Déclaration à l'occasion de la 19ème
session extraordinaire de l'Assemblée
générale des Nations Unies,
consacrée à un examen et à une
évaluation d'ensemble de la mise en oeuvre
d'Action 21
New York, Etats-Unis, 26 juin
1997
Monsieur le Président,
Excellences, honorables délégués,
Le Sommet de la Terre de Rio de
Janeiro a donné une impulsion majeure à la
réflexion et à l'action pour assurer un
développement durable et préserver
l'environnement. Un processus irréversible de
changement des mentalités était en effet
indispensable face au défi majeur du 21ème
siècle qui est d'améliorer le
bien-être d'une population croissante notamment par
l'élimination de la faim et de la pauvreté,
et de sauvegarder les ressources de la planète
afin de permettre la survie des générations
futures.
L'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture, la FAO, pour relever ces
défis, s'est réorganisée en
créant un Département du
développement durable afin d'intégrer la
vision du futur dans les politiques et les projets des
départements sectoriels de l'agriculture, des
forêts, des pêches et de la
socio-économie.
Elle a lancé un programme
ambitieux de décentralisation pour amener ses
experts plus près des réalités du
terrain et des besoins des communautés rurales.
Maître d'oeuvre pour quatre
chapitres d'Action 21, l'Organisation, en collaboration
avec ses partenaires, a réorienté ses
politiques, ses programmes et ses projets avec les Etats
membres. C'est ainsi que:
- la notion de développement
agricole et rural durable a été
conceptualisée et précisée dans
le cadre d'un dialogue avec les partenaires;
- une nouvelle approche
intégrée de l'aménagement des
terres et de leur protection a été
développée et se met progressivement en
place;
- des plans nationaux d'action
forestiers ont été
développés et mis en oeuvre dans un
grand nombre de pays;
- enfin, l'aménagement des
zones de montagnes a fait l'objet d'efforts
particuliers.
Mais, au-delà de ses
responsabilités particulières pour ces
quatre chapitres d'Action 21, la FAO a un rôle
décisif à jouer, notamment dans:
- la définition et la mise en
place de politiques rationnelles d'utilisation des
ressources en eau. C'est en effet un bien
extrêmement précieux et qui va se
raréfier; il convient de rappeler, au
demeurant, que l'agriculture est de loin le principal
consommateur d'eau, avec 75% des
prélèvements totaux, tandis que
l'agriculture irriguée contribue pour 40% de la
production alimentaire mondiale;
- l'élaboration et l'adoption
d'un Code de conduite pour une pêche
responsable;
- le développement des
énergies renouvelables nécessaires pour
la production et la transformation agricole;
- la collaboration avec les
partenaires du "Programme d'Action pour le Climat" et
de la "Convention sur les changements climatiques";
- le soutien actif à la
"Convention sur la biodiversité" et le
développement, avec le Secrétariat de la
Convention, d'un programme conjoint sur
l'agrobiodiversité;
- l'appui à la "Convention de
lutte contre la désertification" dont la
première Conférence des Parties se
tiendra à Rome début octobre, à
l'invitation conjointe du Gouvernement italien et de
la FAO.
Au demeurant, c'est dans le
prolongement de Rio que se situent la Déclaration
et le Plan d'action adoptés par le Sommet mondial
de l'alimentation.
En novembre 1996 à Rome, les
Chefs d'Etat et de gouvernement et les
représentants de haut niveau de 186 pays se sont
en effet engagés à éradiquer la faim
et la malnutrition, notamment en créant un
environnement politique stable fondé sur le
respect de tous les droits des êtres humains, en
procurant à tous des chances égales, en
particulier aux femmes, et en adoptant des politiques
économiques et sociales qui encouragent les
initiatives publiques et privées, tout en
protégeant l'environnement. Ils se sont
engagés en particulier à renforcer la
participation des populations et de leurs organisations
à la définition et à la mise en
oeuvre de plans et de programmes concrets de gestion
durable des ressources naturelles: eau, sols,
matériel végétal et animal,
océans, forêts, climat.
La FAO est convaincue qu'il est
possible de subvenir aux besoins alimentaires de
l'ensemble de la population mondiale, pour les
décennies à venir, dans le cadre de
systèmes de développement durable; il faut
pour cela que les mesures appropriées soient
prises, d'ores et déjà, pour créer
dans les Etats membres un environnement économique
favorable à l'investissement dans le secteur
primaire. Il faut en outre que des actions de
solidarité internationale permettent aux
populations rurales les plus démunies d'assurer la
maîtrise de l'eau et d'avoir accès aux
technologies efficaces ainsi qu'aux intrants modernes, au
crédit et aux marchés.
Le grand message de Rome est que la
durabilité et la sécurité
alimentaire sont inséparables; l'agriculture et le
monde rural ne sauraient donc être absents des
débats sur le développement durable.
Dans ce cadre, la mise en application
des accords internationaux, tels que la "Convention sur
le droit de la mer", le "Plan d'action de Leipzig sur les
ressources génétiques
végétales", et les trois Conventions
directement issues de Rio revêt un caractère
d'urgence. En outre la mise en oeuvre des recommandations
du "Groupe intergouvernemental sur les forêts",
notamment à travers le groupe de travail
inter-agences sur les forêts que la FAO anime,
constitue une étape essentielle pour la
concrétisation de l'approche collective dans la
gestion des ressources naturelles.
Monsieur le Président,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La FAO reste convaincue de la valeur
des engagements pris à Rio il y a cinq ans. La
pleine mise en oeuvre des décisions du "Sommet de
la Terre" et du "Sommet mondial de l'alimentation"
permettra l'avènement d'un monde meilleur et d'une
vie plus saine dans l'environnement sauvegardé
d'une planète terre éprise de paix et de
justice.