AGP - AGP en action
 

Les activités de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO ont pour objectif de renforcer la sécurité alimentaire mondiale en s'attaquant à la durabilité de la production alimentaire, tels que les progrès en terme d'intensification agricole, la diversification des cultures pour la nutrition, la santé et la génération de revenus, ainsi que l'économie alimentaire mondiale en appuyant à la mise en œuvre des traités internationaux.

Cette page donne un aperçu de certaines activités en cours de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO.

Stimuler l’emploi des engrais en Afrique

La fertilité des sols décline rapidement dans une grande partie de l’Afrique sub-saharienne, à mesure que les terres agricoles s’appauvrissent en nutriments qui ne sont pas remplacés. Lors du Sommet de l’Afrique sur les engrais qui s’est tenu au Nigéria en 2006, les gouvernements ont reconnu qu’il était primordial d’augmenter l’utilisation d’engrais minéraux pour stimuler la production agricole et faire reculer la pauvreté rurale et la faim dans la région.

L’AGP conseille les États africains sur les politiques et stratégies nécessaires pour améliorer l’accès physique et financier des agriculteurs aux engrais.

Des études menées au Malawi et en Ouganda ont mis en relief la nécessité de stimuler la demande, déterminée essentiellement par le redressement des marchés des produits agricoles lequel à son tour induit des incitations à la production plus attractives et ouvre de nouvelles perspectives en matière d’utilisation rentable des engrais.

Au Nigéria, les apports d’engrais actuels couvrent moins de 10 pour cent de la demande biologique, et la stagnation de la production agricole a entraîné une hausse des importations alimentaires et un recul de l’autosuffisance alimentaire nationale.

Selon une étude approfondie, qui intègre les aspects macro-économiques, l’état des ressources naturelles et la réalité des exploitations, la consommation d’engrais devrait doubler d’ici 2030 et cette même étude met en lumière quelques-uns des éléments à prendre en compte pour élaborer une stratégie visant à permettre aux agriculteurs pauvres de répondre à ce niveau de la demande. Parmi les principaux facteurs identifiés figurent la formation des agriculteurs, l’abaissement du coût des engrais, l’accès au crédit, les marchés des intrants et des produits agricoles, et le ciblage des régions présentant le potentiel de production le plus élevé et le moindre risque en matière de production.

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Développer l’agriculture de conservation

L’AGP est une référence mondiale pour toutes les questions touchant à l’agriculture de conservation (AC), système agricole durable qui prône un travail minimal du sol ou le « zéro labour », la couverture permanente des sols pour assurer leur protection et éliminer les adventices, et la rotation des cultures pour rompre les cycles des maladies et des ravageurs.

Pratiquée sur une superficie estimée à 100 millions d’hectares dans le monde, l’agriculture de conservation permet d’intensifier la production tout en optimisant l’emploi de la main-d’œuvre agricole et en réduisant la dégradation des sols.

Depuis 1998, la FAO s’est engagée dans la promotion de l’agriculture de conservation en organisant quatre ateliers régionaux à l’intention des décideurs politiques en Afrique australe et centrale ainsi qu’en Asie du Sud, trois conférences mondiales et un programme régional sur ce thème pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Elle a aussi fourni une aide à l’élaboration des politiques et produit des matériels de formation dans le cadre de 19 projets pilotes réalisés en Afrique de l’Est et en Afrique australe, en Asie et en Amérique latine.

Au Kazakhstan, l’accompagnement de la FAO a facilité l’adoption spectaculaire de l’agriculture de conservation, aujourd’hui pratiquée sur près de 2 millions d’hectares, tandis que la Chine et la République démocratique populaire de Corée lui reconnaissaient une haute priorité. En Afrique australe, le programme d’urgence de la FAO a placé l’agriculture de conservation au cœur de son dispositif de réhabilitation agricole. La FAO est reconnue comme une référence mondiale, en particulier sur les questions touchant à la mécanisation et aux techniques de semis sans labour. (http://www.fao.org/ag/ca/)

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Stimuler les programmes de sélection végétale

L’amélioration des plantes cultivées est vitale pour soutenir les efforts des pays en développement en vue d’assurer leur sécurité alimentaire, d’améliorer le revenu des agriculteurs et de faire face aux défis imminents du changement climatique. Or une évaluation récente des programmes nationaux de sélection végétale et de biotechnologie réalisée par la Division AGP dans 65 pays a mis en évidence une absence critique d’investissements dans les ressources humaines et les équipements ainsi que des difficultés d’accès aux connaissances et aux financements.

Face à cette situation, l’AGP a récemment lancé une Initiative de partenariat mondial pour le renforcement des capacités de sélection végétale (Global Partnership Initiative for Plant Breeding Capacity Building – GIPB). L’initiative vise à renforcer les programmes nationaux de sélection végétale en fournissant un appui à l’élaboration des politiques, à l’éducation et à la formation, en facilitant l’accès aux nouvelles connaissances et technologies et en jetant des ponts entre le secteur public et le secteur privé. Elle appuiera la mise en œuvre du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture – et viendra compléter le travail de conservation du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures - en offrant une plateforme pour les échanges de matériel génétique nécessaires pour améliorer les plantes cultivées et élargir la base génétique et la polyvalence des cultivars améliorés.

La base de données de la GIPB sur l’état de la sélection végétale dans les pays développés est un outil de planification précieux. L’initiative a également commencé à travailler sur la possibilité d’instituer un diplôme universitaire de troisième cycle en sélection végétale, d’établir des mécanismes de consultation directe entre les sélectionneurs et les biotechniciens, et d’élaborer des outils d’aide à la décision pour les responsables politiques. (http://km.fao.org/gipb/)

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Lutter contre les menaces qui pèsent sur les cultures d’un pays

Les stages pratiques agricoles de la FAO aident l’Ouganda à lutter contre un grave fléau qui menace l’une de ses cultures de rapport les plus importantes. Le flétrissement bactérien du bananier (FBB), véritable fléau qui ne connaît pas de frontières, a été signalé dans 33 districts où ce fruit est cultivé.

L’AGP a formé 1.050 agriculteurs à la gestion intégrée des ravageurs. Un élément de cette stratégie est que les agriculteurs observent le comportement des insectes et la croissance de la plante, et qu’ils détectent la présence d’insectes « bénéfiques » se nourrissant des ravageurs. Cette approche permet de réduire l’utilisation de pesticides nocifs pour l’environnement.

Le projet concerne les districts de Mbarara, Mukono, Kamuli, Kiboga et Lira.
La Division AGP a formé 100 agents des services de vulgarisation, coordinateurs des Services publics nationaux de conseil agricole et responsables du monde agricole qui pourront à leur tour former des agriculteurs à l’avenir et ainsi contribuer au renforcement de la capacité de l’Ouganda à pérenniser cette action.

La formation a également porté sur la sélection des plantules et des sols ainsi que la préparation des champs. Les agents de vulgarisation ont ainsi appris à couper les bananes infectées et à éliminer manuellement les bourgeons mâles qui attirent les abeilles, vecteurs présumés de la maladie.

L’AGP a également organisé cinq ateliers techniques régionaux, deux ateliers de remise à niveau auxquels ont participé 50 animateurs et 50 journées pratiques sur le terrain, avec la participation d’agriculteurs, de décideurs politiques, de représentants d’ONG et d’écoliers.

L’importance de ce projet est clairement démontrée, dans un pays dont l’économie repose sur le secteur agricole. Ce secteur emploie près de 95 pour cent de la population et représente plus de 40 pour cent du produit intérieur brut.

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Aider à la reconstruction à la suite d’un conflit

La FAO a joué un rôle majeur en aidant des pays à relancer une production agricole paralysée par un conflit ou une situation d’instabilité politique.

Les semences de haute qualité sont l’un des intrants les plus cruciaux pour une production agricole durable. Mais en Afghanistan, des années de guerre civile ont privé l’État de ses meilleurs agents et favorisé le pillage des équipements et des dossiers dans les laboratoires publics de semences. Le secteur public a cessé d’introduire des variétés améliorées, dans le cas du blé en particulier mais aussi du riz, du maïs et des légumes.

Un projet en deux volets financé par l’Union européenne a permis d’introduire du matériel génétique, de former des personnels et de réhabiliter des laboratoires. Aux termes d’une approche innovante, des particuliers ont été encouragés à investir pour créer de petites entreprises de production et de commercialisation des semences. Ces entreprises naissantes cessent de recevoir des subventions au bout de deux ans.

En 2006, ces entreprises ont produit 4.000 tonnes de semences, en majorité des semences de blé à haut rendement, résistantes aux maladies. Deux ans plus tôt, le secteur privé des semences était pratiquement inexistant en Afghanistan.

La FAO a fourni des matériels, des avis techniques et des formations, et travaille avec les responsables gouvernementaux à la mise en oeuvre de nouvelles politiques pour développer la filière semencière.

La phase 2 du projet, qui s’étend de 2007 à 2011, vise à bâtir une industrie nationale autour d’une politique, d’une législation et d’organismes de réglementation. Un projet de loi sur les semences a été soumis au gouvernement, et le siège du Secrétariat national des semences à Kaboul est en cours de construction.

Parallèlement, la FAO travaille sur un projet d’un montant de 5,4 millions d’USD destiné à revitaliser le secteur semencier irakien, gravement mis à mal par la guerre et l’instabilité persistante. Le personnel de l’Organisation coopère avec le Ministère de l’agriculture pour le remplacement des équipements des centres de recherche et de production de semences et pour la réhabilitation ou la reconstruction des installations endommagées.

La FAO apporte également son appui à l’élaboration d’une politique nationale et d’une nouvelle loi sur les semences, qui pourraient à leur tour contribuer à développer le rôle du secteur privé dans la production de semences en Iraq.
Au Sri Lanka, l’AGP a apporté son aide à 55.000 familles, victimes également de conflit et d’instabilité. Un projet de 1,4 million d’USD, financé par le gouvernement du Japon, a permis de répondre aux besoins immédiats des familles de petits agriculteurs et de soutenir la réhabilitation à long terme de la production de semences certifiées de riz de qualité.

L’AGP vient aussi en aide aux pays victimes de catastrophes naturelles. Lorsqu’une série d’ouragans dévastateurs a frappé les pays d’Amérique latine et des Caraïbes par exemple, l’AGP a contribué à la fourniture d’équipements d’urgence, notamment de semences, d’engrais et d’outils.

L’objectif pour des pays comme la République dominicaine, la Jamaïque et Haïti est de limiter l’impact des inondations et des glissements de terrain grâce à une relance rapide de la production agricole.

Entre 2005 et 2006, l’AGP a réalisé 83 projets de cette nature dans 31 pays.

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Lutter contre la menace acridienne

L’AGP aide les pays à renforcer leur capacité de lutte contre différentes espèces acridiennes dont le criquet pèlerin, le criquet migrateur, le criquet italien et le criquet marocain qui constituent une grave menace pour la production agricole dans de nombreuses régions du monde.

Ces insectes, en particulier le criquet pèlerin, sont extrêmement mobiles; ils forment de grands essaims, capables de parcourir de très longues distances et de consommer quotidiennement leur propre poids de cultures et de végétation. Une très petite partie d’un essaim moyen peut engloutir en une seule journée la même quantité de nourriture que 2.500 personnes environ.

Le caractère transfrontalier de la menace appelle une stratégie régionale commune, fondée sur une étroite coopération et le partage d’informations entre les pays affectés pour contenir efficacement ce fléau et empêcher de lourdes pertes de récolte.

En 2007 et durant le premier trimestre 2008, les experts du Groupe Acridiens de la FAO se sont rendus dans différents pays affectés du Proche Orient, d’Afrique orientale, d’Asie centrale et d’Asie du Sud-Est - Arménie, Afghanistan, Azerbaïdjan, Timor Este, Érythrée, Éthiopie, Géorgie, Indonésie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizstan, Soudan, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan, Fédération russe et Yémen - pour les appuyer dans leur lutte contre la menace acridienne.

Un récent exemple de la capacité de réponse rapide de l’AGP en présence d’infestations massives de criquets pèlerins a été l’aide d’urgence fournie au Yémen, au Soudan, à l’Érythrée et à l’Éthiopie en 2007, lorsque ces pays ont dû affronter la pire invasion de criquets pèlerins depuis des décennies.

Dans ces pays, la majeure partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, en subsistant d’activités marginales et à petite échelle d’agriculture, d’élevage et d’apiculture; elle est particulièrement vulnérable face à la menace acridienne.

L’AGP a obtenu 2,4 millions d’USD du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (Central Emergency Response Fund ou CERF) et 1,9 million d’USD du Japon pour fournir une assistance rapide et appuyer des interventions dans des zones reculées, afin d’enrayer l’infestation avant qu’elle n’entraîne de graves dommages à la production agricole. L’AGP a aussi contribué à obtenir un soutien considérable de l’Arabie saoudite au profit de l’Érythrée et du Yémen.

L’Arabie saoudite a fourni au Yémen 40 véhicules, 10.000 litres de pesticides, 50 pulvérisateurs portables dans le cadre du programme FAO sur les ravageurs transfrontières. L’aide à l’Érythrée incluait des véhicules et des pulvérisateurs portés par véhicule (pour une valeur totale d’environ 1,7 million d’USD). L’AGP a aussi favorisé l’adoption de pesticides plus respectueux de l’environnement comme le Green Muscle (Metarhizium anisopliae var acridum).

Un autre exemple est donné par Timor-Leste, où l’AGP a fourni un appui technique à des opérations de pulvérisation de biopesticides à grande échelle, à la suite d’une recrudescence massive d’essaims de criquets pèlerins.

Le programme EMPRES Criquet pèlerin continue de se développer dans le Nord-Ouest de l’Afrique. En Mauritanie et au Mali, des Centres autonomes de lutte antiacridienne ont été mis en place et dotés de budgets substantiels, ce qui constitue une étape importante pour se tenir prêt à tout moment à réagir promptement dès qu’une infestation se déclare. Au Niger et au Tchad également, des mesures concrètes ont été adoptées dans le même sens.

Un projet régional multi-donateurs est actuellement à l’étude pour l’Asie centrale: il est centré sur l’échange d’informations entre les pays, l’adoption d’une stratégie commune pour la gestion des systèmes d’alerte rapide, le renforcement des capacités, l’introduction ou le développement de techniques de lutte plus respectueuses de l’environnement comme les biopesticides, des activités conjointes dans le domaine des enquêtes, le développement de nouvelles technologies comme la télédétection, et l’amélioration de la gestion des pesticides et de l’information des populations.

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