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La FAO en Amérique latine et aux Caraïbes

LA CELAC adopte l’approche genre afin de garantir l’impact de son Plan d’éradication de la faim

Les Chefs d’État et de Gouvernement de l’Amérique Latine et des Caraïbes ont approuvé aujourd’hui la stratégie genre du principal accord régional de lutte contre la faim.

27 janvier 2017, République Dominicaine - Les Chefs d’État et de Gouvernement des pays composant la Communauté des États de l’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC) ont approuvé aujourd’hui la stratégie genre du Plan de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle pour l’Eradication de la Faim dans la région.

La stratégie, élaborée par le Groupe pour l’Avancement de la CELAC, avec l’appui de la FAO, cherche à garantir que les retombées du principal accord régional d’éradication de la faim soit les mêmes tant pour les femmes que pour les hommes.

“La stratégie permet d’orienter les pays à avancer vers l’éradication de la faim et de la malnutrition en adoptant une approche genre basée sur le droit”, a expliqué, Maddelin Brizuela, Coordonnatrice du Groupe pour l’Avancement de la CELAC lors du Ve Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement, qui s’est tenu à Punta Cana, en République Dominicaine.

Les propositions de la stratégie portent sur des actions concrètes visant l’intégration de l’approche genre dans les principaux axes d’action du Plan de sécurité alimentaire de la CELAC.

Approche genre dans la stratégie de sécurité alimentaire

Selon le document approuvé par la CELAC, un premier pas fondamental est d’intégrer l’approche genre dans les cadres normatifs, législatifs et politiques relatifs au droit à l’alimentation et la sécurité alimentaire à travers toute la région.

En outre, il est important de promouvoir des politiques différenciées impliquant les femmes selon leur tranche d’âge par rapport à l’accès à la terre et la reconnaissance de leur travail.

Pour mesurer et garantir une meilleure condition nutritionnelle des femmes de la région, il est nécessaire d’élaborer une ligne de base sur la situation de l’insécurité alimentaire des femmes, à partir de données qualitatives et quantitatives.

Les femmes et l’accès aux aliments

Pour améliorer l’accès des femmes de la région aux aliments, une ample vision de protection sociale est nécessaire. Elle inclurait le renforcement des moyens d’existence et la réduction de la vulnérabilité.

Pour cela, les femmes doivent disposer de ressources, avoir accès préférentiel aux actifs de production et compter sur des mesures de renforcement de leurs organisations rurales et des coopératives. L’accès à la terre, l’eau, les semences indigènes et les services financiers sont des aspects clés à leur développement.

Il importe tout autant de garantir que les femmes enceintes et allaitantes avec des enfants de moins de 2 ans aient accès aux aliments et à l’eau potable, et assurer que la fourniture des transferts conditionnés de revenus touchent des millions de personnes dans la région.

Par ailleurs, il est prépondérant d’intégrer les travailleuses agricoles familiales non rémunérées et indépendantes dans les systèmes d’assurance et de sécurité sociale, notamment durant les campagnes agricoles saisonnières.

Bienêtre nutritionnel

L’augmentation de l’obésité féminine constitue une préoccupante tendance dans la région. Selon le Panorama de la sécurité alimentaire de la FAO et de l’OPS, dans 20 pays de la région, la prévalence de l’obésité des femmes est au moins dix points en plus que celle des hommes. Cela s’explique par des facteurs multiples: la pauvreté affectant plus les femmes que les hommes ; le manque d’accès à des ressources productives, des services de santé de qualité et l’éducation nutritionnelle ; le manque de temps pour les exercices physiques et une charge excessive de travail.

Pour améliorer la situation nutritionnelle des femmes de la région, la stratégie propose d’assurer que les programmes d’alimentation scolaire bénéficient de manière égale aux garçons et filles.

Un aspect crucial mentionné dans la stratégie est la nécessité d’encourager une plus grande responsabilité partagée dans la promotion de la santé, tant aux niveaux familial (participation des pères, mères et tuteurs) qu’étatique. Pour avancer dans cette démarche, il est fondamental d’articuler les politiques de sécurité alimentaire avec celles qui favorisent une distribution équitable de la charge domestique.

Prévention des désastres

Selon la stratégie genre du Plan de sécurité alimentaire de la CELAC, il est nécessaire de garantir l’intégration des femmes de manière différenciée dans les plans nationaux de gestion des risques et désastres.

Pour cela, les organisations de femmes doivent être impliquées dans les comités d’urgence, pour que leur rôle comme productrices d’aliments soit reconnu et pris en compte dans la mise en œuvre des programmes de récupération productive post catastrophe.

Cette mesure doit être liée aux plans nationaux de gestion des risques et de prévention des désastres, reconnaissant le rôle des femmes dans la durabilité environnementale et l’adaptation aux effets des changements climatiques.

 

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