Proche-Orient
Les pays du Proche-Orient ont un rôle dominant dans la production mondiale d’énergie mais le bois de chauffe et le charbon sont également une source d’énergie importante des ménages ruraux dans cette région. En fait, par rapport à la moyenne mondiale de 40 pour cent, près de 66 pour cent du bois du Proche-Orient est utilisé comme combustible.
L’envolée des prix du pétrole au niveau mondial a également accru l’intérêt pour les biocarburants destinés aux moteurs à combustion interne comme le bioéthanol et le biodiesel.
Les politiques et les programmes nationaux sur la bioénergie qui contribuent à la sécurité énergétique, à l’atténuation des changements climatiques, à la sécurité alimentaire, à la conservation des forêts et de la biodiversité, ainsi qu’à l’approvisionnement des ménages en bois rond industriel, de même que d’autres politiques concernant l’utilisation et la conservation de la terre, risquent d’entrer en compétition l’une contre l’autre et doivent être scrupuleusement évaluées les unes par rapports aux autres.
Activités de la FAO
Cultures bioénergétiques d’arbres et d’arbustes
Dans plusieurs pays de la région, la plantation d’espèces arborescentes et arbustives dans des zones marginales (y compris les déserts et les zones semi-désertiques) associée à l’utilisation des eaux ménagères usées, offre la possibilité d’éviter ou, du moins, d’atténuer le compétition aliments-carburants.
Actuellement, certains pays envisagent la possibilité d’établir de grandes plantations d’espèces oléagineuses/arbustives comme Jatropha curcas (pourghère) et Simmondsia chinensis (Jojoba) avec l’objectif de produire du bidiesel dans des zones où l’agriculture est marginale, quand elle n’est pas inexistante. Dans ce contexte, la FAO a contribué à l’organisation d’un symposium régional sur la filière des oléagineux pour la production d’énergie et la valorisation des zones marginales et des ressources hydriques au Proche-Orient («Symposium on oil trees for energy production and valorization of marginal land and water resources in the Near East»).
Alors que des pays comme l’Égypte ont enregistré des résultats encourageants pour les espèces oléagineuses/arbustives (Ismaïlia, Louxor, Assouan), les études ou essais menés au Maroc et en Tunisie indiquent qu’il reste encore des activités de recherche à faire avant de se lancer dans la plantation à grande échelle. En général, pour la culture à grande échelle de ces espèces arborescentes/arbustives exotiques productrices d’huile, d’autres études sont encore nécessaies avant qu’une quelconque décision politique soit prise, comme par exemple des enquêtes sur l’allélopathie qui incluent également les questions de prolifération non désirée de ces espèces, ainsi que les aspects socioéconomiques et environnementaux.
Dans cette région, la pénurie d’eau représente déjà une contrainte majeure pour la production agricole. C’est pourquoi la production à grande échelle de biocarburants liquides risquerait d’aggraver les problèmes associés à la pénurie d’eau, à moins d’utiliser des eaux usées traitées et des cultures de substitution. Il faudrait encourager l’utilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation.
D’autre part, malgré la qualité de l’huile produite par les espèces comme le Jatropha – dont le potentiel comme source d’énergie alternative est important –, du point de vue strictement commercial, des compagnies privées comme NATOIL (en Égypte) ont indiqué que, d’après des études effectuées, d’autres applications telles que la médicine, les produits de beauté, l’alimentation complémentaire et l’utilisation comme biolubrifiants, seraient beaucoup plus rentables.
Concernant les aspects politiques et légaux, il a été généralement constaté que des aspects tels que la fragmentation du régime foncier (au Yémen) ainsi que l’absence ou la faiblesse des politiques et des législations, sont parmi les défis que les gouvernements du Proche-Orient doivent relever comme conditions préalables clés pour l’implantation de cultures bioénergétiques dans la région. La conclusion de partenariats d’envergure est également à encourager, surtout entre exploitants, investisseurs privés, industries et institutions gouvernementales.
Plusieurs spécialistes pensent qu’avant d’introduire des espèces exotiques, il faudrait explorer l’amélioration des méthodes de reproduction et de la productivité des espèces oléagineuses locales comme Argania spinosa, Ricinus ssp. et d’autres espèces subspontanées comme Moringa oleifera. Cependant, le potentiel de certains halophytes comme sources de biocombustible ne doit pas être sous-estimé: On trouve ces espèces végétales dans la plupart des pays du Proche-Orient et des activités de recherche complémentaires sont probablement nécessaires avant de développer ces cultures à grande échelle. Il serait avantageux pour les pays du Proche-Orient d’adhérer au Réseau international sur les espèces sous-utilisées et de développer des projets sous-régionaux et régionaux sur l’utilisation des espèces halophytes comme sources de bioénergie.
Utilisation des résidus agricoles comme sources d’énergie
L’intérêt mondial dans l’utilisation du bioéthanol a encouragé la réalisation d’études sur les coûts et l’efficacité de procédés industriels employant un large éventail de produits agricoles et sous-produits issus de la transformation agricole. Les avantages économiques et environnementaux résultant du recyclage et de l’utilisation de résidus agricoles ont été envisagés comme des méthodes prometteuses pour résoudre ces problèmes cruciaux. Étant donné l’ampleur du sujet, une première réunion régionale de consultation d’experts (ECM) sur l’utilisation des résidus agricoles a été organisée par le Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient (FAO-RNE) l’Association des institutions de recherche agricole du Proche-Orient et d’Afrique du Nord (AARINENA) et le Ministère égyptien de l’Agriculture et de la mise en valeur des terres (MALR). La réunion, qui s’est déroulée au Caire, en Égypte, le 6-8 juin 2004, a vu la participation de sept pays (l’Arabie Saoudite, l’Égypte, l’Iran, l’Iraq, le Soudan, la Tunisie et la Turquie) de la région ainsi que d’organisations privées égyptiennes.
Une deuxième réunion régionale d’experts a été organisée toujours au Caire, en Égypte, du 29 octobre au 1er novembre 2007, par la FAO-RNE avec la collaboration du Desert Research Center (DRC) et du MALR. La réunion a été consacrée à l’utilisation des résidus agricoles, l’accent étant mis sur l’utilisation des résidus agricoles comme biocombustibles («Utilization of agricultural residues with special emphasis on utilization of agricultural residues as biofuel »). Le but de la réunion était de partager avec les experts régionaux des informations sur les derniers développements technologiques pour l’utilisation conventionnelle et non conventionnelle des résidus agricoles et des sous-produits agro-industriels, ainsi que d’échanger ou mettre en commun les expériences et les connaissances en matière de production d’énergie, de biocombustibles et de biogaz.
La réunion a regroupé 24 experts provenant de neuf pays développés et en développement (Arabie Saoudite, États-Unis, Égypte, France, Maroc, Ouzbékistan, Syrie Tunisie et Turquie). Elle a été axée sur: a) la gestion et l’utilisation de résidus agricoles en tant que sources de matières premières renouvelables pour le développement durable et la réduction de la pollution environnementale; b) la promotion de la bioéconomie naissante pour la production de carburants, d’énergie, de fibres, d’aliments pour animaux, d’engrais et d’aliments propres à la consommation humaine comme les champignons; et c) l’adaptation/le transfert de technologies de pointe comme la bioénergie. Les participants ont souligné le fait que les biocombustibles sont considérés le combustible du futur et qu’ils ont été acceptés comme source d’énergie respectueuse de l’environnement en raison de leur faible impact sur le réchauffement climatique et la qualité de l’air. Ils ont donc décidé d’établir un réseau régional sur les résidus agricoles et leur potentiel de production bioénergétique.
Recyclage d’huiles usagées
Dans des pays du Proche-Orient, comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite et le Maroc, les huiles usagées offrent des opportunités intéressantes en raison des énormes quantités d’huile utilisées dans les restaurants, les hôtels et les cantines.
Par ailleurs, quelques lubrifiants peuvent être recyclés pour produire du diesel. Des études intéressantes ont été réalisées à cet égard par les instituts de recherche et les universités égyptiennes à la demande de NATOIL, la compagnie pétrolière égyptienne qui investit dans la culture de Jojoba depuis 20 ans.
Évènements
Atelier sur la gestion et l’utilisation des résidus agricoles à Riyad, en Arabie Saoudite, 28-30 avril 2009.
Pour plus d’informations
Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient
Contacts
Contenus: Djiby.Kone@fao.org
Bureau régional: FAO-RNE@fao.org
