Questions globales

 

 Biodiversité

 

 

La nutrition et la diversité biologique

La nutrition et la diversité biologique convergent sur une même voie qui conduit à la sécurité alimentaire et au développement durable. Elles font directement référence aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que sont la réduction de moitié du nombre de personnes qui souffrent de la faim et l’environnement durable. En combinant ces deux concepts, l’initiative sur la nutrition et la biodiversité est au fondement même des activités visant à accomplir ces OMD.

Pour être couronnées de succès, les stratégies visant à traiter les problèmes de nutrition doivent être systématiques et multisectorielles, ainsi qu’intégrées dans un cadre général. L’amélioration durable des conditions de nutrition doit être obtenue grâce: à un ensemble d’activités fondées sur des éléments factuels et à assise communautaire visant à traiter les causes locales de la malnutrition; à des améliorations apportées aux politiques et programmes nationaux et sectoriels; à un soutien à des institutions de la société civile ayant pour mission de permettre aux familles pauvres d’avoir accès à une alimentation suffisante ou d’avoir les moyens d’acheter des aliments et de les utiliser de manière plus efficace; et à l’amélioration de l’éducation et de l’information du public pour de meilleures habitudes alimentaires. Dans ces nouvelles approches, il ne s’agit pas simplement d’améliorer l’alimentation ou de garantir un apport calorique suffisant, mais aussi de mettre l’accent de manière explicite sur les oligo-éléments, les écosystèmes et les espèces et variétés sauvages ou sous-utilisées.

La cueillette de plantes sauvages alimentaires, la culture de variétés localement adaptées et la consommation d’aliments dans l’écosystème local sont encore pratiquées dans certaines civilisations et cultures et leur intérêt potentiel pour la sécurité alimentaire et le développement rural est reconnu. Par ailleurs, il est de plus en plus couramment admis qu’il faut adapter les interventions nutritionnelles et sanitaires à la diversité des besoins des personnes et des communautés. Si on entreprend de manière systématique l’analyse des nutriments et la diffusion de données sur les diverses espèces alimentaires et sur la diversité intraespèce, les systèmes d’informations nationaux pour l’alimentation et l’agriculture seront renforcés et pourront être utilisés comme base pour établir des priorités et définir des politiques nationales. 

Concernant la nutrition, ceci supposera d’introduire plus de données sur la composition et la biodiversité dans les bases de données et les grilles nationales relatives à la composition alimentaire; de mettre au point et d’utiliser des instruments d’évaluation de l’alimentation qui prennent en compte l’apport alimentaire selon les espèces et les variétés/races; et d’autoriser un étiquetage des aliments qui sensibilise sur les variétés végétales et les sous-espèces animales alimentaires. Il est nécessaire d’élargir la base de données factuelles en comblant les lacunes dans les connaissances grâce à des inventaires plus fournis et à des données plus abondantes et plus accessibles sur la composition et la consommation des aliments. Dans ce travail, les informations seront intégrées dans toutes les activités en rapport avec la nutrition et utilisées de manière efficace dans les programmes et interventions à assise communautaire.

Biodiversité et nutrition, pourquoi ?

  • La biodiversité des espèces et infraespèces sauvages joue un rôle essentiel dans la sécurité nutritionnelle au plan mondial.
  • La teneur en nutriments varie statistiquement selon les différentes variétés d’une même espèce.
  • L’acquisition de données sur les nutriments relatives à la biodiversité actuelle doit être une condition préalable pour la prise de décisions dans les activités sur les OGM.
  • La teneur en nutriments doit être l’un des critères pris en compte dans la promotion des cultivars.
  • Des données relatives aux nutriments dans les espèces sauvages alimentaires et les cultivars doivent être créées systématiquement, rassemblées de manière centralisée et amplement diffusées.
© CIP (International Potato Center)/ R.Kapinga
Les différences de couleur dans les varietés de patates douces sont un reflet des différences des teneurs en nutrients. Les variétés de couleur orange contiennent de hauts niveaux de caroténoïdes pro-vitamine A, tandis que les varietés blanches n'en contiennent pas. Consommer tout simplement des patates douces de couleur orange à la place des variétés blanches, permet de prévenir les carences en vitamine A.

Bibliographie sélective

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