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Programme de Gestion intégrée de la production et des déprédateurs en Afrique
Photo: ©FAO/Olivier Asselin

En Afrique, le programme de gestion intégrée de la production et des déprédateurs (GIPD) met en œuvre des projets aux niveaux national et régional à travers des partenariats avec une variété d’acteurs, dont des organisations de producteurs, des ONG et des agences gouvernementales. Le programme GIPD travaille avec des communautés de petits exploitants agricoles pour améliorer la productivité et les moyens de subsistance par le biais de pratiques écologiquement durables.

Réduction de la dépendance aux POP et autres produits agrochimiques dans les bassins des fleuves Niger et Sénégal à travers la gestion intégrée de la production, des déprédateurs et de la pollution

La FAO et ses partenaires mènent des essais pilotes sur des outils et méthodes pour le suivi des pesticides dans les bassins versants des fleuves Niger et Sénégal et pour estimer les niveaux de risque pour la biodiversité et la santé humaine au Bénin, en Guinée, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal.

À cette fin, le projet pluridisciplinaire «Réduction de la dépendance aux polluants organiques persistants (POP) et autres produits agrochimiques dans les bassins des fleuves Niger et Sénégal à travers la gestion intégrée de la production, des déprédateurs et de la pollution» (EP/INT/606/GEF) est le premier effort à grande échelle pour suivre de façon exhaustive l’utilisation des pesticides dans l’agriculture en Afrique sub-saharienne. En même temps, le projet poursuit le travail du programme GIPD pour développer via les champs écoles des producteurs (CEP) des systèmes agricoles sûrs, productifs et durables.

Le projet, qui s’étend sur une durée de cinq ans, de 2009 à 2014, a mené des enquêtes initiales sur l’utilisation des pesticides dans les communautés ainsi que sur la pollution dans des échantillons d’eau. Le projet pilote pour la première fois en Afrique une nouvelle technologie appelée dispositif d’échantillonnage passif (ou PSD, de l’anglais Passive Sampling Device) qui absorbe les produits chimiques cibles lorsqu’il est plongé dans une cage en acier inoxydable pendant environ deux semaines. Le dispositif est léger, de température stable et facilement transportable. Les techniciens de l’université d’État de l’Oregon (OSU) ont collaboré avec le laboratoire CERES Locustox, un partenaire local au Sénégal, afin de renforcer les capacités pour préparer, déployer et analyser les résultats des PSD. Un plan d’assurance qualité a été élaboré pour l’échantillonnage et l’analyse et peut être utilisé dans d’autres laboratoires africains.

Les PSD ont été déployés sur 19 emplacements dans six pays le long des fleuves Niger et Sénégal et ont détecté des résidus de pesticides, notamment plusieurs POP.

Dans une recherche distincte, un modèle informatique de pointe, appelé ipmPRiME, a été adapté pour pouvoir être utilisé dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest. Le modèle est un outil d’évaluation des risques environnementaux qui a été développé par un consortium d’acteurs nord-américains mené par OSU. Il se base sur les études de l’utilisation des pesticides par les agriculteurs pour fournir des estimations quantitatives des risques à des groupes d’indicateurs clés d’espèces aquatiques et terrestres plus des indicateurs des risques pour la santé humaine.

Cette méthode combinée a permis que soient entreprises des évaluations des risques détaillées et multidimensionnelles dans les 19 bassins versants de six pays et a révélé un taux extrêmement alarmant et généralisé de risques liés aux pesticides pour la santé humaine ainsi que pour les espèces aquatiques et terrestres.

Pour fournir un accès aux données et résultats des PSD et de ipmPRiME dans les divers emplacements du projet, un système de gestion des données (ou DMS, de l’anglais data management system) a été créé par OSU. Le système offre une série d’outils interactifs et d’interprétation aux collaborateurs et parties prenantes.

Communication des risques

Le projet apporte des outils scientifiques de grande qualité en Afrique de l’Ouest, toutefois les résultats des analyses ont besoin d’être pertinents et accessibles à un éventail de parties prenantes, à commencer par les communautés les plus exposées aux risques. Transmettre une compréhension des risques que présentent les pesticides d’une façon éthique et équilibrée qui entraîne par la suite de bonnes décisions est un défi. Actuellement, OSU travaille avec la FAO et les parties prenantes pour élaborer et tester un éventail d’outils et d’activités sur la communication des risques. Si des progrès ont été réalisés, il faut travailler encore davantage pour protéger la santé des communautés et l’environnement des pesticides toxiques, tout en améliorant en même temps la production et la rentabilité.

Intensification durable à travers les activités GIPD/CEP

Pour faciliter l’adoption par les agriculteurs de pratiques alternatives qui réduisent ou éliminent l’utilisation de pesticides modérément ou hautement toxiques, le projet s’appuie sur l’approche éprouvée de gestion de la production et des déprédateurs (GIPD).

L’approche GIPD encourage les agriculteurs à supprimer l’utilisation de pesticides extrêmement dangereux en faveur d’alternatives à faible toxicité. En même temps, ils reçoivent une formation pratique pour améliorer une large gamme de pratiques agronomiques et les aider à augmenter les rendements, améliorer la rentabilité et accroître la résilience économique et environnementale.

Partenaires

La FAO travaille avec différents partenaires pour cette initiative, dont: le Centre de gestion intégrée des déprédateurs de l’université d’État de l’Oregon State (IPPC); le laboratoire CERES Locustox; le groupe ENDA-Pronat au Sénégal et des laboratoires d’analyse dans la région.

La FAO est reconnaissante envers le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Gouvernement des Pays-Bas, le Gouvernement de Suède, l’Union européenne et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) pour leur appui à ce projet.