Systèmes aliments-énergie diversifiés et intégrés

Le développement de systèmes de production qui puissent satisfaire les besoins énergétiques des petits exploitants est important. Pourtant, 3 milliards de personnes – près de la moitié de la population mondiale – dépendent de sources d’énergie traditionnelle non durables comme le bois de feu pour satisfaire leurs besoins énergétiques de base pour la cuisson ou le chauffage, et 1,6 milliards de personnes n'ont pas accès à l'électricité (IEA, 2002. World Energy Outlook. Chapter 13. Energy and Poverty Perspectives énergétiques mondiales 2002. Chapitre 13 Énergie et pauvreté). Dans les communautés rurales des pays en développement, ce problème donne souvent lieu à des invasions des écosystèmes naturels – comme par exemple l'abattage de forêts pour obtenir du bois de feu – qui se traduisent par une augmentation des sources d'émission. Les systèmes intégrés aliments-énergie (SIAE) ont été conçus pour traiter ces problèmes en intégrant la production simultanée d’aliments et d'énergie par deux méthodes principales. La première associe des culture mixtes (vivrières et énergétiques) sur la même parcelle, comme dans les systèmes agroforestiers (ex. planter des arbres à utiliser comme bois de feu et charbon de bois). La seconde consiste à utiliser des sous-produits/résidus d'un type de production comme matière première pour un autre type de production. Parmi les nombreux exemples, on trouve le biogaz produit à partir des résidus de l'élevage, les aliments pour animaux produits à partir de sous-produits du bioéthanol, ou encore, la bagasse utilisée comme énergie et produite à partir des sous-produits de la canne à sucre. Alors que des systèmes intégrés aliments-énergie simples, comme l'agroforesterie ou le biogaz sont répandus, des systèmes plus compliqués sont moins développés en raison des capacités techniques ou institutionnelles nécessaires pour les établir et les maintenir, et en raison aussi de l'absence de politiques de soutien. L'énergie solaire thermique, photovoltaïque, géothermique, éolienne et hydraulique sont d'autres options à prendre en compte et à inclure dans ces systèmes, malgré les coûts de démarrage et le soutien spécialisé dont elles ont besoin pour être mises en place et entretenues.

Programme national pour le biogaz, Vietnam

Après avoir attribué des droits fonciers aux agriculteurs individuels, le Vietnam s'est lancé dans un projet d'aménagement intégré du territoire. Le projet sur le biogaz est mis en œuvre par l'Association vietnamienne des jardiniers (VACVINA), qui travaille à tous les niveaux et a été chargée de promouvoir ce concept – dénommé système intégré VAC. Le système implique l'intégration de l'horticulture à l’élevage de poissons et d'animaux afin d'utiliser la terre de manière optimale. En effet, les combustibles traditionnels, comme le bois de feu ou le charbon de bois pour la cuisson, sont de plus en plus rares ou coûteux et peuvent contribuer au déboisement. L'accroissement de la production animale dans les communautés rurales présentant une haute densité démographique provoque des impacts sur la santé et l'environnement dus à la quantité de fumier produit. Les digesteurs au biogaz font partie de la solution offerte par cette initiative: ils utilisent les déchets pour générer de l'énergie et ce qui en résulte peut servir d'engrais pour améliorer la qualité des sols. Pour diffuser les biodigesteurs, le projet a adopté une stratégie de marché comprenant un service tout inclus pour les acheteurs. Les clients doivent avoir au moins quatre à six cochons, ou deux à trois bovins, afin de produire du fumier animal. Ils paient tous les frais d'installation aux fournisseurs locaux de services et font fonctionner le biodigesteur d’après les instructions qui leur ont été fournies. Un biodigesteur produit assez de combustible pour la cuisson et l'éclairage. Il améliore le milieu environnant tandis que l'élevage fournit des produits à base de viande, de lait et de poisson pour la consommation locale et l'agriculture de subsistance.

Source: FAO/Practical Action, 2009. 

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Production durable d'aliments et de charbon de bois dans les systèmes agroforestiers, RDC

Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), compte une population de 8 millions d'habitants et consomme près de 6 millions de tonnes d'équivalent bioénergie par an. La ville est entourée de pâturages et de zones de forêts. La bioénergie utilisée par les familles urbaines est principalement constituée de combustibles ligneux (charbon de bois et bois de feu). Les besoins en charbon de bois, mais aussi la plupart des aliments féculents (cassava et maïs), sont obtenus en pratiquant l'agriculture de rotation sur brûlis et la carbonisation des zones de forêts ou de savane arborée, qui continuent donc de se détériorer. La production issue de ces peuplements devient de plus en plus rare et coûteuse. La fertilité des sols s'affaiblit, les rendements des cultures après jachère diminuent, les sources d'eau s'assèchent et les incendies sont de plus en plus fréquents. La culture sur brûlis provoque des jachères arborées après un à trois ans de récolte à cause de l'épuisement des réserves du sol. L'amélioration des jachères arborées consiste à planter des légumineux dont les racines, associées aux microorganismes, fixent l’azote de l'air. Le stockage de matières organiques et d'azote dans les sols en est ainsi accéléré.

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Biogaz en Thaïlande

Le méthane des déchets issus de l'élevage de porcs représente la plus grande source d'émissions de gaz à effet de serre du bétail de la Thaïlande, où le nombre de porcs devrait doubler entre 2000 et 2020. Un projet pilote réalisé dans dix exploitations porcines, pour une moyenne totale annuelle d’environ 131 200 porcs, devrait réduire les émissions de méthane produites par ces animaux grâce à l'installation de systèmes de traitement anaérobie des déchets qui récupèrent le biogaz pour produire de l'énergie. Le total des réductions d'émissions est estimé à 58 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) équivalent par an (tCO2e/an). Une partie du projet est financée à travers le Mécanisme pour un développement propre (MDE) du Protocole de Kyoto. L'électricité obtenue est destinée à la consommation propre des exploitations tandis que le dépôt qui se forme est séché et vendu comme engrais ou amendement. Le projet inclut également des activités composantes spécifiques pour la communauté comme l'éclairage public, l'accès à l'eau potable, la scolarisation, des pulvérisateurs anti-moustiques, un magasin communautaire, ou le renforcement des capacités. L'initiative a été mise en œuvre par la Banque mondiale et la FAO. Elle fait partie du projet de gestion des déchets issus de l'élevage en Asie de l’Est (LWMEA) dont l'objectif environnemental global est de réduire la pollution et la dégradation induites par les animaux d'élevage. 

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dernière mise à jour:  jeudi 30 décembre 2010