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VUE D’ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s’est rendue au Mozambique du 15 au 30 avril 1996 pour estimer la production vivrière du pays en 1995/96 et projeter les besoins d’importations céréalières et d’aide alimentaire pour 1996/97. Les membres de la mission, qui se sont déplacés sur l’ensemble du territoire, ont visité la totalité des 10 provinces que compte le pays. Cette année, des observateurs de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et de la Communauté du développement de l’Afrique australe (SADC) se sont joints à la mission, qui a bénéficié de la pleine collaboration des services gouvernementaux compétents, des représentants locaux des donateurs et des ONG ayant leur siège dans le pays.

Selon les estimations effectuées par la mission, le total des superficies ensemencées en céréales et autres cultures vivrières a atteint quelque 3,4 millions d’hectares, soit une augmentation de 2,7 pour cent par rapport à l’année dernière. Dans certaines zones, les semis ont été limités par deux facteurs. D’une part, la sécheresse de l’année dernière n’a pas permis d’obtenir une quantité suffisante de semences; et d’autre part, il a fallu refaire plusieurs fois les semis, à cause de l‘irrégularité des précipitations.

Dans la majeure partie du pays, la campagne principale de 1995/96 a été caractérisée par des précipitations supérieures à la moyenne, surtout durant la deuxième quinzaine de janvier et au début février. Ces précipitations excessives ont provoqué des inondations qui ont emporté ou submergé les cultures vivrières sur quelque 170 000 hectares, dont 105 000 hectares de maïs cultivés le long de cours d'eau ou dans des basses terres. Dès lors, la superficie totale cultivée devrait être inférieure de 2,4 pour cent à celle de 1994/95. Les provinces les plus touchées sont celles de Zambezia, Sofala, Gaza et Maputo.

On estime provisoirement à 1 375 millions de tonnes la production céréalière totale de 1995/96, soit 22 pour cent de plus que l’année passée, et environ 75 pour cent de plus que la récolte de 1993/94, lorsque le pays avait été frappé par une grave sécheresse. Cet accroissement est principalement dû aux rendements beaucoup plus élevés qui compenseront largement la diminution des superficies moissonnées. La production de manioc, l’autre denrée de base, s’est également fortement accrue (13 pour cent), alors que la production de haricots devrait être légèrement supérieure (4 pour cent) à celle de l’année dernière.

On s’attend à une nette amélioration de l’ensemble des approvisionnements alimentaires à l’échelle nationale pendant la campagne de commercialisation 1996/97 (avril/mars), principalement dans le nord et le centre du pays. Ces provinces devraient être pratiquement autosuffisantes en denrées de base et produiront même davantage d'excédents commercialisables de maïs que durant la campagne de commercialisation précédente.

On estime à 300 000 tonnes l’ensemble des besoins d’importations céréalières pour la campagne de commercialisation 1996/97 (mai/avril), soit 43 pour cent des importations totales (aide alimentaire comprise) enregistrées durant la campagne commerciale précédente. Ces estimations comprennent les quelque 77 000 tonnes de maïs nécessaires et anticipent une mobilisation de la totalité des excédents de maïs du nord et du centre (probablement supérieurs à 300 000 tonnes) pour les zones déficitaires du sud. L'expérience a toutefois demontré que, compte tenu de l'état des réseaux de distribution et de transport, il est peu probable que ces transferts se concrétisent. Dans ce cas, l’ensemble des besoins d’importation de maïs pourrait être supérieur aux estimations actuelles.

Selon les estimations de la mission, quelque 140 000 tonnes de céréales (blé et riz) pourraient être importées à des conditions commerciales. Environ 160 000 tonnes seraient nécessaires au titre de l’aide alimentaire pour stabiliser le marché et pour accorder une aide directe aux agriculteurs qui ont subi des pertes à la suite des inondations et à ceux, y compris la population récemment réinstallée, dont les récoltes ont été réduites par les mauvaises conditions météorologiques.

La mission évalue à 154 000 le nombre de personnes qui auront besoin d’environ 24 948 tonnes de maïs et 2 217 tonnes de légumineuses au titre de l’aide alimentaire d’urgence pendant la campagne de commercialisation 1996/97. La plus grande partie des besoins d’aide alimentaire céréalière nécessaire à la distribution directe ainsi qu’aux projets vivres-contre-travail pourrait être couverte par des achats locaux dans les zones excédentaires, comme les provinces de Cabo Delgado, Nampula, Zambezia, Manica, Niassa et Tete. On demande aux donateurs de faire leur possible pour acheter ces excédents au début de la campagne commerciale. Il faudrait également suivre de près les prix locaux des céréales, pour pouvoir déterminer à quel moment et à quel endroit intervenir.


PRODUCTION VIVRIERE EN 1995/96

Les précipitations ont été abondantes et relativement bien réparties jusqu’à la fin-mars dans les provinces septentrionales et centrales de Niassa, Cabo Delgado, Nampula, Zambezia, Tete, Manica et Sofala qui totalisent traditionnellement plus de 80 pour cent de l’ensemble des cultures de céréales et de légumineuses. Cela a favorisé les céréales et les haricots à semis précoce et à cycle court qui devraient avoir un rendement identique ou supérieur à celui de l’année dernière. Cependant, l’interruption brutale des précipitations risque de compromettre la production des cultures à semis tardif et à cycle long ainsi que des céréales de la campagne secondaire.

Dans les provinces méridionales de Inhambane, Gaza et Maputo, la campagne principale de 1995/96 a été retardée suite à l’irrégularité des précipitations, à la vague de sécheresse et aux températures extrêmement élevées qui ont frappé ces régions durant la première quinzaine de janvier. Cela a forcé les agriculteurs à effectuer de nouveaux semis et les cultures de la campagne principale qui n’avaient pas été inondées ont été sérieusement endommagées.

En 1995/96, la production totale de maïs est estimée à 947 200 tonnes, soit 200 000 tonnes (29 pour cent) de plus que la campagne précédente. Cette augmentation est due à l’accroissement de 34 pour cent des rendements, malgré la diminution de 10 pour cent des surfaces moissonnées. On estime à 105 000 hectares les superficies de maïs qui ont été inondées. Les deux-tiers de l’accroissement de la production de maïs proviennent des fortes augmentations de rendements observées dans les provinces de Tete et Manica, où la production devrait être deux fois supérieure à celle de l’année dernière qui avait souffert de la sécheresse. Les autres provinces qui enregistreront une hausse importante de leur production sont celles de Inhambane (+34 pour cent), Niassa (+22 pour cent), Nampula (+18 pour cent) et Gaza (+16 pour cent). En ce qui concerne cette dernière, l’augmentation aurait été beaucoup plus forte sans les inondations qui ont détruit une grande partie des cultures. Les provinces restantes, en particulier celles de Sofala et de Zambezia, verront également leurs rendements moyens augmenter fortement, même si l’accroissement de la production totale sera limité par les pertes importantes causées par les inondations. Dans la province de Maputo, la production de maïs devrait chuter de 25 pour cent, toujours pour la même raison.

En 1995/96, la production totale de sorgho et de mil est évaluée à 288 000 tonnes, quelque 4 pour cent de plus que l’année dernière, et cela grâce à une légère augmentation des rendements moyens. Ces derniers devraient subir les conséquences de l’absence de précipitations qui a pu être observée depuis mars dans les provinces de Cabo Delgado et de Niassa et qui devrait entraîner une chute de près de 30 pour cent de la production dans ces deux provinces. En revanche, les provinces centrales et méridionales de Tete, Manica, Sofala et Inhambale devraient voir leurs rendements s’accroître de plus de 30 pour cent par rapport à ceux de l’année dernière qui avaient souffert de la sécheresse.

La production de paddy est estimée cette année à 139 400 tonnes, soit 23 pour cent de plus qu’en 1994/95. Cette hausse est due à une augmentation de 5 pour cent des superficies cultivées et de 18 pour cent des rendements moyens. Les cultures ont profité de meilleures conditions météorologiques par rapport à l’année passée, lorsque les principales zones rizicoles avaient souffert de pluies insuffisantes et irrégulières. C’est dans la province de Zambezia que sera enregistrée plus de la moitié de cette hausse, qui devrait se traduire par une augmentation de près de 30 pour cent de la production par rapport à l’année dernière. On s’attend également à de fortes augmentations dans les provinces de Nampula et Sofala.

La production globale de haricots devrait atteindre quelque 140 000 tonnes, soit à peine 4 pour cent de plus que le niveau relativement faible de l’année dernière. Les hausses de rendements seront partiellement neutralisées par une réduction d’environ 3 pour cent des superficies cultivées, causée par les inondations. La production d’arachides devrait en revanche augmenter de près de 15 pour cent pour s’élever à 117 200 tonnes, car les rendements ont augmenté, grâce au temps favorable dont ont bénéficié la plupart des zones productrices. Près des deux-tiers de cette hausse seront réalisés dans la province d’Inhambane. Par contre, la production d’arachides dans la province de Cabo Delgado devrait chuter de plus de 38 pour cent, les rendements ayant souffert de l’absence de précipitations observée depuis le mois de mars.

La production totale de manioc est évaluée à 4 733 millions de tonnes (racines fraîches), quelque 13 pour cent de plus qu’en 1994/95. Cette hausse est principalement due aux conditions météorologiques favorables dans l’ensemble des zones productrices, qui ont permis d’obtenir des rendements plus élevés. La province de Nampula totalisera près de 60 pour cent de l’augmentation de la production nationale de manioc. De fortes hausses sont également attendues dans les grandes provinces productrices de Cabo Delgado, Niassa, Zambezia et Inhambane.

Tableau 1: Mozambique - Production vivrière en 1995/96 - estimations par provinces (milliers de tonnes)

Province Maïs Riz Sorgho Mil Total céréales Haricots Arachides Manioc
Cabo Delgado 81,1 8,8 24,1 1,5 115,5 17,6 10,5 665,6
Niassa 162,7 1,4 21,4 0,9 186,4 22,7 1,7 120,5
Nampula 101,0 24,3 77,8 3,5 206,6 27,7 37,3 2 317,3
Zambezia 183,8 72,2 34,8 5,5 296,3 25,0 16,4 1 146,7
Tete 92,3 0,1 15,1 7,5 115,0 6,5 2,9 3,6
Manica 154,6 0,1 19,2 6,1 180,0 1,0 1,8 3,1
Sofala 64,4 19,4 34,8 6,4 125,0 7,8 4,1 63,4
Inhambane 65,5 2,1 17,1 7,7 92,4 18,1 33,4 293,1
Gaza 26,6 6,5 2,5 1,6 37,2 8,3 5,2 101,7
Maputo 15,2 4,5 0,7 20,4 5,2 3,9 18,1
Total 95/96 947,2 139,4 247,5 40,7 1 374,8 139,9 117,2 4 733,1
Total 94/95 733,8 113,4 243,3 35,4 1 125,9 134,2 102,1 4 177,5
Variation 1995/96 par rapport à 1994/95 (pourcentage) 29,1 22,9 1,7 15,0 22,1 4,3 14,7 13,3


SITUATION DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE DE PRODUITS ALIMENTAIRES

En 1995/96, les approvisionnements alimentaires devrait s’améliorer considérablement, à l'échelle nationale, par rapport à la campagne commerciale précédente. La production totale de céréales devrait augmenter d’environ 22 pour cent, tandis que la production d’autres cultures vivrières importantes telles que le manioc et les arachides devrait augmenter respectivement de 13 pour cent et de 15 pour cent.

Au début de la campagne commerciale de 1996/97, les stocks céréaliers de report sont considérés comme négligeables, et cela pour deux raisons. Tout d’abord, la sécheresse a réduit la récolte de 1994/95, qui devait être consommée en 1995/96. Ensuite, les commerçants ne disposent pas des moyens techniques et financiers nécessaires au stockage. Le système commercial demeure d’une manière générale extrêmement faible et les commerçants locaux n’ont pas la possibilité de gérer efficacement l’entreposage et le stockage des denrées alimentaires. Dès lors, seul un nombre restreint d’agriculteurs et de commerçants sont en mesure de détenir une quantité significative de céréales et il n’y a guère d’espoir de déstockage pour 1996/97. Par ailleurs, la production des agriculteurs du Mozambique ne suffit habituellement pas à couvrir la totalité de leurs besoins vivriers annuels tandis que leurs stocks céréaliers sont généralement épuisés vers les mois de décembre/janvier, soit 3 ou 4 mois avant la récolte suivante. De plus, de nombreux agriculteurs vendent une grande partie de leur production de maïs et de riz immédiatement après la récolte pour obtenir de l'argent liquide qui leur permettra d’acquérir les autres biens, alimentaires ou non, dont ils ont besoin. Il s’agit là d’un comportement hérité des difficultés vécues durant la guerre civile. L’argent liquide est plus facile à ranger et à cacher en cas d’attaque et peut aisément être emporté si les familles devaient fuir leur foyer ou leur ferme en quête d’un endroit plus sûr.

En 1996/97, l’ensemble des besoins d’importations de céréales est estimé à 300 000 tonnes (dont 77 000 tonnes de maïs), soit quelque 43 pour cent des importations totales (y compris l’aide alimentaire) de la campagne commerciale 1995/96. Ces estimations tablent sur un transfert total des excédents de production du nord vers le sud du pays largement déficitaire. De plus, on considère que la population adaptera son mode de consommation à la disponibilité des denrées alimentaires. Ainsi, les agriculteurs compenseraient une pénurie éventuelle de leur propre production céréalière par une plus grande consommation de denrées telles que les fruits et légumes, le gibier et le poisson, les pommes de terre et les patates douces, les arachides et, surtout, le manioc, puisque l’on s’attend à une forte hausse de la production de ces produits dans l’ensemble du pays. Dans les provinces de Cabo Delgado, Nampula, Zambezia, Inhambane et Niassa, en particulier, la majorité des agriculteurs qui ont subi une forte baisse de leur production de maïs consommeront davantage de manioc. En outre, dans la plus grande partie de ces provinces, les agriculteurs considèrent le manioc comme leur denrée de base tandis qu’ils utilisent une énorme quantité de maïs comme culture de rapport.

La mission estime que, sur l’ensemble des besoins d’importations de céréales, 140 000 tonnes environ seront couvertes par des importations commerciales, dont 70 000 tonnes de blé et 60 000 tonnes de riz. Les besoins d’aide alimentaire sont évalués à quelque 160 000 tonnes de céréales, dont 135 000 tonnes d'aide allouée à des projets et programmes et 25 000 tonnes d’aide alimentaire d’urgence.

Le Tableau 2 présente le bilan national des céréales vivrières et le Tableau 3, une analyse régionale détaillée.

Tableau 2: Mozambique - Bilan des céréales vivrières pour 1996/97 (milliers de tonnes)

Maís Riz Blé Sorgho et mil TOTAL CEREALS Légumineuses
DISPONIBILITES INTERIEURES 947 91 0 288 1 326 140
Déstockage
Production 1995/96 947 91 - 288 1 326 140
UTILISATION 1996/97 1 024 174 140 288 1 626 164
Utilisation vivrière 1/ 910 167 133 253 1 463 150
Autres 114 7 7 35 163 14
BESOINS D’IMPORTATIONS 77 83 140 - 300 24
Importations commerciales 10 60 70 140 10
Besoins d’aide alimentaires 67 23 70 160 14
dont:: projet/programme 42 23 70 135 12
aide d’urgence 25 25 2
Consommation par habitant kg/an 50,0 9,2 7,3 13,9 80,4 8,2

1/ Consommation annuelle par habitant: maïs, 50 kg; riz, 9,2 kg; blé, 7,3 kg; sorgho et mil, 13,9 kg; et légumineuses, 8,2 kg.

Tableau 3 - Bilan des céréales vivrières pour 1996/97 - Par région (milliers de tonnes)

Région nord (Population: 5,8 millions)

Riz Blé Sorgho & Mil Total Céréales Légumineuses Arachides Manioc
DISPONIBILITES INTERIEURES 345 22 - 129 496 68 50 3 103
Déstockage
Production 1995/96 345 22 - 129 496 68 50 3 103
UTILISATION 1996/97 146 23 18 129 316 68 50 3 103
Utilisation vivrière 133 20 17 112 282 56 43 2 172
Autres 13 3 1 17 34 12 7 931
Excédents(+) / Déficits(-) +199 -1 -18 - +180 - - -
Consommation par habitant (kg/an) 22.9 3.4 3.0 19.3 48.6 9.7 7.4 374.5
Consommation par habitant (Kcal/jour) 224 33 27 181 466.6 90 109 1 129

Région du centre (Population: 7,3 millions)

Maïs Riz Blé Sorgho & Mil Total Céréales Légumineuses Arachides Manioc
DISPONIBILITES INTERIEURES 464 60 - 133 657 34 25 1 217
Déstockage
Production 1995/96 464 60 - 133 657 34 25 1 217
UTILISATION 1996/97 338 61 30 132 561 47 25 1 217
Utilisation vivrière 307 53 29 115 504 41 21 852
Autres 31 8 1 17 57 6 4 365
Excédents(+) / Déficits(-) +126 -1 -30 +1 +96 -13 - -
Consommation par habitant (kg/an) 42.0 7.3 4.0 15.7 69.0 5.6 2.9 116.7
Consommation par habitant (Kcal/jour) 406 71 37 146 660.0 51 44 352

Région sud (Population: 5,1 millions)

Maïs Riz Blé Sorgho & Mil Total Céréales Légumineuses Arachides Manioc
DISPONIBILITES INTERIEURES 126 8 - 29 163 32 43 413
Déstockage
Production 1995/96 126 8 - 29 163 32 43 413
UTILISATION 1996/97 517 91 92 29 729 50 43 413
Utilisation vivrière 470 90 88 25 673 44 37 289
Autres 47 1 4 4 56 5 6 124
Excédents(+) / Déficits(-) -391 -83 -92 - -566 -18 - -
Consommation par habitant (kg/an) 92.2 17.6 17.3 4.9 132.0 8.6 7.2 56.7
Consommation par habitant (Kcal/jour) 889 172 158 46 1 265.0 79 108 171


SITUATION PAR PROVINCE

Niassa

Située à l’extrémité nord-est du Mozambique, la province de Niassa, qui bénéficie de précipitations satisfaisantes et de vaste terres fertiles, a un grand potentiel agricole. La production agricole est basée sur l’agriculture pluviale de subsistance, caractérisée par des cultures intercalaires de maïs, manioc, sorgho et haricots. Normalement, les agriculteurs n’élèvent pas de bétail et n’emploient ni engrais ni pesticides.

En 1995/96, la saison des pluies a débuté en temps normal, c’est à dire en novembre, et s’est poursuivie jusqu’à la mi-mars, lorsque les pluies se sont interrompues brutalement. De manière générale, les précipitations se sont réparties équitablement à travers la province, y compris dans les zones régulièrement touchées par la sécheresse comme Lago (Metangula), Mandimba, Cuamba et Mecanhelas. Dans certaines régions comme celles de Ngauma (Itepela), Mandimba et Cuamba, les pluies excessives pourraient avoir des conséquences néfastes sur les rendements.

Pour les cultures vivrières, la superficie moissonnée est estimée à 247 700 hectares, soit 2,4 pour cent de plus que l’année dernière. Pendant la campagne 1995/96, la distribution de semences et d’outils de bonne qualité a permis aux rapatriés d’accroître les superficies cultivées. De plus, les superficies sous cultures de rapport (principalement de coton) ont également augmenté, tandis que les cultures de tabac gagnent en importance, particulièrement dans le district de Mandimba.

La production céréalière totale de la province devrait s’élever à quelque 186 400 tonnes, soit une augmentation de 16,7 pour cent par rapport à l’année dernière; cela s'explique par une hausse des rendements et des superficies ensemencées en maïs, grâce aux meilleures conditions météorologiques. La production totale de maïs devrait dépasser la demande commerciale normale de la province, ce qui devrait permettre la livraison d’excédents de maïs à d’autres régions du pays.

En 1996/97, la situation des approvisionnements alimentaires devrait considérablement s’améliorer dans la plupart des régions de la province. Toutefois, dans certaines zones des districts de Mecanhelas, Nipepe, Cuamba et Ngauma, les cultures ont été endommagées par des précipitations excessives et la fertilité du sol est faible. Dès lors, certaines familles n’ont pas été en mesure de moissonner et d’obtenir des réserves alimentaires suffisantes pour assurer leurs besoins cette année.

La mission recommande, entre novembre 1996 et avril 1997, la livraison d’aide alimentaire d’urgence à environ 11 000 personnes dans les districts de Cuamba et de Ngamma où vivent un certain nombre de rapatriés récents.

Cabo Delgado

Située à l’extrémité nord-est du Mozambique et séparée de la Tanzanie par le fleuve Rovuma, la province de Cabo Delgado est l’une des plus riches sur le plan agricole. Les principales caractéristiques géographiques qui influencent sa production sont la plaine côtière et les affluents des fleuves Rovuma, Messaio et Lugenda, qui créent de fertiles vallées à l’intE9‚rieur du pays. La production agricole est basée sur les cultures pluviales des subsistance, sans engrais ni pesticides. Les cultures principales sont le manioc, le maïs, le sorgho, le riz, les haricots, les arachides et le mil. Les précipitations sont généralement bien réparties et supérieures aux exigences de la production céréalière.

En 1995/96, la saison des pluies a débuté normalement, c’est à dire à la fin novembre, et s’est poursuivie régulièrement pour s’atténuer à la mi-mars. La courte période de sécheresse qui a pu être observée au mois de janvier n’a pas entravé la croissance des cultures. Dès lors, on s’attend à des rendements assez élevés pour l’ensemble des cultures.

Cette année, le total des superficies cultivées s’élève à 345 200 hectares, 2 pour cent de plus que l’année dernière. Les emblavures de maïs devraient avoir augmenté de 4,2 pour cent, probablement parce qu’il s’agit de la seule culture de rapport importante de la province.

En 1995/96, la mission estime que la production de manioc, la denrée de base de la province, augmentera de 12,3 pour cent pour atteindre 665 575 tonnes. La production céréalière est évaluée à 115 500 tonnes, dont quelque 81 100 tonnes de maïs, soit environ 4,6 pour cent de plus que l’année dernière. Les disponibilités totales de maïs devraient dépasser la demande commerciale normale de la province et entre 10 000 et 15 000 tonnes d’excédents pourraient être livrés à d’autres régions du pays.

Nampula

La province de Nampula est entourée de Cabo Delgado au nord, de Zambezia au sud et de Niassa à l’ouest et possède un long littoral qui comprend le port de Nacala. La denrée de base est le sorgho, tandis que dans les districts à sol sablonneux de Memba, Nacala Velha, Mussoril et Mogincual, on cultive davantage le manioc. A Moma et Angoche, c’est le riz qui constitue la principale céréale, tandis que dans le district de Monapa, c’est le coton. Le maïs est également cultivé comme culture de rapport. Les effets de l’ouragan Nadia, qui a dévasté le pays en mars 1994, se font toujours sentir. Ce dernier a entraîné une pénurie de matériel nécessaire à la culture du manioc dans certaines zones de Memba, Mussoril et Mogincual, qui sont difficiles d’accès en raison des ponts détruits et du mauvais état de l’infrastructure.

En 1995/96, les précipitations ont été inférieures à la normale entre le mois de septembre et le début du mois de novembre, s’élevant à 7,8 mm à Nampula pour les mois de septembre et d’octobre. Cependant, la situation s’est améliorée pendant le reste de la saison. Le cyclone Bonita a apporté des précipitations plus importantes dans les districts côtiers de Moma, Mogincual, Angoche, Mossuril et Nacala Velha, mais il aurait également détruit quelque 570 hectares de cultures, dont 150 hectares de manioc. Un certain pourcentage des cultures de riz a été endommagé par de brèves inondations dans les districts de Moma et Angoche. Cependant, le cyclone aura eu, en général, un effet plutôt positif, en assurant un niveau adéquat de précipitations aux cultures des hautes terres.

Les superficies ensemencées pour la première et la seconde récoltés sont estimés à 872 000 hectares, une hausse de 1,4 pour cent par rapport à l’année dernière. Les principaux cultivars de sorgho sont de type allongé, de cycle long et la pénurie de ce genre de cultivars devrait avoir réduit les emblavures dans le district de Ribaue. La pénurie concerne également les semences de cultivars ameliorés d’arachides. Les agriculteurs consultés par les membres de la mission ont aussi signalé un manque d’outils. Cette situation est due au fait que ce genre d’outils est uniquement disponible dans les centres urbains importants tels que Nampula City. Pourtant, plus de 200 000 outils ont été distribués cette année par le Département de l’agriculture et des forets, dont 100 000 houes et 47 000 machettes.

La production de maïs devrait atteindre 101 000 tonnes, soit une augmentation de près de 18 pour cent par rapport à l’année dernière. La production de paddy devrait augmenter de 20,9 pour cent pour se situer à 24 300 tonnes, tandis que la production de sorgho devrait progresser de 6,9 pour cent pour s’élever à 77 800 tonnes. Quant à la production d’arachides, elle devrait dépasser de 15,5 pour cent le niveau atteint l’année dernière et se chiffrer à 37 300 tonnes. Les cultures de haricots ont été endommagées par une germination précoce, mais les cultures de la campagne secondaire devraient être satisfaisantes grâce à l’humidité adéquate des sols qui fait suite à une saison de précipitations abondantes. La production de haricots devrait baisser de 3,5 pour cent pour se situer à 27 700 tonnes.

La production totale de manioc devrait s’accroître de 16,8 pour cent par rapport à l’année dernière pour atteindre 2 317 000 tonnes de racines fraîches, même si quelques cultures ont été endommagées par des sauteriaux, des mites vertes et des cochenilles.

La récolte de 1995/96 devrait être l’une des meilleures jamais enregistrées, mais certaines zones seront confrontées à des pénuries alimentaires durant la campagne de commercialisation. Elles se situent dans les districts côtiers de Memba, Mussoril, Nacala Velha et Mogincual, où des vagues de sécheresse, des pénuries de matériel et des mauvaises méthodes de culture devraient entraîner des pénuries alimentaires vers la fin de l’année civile. Les districts de Monapo, Namapa, Lalaua et Nacaroa devraient subir des déficits alimentaires importants après le mois de septembre, tandis que le reste de la province devrait bénéficier d’une sécurité alimentaire satisfaisante. La pénurie alimentaire qui sévit à Monapo serait due au fait que les agriculteurs accordent trop d’attention à la production de cultures de rapport, comme le coton, parfois au détriment de cultures vivrières destinées à la consommation des ménages.

La mission recommande la distribution d’aide alimentaire, principalement sous la forme de programmes vivres-contre-travail, à un nombre moyen de 6 000 personnes dans les districts de Memba et de Nacala Velha pendant la période située entre septembre et la fin de la campagne de commercialisation.

Zambezia

La province de Zambezia est située dans la zone septentrionale du Mozambique et est entourée du Malawi et des provinces de Nampula, Tete et Niassa. Elle possède certaines des meilleures terres agricoles du pays. Certaines zones des districts côtiers de Pebane, Maganja da Costa et Inhassonge ont un sol sablonneux poreux. Le district de Chinde, situé dans le delta du Zambèze, est parfois touché par des vagues de sécheresse ou par des inondations.

La saison des pluies a débuté à la fin novembre à Zambezia, et, excepté une période sèche au début du mois de janvier, elle s'est poursuivie tout au long de la saison de croissance. L'ouragan "Bonita" qui s'est abattu le 12 et le 13 janvier a provoqué des pluies particulièrement abondantes pendant la deuxième décade du mois. Ces pluies torrentielles ont causé des inondations généralisées notamment dans les districts de Chinde, Inhassonge, Nicoadala, Namacurra, Maganja da Costa, Mopeia, Ile, Pebane et le long du Zambèze dans le district intérieur de Morrumbala. On estime qu'environ 44 200 hectares avraient été dévastés par les inondations, dont ont été victimes 83 528 personnes.

La superficie totale moissonnée dans la province de Zambezia est estimée à 595 900 hectares, soit une baisse de 3,4 pour cent par rapport à l'année passée; ce fléchissement est dû à l'ouragan "Bonita" et aux inondations. La production agricole est généralement très bonne, celle de riz enregistrant une augmentation de 28,2 pour cent (72 200 tonnes) par rapport à l'année précédente. On s'attend à une augmentation de la production de maïs, qui passerait à 183 000 tonnes, soit 5,3 pour cent de plus que la moisson de 1995. Celles de sorgho et de mil sont estimées respectivement à 34 800 et 5 500 tonnes, chiffre supérieur de 5,1 et de 10 pour cent au résultat de l'an dernier. Les inondations et les fortes pluies ont provoqué dans certains cas la germination précoce des haricots, mais la production devrait atteindre 25 000 tonnes, soit une augmentation de 10,6 pour cent par rapport à l'année passée. On estime que la production de manioc s'accroîtra pour atteindre 1 147 000 tonnes, soit une augmentation de 7,6 pour cent par rapport E0… 1995 malgré les pertes de terres cultivés dans les provinces côtières.

De nombreux agriculteurs cultivent aussi bien dans les basses terres qu'en altitude; les dommages causés dans les basses terres en 1996 ont ainsi été compensés en partie dans la plupart des districts par l'accroissement de la production dans les régions d'altitude. Les dégâts provoqués par les inondations et les effets de l'ouragan "Bonita" ont été particulièrement graves dans le district de Maganja da Costa où 10 000 hectares de cultures (manioc, en particulier) ont été perdus. Dans le district de Chinde, qui a souffert de plusieurs années de sécheresse consécutives, on signale des pertes de 2 000 hectares de cultures, dont ont souffert 3 900 personnes.

Des pénuries de semences pour la campagne secondaire ont aussi été signalées dans le district de Chinde, mais des mesures ont été prises pour améliorer la situation. On observe également dans ce district un déficit de matériel de plantation pour le manioc et la patate douce. Il est donc recommandé de suivre de près la situation des approvisionnements alimentaires au cours des prochains mois car une aide alimentaire pourrait s'avérer nécessaire pour les familles qui ont subi des pertes de manioc ou d'autres cultures. Les récoltes de haricots de la campagne secondaire s'annoncent bonnes grâce à la forte humidité du sol due à l'abondance des pluies. Dans l'ensemble, la production de céréales, légumineuses et arachides dans la province de Zambezia devrait atteindre 337 700 tonnes, soit un accroissement de 10,3 pour cent par rapport à l'an dernier et des excédents substantiels de maïs seront disponibles pour la vente.

La Mission estime que 8 750 personnes en moyenne, en particulier des victimes des inondations, nécessiteront une aide alimentaire d'urgence notamment dans les districts côtiers.

Tete

La province de Tete est située dans la partie nord-ouest de la zone centrale; elle est limitrophe du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe, ainsi que de la province de Manica au sud. Elle se compose de 12 districts et de la ville de Tete. Les districts septentrionaux d'Angonia et de Tsangano ont par tradition été d'importants producteurs de céréales, grâce aussi à la grande disponibilité d'animaux de trait. Le reste de la province reçoit pour l'essentiel des précipitations faibles et irrégulières et dépend traditionnellement de l'élevage pour compléter la production agricole. Les districts occidentaux de Zumbo, Maravia et Magoe n'ont guère de liens avec le reste du pays et leur économie est faiblement développée.

Les troupeaux ont fortement diminué pendant la guerre. Il est estimé que dans les districts d'Angonia et de Tsangano le nombre de bovins est passé de 100 000 à 15 000; on signale des chutes analogues dans d'autres districts, mais désormais la tendance est à la reprise. Celle-ci sera favorisée par une disponibilité de pâturages supérieure à la moyenne cette année. Le nombre de caprins est également en hausse et il y a un commerce interprovincial actif de bétail.

La province de Tete n'a reçu que de rares pluies jusqu'à la première décade de décembre, mais par la suite les précipitations ont dépassé de beaucoup la moyenne dans toute la province. Une période de sécheresse pendant la première décade de janvier a été suivie par des pluies généralement suffisantes pour le restant de la campagne, notamment dans les principales zones productrice d'Angonia, de Tsangano et dans le nord du district de Moatize. On a signalé des inondations dans le district de Mutarara ce qui a causé des pertes de maïs.

La superficie totale ensemencée est d'environ 208 300 hectares, soit une augmentation de 4,6 pour cent par rapport à l'année précédente. Cette expansion est due à l'accroissement des superficies ensemencés par les très nombreux rapatriés, dont 800 000 sont retournés dans le pays pendant la période de deux ans qui a précédé le mois de juin 1994. En juin 1995, un groupe supplémentaire de 72 899 personnes était revenu à Tete. Ces rapatriés, qui sont désormais bien établis, constituent 70 pour cent de la population de la province. Un autre facteur responsable de l'expansion des emblavures est la présence d'une ample disponibilité de semences dont une certaine quantité a été fournie par le HCR, la FAO, le PAM et des ONG, ainsi que par le ministère de l'agriculture. Les agriculteurs des districts hautement productifs d'Angonia et de Tsangano ont eu d'importants stocks de report provenant de la moisson de 1995.

Toutefois, la superficie moissonnée est estimée à 188 400 hectares, une baisse d'environ 5,4 pour cent par rapport à l'année précédente. Ce fait est à attribuer aux graves pertes de maïs, sorgho et haricots dues aux inondations et aux attaques des ravageurs, qui s'élèvent à environ 19 900 hectares, soit près de 9,6 pour cent de la superficie ensemencée.

Tete a souffert de plusieurs années de sécheresse et les agriculteurs ont eu tendance à accroître la proportion de cultures semées le long des cours d'eau et dans les basses terres. Cette année, les pluies ont été abondantes et un grand nombre de cultures établies dans ces terres ont été perdues ou endommagées par les inondations. Cependant, les cultures semées en altitude ont bénéficié de ces précipitations supérieures à la moyenne.

Des dommages aux cultures causés par les sautériaux ont été signalés dans les districts de Changara, Magoe, Cabora Bassa, Tete City et Moatize. Ce sont les cultures de sorgho et de mil qui en ont souffert le plus, mais 1 000 hectares de maïs auraient également été touchés dans le district de Changara. Au moment de la visite de la Mission, les dégâts provoqués par les sautériaux s'étendaient à certains champs de mil et de sorgho où les cultures n'étaient pas encore prêtes pour la moisson. Quelques agriculteurs qui ont anticipé la récolte pour éviter les ravageurs pourraient voir s'accroître les pertes en cours de stockage.

Des pluies excessives ont provoqué la germination précoce des haricots sur 5 600 hectares, notamment dans les districts de Macanga et Zumbo. On estime que 6 500 familles ont été touchées par les inondations dans le district de Mutarara et que 640 hectares de cultures (maïs en particulier) auraient été détruits par les inondations. Cependant, dans l'ensemble, moins de 10 pour cent de la nouvelle superficie ensemencée ont subi des dommages à cause des ravageurs et des inondations.

Les perspectives pour le maïs et les cultures maraîchères de la campagne secondaire étaient favorables. On disposait de fanes de patate douce dans le district de Mutarara pour la campagne secondaire. L'état des pâturages était le meilleur depuis plusieurs années.

La production de maïs est estimée à 92 300 tonnes, chiffre supérieur de 157 pour cent à la récolte de l'année dernière. La récolte de sorgho est estimée à 15 100 tonnes, soit une augmentation de 42,5 pour cent par rapport à 1995. On estime que la production de mil et de haricots atteindra 7 500 et 6 500 tonnes, résultats supérieurs de 31,6 et 32,7 pour cent respectivement à la production de l'année précédente.

Les districts septentrionaux d'Angonia, de Tsangano, de Macanga et la partie nord de celui de Moatize devraient produire d'importants excE9‚dents commercialisables de maïs. Ailleurs la situation sera bien meilleure que l'année dernière, grâce à des précipitations supérieures à la moyenne, le bon état des pâturages et des perspectives favorables pour le maïs, les haricots, les cultures maraîchères et les patates douces de la campagne secondaire.

Néanmoins, un nombre encore assez élevé d'ex-rapatriés et de personnes déplacées à l'intérieur du pays seront sans doute touchés de façon totale ou partielle par les inondations et les attaques de ravageurs qui ont frappé la province. Dès lors, 31 500 personnes en moyenne recevront une aide alimentaire, pour la plupart à partir du début de 1997 seulement.

Manica

La province de Manica est limitrophe du Zimbabwe à l'est et des provinces de Gaza,Sofala et Tete. L'agriculture de la province est influencée par trois importantes caractéristiques topographiques, à savoir une chaîne de montagne à l'ouest, un plateau central et une série de vallées le long des fleuves Pungwe, Save et Zambèze. On trouve des zones étendues de sols fertiles dans les districts de Gondola, Manica et Sussundenga. Le tabac représente une importante culture de rapport qui s'étend désormais rapidement grâce aux plans d'expansion accessibles aux agriculteurs dont les exploitations entourent les grandes plantations privées. La noix de cajou est une importante culture de rapport dans le district aride de Machaze de même que les agrumes dans la zone de Chimoio.

De bonnes pluies ont favorisé les semis pendant la troisième décade d'octobre et elles ont été suivies par une période sèche qui a duré jusqu'à la troisième décade de novembre. Des pluies suffisantes sont tombées dans les principales zones de production en décembre puis une vague de sécheresse a régné pendant la première décade de janvier. Dans les districts plus arides du sud et du nord, y compris Guro et Machaze, cette période de sécheresse s'est prolongée et a causé quelques pertes de maïs. Les cultures qui ont été replantées ont bénéficié de bonnes pluies pendant le restant du mois de janvier et le mois de février.

Des pluies abondantes en janvier ont provoqué l'inondation des cultures semées dans les basses terres du district de Mechaze, le long du cours d'eau Save et dans le district de Guro au nord de la province. Cependant, les cultures semées en altitude ont bénéficié de ces pluies et on s'attend à des rendements bien supérieurs à ceux de l'année précédente.

On a signalé des dommages aux cultures de mil et de sorgho causés par le criquet nomade et les sautériaux dans le district de Guro. De fortes pluies ont stimulé la croissance des adventices, ce qui pourraient entraîner de graves pertes de rendement dans certaines exploitations.

On estime à 176 300 la superficie ensemencée, soit un accroissement de 7,9 pour cent par rapport à l'année précédente. Ce résultat a été favorisé par de bonnes pluies au moment des semis et par la livraison en temps voulu de semences et de trousses d'outils dans les zones arides telles que le district de Machaze qui a reçu 19 000 trousses offertes par le HCR et le PAM. Le maïs est de loin la culture vivrière la plus importante et couvre une superficie d'environ 127 900 hectares, suivi par le sorgho planté sur 31 000 hectares. La zone ensemencée en mil est de 11 000 hectares. Les haricots, le riz,les arachides et le manioc sont des cultures secondaires et leur superficie est estimée à 6 400 hectares au total.

La production de maïs est estimée à 154 600 tonnes, soit 103 pour cent de plus que la récolte précédente. On estime à 19 200 tonnes la moisson du sorgho, soit une hausse de quelque 30 pour cent par rapport à la récolte de l'an dernier (14 700 tonnes). La production de mil est estimée à 6 100 tonnes contre les 4 100 tonnes de 1995. Les rendements de maïs devraient atteindre en moyenne 1,22 tonne/hectare contre 0,6 tonne/hectare l'an dernier. On s'attend à des rendements de sorgho de 0,62 tonne/hectare par rapport aux rendements moyens de 0,5 tonne/hectare en 1995.

En septembre 1996, 6 000 personnes en moyenne nécessiteront une aide alimentaire d'urgence dans le district de Mechaze en raison de pertes de récolte dues à des inondations localisées.

Sofala

Située dans le secteur oriental de la zone centrale du Mozambique, cette province présente un mélange d'environ 32 types de sol sur une série de bandes s'allongeant du nord au sud ce qui, conjugué à la tendance à la baisse des précipitations du nord à l'est, forme 12 zones écologiques identifiables. De ce fait, les systèmes agricoles diffèrent et la production est normalement variable. Il y a deux campagnes agricoles chaque année: une campagne principale (octobre - avril) et une petite campagne secondaire de mai à septembre.

Les principales cultures céréalières vont du riz dans la région de Beira (est) au sorgho et au mil dans celle de Chemba (nord-ouest), le maïs étant planté partout mais réussissant le mieux dans les districts orientaux où l'on utilise aussi des variétés à plus haut rendement (Manica). Les légumineuses, surtout le niébé et les arachides, sont normalement intercalées avec des céréales dans la plupart des districts.

La saison des pluies de 1995/96 a démarré vers la fin de novembre avec un retard d'environ un mois. La pluviométrie était au-dessus de la moyenne pendant toute la saison avec de fortes pluies au cours de la deuxième décade de janvier. Les pluies excessives ont causé le débordement des fleuves Zambèze, Pungwe et Save ainsi que de certains de leurs affluents. Les inondations ont emporté ou submergé d'importantes cultures plantées le long des cours d'eau ou dans d'autres terres basses. Il est important de souligner que ces terres basses ont été exploitées de façon croissante par les petits agriculteurs du fait de la sécheresse qui a sévi les années précédentes. Les districts le plus touchés par la sécheresse ont été ceux de Nhamatanda, Dondo, Buzi, Marromeu, Caia et Chemba.

Outre les inondations, les cultures céréalières ont également souffert, en début de campagne, d'attaques localisées mais importantes de criquets nomades qui, dans certains cas, ont entièrement ravagé les cultures. Les districts qui ont le plus souffert des attaques de ce ravageur ont été Buzi, Nhamatanda et Dondo.

La superficie totale ensemencée en cultures vivrières en 1995/96 est estimée à quelque 219 700 hectares, chiffre supérieur de 2,3 pour cent à l'année précédente, y compris environ 178 000 hectares ensemencés en céréales et 41 700 en légumineuses, arachides et manioc. Les semis ont été limités par le manque de semences dû pour l'essentiel à la sécheresse qui a frappé la province en 1994/95.

La Mission estime qu'environ 29 500 hectares de cultures vivrières, soit 13 pour cent de l'ensemble de la superficie ensemencée ont été perdus en raison des inondations et des ravageurs. Les cultures qui ont le plus souffert ont été le maïs et les haricots avec des pertes totales égales à environ 23 pour cent de la superficie totale ensemencée.

On s'attend, dans les zones qui n'ont pas été touchées par les ravageurs et les inondations, à ce que les rendements moyens soient supérieurs à ceux de l'an dernier, avec des rendements moyens de maïs passant de 0,7 tonne/hectare à 0,99 tonne/hectare. En 1995/96 la production globale de céreáles, légumineuses et arachides des campagnes principale et secondaire devrait atteindre 136 900 tonnes, soit 11,8 pour cent de plus que l'année passée. On estime que la production de manioc augmentera de 11 pour cent pour atteindre 63 400 tonnes de matériel frais.

Les rendements moyens de riz augmenteront sans doute passant de 0,7 tonne/hectare en 1994/95 à 0,88 tonne/hectare cette année.

Dans l'ensemble, malgré les lourdes pertes de cultures dues aux inondations, la production de toutes les cultures devrait augmenter. En outre, on s'attend à un accroissement des autres sources de revenus des agriculteurs de la province. Il y a eu une amélioration de la production et du prix des noix de cajou récoltées à la fin de 1995 dans le sud-est du district de Chibabava et dans le sud-est de celui de Buzi. On prévoit également une augmentation de la production d'autres cultures de rapport comme le coton et la canne à sucre. On observe un accroissement visible dans le nombre des petits troupeaux et une amE9‚lioration considérable de l'état des pâturages.

La Mission recommande que soit réduite l'aide alimentaire et que la distribution directe de vivres soit ciblée sur les zones/districts et les familles agricoles victimes des inondations et des attaques de ravageurs qui n'avaient pas d'autres parcelles dans les zones de montagne. A partir de septembre, il faudra limiter les interventions aux familles vulnérables qui n'étaient pas en mesure d'effectuer les semis de la campagne secondaire en raison de l'absence de semences (détruites par les inondations et les ravageurs), et aux groupes de la population ne disposant que d'une main-d'oeuvre limitée, tels que les ménages ayant pour chef une femme, les personnes âgées et les handicapés. Environ 15 000 personnes devraient recevoir une aide alimentaire dont à peu près 20 pour cent pourraient être distribués par le biais d'activités vivres-contre-travail.

Imhambame

Située dans le secteur sud-oriental du Mozambique, Imhambame bénéficie d'une humidité relativement élevée tout au long de la zone côtière qui s'étend sur 50 km à l'intérieur des terres. Les précipitations diminuent progressivement d'est en ouest et les exploitations agricoles sont généralement situées dans une frange allant jusqu'à 80 km de la côte. Ces exploitations ont en moyenne une superficie de 1,5 hectare. Dans cette région le système de production dominant est l'agroforesterie.

La province se caractérise par une campagne principale qui dure d'octobre à avril et par une petite campagne secondaire d'avril à août, notamment à l'est où règne une humidité plus élevée et où des averses régulières ont lieu pendant les mois d'hiver.

La campagne principale de 1995/96 a démarré avec un léger retard en novembre dans toutes les zones de la province. Cependant, les conditions météorologiques ont été très irrégulières, avec une répartition très inégale des pluies aussi bien dans le temps que dans l'espace.

Dans la plupart des zones côtières il y a eu une absence quasi totale de précipitations pendant les deux premières décades de décembre, quelques rares pluies pendant la troisième décade et de nouveau une vague de sécheresse et des températures extrêmement élevées pendant la première quinzaine de janvier. Le temps sec et la vague de chaleur ont nui gravement aux céréales de la campagne principale. De nombreux champs ensemencés en céréales se sont complètement desséchés, obligeant les agriculteurs à refaire les semis pendant la seconde quinzaine de janvier lorsque des pluies supérieures à la moyenne ont commencé à tomber.

A l'intérieur, les pluies ne sont tombées que par endroits, avec de fortes différences d'une zone à l'autre, jusqu'à la mi-janvier lorsqu'elles se sont généralisées par devenir supérieures à la moyenne dans la plupart des zones. Au nord d'Imhambane, des pluies excessives ont provoqué le débordement du fleuve Save et quelque 1 300 hectares de cultures ont été entièrement perdues, y compris 900 hectares de maïs et 400 hectares de haricots et d'arachides.

En 1995/96, la superficie totale occupée par les principales cultures vivrières annuelles (pour les deux campagnes) est estimée à environ 396 000 hectares, soit un accroissement de seulement 1,9 pour cent par rapport à l'année précédente. Sur ce total, quelque 180 500 hectares (46 pour cent) ont été ensemencés en céréales, 61 000 en légumineuses, 82 000 en arachides et 73 000 en manioc. Les semis ont été limités par le manque de semences dû pour l'essentiel à la grave sécheresse qui a sévi dans la province en 1994/95. La pénurie de semences a limité les possibilités de refaire les semis de céréales. Pour tenter de porter remède à cette situation, la FAO et le PAM ont fourni leur appui à la distribution de 1 500 tonnes de semences de sorgho, mil et maïs en décembre et janvier. Cependant, cette aide a été insuffisante pour approvisionner tous les agriculteurs touchés.

Bien que la situation varie en fonction de chaque zone et de l'époque des semis, on s'attend à ce que les rendements moyens de maïs (0,53 tonne/hectare) augmentent d'un tiers par rapport à l'an dernier, lorsque la récolte avait gravement soufferte de la sécheresse. Les rendements moyens de sorgho (0,49 tonne/hectare) sont supérieurs de 23 pour cent à ceux de l'année dernière, alors que ceux de mil augmenteront d'environ 10 pour cent pour s'établir à 0,44 tonne/hectare.

La situation des semis tardifs de céréales et de ceux de la campagne secondaire suscite quelques préoccupations car les précipitations ont été insuffisantes depuis le mois de mars dans de nombreuses zones d'Inhambane. D'autres cultures, comme les arachides, les haricots et le manioc, se sont bien développées et l'on s'attend à des rendements plus élevés que l'an dernier. La Mission ne signale aucune attaque importante de ravageurs ou de maladies.

La production céréalière totale est estimée à 92 400 tonnes, soit quelque 30 pour cent de plus que au l'année passée. La production de légumineuses et d'arachides devrait s'établir à environ 51 500 tonnes, soit 23 pour cent de plus que la récolte touchée par la sécheresse de 1994/95. On prévoit que la production de manioc sera d'au moins 293 000 tonnes de produit frais, chiffre supérieur de 15 pour cent à la récolte de l'an dernier.

En 1996/97 la situation des approvisionnements alimentaires devrait s'améliorer considérablement. La noix de cajou, une importante source de revenu tout au long du littoral et sur une frange s'étentant jusqu'à 50 km à l'intérieur des terres, a bénéficié d'une nette embellie aussi bien sous l'angle de la production que des prix. Dans les zones côtières du nord et du centre, il y a d'autres sources d'aliments et de revenu: haricots, arachides, cultures maraîchères, noix de coco, agrumes et pêche. Dans celles du sud et à l'intérieur, les cultures de manioc, de haricots et d'arachides représenteront les principales sources d'aliments alors que les arachides, le bois de feu,les noix de cajou et, dans une mesure moindre, le coton sont également des sources de revenu. A l'intérieur de la province, où l'élevage est l'une des principales activités, le cheptel augmente et l'état des pâturages est bien meilleur que l'année passée.

De ce fait, la Mission recommande une diminution substantielle du niveau de l'aide alimentaire directe dans la province d'Inhambane. Dans le court terme (mai à août) les interventions ne devraient viser que le petit nombre de familles agricoles qui ont eu une très mouvaise récolte céréalière de la campagne principale et n'ont pas d'autre source d'aliments et/ou de revenu. A partir de septembre, les interventions devront être limitées aux familles qui n'ont pas pu effectuer les semis pour la campagne secondaire, en raison du manque de semences et qui n'ont pas d'autres sources d'aliments ou de revenus, et aux nombreux groupes vulnérables de la population qui ne disposent que d'une main-d'oeuvre modeste, tels que les ménages dirigés par une femme, et les personnes âgées ou handicapées.

Gaza

Située dans la zone sud-est du Mozambique, la province de Gaza s'étend de la côte à la frontière du Zimbabwe. Outre la zone côtière limitée à l'est de Xai-Xai, les principales zones d'agriculture pluviale se situent le long des vallées des fleuves Limpopo, Elephant et Changane et de leurs affluents.

A part l'agroforesterie, les plaines côtières à l'ouest de Xai-Xai sont desservies par un réseau d'irrigation en voie de détérioration à Chokwe qui couvre environ 30 000 hectares. Les précipitations dans la province sont généralement faibles et la plupart des exploitations se concentrent dans la mince zone côtière et dans les secteurs méridionaux des vallées fluviales.

La zone côtière éloignée de la région irriguée est dominée par une agroforesterie - noix de cajou/noix de coco/manioc - qui englobe les cultures annuelles de haricots et d'arachides, le maïs étant semé dans les espaces libres le long des routes et entre les exploitations. On trouve aussi des champs discontinus de céréales autour des villages dans toutes les zones de l'intérieur, les cultivars locaux de mil se faisant de plus en plus importants dans les districts du nord.

L'année de production 1995/96 s'est caractérisE9‚e par deux situations différentes. Dans les districts de la côte (sud), la saison des pluies a démarré de façon plus ou moins normale en octobre. Cependant les précipitations ont été insuffisantes dans la plupart des zones, et une vague de sécheresse d'environ deux semaines et des températures extrêmement élevées pendant la première quinzaine de janvier ont sérieusement nui aux cultures céréalières de la campagne principale. De nombreux champs de cérérales se sont complètement desséchés, obligeant les agriculteurs à refaire les semis pendant la seconde quinzaine de janvier lorsque des pluies supérieures à la moyenne, voire excessives, ont repris.

Dans les districts du nord et du centre, la saison des pluies n'a démarré que mi-janvier, les pluies très abondantes causant des inondations graves et généralisées.

Pour 1995/96, la superficie totale occupée par les principales cultures vivrières annuelles (deux campagnes) en 1995/96 est estimée à environ 208 000 hectares, chiffre inférieur de 1,6 pour cent à celui de la campagne précédente. Sur ce total, quelque 107 000 hectares ont été ensemencés en maïs, 20 000 en d'autres céréales, 32 000 en haricots, 22 000 en arachides et 27 000 en manioc. Les semis ont été limités par le manque de semences dû à la sécheresse qui a sévi l'année précédente et à la nécessité de refaire les semis en janvier.

Des pluies excessives sont tombées sur toute la province pendant la deuxième moitié de janvier et en février, causant des inondations dans les vallées bordant les fleuves Limpopo, Save, Incoluane, Elephants et Nwanetsi ainsi que certains de leurs affluents. Ces terres basses ont été cultivées de façon croissante par les petits exploitants du fait des sécheresses des années précédentes.

Les inondations ont emporté ou submergé près de 48 000 hectares de cultures le long des cours d'eau ou dans d'autres zones de basses terres. Il s'agit là de près du quart de la superficie ensemencée en cultures vivrières. La culture qui a le plus souffert a été le maïs dont quelque 37 000 hectares (35 pour cent de la zone ensemencée) ont été perdus. D'autres pertes comprennent 3 000 hectares d'autres céréales (15 pour cent de la superficie ensemencée), 4 800 hectares de haricots et d'arachides (9 pour cent de la superficie plantée) et 1 700 hectares (6 pour cent) de la zone encemencée en manioc. Bien que les inondations aient touché tous les districts, les pertes ont été particulièrement graves dans ceux de Xai-Xai, Bilene, Chokwe, Gija et Chibuto.

Les perspectives pour la campagne de maïs secondaire sont incertaines. Les semis sont limités par le manque de semences. Dans certaines basses terres, l'excès d'humidité retarde les semis. Les rendements de haricots (0,39 tonne/hectare) ont atteint presque le double de ceux de l'année précédente et la production de manioc a augmenté, passant de 3,5 tonnes/hectare au chiffre estimatif de 4 tonnes/hectare.

On signale une augmentation du cheptel et l'état des pâturages est excellent dans toute la province.

Pour 1995/96, la production totale de manioc, de légumineuses et d'arachides des campagnes principale et secondaire devrait atteindre 50 700 tonnes, soit 20 pour cent de plus que les rendements de l'an dernier, réduits par la sécheresse.

La situation des approvisionnements alimentaires pour 1996/97 devrait s'améliorer car les cultures se sont mieux développées que l'an dernier. En outre, il y a eu une forte augmentation de la production ed des prix de la noix de cajou, une importante source de revenu pour le sud. Dans les zones du nord de l'intérieur de la province, où l'élevage constitue l'une des principales activités, le cheptel s'accroît, l'état des pâturages est excellent et les sources d'eau se sont reconstituées.

La Mission recommande une réduction du niveau de la distribution directe de l'aide alimentaire dans la province de Gaza. Dans le court terme (mai à août) les interventions ne devraient viser que les familles et les zones qui ont eu une mauvaise récolte de la campagne principale par suite des inondations. A partir de septembre, la distribution devrait être limitée aux familles qui n'ont été en mesure de faire les semis de la campagne secondaire en raison du manque de semences, et à celles qui n'ont pas d'autres sources d'aliments ou de revenus. Ces bénéficiaires comprennent les groupes vulnérables de la population qui n'ont qu'une modeste main-d'oeuvre à destiner à la culture des champs. Un nombre moyen de 39 000 personnes devraient recevoir une aide alimentaire d'urgence.

Maputo

Située dans la pointe sud du Mozambique, la province de Maputo est celle des dix provinces dont la superficie agricole est la plus restreinte. Elle est divisée en sept districts dont deux, Magude et Manhiça, fournissent près de 50 pour cent de la production agricole de la province. La culture céréalière dominante est le maïs, bien que les précipitations soient insuffisantes, même pendant les années normales, sont insuffisantes pour sa production.

Dans la zone côtière, une importante activité est la production de noix de cajou; environ 500 000 anacardiers font partie des systèmes de culture associant noix de cajou et manioc. A l'intérieur, l'une des principales activités de la population rurale était jadis l'élevage. Cependant, les troupeaux ont été décimés par la guerre et les familles rurales se sont tournées vers la production de maïs, en dépit des conditions météorologiques et des sols peu propices à cette culture dans une grande partie de la province.

Le régime pluvial est bimodal avec la possibilité d'une deuxième campagne notamment dans les basses terres plus humides. La campagne 1995/96 a pris un faux départ dans de nombreuses parties de la province. Quelques averses tombées mi-août ont encouragé un petit nombre d'agriculteurs à semer le maïs de la campagne principale. Cependant, l'absence quasi totale de pluies pendant le reste du mois d'août et le mois de septembre a provoqué l'echec presque complet des semis précoces. Les pluies ont repris pendant la première décade d'octobre dans la plupart des zones de la province ce qui a incité la majorité des agriculteurs a semer leur maïs de la campagne principale. Les pluies ont continué à tomber mais leur répartition étant irrégulière et les niveaux au-dessous de la moyenne pendant le mois de novembre, le maïs a souffert du manque d'eau. En outre, une nouvelle vague de sécheresse et des températures extrêmement élevées ont sévi pendant la première quinzaine de janvier. Ce fait a gravement endommagé ou détruit le maïs sur pied forçant les agriculteurs à refeire les semis pendant la seconde quinzaine de janvier lorsque les pluies ont retrouvé leur niveau moyen.

La superficie totale ensemencée en céréales en 1995/96 est estimée à quelque 74 700 hectares, chiffre semblable à l'année précédente. Sur ce total, 67 700 hectares ont été encemencés en maïs, 5 200 en riz et 1 800 en sorgho. Les haricots ont couvert 14 100 hectares alors que 11 300 et 5 000 hectares ont été destinés aux arachides et au manioc respectivement. Les semis ont été limités par la pénurie de semences causée par la sécheresse de l'an dernier et par le besoin de nouveaux semis.

A la suite des pluies abondantes tombées en Afrique du sud, les niveaux des fleuves Sabie-Incomati et Maputo ont fortement augmenté en janvier et février. Ce fait a causé l'inondation des zones riveraines et des basses terres qui longent ces cours d'eau dans les districts de Moamba, Magude, Manhiça et Matutuine. Ces terres ont fait l'objet d'une exploitation croissante par les agriculteurs à la suite des sécheresses qui ont sévi dans les années précédentes.

Les inondations ont emporté ou submergé les cultures sur près de 26 300 hectares, y compris quelque 16 000 hectares dans le district de Manhiça, 4 000 hectares dans celui de Marracuene et 2 000 à Magude. Ce chiffre représente 25 pour cent de toute la superficie ensemencée en cultures vivrières. La culture qui a souffert le plus a été le maïs dont quelque 24 000 hectares, soit 35 pour cent de la superficie ensemencée, ont été perdus.

On estime que les rendements moyens des zones ensemencées en maïs ou sur le point de l'être atteindront 0,35 tonne/hectare contre 0,3 tonne/hectare en 1995. Cependant, on s'attend à de fortes fluctuations de rendements (de 0,1 tonne/hectare à 0,6 tonne/hectare) selon la zone et la date des semis. Les perspectives des cultures de la campagne secondaire, dont les semis sont en cours, sont plutôt favorables étant donné la bonne humidité des basses terres. Cependant, les semis seront limités à cause du manque de semences dans la majeure parte de la province.

On signale un accroissement du cheptel et l'état des pâturages est excellent dans toute la province.

La situation des approvisionnements alimentaires pour la campagne de commercialisation 1996/97 devrait s'améliorer. On ne prévoit qu'un faible redressement de la production vivrière des campagnes principale et secondaire, mais d'autres sources de revenu paraissent plus prometteuses que par le passé. La production et le prix des noix de cajou, une importante source de revenu tout au long de la côte, ont enregistré de fortes augmentations. En outre, toutes les activités économiques découlan de la proximité de la capitale nationale et de la République d'Afrique du Sud, comme les emplois directs, le petit commerce, la vente de bois de feu, la production de charbon de bois, l'artisanat, etc. manifestent des signes de reprise.

La Mission a recommandé une diminution du niveau de l'aide alimentaire directe dans la province de Maputo. A court terme (mai à août) les interventions devraient intéresser essentiellement les ménages agricoles qui ont eu une mauvaise récolte céréalière lors de la campagne principale (surtout dans les zones inondées) et qui n'ont pas d'autres sources d'aliments et/ou de revenu. A partir de septembre, les interventions devraient se limiter aux familles qui n'ont pu semer les cultures de la campagne secondaire, faute de semences et qui n'ont pas d'autres sources d'aliments ou de revenu. Le nombre de bénéficiaires est estimé en moyenne à 31 000 personnes.


AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE

En raison de l'augmentation considérable de la production vivrière dans la plupart des zones, les besoins d'aide alimentaire d'urgence devraient être nettement inférieurs à ceux des années précédentes. Néanmoins, un grand nombre d'agriculteurs ont encore besoin de cette aide car leurs cultures ont souffert des inondations, des cyclones, des ravageurs ou même de la sécheresse. En outre, un certain nombre de rapatriés récents qui n'ont eu qu'une récolte limitée en 1996 auront besoin d'une assistance supplémentaire.

La Mission estime que les besoins totaux d'aide alimentaire d'urgence pour la campagne de commercialisation 1996/97 s'élèvent à 27 165 tonnes, dont 24 948 tonnes de maïs et 2 217 tonnes de haricots. Les stocks de report et les montants d'aide annoncés/attendus s'élèvent dans l'ensemble à 8 800 tonns de maïs et 2 000 tonnes de légumineuses. Il reste à couvrir 16 148 tonnes de maïs et 217 tonnes de légumineuses.

Dans les provinces méridionales de Maputo et de Gaza, 101 486 personnes qui ont perdu leurs récoltes à la suite des inondations devront recevoir une aide de mai à août 1996, lorsqu'elles auront engrangé leur seconde récolte semée en mars. Cependant, un grand nombre d'entre elles n'ont pu semer pour la seconde récolte, leurs terres étant encore submergées. Il sera donc nécessaire de réévaluer les besoins d'aide alimentaire de ces personnes dès que les resultats de la récolte de la deuxième campagne seront connus. Dans d'autres provinces la distribution gratuite de vivres ne devrait démarrer qu'en septembre 1996 car la plupart des agriculteurs touchés par les inondations dans ces provinces ont aussi semé en altitude où les récoltes devraient être meilleures.

Au cours de l'année, 154 000 personnes en moyenne auront besoin d'une aide d'urgence. La ration recommandée, composée de 13,5 kg de maïs et 1,2 kg de haricots par mois, ne couvrira qu'une partie des besoins alimentaires des bénéficiaires car il est prévu qu'ils auront d'autres sources de revenu telles que cultures de rapport, élevage et activités non agricoles. A la lumière des informations dont dispose la Mission concernant l'ensemble de la situation nutritionnelle, et compte tenu de l'augmentation globale de la production agricole au Mozambique et dans les pays voisins, on estime qu'une ration composée de maïs et de haricots sera suffisante.

Pendant les réunions tenues avec les fonctionnaires du gouvernement et les ONG, la Mission a souligné le besoin de cibler l'aide alimentaire vers les groupes les plus vulnérables (tels que les personnes âgées, les handicapE9‚s, les ménages ayant pour chef une femme, les rapatriés les plus récents et les personnes touchées ne possédant que peu de terres). Ces critères de sélection des bénéficiaires devraient être observés par les agents d'exécution, indépendamment de l'origine de leurs ressources.

Compte tenu des bons résultats obtenus avec la délivrance de cartes de rationnement pendant l'opération de secours de 1995/96, il a été convenu avec le gouvernement/DPCCN (Département pour la prévision des catastrophes naturelles et par les secours) que l'enregistrement des bénéficiaires et la délivrance des cartes de rationnement seront organisés avant la première distribution.

La Mission recommande qu'environ 15 pour cent de l'aide alimentaire d'urgence pour 1996/97 soient liés à des programmes vivres-contre-travail, en particulier à des activités visant à améliorer les infrastructures de base et la remise en état des zones touchées. Il faudra faire des efforts pour mieux orienter l'aide vers les zones frappées par les inondations et inclure des activités visant à protéger l'environnement et à réparer les routes d'accès.

Distribution de vivres et surveillance des livraisons.

La plus grande partie de l'aide alimentaire fournie au titre de l'opération d'urgence de 1995/96 a été livrée par le PAM, World Vision International (WVI) et le DPCCN. Le PAM a été chargé de la livraison d'environ 80 pour cent des disponibilités à quelque 109 points de livraison à terre alors que les 20 pour cent restants ont été transportés pour l'essentiel par le DPCCN. Les transports des points de livraison à terre aux points de livraison finals, ainsi que la distribution aux bénéficiaires sont entrepris par 11 ONG et le DPCCN en tant que partenaires d'exécution. Quand les vivres ne sont pas acheminées aux points de livraison finals par les ONG elles-mêmes, des transporteurs privés ( ou des camions du DPCCN jouissant des mêmes conditions) sont utilisés à cet effet.

L'importante diminution de l'aide d'urgence prévue pour 1996/97, qui aboutira à la livraison de quantités nettement inférieures (27 000 tonnes contre les 130 000 tonnes de 1995/96) à un nombre fortement réduit de bénéficiaires (de 1,3 million en avril 1996 à une moyenne de 154 000 en 1996/97), impose des changememts importants dans la procédure de livraison et dans les capacités prévues.

La distribution des vivres devra également refléter l'évolution qualititive de la situation d'urgence. On devra réorganiser le processus d'enregistrement en vue de cibler en premier lieu les victimes des inondations (dans les provinces de Zambezia, Sofala, Gaza et Maputo) ainsi que les agriculteurs victimes de la sécheresse et les ex-rapatriés vulnérables. Cette réorganisation sera grandement facilitée par l'étroite collaboration entre les partenaires responsables de l'exécution, instaurée avec succès par le PAM au cours de la dernière campagne, pour l'identification et l'enregistrement des bénéficiaires (distribution de cartes de rationnement) et la surveillance de la distribution globale de vivres. Des mises à jour mensuelles sur les plus démunis seront particulièrement utiles pour l'opération d'urgence 1996/97 car le système de distribution adopté après l'hiver dépendra grandement du résultat de la récolte de la campagne secondaire.

Le nouveau modèle devrait traduire le passage d'une situation d'urgence généralisée à un appui mieux ciblé aux populations victimes de catastrophes naturelles, avec une forte diminution du nombre des bénéficiaires dans les zones où la sécurité alimentaire s'améliore. Le PAM a identifié des ressources supplémentaires en espèces qui sont essentielles pour aider les ONG non seulement à emmagasiner et livrer les vivres mais aussi à surveiller et évaluer leur impact. Ces fonds supplémentaires amélioreront la gestion des programmes et le ciblage des bénéficiaires, et fournira des ressources pour permettre de passer d'une aide alimentaire gratuite directe à une aide alimentaire allouée aux projets de développement, y compris pour les travaux de remise en état et de construction réalisés grâce aux projets vivres-contre-travail. Les groupes communautaires et les populations touchées devraient contribuer activement à l'établissement d'un ordre de priorité pour les activités de vivres-contre-travail et à l'identification des bénéficiaires.


Ce rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM sur la base d'informations fournies par des sources officielles et officieuses et est réservé à un usage officiel. La situation pouvant évoluer rapidement, prière s'adresser, par tout complément d'information aux personnes sous-mentionées:

Abdur Rashid B. Szynalski
Chief, GIEWS FAO Director, OP, WFP
Telex 610181 FAO I Telex: 626675 WFP I
Fax: 0039-6-5225-4495 Fax: 0039-6-5228-2837
E-Mail: INTERNET: GIEWS1@FAO.ORG

FA 4/50 MOZAMBIQUE
Rome, 28/5/96


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