Agriculture urbaine et périurbaine 

Cinquante pour cent de la population mondiale vit aujourd'hui dans les villes et ce chiffre devrait monter à 70 pour cent d’ici 2050. Une telle croissance démographique des villes aura une incidence sur les écosystèmes naturels et les terres agricoles environnants.

Les villes sont souvent incapables d'offrir les possibilités d’emploi dont ont besoin leurs populations grandissantes et ce problème se traduit par une augmentation rapide de la pauvreté urbaine et de l'insécurité alimentaire. Souvent, ces pauvres urbains n'ont pas les moyens d'acheter de la nourriture ou des terres à exploiter, et il est estimé qu'ils dépensent jusqu'à 60 pour cent de leurs revenus pour acheter des produits alimentaires. La récente crise alimentaire a provoqué une hausse des prix et la récession de l'économie mondiale a réduit les possibilités d’emploi ainsi que les revenus des populations, particulièrement dans les zones urbaines. Les changements climatiques et les taux plus élevés de désastres naturels ou causés par l'homme ont également perturbé les chaînes d'approvisionnement alimentaire déterminant ainsi une aggravation de l'insécurité alimentaire dans les villes.

Bien que les villes continuent de dépendre de l'agriculture rurale, l'agriculture urbaine et périurbaine fournit des quantités considérables d'aliments (surtout des denrées périssables) et améliore la sécurité alimentaire des pauvres urbains. Il est estimé que près de 15 pour cent des denrées alimentaires mondiales provient de l'agriculture urbaine et que 70 pour cent des ménages urbains des pays en développement participe à des activités agricoles. Les légumes, les fruits, les champignons, les herbes aromatiques, la viande, les œufs, le lait et même le poisson sont issus de potagers communautaires ou d'arrière-cours privées, des écoles, des hôpitaux ou encore de toits potagers, de jardinières et de terrains publiques disponibles (y compris les bords des routes et des voies ferrées). Cette autoproduction peut satisfaire jusqu'à 60 pour cent des besoins alimentaires d'une famille. Elle améliore aussi la nutrition et permet aux ménages d'utiliser une plus grande partie de leurs revenus pour d’autres frais comme l’enseignement et la santé. En outre, l'agriculture urbaine contribue à la création de micro-entreprises spécialisées dans la production de compost ou la transformation et la vente de produits alimentaires.

Micro-potagers à Dakar, Sénégal 

La FAO et le Gouvernement du Sénégal ont lancé le projet des micro-potagers à Dakar en 1999. L'initiative a permis de réduire la pauvreté des ménages défavorisés en leur fournissant des légumes frais et en améliorant, de ce fait, leur disponibilité alimentaire et leur nutrition. Le projet promeut également la génération de revenus à travers la vente des surplus de production. Il facilite l'accès à la production horticole urbaine et périurbaine des habitants sans terres agricoles, mobilise les ressources humaines dans les domaines de l’administration et de la recherche, et soutient l'utilisation des déchets agricoles comme les coques des cacahouètes et la paille de riz. La pratique des micro-potagers a été adoptée dans tous les milieux sociaux: riches, hommes, femmes, jeunes, vieux et handicapés physiques. Plus de 4 000 familles ont été formées à cette technique.

Les principaux problèmes de mise en place du projet ont concerné la formation et l'organisation des bénéficiaires, l'accès à l'équipement et aux engrais, ainsi que la commercialisation des produits. Les micro-potagers ont utilisé les ressources et les équipements locaux, stockés dans le Centre de développement horticole (CDH) de l'Institut sénégalais pour la recherche agricole (ISRA) comprenant un bureau, un laboratoire et un micro-potager national de référence.

Faute d'un aménagement du territoire pour l'attribution d'espaces de production, quelques mairies, écoles et hôpitaux ont mis leurs arrière-cours à disposition des micro-jardiniers. Le projet des micro-potagers a également ouvert des points de vente dans toutes les capitales régionales pour offrir des alternatives aux engrais chimiques coûteux, dont des engrais à base de thé ou de lisier, et du Biogen. Les rendements annuels ont augmenté et les dépenses en matière d'engrais ont diminué grâce à l'utilisation de matériaux de remplacement et de kits d'irrigation au goutte-à-goutte promue par la FAO. Le projet collabore actuellement avec des ONG italiennes travaillant à Dakar afin d'établir un mécanisme spécial d'approvisionnement pour les produits des micro-jardiniers avec le but de renforcer l'autonomie financière des bénéficiaires et de garantir la durabilité de l'initiative. La promotion des produits issus de micro-potagers est assurée par des programmes de télévision et la publicité, ainsi que par l'introduction d'un certificat d'analyse des légumes décerné par l'Institut de technologie alimentaire (ITA). Le but étant de créer un label pour les produits des micro-jardiniers. 

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Toits potagers au Caire, Égypte

L'explosion démographique et la tendance à construire sur les terres agricoles ont limité les ressources des familles urbaines et leur accès à des produits sains. Avec un peu d'efforts et d'argent, les toits des maisons peuvent servir à améliorer la qualité de vie des familles, leur fournir des aliments sains et générer des revenus supplémentaires. Tout en n'étant pas nouvelle, l'idée des toits potagers en Égypte n'a été mise en œuvre que récemment. Au début des années 90, à l'Université de Ain Shams University, un groupe de professeurs d'agriculture a lancé l'initiative de cultiver des légumes bio pour répondre aux besoins des villes égyptiennes densément peuplées. Les terrasses, les balcons, et même les murs des constructions de génie civil, ont été utilisés comme potagers. Ces méthodes de production n'ont pas besoin de gros investissements en capital ou en heures de travail mais elles permettent de produire une grande variété de légumes et de fruits. L'initiative a été appliquée sur petite échelle jusqu'à ce que la FAO ne l'adopte officiellement en 2001.

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Autres informations et exemples

Le Manuel de référence du producteur urbain: Guide pratique pour travailler avec les organisations de producteurs urbains et périurbains à faible revenu fournit des indications utiles avec des façons de procéder face aux problèmes des producteurs urbains. Pour chaque question, il propose quelques exemples par pays pour montrer comment développer l'agriculture urbaine et périurbaine (AUP) en coopération avec les parties prenantes. Consulter le manuel sur: www.fao.org/docrep/010/a1177f/a1177f00.htm 

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dernière mise à jour:  mercredi 29 décembre 2010