Agroforesterie

L’agroforesterie est une pratique qui consiste à introduire des arbres et des arbustes dans les systèmes de production agricole et/ou animale et de gestion des terres. Les arbres sont utilisés dans de nombreux systèmes agricoles ou de parcours traditionnels et modernes. La présence d’arbres dans les exploitations est particulièrement répandue dans l’Asie du Sud-est ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud. Les professionnels du secteur conviennent que les pratiques et systèmes agroforestiers se présentent sous différentes formes dont: les jachères améliorées; la méthode «taungya» (plantation forestière sur culture agricole); les potagers; la culture d’arbres et d’arbustes polyvalents; la plantation limitrophe; la parcelle boisée d’exploitation; les vergers; les combinaisons plantation/culture; les rideaux-abri; les brise-vents; les haies de conservation; les talus fourragers; les clôtures d’arbres; les arbres plantés sur des terres à pâturage; et l’apiculture dans les arbres.

Système agroforestier/agrosylvopastoral Faidherbia albida

Le Faidherbia albida est un arbre très commun dans les systèmes agroforestiers de l’Afrique sub-saharienne. Cet arbre, qui est largement répandu dans tout le continent, pousse sur une variété de terres et apparaît dans différents écosystèmes allant des déserts aux climats tropicaux humides. Il permet de fixer l’azote et présente la particularité phénolique dite de la «foliation inversée»: c’est à dire qu’il perd ses feuilles en saison humide et reverdit en début de saison sèche. Cette caractéristique le rend compatible avec la production vivrière puisqu’il ne concurrence pas les cultures pour la lumière, les éléments nutritifs et l’eau. Les agriculteurs ont souvent observé des augmentations considérables dans leurs rendements de maïs, de sorgho, de millet, de coton et d’arachide lorsque ces cultures se trouvent en proximité de Faidherbia. Des publications ont rendu compte d’accroissements dans les rendements allant de 6 pour cent à plus de 100 pour cent.

Comme beaucoup d’autres espèces agroforestières, le Faidherbia tend à augmenter les stocks de carbone au-dessus du sol et dans le sol; il améliore la capacité de rétention de l’eau des sols ainsi que leur état nutritionnel. Actuellement, on trouve des arbres de Faidherbia sur moins de 2 pour cent des superficies de maïs, et sur moins de 13 pour cent des superficies de sorgho et de millet. Le maïs étant la culture de base la plus répandue en Afrique, le potentiel dérivant de l’adoption de ce système agroforestier est énorme. Une recherche plus approfondie est nécessaire afin d’étudier les bénéfices potentiels offerts par le Faidherbia, notamment en ce qui concerne la productivité des cultures dans différents agro-écosystèmes, la disponibilité de produits ligneux ou non ligneux à utiliser ou à vendre, et la possibilité d’interagir avec les marchés du carbone. 

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Projet de séquestration du carbone de la communauté de Nhambita, Mozambique

Lancé en 2003 dans la zone tampon du Parc national de Gorongosa, dans la Province de Sofala, le projet paye 1 000 petits exploitants pour séquestrer le carbone à travers l’adoption de pratiques agroforestières et pour la réduction d’émissions causées par le déboisement et la dégradation (REDD) de forêts claires miombo. Les agriculteurs sont tenu par contrat à séquestrer le carbone dans leurs machambas (exploitations) en adoptant des pratiques agroforestières choisies à partir d’une liste qui comprend: les espèces d’arbres horticoles; les parcelles boisées; le Faidherbia albida et les cultures vivrières en intercalaire; la plantation de feuillus autochtones autour des limites des machambas; et la plantation d’arbres fruitiers dans les potagers. En tout, les différentes activités du projet ont accumulé des crédits compensatoires de carbone pour 24,117 tonnes de CO2 par an sur une superficie d’environ 20 000 hectares. Les agriculteurs ont reçus une indemnisation des émissions de carbone de 4,5 USD par tCO2 ou bien un montant allant de 433 USD par hectare à 808 USD par hectare sur sept ans. Le projet démontre que la séquestration du carbone à travers l’utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (UTCATF) peut assurer des moyens de subsistance durables dans les zones rurales et générer une réduction des émissions de carbone vérifiable par la communauté internationale. 

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dernière mise à jour:  lundi 6 juin 2011