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Questions fréquemment posées (QFP) au sujet des criquets

Quelle est la différence entre locustes et sauteriaux ?

Les locustes font partie d’un grand groupe d’insectes communément appelés « criquets », ayant de puissantes pattes postérieures adaptées au saut et des antennes courtes. Les locustes appartiennent à la famille des Acrididae. Les locustes diffèrent des sauteriaux par leur aptitude à modifier leurs comportement et habitudes écologiques, et à migrer sur de longues distances.

Qu’est qu’un Criquet pèlerin?

Le Criquet pèlerin est, comme une douzaine d’autres espèces de criquet (Acridoidea), connu pour changer de comportement et former des essaims d’individus ailés et des bandes larvaires (pas encore d’ailes fonctionnelles). Les essaims peuvent être denses et très mobiles. Le binom latin du Criquet pèlerin est Schistocerca gregaria (Forskål, 1775)

Quels sont les pays affectés par le Criquet pèlerin?

Pendant les périodes calmes, appelées rémissions, le Criquet pèlerin se cantonne généralement aux zones arides et semi-arides d’Afrique, du Proche-Orient et de l’Asie du Sud-Ouest, qui reçoivent moins de 200 mm de précipitations annuelles. Cette aire couvre 16 millions de km2 et concerne une trentaine de pays. En période d’invasion, le Criquet pèlerin peut envahir une aire de 29 millions de km2 comprenant 60 pays et représentant 20% de la surface terrestre émergée. Il menace alors les moyens de subsistance d’un dixième de la population mondiale.

Les invasions de Criquet pèlerin sont -elles cycliques ?

Les invasions de Criquet pèlerin ne semblent pas se produire à un intervalle précis d’années. Les invasions se développent plutôt par intermittence. Des invasions acridiennes sont signalées depuis l’époque des pharaons, dans l’Egypte ancienne. Au cours du siècle dernier, des invasions de Criquet pèlerin eurent lieu en 1926-1934, 1940-1948, 1949-1963, 1967-1969 et 1986-1989.

Quelle est la durée de vie d’un Criquet pèlerin ?

Le Criquet pèlerin vit généralement de 3 à 5 mois, mais sa durée de vie est extrêmement variable et dépend essentiellement des conditions météorologiques et écologiques. Le cycle biologique comprend 3 stades successifs : l’œuf, la larve et l’adulte. En moyenne, les œufs éclosent après 2 semaines (10 à 65 jours), les larves passent par 5 ou 6 stades (séparés par des mues) en 30 à 40 jours et, après la mue imaginale, les ailés acquièrent leur maturité sexuelle, i.e. deviennent adultes, donc aptes à se reproduire, en 3 semaines à 9 mois, mais plus généralement en 2 à 4 mois.

Combien d’œufs peut produire une femelle de Criquet pèlerin ?

Les femelles de Criquet pèlerin déposent leurs œufs sous la forme d’une oothèque, essentiellement dans des sols sablonneux et à une profondeur de 10-15 cm. Une femelle solitaire dépose 95 à 158 œufs alors que les oothèques des femelles grégaires ne contiennent habituellement pas plus de 80 œufs. Les femelles peuvent pondre au moins 3 fois dans leur vie, à 6 à 10 jours d’intervalle. On a déjà compté plus de 1 000 oothèques sur une surface d’1 m2.

A quelle distance et quelle vitesse peut se déplacer le Criquet pèlerin ?

Les ailés de Criquet pèlerin volent avec le vent à une vitesse d’environ 16 à 19 km/h (en fonction de celle du vent). Les essaims peuvent parcourir 5 à 130 km, voire davantage, en une journée. Les criquets peuvent rester longtemps en vol ; par exemple, ils traversent régulièrement la mer Rouge, soit une distance de 300 km. Dans le passé, il y eut des migrations d’essaims spectaculaires sur de longues distances, comme celles de l’Afrique du Nord-Ouest aux Iles britanniques, en 1954, et de l’Afrique de l’Ouest jusqu’aux Caraïbes, en 1988, soit un trajet de 5 000 km en 10 jours. Le Criquet pèlerin solitaire vole habituellement de nuit alors que les ailés grégaires (essaims) volent de jour.

Quelle est la taille des essaims et combien de criquets contiennent-ils ?

Les essaims ont des tailles variant de moins de 1 km2 à plusieurs centaines de km2. Ils contiennent au moins 40 millions de criquet au km2, parfois jusqu’à 80 millions.

Quelle est la proportion de chitine dans l’exosquelette d’un Criquet pèlerin ?

La chitine est le principal constituant de l’exosquelette des criquets. Elle est synthétisée selon un processus continu, qui augmente au cours de la vie du criquet, et sa proportion varie de 1,7 % (du poids frais du criquet) pendant la vie larvaire à 2,2 % pour un jeune ailé et 4 % pour un ailé vieux de 2 mois.

Quelle quantité de nourriture un Criquet pèlerin peut-il manger ?

Un criquet pèlerin ailé consomme quotidiennement à peu près son propre poids en nourriture fraîche, soit environ 2 grammes. Une très petite partie d’un essaim de taille moyenne (soit environ une tonne de criquets) consomme en une journée la même quantité de nourriture que 10 éléphants, 25 chameaux ou encore 2 500 personnes.

Quelle est la relation entre les criquets et les conditions écologiques ?

Quand les conditions sont favorables à la reproduction, les effectifs acridiens augmentent ; dans le cas contraire, ils diminuent par mortalité naturelle ou suite aux migrations. Pour le Criquet pèlerin, les conditions favorables sont : (1) les sols sablonneux ou sablo-argileux humides à 10-15cm de profondeur, (2) des zones de sol nu pour la ponte et (3) de la végétation verte pour le développement des larves. Ces conditions favorables existent souvent dans le désert mais sans qu’il y ait présence de criquet. Ainsi, l’occurrence de sols humides ou de végétation verte n’implique pas systématiquement la présence de criquet dans la zone.

Pourquoi les criquets changent-ils de comportement?

Quand les effectifs et les densités des acridiens augmentent, leur comportement évolue de celui d’un individu isolé (solitaire) à celui d’un élément appartenant à un groupe (grégaire). L’apparence des criquets se modifie également : dans le cas du Criquet pèlerin, les ailés solitaires sont bruns alors que les ailés grégaires sont roses (immatures) ou jaunes (matures). Jusqu’en 1921, on pensait qu’il s’agissait de deux espèces différentes.

Existe t-il d’autres espèces de criquets d’importance économique ?

Bien que le Criquet pèlerin soit considéré comme le locuste le plus important par sa capacité à multiplier rapidement ses effectifs et migrer sur de longues distances, il existe d’autres espèces d’importance économique à travers le monde :
o Le Criquet migrateur africain (Locusta
migratoria migratorioides) – Afrique ;
o Le Criquet migrateur oriental (Locusta
migratoria manilensis) – Asie du Sud-Est ;
o Le Criquet nomade (Nomadacris
septemfasciata) – Afrique de l’Est ;
o Le Criquet brun (Locustana pardalina) –
Sud de l’Afrique ;
o Le Criquet italien (Calliptamus italicus),
de l'Europe occidentale à l'Asie centrale;
o Le Criquet marocain (Dociostaurus
maroccanus) –de l’Afrique du Nord-Ouest à
l’Asie ;
o Le Criquet de Bombay (Nomadacris
succincta) –Sud-Ouest au Sud-Est
asiatique ;
o Les différentes espèces de Criquet
arboricole (Anacridium sp.) – Afrique,
Méditerranée, Proche-Orient.

Les locustes peuvent-ils blesser les hommes?

Les criquets n’attaquent pas les hommes ou les animaux. Il n’est pas démontré que les locustes soient un vecteur de maladies potentiellement dangereuses pour l’homme.

Comment peut-on lutter contre les criquets?

A ce jour, la principale méthode de lutte contre les essaims et les bandes larvaires de Criquet pèlerin consiste à appliquer des insecticides, principalement des organophosphorés, en faible quantité concentrée (connue sous le nom de formulation en « Ultra Bas Volume » -UBV-) avec des pulvérisateurs montés sur véhicule, sur aéronef, et dans une moindre mesure, portés par l’homme (pulvérisateurs à dos ou manuels).

Qui conduit les opérations de lutte antiacridienne ?

Les opérations de prospection et de lutte antiacridienne sont d’abord la responsabilité des ministères de l’agriculture des pays affectés et sont réalisées par les unités nationales de lutte antiacridienne. Il existe aussi plusieurs organisations régionales de lutte antiacridienne qui contribuent à ces opérations. Lors des résurgences et invasions, une aide extérieure des bailleurs de fonds et d’autres organisations internationales est généralement requise.

Y a t-il des alternatives aux pesticides chimiques conventionnels pour tuer les criquets ?

D’importants efforts de recherche sont en cours sur la lutte biologique et les alternatives aux pesticides chimiques conventionnels pour la lutte contre le Criquet pèlerin. Les recherches concernent en premier lieu les organismes pathogènes et les régulateurs de croissance des insectes. Jusqu’à maintenant, la lutte utilisant prédateurs et parasites est restée limitée du fait de la capacité des locustes à migrer rapidement loin de leurs ennemis naturels. Bien que des filets ou des aspirateurs géants, des lance-flammes et des lasers aient été proposés comme alternatives dans le passé, ils ne furent pas retenus. Les hommes et les oiseaux consomment souvent les criquets mais dans une proportion qui ne permet pas de diminuer significativement les effectifs acridiens sur de grandes surfaces.

Les criquets peuvent-ils être détectés par les satellites ?

Les satellites météorologiques et les autres satellites utilisés pour le suivi de l’environnement ne peuvent pas détecter des individus isolés ni même des essaims. Néanmoins, les satellites militaires, hautement sophistiqués, peuvent détecter les criquets mais les images ne sont pas disponibles. Même si elles l’étaient, il est peu probable que les organisations antiacridiennes, nationales ou internationales, disposent de l’expertise suffisante pour analyser les centaines d’images qui seraient produites quotidiennement.

Pourquoi la lutte contre le Criquet pèlerin est-elle si difficile ?

Il y a plusieurs raisons à la difficulté de combattre avec succès le Criquet pèlerin. Entre autres : (1) l’immensité de l’aire dans laquelle peut se rencontrer le Criquet pèlerin (16 à 30 millions de km2), (2) l’isolement et la difficulté d’accès de certaines zones, (3) l’insécurité et la dangerosité de certaines zones (présence de mines, par exemple), (4) les ressources limitées pour le suivi et la lutte antiacridienne dans certains des pays affectés, (5) le manque d’infrastructures de base (routes, moyens de communication, approvisionnement en eau et nourriture) dans beaucoup de pays, (6) la difficulté de maintenir des effectifs suffisants de personnel bien formé et d’assurer les frais de fonctionnement durant les longues périodes de rémission pendant lesquelles il y a peu ou pas d’activité acridienne, (7) les situations politiques au sein des pays affectés, (8) la difficulté d’organiser et de mettre en œuvre des opérations de lutte durant lesquelles les pesticides doivent être appliqués directement sur les criquets, et (9) la difficulté de prévoir les résurgences compte tenu de l’irrégularité de tels événements et des précipitations dans les biotopes acridiens.

Peut- on manger les criquets ?

Dans beaucoup de pays, les criquets sont capturés à l’aide de grands filets ou par d’autres moyens. Ils sont habituellement frits, rôtis ou bouillis et mangés immédiatement ou bien séchés et consommés plus tard (voir quelques recettes ci-dessous). Les criquets sont riches en protéines. Lors d’accroissement des populations acridiennes, on peut trouver des criquets morts en tas sur les étals des marchés des pays affectés.

De quoi est composé un Criquet pèlerin ?

Le poids sec d’un Criquet pèlerin ailé se compose d’environ 62% de protéines, 17% de graisse et le reste de matières minérales (Si, Cu, Fe, Mn, Na, K, Ca, Mg).

Quel est le rôle de la FAO dans la lutte antiacridienne ?

Un des mandats de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est d’informer tous les pays intéressés de la situation acridienne générale, de fournir des prévisions et de donner l’alerte en temps opportun aux pays menacés d’invasion. Pour ce faire, la FAO dispose d’un système d’information centralisé sur le Criquet pèlerin, rattaché au Groupe Acridiens et basé au siège de la FAO à Rome, Italie. Tous les pays concernés par les criquets transmettent leurs données acridiennes à la FAO qui les analyse conjointement avec les données météorologiques et écologiques (habitat) et les images satellitaires afin d’évaluer la situation acridienne en cours, de faire des prévisions à 6 semaines et de donner l’alerte si nécessaire. La FAO prépare des bulletins mensuels et des mises à jours périodiques résumant la situation acridienne et les prévisions sur les déplacements et la reproduction pour chaque pays concerné. Ces bulletins sont envoyés par e-mail, télécopie ou courrier. Toutes les informations acridiennes sont archivées au siège de la FAO ; certaines sont disponibles sur Internet.
En outre, la FAO dispense des formations et prépare des publications sur différents domaines acridiens. Elle réalise des missions d’évaluation de terrain et coordonne les opérations de prospection et de lutte ainsi que l’assistance lors des invasions.

Quelques recettes à base de criquets

Voici quelques recettes en provenance des pays touchés par les criquets. N’hésitez pas à nous envoyer les vôtres

Tinjiya (recette tswana): retirer les ailes et les pattes postérieures des criquets, faire bouillir dans un peu d’eau jusqu’à ce que les criquets ramollissent. Saler si nécessaire et faire brunir dans un peu de graisse. Servir avec du maïs.

Sikonyane (recette swazi): préparer des braises et faire rôtir les criquets entiers dessus. Oter la tête, les ailes et les pattes ; seul le corps se mange. Les habitants du Lesotho utilisent surtout les criquets comme nourriture de voyage. La tête et les derniers segments des pattes postérieures sont retirées, le reste est laissé à rôtir au-dessus des braises. Les criquets rôtis sont alors écrasés avec un pilon jusqu’à obtention d’une poudre fine. Celle-ci peut être conservée longtemps et transportée lors des voyages. On prépare également des criquets séchés pour l’hiver. Les pattes séchées sont appréciées pour leur goût.

Cambodge : prendre plusieurs douzaines de criquets, de préférence des femelles, inciser l’abdomen sur toute sa longueur et y placer une arachide. Faire légèrement griller dans un wok ou une poêle très chaude, ajouter un peu d’huile et de sel (si nécessaire). Ne pas faire trop cuire ou brûler.

Grillé : préparer les braises ou le charbon de bois. Embrocher une douzaine de criquets sur une pique par le milieu de l’abdomen. Pour ne manger que l’abdomen, retirer les pattes et les ailes avant ou après cuisson. Prévoir plusieurs brochettes par personne. Placer les brochettes au-dessus des braises brûlantes et faire griller les criquets en les retournant régulièrement pour éviter de les faire brûler et jusqu’à ce qu’ils prennent une coloration brun-doré.

Aux Philippines, les criquets sont considérés à San Fernando, Pampanga, comme un plat spécial agréable au goût, cuisiné selon le mode ‘adobo’. Adobo est un plat populaire habituel des Philippines, et donc un plat national chez les philippins. Habituellement préparé à partir du porc, de poulet ou des deux, il est lentement cuit dans un sauce au soja, du vinaigre, de l’ail écrasé, des feuilles de laurier et des grains de poivre noir, et souvent doré au four ou sauté à la poêle par la suite pour obtenir les bords croustillants désirés. Ce plat est originaire de la région nord des Philippines. Généralement emporté par les montagnards et voyageurs philippins, la durée de conservation assez longue de ce plat, obtenue grâce à un de ses ingrédients de base, en particulier le vinaigre qui empêche la croissance des bactéries, est bien connue.
Conseil : Remplacer le poulet ou le porc par les criquets.

Existe-t-il d’autres utilisations bénéfiques des criquets ?

Aux Philippines, on dit que des herboristes locaux trempent des criquets dans l’huile de noix de coco, et aidés par des prières psalmodiées en dialecte local ou en latin pidgin, ils appliquent cette huile sur les blessures et les entorses pour faciliter leur guérison.

Toujours aux Philippines, quelques personnes entreprenantes ont récemment découvert que les criquets ravageurs, qui continuent à dévaster de grandes étendues de canne à sucre et de végétation naturelle à Pampanga et Zambales, peuvent constituer une riche source d’alimentation nutritive additionnelle pour les animaux et les poissons, y compris les coqs de combat.

Les criquets peuvent-ils causer de l’asthme ?

Les criquets, sauterelles et blattes sont des insectes qui provoquent généralement des allergies. Les phéromones des criquets, i.e. les hormones produites pendant la reproduction, associées aux petits débris d’ailes ou de cuticule, augmentent la quantité de poussière dans l’air et peut-être d’autres substances chimiques (de la même manière que les phénols dégagés lors de la chute de la végétation) et peuvent être allergènes et déclencher des réactions allergiques principalement chez les personnes asthmatiques. Cette forme de maladie respiratoire est généralement appelée « eczéma des poumons »ou « allergie aux animaux de laboratoires ». L’exposition n’est généralement pas intentionnelle (il s’agit d’une nuisance) ou a lieu lors d’activités professionnelles particulières (élevage d’insectes et laboratoires). L’asthme peut apparaître une ou deux années après une première exposition. Pour plus d’information, consulter Int. Arch. Occup. Environ Health 1996,68:133; J. Allergy Clin. Immunol. 1990,86:182; J. Allergy Clin. Immunol. 1989,84:296; J. Allergy Clin. Immunol. 1984,74:261; Clin. Allergy (A)1980,10:346; Lancet 1980,1350; Rev. Fr. Allergol. 1978,18(n°1):19,1; Rev. Fr. Allergol. 1977,17(n°5):235

Sources:
FAO. 1994. Desert Locust Guidelines (five volumes). Rome: FAO.
Pedgley, D. (ed). 1981. Desert Locust Forecasting Manual. London: Centre for Overseas Pest Research. 268 pp.
Steedman, A. (ed). 1990. Locust Handbook (3rd edition). Chatham: Natural Resources Institute. 204 pp.
Uvarov, B. 1966. Grasshoppers and locusts, Volume I. Cambridge: University Press. 481 pg.

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