Allocution du Directeur
général de la FAO devant le
Comité d'aide au développement de
l'OCDE
Réduction de la
pauvreté et sécurité
alimentaire
Paris, France, le 9 juin
2000
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
C'est un honneur et un
privilège pour moi d'être ici aujourd'hui,
et je remercie sincèrement M. Jean-Claude Faure de
m'avoir donné l'occasion de partager avec vous les
vues et les préoccupations de la FAO en ce qui
concerne la réduction de la pauvreté et la
sécurité alimentaire, qui
représentent l'un des principaux défis
auxquels est confrontée l'humanité à
l'aube de ce nouveau millénaire.
L'an dernier, la Banque mondiale
concluait que "dans de nombreux pays en
développement, les progrès accomplis dans
la lutte contre la pauvreté ne permettront sans
doute pas d'atteindre l'objectif fixé par la
communauté internationale qui est de
réduire de moitié la pauvreté d'ici
2015". A la FAO, nous sommes également très
préoccupés car la plupart des indicateurs
donnent à penser que nous progressons trop
lentement pour atteindre l'objectif analogue, fixé
lors du Sommet mondial de l'alimentation à Rome en
1996, de diminuer de moitié le nombre de personnes
sous-alimentées d'ici 2015. D'après nos
dernières estimations, le nombre de personnes
sous-alimentées devrait passer de 790 millions en
1995/97 à 575 millions en 2015, et seulement 400
millions d'ici 2030.
Nous pouvons interpréter ces
estimations de diverses façons.
Nous pouvons, par exemple, souligner
l'augmentation considérable du nombre absolu de
personnes correctement nourries dans les pays en
développement. Ce chiffre devrait passer de 3,6
milliards à 5,2 milliards (soit de 82 à 90
pour cent de la population totale) entre 1995/97 et
2015.
Nous pouvons aussi nous demander
pourquoi nous n'arrivons pas à faire mieux.
Pourquoi devrions-nous accepter que des objectifs
fixés il y a quatre ans seulement &endash; et
jugés par certains trop modestes &endash; soient
déjà considérés comme
irréalisables? N'est-il pas absurde que dans un
monde de plus en plus interdépendant, riche de
plus de nourriture qu'il n'en faut pour nourrir tout un
chacun, tant de personnes aillent se coucher chaque jour
en ayant faim? Que des millions de jeunes gens, faute
d'une alimentation correcte dans leur enfance, meurent
avant de parvenir à l'âge adulte ou ne
parviennent pas à développer au maximum
leurs capacités physiques et mentales? Que les
alertes à la famine continuent à passer
inaperçues jusqu'au moment où nous voyons
mourir nos semblables sur CNN ou à la BBC? Que des
gens continuent à mourir de dénuement dans
un monde où tant d'autres jouissent et font
étalage d'une telle aisance?
Il nous appartient, selon moi, de
répondre à ces questions difficiles, de
trouver des solutions pratiques (puisque ces solutions
doivent exister) et de les appliquer résolument
&endash; et non pas seulement en paroles. Dans le domaine
de la sécurité alimentaire, il existe un
impératif moral, incarné à
l'échelle internationale dans le concept
d'accès à une nourriture suffisante,
reconnu comme un droit de l'homme.
Je serai bref aujourd'hui,
préférant poser, pour en débattre,
un certain nombre de questions délicates sur les
politiques de développement ayant un impact majeur
sur la sécurité alimentaire des
générations présentes et futures. Si
nous reconnaissons que nos efforts pour atteindre les
objectifs auxquels nous avons souscrits ont
été vains, alors il nous faut nous demander
si nous utilisons les bons instruments et si nous les
appliquons à l'échelle voulue.
Peut-être devrions-nous envisager de travailler
différemment.
Dans ce contexte, je me contenterai de
poser quelques grandes questions.
1. Si nous reconnaissons que la
sous-alimentation est habituellement la
conséquence de l'incapacité d'une personne
à produire ou à acheter une nourriture
appropriée, quel type de politiques
intérieures a le plus de chances de réduire
la malnutrition?
Jusqu'à récemment, la
sagesse traditionnelle voulait que des taux de croissance
économique élevés soient une
condition préalable indispensable à la
réduction de la pauvreté et qu'à
mesure que la pauvreté diminuait, l'état
nutritionnel de la population s'améliorait. Il
existe aujourd'hui de plus en plus de preuves, sauf
peut-être dans des économies bien
gérées dotées d'importantes
réserves de richesse minérale, qu'une forte
incidence de la pauvreté, notamment de la
malnutrition, fait obstacle à la croissance
économique en réduisant la
productivité de la main-d'uvre et son
espérance de vie. Selon des calculs
récents, la malnutrition serait responsable d'un
déficit de 0,23 à 4,7 points de pourcentage
de la croissance du PIB par habitant à
l'échelle mondiale.
Il s'ensuit que les gouvernements qui
adoptent des politiques de réduction de la
malnutrition ont plus de chances d'obtenir une croissance
durable que ceux qui misent tout sur la croissance, sans
se préoccuper d'assurer l'équité et
une consommation alimentaire adéquate.
Étant donné que 70 pour cent de la
population des pays en développement vit dans le
monde rural et que la pauvreté et la malnutrition
sont fortement concentrées dans ces zones, une
approche vigoureuse du développement rural doit
jouer un rôle central dans la lutte contre ces deux
tragédies. La recherche montre que les pays qui
ont adopté des politiques associant l'augmentation
de la production vivrière par les petits
agriculteurs et la mise en place de filets de
sécurité nutritionnelle ciblés sont
ceux qui obtiennent les meilleurs résultats en
matière de lutte contre la malnutrition.
Logiquement, ces succès devraient entraîner
à moyen terme une croissance robuste, à
base large.
Tel est le raisonnement qui sous-tend
le Programme spécial pour la
sécurité alimentaire (PSSA) de la FAO pour
les pays à faible revenu et à
déficit vivrier (PFRDV), qui est en cours
d'exécution dans 60 pays. Ce programme repose sur
l'idée qu'il est possible d'améliorer la
production agricole des petits exploitants de ces pays
(à l'aide, le plus souvent, de technologies
simples et peu coûteuses) et d'atteindre, dans la
plupart des cas, les objectifs combinés d'une
amélioration des revenus ruraux, d'un
accroissement des disponibilités alimentaires au
sein des communautés rurales, avec un effet
multiplicateur sur la croissance économique, et
d'une réduction des dépenses en devises
liées aux importations de denrées
alimentaires. Des hypothèses analogues
sous-tendent l'approche adoptée par le
Département britannique pour le
développement international du Royaume Uni en
matière de moyens de subsistance durable, le
programme Sasakawa Global 2000 et l'Initiative pour la
fertilité des sols.
Selon moi, il faut nous demander
pourquoi, si ces hypothèses sont valides et si les
moyens techniques existent pour améliorer la
productivité des petits agriculteurs (comme c'est
le cas le plus souvent), les gouvernements sont encore si
peu nombreux à appuyer résolument ces
programmes de façon qu'ils soient
exécutés sur une échelle
adaptée aux problèmes qu'ils visent
à résoudre. Pourquoi, sauf dans une
poignée de pays, voyons-nous si peu de signes que
les engagements pris lors du Sommet mondial de
l'alimentation sont suivis d'actions énergiques,
sur une large échelle, pour améliorer la
production alimentaire et l'accès aux vivres?
L'adoption généralisée de politiques
demandant une attitude moins interventionniste et
davantage de laisser-faire de la part du secteur public
contribuerait-elle, sans qu'on l'ait voulu, à
dissuader les gouvernements d'agir de manière
déterminée pour résoudre les
problèmes critiques de la pauvreté et de la
malnutrition rurales, malgré le succès des
projets pilotes?
2. Sommes-nous certains que les
politiques libérales en matière de gestion
économique et de commerce actuellement
appliquées contribuent à réduire la
pauvreté et à renforcer la
sécurité alimentaire, notamment dans les
pays à faible revenu et à déficit
vivrier?
Rares sont ceux qui doutent des
avantages à long terme de marchés plus
ouverts et plus concurrentiels, mais, au moins pendant la
période de transition, de nombreux pauvres,
notamment dans les zones rurales, ne risquent-ils pas de
devenir encore plus pauvres et de ce fait, de souffrir
davantage de l'insécurité alimentaire? La
réaction, au niveau de l'offre, des
sociétés agraires des pays en
développement à la mutation des
marchés ne peut être que lente, étant
donné l'accès limité de beaucoup de
petits agriculteurs au capital, aux technologies,
à l'information sur les marchés et à
la terre et les faiblesses
généralisées des institutions
d'appui. Pendant ce temps, les agriculteurs se trouvent
en concurrence de plus en plus directe avec les gros
exploitants du monde développé qui,
bénéficiant d'un meilleur accès aux
technologies modernes, de diverses formes de protection
ininterrompue et d'une expansion progressive de la taille
des exploitations, ont pu résister au
déclin régulier des cours mondiaux des
céréales. Pour les petits exploitants du
monde en développement, la chute des prix des
céréales signifie une diminution rapide des
revenus ruraux, des difficultés accrues pour
acheter des intrants, enfin et surtout une chute des
incitations à la production, autrement dit le
scénario que nous souhaitons tous
éviter.
Nous devons nous demander quelles sont
les options dont nous disposons pour gérer, sur
les plans tant national qu'international, les processus
mondiaux et nationaux de libéralisation, de
façon qu'ils contribuent sans aucun doute possible
à améliorer la sécurité
alimentaire des pauvres, tant urbains que ruraux,
à court et à long termes.
3. Malgré l'accent mis par tous
les principaux donateurs, y compris toutes les banques
internationales, sur la réduction de la
pauvreté et la reconnaissance du fait que la
pauvreté est plus sévère dans les
zones rurales, pourquoi l'APD pour l'agriculture et le
développement rural continue-t-elle de diminuer
d'année en année?
Le Forum conjoint sur les
progrès du développement convoqué
par l'ONU, l'OCDE, la Banque mondiale et le FMI a
déploré, à sa session du
début de cette année, le fait que "l'aide
ait sensiblement diminué depuis 1992 - passant
d'un tiers à un quart de un pour cent du PIB des
donateurs", et a estimé qu'il fallait relever le
niveau actuel de l'aide publique au développement
afin de financer de nombreux projets valables qui
contribueraient à renforcer la capacité des
pays en développement à atteindre leurs
objectifs en matière de réduction de la
pauvreté.
La part de l'aide publique au
développement consacrée à
l'agriculture et au développement rural a
chuté de manière particulièrement
marquée, puisqu'elle est passée de 25
à 30 pour cent de l'APD totale dans les
années 80 à moins de 15 pour cent dans les
années 90. En outre, comme c'est bien souvent le
cas en matière d'assistance, cette aide n'est pas
nécessairement ciblée sur les pays qui en
ont le plus besoin.
Je constate que les transferts des
pays de l'OCDE aux populations rurales des pays en
développement s'élèvent à
quelque 10 milliards de dollars par an, contre plus de
350 milliards de dollars en faveur des agriculteurs des
pays membres de l'OCDE.
En Afrique, la situation est
particulièrement choquante. Par exemple, depuis
trois ans, le financement total Banque mondiale/IDA pour
l'agriculture et le développement rural en Afrique
subsaharienne s'élève à moins de 250
millions de dollars par an, soit moins de 1,40 dollar par
personne sous-alimentée de la région - une
goutte d'eau dans un océan de
misère.
Comment expliquer cela? Est-ce
l'absence de possibilités d'investissement
viables? Ou les mauvais résultats des projets
agricoles exécutés dans le passé? Ou
bien le manque de confiance dans les capacités
institutionnelles et dans les politiques nationales de
développement rural? Y-a-t-il un parti pris
favorable aux zones urbaines en matière
d'allocations de ressources? Ou bien est-ce parce qu'il
est beaucoup plus facile d'investir dans d'autres
secteurs, où les résultats ne
dépendent pas des décisions d'un grand
nombre de petits agriculteurs très
dispersés et exposés aux caprices de la
nature?
Personnellement, j'ai constaté,
quand je suis parti en quête de financement
international pour les Etats Membres de la FAO souhaitant
entreprendre des programmes à grande
échelle pour améliorer leur
sécurité alimentaire, qu'il était
très difficile de persuader les donateurs
d'engager les fonds nécessaires, malgré la
priorité que tous déclarent accorder
à la lutte contre la pauvreté et à
la gestion durable des ressources naturelles.
Si nous reconnaissons que nombre de
pays parmi les plus pauvres &endash; comme ceux de la
Corne de l'Afrique qu'un Groupe spécial de l'ONU
mis sur pied par le Secrétaire
général sous ma présidence est en
train d'étudier &endash; demeureront largement
tributaires d'un financement extérieur pour
pouvoir avancer dans la lutte contre la pauvreté
et vers la sécurité alimentaire, que faire
pour inverser les tendances récentes et garantir
un financement approprié pour des programmes bien
conçus visant à atteindre les objectifs
auxquels tant les pays en développement que les
pays développés ont souscrits?
4. Est-il raisonnable que l'essentiel
du financement public international disponible pour
lutter contre la pauvreté continue à
être offert sous forme de prêts?
Il semble évident que la lutte
contre la pauvreté et pour la
sécurité alimentaire aurait davantage de
chances d'atteindre son but si le financement
nécessaire se présentait sous forme de dons
plutôt que de prêts, ne serait-ce que parce
que cela inciterait davantage les gouvernements des pays
en développement à allouer des ressources
à ces fins. De nombreux donateurs
bilatéraux ont changé leur politique d'aide
au développement pour octroyer des dons
plutôt que des prêts. Nombre de pays pauvres
en développement nous disent leur réticence
à utiliser des fonds empruntés pour des
programmes de sécurité alimentaire, alors
qu'ils ne peuvent même pas payer les salaires de
leurs fonctionnaires. Mais comme ils ne peuvent pas
mobiliser le financement nécessaire sur le plan
intérieur, les programmes ne décollent pas
vraiment et ne sont pas réalisés à
l'échelle requise. Si, comme nous l'avons
déjà suggéré,
l'investissement dans la nutrition est justifié
sur le plan économique, son intérêt
potentiel ne sera pas immédiatement évident
dès lors que les recettes fiscales et les
réserves en devises doivent être
utilisées pour rembourser la dette.
Etant donné les progrès
accomplis en matière de réduction de la
dette grâce à l'initiative en faveur des
pays pauvres très endettés, ne
pourrions-nous pas axer les programmes de
réduction de la pauvreté à
l'échelle nationale &endash; auxquels il faudra
consacrer des ressources importantes &endash; sur des
projets de sécurité alimentaire
accompagnés d'activités sanitaires et
éducatives? Ne pensez-vous pas non plus que le
moment est venu d'envisager sérieusement et sans
délai les moyens d'obtenir des fonds suffisants
sous forme de dons pour lancer une offensive
généralisée contre la
pauvreté et pour la sécurité
alimentaire des pays les plus pauvres de la
planète? Est-ce que l'élan public qui a
tant contribué à renforcer la
résolution internationale de réduire la
dette ne pourrait pas aussi mobliser un soutien politique
pour mettre fin à la pratique des prêts pour
financer des programmes de réduction de la
pauvreté?
5. La sécurité
alimentaire à long terme est-elle compromise par
le sous-investissement manifeste dans les biens
collectifs à l'échelle mondiale et par
l'absence d'instruments réglementaires efficaces
visant la production vivrière et l'utilisation
durable des ressources naturelles?
L'expérience récente en
matière de coopération mondiale dans le
domaine de l'environnement &endash; aux fins, par
exemple, de la réduction de la production de
substances qui appauvrissent la couche d'ozone, de la
création d'un Fonds pour l'environnement mondial
et de la négociation (mais pas la ratification) du
Protocole de Kyoto &endash; est encourageante. Mais la
dégradation des ressources naturelles &endash;
pêches maritimes, forêts, terres agricoles et
eaux &endash; se poursuit à une échelle
massive; l'éradication des principales maladies
transfrontières du bétail progresse
à un rythme désespérément
lent; et il existe un risque, si on laisse jouer les
forces du marché, de sous-investissement relatif
dans les nouvelles technologies de production agricole
utiles aux agriculteurs des pays en développement.
A preuve, le sous-financement de la recherche sur la
fixation de l'azote biologique, malgré son
intérêt potentiel immense sur les plans
économique et écologique, à cause de
la menace que représenterait le succès de
cette recherche pour l'industrie pétrolière
et le secteur des engrais.
Quelles mesures prendre pour relever
le niveau d'investissement et d'intérêt
suscité par ces biens collectifs et pour assurer
la sauvegarde des ressources productives limitées
de la planète en renforçant leur potentiel
productif pour les générations à
venir? Le modèle appliqué aujourd'hui pour
rechercher de nouveaux moyens de lutter contre le SIDA et
le paludisme, pourrait-il être adapté pour
renforcer l'offre de biens collectifs pour
l'agriculture?
Mesdames, Messieurs,
Je vous ai posé quelques-unes
des questions les plus graves. Je pourrais continuer
à en poser beaucoup d'autres sur lesquelles je
souhaiterais avoir votre avis &endash; par exemple, sur
les liens entre pauvreté, insécurité
alimentaire, conflits, migrations et
prospérité mondiale; ou encore, sur les
options les plus prometteuses pour améliorer la
rentabilité de la coopération technique
grâce à des arrangements tripartites
à l'appui de la coopération Sud-Sud. Mais
je préfère avoir votre avis sur les grandes
questions que je viens de poser car la façon dont
nous y répondrons pourrait avoir un impact
fondamental sur les moyens de survie d'une grande partie
de l'humanité.
Je souhaiterais vous demander
également, ainsi qu'à vos collègues
du Forum pour le développement mondial, de veiller
à inclure l'objectif fixé lors du Sommet
mondial de l'alimentation, à savoir de
réduire de moitié le nombre de personnes
sous-alimentées d'ici 2015, parmi les objectifs de
développement international appuyés par
l'OCDE, la Banque mondiale, le FMI et le PNUD. Il est
important de rappeler à toutes les parties
prenantes le rôle central de la
sécurité alimentaire dans la lutte contre
la pauvreté.
Je reste convaincu que nous avons
collectivement les moyens de nourrir toute
l'humanité et qu'il est dans
l'intérêt de chacun &endash; riches et
pauvres &endash; que la malnutrition disparaisse de la
face de la terre et que les ressources de la
planète soient gérées de
manière durable. Mais nous ne devons pas nous
contenter de ce que nous faisons actuellement, si nous ne
voulons pas être accusés par les
générations à venir d'avoir
laissé passer l'occasion d'instaurer la
sécurité alimentaire universelle alors
qu'elle est, pour la première fois dans
l'histoire, à portée de main. Cela exigera
de nous une audace (y compris le courage de remettre en
cause certaines idées reçues), une
volonté et une générosité qui
nous ont, à ce jour, fait
défaut.
Je vous invite à me faire part
de vos observations et suggestions sur la voie à
suivre.
Je vous remercie.