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II. Approvisionnement en bois des centres urbains : des coopératives aux marchés ruraux.

En définitive, comme dit ci-dessus, les problèmes de bois de chauffe ont véritablement commencé à être l’objet de préoccupation à partir du milieu des années 1980. Pour y faire face le Niger a dans un premier temps développé des coopératives, puis défini et met actuellement en œuvre la Stratégie Energie Domestique. Voyons ce cheminement.

 

2.1. Situation avant 1984

En milieu rural et dans la plupart des villes, c’est-à-dire la quasi-totalité des chefs lieux d’arrondissements et certains chefs lieux de département comme Dosso, Diffa et Agadez, compte tenu de la disponibilité de la ressource, l’approvisionnement en bois énergie des populations ne suscitait aucune inquiétude : le bois était collecté directement par les ménages utilisateurs.

Le commerce de bois n’était observé que dans les grands centres urbains, c’est-à-dire essentiellement les chefs lieux de départements et quelques chefs lieux d’arrondissements. Le bois y était principalement acheminé par les animaliers. Déjà à cette époque on a enregistré un début de la pratique de coupe de bois vert pour l’approvisionnement de ces grands centres et ce en raison de la raréfaction du bois mort dans les zones de prélèvement.

Pendant cette période l’approvisionnement en bois ne constituait donc pas une véritable préoccupation, tant en ce qui concerne la disponibilité de la ressource qu’en ce qui est de la manière dont se faisait l’exploitation : les besoins étaient essentiellement satisfaits à partir du bois mort et seul l’approvisionnement de quelques villes donnait lieu à un commerce de bois.

 

2.2. Situation entre 1984 et 1992

2.2.1. Brève description de la filière bois-énergie

 

2.2.1.1. Demande

Cette période a été celle du développement accéléré de l’urbanisation. Or, comme nous l’avons dit plus haut, c’est la satisfaction des besoins en bois des milieux urbains qui donne lieu à la commercialisation de ce produit. A titre d’exemple, l’enquête trafic de 1990 (Projet Energie II) a permis d’évaluer les quantités de bois-énergie entrant annuellement dans la ville de Niamey à environ 133.000 tonnes alors qu’elles avaient été évaluées à 110.000 tonnes en 1983 (Projet Forestier IDA-FAC-CCCE).

Nous avons également vu que pour l’ensemble du pays, la demande urbaine pourrait se situer autour de 680.000 tonnes en l’an 2000 et à 933.000 tonnes en 2010 (voir tableaux 2 et 3). Les besoins des populations rurales évoluent au même rythme mais le problème de l’approvisionnement des populations urbaines réside dans la tendance à la pratique de l’exploitation minière des ressources les plus facilement accessibles.

 

 

2.2.1.2. Approvisionnement

A) FILIERE EN BOIS DE FEU

A.1) Modes d’approvisionnement

Deux modes d’approvisionnement sont à distinguer : l’auto-approvisionnement et la filière commerciale.

L’auto-approvisionnement est toujours pratiqué en milieu rural et dans les villes secondaires. Ce travail revient en général aux femmes et aux enfants qui effectuent eux-mêmes le transport du combustible. La quantité prélevée est généralement faible (utilisation ponctuelle) et se compose du bois mort de petit diamètre glané çà et là, ainsi que du bois issu de la débroussaille effectué lors de la préparation des champs.

Ce mode d'approvisionnement concerne la majeure partie du bois consommé dans le pays, soit 2,4 millions de tonnes en 2000. Les prélèvements pour l’auto-approvisionnement sont certes très importants. Mais, ils ont la particularité d’être très diffus sur l’ensemble du territoire national. En outre, les consommateurs utilisent fortement des résidus agricoles, ce qui réduit d’autant l’impact sur les ressources ligneuses.

La filière commerciale est particulièrement développée en milieu urbain où elle implique plusieurs intervenants à savoir :

Les bûcherons : ce sont généralement des cultivateurs ruraux qui s’adonnent à cette activité pour améliorer leurs revenus. Disposant assez souvent d’un moyen de transport, ils prélèvent aussi bien le bois sec que sur pied des formations forestières mais aussi du bois des jachères, selon les disponibilités. Le bois est revendu en fagots soit dans les marchés situés en bord de route ou directement en ville selon les possibilités. D’autres bûcherons sont directement employés par les transporteurs/grossistes ;

Les marchés de s principaux axes routiers : ce sont des commerçants de bois habitant les villages situés sur ces axes. Ils achètent le bois auprès des bûcherons villageois ou procèdent directement au prélèvement par des bûcherons de leur famille. Le bois est vendu également en fagots aux passants ;

Les transporteurs/grossistes : Ils se répartissent en deux catégories, à savoir les camionneurs et les propriétaires de camionnettes bâchées. Le plus souvent ce sont des retraités de la fonction publique qui ont acquis des véhicules reformés. Ils acquièrent le bois soit par achat dans les marchés situés sur les axes routiers soit par collecte directe dans le massif forestier en utilisant des bûcherons qu’ils recrutent en ville et qui sont donc à leur exclusive disposition. Ces transporteurs assurent l’essentiel de l’approvisionnement des grandes villes ;

Les distributeurs/détaillants : la distribution du bois est effectuée le plus souvent par les transporteurs eux-mêmes. Ils disposent d’une aire de stockage où ils vendent en gros à des détaillants ne disposant pas de moyens de transport leur permettant de s’approvisionner directement en zones rurales ou procèdent à la distribution directe aux ménages par des rondes de camions en ville. Souvent ils s’approvisionnent auprès des animaliers et rarement par auto-exploitation.

Les prélèvements destinés aux consommateurs urbains sont non seulement très importants mais surtout plus concentrés autour des centres urbains. Cette consommation représente l’équivalent de grandes surfaces coupées à blanc : à titre d’exemple la satisfaction de la demande de Niamey pour l’an 2000 (environ 150.000 tonnes) sur la base d’un volume sur pied de 5,22 stères à l’hectare, impliquera une superficie de l’ordre de 120.000 hectares à couper à blanc .

A.2) l’exploitation

La façon dont sont exploitées les ressources ligneuses est souvent qualifiée d’anarchique. Ce qualificatif apparaît largement justifié dans la mesure où ni les exploitants, ni les lieux d’exploitation, ni les quantités de bois-énergie exploitées ne sont connues et contrôlés de manière satisfaisante.

En effet, la réglementation en vigueur permettait à toute personne physique ou morale qui le souhaitait de pratiquer régulièrement ou occasionnellement l’exploitation forestière et le commerce du bois-énergie. Il lui suffisait de se rendre auprès des services compétents de l’environnement pour y chercher un permis de coupe, qu’elle obtenait contre paiement d’une modique taxe forestière. La taxe payée était calculée forfaitairement à partir d’estimations, en général assez éloigné de la réalité, du nombre de voyages effectués et de la quantité transportée.

Muni d’un tel permis, il était ensuite possible de se rendre pratiquement n’importe où en milieu rural pour se procurer du bois. Le contrôle de l’exploitation forestière sur le terrain était quasiment inexistant et celui du trafic et des permis à l’entrée des villes était souvent facilement contournables. Cette absence de contrôle de l’exploitation et des flux de bois-énergie était encore renforcée par le fait que les populations rurales n’étaient guère motivées dans la gestion des ressources ligneuses de leur terroir, dès alors qu’elles n’en étaient pas légalement les propriétaires où les responsables et que même lorqu’elles en profitaient en tant que bûcherons, elles en tiraient un piètre revenu, comparé au gain des commerçants-transporteurs.

L’exploitation des ressources ligneuses pour l’approvisionnement en bois-énergie des villes s’effectuait donc de façon largement incontrôlée et suivant une logique économique qui se traduit par la surexploitation des zones périurbaines les plus proches et/ou les plus accessibles puisque les intervenants, les commerçants-transporteurs en l’occurrence, ne sont intéressés que par l’idée de réaliser un maximum de bénéfices (c’est-à-dire dépenser moins et pour ramener le bois jusqu’au centre de consommation et le vendre au prix le plus cher possible) dans un espace de temps le plus court possible.

A.3) Transport

Le tableau n° 8 ci-dessous donne, en pourcentage et par centre urbain, l’importance des différents moyens de transport.

 

Tableau n° 8 : Importance des différents moyens de transport dans l’approvisionnement des grands centres urbains en bois-énergie.

 

Camions

Bâchées

Charrettes

Chameaux

Anes

Piétons

Autres

Niamey

64

13

1,3

3

9,3

1

8,4

Zinder

60

9

2

5

17

2,1

4,9

Maradi

80

8

4,5

0,2

0,9

0,9

5,5

Tahoua

62

4,2

1,9

1,4

28

0,9

1,6

Agadez

81

4

0,03

0,3

13

0,9

0,77

Source: Enquêtes trafic Projet Energie II 1990.

Lorsqu’on compare ces chiffres à ceux de l’enquête de 1984, on se rend compte qu’il y a eu progression du transport motorisé du bois vers les villes au détriment des filières animalières. Pour toutes les villes en effet, le mode d’approvisionnement le plus répandu est celui qui fait appel aux camions (entre 60 et 81%). Ensuite viennent les animaliers (chameliers, âniers et charretiers) qui représentent entre 10 et 31% des volumes de bois commercialisés (à l’exception de Maradi). Les camionnettes «bâchées » approvisionnent la ville de Niamey à hauteur de 13% du flux annuel, Zinder 9% et Maradi 8%. Le transport motorisé (camions et bâchés) assure entre 66 et 88% du flux annuel de bois vers les villes. Les autres modes de transport cités ne contribuent à l’approvisionnement des villes que dans de faibles proportions.

Cette prédominance du transport motorisé dans le trafic du bois vers les grands centres urbains du pays semble s’être maintenue et accrue depuis, en raison notamment l’importance des quantités à transporter et des revenus que procure l’activité.

 

A.4) Distribution/utilisation

La distribution du bois-énergie, malgré son caractère informel, est très efficace car tout ménage urbain peut se le procurer à moins de 500 m de chez lui. D’autre part des chameliers, des âniers, des charretiers, et de plus en plus des camionneurs se promènent dans les quartiers pour l’offrir à des prix parfois inférieurs à ceux pratiqués par les détaillants. Cette sorte de concurrence donne l’impression d’une abondance de l’offre et a contribué à stabiliser les prix, ce qui a jusque là limité les impacts des politiques consistant à donner une valeur à l’arbre sur pied.

En outre cette relative facilité d’acquisition de combustible et son prix sont des freins à une meilleure utilisation : le rendement énergétique des foyers est très faible. Par ailleurs l’acquisition de nouveaux équipements demande un investissement auquel la majorité des ménages ne peuvent pas faire face. Les foyers métalliques permettent de réaliser une économie ne dépassant pas 12%, ce qui est à peine perceptible.

 

A.5) Les impacts de la filière

En 1992/93 les impacts de la consommation urbaine (filière commerciale) étaient évalués de la façon suivante :

Un chiffre d’affaires de l’ordre de 2 à 3 milliards de francs CFA pour la seule ville de Niamey, ce qui fait du commerce du bois l’une des activités économiques les plus importantes du pays. L’activité génère des revenus substantiels aux acteurs intervenant aux différents maillons de la chaîne. Les enquêtes filières de 1984 avaient donné les ordres de grandeurs suivants par catégorie d’exploitants qui n’ont pas été remis en cause par les enquêtes du Projet Energie II:

Intervenants

< B>

Revenus en milliers de francs cfa/an

Exploitant rural

40 à 80

Bûcheron professionnel

200 à 300

Anier

150 à 250

Chamelier

300 à 400

Gros détaillant

250 à 400

Manoeuvre-refendeur

200 à 300

Revendeur de bois de service

400 à 550

Commerçant-transporteur avec camionnette

1.000 à 2.000

Commerçant-transporteur avec camion

2.000 à 3.000

 

Un nombre d’emplois créés par le secteur, du bûcheron au détaillant, qui se situait entre 6000 et 7000 dont plus de 2000 pour la communauté urbaine de Niamey et ses environs ;

Des recettes fiscales potentielles (générées par la délivrance de permis de coupe) appréciables pour le trésor public national, principal bénéficiaire de ces taxes ;

etc.

 

B) LA FILIERE CHARBON DE BOIS

L’utilisation du charbon de bois comme combustible de cuisine est très marginale. Hormis quelques localités de l’extrême sud du département de Dosso (Arrondissement de Gaya), aucune localité nigérienne ne dispose de producteurs professionnels de charbon de bois. Ce produit est surtout utilisé par quelques professionnels du secteur informel (restaurateurs, bijoutiers, forgerons, blanchisseurs,...). Le charbon est en général collecté chez les ménages comme résidus de l’utilisation directe du bois. Certains professionnels procèdent à la production en petite quantité pour leurs propres besoins pour des utilisations ponctuelles tandis que d’autres rachètent auprès de petits collecteurs. Il n’y a donc pas véritablement de filière organisée d’approvisionnement en charbon de bois.

 

2.2.2. L’avènement des coopératives forestières

La première réponse apportée par les autorités du pays pour faire face à l’exploitation incontrôlée des ressources ligneuses a été de mettre en place des opérations pilotes d’aménagements forestiers ruraux obéissant à l’idée d’organiser les populations riveraines des massifs forestiers en vue de l’exploitation de ceux-ci pour subvenir aux besoins énergétiques du pays en général et des populations citadines en particulier.

Ces organisations paysannes inter-villageoises ont pris l'appellation de coopératives forestières. La première du genre a été mise en place par le PUSF en 1986-1987 dans le cadre de l’aménagement de la forêt de Guesselbodi. Le projet y initie notamment la coupe de bois vert, jusqu’alors interdite par peur de la destruction de l’écosystème et par méconnaissance de la capacité de régénération des essences en présence.

Dans la continuité de l’aménagement de Guesselbodi, plusieurs autres coopératives forestières ont vu le jour. Il s’agit :

- de la coopérative de Boyanga créée en 1989-1990 par le PUSF ;

- des coopératives de Faïra (1988-1989) et de Dorobobo (1989-1990) mises en place par l’ex-projet forestier IDA/FAC/CCCE ; elles ont par la suite été reprises et appuyées par le Projet d’Aménagement et de Gestion de Terroirs - PAGT - (Faïra) et le Projet de Gestion de Terroirs de Filingué -PGTF- (Dorobobo) ;

- de la coopérative de Hamadidé (1989-1990) créée par le Projet Aménagement des Forêts Naturelles (PAFN) sur financement de la coopération allemande ;

- de la coopérative de Baban Rafi (1989-1990) mise en place par CARE International à Madarounfa dans le Département de Maradi ;

- de la coopérative de Gorou-Bassounga (1990-1991), créée par LWR à Gaya dans le Département de Dosso.

Ainsi, les premières expériences d’aménagements forestiers ruraux ont pour l’essentiel été localisées autour de la capitale Niamey qui constitue le plus gros centre urbain et partant le plus important pôle de consommation de bois.

Sur le plan de la méthodologie de mise en place et des principes de fonctionnement, tous les projets se sont inspirés du modèle PUSF tout en l’améliorant ou en le complétant sur certains aspects.

Les coopératives organisent l’exploitation en employant les bûcherons villageois. Elles commercialisent le bois et réalisent les travaux de restauration après coupe. C’est également elles qui sont chargées du contrôle pour la mise en défens où toutes sortes d’opérations interdites dans les périmètres mis en exploitation.

Si ces coopératives ont eu le mérite d’ouvrir la voie à la prise en compte des populations riveraines dans la gestion des forêts, leur bilan a plutôt été globalement négatif sur le plan de la gestion notamment. Cet échec s’explique notamment par :

La nécessité d’un encadrement important pour le fonctionnement de la coopérative et la surveillance en forêt (agents du projet et salariés de la coopérative) entraînant un prix de revient du bois non compétitif avec celui provenant d’exploitation incontrôlée ;

Le fonctionnement des coopératives était handicapé par la mauvaise compréhension des rôles des différents organes, ce qui faisait de la coopérative la chose de quelques membres du bureau, d’où une mauvaise gestion ;

Une structure regroupant plusieurs villages sans tenir compte des clivages souvent à l’origine de conflit de pouvoir et d’irrégularités financières ;

Les plans d’aménagement des forêts, lorsqu’ils existent, sont difficilement maîtrisables par les populations appelées à l’appliquer (non-implication des ruraux à la réalisation des plans et parcellaires, donc non prise en compte des pratiques usuelles d’exploitation et des connaissances des villageois) ;

Des travaux de restauration des sols très coûteux ;

Une opposition des éleveurs du fait des mises en défens jugées trop longues des zones exploitées ;

Un massif aménagé très vaste obligeant les bûcherons d’un village à aller exploiter la forêt d’un autre village parfois situé à plus d’une journée de marche ;

L'insuffisance des fonds de roulement ;

etc.

Sur le plan quantitatif, de 1987 à 1992 le cumul de la production de l’ensemble des coopératives s’est élevé à 54.891 stères, soit environ 13.174 tonnes (cf.tableau n°9) dont 87,5% ont été effectivement commercialisés, le reste ayant été perdu (mévente, pourrissement...).

Tableau n°9 : Volumes annuels exploités et vendus par les coopératives forestières (en stères).

 

1987

1988

1989

1990

1991

1992

Total

Guesselbodi

1089

2942

2370

2361

2203

1066

12051

Faïra

-

-

1091

4959

4884

2492

13426

Boyanga

-

-

-

1145

3861

634

5640

Dorobobo

-

-

-

973

1340

1674

3987

Hamadidé

     

3497

5636

4228

13361

Gorou Bassounga

     

-

1047

1754

2801

Baban Rafi

     

1486

-

2159

3645

Total (stère)

1089

2942

3461

14421

18971

14007

54891

Total (tonnes)

262

706

830

3461

4553

3362

13174

 

En définitive, si les coopératives forestières ont permis de faire (i) des progrès en terme de connaissance des formations mises en exploitation (inventaire, coupe et régénération...) et (ii) d’amorcer un processus de développement rural dans les zones d’intervention, il n’en demeure pas moins que sur le plan quantitatif, le bois produit était sans commune mesure avec la demande des centres à approvisionner. En outre, ces coopératives, montées et soutenues par des projets et caractérisées par une structure administrative et organisationnelle lourde, ont cessé de fonctionner dès que les bailleurs de fonds se sont retirés. Elles n’ont pas eu l’impact escompté au plan de l’amélioration de l’exploitation des ressources forestières : les résultats obtenus sont loins de l’objectif de décentralisation de la gestion des ressources dans le but d’en assurer la protection. Ainsi, malgré l’existence de ces coopératives, l’exploitation incontrôlée est restée dominante ; en effet, le bois provenant des coopératives coûtait entre 1500 et 1750 f cfa le stère, alors que le même stère se vendait entre 300 et 500 f cfa en zone d’exploitation incontrôlée.

 

2.2.3. Un mot sur les tentatives d’économie du bois et d’utilisation d’énergies alternatives

Le gouvernement a, concomitamment à la création des coopératives, développé l’utilisation de foyers améliorés et des énergies de substitution au bois, en l’occurrence le pétrole lampant, le charbon minéral et le gaz butane.

Pour les foyers améliorés, ils ont été une véritable innovation dans les ménages, ce qui fait que leur diffusion (acceptation) prend beaucoup de temps. Les foyers métalliques permettent de réaliser une économie à peine perceptible. Cependant, cette diffusion se poursuit encore aujourd’hui.

Le pétrole lampant est connu de longue date car il a été de tout temps le moyen d’éclairage des ménages nigériens aussi bien en milieu rural qu’urbain. Mais son utilisation à des fins culinaires était très marginale (essentiellement limitée à quelques restaurateurs) jusqu’au démarrage du Projet Energie II qui a fait la promotion à grande échelle des équipements adaptés à ce combustible (Réchaud TCHIP). Sa commercialisation a été libéralisée en 1989. La Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP), les gérants de stations et les GPP constituent le circuit moderne d’approvisionnement. Le circuit informel est très développé et fait fortement concurrence au circuit moderne, notamment à l’intérieur du pays (zones frontalières du Nigeria et du Bénin).

Pour ce qui est du charbon minéral, son exploitation a débuté au Niger en 1980. Vers la fin des années 80, un projet nigéro-canadien s’est intéressé à l’utilisation de ce combustible comme substitut du bois-énergie. Des essais de carbonisation et de vulgarisation ont été réalisés avec l’appui de la CTFED et se sont avérés concluants : le charbon minéral pourrait bien concurrencer le bois de feu. Mais le projet a dû être arrêté suite au retrait de la partie canadienne intervenu en raison notamment d’un certain nombre d’inconnus sur les effets environnementaux de la filière ainsi que sur sa rentabilité.

Enfin, le gaz butane a fait l’objet de promotion grâce à une subvention accordée par le FED. Mais, les importants frais d’importation du produit ont gonflé le prix de revient et placé celui-ci hors de la portée des ménages moyens, ce qui a annihilé les impacts attendus et provoqué l’arr&eci rc;t de l’opération en 1992. Actuellement, le produit est principalement importé du Nigeria et de l’Algérie et accessoirement du Togo, du Ghana, de la Côte d’Ivoire. Les importateurs, particulièrement à l’intérieur de pays, sont soumis à la concurrence du Nigeria qui offre une assurance de la disponibilité de stocks et des prix plus abordables.

Signalons qu’en 1990-1991, dans le cadre de la réalisation du projet régional de construction du barrage de la Kompienga (Burkina-Faso), le Niger a bénéficié d’une subvention qui lui a permis d’importer du bois de feu à partir du Burkina et de l’insérer dans les circuits de commercialisation de la ville de Niamey. L’opération a permis d’introduire environ l’équivalent de trois (3) mois de la consommation de la capitale, et donc d’économiser autant de bois local.

 

2.2.4. L’émergence de la Stratégie Energie Domestique

Nous avons vu la prédominance du bois dans la consommation énergétique de l’immense majorité des ménages au Niger et que malgré les efforts entrepris par le Niger, l’exploitation incontrôlée, dévastatrice de l’environnement, était largement dominante. Il parait donc plus que jamais indispensable de continuer à développer et aménager des zones d’exploitation à production soutenable et de continuer les politiques visant à stabiliser la demande. C’est dans ce contexte qu’a été adoptée une réforme de l’exploitation commerciale du bois-énergie, conçue pour pallier les insuffisances des systèmes des coopératives et consacrée par l’Ordonnance n°92-037 du 21 août 1992 et ses textes d’application (voir annexes). Cette réforme fait elle-même partie d’une nouvelle politique de gestion simultanée des sous-secteurs ‘’forêts’’ et ‘’énergie’’, appelée Stratégie Energie Domestique (SED).

La SED a été développée conjointement par le ministère chargé de l’énergie et celui chargé des forêts, à travers le Projet Energie II -Composante Energie Domestique, financé par la Banque Mondiale sur un don du Royaume du Danemark. Le projet avait deux (2) objectifs globaux, à savoir :

-organiser les ruraux et leur transférer le pouvoir de gestion de leurs forêts afin d’exploiter rationnellement les ressources ligneuses de leur terroir, en limitant les prélèvements à la capacité de régénération des massifs (mission dévolue au ‘’Volet Offre’’ du projet). Cet axe vise donc à inverser la tendance prédatrice pour l’environnement afin d’éviter la pénurie énergétique et de limiter la dégradation de l’environnement ;

-économiser le bois-énergie et, progressivement, procéder à son remplacement par des substituts accessibles et acceptables (mission du Volet Demande).

 

2.2.4.1. Les fondements de la SED

Sur le plan de la gestion de l’offre et schématiquement, la réforme de l’exploitation commerciale du bois-énergie s’est développée depuis 1989, autour de quatre (4) points fondamentaux et complémentaires que sont : les schémas directeurs d’approvisionnement des villes en bois, les marchés ruraux de bois, la fiscalité et le contrôle forestier.

A) Elaboration des schémas directeurs d’approvisionnement en bois

L’élaboration des schémas directeurs d’approvisionnement (SDA) s’est faite grâce à la synthèse d’un ensemble d’enquêtes qui visent :

- la quantification des flux de bois vers ces centres, l’identification des principaux bassins d’approvisionnement et des principales filières, et la description de la sociologie et de l’économie des chaînes (principaux opérateurs, quantités consommées, moyens d’approvisionnement utilisés, marges dégagées... ), ceci pour savoir sur quel (s) maillon (s) de la chaîne intervenir pour atteindre les objectifs fixés ;

- la localisation et l’évaluation de façon aussi précise que possible, par des inventaires physiques et l’interprétation d’images satellite, des stocks de bois disponibles dans les différentes zones du bassin d’approvisionnement de chacun de ces centres urbains, et l’estimation de la production forestière des massifs en présence, c’est-à-dire la quantité de bois exploitable annuellement sans entamer le capital forestier ; ce qui permettra de déterminer les quotas d’exploitation à accorder à chaque marché rural ;

- l’identification des principaux modes de gestion des ressources forestières par les populations rurales, et la hiérarchisation des facteurs écologiques, sociaux et économiques, qui déterminent l’exploitation du bois et son exportation vers les grands centres de consommation. Il s’agissait ensuite d’identifier et de caractériser des zones où ces facteurs induisent un processus d’évolution relativement homogène des ressources forestières, susceptibles d’appeler le même type d’intervention.

 

A partir des résultats de ces différentes enquêtes a été tirée une grille de décision qui constitue le SDA. Ce dernier est un outil d’orientation et de planification spatiale et quantitative de l’exploitation forestière.

Il permet de définir :

Les zones prioritaires d’intervention (quelles sont les zones où l’exploitation peut être encouragée et quelles sont les quantités pouvant y être exploitées ? Quelles sont les zones où, compte tenu de l’état de dégradation de la ressource, il est préférable de suspendre l’exploitation et même d’encourager des opérations de réhabilitation ? ...),

et de déterminer le (ou les) mode (s) de gestion à appliquer (aménagement sylvo-pastoral, agro-sylvo-pastoral ou sylvicole).

 

Les SDA de trois (3) villes ont pu être finalisés sur les quatre (4) prévus.

 

B) Les marchés ruraux

Afin de mieux gérer l’exploitation de la ressource, compte tenu de la modicité des moyens de l’Etat (moyens humains et financiers notamment), il est nécessaire de responsabiliser les villageois riverains des massifs forestiers à cette gestion. En effet, il est apparu que seules les populations locales peuvent se sentir concernées par la préservation de leur environnement. Pour cela il faut :

- transférer la responsabilité de la gestion et du contrôle de l’exploitation ainsi que la commercialisation du bois, de l’Etat vers les populations rurales ;

- donner à l’arbre sur pied une valeur économique qui puisse permettre d’inciter les ruraux à le protéger et à l’élever de façon durable.

Ce processus de transfert de responsabilité de la gestion des ressources forestières au profit des populations riveraines des massifs se fait au travers des «marchés ruraux ». Créés par l’Ordonnance 92-037 du 21 août 1992 en son article 8, ceux-ci constituent l’outil de mise en œuvre, sur le terrain, de la SED par et au profit des populations. Les marchés ruraux sont des places et endroits où sont installées des structures organisées appelées «structures locales de gestion », agréées par l’administration de l’Environnement pour l’exploitation du bois à des fins commerciales hors des grandes agglomérations.

Le marché rural est approvisionné par une zone d’exploitation correspondant au terroir du village concerné, délimitée d’un commun accord entre la SLG concernée, les populations des terroirs voisins et l’administration.

La typologie légale des marchés ruraux concerne les aspects institutionnels qui régissent leur mode de fonctionnement. L’Ordonnance 92-037 distingue :

Les marchés ruraux dits ‘’orientés’’ qui sont essentiellement des structures commerciales rurales approvisionnées par des zones simplement délimitées et où la durabilité de la gestion forestière est assurée par un «quota » qui fixe une limitation des prélèvements annuels ;

Les marchés ruraux dits ‘’contrôlés’’ qui sont caractérisés par une gestion forestière techniquement plus complexe dans le cadre de véritables aménagements forestiers.

Les marchés ruraux orientés sont donc plus visiblement des structures commerciales locales puisqu’ils sont approvisionnés à partir de zones délimitées (à savoir la «forêt villageoise ») mais dites non aménagées. Néanmoins, la fixation d’un quota limitant la quantité des prélèvements annuels constitue de facto un premier stade de l’aménagement forestier, en tout cas un premier pas vers la gestion de la ressource. Certes ce système n’apporte pas de garantie absolue pour une gestion durable de la zone d’approvisionnement du marché rural, mais le savoir paysan et le souci des villageois de pérenniser une source de revenu importante et indispensable permettent et suffisent à leur faire adopter et respecter des pratiques assurant une bonne durabilité des ressources ligneuses naturelles : en fait, il est observé que les quantités exploitées sont généralement en deçà des quotas annuels autorisés.

Les marchés ruraux contrôlés sont approvisionnés à partir de zones délimitées et aménagées. Le marché rural se présente donc comme un préalable à tout aménagement. Les aménagements forestiers villageois mis en œuvre dans le cadre des marchés ruraux peuvent se définir comme des systèmes de gestion des ressources ligneuses mis en œuvre par des structures locales de gestion dans le cadre d’un contrat avec l’administration de l’Environnement qui, par un quota annuel, limite les quantités exploitées à la possibilité de la ressource. Chaque aménagement forestier villageois assure une exploitation rationnelle, durable et conservatoire d’une zone aménagée pour approvisionner un marché rural déterminé.

Pour une question de facilité de mise en place et en vue de soustraire rapidement le maximum de superficies forestières de l’exploitation incontrôlée, il arrive souvent que le marché rural soit d’abord orienté (délimitation, fixation d’un quota, normes de coupe) avant de devenir contrôlé (élaboration et exécution d’un plan d’aménagement définissant le parcellaire, les travaux d’entretien à réaliser,...).

Mais, quel que soit le type auquel appartient, un marché rural est une structure villageoise : à chaque village son terroir, donc un potentiel ligneux, qui approvisionne le marché rural du village en question.

L’analyse des modalités de mise en place et de fonctionnement des coopératives forestières et des marchés ruraux fait ressortir des différences multiples :

Sur le plan organisationnel

Les coopératives sont des regroupements de plusieurs villages ; ce sont des structures lourdes dont la bonne marche a été assez souvent entravée par des conflits entre villages. Les organes d’administration et de gestion sont très souvent pléthoriques par nécessité absolue d’y faire représenter chaque village.

Le marché rural par contre est créé à partir d’un seul village. Il est en principe plus facile à mettre en place et à gérer car il est censé jouir d’une plus grande cohésion sociale, avec des organes de gestion relativement légers. Il apparaît donc comme une simplification et une amélioration de la coopérative ; il est surtout une structure beaucoup plus reproductible et généralisable à grande échelle (environ une centaine de marchés ruraux créés entre 1993 et 1996).

Sur le plan de financement

Là aussi les démarches méthodologiques sont différentes.

Les coopératives ont bénéficié de fonds de roulement et de crédits divers et systématiques accordés soit par les projets créateurs, soit par des ONG. Ces facilités de financement vont devenir très vite des facteurs limitants pour le développement des activités des coopératives (exemple : arrêt de l’exploitation alors que le fonds de roulement est épuisé, les villageois n’ayant pas bénéficié de crédits se sentant exclus de la coopérative).

Le marché rural a été conçu selon une autre approche qui consiste à éviter ces pratiques d’appui en argent facile qui ne vont pas dans le sens d’une responsabilisation des groupements villageois et de leurs membres. En effet, les villageois ont l’habitude de créer leurs points de vente de bois au bord des routes, sans fonds de roulement préalable et sans crédits-charettes ; ils avaient également l’habitude de fournir le bois à crédit aux camionneurs et de se faire payer plus tard. Le marché rural n’a pas voulu bouleverser ces habitudes et mettre les paysans en position d’assistés et d’exécutants : les appuis ont été apportés que lorsqu’ils se sont absolument justifiés.

Sur le plan de la commercialisation

Les coopératives pratiquaient des prix très élevés qui ont occasionné des méventes. Ces prix étaient fixés par les projets et ne résultaient pas donc du jeu du marché.

Au niveau des marchés ruraux, la commercialisation est l’affaire des membres ; les prix sont négociés avec les acheteurs. Cette situation a d’ailleurs défavorisé les producteurs villageois dans un premier temps, compte tenu de leur poids dans l’approvisionnement ; mais au fur et à mesure que les marchés ruraux étaient créés et donc que des superficies de plus en plus importantes étaient retranchées de l’exploitation incontrôlée, le bois provenant de ces marchés est devenu incontournable, ce qui les a placés en position de force, face des acquéreurs.

Sur le plan des charges d’exploitation

Les charges d’exploitation des marchés ruraux sont extrêmement réduites par rapport à celles des coopératives : pas de coût de gardiennage, le gestionnaire n’est pas un salarié mais est payé proportionnellement aux ventes, les fonctions des autres membres du bureau du marché ne sont pas rémunérées (seules des gratifications sont souvent octroyées et leur montant est fixé par les ruraux eux-mêmes).

 

C) La nouvelle fiscalité et le contrôle forestier

Il est apparu que l’une des clés de réussite de la SED réside en grande partie dans la conception et la mise en application d’une fiscalité adaptée et incitative ainsi que d'un nouveau système de contrôle du commerce du bois-énergie. Il s’agissait en effet de passer d’une situation où la taxation forestière n’a pour objet que d’alimenter les caisses de l’Etat et où le contrôle n’est qu’approximatif et insuffisant, à un régime fiscal qui soit un véritable outil pour mettre en œuvre cette nouvelle politique de gestion de ressources ligneuses. Ainsi, la réforme fiscale a pour finalités :

~~ de concrétiser le transfert de responsabilité en matière de gestion et de contrôle de l’exploitation des ressources ligneuses et du commerce primaire de bois de l’Etat vers les populations rurales : institution des marchés ruraux et rétrocession aux populations des droits exclusifs d’exploitation des ressources de leur s terroirs ;

~~ de professionnaliser davantage l’activité de transport et de commerce de bois-énergie et d’inciter les commerçants-transporteurs de bois-énergie à se diriger vers certaines zones rurales (à fort potentiel) plutôt que d’autres (dégradées), suivant les prescriptions des SDA :

- limitation des quantités de bois-énergie transportées vers les villes par les personnes autres que les commerçants-transporteurs,

- institution d’une carte professionnelle pour les commerçants- transporteurs,

- taxation différentielle ayant pour objet de dévaliser économiquement l’exploitation incontrôlée et d’orienter les commerçants-transporteurs vers le bois issu des plantations privées, puis à celui issu des marchés ruraux contrôlés et enfin au bois issu des marchés ruraux orientés ;

~~ de motiver les collectivités locales, c’est-à-dire essentiellement les arrondissements, et de leur donner les moyens de jouer un rôle de moteur et de conseil auprès des populations rurales, afin de stimuler la mise en place des marchés ruraux et des aménagements forestiers villageois : affectation d’une partie des taxes forestières aux collectivités pour les inciter à créer des marchés ruraux et surtout pour mettre sous aménagement les zones d’approvisionnement et de prendre en charge les travaux forestiers dans les massifs mis en exploitation ;

~~ de contrôler efficacement les flux de bois-énergie pour pouvoir limiter les prélèvements de bois à la possibilité de la ressource, réduire la fraude fiscale à un niveau résiduel : institution d’un contrôle sur site d’exploitation et aux entrées des villes. Les agents placés aux postes de contrôle ont pour mission de contrôler les commerçants-transporteurs mais aussi de les informer et de les inciter à s’orienter vers certaines zones de façon à desserrer la pression sur d’autres ;

~~ de pouvoir peser sur les prix de vente du bois-énergie au niveau du commerce primaire, dans le sens d’une plus juste rémunération du travail des populations rurales qui soit une réelle incitation à la gestion des ressources ligneuses : rehaussement du niveau des taxes et affectation d’une partie des ressources financières qui en sont issues aux populations rurales afin de les aider à entreprendre des travaux d’entretien forestier de leurs massifs;

~~ de pouvoir peser sur les prix de vente du bois-énergie aux consommateurs urbains, et donc modifier les termes de la concurrence en vue de contribuer au succès des actions de promotion des combustibles de substitution et à la diffusion des foyers et réchauds améliorés ;

~~ de générer des recettes substantielles, qui permettent l'autofinancement des coûts de fonctionnement du dispositif mis en place et, progressivement, des investissements d’aménagement des ressources ligneuses à réaliser : répartition et affectation des taxes.

 

2.2.4.2. Bilan du fonctionnement des marchés ruraux et perspectives futures

Les impacts de la création des marchés ruraux sont multiples. On peut retenir que:

- les quantités du bois issu des marchés ruraux sont allées crescendo de 1992 à 1997. On estime à environ 18 à 20% la part du bois issu des marchés ruraux dans l’approvisionnement de la ville de Niamey. Ils ont donné aux villageois la possibilité de négocier à la hausse le prix de vente de bois énergie : le prix de cession du bois est passé de 300 - 600 f cfa/stère en exploitation incontrôlée à 1500 f cfa/stère et plus dans les marchés ruraux. Mais leur part dans l’approvisionnement des centres de Maradi et Zinder est encore très marginale ;

- ils constituent une nouvelle source de revenus pour les villageois qui leur permet au minimum de doubler les revenus qu’ils tiraient auparavant de l’exploitation du bois-énergie de leur terroir, si tant est qu’ils en tiraient car, souvent les commerçants-transporteurs ne laissaient pas cette chance aux ruraux : les marchés ruraux ont donc un impact sur l’économie villageoise ;

- le nouveau régime fiscal (recouvrement, répartition et affectation des produits de la taxe) est largement bien compris et appliqué de manière satisfaisante. Les premiers marchés ruraux permettent aux différents bénéficiaires (ruraux, collectivités et Etat) de faire d’importantes recettes et d’amorcer une véritable dynamique de financement du développement local à partir desdites recettes ;

Mais quelques problèmes subsistent aux plans technique et organisationnel, qu’il faut résoudre pour obtenir des résultats encore plus encourageants.

En termes de perspectives, il faut rappeler que le pays est vaste et offre encore beaucoup de possibilités d’intervention à d’autres partenaires qui prendraient comme base de développement le cadre légal global défini par la SED. Le Gouvernement du Niger a fait des propositions pour une poursuite de l’appui de ses partenaires de coopération pour que soit assuré le financement d’une phase 2 de mise en œuvre de la stratégie. Ladite phase qui intéresse la coopération danoise pourrait démarrer dès que la situation politique du pays sera stable. Par ailleurs, le Niger attend toujours le démarrage du projet Aménagement des Forêts Naturelles sur financement de la Banque Africaine de développement (BAD) : ce projet est conçu pour être géographiquement complémentaire à la seconde phase du projet Energie II. Enfin, espérons que le Programme de Gestion des Ressources Naturelles (PGRN) s’intéressera enfin à la SED, pour créer des marchés ruraux dans ses zones d’intervention conformément à sa planification. Une prolongation du retard de ces interventions pourrait annihiler les avantages dont bénéficient actuellement les marchés ruraux car l’exploitation incontrôlée pourrait reprendre de plus belle.

 

 

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