SYSTEME MONDIAL FAO D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

usage officiel seulement

ALERTE SPECIALE No. 269: SRI LANKA

25 juillet 1996

(Distribution uniquement pour les pays où la situation des cultures vivrières
ou des approvisionnements alimentaires est préoccupante)

EXPOSE GENERAL

A la suite de l'alerte spéciale No. 265 du SMIAR de février 1996, une évaluation sur place de la récolte Yala de 1996 et de la situation générale des approvisionnements alimentaires vient d'être menée par le SMIAR/FAO. L'évaluation repose sur des visites de terrain dans les principales zones sinistrées du Kurunegala et de l'Anuradhapura et sur des entretiens avec de hauts fonctionnaires et des représentants d'organismes internationaux. Les principales observations sont les suivantes:

A cause d'une baisse importante des précipitations hors mousson en octobre et novembre de l'année dernière et d'un déficit évalué à 40 pour cent des pluies de la mousson du nord-est qui commencent en décembre, on a enregistré une chute de la production de la récolte principale de riz de la campagne Maha, qui représente normalement les deux tiers environ de la production annuelle de riz. Selon les dernières estimations, la récolte de 1995/96 a été d'environ 1,3 million de tonnes de riz paddy, soit quelque 22 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes et 465 000 tonnes de moins (26 pour cent) que la récolte record de 1994/95. La baisse la plus sensible de la production Maha a été enregistrée dans les zones d'agriculture pluviale et dans les petits périmètres d'irrigation de la zone sèche, essentiellement autour de Kurunegala et d'Anuradhapura dans le centre du pays, d'Hambantota dans le sud et de Vavuniya, Kilinochchi, Mannar, Mullattivu et Jaffna dans le nord. Les pluies dans les principales provinces de production de Kurunegala et d'Anuradhapura, pendant le mois critique de décembre, ont représenté respectivement 20 pour cent et 13 pour cent de la moyenne à long terme, tandis que la chute correspondante de la production, calculée à partir de la moyenne quinquennale, a été respectivement de 54 et de 27 pour cent. Dans certains districts, la production aurait chuté de 75 pour cent. Bien que moins grave, la production des grands périmètres d'irrigation du programme Mahaweli a également baissé de 17 pour cent par rapport à la normale. Outre le riz paddy, les autres cultures pluviales ont été elles aussi gravement touchées, en particulier le maïs, le kurakkan, cE9‚réale secondaire remplaçant le riz, le haricot mongo et le soja.

La sécheresse a aussi beaucoup réduit le niveau de l'eau dans les réservoirs d'irrigation et nombre de petites retenues ont complètement séché. De plus, les pluies depuis avril ont été insuffisantes et les perspectives sont donc très défavorables pour la récolte Yala. Dans la période allant du 1er avril au 30 juin, le cumul des pluies sur le Kurunegala et l'Anuradhapura a été de 150 à 250 mm inférieur à la normale, tandis que dans la province d'Hambantota, le déficit se situe entre 50 et 100 mm. Cela a entraîné une réduction sensible de la superficie des cultures Yala, non seulement dans les zones d'agriculture pluviale et dans les petits périmètres d'irrigation, mais aussi dans la région correspondant au système Mahaweli. Outre la réduction de la superficie totale, en maints endroits les semis ont été considérablement retardés, la végétation est rabougrie, les rendements devraient beaucoup baisser et on s'attend à des pertes de récolte. Les perspectives sont donc médiocres et on prévoit actuellement que la production Yala chutera à un niveau situé entre 550 et 600 000 tonnes de riz paddy. Si l'on s'en tient à l'estimation la plus optimiste, la production serait donc de quelque 450 000 tonnes de moins qu'en 1995, et de 33 pour cent inférieure à la moyenne des cinq années précédentes.


SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

La production totale de riz paddy en 1995/96 devrait être de l'ordre de 1,9 million de tonnes, soit 900 000 tonnes de moins qu'en 1994/95, et 26 pour cent de moins que la normale; ce résultat est inférieur de 11 pour cent à la dernière récolte gravement touchée par la sécheresse de 1986/87. Si l'on tient compte de l'usinage, des semences et des pertes, cette quantité de riz paddy correspond environ à 1,3 million de tonnes de riz.

Dans l'intervalle jusqu'à la campagne Maha de 1995/96, le pays disposait de stocks de riz relativement importants, détenus presque en totalité par l'Office de commercialisation du paddy (PMB). Ces stocks s'expliquaient par les récoltes records de Maha et Yala de 1994/95 et des prélèvements limités car la demande de riz était restée basse, vu la consommation accrue de blé et de pain dont les prix étaient fortement subventionnés. Ajouté à cela, on pensait en général que la récolte Maha de 1995/96 serait également favorable. En prévision, et pour réduire les coûts, le PMB a volontairement réduit les stocks et on estime que 50 000 tonnes ont été libérées pour l'exportation en septembre 1995. Le PMB avait donc peu de stocks au début de 1996. A cause de la faiblesse des stocks et de la production sensiblement réduite, le pays devra importer des quantités considérables de riz cette année pour combler le déficit. Bien que le résultat final de la récolte Yala ne soit pas encore connu, les projections actuelles laissent penser qu'il faudra importer quelque 600 000 tonnes de riz pour répondre aux besoins.

Conséquence de la pénurie de l'offre, le prix du riz est monté en flèche depuis le début de l'année, avec un bref répit vers fin février/mars lorsque les approvisionnements limités de la campagne Maha sont arrivés sur le marché. L'augmentation la plus sensible des prix s'est produite vers fin mai/début juin, en raison des pénuries, des pluies insuffisantes et des perspectives médiocres de la récolte Yala. A la fin juin, les prix moyens du riz N0 1 brut, étuvé et Samba étaient respectivement de 22,4, 23,0 et 24,6 roupies le kg, soit quelque 30 pour cent de plus qu'en janvier et entre 16 et 27 pour cent de plus qu'en juin 1995. L'augmentation sensible des prix du riz intervient également au moment où le gouvernement supprime la subvention sur le blé et le pain, pour essayer de contenir le déficit budgétaire. Compte tenu de l'augmentation des prix des produits de base, l'inflation va donc s'accélérer, ce qui touchera les consommateurs, en particulier ceux dont les revenus sont faibles.

Dans le cadre de la politique de réforme, les importations de riz au Sri Lanka doivent être effectuées en totalité par le secteur privé. Pour encourager ces importations, le gouvernement a levé en avril la taxe de 35 pour cent sur les importations. A l'origine, cette exemption devait durer jusqu'à la mi-octobre, mais il est probable qu'elle sera prolongée jusqu'au début de 1997. Le gouvernement lèvera probablement aussi la disposition visant à ce que les négociants privés maintiennent à tout moment un stock tampon d'un niveau minimum convenu. Au 10 juillet, quelque 30 000 tonnes de riz avaient été importées, essentiellement en juin. En conséquence, les prix avaient quelque peu baissé et devraient continuer à diminuer en août, car le marché a été ravitaillé par la récolte Yala et des importations supplémentaires. Toutefois, ce phénomène pourrait n'être que temporaire et de nouvelles augmentations de prix ainsi que des difficultés d'approvisionnement sont possibles dans la période maigre qui va d'octobre à janvier. Pendant cette période, les fluctuations de prix dépendront de l'ampleur et de la rapidité des importations par le secteur privé. Bien que le gouvernement semble persuadé, à l'heure actuelle, que le flux des importations suffira à contrôler les prix et à résoudre les difficultés d'approvisionnement, la situation doit être suivie de près. Les prix dépendront aussi beaucoup des perspectives attendues et du résultat final de la récolte Maha de 1996/97.

Le gouvernement estime qu'au total dix districts, comptant 1,73 million de personnes, ont été les plus touchés par la sécheresse au cours de la dernière campagne Maha et auront besoin de secours. Ce chiffre ne tient pas compte des personnes qui seront à leur tour victimes de la pénurie pendant la campagne Yala. Il s'agit pour beaucoup de petits paysans pratiquant une agriculture de subsistance sur une superficie inférieure à un demi-hectare, ou bien d'ouvriers agricoles dont les revenus ont été extrêmement réduits. Bien que le gouvernement fournisse déjà une aide statutaire grâce à un plan social "Samurdhi", qui aide les couches de population à faible revenu, on signale que la plupart des personnes touchées survivent avec un repas par jour. De plus, comme l'aide du gouvernement est en partie sous forme de virements fixes, il est inévitable que toute augmentation future des prix du riz et du pain limite encore l'accès aux vivres des populations vulnérables. La situation alimentaire dans le nord, où se trouve un grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays qui reçoivent une aide alimentaire, devrait devenir critique car les mouvements de vivres dans ces zones sinistrées seront sans doute extrêmement limités par la détérioration récente de la situation du point de vue de la sécurité.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. Il est réservé à un usage officiel. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser à M. Abdur Rashid, Chef, ESCG, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-6-5225-4495; Courrier électronique (INTERNET): GIEWS1@FAO.ORG) pour un éventuel complément d'informations.

FAO 4/50 Sri Lanka


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