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Focus / 1999

Suivi des ressources en terre et en eau

Les données actuelles sur la terre et l'eau présentent d'importantes lacunes et sont souvent de qualité médiocre
  
Cet article est basé sur le rapport Suivi des ressources en terre et en eau, présenté à la 15ème session du Comité de l'Agriculture (COAG) de la FAO qui a eu lieu à Rome du 25 au 29 janvier 1999. Toute la documentation COAG est également disponible

L'information sur la terre et l'eau ne constitue pas seulement l'assise de la planification nationale mais fournira aussi les premiers éléments des systèmes régionaux et mondiaux nécessaires pour surveiller la sécurité alimentaire et la santé de notre planète.

La FAO encourage l'élaboration de systèmes de suivi - fondés sur des indicateurs universellement acceptés - qui pourvoient l'information nécessaire à la prise de décisions raisonnables concernant la gestion durable des ressources en terre et en eau, et permettra également de mieux comprendre les processus et tendances en matière de dégradation. Cette approche permet l'adoption de mesures efficaces de prévention, de lutte et de restauration

Les données nationales actuelles sur la terre et l'eau présentent cependant d'importantes lacunes et sont souvent de qualité médiocre, notamment dans les pays les moins avancés. L'information de base sur la qualité des terres et sur leur état de dégradation et d'érosion ainsi que sur la fertilité des sols cultivés est limitée, tandis que l'information sur l'utilisation actuelle des terres est pratiquement inexistante dans nombre de ces pays.

Nécessité de données. Les besoins des utilisateurs sont différents aux niveaux international, national et local. Au niveau international, des séries de données mondiales sont nécessaires pour évaluer le potentiel des ressources en terre et en eau et fournir des informations sur la terre et l'eau aux fins de la réalisation d'études prospectives et des études mondiales sur les ressources en terre et en eau douce.

Aux niveaux national et sous-national, l'information est destinée essentiellement à la planification et au suivi des ressources en terre et en eau par les autorités nationales et provinciales. Au niveau local, des données supplémentaires sont nécessaires pour une meilleure information sur la gestion des ressources et aux fins de la planification de l'utilisation de ces ressources par les agriculteurs, les groupes d'agriculteurs, les ONG, les planificateurs de districts et les spécialistes.

  Les principales lacunes concernent l'utilisation actuelle des ressources en terre et en eau, notamment celle des terres sous irrigation et en agriculture pluvial
Sans information adéquate sur la terre et sur l'eau, il n'est pas possible d'élaborer des politiques agricoles qui tiennent dûment compte de la durabilité, que ce soit au niveau mondial, au niveau national ou au niveau sous-national. Des initiatives fondamentales de la FAO comme "Agriculture mondiale Horizon 2020" reposent sur la fourniture de données de base aux fins d'analyses et de projections. Le Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) exige l'identification des zones à potentiel élevé, où les efforts devraient être concentrés. Le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) et le Forum mondial sur la recherche agronomique ont besoin de données pour prendre des décisions concernant la priorité à accorder aux divers travaux de recherche sur les zones et les cultures marginales.

Les gouvernements qui ont signé les diverses initiatives de la CNUED - Convention sur la diversité biologique, Convention sur la lutte contre la désertification - sont appelés à prendre des décisions à propos de différends relatifs à l'utilisation des terres, qui impliquent des revendications en faveur de l'identification, de la démarcation et du contrôle des réserves naturelles et d'autres visant l'agriculture et d'autres utilisations. A cette fin, les gouvernements ont besoin d'informations fiables sur le potentiel et les limitations des ressources en terre, pour pourvoir prendre des décisions appropriées en ce qui concerne leur allocation et leur utilisation.

SOTER, WOCAT, ZAE...

Les activités de la FAO en matière d'information sur la terre et l'eau et de suivi de ces ressources incluent:

Le Centre d'information sur les sols et la base de données mondiales sols et terrain (SOTER). La FAO, le PNUE et le Centre international de référence et d'information pédologiques sont convenus en 1995 de publier d'ici l'an 2002 une première version de SOTER.
La base de données mondiales sur les zones agroécologiques (ZAE). La FAO coopère avec l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués pour améliorer sa méthodologie et sa base de données ZAE mondiales afin de pouvoir les utiliser pour évaluer régulièrement le potentiel des terres arables.
L'étude mondiale des approches et des technologies de conservation (RMETC). Depuis 1992, l'étude mondiale des approches et des technologies de conservation sert à améliorer la prise de décisions en matière de gestion des terres et le transfert de technologies appropriées.
Le système statistique relatif aux eaux rurales (AQUASTAT). Le système AQUASTAT de la FAO compile des informations systématiques sur les ressources en eau et l'utilisation de l'eau en milieu rural. Il couvre près de 90 pour cent de la superficie mondiale irriguée.
Le projet AFRICOVER entreprise conjointe entre la FAO et des institutions régionales et nationales d'Afrique visant à établir des cartes à jour du couvert végétal de quelques pays d'Afrique.

Sans information quantitative sur les éléments du bilan hydrique et sur les performances des systèmes d'irrigation, les possibilités d'amélioration peuvent difficilement être évaluées. Un effort supplémentaire s'impose donc pour mieux comprendre les systèmes hydriques et les incidences d'une réallocation des ressources pour une meilleure utilisation de l'eau. Pour concevoir des politiques et des mesures de gestion appropriées, il convient de mieux comprendre les processus en se fondant sur des données par bassin versant.

Les pays souffrant du manque d'eau, comme ceux affectés par la surabondance de cette ressource, ont besoin d'informations sur l'eau plus complètes, plus précises et mieux intégrées aux fins de la planification, de la mise en oeuvre et de la gestion d'une agriculture plus productive. Dans la mesure où le commerce mondial se développe et où la sécurité alimentaire dépend de plus en plus de ce commerce, des données et des informations sur l'eau et la terre à l'échelle mondiale sont désormais nécessaires pour suivre l'évolution et les tendances des ressources mondiales en terre et en eau.

Lacunes des données et informations. La FAO prévient que l'information disponible sur les ressources mondiales en terre et en eau est en partie obsolète. L'information sur la dégradation des terres est plus récente, mais pas assez détaillée, et par ailleurs l'information sur l'utilisation effective des terres n'a jamais été systématiquement compilée, ni harmonisée à l'échelle mondiale.

Il semble que les principales lacunes concernent l'utilisation actuelle des ressources en terre et en eau, notamment celle des terres sous irrigation et en agriculture pluviale. Les autres lacunes présentées par les séries mondiales de données concernent l'information sur l'utilisation et la demande d'eau (y compris aux fins d'irrigation), les droits en ce qui concerne l'eau et les données socio-économiques.

La FAO estime que pour suivre l'utilisation des ressources en terre et en eau et la durabilité - et la vulnérabilité à venir de leur mise en valeur - il faudrait disposer d'informations appropriées sur les ressources en terre et en eau. Cette information devrait être collectée pays par pays, à l'aide autant que possible des systèmes en place, et stockée dans des systèmes d'information géographique. En vue de leur harmonisation avec la comptabilité de l'eau, les données sur les terres devraient être recompilées par bassins versants et ligne de partage des eaux.

La collecte de données internationales exige que toutes les données soient comparables, tant pour ce qui est des unités et critères utilisés pour les mesures et les évaluations qu'en ce qui concerne les périodes de temps pour les séries chronologiques. Pour faciliter l'intégration des données par les utilisateurs et la collecte de données dans des conditions économiques, il est nécessaire de disposer de normes et, en particulier, d'une procédure de contrôle de la qualité des données et d'un moyen de calibrer et de vérifier l'exactitude de l'information qui en découle. Il faudrait en outre disposer de directives pour l'établissement et la tenue à jour de séries de données.

La promesse de la technologie. La gestion de la terre et de l'eau devient de plus en plus complexe et exige l'intégration de l'information sur la terre et l'eau avec l'information sectorielle et des outils améliorés de prise de décisions. Les nouvelles technologies permettent de créer des systèmes intégrés qui autorisent l'accès à de l'information à différentes échelles et à des analyses polyvalentes à l'appui de la prise de décisions en matière de terre et d'eau. Par exemple, la navigation à l'aide du système de positionnement par satellite (SBPS) et la visualisation et l'analyse d'images de télédétection peuvent être intégrées pour renforcer la capacité et élargir les applications des systèmes intégrés. De même, les technologies agricoles adaptées à un site, au niveau local ou sur le terrain, joueront un rôle croissant dans l'amélioration de la productivité des terres.

Grâce aux nouvelles technologies et aux nouveaux instruments peu coûteux désormais disponibles, la mise au point et l'exécution d'un suivi rapide et efficace des terres et des eaux deviennent possibles. Le succès de ce concept repose sur l'intégration des dernières technologies d'information (capture rapide de données grâce à la télédétection et aux systèmes SBPS, postes de travail et logiciel rapides, mise au point rapide d'applications et système multimédia pour la diffusion rapide de l'information) avec des chercheurs locaux et des planificateurs et gestionnaires des ressources en terre et en eau.

Le rôle futur de la FAO La FAO a des capacités particulières et reconnues en matière d'évaluation de l'utilisation des terres et des eaux en milieu rural et d'intégration des questions relatives à la terre et à l'eau dans le cadre du développement rural, des pêcheries d'eau douce, et de la sylviculture. La FAO est également l'institution chef de file pour les bases de données sur les sols et les terrains et leur application à des études sur l'agriculture mondiales et nationales. Dans le cas de ses activités normatives, la FAO a lancé un projet sur six ans intitulé "Mise au point de systèmes d'information et de soutien à la prise de décisions sur la gestion intégrée des ressources en terre et en eau", qui servira de cadre à toutes les futures activités de la FAO en matière d'information et de suivi sur la terre et l'eau

  • Voir aussi: Les biotechnologies dans l'agriculture, L'agriculture urbaine et L'agriculture organique

Publié en janvier 1999
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