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La FAO en Amérique latine et aux Caraïbes

Le plus grand potentiel de réduction des émissions de carbone en Amérique Latine et les Caraïbes se trouvent dans leurs forêts.

Le nouveau rapport de la FAO appelle les pays de la région à renforcer la capacité des forêts à retenir le carbone et à adopter des mesures climatiques intelligentes.

Selon le rapport SOFA, l’activité forestière représente l’élément fondamental dans l'atténuation potentielle du changement climatique en Amérique Latine.

20 octobre 2016, Santiago, Chili - Selon le nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), Etat Mondial de l'Agriculture et l’Alimentation (SOFA, sigle en anglais) la conversion nette des terres forestières à d'autres utilisations représente la principale source d'émission de gaz à effet de serre en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

Selon le rapport SOFA, l’activité forestière représente l’élément fondamental dans l'atténuation potentielle du changement climatique en Amérique Latine.

Ce potentiel réside principalement dans la réduction de la déforestation, quelque chose d’assez compliqué vu l’expansion des cultures agricoles et de l’élevage, principaux secteurs favorisant la perte et la dégradation des forêts au niveau régional. 

Au niveau  global, l’agriculture (incluant la sylviculture, la pêche, l’élevage) génère près d’un cinquième des gaz à effet de serre.

Le nouveau rapport de la FAO signale que les trois principales sources d’émission de gaz à effet de serre dans le secteur agricole en 2014, en Amérique Latine et dans les Caraïbes, sont liées à la fermentation entérique, gaz provenant du système digestif des ruminants (58%), le fumier laissé dans les pâturages (23%) et les engrais synthétiques (6%).

Partant de cet état de fait, la FAO lance un appel global pour amener les gouvernements à mettre en œuvre des mesures de transformation rapide des systèmes alimentaires et agricoles afin de faire face au changement climatique qui doit aller de pair avec les engagements nationaux d’éradication de la faim et de la pauvreté.

Ces transformations incluent des pratiques telles que l’utilisation efficiente de fertilisants, la promotion de régimes alimentaires qui ne sont pas fondés sur des produits d'origine animale, car leur production exerce une forte pression sur les ressources naturelles, la réduction des pertes et les déchets alimentaires, et le soutien aux petits producteurs.

Effets éventuels du changement climatique dans la région

Le rapport SOFA indique que le changement climatique aura une incidence sur les cultures et l'élevage dans la région, de diverses façons. Alors que dans les zones tempérées, augmentera la production de soja, de blé et de pâturages, la plus grande sécheresse du sol ainsi que les pressions thermiques réduiront la productivité dans les régions tropicales et sous-tropicales.

En outre, une plus grande salinisation et désertification sont attendues dans les zones arides du Chili et du Brésil, tandis que l'agriculture pluviale dans les zones semi-arides fera face à d'importantes pertes de cultures.

La FAO prévoit également que le changement climatique diminue la production primaire de poissons dans le Pacifique tropical et certaines espèces de poissons se déplaceront vers le sud. La fréquence accrue des tempêtes, ouragans et cyclones affecteront négativement l’aquaculture et la pêche dans les Caraïbes, et les changements de température peuvent altérer la physiologie des espèces de poissons d'eau douce et générer le naufrage des récifs coralliens

Quant aux forêts, le rapport SOFA montre qu’en Amazonie, il y aura un grand risque d’incendie plus fréquent, une perte dans la superficie des forêts et la conversion de ces terrains en savanes. En Amérique Centrale, le changement climatique menace d’extinction 40% des espèces de mangroves.  

Changement climatique et lutte contre la faim en Amérique Latine et dans les Caraïbes

Un rapport complémentaire au SOFA, Changement climatique, Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en Amérique Latine et dans les Caraïbes, publié par le Bureau Régional de la FAO pour l’Amérique Latine et les Caraïbes, signale que le changement climatique peut affecter les quatre dimensions de la sécurité alimentaire et menacer les grandes réalisations de la région dans sa lutte contre la faim et la pauvreté.

Le changement climatique peut affecter la stabilité de la sécurité alimentaire en raison d’une plus grande incertitude quant à la performance productive des activités agricoles, le revenu des ménages et les prix des aliments.

En ce qui a trait à la disponibilité, le changement climatique peut affecter directement la production alimentaire, avec une éventuelle diminution de la quantité physique et de la variété des aliments disponibles. Les chocs climatiques dans les principales zones de production pourraient avoir de graves conséquences sur le commerce, affectant ainsi l'approvisionnement alimentaire international.

Par ailleurs, le changement climatique peut influer sur la dimension de l'accès de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, car le revenu que reçoivent les familles peut varier si leurs moyens de subsistance dépendent du secteur agricole, ou s’il se produit une baisse dans la demande de main d’œuvre salariée pour les tâches agricoles, affectant ainsi leur pouvoir d’achat d’aliments.

Le changement climatique peut aussi influer sur la dimension de l’utilisation, provoquant ainsi des changements importants dans les régimes alimentaires peu variés et non conformes aux modes de régimes alimentaires sains, ce qui peut impacter négativement la nutrition.

Initiatives régionales mises en relief

Le climat et l'agriculture dans la région ne seront pas les mêmes avec le changement climatique : les prévisions indiquent que d'ici la fin du XXIe siècle, il y aura une grande variation du niveau des précipitations en Amérique du Sud, avec des changements très hétérogènes: alors que dans la région nord-est du Brésil, il y aura une réduction de 22% des précipitations, et dans la partie sud-est de l'Amérique du Sud, une augmentation de 25% est attendue.

Conscient de ces risques, tous les pays de la région ont déjà ratifié l’accord de Paris qui entrera en vigueur le 4 novembre 2016. De plus, les gouvernements sont en train de consolider leurs efforts pour en finir avec la faim, et dans le même temps, renforcer les mesures d'atténuation et d'adaptation au changement climatique grâce à des initiatives comme le Plan de Sécurité Alimentaire, Nutrition et Eradication de la Faim de la Communauté des États Américains et Caribéens 2025.

Dans ces pays, se distinguent des initiatives comme le système de paiement pour les services environnementaux de Costa Rica, octroyant des incitations économiques aux propriétaires de forêts et de plantations fournissant des services de protection de l'environnement.

Se distinguent également d’autres projets similaires comme le « Programme SocioBosque d’Equateur et le Programme de subvention à l'assurance rurale premium au Brésil, des initiatives qui favorisent la résilience des petits exploitants agricoles dans les domaines sociaux, environnementaux et économiques, visant à réduire la pauvreté rurale et promouvoir la sécurité alimentaire des agriculteurs en améliorant leur accès aux aliments.

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