l'innocuité des aliments et le contrôle et l'utilisation sans danger des pesticides. En vertu des dispositions de l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires signé récemment, de nombreux pays doivent moderniser leurs installations de laboratoire et recycler leur personnel afin de surveiller une vaste gamme de contaminants alimentaires microbiologiques et chimiques. De même, la législation et les accords internationaux concernant le contrôle des pesticides - en particulier le Code international de conduite pour la distribution et l'utilisation des pesticides de la FAO - exigent une analyse de la qualité des pesticides vendus dans le commerce et de la concentration de résidus de pesticides dans les aliments et l'environnement. Le nouveau Centre de formation et de référence pour le contrôle des aliments et des pesticides (FAO/AIEA) fournira des services de formation, d'assurance qualité et de transfert de technologie. Pour plus de détails, voir les activités de 1998 du centre.


Epidémie de peste bovine en Russie

A la suite de l'épidémie de peste bovine qui a frappé la région d'Amur en Fédération de Russie, les experts de la santé animale de la FAO estiment qu'un foyer caché de la maladie pourrait menacer quelque part en Russie d'Asie, en Mongolie ou en Chine. La peste bovine est considérée endémique en Asie seulement dans des zones du Pakistan, de l'Afghanistan et de la Péninsule arabique. L'épidémie d'Amur - signalée en août dans un village près de la frontière chinoise - rappelle un cas analogue près de la frontière mongolienne en 1992: cette épidémie s'était manifestée à plus de 3 500 km du foyer endémique le plus proche connu de la maladie, au Pakistan, et son origine demeure un mystère. La FAO, qui coordonne le Programme mondial d'éradication de la peste bovine, oeuvre avec l'Office international des épizooties (OIE), les autorités vétérinaires russes et des pays de la région pour découvrir l'origine de la dernière épidémie. Pour plus de détails sur la peste bovine, voir le Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes (EMPRES) de la FAO.


Focus  Dialogue pour résoudre les conflits concernant les terres

La Division de la mise en valeur des terres et des eaux de la FAO travaille avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement en vue de promouvoir le dialogue entre les parties prenantes pour l'utilisation des ressources en terre. Il n'y a pas de temps à perdre: depuis les années 50, selon certaines estimations, plus de 12 millions de km_ de la surface du globe ont été "modérément ou gravement dégradés" par les activités humaines. La population mondiale devant atteindre plus de 8 milliards d'habitants dans 25 ans, l'agriculture aura besoin de toutes les ressources disponibles pour répondre à la demande croissante d'aliments et de produits non alimentaires. La Division de la mise en valeur des terres et des eaux et le PNUE élaborent actuellement une nouvelle stratégie en vue de combler le fossé entre les objectifs de production des utilisateurs des terres et la nécessité à long terme de préserver l'environnement. La solution réside dans un accord négocié reposant sur des mécanismes et des institutions qui facilitent la participation de toutes les parties prenantes, notamment des plus pauvres. Voir notre article En vedette: Résoudre les conflits concernant les terres.


Pleins feux sur les plantes cultivées andines sous-utilisées

Au cours des millénaires, les agriculteurs andins ont conservé, adapté et développé plus de 70 plantes vivrières. Certaines d'entre elles - notamment la pomme de terre, le maïs, la patate douce et les haricots - sont aujourd'hui des aliments de base pour une bonne partie de la population mondiale. Mais elles comprennent un très grand nombre d'autres pseudo-céréales, légumineuses, plantes racines, tubercules, légumes et fruits sous-utilisés qui pourraient convenir aux montagnes, aux vallées tropicales et subtropicales de l'Amérique latine et d'autres régions. Une réunion tenue récemment au Pérou, parrainée en partie par le Service des cultures et des herbages du Département de l'agriculture, a réuni 32 spécialistes régionaux des plantes qui ont examiné les progrès accomplis concernant l'amélioration génétique, l'agronomie et le transfert de technologie pour les plantes cultivées andines, en particulier trois variétés de céréales riches en protéines: Chenopodium quinoa (quinoa), Amaranthus caudatus (amarante, kiwicha) et Lupinus mutabilis (lupin ou tarwi). Les participants ont déclaré que le principal obstacle à un nouveau développement de ces plantes cultivées est leur faible productivité en utilisant les techniques agricoles disponibles, et l'insuffisance de la demande. La réunion a préparé des projets nationaux pour la production durable et l'utilisation accrue du quinoa, de l'amarante et du lupin.


Les pays en développement sont les plus gros utilisateurs d'engrais

La consommation d'engrais est maintenant plus forte dans les pays en développement que dans le monde développé. Des études réalisées par le Service de la gestion de la nutrition des plantes du Département de l'agriculture montrent que la consommation totale d'engrais dans le monde en développement est passée de 20 % au début des années 70 à environ 55 %. Par ailleurs, la production s'est déplacée des pays développés - notamment d'Europe de l'Ouest - vers les pays en développement. Ces tendances sont confirmées par le dernier rapport du Service de la gestion de la nutrition des plantes sur la situation actuelle et les perspectives des engrais dans le monde. En 1996/97, la consommation d'engrais dans le monde a augmenté de près de 3 % - soit environ 3,8 millions de tonnes - avec des accroissements enregistrés dans toutes les régions. Elle a progressé de 12,5 % en Amérique latine, 11,8 % en Europe de l'Est, 5,4 % en Afrique et 4,7 % en Asie de l'Est. Si la consommation globale a augmenté de 5,7 % en Amérique du Nord, elle a augmenté d'un peu plus de 2 % en Europe de l'Ouest et de 1,6 % en Océanie. Le rapport peut être téléchargé en fichier pdf (222K).

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