SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPECIAL

MISSION FAO/PAM D'EVALUATION DES RECOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES AU CAMBODGE

17 février 1997



1. VUE D'ENSEMBLE


Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue au Cambodge du 15 au 30 janvier 1997, pour procéder à une évaluation de la récolte du riz de la saison des pluies (campagne principale) de 1996/97 et établir des prévisions concernant aussi bien la production de riz de saison sèche (campagne secondaire) de 1996/97 que la production céréalière totale du pays en 1997. Elle a examiné des données et des informations émanant de sources diverses, notamment du Gouvernement, d'institutions des Nations Unies, de donateurs et d'ONG aux niveaux central, provincial et local. Les visites que la mission a effectuées sur le terrain dans différentes provinces ont également été pour elle l'occasion de s'entretenir avec les agriculteurs. La mission d'évaluation s'est ainsi rendue dans les principales provinces rizicoles: Siem Reap, Takeo, Prey Veng, Kandal, Kampot et Battambang.

La mission estime la récolte principale de riz de la saison des pluies de 1996/97 à 2,733 millions de tonnes, tandis qu'elle prévoit pour les cultures irriguées de saison sèche de la campagne secondaire une récolte de 0,657 million de tonnes de riz, soit 3,390 millions de tonnes au total, niveau supérieur d'environ 2 pour cent à celui de la production rizicole estimée de 1995/96 et 35 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années.

Les semis et le développement des cultures de riz de la saison des pluies de 1996 ont été favorisés par de bonnes précipitations dans la quasi-totalité du pays et par un recours accru aux engrais. Toutefois, en septembre/octobre, des inondations ont provoqué des dégâts importants aux cultures sur pied dans plusieurs provinces, notamment dans les principales provinces rizicoles de Battambang, Kandal, Prey Veng, Siem Reap, Kompong Cham, Pursat et Takeo. Dans certaines zones, les cultures ont également été endommagées par les rats et autres ravageurs. Les perspectives sont donc moins favorables qu'indiqué initialement, en raison des pertes de récolte enregistrées dans certaines zones et d'un moins bon rendement (1,67 t/ha, contre 1,75 t/ha en 1995/96). Malgré les pertes et le mauvais rendement, la production totale est néanmoins encore supérieure à celle de l'an dernier, grâce à une expansion des superficies récoltées.

Les disponibilités totales de riz pour 1997 sont estimées à 2,120 millions de tonnes, sur la base d'un taux d'usinage de 62 pour cent et de stocks de report évalués à 18 000 tonnes. Les besoins nationaux de riz pour la consommation humaine, les semis et l'alimentation des animaux, sont estimés, compte tenu des pertes après récolte, à 1,993 million de tonnes, ce qui laisse donc un excédent de 127 000 tonnes.

Pour la deuxième fois consécutive après de nombreuses années, le pays enregistrera en 1997 un excédent de riz qui, selon les estimations, devrait toutefois être légèrement inférieur à celui de 1996, en raison de pertes de récolte imputables principalement à de graves inondations dans plusieurs provinces. Par ailleurs, on ignore quelles seront les conditions météorologiques l'an prochain ou dans deux ans et, compte tenu des exportations nettes de riz non comptabilisées et dont le volume n'est pas connu, il se pourrait que l'excédent soit en réalité inférieur au chiffre indiqué plus haut. En outre, dans bon nombre de communes, une partie importante de la population souffrira, à divers degrés, de pénuries alimentaires en 1997. Les mécanismes du marché auront certes un rôle à jouer dans la détermination du volume des exportations et des importations de riz, mais il est néanmoins recommandé au gouvernement d'être prudent dans ses mesures d'encouragement à l'exportation du riz en 1997.

En effet, considérant les carences du réseau commercial naissant et les problèmes de transport, l'acheminement du riz des zones excédentaires vers celles en situation de déficit reste difficile. On recommande aux donateurs d'effectuer des achats locaux pour leurs programmes d'aide aux populations vulnérables.

On estime que dans 265 communes un grand nombre de ménages souffrent de graves pénuries alimentaires. Le nombre exact des personnes vulnérables n'a toutefois pas encore été défini. Le PAM procède actuellement à leur évaluation, en association avec ses partenaires exécutants. Leur nombre pourrait être assez élevé et la quantité totale de riz nécessaire serait importante. Quoi qu'il en soit, dans l'intervalle, en supposant qu'aucun déplacement massif de population n'ait lieu, quelque 43 000 tonnes de riz et 1 600 tonnes d'autres produits seront nécessaires pour venir en aide en 1997 aux personnes les plus vulnérables dans différentes communes. Ce volume sera suffisant pour secourir 1,1 million de personnes pendant environ trois mois, sans compter l'alimentation des collectivités et les activités de formation. Lorsque l'évaluation en cours sera terminée, il faudra toutefois procéder à un nouvel examen de la situation. On recommande par ailleurs que le Gouvernement, avec le soutien des donateurs, achète localement quelque 25 000 tonnes supplémentaires de riz à stocker pour les besoins d'urgence. L'achat de ces stocks permettrait en outre de soutenir les prix du riz à la production et inciterait les agriculteurs à accroître leur production. Les besoins d'aide alimentaire, y compris les rations d'urgence pour les groupes vulnérables et les stocks d'urgence que le gouvernement devra constituer, s'établissent donc au total à 68 000 tonnes. Au 1er janvier 1997, le PAM disposait de 21 070 tonnes de riz en stock, ce qui laisse un déficit de quelque 21 930 tonnes par rapport aux 43 000 tonnes nécessaires pour l'aide d'urgence et les activités vivres-contre-travail en faveur des groupes vulnérables.




2. L'AGRICULTURE DANS UN CONTEXTE ECONOMIQUE PLUS GENERAL 1/


1/ [ Informations provenant notamment des sources suivantes: Ministère de l'économie et des finances, RGC Economic and Financial Review, 4ème trimestre. Document de synthèse par pays, Sommet mondial de l'alimentation, Ministère du Plan, premier Plan de développement socio-économique 1996-2000 .]

Le Gouvernement royal du Cambodge a poursuivi une politique d'accélération de la croissance économique et du développement social dans le cadre d'une économie de marché. Le Plan de développement socio-économique 1996-2000 a marqué l'intensification de ce processus vers une véritable économie de marché. Toutefois, le passage d'une économie dirigée à une économie de marché n'est pas facile et nécessitera un effort constant de la part du Gouvernement, de la communauté des affaires et de toutes les parties concernées.

L'économie a progressé au taux moyen et sain de 5,9 pour cent par an pendant la période 1991-1995, tandis que pour 1996 le taux de croissance est estimé à 6 pour cent. Le PIB par habitant a augmenté en parallèle, passant de 200 dollars E.-U. en 1993 à 292 dollars en 1996, selon les estimations, ce qui n'en reste pas moins l'un des plus bas niveaux du monde. L'économie est essentiellement rurale et agricole: 85 pour cent de la population vit en milieu rural et le secteur agricole emploie 80 pour cent de la population active. L'agriculture est principalement pluviale et de ce fait exposée à de hauts risques liés au caractère extrêmement variable des précipitations, en quantité comme dans leur répartition. Le secteur est dominé par la production végétale, notamment par la culture du riz qui est le principal aliment de base, fournissant selon les estimations 68 pour cent de l'apport énergétique. Bien que la nécessité de diversifier la production agricole pour réduire la dépendance à l'égard du riz et d'accroître les possibilités et les perspectives de revenus offertes par l'économie rurale soit reconnue, bien peu a été fait jusqu'à présent dans ces deux domaines.

En dehors du secteur agricole, les possibilités d'emploi sont extrêmement réduites. L'agriculture fournit également quelque 42 pour cent du PIB national. Le développement rural et agricole est donc une condition préalable essentielle aux fins du développement global du pays et passe avant tout par la remise en état et le renforcement des infrastructures rurales comme les routes et les installations d'irrigation que les récentes inondations ont à nouveau été endommagées, et de l'infrastructure sociale (éducation, santé). Ces besoins avaient été reconnus dans le premier Plan. Les principaux objectifs du Plan dans ce contexte sont d'améliorer la sécurité alimentaire, d'accroître les possibilités économiques de la population et d'accélérer la croissance économique nationale. La promotion d'activités non agricoles est fondamentale pour accroître les débouchés économiques et améliorer l'accès à la nourriture. Il s'agit en effet de mettre l'accent sur la lutte contre la pauvreté à travers la création d'emplois pour les pauvres et l'accroissement de la productivité, puisque les politiques et les programmes mis en oeuvre visent à accélérer la croissance économique en encourageant les investissements intérieurs et étrangers.

Le secteur agricole est également caractérisé par un emploi d'engrais limité et mal équilibré, par un très faible recours aux variétés améliorées de riz et à l'irrigation, et par de mauvais rendements. Qui plus est, les aléas climatiques comme les inondations et les sécheresses déterminent pratiquement chaque année quelques pertes de récolte, avec certaines années des dégâts très importants aux cultures. Le secteur est dominé par une agriculture de subsistance avec, chez les agriculteurs, une capacité très limitée de se moderniser et de tirer avantage d'une économie de marché en pleine évolution. Dans ce contexte, le gouvernement devra donc leur apporter un soutien important et efficace, en termes d'infrastructures agricoles, irrigation comprise, et de services de vulgarisation pour un meilleur emploi des engrais et autres intrants, et à travers la diffusion d'informations concernant les pratiques de culture améliorées et d'informations commerciales (par exemple, sur la disponibilité et les prix de divers intrants, et sur les prix courants du riz et autres cultures). L'essor de ce secteur est également entravé par l'existence d'un système de commercialisation des produits agricoles sous-développé et très fragmenté, caractérisé par une multitude de petits opérateurs locaux n'ayant qu'un accès limité aux informations commerciales nécessaires pour prendre des décisions. Le manque d'accès aux informations commerciales, notamment à celles concernant les prix, nuit particulièrement aux agriculteurs. D'autres obstacles importants sont les carences du système de transport et l'absence de mécanismes de crédit rural et d'infrastructures commerciales. De plus, le caractère obsolète des rizeries et leur inefficacité se traduisent par un faible taux d'amortissement et des pourcentages de brisures élevés.



3. PRODUCTION VIVRIERE EN 1996/97


Il est difficile d'obtenir des statistiques fiables dans ce domaine. Pour aider la mission à effectuer une évaluation précise de la production rizicole du Cambodge en 1996/97, une enquête spéciale d'évaluation des récoltes a été entreprise pour recueillir des données concernant la superficie cultivée, la production de riz et le rendement, ainsi que d'autres informations portant notamment sur la population. Cette enquête a été basée sur les rapports concernant l'état des cultures établis par chaque commune et sur l'observation de coupes pour estimer le rendement des cultures de riz.

La pluviosité varie selon les régions, avec une moyenne de plus de 3 000 mm par an dans les régions côtières de l'Ouest, de 1 800 à 3 000 mm dans les régions situées à l'est du Mékong et de 1 100 mm environ à 1 700 mm dans le centre du pays. Des variations importantes peuvent également être enregistrées d'une année sur l'autre, ce qui a des effets considérables sur la production agricole, aussi bien en termes de rendement que pour le système de culture adopté. Si les premières pluies sont bonnes, les agriculteurs peuvent obtenir deux cultures de riz à cycle court.

La pluviosité mensuelle peut varier considérablement d'une année à l'autre. A Phnom Penh, les précipitations maximales enregistrées en septembre et octobre ont parfois été six fois supérieures au niveau minimum pour ces mêmes mois. Cette intensité variable des précipitations a des effets importants sur la préparation des terres, sur les façons culturales et la récolte. En 1996, il est tombé 2 047 mm de pluie à Kompong Cham, contre une moyenne sur longue période de 1 455 mm, ce qui représente un écart de près de 41 pour cent. A Pursat, on a enregistré 1 326 mm de pluie en 1994, puis 1967 mm l'année suivante, soit une pluviométrie supérieure de plus de 48 pour cent.

Dans la Province de Battambang qui est une importante région rizicole, les cultures de riz ont été inondées à la suite d'abondantes précipitations au début de la campagne 1996, ce qui a rendu les semis à la volée impossibles, puis en septembre de nouvelles pluies abondantes ont empêché les riziculteurs de fertiliser et de travailler leurs champs, déterminant ainsi une baisse de rendement dans les zones concernées.

Les crues du Mékong influent considérablement sur la production agricole au Cambodge. Les eaux contiennent une grande quantité de limon qui est déposé chaque année sur les champs pendant la période des crues. Ces alluvions peuvent atteindre 300 à 600 grammes par mètre cube, ce qui sur une année représente une couche de 3 à 30 cm d'épaisseur, selon la topographie des terres situées à proximité du fleuve. Le limon et l'eau sont riches en chaux et ont un pH de 6,3 à 7,4.

Le lac Tonle Sap, qui est alimenté par le Mékong, inonde des superficies de plus en plus importantes depuis quelques années. En 1996, de vastes étendues de cultures ont été perdues dans les zones méridionales des provinces de Battambang et de Siem Reap, à cause de l'expansion du lac. La crue prolongée a toutefois été favorable aux cultures de riz flottant, qui ont donné les meilleures récoltes enregistrées depuis de nombreuses années. On pense que le déboisement qui concerne le bassin versant du Mékong et les collines situées au nord et à l'est du lac, influe sur l'ampleur de l'inondation.

Si l'agriculture est le secteur économique dominant au Cambodge, l'étendue des terres consacrées à l'agriculture ne représente pourtant qu'une petite partie des disponibilités. Les terres non boisées représentent 38 pour cent du territoire national, soit 6,66 millions d'hectares. Le riz est de loin la culture la plus importante, couvrant plus de 90 pour cent de la superficie cultivée. La mission estime qu'en 1996/97 seulement 1,87 million d'hectares ont été consacrés au riz de la saison des pluies, et 0,219 million d'hectares au riz de la saison sèche, pour une superficie totale sous riz de 2,1 millions d'hectares, soit un tiers environ des terres qui pourraient être cultivées.

Tableau 1 - Cambodge: Production par type de paddy en 1996/97


Superficie récoltée Production

Hectares1
(en milliers)
% Tonnes 1/
(en milliers)
% Rendement
(kg/ha)
Saison des pluies 1 640 88.2 2 733 80.6 1 670
Riziculture sèche 219 11.8 657 19.4 3 000
TOTAL 1 859 100.0 3 390 100.0 1 820


1/ Arrondi au millier le plus proche.

Le riz est un aliment de base et fournit, selon les estimations, 68 pour cent de la ration calorique quotidienne. Pour le reste, l'alimentation est composée de poisson, viande, tubercules, légumes et fruits. Le riz de la campagne principale est produit pendant la saison des pluies, de mai à décembre. Différentes variétés sont cultivées: les variétés à maturation intermédiaire et tardive représentent environ les trois-quarts de la superficie totale cultivée pendant la saison des pluies. Les variétés précoces sont cultivées sur un cinquième environ de la superficie exploitée dans la saison, tandis que le riz flottant et le riz de montagne représentent respectivement 4 et 2 pour cent environ de la superficie cultivée. Ces proportions peuvent toutefois changer d'année en année, selon la saison. Dans la pratique, les décisions des agriculteurs quant à la variété ou au type de riz à planter sont fondées sur des traditions et sur le régime des précipitations courant. La superficie consacrée au riz flottant est en diminution, remplacée par des semis sur les terres de décrue. Le riz de montagne, produit selon un système de culture itinérante sur brûlis, occupe une place assez stable depuis des années.

Le réseau d'irrigation, gravement endommagé pendant la guerre et les troubles civils, a été encore bien abîmé par les inondations de 1996. Aussi, la production de la saison sèche s'annonce-t-elle très inférieure au potentiel. Toutefois, comme le rendement de la saison sèche sera probablement le double de celui de la saison des pluies, en 1996/97, la production de riz de la saison sèche devrait représenter près d'un cinquième de la production rizicole totale de l'année, même si en termes de superficie récoltée, les cultures de la saison sèche ne devraient pas dépasser 11 à 12 pour cent du total.

Après la grave pénurie enregistrée pendant la campagne 1994/95, la récolte de riz a été bonne en 1995/96 avec un volume de 3,318 millions de tonnes pour une superficie cultivée de 1,782 million d'hectares, à raison de 1,592 million d'hectares pendant la saison des pluies et de 0,191 million d'hectares pendant la saison sèche. Cela représente une progression de 40 pour cent par rapport à la production de 1994/95 et 30 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Pour 1996/97, les cultures de riz de la saison des pluies ont couvert 1,871 million d'hectares selon les estimations de la mission, tandis que 0,219 million d'hectares devraient être consacrés au riz de la saison sèche. Par rapport à 1995/96, la superficie cultivée pendant la saison des pluies a augmenté de près de 5 pour cent tandis qu'il pourrait y avoir un accroissement d'environ 15 pour cent des cultures de la saison sèche. La superficie récoltée pendant la saison des pluies a été de 1,640 million d'hectares, quelque 3 pour cent de plus qu'en 1995/96. A ce niveau, la superficie récoltée a été inférieure à la superficie ensemencée, en raison des pertes imputables principalement aux inondations, mais aussi des dégâts provoqués par les rats et autres ravageurs. Les inondations ont également déterminé un affaiblissement du rendement des cultures de riz de la saison des pluies en 1996/97, qui s'est établi à 1,67 t/ha contre 1,75 t/ha l'année précédente. Concernant la saison sèche, en 1996/97 le rendement moyen devrait être meilleur qu'en 1995/96, avec 3,0 t/ha contre 2,8 tonnes par hectare. Ces rendements sont bien inférieurs au potentiel réalisable avec une bonne préparation des terres, une maîtrise efficace de l'eau, un apport d'engrais adéquat et des méthodes efficaces de lutte intégrée contre les ravageurs.

Les principales zones de riziculture se trouvent dans les régions basses entourant le lac Tonle Sap et le long des principaux cours d'eau, dont le Mékong est de loin le plus important. Ces régions sont naturellement exposées aux inondations qui d'un côté accroissent la fertilité naturelle des sols par les dépôts de limon, mais qui de l'autre peuvent déterminer certaines années de graves pertes de récolte. Ainsi par exemple, en 1994/95, les crues ont dévasté quelque 424 000 hectares de cultures. En revanche, la saison des pluies de 1995/96 a été favorable, avec des pertes totales estimées à 196 000 hectares seulement et imputables à 90 pour cent aux inondations et pour le reste aux maladies et aux ravageurs. En 1996/97, les pertes ont été à nouveau plus importantes, avec un total de 231 000 hectares. Les précipitations ont été dans l'ensemble bonnes pendant la campagne 1996/97 dans la plupart des régions, favorisant les semis et le développement précoce des cultures. Une vague de sécheresse plus longue que de coutume a été enregistrée en juillet dans certaines régions, notamment à Siem Reap, déterminant quelques pertes de récolte. En septembre, des pluies abondantes ont entraîné de graves inondations dans plusieurs provinces causant des dégâts importants aux cultures et empêchant les opérations de fumure.

D'autres cultures sont également pratiquées, même si leur contribution à la production vivrière totale est peu importante (Tableau 2). Pour l'ensemble de ces cultures, la superficie récoltée s'est établie selon les estimations à 170 000 hectares en 1995/96, soit 9 pour cent environ de la superficie totale récoltée, riz compris. En 1996/97, la superficie consacrée à ces cultures devrait rester stable ou marquer un léger recul. Le maïs est la culture principale, en termes de superficie cultivée, les légumes occupant la deuxième place. Les cultures moins importantes sont le manioc, la patate douce, le soja et les arachides. Dans les régions à forte densité de population, comme les provinces de Kandal, de Kompong Cham et de Kompong Speu, les agriculteurs tendent à opter pour des cultures plus rentables que le riz. Ces provinces sont déficitaires en riz, tandis que les régions moins peuplées telles que Battambang, Banteay Meanchey, Siem Reap, Prey Veng, Kampot, Kompong Chhnang et Takeo produisent toutes des excédents de riz.

Tableau 2 - Cambodge: Superficie (récoltée), production et rendement des cultures autres que le riz (1994/95 et 1995/96)


Superficie (en milliers d’ hectares) Production (en milliers de tonnes) Rendement (kg/ha)

1994/95 1995/96 1994/95 1995/96 1994/95 1995/96
Maïs 37 45 45 55 1 220 1 220
Manioc 10 12 65 82 6 500 6 610
Légumes 34 39 197 193 5 790 4 920
Ambérique 26 25 17 20 650 780
Soya 22 16 23 17 1 050 1 070
Sésame 9 8 4 4 440 450
Patate douce 10 9 36 39 3 600 4 160
Arachides 7 9 5 7 710 750
Canne à sucre 7 7 219 203 31 290 27 290

L'élevage occupe une place très importante dans l'économie agricole et alimentaire du Cambodge. Les boeufs et les buffles fournissent plus de 90 pour cent de la force tractrice nécessaire pour les travaux des champs. Le Ministère de l'élevage et de la santé animale recensait à fin 1995 1,3 million de boeufs de trait et 444 000 buffles. Les bêtes de trait, bovins essentiellement, examinées par la mission au début de la saison sèche se trouvaient dans l'ensemble dans de mauvaises conditions. Le fourrage dont ces animaux se nourrissent est constitué essentiellement de paille de riz et des chaumes qu'ils réussissent à brouter. Etant si mal nourries pendant la saison sèche, la capacité de travail de ces bêtes est de ce fait très diminuée pendant la préparation des terres en avril/mai. Aucune culture fourragère ne vient compléter l'alimentation du bétail.

En 1995, on recensait 2,0 millions de porcins et 10,1 millions de volailles, canards compris. Porcs et volaille constituent une source de revenus et de nourriture très importante, mais présentent un taux de mortalité extrêmement élevé imputable à une mauvaise alimentation et aux carences des services vétérinaires. Ces problèmes seront traités dans le cadre du volet "Développement de l'élevage" d'un projet d'amélioration de la productivité agricole proposé par la Banque mondiale et le FIDA.

On signale des disponibilités d'intrants agricoles, d'engrais par exemple, dans certaines régions, surtout le long des routes principales. Ces produits sont toutefois trop coûteux pour bon nombre d'agriculteurs. La qualité des engrais repérables sur le marché est discutable. Quant aux pesticides, ils seraient employés de façon très incorrecte et appliqués bien souvent au mauvais moment et selon un mauvais dosage. Il arrive même parfois que le produit utilisé ne soit pas le bon.



4. ANALYSE DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE DE RIZ, 1997


[ Ce bilan ne concerne que le riz, malgré une production de maïs s'établissant à quelque 50-60 000 tonnes et un certain volume d'autres céréales. En effet, le maïs est essentiellement consommé vert et toutes ces céréales sont utilisées en complément du riz qui est l'aliment de base.]

Pour établir le bilan des disponibilités en riz en 1996/97, la mission s'est basée sur les estimations et les hypothèses suivantes:

Le bilan qui figure au Tableau 3, indique pour 1997 un excédent de 127 000 tonnes de riz. Le Tableau 4 illustre en revanche la situation des disponibilités par province. Toutefois, malgré l'excédent attendu au niveau national, dans de nombreuses communes un nombre important de personnes connaîtront en 1997 des pénuries alimentaires de durée diverse. Comme les possibilités d'emploi en dehors de l'agriculture sont limitées, ces populations manquent également du pouvoir d'achat nécessaire pour se procurer de la nourriture. Leurs besoins devraient donc être couverts par une alimentation d'urgence dans certains cas, mais surtout à travers une aide alimentaire liée à des programmes. Cette question fait l'objet de la section suivante.

Considérant les carences du réseau commercial naissant et les problèmes de transport, l'acheminement du riz des zones excédentaires vers celles en situation de déficit demeure difficile. Le PAM et les donateurs bilatéraux sont invités à effectuer des achats locaux pour leurs programmes d'aide aux populations vulnérables. On recommande par ailleurs que le ouvernement, avec le soutien des donateurs, achète localement quelque 25 000 tonnes de riz à stocker pour les besoins d'urgence. Ces achats permettront de soutenir les prix du riz à la production, ce qui devrait inciter les agriculteurs à accroître leur production.

Tableau 3 - Cambodge: Bilan des disponibilités en riz en 1997 (janvier/décembre)


(en milliers de tonnes) 1/
1. Disponibilité totale (2+3) 2 120
2. Production 1996/97 2 102
Saison des pluies (estimation) 1 694
Saison sèche (prévision) 408
3. Stocks d’ouverture 18
4. Utilisation totale (9+10) 2 120
5. Utilisation alimentaire 1 618
6. Fourrages et semences 147
7. Pertes après récolte 211
8. Stocks de clôture 18
9. Sous-total (5+6+7+8) 1 992
10. Excédent 127


1/ Chiffres arrondis au millier le plus proche



5. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE EN 1997



Evaluation des besoins d'aide alimentaire pour 1997

La mission confirme la bonne récolte de 1996/97, avec un excédent global national en 1997. Pourtant dans beaucoup de communes, nombreux sont ceux qui souffrent encore de pénuries de riz, bien qu'à des degrés divers. Ces pénuries sont une conséquence des pertes de récolte dues à des inondations dans certaines régions, à des infestations de ravageurs, à des disponibilités limitées en terres ou à bien d'autres raisons encore. La pauvreté persiste et il s'agit de fournir aux communautés les plus vulnérables un soutien immédiat sous forme d'aide au développement ou humanitaire, dont l'aide alimentaire représente un véhicule approprié considérant que 80 pour cent de la population est constituée par des paysans pratiquant une agriculture de subsistance. Pour déterminer le nombre des communes concernées, les données obtenues au niveau des communes dans le cadre de l'enquête spéciale d'évaluation des récoltes seront jointes aux informations socio-économiques sur les communes recueillies conjointement avec le Ministère du développement rural. Sur la base des seules informations tirées de l'évaluation des récoltes et à partir de certaines hypothèses de base concernant les disponibilités en terres et le nombre de ménages riziculteurs dans les communes, il est estimé que quelque 265 communes sont touchées (soit environ 19 pour cent de toutes les communes situées dans les 18 principales provinces productrices de riz). Il est donc nécessaire de fournir aux populations vulnérables aussi bien une aide alimentaire liée à des programmes que, dans certains cas, une aide d'urgence pour leur permettre de satisfaire leurs besoins alimentaires minimums et de remettre en état les infrastructures agricoles afin d'améliorer les résultats du secteur. Quelques secours alimentaires d'urgence seront encore nécessaires, mais une grande partie de l'aide alimentaire sera fournie dans le cadre d'activités vivres-contre-travail.

Les résultats de l'enquête sur les communes seront utilisés conjointement avec les données sur la production des communes recueillies dans le cadre de l'enquête sur l'évaluation des récoltes, pour établir la liste définitive des communes bénéficiaires et déterminer leurs besoins d'aide alimentaire. Cette liste identifiera les communes sélectionnées pour lesquelles des projets vivres-contre-travail seront mis en oeuvre en 1997. Sur la base de l'expérience acquise et en supposant qu'aucun déplacement massif de population n'ait lieu, l'aide alimentaire qui sera nécessaire pour soutenir les communautés les plus vulnérables en 1997 a été évaluée à près de 43 000 tonnes de riz, auxquelles il faut ajouter quelque 1 600 tonnes d'autres produits. Un tel volume sera suffisant pour secourir 1,1 million de personnes pendant environ trois mois, sans tenir compte de l'alimentation des collectivités et des activités de formation. Ce total inclut les personnes les plus démunies de toutes les catégories vulnérables susmentionnées.

On considère également qu'à n'importe quel moment de l'année, quelque 40 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays en moyenne recevront une aide sous forme soit de rations d'urgence ("alimentation sans contrepartie"), soit dans le cadre de projets vivres-contre-travail. En cas de besoin immédiat, des rations gratuites pourront leur être distribuées pour une durée de deux à trois semaines, mais l'aide successive sera liée à la participation des bénéficiaires à des activités vivres-contre-travail rapprochées. Les membres vulnérables de ces communautés déplacées recevront encore une "aide alimentaire sans contrepartie". On recommande également au gouvernement royal de conserver en stock quelque 25 000 tonnes de riz pour l'aide alimentaire d'urgence.

Le Tableau 5 présente les besoins d'aide alimentaire pour 1997. Au 1er janvier 1997, le PAM disposait de 2 470 tonnes de riz en stock à l'intérieur du pays et s'était également assuré 18 600 tonnes supplémentaires à titre de promesses de contributions de donateurs divers, dont 8 600 tonnes étaient en cours d'acquisition sur place. De nouvelles contributions sont nécessaires dans le courant de l'année 1997 pour couvrir le déficit établi à 21 930 tonnes. Considérant la disponibilité d'un excédent de riz au Cambodge en 1997, le PAM en consultation avec les pays donateurs, étudiera la possibilité de procéder à de nouveaux achats locaux de riz. Le PAM a acheté sur place des quantités importantes de riz cambodgien au cours des années passées, sauf en 1995 en raison du très mauvais résultat de la récolte de riz de la saison des pluies 1994/95:

1992 4 000 tonnes
1993 10 480 tonnes
1994 6 043 tonnes
1995 148 tonnes
1996 25 509 tonnes

Tableau 4 - Bilan des disponibilités en riz par province en 1996/97

Province Population
1997 (en milliers d’habitants)
Production de paddy 1996 (en milliers de tonnes) Pertes après récoltes (en milliers de tonnes) Production 1996 après les pertes (en milliers de tonnes) Consommation estimative 1997 (en milliers de tonnes) Excédent/déficit estimatifs 1997 (en milliers de tonnes)




Paddy Riz usiné Paddy Riz usiné Paddy Riz usiné
PHNOM PENH 832.1 17.2 2.9 14.2 8.8 202.9 125.8 (188.70 (117.0)
KANDAL 997.8 217.5 37.0 180.5 111.9 243.3 150.9 (62.8) (38.9)
COMPONG CHAM 1 561.2 363.0 61.7 301.3 186.8 380.7 236.1 (79.4) (49.3)
SVAY RIENG 480.2 196.4 33.4 163.0 101.1 117.1 72.6 45.9 28.5
PREY VENG 1 001.3 452.7 77.0 375.7 232.9 244.2 151.4 131.5 81.6
TAKEO 775.9 435.3 74.0 361.3 224.0 189.2 117.3 172.1 106.7
KOMPONG THOM 562.6 188.8 32.1 156.7 97.2 137.2 85.1 19.5 12.1
SIEM REAP 645.1 241.0 41.0 200.0 124.0 157.3 97.5 42.7 26.5
BATTAMBANG 722.8 284.5 48.4 236.1 146.4 176.3 109.3 59.9 37.1
BANTEAY MEANCHEY 525.0 198.2 33.7 164.5 102.0 128.0 79.4 36.5 22.6
PURSAT 339.0 112.0 19.0 93.0 57.6 82.7 51.3 10.3 6.4
KOMPONG CHHNANG 366.9 150.1 25.5 124.5 77.2 89.5 55.5 35.1 21.7
SIHANOUKVILLE 126.3 13.5 2.3 11.2 6.9 30.8 19.1 (19.6) (12.2)
KEP 25.3 4.6 0.8 3.9 2.4 6.2 3.8 (2.3) (1.4)
KAMPOT 503.2 208.4 35.4 173.0 107.2 122.7 76.1 50.2 31.2
KOMPONG SPEU 551.3 150.2 25.5 124.7 77.3 134.4 83.4 (9.7) (6.0)
KRATIE 245.9 50.6 8.6 42.0 26.0 60.0 37.2 (18.0) (11.1)
ODAR MEANCHEY 58.1 21.2 3.6 17.6 10.9 14.2 8.8 3.5 2.2
AUTRES PROVINCES 380.0 85.0 14.5 70.6 43.7 92.7 57.5 (22.1) (13.7)
CAMBODGE 10 699.9 3 390.3 576.3 2 813.9 1 744.6 2 609.4 1 617.8 204.5 126.8

* Y compris le riz utilisé comme semences et celui destiné à l’alimentation animale.

Tableau 5 - Aide alimentaire en riz en 1997 (en milliers de tonnes)


(en milliers de tonnes)
1. Besoins totaux d’aide alimentaire en riz en 1997 (2+3)_ 68
2. Secours d’urgence et aide liée à des programmes 43
3. Constitution de stocks d’aide alimentaire d’urgence 25
4. Disponibilités totales d’aide alimentaire (5+6) 68
5. Stocks du PAM et aide en cours d’acheminement 21
6. Besoins non satisfaits 47


Exécution des programmes et moyens logistiques

Quelques secours d'urgence limités seront nécessaires, mais l'aide alimentaire sera essentiellement utilisée dans le cadre d'activités vivres-contre-travail, au titre de programmes de construction ou de remise en état de petites routes, de canaux d'irrigation et de diverses autres infrastructures agricoles. Le programme du PAM met l'accent sur la méthode participative et encourage les chefs de village et les villageois à définir eux-mêmes leurs priorités en matière de reconstruction. Une fois le projet évalué sur place, un accord spécifiant les réalisations prévues et la rémunération alimentaire est alors signé par le village, le PAM et le service gouvernemental, l'ONG ou l'organisation internationale en question. Le Ministère du développement rural est le principal exécutant du programme du PAM, tandis que plus de 150 ONG, organisations internationales et services gouvernementaux participent actuellement aux activités appuyées par le PAM.

Le PAM dispose actuellement de six succursales régionales couvrant chacune deux ou trois provinces. Le personnel de ces bureaux est responsable de l'identification, de l'approbation, du suivi et de l'établissement de rapports sur les projets vivres-contre-travail réalisés au niveau des villages, ainsi que de l'exécution des programmes d'aide d'urgence dans leurs zones respectives en collaboration étroite avec la Croix Rouge cambodgienne (CRC).

Les moyens logistiques relatifs au programme du PAM sont couverts actuellement par un accord entre ce dernier et la CRC, la couverture des frais étant assurée par des fonds TIEM (Transport intérieur, entreposage et manutention) Le PAM est responsable de la réception, de la première partie du transport et de l'entreposage de toutes les denrées alimentaires et gère des entrepôts en six points du pays. Actuellement, la CRC est responsable de la deuxième partie du transport des vivres entre les entrepôts du PAM et les centres de distribution pour tous les programmes appuyés par le PAM. A cet effet, la CRC gère et entretient un parc de 62 camions du PAM au titre de l'accord ci-dessus.




6. MESURES A MOYEN ET LONG TERME


Les enquêtes sur la production agricole menées conjointement par la FAO, le PAM et le Ministère de l'agriculture, des forêts et des pêches en 1995 et en 1996, ont fourni une base utile pour l'évaluation des récoltes. Il est recommandé que le gouvernement assume dès maintenant l'entière responsabilité des prochaines enquêtes. Une aide FAO/PAM pourra être demandée en cas de besoin.

Les réseaux d'irrigation, gravement endommagés pendant la guerre civile, ont été encore bien abîmés par les inondations de 1996. Selon un rapport officiel, 306 sites dans différentes provinces ont été touchés par les crues de 1996, enregistrant des dégâts aux digues, aux canaux, aux régulateurs et aux ponceaux. Il est fermement recommandé, comme l'avait déjà fait la mission l'an dernier, de remettre en état les ouvrages d'irrigation aux fins du redressement et de l'amélioration du secteur agricole. De plus, de nouvelles installations d'irrigation pourraient être mises en place dans des endroits adaptés pour étendre la superficie consacrée aux cultures de saison sèche.

Les inondations de 1996 ont atteint 16,11 mètres au-dessus du niveau de la mer à Kompong Cham, le niveau le plus élevé depuis 1934. S'il est nécessaire d'améliorer et de remettre en état les ouvrages d'irrigation, il faut également étudier sérieusement les causes de ces crues désastreuses.

On renouvelle ici la recommandation faite par la mission de l'an dernier, concernant la réalisation d'une étude approfondie pour déterminer l'ampleur des pertes après récolte et suggérer des solutions pratiques pour réduire ces pertes.

Une des priorités devrait être la mise en place et le renforcement des services de vulgarisation pour un meilleur usage des engrais, une lutte plus efficace contre les ravageurs et les mauvaises herbes et la diffusion de pratiques de culture plus appropriées.

Comme plus de 90 pour cent des travaux des champs reposent sur la traction animale, il est nécessaire d'améliorer l'état nutritionnel des boeufs et des buffles employés à cet effet, notamment pendant les mois précédant l'époque des semis.

Pour améliorer l'accès des pauvres à la nourriture, il s'agit de mettre l'accent sur la création d'emplois en dehors de l'agriculture. Dans les premiers temps, des activités agro-industrielles et de soutien à l'agriculture (par exemple, la fabrication locale d'outils et d'instruments agricoles) pourraient s'avérer particulièrement utiles.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations provenant de sources officielles ou non. Il est réservé à un usage officiel. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour obtenir des informations complémentaires, le cas échéant

Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télex: 610181 FAO l
Télécopie: 0039-6-5225-4495
Courrier électronique:INTERNET:GIEWS1@FAO.ORG

J. Schulthes
Directeur régional, OSA/ PAM
Télex: 626675 WFP l
Télécopie: 0039-6-5228-2837


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