Directeur général  QU Dongyu

Les représentants des États africains auprès de la FAO saluent les mesures concrètes qui ont été prises sous la houlette du Directeur général.

Rome, le 23 novembre 2020 – Le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, s’est entretenu aujourd’hui avec le Groupe Afrique, composé des représentants permanents et des ambassadeurs des Membres africains de l’Organisation, au sujet des aspects importants des activités et des réalisations récentes de celle-ci. L’objectif de cette réunion était également de trouver des solutions pour stimuler le développement durable du secteur agricole en Afrique.

M. Hisham Badr (Égypte), Président du Groupe Afrique, a commencé par remercier le Directeur général de la série de mesures concrètes qui avaient été prises depuis que ce dernier était arrivé à la tête de l’Organisation, en 2019. Il a notamment salué le succès de la trente et unième session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique, accueillie par le Zimbabwe. 

Plus particulièrement, le Groupe Afrique s’est félicité de l’appui considérable que la FAO avait prêté dans le contexte de la pandémie de covid-19, notamment du partenariat avec l’Union africaine (UA) et de la collaboration étroite concernant l’équipe spéciale mixte UA-FAO.

M. Badr a indiqué que la Conférence régionale avait permis de mettre en évidence les principales priorités de la région, parmi lesquelles la transformation des systèmes agroalimentaires et la promotion de l’innovation, tout en accordant une attention particulière aux petits États insulaires en développement (PEID), aux pays les moins avancés (PMA) et aux pays en développement sans littoral (PDSL). Les participants à la session, qui comptaient 95 ministres et autres représentants de 48 pays, ont également insisté sur le fait que les intérêts de l’Afrique devraient être fortement représentés lors du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires prévu pour 2021.

Au cours de la réunion avec le Directeur général, le Groupe Afrique s’est dit favorable au nouveau Cadre stratégique de la FAO et a souligné que ce document tenait compte des priorités de la région. En outre, il se réjouissait que l’Organisation élabore une nouvelle Stratégie relative à la mobilisation du secteur privé et que l’accent soit mis sur l’établissement de partenariats intersectoriels forts.

Enfin, M. Badr a félicité le Directeur général à propos de plusieurs initiatives internes dont ce dernier était l’instigateur, telles que la création du Comité des femmes et du Comité de la jeunesse, et la célébration du soixante-quinzième anniversaire de la FAO en 2020.

M. Qu a remercié le Groupe Afrique de son profond soutien et a illustré certaines mesures concrètes prises par la FAO pendant l’année écoulée, notamment le lancement de l’Initiative Main dans la main et l’attention renouvelée à l’égard des PEID, des PMA et des PDSL, de la transformation des systèmes agroalimentaires et de la nécessité de donner aux jeunes Africains des possibilités d’améliorer leurs conditions de vie. Il a également évoqué les efforts déployés par la FAO pour lutter contre le criquet pèlerin et la légionnaire d’automne, qui menacent gravement la sécurité alimentaire et la stabilité des moyens d’existence, en particulier en Afrique.

Le Directeur général s’est référé à sa récente participation au sommet des dirigeants du G20, lors duquel il a prononcé une allocution liminaire. Il a indiqué qu’il s’agissait d’«un grand honneur» pour lui et d’une reconnaissance véritable de la contribution que la FAO nouvelle apporte au développement et à la transformation des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux. Il a précisé qu’il s’était exprimé peu après le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), M. António Guterres. «Nous avons parlé de résilience, d’inclusion et de développement durable», a‑t‑il expliqué.

Par ailleurs, le Directeur général a suggéré au Groupe Afrique un ensemble de mesures nécessaires pour stimuler la réforme agricole dans la région. «Vous vous êtes déjà dotés de nombreuses stratégies, initiatives et feuilles de route. Cependant, la question clé est de savoir comment mettre en œuvre la modernisation de l’agriculture africaine. C’est une grande question», a-t-il ajouté, en indiquant trois domaines d’action principaux.

«Premièrement, il faut mettre en place une infrastructure unifiée d’envergure internationale», a-t-il déclaré, en précisant qu’il convenait de planifier et de concevoir de manière stratégique des routes, des autoroutes, des lignes de chemin de fer reliées entre elles, des voies aériennes et des voies maritimes, en particulier le long du littoral, ce qui permettrait également de promouvoir le tourisme. Cette tâche pourrait être confiée à une entreprise détenue conjointement par tous les pays africains.

«Deuxièmement, il faut faire appel à la science et à la technologie», a poursuivi le Directeur général, en précisant que cela nécessiterait de créer une académie africaine des sciences agricoles. Les Membres pourraient y affilier leurs laboratoires et leurs instituts de recherche, conformément aux normes internationales.

Troisièmement, le Directeur général a expliqué qu’il serait indispensable de mobiliser des investissements accrus, en particulier dans le cadre de partenariats public-privé, et que cet aspect devait être «intégré dans les systèmes juridiques nationaux». Il a, en outre, fait remarquer que plusieurs pays d’Afrique avaient déjà établi des «systèmes juridiques propices». 

«Je crois que, si l’on se place dans une perspective stratégique, opérationnelle et historique, vous devez ouvrir la porte au secteur privé, non seulement au niveau de la production agricole mais aussi tout au long de la chaîne de valeur, de la recherche jusqu’aux activités sur le terrain, en passant par les systèmes d’irrigation, les routes et la chaîne du froid dans les campagnes», a déclaré le Directeur général.

Par ailleurs, M. Qu a souligné qu’il était fondamental de faire évoluer les mentalités et que le continent devait suivre sa propre voie, sans tenter de reproduire ce qui a été fait en Europe, en Asie ou aux Amériques. «L’Afrique elle-même, du nord au sud et d’est en ouest, est extrêmement diverse. Néanmoins, vous devez établir des points de référence pour l’ensemble du continent. La participation du secteur privé est le point de référence en ce qui concerne la modernisation de l’Afrique», a expliqué le Directeur général.

Cela impliquerait une collaboration renforcée entre les pays. «L’Afrique a déjà instauré une zone de libre-échange.» Il faut maintenant qu’elle établisse un ensemble de normes communes et des infrastructures bien reliées les unes aux autres, mais que chaque pays s’emploie à développer un avantage concurrentiel en misant sur un produit en particulier, ce qui favoriserait l’émergence d’une «économie partagée et complémentaire», a expliqué le Directeur général. 

Les ambassadeurs participant à la réunion à distance ont félicité tour à tour le Directeur général de ses connaissances et de son dévouement, et ont souscrit aux arguments qu’il avait invoqués et à la nécessité de continuer à travailler ensemble.

Ils ont également fait remarquer que la vision de M. Qu était en accord avec les engagements pris par les dirigeants africains au titre de l’objectif de la Déclaration de Malabo de l’UA qui consiste à éliminer la faim d’ici à 2025 et des objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

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