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Apprendre de l’expérience d’autrui: le contrôle du flétrissement de la banane dans l'Est de la RDC

22/12/2011Malgré les efforts pour contrôler la maladie pendant près de dix ans, le flétrissement bactérien de la banane (ou encore BXW) continue de ravager les bananiers dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), plus particulièrement dans le Nord et le Sud-Kivu. Ces dernières années, la maladie fut pourtant relativement bien maitrisée dans l’Ouganda voisin. En Juin 2011, la FAO a rassemblé un groupe de 16 personnes se composant d’agents officiels, dirigeants locaux, agriculteurs, ONGs et représentants de la société civile issus de Goma. L’objectif de ce voyage d'étude d'une semaine était de mieux assimiler les leçons à tirer de l'expérience ougandaise.

Le groupe s’est d’abord arrêté à Entebbe où Mr Okassai, directeur de Crop resources a expliqué comment l’initiative de contrôle du flétrissement bactérien des bananes a été organisée depuis 2005. Le groupe - dirigé par le Dr Jérôme Kubiriba - a ensuite effectué une visite à l’institut de recherche Kawanda qui abrite le programme national de recherche sur la banane, avant de se rendre sur les sites de Kiboga et Mbarara pour consulter les agriculteurs locaux, les fonctionnaires et les agents de vulgarisation.

La conclusion générale est la suivante: être à l'écoute des agriculteurs permet aux chercheurs ougandais de proposer des recommandations pour lutter contre le BXW. Les écoles d’agriculture de terrain, financées par un projet de coopération technique de la FAO en 2006-2008, a d’ailleurs permis cet échange. L'effort de contrôle a porté sur de simples recommandations pratiques afin de briser le cycle de transmission de la maladie. Il s'agit notamment d’enlever le bourgeon mâle avec un bâton fourchu dès que le régime de banane est formé; éliminer les troncs infectés - sans utiliser d'outils de coupe issus de champs touchés par la maladie et sélectionner avec soin les plants et semences.

L'équipe de la RDC a été impressionnée par les bénéfices obtenus par les agriculteurs grâce au contrôle mis en place mais aussi par le dévouement des équipes de recherche et de vulgarisation ougandaises.

En premier lieu, ils ont noté les efforts placés sur les pratiques de terrain qui visent à réduire la maladie, plutôt que sur la distribution de plants et semences sains, qui deviennent souvent infectés à moins que les agriculteurs n’adoptent des mesures de contrôle appropriées.

Après cette visite, la FAO a organisé pour Godfrey - une des équipes ougandaises - la visite et la formation d’un groupe d'agriculteurs congolais près de Goma. Ces cours sur le terrain, avec l’aide d’un interprète, ont été largement suivis comptant jusqu'à 100 personnes à chaque session. Le ministre de l'agriculture a été informé, et a lancé en août dernier une initiative provinciale de contrôle de la BXW. En Octobre, un total de 600 personnes était formé à Bweremana et Shasha, près de Goma, et à Rutshuru. Des sites pilotes sont désormais sous surveillance et les premiers résultats montrent une diminution de la fréquence de la maladie, et la production de bananes commencent à repartir à la hausse. Plus important encore, cette activité pilote a influencé la façon dont les autres parties prenantes dans le district considère la maladie. Il en résulte que les ONG aussi bien locales qu’internationales prévoient d'aider les agriculteurs à affronter le BXW plus sereinement pour 2012.

Pour la FAO, la prochaine étape est d'encourager le partage de ces expériences avec les fonctionnaires et d’autres intervenants des pays de la région au cours d’un programme comprenant un atelier et une visite d'étude. Celle-ci est prévue pour le 23-26 Janvier 2012 et se déroulera en Ouganda.

Nous tenons à remercier nos collègues du bureau de la FAO à Goma, dirigé par Augustin Milambo, avec Paul-Henri Bansoba, et au Mécanisme d’appui aux programmes multidonateurs de la FAO pour le financement offert.

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