Directeur général  QU Dongyu
Allocutions du directeur général de la FAO QU Dongyu

L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde: Transformer les systèmes alimentaires, Main dans la main, pour une alimentation saine et abordable dans les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral (PDSL) et les petits États insulaires en développement (PEID)

13 juillet 2020

Webinaire organisé par le Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement et par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec les présidents du Groupe des PMA, du Groupe des PDSL et de l’Alliance des Petits États Insulaires

 

Allocution d’ouverture 

 

M. Qu Dongyu 

Directeur général

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

 

 

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

1. Je vous remercie de votre présence à l’occasion de ce séminaire important, au cours duquel nous nous intéresserons de près à l’état actuel de la faim dans le monde ainsi qu’aux répercussions de la pandémie de covid-19 et à ses retombées économiques dans les pays les plus touchés et les moins bien armés pour réagir seuls: 

les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.

2. Ces cinq dernières années, des dizaines de millions de personnes se sont enfoncées dans la sous‑alimentation. La faim a frappé 10 millions de personnes supplémentaires en 2019, et 60 millions au cours des cinq années qui viennent de s’écouler.

3. À l’échelle mondiale, le fardeau de la malnutrition sous toutes ses formes continue également de poser problème, et le monde est mal parti pour atteindre les cibles fixées pour 2025 et 2030. 

4. Pire, dans certains domaines, comme celui de l’obésité chez l’adulte, toutes les régions vont dans la mauvaise direction. 

5. Si nous ne connaissons pas encore toute l’ampleur des effets de la pandémie de covid-19 sur la sécurité alimentaire, plus de 100 millions de personnes risquent de plonger dans la pauvreté cette année, et l’état nutritionnel des groupes les plus vulnérables va sans doute se dégrader. 

6. Cette réunion n’est pas un exercice théorique. Elle doit être un prélude à l’action.

7. Ainsi, j’aimerais structurer cette discussion autour de trois notions qui, je l’espère, nous aideront à agir: la solidarité, l’urgence et l’Initiative Main dans la main.

8. Commençons par la solidarité, qualité et sentiment caractéristiques et on ne peut plus humains.

9. Elle trouve son origine dans la capacité que nous avons, lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes, de faire preuve d’empathie à l’égard de ceux qui sont très différents de nous, et en particulier de ceux qui souffrent.

10. La crise mondiale actuelle nous a fait comprendre pourquoi une action collective, à l’échelle planétaire, était indispensable pour lutter contre une pandémie et une récession économique mondiales. 

11. Mais elle nous a aussi montré que toute action collective durable devait nécessairement être guidée par la solidarité et l’empathie.

12. La deuxième notion que je souhaite mettre en avant est l’urgence.

13. Si la situation qui va nous être présentée aujourd’hui est sombre, elle n’est pas pour autant désespérée.

14. Nos collègues indiqueront un certain nombre de mesures qui peuvent être prises afin d’anticiper les défis à venir, et de commencer dès maintenant à bâtir un autre avenir pour l’alimentation – un avenir dans lequel la pauvreté et les inégalités auront reculé, dans lequel on pourra compter sur des régimes alimentaires sains à la portée de toutes les bourses, dans lequel les systèmes alimentaires seront en phase avec la nature: un avenir caractérisé par une résilience renforcée de l’alimentation.

15. Nous avons encore une chance d’agir, mais elle est mince. Nous devons intervenir sans tarder pour mobiliser l’appui nécessaire.

16. Nous ne manquons pas de ressources, qu’elles soient intellectuelles, financières ou matérielles, mais à moins de nous organiser et de nous coordonner, nous allons sans doute agir trop tard et obtenir des résultats trop modestes, qui feront trop de laissés-pour-compte dans les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.

17. Ce constat m’amène à mon troisième point: l’Initiative Main dans la main, support et concrétisation active de la solidarité et de l’urgence. 

18. La démarche de l’Initiative consiste essentiellement à apporter ce que le monde a de mieux à offrir (données factuelles et scientifiques, connaissances, savoir-faire, technologies, innovations et investissements), dans un esprit de solidarité et dans le respect et le souci de la dignité d’autrui.

19. Elle propose un mode d’utilisation et de partage des données et des analyses scientifiques qui permet de déterminer où et comment cibler une intervention de sorte qu’elle produise les effets les plus déterminants dans la lutte contre la pauvreté et la faim.

20. Il s’agit également d’un outil de promotion d’une action collective plus ambitieuse et plus efficace au service de nos Membres et de leurs partenaires de développement.

21. Avec l’Initiative Main dans la main, la question n’est pas de savoir ce que la FAO peut faire, mais ce que nous tous pouvons accomplir en travaillant ensemble, en appliquant un principe de transparence les uns envers les autres et étant convaincus que notre action compte.

22. Je vous demande de réfléchir au sens de ces trois concepts – solidarité, urgence et main dans la main – tout au long de ce webinaire.  

Je vous remercie de votre attention.

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