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Contrôle du flétrissement bactérien de la banane dans l’est de la RDC - que s’est-il passé depuis?

11/05/2012

Une précédente histoire a expliqué comment une nouvelle technologie a été introduite en RDC par l’Ouganda afin d’éliminer le flétrissement bactérien de la banane (ou encore connu sous le nom de "BXW"), une maladie qui ravageait la production dans la province du Nord-Kivu où la banane est une importante denrée de base. L'Ouganda a présenté la méthode de gestion de la maladie à Bweremana dans le Nord Kivu, illustrant ainsi une réelle coopération Sud-Sud.

Depuis Octobre 2011, 150 producteurs de bananes de la région ont pris part à un projet pilote et ont testé la nouvelle méthode de contrôle BXW (qui s’appuie sur la suppression du bourgeon mâle de la plante, l’élimination des plants infectés à la base en prenant soin des outils de nettoyage pour éviter la transmission de la maladie).

Les premiers résultats sont maintenant extrêmement encourageants. La méthode a permis de réduire l'incidence de la maladie de façon spectaculaire, et les rendements ont augmenté d'environ 80% (les régimes qui seraient devenus infectés ont été protégés). De nouvelles hausses sont attendues ces prochains mois au fur et à mesure que les plantations se régénéreront. Les régimes de bananes se vendent à environ 5 $, de sorte que l’augmentation moyenne du revenu des agriculteurs participants est estimée à environ 50 $ par mois, tandis que le coût du suivi par les agronomes locaux est d'environ $ 2 000 par mois.



Même si le projet pilote est toujours en cours, la méthode commence à être adoptée au sein de certains programmes mis en place par d’autres ONG actives de la province. Par ailleurs, une campagne générale contre le BXW lancée l'an dernier a obtenu un appui total de la part du ministre provincial de l'Agriculture et de l'inspecteur provincial.

La méthode se transmet  entre les agriculteurs ce qui représente un signe encourageant :
 
Mme Kahindo Kasusku, habitante du village Ngumba, localité de Lutobogo, veuve et mère des 3 enfants (interview, 12 Avril 2012)
«Jee suis une des formées de Mr Kyahi Salumu (mon voisin). Avant, quand Mr Kyahi est venu me former, je lui disais que c’est de la blague et que ca ne va pas marcher, il est en train de perdre son temps.  Peu après il est venu couper les bourgeons mâles dans mon champ avec un bâton fourchu il m’a dit que si je fais ce qu’il est en train de faire je vais contrôler la maladie dans mon champ. Mais je lui ai répondu ’ai lui est dit de me donner plutôt le champ des macro propagateurs pour que je puisse y mettre les haricots parce que à mes yeux ce qu’il faisait était de la blague.
Mais depuis qu’il m’a montré l’exemple dans mon champ et m’a donné un bâton fourchu, j’ai commencé à appliquer cela dans mon champ et aujourd’hui il n’y a pas des plants malades et j’ai déjà récolté 5 régimes. Cette récolte me permet de payer les frais scolaires  pour mes enfants et payer à manger.
»

Cette activité a été cofinancée par le FMM Netherlands et par le projet régional financé par la Belgique (BEL/117) qui a débuté en Janvier 2012. Ce projet régional - géré par le Bureau régional des secours d'urgence pour l'Afrique à Nairobi - vise à améliorer la résistance des communautés face aux maladies de la banane en général. Le projet couvre la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et l’Est de la RDC, ainsi que l'Ouganda. Il s'appuie sur des expériences similaires afin d’encourager une gestion proactive des maladies des cultures, et renforce les capacités pour la planification d'urgence, l’évaluation des risques et une meilleure coordination des campagnes de lutte contre les maladies. Il vise également à intensifier l'adoption de leçons spécifiques issues de la recherche Ougandaise, des partenaires du consortium CIALCA (Consortium pour l'amélioration des moyens de subsistance agricoles en Afrique centrale), y compris Bioversity et l'IITA pour améliorer la gestion des systèmes de production de bananes.

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