Discours à l'occasion
de la Journée internationale des femmes
Rome (Italie), le 12 mars 1997
Il y a un an, j'ai soutenu
l'initiative de la Division de la femme et de la
population de célébrer la Journée
internationale des femmes, pour la première fois
au siège de la FAO. Cette année, j'ai
décidé d'institutionnaliser cette
célébration et tenu à y participer
personnellement pour marquer, si besoin est, mon
engagement à la cause des femmes.
Permettez-moi tout d'abord de saluer
la présence, à cette Journée
placée sous le titre de la "Participation des
femmes à la sécurité alimentaire du
monde", de représentantes du gouvernement et de la
société civile de l'Italie: le
Sénateur Tana de Zuleida, l'Onorevole Giovanna
Melandri, l'Onorevole Silvia Costa, Madame Mariapia
Fanfani. Je voudrais, une fois de plus, dire que le
Sommet mondial de l'alimentation, en novembre dernier,
doit en grande partie son succès au soutien du
gouvernement italien, sans oublier l'enthousiasme de la
population romaine si chaudement exprimé par sa
participation massive aux nombreuses manifestations,
notamment au concert public organisé peu avant le
Sommet.
Au delà de la
cérémonie formelle à laquelle nous
participons, je voudrais que la Journée
internationale des femmes 1997 contribue à ce que
les deux sexes aient une chance égale à
tous les niveaux et en particulier la nourriture,
l'éducation, l'emploi, l'accès à la
culture et au développement.
Je voudrais à cet égard
souligner que la présence dans cette salle de
femmes italiennes qui sont au premier plan dans la vie de
ce pays est la preuve de l'importance de plus en plus
grande que les femmes y prennent dans le domaine
politique et culturel. Une donnée chiffrée
calculée chaque année par le Programme des
Nations Unies pour le Développement en
témoigne; il s'agit de l'indicateur de
participation des femmes: Sur les 104 pays membres
répertoriés en 1996, l'Italie se situe au
treizième rang, juste après les Etats du
Nord de l'Europe et de l'Amérique du Nord.
En saluant les participants à
cette célébration, je voudrais, en cette
Journée internationale des femmes, adresser tout
particulièrement mes hommages aux femmes que
quinze Etats membres ont choisi pour les
représenter auprès de la FAO.
Je saisis également l'occasion
de remercier les membres de la Guilde des femmes des
Nations Unies pour leur participation
régulière à la vie de l'Organisation
et leur contribution au programme de cette
journée. Je suis heureux de noter que les
organisations internationales non gouvernementales et les
mouvements associatifs en général ont
répondu nombreux à l'invitation à
participer à la célébration
d'aujourd'hui. Nous apprécions les échanges
avec eux, notre collaboration et notre coopération
sur le terrain, et il n'est que justice que les grandes
conférences internationales, et avec elles le
Sommet mondial de l'alimentation, leur accordent la place
qui leur est due.
Au personnel féminin de la FAO,
je tiens à réitérer combien le
recrutement et la promotion des femmes me tient à
coeur. Au sein de l'Organisation, j'ai pris, pour changer
une situation de grand déséquilibre, une
série de dispositions. Lorsque j'ai eu à
nommer un Secrétaire général pour la
préparation du Sommet mondial de l'alimentation,
c'est à une femme que j'ai confié cette
tâche importante, et elle l'a remplie avec la
compétence et le succès que l'on
connaît. Une des premières nominations
à laquelle j'ai procédé,
après ma prise de fonction au poste de Directeur
général de cette Organisation a
été celle de la directrice de la nouvelle
Division des femmes et de la population. Je suis
également fier de voir sur le podium une femme que
j'ai nommé à la direction de la Division de
l'Information. En outre, j'ai le grand plaisir d'annoncer
aujourd'hui que j'ai retenu la candidature d'une
quatrième femme Directeur à la tête
d'une autre Division. Avec la nomination d'une
représentante au Bureau sous-régional
d'Afrique, ceci a porté de six à onze le
nombre de femmes nommées à des postes de
direction, au cours des trois premières
années de mon mandat; et j'ai l'intention de
poursuivre ce mouvement.
En ce qui concerne le recrutement
à des postes qui dépendent des divisions,
je rappelle solennellement, en cette Journée
internationale des femmes, les instructions que j'ai
déjà données selon lesquelles le
sexe féminin doit être
considéré comme un atout pour le
progrès de l'Organisation.
Le mois dernier, j'ai
présenté aux Etats Membres et à la
presse les profondes réformes structurelles
auxquelles j'ai procédé depuis le
début de mon mandat, dans le triple objectif d'une
décentralisation, d'une rationalisation et d'une
modernisation de l'Organisation. J'ai mentionné
dans mon rapport la création de la Division des
femmes et de la population au sein d'un nouveau
département du Développement durable, dont
le röle a été précisé
par le Plan d'action pour l'intégration des femmes
dans le développement, voté par la
dernière Conférence de la FAO.
Ce Plan impose, pour toutes les
politiques, pour tous les projets de l'Organisation, tant
au niveau mondial qu'au niveau national, de prendre en
compte des composantes socioéconomiques et des
questions liées à l'égalité
des sexes. Les interventions des orateurs
précédents ont illustré l'engagement
des divisions techniques à travailler non pour une
population masculine, mais pour une humanité
composée de deux moitiés également
actives et équitablement intégrées.
Les objectifs du Plan d'action pour les femmes et des
projets qui en découlent sont
présentés dans la publication
illustrée que j'ai le plaisir de lancer
aujourd'hui et qui est à votre disposition.
La Déclaration finale du Sommet
mondial de l'alimentation a longuement rappelé que
la participation essentielle des femmes dans
l'agriculture vivrière, notamment dans les pays
à bas revenu et à déficit vivrier,
doit être reconnue et donc quantifiée. Le
Plan d'action pour la sécurité alimentaire
a également précisé que les femmes
doivent recevoir l'aide financière et technique
dont elles ont besoin et bénéficier d'un
environnement législatif, administratif,
associatif qui leur soit favorable. De même, le
Programme spécial pour la Sécurité
alimentaire s'attache à reconnaître et
promouvoir le röle et la participation des femmes
rurales dans la production agricole et la
sécurité alimentaire.
Mesdames et Messieurs, je renouvelle
mes remerciements à vous tous quiavez tenu, avec
nous, à honorer les femmes rurales en cette
Journée internationale des femmes et
j'espère que, dans un an, nous serons à
nouveau réunis pour rendre hommages aux femmes qui
nourrissent le monde et à celles, qui doivent
être toujours plus nombreuses, qui le conseillent
et qui le dirigent.