Vingt et unième
Conférence régionale de la FAO pour
l'Afrique
Yaoundé (Cameroun), 21-25
février 2000
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président de la Conférence
régionale,
Monsieur le Président indépendant du
Conseil,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi un grand plaisir
d'être présent parmi vous dans cette belle
ville de Yaoundé, à l'occasion de la vingt
et unième Conférence régionale de la
FAO pour l'Afrique.
Permettez-moi, Monsieur le
Président, au nom de tous les participants
à cette Conférence, de remercier les plus
hautes autorités de la République du
Cameroun pour la chaleur de leur accueil et leur
hospitalité.
Situation de l'alimentation et de
l'agriculture dans le monde
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Le monde traverse une période
de mondialisation rapide et d'interdépendance
croissante, et les frontières s'ouvrent de plus en
plus dans le domaine économique.
En 1999, la production
céréalière mondiale,
évaluée à quelque 1 872 millions de
tonnes, devrait être inférieure de un pour
cent à celle de 1998, et de deux pour cent par
rapport à 1997, qui était toutefois une
année record. La seule augmentation attendue
concerne le riz, tandis que les récoltes de
blé et d'autres céréales seront
moins abondantes.
Pour la première fois en quatre
ans, la consommation céréalière
prévue dépassera la production, ce qui
entraînera un prélèvement de 8
millions de tonnes sur les stocks qui se situeront alors
à 334 millions de tonnes, soit un rapport
stocks-utilisation de 17,4 pour cent, qui reste dans les
limites de la marge de sécurité de 17
à 18 pour cent.
Il serait donc logique de voir,
pendant la campagne de commercialisation 1999/2000, une
augmentation de plus de trois pour cent des
échanges céréaliers mondiaux, qui
atteindraient 222 millions de tonnes. Cependant, les
cours de céréales sur les marchés
mondiaux restent en général
inférieurs à ceux de l'année
dernière, ce qui est positif pour les pays
à faible revenu et à déficit
vivrier.
Un autre signe encourageant provient
du secteur des pêches, où l'on a
constaté un redressement partiel de la production
en 1999 après les lourdes pertes de l'année
précédente.
Toutefois, l'élément le
plus positif est une réduction de 40 millions du
nombre total des personnes sous-alimentées dans
les pays en développement entre 1990-92 et
1995-97, comme l'indique le premier rapport FAO sur
L'état de l'insécurité alimentaire
dans le monde. Cette réduction d'environ 8
millions de personnes par an en moyenne est
encourageante, mais elle est encore bien
inférieure au chiffre de 20 millions requis pour
atteindre l'objectif du Sommet mondial de
l'alimentation.
Situations
d'urgence
Dans un contexte mondial où le
nombre des personnes sous-alimentées dans les pays
en développement est en baisse, mais de
façon insuffisante et inégale, 35 pays dans
le monde ont dû faire face à des crises
alimentaires en 1999. Dans les années 70 et 80,
les crises alimentaires étaient surtout le
résultat de catastrophes naturelles, mais ces
dernières années, les catastrophes
provoquées par l'homme, y compris la guerre, les
troubles intérieurs et les crises
financières etéconomiques, sont devenues
plus fréquentes.
En Afrique, les guerres civiles et les
sécheresses récurrentes sont les causes
principales des situations d'urgence, tandis qu'en Asie,
des millions de personnes ont acheté moins
d'aliments de base du fait de la baisse de leur pouvoir
d'achat, résultant de la crise financière
de 1997/1998. En Amérique latine, la plupart des
pays se relèvent à peine des destructions
provoquées par le phénomène El
Niño et l'ouragan Mitch en 1998 , aggravées
en 1999 par un grave cyclone et des inondations
catastrophiques au Venezuela. Au Proche-Orient, la
sécheresse la plus grave depuis des
décennies a compromis la production
vivrière de plusieurs pays en 1999.
La FAO, qui doit d'abord
évaluer la situation de l'alimentation et de
l'agriculture et les besoins d'aide alimentaire, et faire
ensuite rapport à la communauté
internationale a eu à utiliser intensément
le Système mondial FAO d'information et d'alerte
rapide sur l'alimentation et l'agriculture. Le
Système collabore aussi avec un très vaste
réseau d'organisations gouvernementales et non
gouvernementales, notamment le PAM et le PNUD.
Dans les situations d'urgence, la FAO
doit aussi participer à la relance de la
production agricole dans le cadre d'appels communs en
faveur de l'aide humanitaire, notamment en fournissant
une assistance directe aux agriculteurs. En 1999, le
Service des opérations spéciales de secours
de la FAO a fourni une assistance d'urgence dans 67 pays.
Les ressources disponibles à cette fin ont
régulièrement augmenté ces
dernières années passant de 98 millions de
dollars E.-U. en 1998 à 186 millions de dollars
E.-U. en 1999.
La FAO exécute à l'heure
actuelle 72 projets d'urgence pour un montant total de 31
millions de dollars E.-U. dans 25 pays d'Afrique.
L'assistance consiste à distribuer des semences et
des outils, à mener des actions de lutte contre
les maladies et ravageurs transfrontières,
à fournir une assistance aux pêches
artisanales, à reconstituer le cheptel et à
prendre d'autres initiatives qui aident les agriculteurs
à retrouver leur capacité de production et
à réduire leur dépendance
vis-à-vis de l'aide alimentaire.
"Autres crises"
Mais, le monde fait aussi face
à d'autres "crises" portant sur la qualité
des produits alimentaires, et les risques liés au
progrès rapide dans les biotechnologies. La
maladie de "la vache folle", et la dioxyde dans la
filière alimentaire ainsi que les conflits
relatifs au commerce des organismes
génétiquement modifiés constituent
des motifs sérieux de préoccupation pour
les gouvernements et les opinions publiques.
La FAO devra jouer un rôle plus
grand dans l'établissement de normes
internationales sur une base scientifique et dans la
diffusion d'informations objectives sur les risques
éventuels et les mesures de protection.
A cet effet, la Commission des
ressources génétiques, prépare
activement des Codes de conduite.
Les programmes de la Division mixte
FAO/AIEA des techniques nucléaires dans
l'alimentation et l'agriculture vont être
élargis au Codex Alimentarius, aux questions phyto
et zoo sanitaires, ainsi qu'aux problèmes de
biotechnologies. Quant aux questions d'éthique,
elles sont examinées par un comité interne
avec l'appui d'un groupe d'experts internationaux.
Situation de l'alimentation et de
l'agriculture en Afrique
Venons-en maintenant à
l'Afrique. Au cours de ces trois dernières
années, l'économie d'un certain nombre de
pays d'Afrique a continué à croître,
malgré le ralentissement du commerce mondial et la
reprise des troubles civils. Les premières
conséquences de la crise asiatique ont
été moins fortes sur ce continent
qu'ailleurs, à l'exception de l'Afrique du Sud. La
production vivrière, les petites entreprises et le
commerce intra-africain continuent à se
développer. Cette croissance résulte des
initiatives des gouvernements pour créer des
incitations pour les investisseurs, mieux gérer
les ressources publiques et promouvoir la fourniture par
le secteur privé de biens et de services .Un tel
effort ne peut être soutenu que dans un climat de
stabilité politique, de démocratisation et
de décentralisation.
En Afrique, l'agriculture reste encore
le secteur dominant et son relèvement en 1998 et
1999 a été déterminant pour la
croissance du PIB. De bonnes conditions
météorologiques et les réformes,
pour améliorer la disponibilité et la
distribution d'intrants modernes, ainsi que
l'accès au crédit, ont contribué
à ces résultats. Cependant, la suppression
des subventions et la réduction des services
publics de vulgarisation ont eu un impact négatif
sur les petits producteurs agricoles. En outre, les
efforts des pays d'Afrique en vue de parvenir à
l'autosuffisance alimentaire ont été
freinés par le déclin du soutien des
donateurs aux projets de développement rural, et
par la réduction des investissements dans les
services sociaux ruraux.
En 1998-99, le taux de croissance de
la productivité agricole a été plus
faible que celui de la population, estimé à
3%, entraînant des pressions très fortes sur
les terres et autres ressources naturelles. La croissance
de la production pendant cette période est donc
imputable à l'expansion des superficies
cultivées.
Ce taux a été d'environ
1 pour cent pour les céréales, 5,2 pour
cent pour les racines et tubercules, 5,7 pour cent pour
les légumineuses et 4,2 pour cent pour les
cultures oléagineuses. L'expansion des superficies
a contribué à cette croissance de la
production pour 30 pour cent en ce qui concerne les
céréales, 86,5 pour cent pour les racines
et tubercules, 50,9 pour cent pour les légumes
secs, 59,5 pour cent pour les cultures
oléagineuses.
Pour les cultures telles que les
légumes et les fruits, les taux de croissance de
la production ont été, respectivement, de
1,2 et 0,4 pour cent, et ceci est strictement
associé à l'expansion des superficies,
puisque les rendements ont baissé de 0,5 pour cent
par an pour les légumes et de 0,6 pour cent pour
les fruits.
La production de l'élevage a
augmenté, pendant la période 1998/99,
à des taux annuels de 1,1 pour cent pour la viande
et de 1,7 pour cent pour le lait.
La faiblesse des rendements perdure
donc malgré des investissements importants
consentis en matière de recherche et de
vulgarisation en Afrique de la part des donateurs qui ont
en général contribué à
hauteur de 40 pour cent au financement de la recherche.
Des rendements élevés continuent
d'être observés dans les stations
expérimentales et les parcelles de
démonstration, mais les produits et technologies
mis au point par les centres internationaux de recherche
agronomique (CIRA) et les systèmes nationaux de
recherche agricole (SNRA) n'ont pas encore
été largement adoptés par les
agriculteurs. Le Programme spécial pour la
sécurité alimentaire lancé par la
FAO qui est en cours d'exécution dans un nombre
croissant de pays d'Afrique, s'efforce notamment, de
trouver une solution durable à cette
situation.
Permettez-moi aussi de mentionner
qu'au cours des deux années
écoulées, la communauté africaine de
recherche agricole et ses partenaires ont
décidé de faire mieux. Sous les auspices du
Programme spécial pour la recherche agricole en
Afrique, ils ont élaboré une Vision afin
que la recherche agricole soit le moteur de la lutte
contre la pauvreté, et favorise la
sécurité alimentaire et la croissance
économique. Cette Vision prône des
réformes pour responsabiliser les parties
prenantes et faire en sorte que les institutions de
recherche soient axées sur la demande. Elle
souligne la nécessité d'un financement
durable, et d'une intégration régionale
renforcée pour que la recherche agricole soit plus
efficace en Afrique.
Les importations vivrières
annuelles au niveau des circuits commerciaux ont
enregistré une augmentation rapide pour combler le
déficit entre la production vivrière et la
demande locale. Ainsi, les augmentations ont
été de 15,1 pour cent pour les
céréales, de 6,5 pour cent pour les
produits laitiers. On constate donc une dépendance
croissante vis-à-vis de l'extérieur si on
ajoute l'aide alimentaire à ces
importations.
Bien que l'insécurité
alimentaire ait augmenté, des progrès
sensibles ont été réalisés
dans certains pays. Selon le rapport FAO sur
L'état de l'insécurité alimentaire
dans le monde 1999, 22 des 40 pays qui ont fait des
progrès sensibles pour atteindre l'objectif du
Sommet mondial de l'alimentation se trouvent en Afrique.
De plus, les 5 pays qui ont, dans le monde,
enregistré les plus grandes réductions de
la malnutrition se trouvent en Afrique.
Dans ce contexte la FAO a
renforcé son assistance technique aux États
Membres, dans les domaines relatifs à la
sécurité alimentaire, la réduction
de la pauvreté et l'utilisation durable des
ressources naturelles.
Résultats obtenus par
l'Organisation
Les activités de la FAO en
1998/99 ont été centrées, notamment,
sur les recommandations de la vingtième
Conférence régionale qui a eu lieu à
Addis-Abeba en février 1998.
- L'expertise technique dans la
région a été renforcée
grâce au transfert de 39 fonctionnaires du cadre
organique dans les bureaux régionaux et de 23
fonctionnaires du cadre organique dans les bureaux
sous-régionaux.
- L'assistance technique aux
États Membres a continué en vue de
renforcer les capacités nationales en
formulation de politiques précisant les
rôles respectifs du secteur public, du secteur
privé, des ONG et de la société
civile, afin de promouvoir la sécurité
alimentaire à tous les niveaux, en particulier
celle des femmes et des enfants. A cette fin, un
atelier régional a été
organisé en 1998 sur la nature et la
portée de l'aide publique à
l'agriculture. La FAO leur a aussi permis de
superviser et d'évaluer les activités de
suivi du Sommet mondial de l'alimentation.
- La FAO a développé
sa coopération avec les organismes
régionaux tels que la Communauté
économique des États de l'Afrique de
l'Ouest (CEDEAO), la Commission de l'Union
économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA), la Communauté du développement
de l'Afrique australe (SADC), la Communauté
économique et monétaire de l'Afrique
Centrale (CEMAC), et l'Autorité
intergouvernementale sur le développement
(IGAD) dans la préparation de leurs
stratégies régionales de
sécurité alimentaire.
- La FAO a poursuivi ses relations
avec d'autres institutions du système des
Nations Unies et les organisations et commissions
africaines. L'Organisation a participé au
Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au
développement et à l'Initiative
spéciale des Nations Unies pour
l'Afrique.
- Au niveau des pays, la FAO a
élaboré 118 projets et programmes
d'assistance technique non liés à des
situations d'urgence.
En outre, au cours du biennium,
l'Organisation a continué à fournir une
aide technique aux États Membres de la
région dans les domaines suivants:
Utilisation et gestion des
ressources naturelles: Neuf ateliers ont
été organisés afin d'examiner des
questions de la lutte contre la dégradation des
sols, de mise en valeur des terres et des eaux,
d'utilisation des engrais, de transfert de techniques
d'irrigation. Une consultation d'experts a
également eu lieu sur l'utilisation de l'eau pour
la production vivrière. Quatre petits projets
d'irrigation ont été lancés et un
projet régional de gestion de l'information
écologique est en cours de réalisation dans
le bassin du Congo.
Mise en valeur des
cultures: Diverses activités ont
été réalisées au niveau
national par les Écoles pratiques d'agriculture
dans huit pays pour la protection intégrée
et aussi pour : améliorer les ressources
phytogénétiques et la production
semencière, mettre au point de nouvelles
variétés de plantes cultivées et
diffuser ces informations sur l'Internet. Un atelier
régional a eu lieu en 1999, afin de formuler une
stratégie mondiale d'accroissement de la
production du manioc
Développement de
l'élevage: La FAO a fourni un appui pour
la lutte contre la fièvre porcine africaine dans
dix pays d'Afrique de l'Ouest; contre les tiques et ainsi
que la peste bovine et la péripneumonie
contagieuse des bovins en Afrique centrale et en Afrique
de l'Ouest; contre la trypanosomiase en Afrique australe
et en Afrique de l'Ouest; et contre les parasites
gastro-intestinaux des petits ruminants en Afrique
australe et en Afrique de l'Est. L'application de la
Stratégie mondiale de la FAO pour la gestion des
ressources génétiques des animaux
d'élevage s'est poursuivie en 1998/99, en
collaboration avec l'OUA/Bureau international pour les
ressources animales (BIRA) et avec l'Institut
international de recherche zootechnique (ILRI) dans les
pays de la SADC.
Systèmes d'appui à
l'agriculture: La FAO a participé à
deux réunions tenues par le Réseau sur les
systèmes agricoles d'Afrique de l'Ouest et
d'Afrique centrale (AASFRET) et le Programme
écorégional de l'Institut International
d'Agriculture Tropicale (IITA). Un atelier international
sur l'agriculture urbaine et périurbaine en
Afrique de l'Ouest a été organisé en
1999, en collaboration avec le Conseil international pour
la recherche pédologique et la gestion des sols
(IBSRAM). Des études sur la récolte de
l'eau ont été effectuées dans sept
pays. Une méthode de planification participative
à l'échelle des communautés,
dérivée de l'expérience asiatique,
est également en cours
d'expérimentation.
Recherche et
technologie: La FAO a organisé, en 1998,
une Consultation d'experts sur le développement
durable, la sécurité alimentaire et a
poursuivi son appui et sa collaboration avec le
système du Groupe consultatif pour la recherche
agricole internationale (GCRAI), le Programme
spécial pour la recherche agricole en Afrique et
des organisations sous-régionales de recherche
comme l'Association pour le renforcement de la recherche
agricole en Afrique de l'Est et en Afrique centrale
(ASARECA), le Conseil Ouest et Centre Africain pour la
recherche et le développement agricoles (CORAF) et
le Centre de oordination de la recherche agronomique pour
l'Afrique australe (SACCAR).
Développement
rural: La FAO a continué à appuyer
le Programme du Centre de transfert de technologies au
niveau des communautés. Vingt deux centres de
démonstration participative sur la recherche
appliquée et la vulgarisation ont
été établis et sept centres ont
été créés en Afrique de
l'Ouest. Un projet régional est en cours de
formulation, afin de préciser le concept de
transfert de technologies au niveau des
communautés.
Rôle des femmes dans le
développement agricole et rural: Des
activités ont continué à être
organisées au cours de l'exercice biennal au titre
du Plan d'action de la FAO sur le rôle des femmes
dans le développement. Un Guide a
été établi sur la façon
d'intégrer des questions de parité dans les
activités de maîtrise de l'eau. Au cours du
cycle actuel de recensements agricoles, la FAO aide les
États Membres à renforcer la collecte de
données ventilées par genre masculin et
féminin.
Alimentation et
nutrition: La FAO et l'OMS ont continué
à fournir un appui pour l'élaboration de
plans d'action nationaux pour la nutrition (PANN) qui ont
été finalisés dans 21 pays
africains, en cours de réalisation dans 20 pays et
en formulation dans 6 autres. La FAO a fourni en outre
une assistance technique à 22 pays pour assurer la
qualité et l'hygiène des aliments mis en
vente. Un atelier sur la promotion de la
sécurité alimentaire des ménages en
Afrique de l'Est et en Afrique australe s'est tenu
à la fin de 1998.
Informations et analyses sur
l'alimentation et l'agriculture: La FAO a
apporté un soutien à 47 pays pour
améliorer leurs capacités de production de
statistiques agricoles fiables et pour mettre en place
des systèmes durables de collecte des
données.
Politiques alimentaires et
agricoles: La FAO a fourni une assistance:
- à 35 États Membres
pour l'établissement de politiques,
stratégies, plans d'action et programmes
d'investissement en vue du développement
agricole et rural; et
- aux États Membres pour
renforcer leurs capacités institutionnelles et
permettre leur participation active et efficiente aux
cycles de négociations de l'OMC. Deux ateliers
régionaux ont déjà
été organisés à
l'intention de 11 pays francophones de la CEDEAO et de
cinq pays d'Afrique du Nord. D'autres ateliers sont
prévus lors du premier semestre de cette
année pour les pays anglophones de la CEDEAO,
les pays de la SADC et ceux de la Communauté
économique et monétaire de l'Afrique
centrale (CEMAC). Un atelier pour les autres pays
anglophones d'Afrique et pour des membres de
l'Autorité intergouvernementale pour le
développement (IGAD) est programmé pour
cette année.
Pêches: Les
principales activités réalisées
portent sur:
- l'Organisation de deux
réunions d'experts et l'assistance à 14
pays pour la préparation de programmes viables
d'aquaculture, l'évaluation et la gestion des
ressources halieutiques importantes, dans le cadre
d'un atelier et de trois groupes de travail;
- l'exécution d'un projet de
réduction des incidences négatives sur
l'environnement de la pêche à la crevette
et au chalut; de formation sur les techniques de
pêche durables, la qualité et
l'hygiène des produits de la pêche;
- la mise en application du Code de
conduite pour une pêche responsable, grâce
à l'organisation de deux conférences,
d'un séminaire et de trois ateliers.
Forêts: La FAO a
organisé 11 ateliers sous-régionaux et
consultations d'experts sur les ressources
génétiques forestières, les
critères et indicateurs de gestion durable des
forêts et l'aménagement des zones
protégées. Six études ont
été réalisées sur le gibier,
les produits forestiers non ligneux, la
dendroénergie et les incendies de forêt.
Trente projets sont actuellement en cours de
réalisation dans plusieurs États Membres,
avec l'assistance de l'Organisation visant à
améliorer les pays à améliorer les
institutions, et la mise en valeur durable des ressources
et accroître la contribution à la
sécurité alimentaire.
Programme d'investissement:
La FAO a contribué à la
préparation de 23 projets d'investissement qui ont
été approuvés par des institutions
financières coopérantes. Le total des
investissements alloués à ces projets se
montait à 704,63 millions de dollars E.-U., dont
432,24 millions de dollars E.-U. de prêts
extérieurs, principalement de la Banque
mondiale/Association internationale de
développement, de la Banque africaine de
développement/Fonds africain de
développement, du FIDA et du Fonds
d'équipement des Nations Unies (FENU).
Autres
réalisations
S'agissant des Systèmes
de prévention et de réponse rapide
(EMPRES), les activités
menées portaient sur :
- La maîtrise et la
prévention de la fièvre de la
vallée du Rift en Afrique de l'Est et dans la
Corne de l'Afrique; la peste porcine en Afrique de
l'Ouest; la formation des techniciens pour renforcer
la capacité d'alerte rapide et
l'amélioration des capacités
d'intervention d'urgence contre la peste bovine, la
péripneumonie contagieuse des bovins, la
maladie de Newcastle et la fièvre aphteuse.
- Des mesures préventives
contre le criquet pèlerin ont été
entreprises le long de la mer Rouge et du golfe d'Aden
ainsi qu'en Afrique du Nord et de l'Ouest.
A ce jour, le Programme
spécial pour la sécurité alimentaire
(PSSA) est pleinement opérationnel dans 30
pays et est en cours de formulation dans 14 autres pays
d'Afrique. Dans ce cadre, l'Organisation a lancé
un mécanisme de coopération
trilatérale entre les pays africains, d'autres
pays en développement et la FAO, conforme à
l'esprit de l'initiative de coopération Sud-Sud.
À ce jour, les pays participants sont la Chine,
Cuba, l'Inde et le Viet Nam, ainsi que deux pays
africains, l'Égypte et le Maroc.
La mise en place du
Système d'information et de cartographie sur
l'insécurité alimentaire et la
vulnérabilité (SICIAV), est en
cours sur le plan international et en particulier sur le
plan national, avec la pleine coopération des
partenaires du système des Nations Unies dans le
cadre d'un comité interinstitutions. Les
premières activités ont
débuté dans huit pays en 1999. Le SICIAV
facilite ainsi la conception et l'exécution de
politiques et de programmes appropriés pour la
lutte contre l'insécurité alimentaire et la
pauvreté.
Ordre du jour de la
Conférence régionale
Monsieur le Premier Ministre,
Excellences,
Mesdames et Messieurs
La vingt et unième
Conférence régionale se propose d'examiner
des questions fondamentales pour la lutte contre
l'insécurité et la
vulnérabilité alimentaires ainsi que la
dégradation des ressources naturelles en Afrique.
Dans ce cadre, vous aurez à étudier :
Les défis du
développement forestier durable pour
maximiser la contribution durable des arbres et des
forêts au développement
socio-économique national, promouvoir la
conservation et l'amélioration des arbres, des
systèmes forestiers et de leurs ressources
génétiques ; limiter les risques et
atténuer l'impact des calamités dans le
domaine des forêts et renforcer les institutions et
les capacités nationales.
l'Aide publique au
développement agricole pour mettre en
exergue son rôle central dans le processus de
croissance et de développement agricoles ainsi que
les mesures pour développer le cadre
institutionnel et les politiques générales
en vue d'encourager la mobilisation et l'affectation de
ressources publiques au secteur agricole.
L'Intégration de
l'aquaculture durable et du développement
rural; pour en assurer la rentabilité
sociale et institutionnelle par des politiques de
développement durable, intégrées au
système agricole global.
Le Suivi du Sommet mondial de
l'alimentation et notamment le Programme spécial
pour la sécurité alimentaire - pour
évaluer les progrès réalisés
et les difficultés rencontrées ainsi que
les mesures pour renforcer la coopération Sud-Sud,
préciser les aspects conceptuels de la
sécurité alimentaire, les questions de
parité et le rôle des différents
produits.
Monsieur le Premier Ministre,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Vous avez devant vous une tâche
importante et exaltante dans la lutte contre la faim et
la pauvreté sur le continent. J'attends donc avec
grand intérêt le résultat de vos
délibérations et souhaite vivement que vos
travaux soient couronnés de
succès.