Le changement climatique
Voici le quatrième numéro du bulletin électronique de la FAO sur le changement climatique et la sécurité alimentaire publié à l'occasion du Comité de l'Agriculture de la FAO. Ce nouveau bulletin vous informera sur les prochains événements de la FAO sur le changement climatique, les résultats de différentes réunions internationales, telles que les récents pourparlers sur le changement climatique à Bonn, Allemagne, la première réunion du Conseil de direction du programme REDD-NU et d'autres conférences auxquelles la FAO a participé. Vous y trouverez en particulier des articles sur l'adaptation au changement climatique au Bangladesh et sur les questions de parité hommes-femmes et changement climatique en Inde. Sont aussi présentées dans ce numéro les publications ajoutées récemment au portail sur le changement climatique de la FAO ainsi que de nouveaux et utiles outils en ligne.
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Entretien
Entretien avec Stephan Baas - Spécialiste du développement rural durable de la FAO et Satendra Singh - Consultant technique principal international du Projet d'adaptation des moyens d'existence au changement climatique au Bangladesh.
Ces dernières années, la FAO a adopté une approche axée sur les moyens d'existence pour promouvoir les processus d'adaptation au changement climatique au niveau local. Dans le cadre du Projet d'adaptation des moyens d'existence au changement climatique mis en œuvre au Bangladesh, elle a conçu et testé une approche pluridisciplinaire. Dans le contexte d'un climat en évolution, l'approche traduit les données issues de scénarios climatiques en perspectives d'impact agricole local et répond aux besoins de pratiques d'adaptation locale exprimés par les agriculteurs.
Dans cet entretien, Stephan Baas et Satendra Singh expliquent, sur les plans international et du terrain, les raisons pour lesquelles cette approche a connu tant de succès.
Quels sont les principaux objectifs du Projet d'adaptation des moyens d'existence au changement climatique mis en œuvre au Bangladesh par la FAO?
Stephan Baas. Le Projet d'adaptation des moyens d'existence au changement climatique (Livelihood Adaptation to Climate Change project ou LACC) est un sous-élément du Programme global de gestion des catastrophes lancé en 2004 par le Ministère bangladais de l'alimentation et de la gestion des catastrophes. Son principal rôle à cet égard consiste à trouver des mécanismes aptes à favoriser l'adaptation au changement climatique au niveau local par l'utilisation de modèles de circulation atmosphérique générale et de données tirées de scénarios climatiques, à les traduire en perspectives d'impact agricole local et, enfin, à les convertir en pratiques locales d'adaptation des moyens d'existence. Le programme-cadre a notamment demandé que le projet élabore une approche pratique qui puisse combler le fossé entre les informations mondiales sur le climat et les besoins d'adaptation locale des agriculteurs. L'objectif est de transformer des modèles abstraits de changements relatifs à la température, aux régimes des précipitations et à la hausse des niveaux de la mer en notions assimilables par les agriculteurs au niveau local à l'aide de méthodes de vulgarisation, de pratiques agricoles et de technologies appropriées.
Quels préalables sont nécessaires pour que les méthodes d'adaptation locales réussissent?
Satendra Singh. Les communautés d'agriculteurs ont déjà élaboré au fil du temps une série de stratégies d'adaptation pour faire face aux impacts climatiques. Le savoir traditionnel et les pratiques existantes sont notre point d'entrée. Toutes les options choisies doivent avant tout s'avérer compatibles avec le milieu agroécologique en jeu. Ensuite, elles doivent renforcer la résilience au climat et réduire les risques d'impacts dangereux sur le système de production. Enfin, elles doivent contribuer à maintenir (ou accroître) le niveau de revenu des agriculteurs. C'est une question très importante car nous avons affaire à des ruraux vulnérables, tels que les métayers ou les paysans sans terre, qui vivent dans des zones marginales. Dans bien des cas, ils ne peuvent se permettre de faire de gros préinvestissements dans des technologies coûteuses. Nous estimons donc que sont hautement recommandables les méthodes d'adaptation qui concordent avec les milieux agro-écologiques locaux et permettent d'augmenter à la fois les niveaux de revenu (sécurité des moyens d'existence) et la résilience climatique. Si, en plus, ces stratégies d'adaptation n'augmentent pas les émissions de gaz à effet de serre, elles deviennent une méthode « idéale » d'adaptation.
Une des questions clés concernant le changement climatique est la technologie d'adaptation: Comment s'effectue le transfert de technologie au sein d'un projet qui adopte une approche fortement axée sur la communauté et les moyens d'existence?
S.B. D'après nos expériences de terrain, la façon la plus adaptée de résoudre la question du transfert de technologie est d'unir le savoir local (qui ne consiste pas seulement en connaissances traditionnelles) avec le savoir novateur venant soit d'universités ou d'instituts de recherche nationaux, soit de pratiques appliquées dans d'autres pays et qui pourraient être introduites et testées dans ce contexte local. Il convient de commencer avec de bonnes pratiques connues au niveau local qui contribuent à améliorer les moyens d'existence et la sécurité alimentaire et à renforcer la résilience climatique. À partir de là, on peut se mettre d'accord sur un objectif commun et une approche pratique qui laissent la place à une expérimentation de technologies plus avancées inconnues localement. C'est un processus de sensibilisation et d'apprentissage collectif qui permet l'application graduelle de nouvelles technologies répondant bien aux besoins de prévisions de changement climatique à long terme. Une importante étape intermédiaire avant la diffusion de toute forme de mise à l'essai/démonstration sur le terrain est la validation, qui est réalisée de concert par le personnel de terrain, les agriculteurs et les experts appartenant à des instituts de recherche et de vulgarisation agricole. Des réunions se tiennent avant chaque campagne agricole afin d'examiner les méthodes d'adaptation propres à la campagne qui sont proposées. Parmi les critères clés lorsque l'on propose de diffuser les nouvelles technologies testées avec succès, figure le fait que la situation économique des agriculteurs ne doit pas être aggravée ou compromise par l'introduction de nouvelles pratiques. Sinon, les agriculteurs ne les accepteraient pas.
S.S. Le projet a établi des groupes de travail sur la mise en œuvre technique aux niveaux national et local en partenariat avec les principales institutions de recherche nationales. Le Département de la vulgarisation agricole, qui est l'agence d'exécution partenaire, est solidement présent sur le terrain grâce à son personnel spécialisé, les sous-assistants agricoles, qui oeuvrent au niveau local en étroite collaboration avec la communauté rurale. Ils jouent un rôle crucial dans le transfert de technologie aux communautés. À l'échelon local, le projet utilise les systèmes institutionnels locaux existants (écoles pratiques d'agriculture, clubs de jeunes, etc.) pour tester les méthodes d'adaptation et diffuser plus largement celles que les agriculteurs ont estimé efficaces. Le projet organise régulièrement des programmes de formation auxquels participent des instituts de recherche sur les nouvelles technologies et leur mise en oeuvre.
L'adaptation communautaire implique la participation de nombreux acteurs. Quels ont été les résultats du processus d'apprentissage?
S.S. Le Projet d'adaptation des moyens d'existence a pu obtenir la participation de tous les acteurs pertinents appartenant ou non au secteur gouvernemental à ses différentes activités, depuis le stade de l'identification des méthodes jusqu'au suivi et à l'évaluation des options testées sur le terrain. Le projet a pu établir un mécanisme sous forme de groupes de réalisation technique (du niveau national au niveau du sous-district) et utilise les comités/groupes communautaires existants pour faire participer différents acteurs à la mise en œuvre du projet. Ce mécanisme a donné de bons résultats en ce qui concerne, non seulement l'identification, la validation et la recommandation systématiques des méthodes d'adaptation, mais aussi la prise de décisions techniques et de gestion pendant la réalisation des interventions du projet. En premier lieu, le projet maintient une collaboration dynamique et fertile avec les comités de réduction des catastrophes qui fournissent leur soutien local pendant la mise en œuvre du projet.
S.B. Comme nous réalisons des projets pilotes dans 10 sous-districts appelés upazilla, il est également stimulant de pouvoir mettre au point une approche à l'échelle de la province, voire même du pays. Le processus d'apprentissage et d'échange de connaissances progresse très bien avec nos partenaires directs. Toutefois, hors de notre cercle, la situation est plus problématique. Nous disposons de la stratégie et procédons lentement à l'institutionnalisation des enseignements. Nous nous rendons bien compte qu'il s'agit d'un processus à long terme. La rotation élevée du personnel des institutions complique aussi la conservation et le transfert des connaissances acquises au sein du projet. L'institutionnalisation se fait à travers les personnes. D'autres acteurs s'occupant d'adaptation au changement climatique oeuvrent par l'intermédiaire des ONG. Cependant, nous avons pris la décision en connaissance de cause de désigner comme notre partenaire principal le Département de la vulgarisation agricole qui dispose d'un personnel de terrain de 14 000 personnes à l'échelle du pays. Si l'on parvient à rationaliser l'approche pratique au sein de cette grande organisation, on pourra alors parler d'institutionnalisation efficace permettant d'accroître notre impact.
Quels sont les principaux obstacles qui s'opposent à l'adaptation au changement climatique au niveau communautaire ?
S.B. La volonté de s'adapter à la vulnérabilité climatique existe. Au début, il est difficile de convaincre les agriculteurs de l'importance de penser au changement climatique en termes d'impacts à long terme. Pour leur communiquer cette notion et les encourager à agir pour combattre le changement, il faut leur expliquer les effets des changements climatiques auxquels ils assistent actuellement et établir ensuite le lien avec un changement à long terme, évaluant les tendances locales à propos de la sécheresse et/ou des inondations et des événements climatiques extrêmes. La plupart des agriculteurs reconnaissent clairement les changements des profils de campagne agricole saisonniers, et la variation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes. Les événements climatiques extrêmes actuels sont ceux qui préoccupent le plus les gens. Ils sont prêts à les combattre. Une fois que ce dénominateur commun est accepté, il est beaucoup plus facile de lancer les processus d'adaptation à l'aide de pratiques locales. Dans certains endroits, les agriculteurs investissent déjà dans des techniques d'adaptation à petite échelle comme les mini-étangs ou les installations d'irrigation. Mais dans de nombreux cas, bien qu'ils soient parfaitement conscients et voudraient faire quelque chose d'utile, ils n'ont pas les moyens d'investir dans ces technologies.
S. S. Les agriculteurs du Bangladesh travaillent au jour le jour sans penser à une gestion active et à long terme des risques. Il est assez difficile de les convaincre de l'importance d'affronter des risques à long terme et de prendre des mesures appropriées dès à présent. En tenant compte de cela, le Projet d'adaptation des moyens d'existence au changement climatique a senti le besoin d'encourager graduellement cette vision à long terme de la situation et de commencer à s'attaquer aux problèmes existants, et d'y ajouter ensuite une perspective à long terme. C'est pourquoi le processus de mise en œuvre a débuté en promouvant la prise de conscience communautaire du niveau des risques et en inculquant des notions de gestion des catastrophes, et a introduit graduellement les questions concernant le changement climatique et la modélisation de leurs résultats. Cependant, la communication des objectifs du projet est encore faible non seulement vers la communauté des agriculteurs mais aussi vers d'autres acteurs. Une meilleure stratégie de communication est nécessaire pour diffuser les questions complexes relatives à l'adaptation aux changements climatiques parmi les différentes parties prenantes en vue de changer leur mode de penser.
Quelles seront les prochaines étapes du projet ?
S.B. En février 2008, nous avons amorcé la deuxième étape du projet qui durera jusqu'en juin 2009. La troisième étape du projet durera encore cinq ans avec une augmentation des financements (environ 4 millions de dollars ont été affectés par les partenaires financiers du Programme, à savoir l'Union Européenne, le Département du développement international du Royaume-Uni et le PNUD). Pendant la troisième étape, le Département de la vulgarisation agricole du Bangladesh appliquera les méthodes d'adaptation que nous avons identifiées et testées au cours des quatre dernières années dans des zones menacées par la sécheresse, aux fins de les diffuser et de les reproduire largement. Nous continuerons aussi à appliquer le mode expérimental de mise en œuvre du projet dans les zones côtières et nous les étendrons à deux autres zones agroécologiques : les zones de montagne et les plaines d'inondations dans le nord du pays.
S.S. Pendant l'étape suivante, le projet se propose d'appliquer le cadre méthodologique et le processus de mise en œuvre du projet à des zones pilotes limitées d'autres parties du pays qui sont très vulnérables au changement climatique, en faisant participer les parties prenantes concernées appartenant à tous les sous-secteurs liés aux moyens d'existence ruraux au sein des régions (c'est-à-dire agriculture, pêche y compris l'aquaculture, foresterie, élevage, bioénergie et autres domaines connexes).
- Pour plus d'informations sur le projet, consulter le site.
- Pour télécharger le matériel de formation, consulter le site.
Événements
Les défis que pose le changement climatique seront examinés lors du prochain Comité de l'agriculture de la FAO
Le rôle que joue la production agricole dans l'adaptation au changement climatique et l'atténuation de ses effets fera partie des nombreux thèmes qui seront traités lors du prochain Comité de l'agriculture de la FAO (COAG) qui se tiendra du 22 au 25 avril à Rome.
À mesure qu'augmente la population, la demande de produits agricoles s'accroît. Répondre à cette demande, susceptible de doubler d'ici 2050, veut dire peser plus lourdement sur les ressources naturelles comme la terre et l'eau.
- Pour plus d'information sur le comité, consulter le site web.
- Pour lire le document intitulé "Agriculture and Environmental Challenges of the Twenty-first Century: Elements of an FAO Strategic Framework", cliquer ici.
Colloque sur la production animale et son aptitude à atténuer le changement climatique
La prochaine session du Groupe intergouvernemental sur la viande et les produits laitiers comprendra un colloque sur l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre résultant de la production animale, qui se tiendra à Asunción, Paraguay, du 6 au 8 mai.
Le secteur de l'élevage contribue aux émissions de gaz à effet de serre estimées. L'amélioration de la gestion des pâturages et des systèmes sylvopastoraux peut les réduire efficacement et contribuer à la conservation de l'environnement. Les systèmes pastoraux occupent 40 pour cent des terres émergées du monde mais sont exclus, à l'heure actuelle, du marché du carbone malgré leur aptitude considérable à réduire les émissions et à stocker le carbone.
Lié aussi à ce thème, un atelier s'est tenu récemment à Rome du 15 au 17 avril 2009 sur le rôle des systèmes d'herbages et de pâturages dans l'atténuation du changement climatique. Ont pris part à l'événement des experts du monde entier (scientifiques, représentants de la société civile et responsables des politiques), qui ont examiné l'état actuel des informations scientifiques sur le piégeage du carbone par les systèmes d'herbages et de pâturages, et leur importance pour l'atténuation du changement climatique mondial et l'adaptation à ses impacts.
- Pour connaître le programme du colloque tenu au Paraguay sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre résultant de la production animale, consulter le site web.
- Pour plus d'informations sur l'atelier relatif au rôle des herbages et des pâturages dans le changement climatique, consulter le site web.
Nouvelles du terrain
Les opinions des agriculteurs sur le changement climatique et la sécurité alimentaire font l'objet d'un examen dans le sud de l'Inde
La FAO et les institutions indiennes locales de l'Andhra Pradesh passent actuellement en revue la façon dont les hommes et les femmes affrontent la variabilité climatique et du changement climatique à long terme dans le cadre du projet « Stratégies d'adaptation au changement climatique et parité hommes-femmes : les expériences des agriculteurs indiens ».
Financé par l'Agence suédoise de développement international (ASDI) et en collaboration étroite avec les institutions locales, le projet documente à l'heure actuelle la manière dont les agriculteurs et les agricultrices de huit villages interprètent l'évolution du climat, ainsi que les stratégies d'adaptation qu'ils adoptent pour garantir la sécurité alimentaire de leurs ménages.
Au cours d'un atelier tenu en février à Hyderabad, la capitale de l'Andhra Pradesh, l'équipe du projet a examiné les opinions des agriculteurs sur le changement climatique, la sécurité alimentaire et les rôles et ressources auxquels ont accès les hommes et les femmes. Les agriculteurs ont observé des changements dans les modèles saisonniers des précipitations, la diminution de la quantité de pluie et le déclin des ressources en eau. En outre, ils se préoccupent de la disparition du couvert forestier qui avait, en des périodes de sécheresse précédentes, servi de source d'aliments d'appoint. Parmi les stratégies pour faire face à ces changements, figurent la migration et la diversification des moyens d'existence. Souvent les femmes se déplacent pour travailler comme ouvrières (dans le secteur de la construction), alors que les hommes, en tant que seuls propriétaires de la terre, se considèrent comme des agriculteurs. Ce sont les hommes, en définitive, qui ont le dernier mot quand il s'agit de décider quelles stratégies d'adaptation adopter. Les femmes sont chargées de l'approvisionnement en aliments de la famille. Toutefois, par rapport aux hommes, elles n'ont qu'un accès limité aux informations tant sur les techniques culturales que sur les systèmes de soutien.
Pour diffuser les conclusions et recommandations de l'étude de cas, il conviendrait de fournir au gouvernement de l'Inde des avis de politique générale qui tiennent compte de la parité hommes-femmes, et d'utiliser cette étude de cas comme modèle de recherche dans d'autres pays. Les membres de l'équipe sont également convenus d'étendre les travaux, au-delà des zones exposées à la sécheresse, à celles exposées aux inondations, afin d'obtenir des informations sur un type différent de stress climatique et de tester la mise en application de la méthodologie dans d'autres contextes.
Pour plus d'information sur la parité hommes-femmes et le changement climatique, consulter le site.
Nouvelles
L'atténuation grâce à l'agriculture
La FAO a demandé que l'agriculture soit incorporée dans les négociations sur le changement climatique lors de l'atelier : « Opportunités et défis pour l'atténuation dans le secteur agricole » organisé pendant les négociations sur l'évolution du climat qui se sont déroulées à Bonn, Allemagne, du 28 mars au 8 avril.
« À l'aide d'incitations appropriées et d'institutions novatrices, l'agriculture peut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en procurant de multiples avantages au développement durable comme le renforcement de la production et de la sécurité alimentaires, la réduction de la pauvreté et la fourniture de services environnementaux ». Tel était le principal message d'un atelier où la FAO était parmi les orateurs invités qui s'est tenu pendant la session du Groupe de travail ad hoc sur la coopération à long terme de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
La majorité du potentiel d'atténuation de l'agriculture pourrait se réaliser grâce au piégeage du carbone dans le sol (89 pour cent) et ce notamment dans les pays en développement (70 pour cent). En outre, il est également possible de diminuer les émissions d'autres gaz à effet de serre non carboniques (N2O et CH4) par une utilisation plus efficace des engrais et l'amélioration des systèmes de production rizicole et d'élevage.
On constate une bonne compréhension scientifique des différentes pratiques agricoles qui peuvent être appliquées pour produire et maintenir de la matière organique dans les sols. Les techniques mises au point pour l'agriculture biologique et de conservation, telles que la gestion améliorée des pâturages, l'agroforesterie, le paillage, le compostage, l'assolement, les cultures de couverture, la culture à faible ou sans labour, sont importantes car elles permettent d'accumuler les matières organiques et la biomasse dans le sol.
L'agriculture, en complément des changements d'affectation des terres et la foresterie, est un important producteur d'émissions de gaz à effet de serre (le tiers environ). Il est donc essentiel d'inclure l'agriculture dans les accords internationaux sur le changement climatique post-Kyoto.
- Lire un communiqué de presse récent de la FAO sur la capacité de l'agriculture à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
- Lire la soumission de la FAO au SBSTA/Copenhague 2009.
- Lire un article sur l'agriculture et l'atténuation rédigé par des experts de la FAO et publié dans le bulletin concernant les accords multilatéraux sur l'environnement (MEA Bulletin, en anglais).
Le Programme REDD-NU sera mis en oeuvre dans des pays désignés
Le Conseil de direction du Programme REDD-NU concernant la réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts, une initiative conjointe de la FAO, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), a tenu sa première réunion au Panama du 9 au 10 mars, et affecté 18 millions de dollars pour un appui national en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle Guinée, en République démocratique du Congo, en Tanzanie et au Vietnam. La Bolivie, le Panama, le Paraguay et la Zambie figurent aussi dans la liste des pays pilotes adhérant au Programme REDD-NU figurent.
Le Conseil de direction assume le leadership global et la direction stratégique du programme et comprend des membres appartenant aux pays et institutions participants, à des groupes représentant les populations autochtones, à des organisations de la société civile, ainsi que des donateurs et d'autres parties intéressées présents en qualité d'observateurs, comme le Fonds de partenariat pour le carbone forestier de la Banque mondiale, le secrétariat de la CCNUCC et le secrétariat du Fonds pour l'environnement mondial.
Au cours de cette première réunion, les membres du Conseil de direction ont mis l'accent sur deux domaines d'intervention pour le proche avenir : 1) mesure, évaluation, rapports et vérification et 2) engagement des populations autochtones et de la société civile dans des activités liées à la REDD.
La prochaine réunion du Conseil de direction devrait se tenir en juin 2009 à Montreux, Suisse. Il est prévu que le Secrétariat interinstitutions du Programme REDD-NU sera bientôt opérationnel à Genève.
Pour plus d'informations consulter le site de la REDD-NU http://www.un-redd.net/
Le troisième atelier sur l'adaptation au niveau des communautés à Dhaka lance l'Initiative mondiale sur le changement climatique
Le troisième atelier international sur l'adaptation des communautés au changement climatique tenu à Dhaka du 18 au 24 février 2009 a lancé une Initiative mondiale tenant lieu d'instance de création et d'échange de connaissances pour les activités d'adaptation au niveau des communautés.
En tant que coparrain de la réunion, la FAO a présidé une session technique pendant l'atelier sur la promotion de l'adaptation dus à la communication pour le développement. Les participants ont noté comment la communication peut accroître l'adaptation en renforçant le savoir local et en facilitant la diffusion de technologies appropriées. Cette notion a été illustrée, entre autres, par le projet de la FAO intitulé « Adaptation des moyens d'existence au changement climatique ».
Les principaux messages de l'atelier ont été les suivants:
- La réduction des risques de catastrophes est un bon point d'entrée pour le lancement des processus d'adaptation.
- Cependant, l'adaptation doit permettre aux communautés rurales non seulement d'affronter une variabilité à court terme, mais de maîtriser aussi les effets à long terme du changement climatique.
Ian Burton, membre du GIEC, a souligné que l'adaptation ne signifie pas « arranger les choses rapidement pour reprendre ensuite les habitudes précédentes ». Elle devrait, bien au contraire, représenter une nouvelle étincelle pouvant déclencher le changement social apte à réduire les risques dus au climat et la vulnérabilité des moyens d'existence ruraux qui en sont la conséquence. Pour ce faire il faudra, non seulement multiplier les initiatives d'adaptation communautaire et les inclure dans des stratégies de développement élargies, mais aussi les soutenir à l'aide d'un cadre mondial d'adaptation efficace.
- Lire le rapport complet de la conférence sur le site.
Pour plus d'informations sur le travail de la FAO en matière d'adaptation communautaire au changement climatique consulter ici.
Sept déclarations sur les risques, défis et décisions au plan mondial concernant le changement climatique
La conférence internationale intitulée « Au-delà de Kyoto : relever le défi du changement climatique », qui s'est tenue les 5 et 6 mars 2009 au Danemark, a émis sept déclarations sur les risques, défis et décisions au plan mondial concernant le changement climatique, soulignant la nécessité d'augmenter la productivité agricole et d'utiliser moins d'eau et de terres.
« Il nous faut augmenter la productivité agricole et utiliser moins d'eau et de terres. Pour ce faire, il est indispensable de donner de toute urgence une forte impulsion à la recherche, à l'innovation, à l'éducation et aux conseils », indique la troisième des sept déclarations sur le changement climatique issues de la conférence.
Pendant la conférence, la FAO a décrit les efforts qu'elle déploie pour promouvoir l'agriculture de conservation dans le but, d'une part, d'augmenter la production biologique et, d'autre part, de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Lors de l'événement organisé par l'Université d'Aarhus au Danemark, se sont réunis des représentants du monde industriel, des chercheurs, des ONG et des décideurs pour dialoguer sur la façon de relever les défis et satisfaire les besoins de solutions novatrices durables pour affronter l'évolution du climat.
- Pour télécharger les sept déclarations cliquer ici.
- Pour plus d'informations sur le travail de la FAO en matière d'agriculture de conservation, consulter le site.
- Pour lire le récent communiqué de presse de la FAO sur la capacité de l'agriculture à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Publications, outils et sites web
Publication de la FAO sur la situation des forêts du monde
La publication intitulée « Situation des forêts du monde » de cette année fait le point sur l'avenir des forêts et de la foresterie dans chaque région sous le thème « Société, forêts et foresterie : s'adapter pour faire face à l'avenir ».
Elle passe aussi en revue les impacts éventuels de facteurs extérieurs, comme les changements démographiques, économiques, institutionnels et technologiques, sur les forêts.
Publiée tous les deux ans, la revue est disponible en anglais, arabe, chinois, français, espagnol et russe et sert de source d'informations à l'appui des politiques et de la recherche en matière forestière.
Pour télécharger cette publication, cliquer ici.
Création de capacités d'adaptation au changement climatiques - politiques visant à soutenir les moyens d'existence et la pêche.
La publication intitulée « Building adaptative capacity to climate change » fait partie de la collection de documents d'information produits par le Programme pour des moyens d'existence durables dans la pêche de la FAO. Elle montre comment le changement climatique pourrait influencer la pêche et la contribution future de cette dernière à la réduction de la pauvreté.
Elle jette aussi un regard sur les moyens d'existence adaptatifs et les réponses institutionnelles à la variabilité climatique dans le secteur de la pêche.
Pour télécharger cette publication, cliquer ici.
Unasylva - Adaptation au changement climatique
Revue internationale de la FAO sur la foresterie et les industries forestière, Unasylva fait l'objet d'une édition double sur le thème « Adaptation au changement climatique » publiée en anglais, français et espagnol.
Le dernier numéro de ce journal spécialisé se fonde sur les présentations faites durant la Conférence internationale sur l'adaptation des forêts et de la gestion forestière au changement climatique, notamment en ce qui concerne la santé des forêts, tenue en Suède en août 2008.
Les articles contenus dans Unasylva fournissent des exemples des liens qui relient le changement climatique au développement durable, des impacts de ce changement sur la santé des forêts et la composition et la répartition des espèces forestières, et des mécanismes que la science et les politiques peuvent utiliser pour promouvoir l'adaptation des forêts et des communautés.
Pour lire l'édition double d'Unasylva, cliquer ici.
Le portail Internet de la FAO sur le changement climatique donne accès à toute une série de publications liées au changement climatique et à la sécurité alimentaire, à ses impacts, aux réductions des émissions de gaz à effet de serre, aux actions dans le domaine de l'adaptation aux changements climatiques et à l'atténuation de leurs effets et aux cadres politiques. Elles peuvent être consultées dans la section Publications du site.
La FAO a aussi publié d'utiles outils tels que des bases de données, des modules de formation électroniques et des manuels de formation que vous pouvez consulter ou télécharger en visitant la section du site "Données et outils."
"Carte du mois"
Cartes régionales de suivi des précipitations

Précipitations totales (mm)
Capitales
Frontières
Masque
Des informations utiles sur les précipitations mensuelles totales en Afrique ou dans des régions particulières de ce continent peuvent être obtenues en ligne sur le site FAOClimpag. La carte illustrée ci-dessus donne des informations sur la totalité des précipitations en Afrique pendant le mois de mars 2009. Les données utilisées pour dresser les cartes sont fournies par le Centre mondial de climatologie pluviale (Global Precipitation Climatology Centre (GPCC).
Pour consulter les cartes régionales de suivi des précipitations, cliquer ici.

