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RAPPORT SPECIAL: MISSION FAO/PAM D'EVALUATION DES RECOLTES ET DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES EN ANGOLA

Mai 1996

I. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue en Angola du 21 avril au 3 mai 1996 afin de procéder à une estimation de la production des cultures vivrières en 1995/96 et d'établir des projections des besoins d'importation de céréales pour 1996/97, y compris les besoins d'aide alimentaire. Deux groupes de membres de la mission se sont rendus dans 11 des 18 provinces du pays tandis qu'un troisième procédait à des entretiens à Luanda avec des personnalités du Gouvernement, des agents des organismes des Nations Unies, des représentants des donateurs et des ONG. Dans les chefs-lieux et les municipalités des provinces, les groupes ont rencontré les représentants des autorités provinciales, des agents des organismes spécialisés, des représentants des ONG, des négociants et des membres d'associations d'agriculteurs. En outre, au cours des déplacements dans les provinces qu'ont permis le processus de paix récent et le déminage des routes, les membres de la mission ont procédé à des inspections des cultures et à des entretiens avec les agriculteurs. Des visites ont également eu lieu dans les zones contrôlées par l'UNITA où la mission a mené des activités analogues. Cette année, des observateurs de l'Union européenne et de la SADC ont accompagné la mission.

Les données concernant les superficies cultivées et les prévisions de rendements communiquées par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural (MINADER) ont été contrôlées par confrontation avec les renseignements reçus dans les provinces et mises à jour en conséquence par la mission. Des informations complémentaires provenant des provinces où la mission n'a pas pu se rendre ont été fournies par les ONG et les organisations internationales travaillant dans ces zones.

La mission prévoit une production céréalière de 500 000 tonnes en 1995/96 (398 000 tonnes de maïs et 102 000 de sorgho et de mil), ce qui représente 84 pour cent de plus que les estimations de l'an dernier, conséquence de la reprise de la production dans les zones contrôlées par le gouvernement en raison de la fourniture d'outils et de semences, des meilleures précipitations et de l'absence d'invasions graves de ravageurs ou de maladies. La mission ayant plus facilement accès au terrain a pu mieux comprendre la situation dans les zones sans contrôle du gouvernement ou de l'UNITA.

Quant aux facteurs négatifs, la production a été limitée dans certaines zones par une grave pénurie d'outils à main et de socs de charrues, l'absence d'engrais et de produits phytosanitaires chimiques et divers obstacles à la production et à la moisson comme le manque de débouchés pour les excédents et de multiples vols et destructions de cultures sur pied.

La population étant estimée à 12,2 millions d'habitants et la consommation moyenne de céréales à 70 kilogrammes par habitant et par an, les besoins d'importations céréalières pour 1996/97 sont évalués à 442 000 tonnes. Les importations commerciales publiques et privées sont estimées à 200 000 tonnes de céréales, de sorte qu'il reste un déficit de 242 000 tonnes qui devra être couvert par les secours d'urgence et l'aide alimentaire programme.

Les populations resteront très vulnérables du point de vue alimentaire malgré l'accroissement de la production en raison du manque de pouvoir d'achat dans les zones urbaines et rurales, de l'absence d'infrastructures (routes, véhicules, sacs) et de la liberté de circulation limitée des négociants.

En conséquence, la mission a estimé à 129 000 tonnes les besoins d'aide alimentaire d'urgence pour 1,375 million de personnes, besoins qui sont couverts par des disponibilités se trouvant déjà dans le pays ou dans la filière. Il reste donc un déficit net de 113 000 tonnes à couvrir par l'aide alimentaire programme.

Le processus de paix qui se poursuit permet d'envisager le passage de l'aide alimentaire d'urgence à court terme à la remise en état et la reconstruction. La reconstruction des infrastructures agricoles et sociales qui ont été détruites et l'aide en intrants agricoles méritent une forte priorité dans ce contexte. Les organisations des Nations Unies, notamment la FAO, les donateurs et les ONG établissent des plans pour participer à la reconstruction et au développement agricole et social qui pourront s'accélérer dès que la paix sera solidement établie.


II. INFORMATIONS GENERALES ET CONDITIONS SOCIO-ECONOMIQUES

L'Angola, pays du sud-ouest de l'Afrique bordé par l'océan Atlantique à l'ouest et le Zaïre, la Zambie et la Namibie, respectivement au nord, à l'est et au sud a une superficie totale de 1,247 million de km2 (124,7 millions d'hectares) et se divise en trois grandes régions: nord, centre et sud. La population est estimée à 12,2 millions d'habitants, chiffre utilisé dans l'Appel unifié inter-organisations 1996 des Nations Unies pour l'Angola. Aucun recensement démographique n'a eu lieu depuis 1970.

L'Angola est un producteur de pétrole relativement important, qui vient tout de suite après le Nigéria en Afrique subsaharienne. Sa production atteint 500 000 à 600 000 barils par jour. Les estimations varient mais le pétrole fournit 75 à 90 pour cent des recettes totales d'exportation du pays et une proportion très élevée des revenus de l'Etat. L'extraction des diamants constitue également un secteur important qui rapporte des recettes de plus en plus élevées. Toutefois, ces secteurs n'ont guère de retombées sur les autres secteurs économiques qui restent entravés par la pénurie grave de ressources et les troubles intérieurs. La majeure partie de la population vit de l'agriculture (cultures, pêche, élevage et forêts) qui a été profondément bouleversée.

Au moment de l'indépendance (1975), l'Angola se suffisait à elle-même pour tous les grands produits vivriers; elle exportait m Aˆme des quantités non négligeables de maïs, de riz, de bananes, de café, de sucre et d'huile de palme, alors qu'elle doit maintenant importer des volumes importants de tous ces produits. Au cours des vingt dernières années, la guerre civile a profondément bouleversé le secteur agricole en détruisant les infrastructures, en interdisant l'accès aux terres cultivables inaccessibles à cause des mines et en provoquant des déplacements considérables de populations rurales. Avec le retour de la paix, la sécurité s'est améliorée, les routes sont progressivement déminées et la réinstallation des populations commence. Les personnes et les biens ont commencé à circuler entre zones dominées par le gouvernement et zones de l'UNITA dans quelques endroits et de façon extrêmement limitée. Les organismes des Nations Unies, les donateurs d'aide bilatérale et les ONG ont cherché par divers moyens à atténuer les souffrances des populations en fournissant une aide alimentaire d'urgence aux plus vulnérables et en distribuant des intrants agricoles. Des programmes de restauration sociale et économique qui englobent l'éducation, la santé, l'approvisionnement en eau, les routes, la fourniture d'intrants agricoles et la remise en état des infrastructures agricoles sont à l'étude.

Les emplois et les sources de revenus sont extrêmement limités en dehors de l'agriculture. Ainsi, l'accès à la nourriture est un problème grave pour de nombreux habitants pauvres des zones urbaines et rurales, même si des approvisionnements sont disponibles. En outre, les excédents alimentaires disponibles dans certaines zones ne peuvent être utilisés dans les zones déficitaires en raison des obstacles matériels et politiques à la libre circulation des biens et des personnes. En conséquence, bien que la production vivrière estimative de 1995/96 ait été nettement supérieure à celle des campagnes précédentes, un nombre important d'habitants restent vulnérables du point de vue alimentaire, notamment les personnes touchées par la guerre civile (réfugiés, personnes déplacées, soldats démobilisés) et les familles pauvres stables.


III. PRODUCTION VIVRIERE EN 1995/96

Vingt années de guerre civile ont pratiquement détruit les moyens de collecte de données du secteur public de l'Angola. De vastes zones du pays échappent à l'influence du gouvernement national, mais les zones qui sont sous le contrôle de ce gouvernement sont en pratique aussi inaccessibles faute de personnel et du manque quasi-total de moyens pour entreprendre des enquêtes ou des évaluations valables. En conséquence, les missions d'évaluation des récoltes doivent faire appel aux données historiques et aux hypothèses provenant des services de planification du MINADER en les corrigeant en fonction des impressions des ONG qui travaillent dans des zones particulières et des visites limitées qu'elles font elles-mêmes sur le terrain.

Cette année, la paix relative assurée par le processus de réconciliation nationale a donné à la mission une bien plus grande liberté de mouvement pour observer et évaluer la situation dans les territoires sous contrôle du gouvernement ou de l'UNITA dans 11 provinces sur 18. A mesure que les régions devenaient accessibles grâce à des accords et au déminage des routes, les organisations internationales et les ONG ont nettement accru leurs activités dans tout le pays, ce qui a permis de mieux comprendre la situation générale. De même, la mission a pu se déplacer par la route dans toutes les provinces visitées et procéder elle-même à des analyses et à des entretiens avec les agriculteurs, les négociants et les fonctionnaires.


Précipitations pendant la campagne agricole 1995/96

Par comparaison avec les pays voisins, les précipitations sont relativement régulières en Angola. Les régions du nord et du centre reçoivent toujours assez de pluies pour assurer toute une gamme de récoltes pendant des campagnes qui durent de six à neuf mois, selon les conditions agro-écologiques. Cependant, la région du sud a un potentiel de production beaucoup plus faible car les précipitations annuelles diminuent fortement, passant de 1 600 mm près de la frontière du Zaïre, au nord-est, à moins de 100 mm à la frontière avec la Namibie, au sud-ouest.

Cette année, d'après les données reçues par la mission dans le pays-même et les résultats de la surveillance internationale permanente dans la région, les précipitations ont suivi l'évolution habituelle: début au dernier trimestre de 1995, période de sécheresse en décembre, puis pluies d'intensité variable qui ont pris fin en mars ou plus tard suivant les endroits.

Dans la plupart des provinces, les pluies ont commencé en temps voulu en septembre et en octobre, facilitant les semis de maïs sur les hautes terres du plateau central et ceux de sorgho et de mil plus au sud.

Une période de sécheresse enregistrée de décembre à janvier dans l'Huambo et dans les provinces voisines, au moment de la floraison du maïs, a compromis la formation des grains des premières cultures semées et a obligé à replanter certains champs déjà ensemencés en novembre. Toutefois, l'amélioration qui a suivi et la bonne répartition des pluies dans le temps et l'espace dans ces mêmes réVions ont permis de tirer de bien meilleures récoltes des cultures semées en janvier et en février dans les terres d'altitude intermédiaire et des cultures semées en février et mars dans les plaines alluviales basses.

Pendant ses déplacements sur le terrain, la mission a noté de vastes inondations dans les basses plaines de Bengo, qui semblent avoir réduit la superficie cultivée dans cette province. De même, l'interruption prématurée des pluies dans les provinces méridionales de Namibe et Cunene et dans les zones sud de Cuando Cubango a probablement fait baisser les rendements du sorgho et du mil dans ces zones.

Dans l'ensemble, la situation générale semble répondre aux prévisions et traduire l'amélioration des précipitations enregistrée cette année dans toute la région de la SADC.


Superficie ensemencée

On estime que la superficie ensemencée en céréales et en légumineuses a augmenté dans toutes les zones sous contrôle du gouvernement grâce à l'amélioration des disponibilités de semences améliorées et d'outils, de l'accès et de la sécurité. Il ne faut cependant pas oublier qu'à l'heure actuelle, les semences d'origine locale restent la base de la production pour toutes les cultures de 80 à 90 pour cent des agriculteurs. Les cultivateurs préfèrent souvent les semences locales parce qu'elles donnent de meilleurs résultats que les hybrides d'importation sans engrais.

Etant donné que la plupart des terres sont nécessairement travaillées à la main pendant cette période de transition, la terrible pénurie d'outils à main simples (houes, machettes et limes) limite l'expansion des terres cultivées, lorsque celle-ci est possible, et la ponctualité et la qualité des travaux lorsque les terres sont peu abondantes.

La situation est la même dans les territoires sans contrôle de l'UNITA, mais les agriculteurs y ont encore moins accès aux semences améliorées et autres facteurs de production. Le manque de marchés a aussi découragé toute expansion de la production. La mission estime donc que la superficie produisant effectivement des céréales et des légumineuses est inférieure de 9 pour cent environ aux estimations de la dernière campagne, qui étaient elles-mêmes dérivées des projections du MINADER pour 1994/95.

On a vérifié les estimations de superficies pour 1995/96 province par province en les rapprochant des estimations des Nations Unies concernant la population active agricole, sur la base des tailles moyennes des exploitations de 1992; elles se sont révélées largement dans les limites de la capacité calculée.


Rendements

D'après les rendements qu'elle a observés et mesurés dans 11 des 18 provinces du pays, la mission estime qu'il y a eu une amélioration sensible par rapport aux chiffres déclarés précédemment dans tout le pays. Les rendements ainsi calculés sont bien plus proches des rendements enregistrés dans les pays voisins ayant des conditions agro-écologiques comparables.

Les densités d'ensemencement du maïs, du sorgho et du mil répondent aux taux prévisibles (par exemple maïs - 25 000 plantes/hectare dans les zones à faible pluviosité a 40 000-50 000 plantes/hectare dans les zones à forte pluviosité) dans toutes les provinces visitées et le niveau d'exploitation a été jugé partout élevé, compte tenu des difficultés susmentionnées; le manque total d'engrais et de produits phytosanitaires chimiques constitue une limitation supplémentaire. En conséquence, les rendements moyens du maïs ne devraient pas dépasser 0,9 tonne/hectare dans les provinces les plus productives, bien que des rendements doubles ou triples soient régulièrement enregistrés dans les zones naturellement fertiles. Dans les provinces sèches de Cunene et Namibe, diverses organisations considèrent comme normaux des rendements de 0,2 tonne/hectare. Toutefois, la mission a constaté que dans le nord de Cuando Cubango, les rendements atteignent au moins le quadruple de ce chiffre très bas.

Il est apparu que le manque total d'engrais réduit sensiblement les rendements des terres exploitées intensivement autour des agglomérations sous contrôle du gouvernement qui sont cultivées sans interruption depuis des décennies et ceux des champs (autres que les terres nouvellement mises en culture ou les bassins alluviaux) des zones contrôlées par l'UNITA qui n'ont pas bénéficié de d'apports de déchets domestiques ou animaux. La mission a été frappée par la pratique du "double enfouissage" dans ces zones, qui consiste à enfouir les herbes adventices et les chaumes tout de suite après la récolte pour tenter de maintenir une certaine fertilité des sols, d'autant plus que toutes les houes utilisées n'avaient plus que le tiers de leur taille d'origine à cause de l'usure et étaient très émoussées faute de limes.

Aucune invasion de ravageurs migrateurs n'a été signalée, ni observée. La mission a cependant estimé que le manque total de pesticides et de matériel d'application rendait les agriculteurs angolais exceptionnellement vulnérables. En ce qui concerne les ravageurs non migrateurs, on a observé des térébrants et des charançons des grains, ces derniers dans du maïs qui provenait de stocks conservés pendant la campagne à la ferme dans des zones sous contrôle de l'UNITA de Bie/Cuando Cubango.

On a également pris note d'autres facteurs qui réduisent les rendements à la moisson:


Prévisions de production

La récolte était bien avancée ou les cultures arrivaient à maturité dans toutes les provinces où la mission s'est rendue. Grâce à la plus grande liberté de mouvement, la mission a en outre pu parcourir en automobile les zones de culture des trois régions de production (Nord, Centre et Sud) pour observer et mesurer les rendements et faire participer les agriculteurs à l'estimation directe de leurs récoltes. La mission prévoit en 1996 une production céréalière de 500 000 tonnes, dont environ 80 pour cent de maïs et 20 pour cent de sorgho et de mil. Ce chiffre atteint presque le double de l'estimation de la campagne précédente. La mission n'a pu obtenir aucune information sur la production probable de blé ou de riz, bien qu'elle ait aperçu quelques petits champs isolés de cette dernière céréale dans les bassins des cours d'eau.

On estime que la production de légumineuses qui sont cultivées en association avec le maïs ou en culture dérobée avec les racines et les tubercules a augmentée d'environ 24 pour cent pour atteindre environ 55 000 tonnes.

Le Tableau 1 donne des estimations des superficies et de la production prévue pour les principales céréales et le Tableau 2 ajoute au volume total de céréales la production de haricots et la production estimative de manioc, culture particulièrement importante car il s'agit d'un aliment de base dans toutes les provinces du Nord et dans la moitié de celles du Centre.

Tableau 1: Superficie et production des principales cultures céréalières 1995/96

Maïs Mil Sorgho Toutes céréales
Superficie (ha) Rende-ment (t/ha) Production (tonnes) Superficie (ha) Rende-ment (t/ha) Prod. (tonnes) Superficie (ha) Rende-ment (t/ha) Prod. (tonnes) Superficie (ha) Prod. (tonnes)
Région Nord 110 650 0,80 89 070 0 0 0 0 110 650 89 070
Bengo 10 000 0,75 7 500 10 000 7 500
Cabinda 2 500 1,00 2 500 2 500 2 500
Kwanza Norte 20 000 0,75 15 000 20 000 15 000
Luanda 5 000 0,60 3 000 5 000 3 000
Lunda Norte 9 000 0,90 8 100 9 000 8 100
Lunda Sul 11 000 0,90 9 900 11 000 9 900
Melange 30 650 0,80 24 520 30 650 24 520
Uige 17 000 0,80 13 600 17 000 13 600
Zaire 5 500 0,90 4 950 5 500 4 950
Région Centre 372 099 0,70 260 457 12 224 0,50 6 113 74 018 0,57 42 149 458 341 308 719
Benguela 70 825 0,90 63 743 1 879 0,50 940 28 768 0,60 17 261 101 472 81 944
Bie 47 274 0,60 28 364 10 345 0,50 5 173 45 250 0,55 24 888 102 869 58 425
Huambo 180 000 0,60 108 000 180 000 108 000
Kwanza Sul 49 000 0,90 44 100 49 000 44 100
Moxico 25 000 0,65 16 250 25 000 16 250
Région Sud 86 589 0,56 48 631 64 919 0,41 26 864 62 986 0,43 26 856 214 494 102 351
Huila 56 595 0,70 39 617 36 733 0,50 18 367 26 800 0,50 13 400 120 128 71 384
Cuando Cubango 11 000 0,45 4 950 5 000 0,50 2 500 13 000 0,50 6 500 29 000 13 950
Cunene 16 344 0,20 3 269 19 186 0,25 4 797 19 186 0,30 5 756 54 716 13 822
Namibe 2 650 0,30 795 4 000 0,30 1 200 4 000 0,30 1 200 10 650 3 195
TOTAL 569 338 0,70 398 158 77 143 0,43 32 977 137 004 0,50 69 005 783 485 500 140

Tableau 2: Superficie et production des principales cultures 1995/96

Toutes céréales Haricots Manioc Superficie cultivée totale
Superficie (ha) Prod. (tonnes) Superficie (ha) Rendement (t/ha) Prod. (tonnes) Superficie (ha) Rendement (t/ha) Prod. (tonnes) 1/ (ha)
E9‚gion Nord 110 650 89 070 63 651 0,41 26 327 185 926 3,94 732 341 360 227
Bengo 10 000 7 500 791 0,35 277 2 926 3,50 10 241 13 717
Cabinda 2 500 2 500 2 327 0,45 1 047 5 000 3,50 17 500 9 827
Kwanza Norte 20 000 15 000 10 000 0,40 4 000 6 000 3,60 21 600 36 000
Luanda 5 000 3 000 3 200 0,35 1 120 3 000 3,00 9 000 11 200
Lunda Norte 9 000 8 100 7 333 0,45 3 300 37 000 4,00 148 000 53 333
Lunda Sul 11 000 9 900 6 667 0,45 3 000 20 000 4,00 80 000 37 667
Melange 30 650 24 520 16 000 0,40 6 400 70 000 4,00 280 000 116 650
Uige 17 000 13 600 12 333 0,40 4 933 32 000 4,00 128 000 61 333
Zaire 5 500 4 950 5 000 0,45 2 250 10 000 3,80 38 000 20 500
Région Centre 458 341 308 719 67 311 0,32 21 572 120 864 3,66 442 767 646 516
Benguela 101 472 81 944 11 271 0,40 4 508 4 870 3,50 17 045 117 613
Bie 102 869 58 425 15 000 0,30 4 500 10 254 3,00 30 762 128 123
Huambo 180 000 108 000 31 000 0,30 9 300 40 000 3,50 140 000 251 000
Kwanza Sul 49 000 44 100 5 040 0,35 1 764 25 740 4,00 102 960 79 780
Moxico 25 000 16 250 5 000 0,30 1 500 40 000 3,80 152 000 70 000
Région Sud 214 494 102 351 25 500 0,29 7 410 8 000 2,70 21 600 247 994
Huila 120 128 71 384 15 400 0,35 5 390 8 000 2,70 21 600 143 528
Cuando Cubango 29 000 13 950 2 200 0,20 440 31 200
Cunene 54 716 13 822 5 000 0,20 1 000 59 716
Namibe 10 650 3 195 2 900 0,20 580 13 550
TOTAL 783 485 500 140 156 462 0,35 55 309 314 790 3,80 1 196 708 1 254 737

1/ Racines fraîches.


Autres cultures

Comme on l'a déjà indiqué, le manioc est la plus importante des autres cultures au niveau national. C'est l'aliment de base favori dans la moitié du pays et, tout en étant consommé à l'état frais, il est vendu sous forme de morceaux séchés ou de poudre. La superficie estimative exploitée, soit 315 000 hectares, est proche de celle de la dernière campagne et le rendement national moyen est estimé à 3,8 tonnes, ce qui correspond à une légère amélioration. En règle générale, les cultures paraissaient en bon état, bien que la présence de cochenilles ait été observée dans la province de Malange.

Le café était traditionnellement la principale source de revenus des agriculteurs dans le Nord-Ouest. Malgré l'effondrement complet des infrastructures de culture et de commerce de ce produit, la mission a constaté que la tradition se perpétuait au niveau des paysans dans les provinces d'Ulge et de Kwanza Sul, où il existe de petites plantations bien entretenues et où les rendements atteindraient quelque 120 kilogrammes/hectare. Cette activité, ainsi que la production de bananes qui est visiblement très répandue et réussit bien, devrait offrir un bon départ pour relancer l'activité économique au niveau du village dans les zones à forte pluviosité.

D'autres cultures présentent de l'importance dans certaines zones: ce sont la patate douce, l'arachide, la canne à sucre et le palmier à huile qui, avec divers légumes, pourraient permettre d'augmenter encore la superficie cultivée de 200 000 hectares, d'après les données historiques.

Aux fins de comparaison, les estimations de la production agricole de cette année sont présentées ci-après avec les estimations des missions de 1993/94 et de 1994/95 pour les provinces au sujet desquelles ces missions disposaient de données.

Tableau 3: Production de céréales et de manioc - 1993-94 à 1995/96 (en milliers de tonnes)

Maïs Mil/Sorgho Toutes céréales Manioc
Province 1993/94 1994/95 1995/96 1993/94 1994/95 1995/96 1993/94 1994/95 1995/96 1993/94 1994/95 1995/96
Benguela 54 20 64 6 - 18 60 20 82 18 35 17
Bie 12 32 28 7 - 30 19 32 58 27 123 31
Huambo 17 45 108 - - - 17 45 108 33 133 140
Huila 50 36 39 19 23 32 69 59 71 18 - 22
Kwanza Sul 32 30 44 1 - - 33 30 44 116 105 103
Malange 11 9 25 - - - 11 9 25 171 210 280
Toutes autres 25 39 90 20 38 22 45 77 112 602 550 604
TOTAL 201 211 398 53 61 102 254 272 500 985 1 156 1 197

Ce tableau fait apparaître une forte augmentation de la production de céréales en 1995/96 qui est due surtout à l'accroissement des rendements estimatifs dans les provinces du Nord et du Centre.


Situation de l'élevage

Les visites sur le terrain et les images de télédétection ont confirmé que, grâce aux pluies bien réparties, la production de fourrage et de brout est bonne dans toutes les zones, à l'exception du sud-ouest. Toutefois, la guerre civile a tellement réduit le cheptel dans tout le pays que des signes évidents d'utilisation importante des fourrages et des pâturages n'apparaissaient que dans les provinces d'élevage traditionnelles du Sud. Plus au nord, les graminées pérennes dominent dans les plaines, les anciennes plantations de coton se transforment rapidement en forêts denses d'acacias et on aperçoit peu d'animaux.

A l'exception des bovins observés aux alentours de la ville de Matala (Huila) dont l'accès aux pâturages était limité par de vastes cultures de mil/sorgho, tous les animaux observés pendant les visites sur le terrain étaient en très bon état. Il semble que la traction animale se développe dans les provinces de Huila, Cuando Cubango et Bie. Les délégués agricoles de l'UNITA ont déclaré que les agriculteurs troquent leurs produits contre des boeufs et la pénurie de socs à Bie a déjà été mentionnée.

Les maladies animales importantes sont la trypanosomiase endémique dans les provinces du Nord et du Centre et des foyers de "peste" signalés à Cunene. Comme la plupart des services vétérinaires sont désorganisés et qu'une seule province (Huela) a fait état d'une campagne de vaccination en 1995/96, tout grand mouvement de bétail du sud vers le centre ou toute augmentation de la densité du cheptel risque d'aggraver la vulnérabilité des éleveurs et des utilisateurs de la traction animale, à moins que des mesures soient prises pour reprendre les campagnes régulières contre la peste bovine et la PPR.

On ne disposait pas de renseignements sur l'utilisation des céréales pour l'alimentation du bétail et alors que les fourrages et les pâturages paraissent largement suffisants pour les ruminants, l'élevage familial et à petite échelle de porcins et de volailles noté sur le terrain par la mission exige des céréales. D'après une enquête effectuée dans les quatre provinces du Sud, 15 à 50 pour cent des ménages (selon la province) possèdent cinq poulets, dont la présence peut augmenter de 350 grammes par jour au maximum la consommation familiale de céréales.


IV. SITUATION PAR REGION/PROVINCE DANS LES ZONES VISITEES

L'Angola comprend trois grandes régions géographiques:


Région du Nord

Les provinces du Nord pratiquent la production de racines et tubercules et des cultures de rente pérennes en bénéficiant de précipitations régulières de plus de 1 000 millimètres par an dans toutes les zones. Les sols et l'altitude varient des bassins argileux de la côte et des vallées des cours d'eau aux hautes plaines à sol ferralitique interrompues par des zones basses alluviale dispersées de sorte que les zones agro-écologiques sont très variées et qu'il existe toute une gamme de productions possibles. La principale culture de base est le manioc associé à une production moins importante de banane et de patate douce. La région représente environ 70 pour cent de la superficie sous manioc du pays et n'a pas de production notable (déclarée) de sorgho et de mil. On estime en revanche que le maïs est cultivé en quantités non négligeables dans toutes les provinces et que son importance s'accroît du nord au sud. La variété de maïs préférée dans la région est la variété locale "Katete" originaire de Bengo, qui convient parfaitement à la deuxième saison grâce à son cycle court. La mission estime la production de la région à 89 000 tonnes de maïs et 732 000 tonnes de manioc. Il semble que 65 pour cent de la production de céréales et de manioc proviennent des territoires sous contrôle de l'UNITA.

Bengo: la superficie cultivée a été réduite par de vastes inondations des terres basses en février et mars. Dans le reste de la province, les pluies ont été suffisantes pour favoriser une bonne germination et garantir des récoltes raisonnables. Aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies contre la culture de base n'a été observée. Malheureusement, il semble que des bandes armées volent les paysans et les petits agriculteurs sédentaires dans les zones relevant du gouvernement et de l'UNITA et ces pillages décourageraient fortement l'expansion de la production. Néanmoins, d'après une enquête indépendante, la superficie ensemencée se serait accrue, ainsi que la demande de facteurs de production, en particulier d'outils à main et d'engrais pour les cultures qui sont entièrement faites à la main.

Cabinda: aucune information n'a été reçue quant à la situation de la production dans cette province de sorte que les chiffres de planification du MINADER ont dû être utilisés pour estimer la superficie cultivée. Les rendements ont été calculés sur la base des résultats obtenus dans des conditions analogues dans d'autres zones du pays qui ont été notés par la mission et les ONG.

Kwanza Norte: la mission ne s'est pas rendue dans cette province mais elle a obtenu des évaluations qualitatives et quantitatives pour la campagne 1995/96 de sources indépendantes. Les premières pluies ont favorisé la germination et le développement des cultures dans les champs qui sont travaillés surtout à la main, de sorte que la production devrait être normale. Aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies n'a été signalée.

Luanda: malgré la proximité du siège du ministère et la bonne sécurité de la province, les sources du MINADER n'ont pu fournir aucune information à la mission, ce qui montre la désorganisation totale des services de collecte de données. Il semble cependant que les agriculteurs de cette zone diversifient de plus en plus leur production pour répondre aux besoins de la capitale, notamment en fruits et légumes. Les prix actuels encouragent à investir dans les réseaux d'irrigation. Il semble que la production de maïs soit plus faible dans les provinces de l'intérieur, sauf si elle bénéficie d'une irrigation de complément. D'après certaines informations, des quantités limitées de pesticides et de fongicides seraient disponibles dans le secteur privé à des prix élevés.

Lunda Norte et Lunda Sul: la mission ne s'est pas rendue dans ces provinces qui produisent surtout du manioc. Les indices de végétation fondés sur les données de télédétection font apparaître des précipitations normales et bien réparties qui devraient permettre d'obtenir une récolte égale ou supérieure à la moyenne. La mission n'a pas eu connaissance de phénomènes naturels défavorables ni d'attaques importantes de ravageurs et de maladies. Il semble cependant que la présence de mines terrestres limite l'accès aux terres agricoles près de la frontière du Zaïre et autour des grandes agglomérations.

Melange: les précipitations assez abondantes et bien réparties reçues pendant la grande campagne agricole ont assuré une bonne productivité; toutefois le seul ravageur important ségnalé à la mission dans la province est le charançon du manioc. Cependant, comme 12 des 14 municipalités de la province sont sous le contrôle de l'UNITA, les excédents de production seront difficilement disponibles pour la consommation générale, à moins que la liberté de circulation ne soit garantie. L'isolement persistant des zones contrôlées par le gouvernement semble avoir entraîné des vols généralisés de récoltes sur pied avant la maturité complète. La mission a également eu connaissance de cas de destructions gratuites de manioc avant l'établissement des cultures. Pour terminer sur une note positive, elle a observé de bonnes récoltes de maïs dont le rendement dépassait fréquemment 1 tonne/hectare.

Uige: exception faite de cas isolés de saturation des sols dans certaines zones basses, les pluies saisonnières n'ont pas eu d'effets défavorables graves dans la province d'Uige. Comme dans les autres provinces du nord, les récoltes se sont bien développées et les champs qui sont généralement cultivés à la main et plantés en variétés locales devraient donner de bons rendements. Diverses organisations coordonnées par l'UCAH (Unité des Nations Unies de coordination de l'aide humanitaire en Angola) ont distribué davantage d'outils et de semences, mais une terrible pénurie d'outils persiste dans les zones sous contrôle aussi bient du gouvernement, que de l'UNITA. Le manque de limes présente une importance particulière car l'impossibilité d'affûter les houes et les machettes réduit la capacité de travail des ménages qui disposent d'outils et compromet gravement la ponctualité et la qualité des travaux de préparation du sol et de désherbage.

La dernière attaque de ravageurs migrateurs dans la province a été enregistrée en 1978 et la mission n'a noté aucune présence importante de ravageurs ou de maladies pendant la campagne 1995/96. Les agriculteurs n'ont disposé d'aucun engrais ou produit agricole chimique.

Les cultures commerciales comme le café, la banane, le palmice à huile et la canne à sucre, ont été pratiquées cette année sous gestion "non commerciale". Les deux premières cultures ont apporté une contribution notable au revenu de la plupart des paysans stabilisés de la province et le rendement du café est estimé à 120 kilogrammes/hectare. Des sacs de café moulu ont été mis en vente sur le marché d'Uige à un prix équivalant à 1 dollar E.-U./kg. Les consultations entre le gouvernement, l'UNITA et les ONG parrainées par l'UCAH paraissent heureusement avoir pour effet de réduire les antagonismes et de favoriser la libre circulation des produits et des biens de production agricoles entre zones sous contrôle de l'UNITA et sous contrôle du gouvernement.

Zaïre: aucune information n'était disponible sur la production dans cette province. Des données historiques et des chiffres de planification du MINADER, corrigés en fonction de l'évolution des récoltes de cette année dans les zones comparables, ont été utilisés pour établir des estimations de la production du Zaïre.


Région du Centre

Cette région constitue la principale zone céréalière du pays et fournit 60 pour cent environ de la production céréalière nationale cette année. Elle produit également du manioc, des haricots, de la canne à sucre, des patates douces et divers légumes. Les cultures sont principalement pratiquées sur les pentes des hautes terres et dans les plaines alluviales des vallées du plateau central, zones où l'altitude varie de 1 000 à 2 000 mètres et où les précipitations sont normalement supérieures à 1 000 millimètres par an et qui sont toutes bien adaptées à la production céréalière. Toutefois, les pentes des hautes terres sont fortement exposées à l'érosion. Malheureusement, la mission n'a pas observé d'application de mesures anti-érosion et les organisations participant à la reconstruction ne semblent pas encourager de telles mesures. Il est donc vivement recommandé que la fourniture de facteurs de production soit subordonnée à l'adoption de mesures anti-érosion avant qu'il ne soit trop tard.

La mission a appris que, d'après des enquêtes indépendantes, la prolongation de la période normale de sécheresse de décembre a réduit la production du maïs semé tôt (septembre/octobre) de sorte que les rendements ont été plus bas que prévu dans certaines zones où la capacité de rétention d'eau est faible. En revanche, les rendements observés par la mission étaient bons dans l'ensemble et même très bons dans certaines zones de Kwanza Sul et de Benguela.

Bien que la majeure partie des terres soient cultivées à la main par des paysans, il existe encore de "petits exploitants" qui produisent pour le marché en travaillant à la main (avec des groupes d'ouvriers salariés) ou en utilisant la traction animale (paires de buffles) ou même, dans quelques cas isolés, des tracteurs (dans les zones sous contrôle de l'UNITA comme du gouvernement). En dépit de ces activités et de la distribution de semences améliorées, les engrais ont totalement manqué cette année et les agriculteurs n'ont pas eu accès aux produits chimiques de protection des plantes. De même, on affirme que la pénurie d'outils et de pièces de rechange limite la superficie cultivée mais compromet aussi la qualité et la ponctualité des travaux, notamment lorsque les agriculteurs s'efforcent de remettre en culture des terres laissées longtemps en jachère en raison de l'insécurité.

La mission a estimé la production de la région à 309 000 tonnes de céréales et 646 000 tonnes de manioc, dont environ 50 pour cent provenant de territoires sous contrôle de l'UNITA.

Benguela: la germination du maïs a généralement été bonne et, malgré la pénurie d'outils, la superficie cultivée a augmenté dans les zones sous contrôle du gouvernement. Des rendements "acceptables sans engrais" sont prévisibles car aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies n'a été signalée. Environ 40 pour cent des exploitants estiment que la vague de sécheresse de décembre-janvier devrait réduire la récolte de maïs semé précocement dans les terres à faible capacité de rétention d'eau et celle de maïs semé tardivement. La mission a estimé que l'état des cultures de mil et de sorgho était bon.

Bie: cette province peut être considérée comme faisant la transition entre les zones humides du nord et les zones sèches du sud. Ayant une superficie cultivée estimée à 128 000 hectares, elle produit des racines et des tubercules ainsi que toutes les grandes céréales.

La mission a noté l'accroissement du recours à la traction animale dans les zones sous contrôle de l'UNITA et l'évolution apparemment positive de la circulation des produits alimentaires qui a abouti à la création d'un centre de commerce (cabanes de petits négociants) à Dumbo (limite Bie/Cuando Cubango) qui attire les produits agricoles (céréales, haricots, manioc, produits forestiers non ligneux) de toute la zone environnante comme le confirment les traces de charrettes à bras à rouleaux visibles sur plus de 30 kilomètres de la route asphaltée ouverte récemment. L'année dernière, les principaux produits mis en vente étaient le maïs et le manioc sèché.

La mission a appris que, de façon générale, les premières récoltes étaient bonnes à Bie, mais que, comme les pluies s'étaient interrompues dans l'ensemble vers la fin de mars, certaines cultures tardives pratiquées sur des terres à faible capacité de rétention d'eau auraient des rendements médiocres, d'autant plus que certains petits producteurs avaient retardé les semis dans l'espoir de se procurer des engrais composés.

Aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies des cultures n'a été signalée. Tous les animaux observés par la mission étaient en excellent état car les fourrages et le pâturage étaient abondants et la densité du cheptel peu élevée.

Huambo: bien qu'une vague de sécheresse prolongée en décembre/janvier, associée à l'interruption prématurée des pluies en mars, ait fait baisser les rendements du maïs semé précocement, l'évolution des cultures de maïs et d'autres céréales semées plus tardivement dans les terres basses, qui représenteraient 35 pour cent des terres agricoles, a été considérée comme bonne; la production devrait donc être assez satisfaisante dans la province de Huambo qui resterait le premier producteur de céréales du pays. Dans cette zone également, les distributions d'outils et de semences améliorées sont insuffisantes et n'atteignent qu'environ 10 pour cent des agriculteurs qui n'ont d'ailleurs pu se procurer ni engrais, ni produits chimiques à usage agricole pendant la campagne. En revanche, aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies n'a été signalée. On a constaté que, dans les zones sous contrôle de l'UNITA, les cultures avaient été plus touchées par le manque d'engrais que par l'absence de pluie dans les zones exploitées en permanence qui ont été visitées par la mission.

Kwanza Sul: la "traversée" par la route effectuée de Benguela au centre de Kwanza Sul par la mission lui a donné une excellente occasion d'observer la production de maïs à petite échelle et à faible apport d'intrants dans les meilleures conditions. La plupart des champs étaient propres et bien désherbés. Des vérifications localisées ont confirmé l'absence de maladies et de ravageurs et la prévision de rendements bien supérieurs à 1,5 tonne l'hectare dans de nombreuses zones. Toutefois, des informations locales font penser que d'autres zones sont moins productives, de sorte que la mission a abaissé ses estimations pour la province. On a également noté que les forEAˆts denses des pentes qui conduisent au plateau central sont très productives et fournissent en abondance du café, des bananes, des avocats et d'autres fruits.

Moxico: cette province, qui s'étend du centre du pays à la frontière avec le Zaïre à l'est, est considérée comme ayant le potentiel de production le plus faible du haut plateau en raison de ses sols ferralitiques et sableux. Néanmoins, la saison des pluies de six à sept mois assure généralement 800 à 1 400 millimètres de précipitations qui, à une altitude de 1 00 à 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, permettent la production régulière de manioc, de maïs, d'haricots, d'arachides, de mil et de patates douces. Cette année, les pluies bien réparties sont tombées de septembre à mars, période correspondant à la principale saison de végétation.

Outre les cultures susmentionnées, la province de Moxico fournit une production commerciale de bananes et de canne à sucre. La mission a estimé que la production est limitée par l'absence d'engrais et de produits chimiques agricoles pour la protection des plantes. Des sources indépendantes ont également considéré que les mines terrestres entravent l'expansion des cultures autour des grandes villes, en particulier Luena, et près de la frontière du Zaïre, et que les vols des bandes armées découragent aussi sensiblement la production.


Région du Sud

Cette région, qui est la moins productive du point de vue agricole en raison de la faiblesse relative des pluies, est aussi la moins peuplée du pays. Elle se compose d'une steppe aride ou semi-aride entre la frontière avec la Namibie au sud, les plaines côtières à l'ouest et le plateau central au nord. Elle est située à environ 1 000 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer et les précipitations varient de moins de 100 millimètres dans le sud-est à 800 millimètres dans le nord/nord-est; la saison de végétation moyenne varie de zéro à six mois.

Les cultures vivrières vont d'un ensemble de céréales et de racines et tubercules à Huila et dans le nord de Cuando Cubango au mil et au sorgho à Cunene et au Namibe et dans le sud de Cuando Cubango. La production animale est importante dans toute la province; d'après une enquête récente d'une ONG, 60 à 72 pour cent des habitants sont propriétaires d'animaux dans certaines municipalités de la zone sèche.

Il semble que cette année le début tardif et inégal des pluies ait avoir obligé à refaire certains semis en janvier. La reprise des pluies en février a contribué à renforcer la production des cultures survivantes. La production de la région du Sud est estimée à 102 000 tonnes de céréales et 22 000 tonnes de manioc, dont 30 pour cent provenant des zones sous contrôle de l'UNITA.

Huila: située dans le nord-ouest de la région, la province d'Huila bénéficie généralement de précipitations plus abondantes que les autres. Cette année, les pluies ont suivi le calendrier prévu de sorte qu'une réduction de la récolte de maïs provenant des terres à sols légers est à prévoir. Les cultures de maïs sur sols lourds, inspectées par la mission, devraient fournir environ une tonne de produit à l'hectare, chiffre confirmé par les échanges de vues poussés entrepris avec les autorités locales dans les municipalités centrales de la province.

Au cours d'un déplacement effectué d'est en ouest dans la moitié occidentale de la province, la mission a principalement remarqué de vastes champs de mil bien développé et du bétail en excellent état.

La production a probablement été meilleure dans les municipalités septentrionales de la province où les précipitations sont estimées à 800-1 100 millimètres, mais l'accès est limité et la circulation des négociants est actuellement impossible.

Bien que les ONG aient distribué des semences et des outils dans les zones sous contrôle du gouvernement, les fonctionnaires agricoles estiment que 95 pour cent des cultures sont fondées sur des pratiques traditionnelles. Il semble que les producteurs de légumes aient pu se procurer des pesticides à prix élevé aux alentours de Lubango, mais aucun autre intrant n'a été utilisé pendant la campagne 1995/96.

En ce qui concerne l'élevage, Huila a annoncé qu'une campagne de vaccination avait eu lieu en février 1995 mais que les instructions et les moyens avaient manqué pour entreprendre une campagne analogue en 1996.

La mission a vu des groupes d'agriculteurs nettoyer un canal d'irrigation abandonné à Matala, activité spontanée visant à remettre en état le périmètre de 2 500 hectares. Pour éviter les problèmes de conservation de l'eau à l'avenir, la mission recommande vivement que les canaux de drainage soient remis en état avant la restauration des canaux d'irrigation.

Cuando Cubango: cette province, qui s'étend du plateau central au nord à la frontière avec la Namibie au sud et comprend une partie de la steppe orientale sèche, reçoit généralement des précipitations allant de 1 000 millimètres par an dans le nord, avec une période de sécheresse en juin, juillet et août, à 600 millimètres dans le sud.

Le mode d'exploitation varie selon les zones: le maïs est remplacé par le sorgho et le mil, et le manioc n'est cultivé que dans le nord.

On a noté que la production de la province a été affectée par une période de sécheresse en novembre/décembre, qui a entravé la formation des grains du maïs semé précocement, et par une interruption prématurée des pluies qui a réduit les rendements des céréales sur les sols légers. Des semences et des outils ont été distribués dans les zones sous contrôle du gouvernement ou de l'UNITA. Cependant, la majorité des agriculteurs ont continué d'utiliser des semences locales et, même sur les terres largement exploitées des alentours de Menonge, on a observé de belles cultures de sorgho sur pied. Les agriculteurs n'ont pu disposer d'aucun autre facteur de production pendant la campagne.

Dans les zones sous contrôle de l'UNITA, les excédents de maïs et de manioc restant de la campagne précédente peuvent désormais être mis à la disposition de la population des zones sous contrôle du gouvernement grâce à l'ouverture de la route Menonge-Chitembo et à l'arrivée, dans le territoire de l'UNITA, de commerçants offrant des produits pour le troc. Aucune attaque de ravageurs migrateurs n'a été signalée et, malgré la présence de ravageurs non migrateurs (térébrants des grains, charançons) aucune préoccupation particulière n'a été communiquée à la mission, bien que l'absence de produits chimiques pour protéger les céréales entreposées suscite des inquiétudes dans les zones sous contrôle de l'UNITA.

Cunene: la province de Cunene située le long de la frontière avec la Namibie, reçoit généralement de 600 à 800 millimètres de pluie par an, la pluviosité s'accroissant du sud au nord. La mission ne s'est pas rendue dans cette zone, mais elle a pu utilisée des informations tirées d'une enquête détaillée entreprise dans la province par une ONG pendant la campagne pour compléter les renseignements reçus du MINADER.

Les pluies ont commencé tard et ont été irrégulières, de sorte qu'il a été nécessaire de refaire certains semis dans quelques zones, tandis que dans d'autres, les pluies se sont interrompues en février; les rendements moyens prévus sont donc faibles. Les principales productions agricoles sont le maïs, le sorgho, le mil, les haricots et les arachides, qui sont généralement cultivés en association.

La traction animale est employée par 30 pour cent de la population car l'élevage des bovins est très répandu. On a constaté que le taux de mortalité des bovins est élevé en raison, semble-t-il, de la peste bovine et de la péripneumonie contagieuse; il serait donc nécessaire d'organiser au plus tôt des campagnes de vaccination, non seulement à Cunene, mais aussi dans les provinces voisines pour éviter la diffusion de l'épizootie, surtout si les exploitants de Bie commencent à reconstituer leurs troupeaux au moyen d'animaux provenant du Sud.

Namibe: cette province, située à l'extrême sud-ouest, est la plus sèche du pays car les précipitations y atteignent rarement 400 millimètres par an, sauf vers l'ouest, à la limite des provinces de Huila et Cunene. La mission de l'année dernière avait annoncé que la production de sorgho et de mil était bonne. Toutefois, les données communiquées cette année par le MINADER font envisager des rendements tombant à 200-300 kilogrammes à l'hectare, car les pluies ont commencé lentement et se sont interrompues rapidement cette année. La mission ne s'est pas rendue dans la province de Namibe et n'a pas reçu d'informations complémentaires à son sujet de sorte que les chiffres utilisés dans le bilan sont fondés sur les données historiques et les chiffres de planification du MINADER.


V. OFFRE/DEMANDE DE PRODUITS ALIMENTAIRES 1996/97

On trouvera au Tableau 4 de l'offre et la demande de céréales pour la campagne commerciale 1996/97 (avril/mars).

Tableau 4: Angola: offre/demande de céréales 1996/97 (milliers de tonnes)

Production intérieure 500
Prélèvements sur les stocks -
Disponibilités intérieures totales 500
Alimentation humaine 854
Pertes et autres utilisations 88
Utilisation intérieure totale 942
Besoins d'importation 442
Importations commerciales prévues (publiques et privées) 200
Aide alimentaire, dont 242
- Aide alimentaire d'urgence 129
- Aide alimentaire aux programmes 113

Les fonctionnaires du gouvernement ont indiqué que ni le gouvernement national, ni les autorités provinciales ne détiennent de stocks de céréales vivrières. Il est possible que certains agriculteurs et négociants conservent des stocks mais on ne possède pas d'informations sur leur volume ni leur qualité.

Traditionnellement, les céréales et le manioc couvrent environ 60 pour cent de la consommation totale de calories en Angola, à raison de 30 pour cent chacun, et la ration prévisible de grains atteint environ 70 kilogrammes par habitant et par an. Le reste de l'apport calorique provient des patates douces, des légumineuses, des bananes, du poisson et de la viande. Pour 1996/97, le chiffre de 70 kilogrammes de céréales est utilisé pour estimer l'utilisation de céréales à des fins d'alimentation humaine. Sur la base d'une population estimative de 12,2 millions d'habitants, l'utilisation totale de céréales à des fins alimentaires s'élève ainsi à 854 000 tonnes.

Etant donné que le maïs représente 80 pour cent de la production céréalière, les pertes d'entreposage seront élevées, d'autant plus que les moyens de stockage à l'exploitation sont très médiocres. Les céréales de production familiale sont également utilisées comme semences pour la prochaine campagne (80-90 pour cent des agriculteurs) et pour l'alimentation des volailles et des porcs de basse-cour. La mission estime donc les pertes et les autres utilisations de grains pendant la campagne commerciale 1996-97 à 17,5 pour cent, soit 87 500 tonnes. L'utilisation totale s'établit ainsi à 941 500 tonnes. Compte tenu de la production intérieure disponible, les besoins d'importation atteignent 441 500 tonnes.

Le ministère du Commerce a estimé les besoins d'importations à 176 000 tonnes de riz et 220 000 tonnes de farine de maïs et le ministère de l'Industrie à 108 000 tonnes de farine de blé pour 1996. Toutefois, en 1995, le gouvernement n'a importé que 33 100 tonnes de riz et 5 800 tonnes de farine de maïs; aucune information n'était disponible sur les importations de farine de blé effectuées par lui en 1995. D'après les entretiens avec les fonctionnaires des deux ministères, on pourrait retenir comme hypothèse des importations publiques totales de céréales de 50 000 - 60 000 tonnes en 1996/97. Il n'existe pas de données sur les importations du secteur privé mais les entretiens avec divers négociants font penser que 140 000 tonnes de céréales seront importées sous différentes formes. La mission juge raisonnable de prévoir que les importations commerciales privées et publiques de céréales seront au total de l'ordre de 200 000 tonnes en 1996/97. Les besoins d'aide alimentaires s'établissent donc à 242 000 tonnes. Compte tenu des 129 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence proposées (céréales), il subsiste un déficit de 113 000 tonnes de c 9‚réales qui pourrait être couvert par l'aide alimentaire aux programmes.


VI. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE

La mission a identifé 1 375 000 personnes ayant besoin d'aide alimentaire d'urgence d'avril 1996 à mars 1997, à savoir:

La répartition des bénéficiaires par catégorie et par province est indiquée au Tableau 5 et les besoins d'aide alimentaire sont récapitulés par catégorie de bénéficiaires au Tableau 6.

Le groupe de travail chargé de la coordination de l'aide alimentaire qui est présidé par le PAM et auquel participent le gouvernement, l'UNITA, les institutions des Nations Unies, les ONG et les donateurs, réévaluera et ajustera en permanence ces besoins d'aide alimentaire.

Etant donné que les stocks de report d'aide alimentaire du PAM et des ONG, s'élevaient au 31 mars 1996 à 37 311 tonnes de maïs, 5 652 tonnes de légumineuses, 5 767 tonnes d'huile végétale et 2 065 tonnes d'aliments composés et que 105 572 tonnes de maïs, 13 835 tonnes de légumineuses, 5 750 tonnes d'huile végétale et 1 591 tonnes d'aliments composés étaient dans la filière, un déficit de 282 tonnes de légumineuses, 1 977 tonnes d'huile végétale et 9 464 tonnes d'aliments composés (mélange maïs-soja) doit être couvert d'urgence par de nouvelles ressources. Les besoins d'urgence de céréales, soit 129 084 tonnes de maïs, sont déjà couverts.

Tableau 5: Nombre de bénéficiaires (en milliers de personnes)

Province Personnes déplacées et victimes de la guerre Soldats en garnison Démobilisa-tion Rapatriés Recon-struction Total Alimentation thérapeutique/ d'appoint
Bengo 63 - 12 75 1
Benguela 218 6 29 253 31
Bie 47 20 25 92 8
Cabinda - - - - -
Cuando C 61 15 21 97 1
Cunene 30 - 1 31 0
Huambo 27 21 36 84 12
Huila 137 10 50 197 50
Kw. N. 14 6 14 34 2
Kw. S. 20 8 16 45 1
Luanda 7 - 7 14 13
Lunda N. - - 2 2 1
Lunda S. 10 - 3 13 5
Malanje 75 11 33 119 30
Moxico 81 11 11 103 9
Namibe 10 - 1 11 4
Uige 2 13 8 24 2
Zaire 2 5 1 7 1
Total 804 127 74 100 270 1 375 170

Tableau 6: Besoins d'aide alimentaire d'urgence par catégorie de bénéficiaires (en tonnes par an)

Maïs Legumin-euses Huile végétale Mélange maïs-soja Total
Personnes déplacées et victimes de la guerre 70 689 11 588 7 243 - 89 520
Soldats en garnison 13 709 1 966 1 142 - 16 817
Démobilisation 6 624 883 552 - 8 059
Rapatriés 10 800 1 440 900 - 13 140
Reconstruction 27 262 3 892 2 432 5 829 39 415
Alimentation thérapeutique/d'appoint - - 1 225 7 291 8 516
Total 129 084 19 769 13 494 13 120 175 467


Rations

Pour les personnes déplacées, les victimes de la guerre et les réfugiés/rapatriés, la ration journalière est fixée comme suit pour un an: 300 grammes de maïs, 40 grammes de légumineuses, 25 grammes d'huile végétale; dans les provinces de Bengo, Benguela, Cuando Cubango, Kwanza Norte, Kwanza Sul, Malanje, la ration journalière de maïs est fixée à 200 grammes. Pour les soldats de l'UNITA dans les zones de garnison, il est proposé de fournir une ration journalière de 300 grammes de maïs, 50 grammes de haricots, 25 grammes d'huile végétale pendant 150 jours; les membres de la famille à charge recevront chacun, pendant la même période, une ration de 300 grammes de maïs, 40 grammes de légumineuses et 25 grammes d'huile végétale. Après avoir quitté les zones de garnison (soldats de l'UNITA) et les casernes (soldats du gouvernement), le 100 000 soldats démobilisés recevront une ration familiale pendant trois mois puis une ration individuelle pendant neuf autres mois.

La ration alimentaire d'appoint s'établit à 100 grammes de mélange maïs-soja, 20 grammes d'huile végétale, et 10 grammes de sucre par jour, pendant un an. La ration thérapeutique journalière est de 200 grammes de mélange maïs-soja, 20 grammes d'huile végétale et 10 grammes de sucre.

Pour les activités de reconstruction (vivres-contre-travail) la ration individuelle est fixée à 400 grammes de maïs, 40 grammes de haricots et 25 grammes d'huile végétale; un travailleur par ménage recevra cinq rations individuelles. Une ration journalière de 200 grammes de maïs, 100 grammes de mélange maïs-soja et 25 grammes d'huile végétale sera distribuée aux bénéficiaires de l'alimentation scolaire et des programmes de santé maternelle et infantile.


Logistique

Depuis 1993, le PAM a mis en place un système logistique couvrant tout le pays qui permet de distribuer jusqu'à 20 000 tonnes par voie aérienne ou routière chaque mois. Le PAM transporte les produits alimentaires des ports aux entrepôts des capitales provinciales. La distribution des produits à partir des entrepôts provinciaux est ensuite assurée par les ONG locales et internationales avec lesquelles il a conclu des accords de coopération.

En 1994/95, le projet de secours suédois a ouvert les grands corridors routiers. A l'heure actuelle, 80 pour cent des livraisons aux provinces se font par la route et les transports aériens sont limités à Luena (Moxico). Les coûts de transport, d'entreposage et de manutention intérieurs sont tombés de 236 dollars E.-U. la tonne au début de 1995 à 195 dollars E.-U. à l'heure actuelle.

La capacité journalière de déchargement des trois principaux ports de l'Angola est la suivante: 600 tonnes pour Luanda, 600 tonnes pour Namibe et 500 tonnes pour Lobito.


Personnes déplacées

Environ 1,3 million de personnes déplacées sur le territoire national ont été identifiées. Une enquête entreprise par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans quatre pays voisins et dans les camps de personnes déplacées de l'intérieur a indiqué que 51 pour cent des migrants sont de sexe masculin, 56,5 pour cent sont âgés de moins de 14 ans et que la proportion de jeunes enfants (0 à 4 ans) est également élevée (environ 20 pour cent). Avant de devenir des personnes déplacées, 46,5 pour cent des adultes étaient agriculteurs et 12,5 pour cent excerçaient d'autres activités.

Plus d'un an après la signature du Protocole de Lusaka, environ 150 000 personnes déplacées seulement sont retournées à leur lieu d'origine à cause des problèmes de sécurité ou d'accès. Comme la liberté de mouvement s'accroît, il est prévu qu'environ 700 000 personnes déplacées pourraient rentrer chez elles avant le début de la prochaine saison des pluies, en septembre. Il est prévu de les aider en leur offrant des rations alimentaires jusqu'à leur première récolte; elles devraient également recevoir des semences et des outils.


Activités de reconstruction

Les bénéficiaires de l'aide alimentaire d'urgence sont principalement des personnes qui ont dû quitter leur lieu d'origine ou dont la vie a été complètement bouleversée par la guerre civile. Elles ont aujourd'hui pour premier objectif de préparer l'avenir en reconstituant leurs foyers, leurs terres et leurs communautés.

L'aide alimentaire d'urgence ira aux zones rurales dans le cadre d'un programme à court terme d'aide alimentaire et autre en faveur des personnes déplacées rentrant chez elles pour les aider à reconstruire leurs maisons, à préparer et à cultiver leurs champs. Des activités vivres-contre-travail seront organisées pour la reconstruction des routes secondaires, des périmètres d'irrigation et des infrastructures sociales. L'alimentation scolaire d'urgence sera organisée dans les zones où les enfants souffrent d'insécurité alimentaire au niveau familial et où la fourniture de repas scolaires contribuera à relancer l'enseignement. Dans le secteur des soins de santé primaires, des activités seront entreprises pour encourager les femmes à fréquenter les centres de santé et à recevoir des soins avant et après la naissance et pour fournir un appoint nutritionnel aux femmes enceintes, aux mères allaitantes et aux jeunes enfants.


Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles ou non. Il est réservé à un usage officiel. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour obtenir des informations complémentaires, le cas échéant

Abdur Rashid B. Szynalski
Chef, GIEWS, FAO Directeur, OP, PAM
Télex: 610181 FAO I Télex: 626675 WFP I
Télécopie: 0039-6-5225-4495 Télécopie: 0039-6-5228-2837
Courrier électronique: NTERNET:GIEWS1@FAO.ORG

FA 4/50 ANGOLA


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