SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPECIAL

MISSION D'EVALUATION FAO/PAM DES RECOLTES ET DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES EN OUGANDA

8 avril 1997




1. APERÇU GENERAL


Par suite de la sécheresse qui a sévi dans diverses parties du pays au cours de la saison secondaire (octobre-décembre) et compte tenu des troubles civils qui se produisent en permanence dans les districts septentrionaux et qui ont entraîné le déplacement d'un grand nombre de ménages ruraux, une mission d'évaluation FAO/PAM des récoltes et des disponibilités alimentaires a été envoyée en Ouganda pour évaluer la production vivrière en période de "petites pluies", pour faire des prévisions sur les récoltes de la saison des "grandes pluies" et calculer les importations de céréales et l'aide alimentaire à prévoir pour 1997. La mission a étudié les données et les renseignements obtenus de diverses sources, y compris du gouvernement, des organisations du système des Nations Unies, des donateurs et des ONG au niveau central, à celui du district et au niveau local. Des agriculteurs ont été interrogés au cours des visites sur le terrain dans différents districts. Pour effectuer son évaluation, la mission, qui s'était divisée en trois groupes, s'est rendue dans 26 des 39 districts composant les quatre régions, y compris les districts septentrionaux qui souffrent de l'insurrection et d'importants déplacements de population.

Il s'agissait de la première mission d'évaluation FAO/PAM des récoltes et des disponibilités alimentaires organisée en Ouganda. Elle l'a été pour faire face aux difficultés de production vivrière rencontrées, particulièrement dans plusieurs districts septentrionaux par suite de la situation insurrectionnelle et dans certaines parties des districts du nord-est et de l'Est en raison de la sécheresse et des inondations. Une des principales difficultés tenait l'absence de statistiques agricoles fiables. Il est fréquent que les statistiques provenant des districts s’écartent notablement de celles rassemblées au niveau central. Par ailleurs, les données ne sont pas rassemblées par saison. Les cultures vivrières sont généralement produites pendant deux saisons (celle des "grandes pluies" et celles des "petites pluies") et pendant la seconde la récolte se fait entre le mois de décembre d'une année et le mois de février de l'année suivante. Or les chiffres officiels disponibles sont des chiffres globaux pour l'ensemble de l'année civile. D'autre part, la production de la saison des "petites pluies" est ajoutée à celle de l'année précédente, alors qu'elle devrait être disponible pour être consommée et commercialisée l'année suivante. Faute de données saisonnières, la mission est partie de certaines hypothèses pour prévoir par projection la production vivrière globale de 1997.

La mission a constaté que les cultures vivrières correspondant à la saison des "petites pluies" de 1997 ont été perturbées par des pluies irrégulières au cours de la saison - qui ont provoqué une sécheresse dans certaines régions et des inondations dans d'autres - et dans certaines régions par une grave infestation du manioc par le virus de la mosaïque. En outre, la production alimentaire a diminué dans les régions septentrionales par suite d'insurrections qui ont entraîné un déplacement massif de population dans quatre districts, ce qui a gêné les opérations agricoles. Les plantations de maïs ont également subi le contrecoup de la baisse des prix en 1996. Bien qu'il soit difficile de procéder à des comparaisons rigoureuses faute de données historiques par saison de récolte, on estime que la production globale pendant la saison des petites pluies a été plus faible que l'année précédente et en dessous de la moyenne.

Afin d'établir des projections pour prévoir la production vivrière en période de "grandes pluies" en 1997, la mission a corrigé les chiffres pour 1996 obtenus de sources gouvernementales après avoir constaté que la production de certaines cultures, en particulier le maïs, avait été surestimée alors que celle du manioc et de la patate douce avait été sous-estimée.

D'après les chiffres obtenus des sources gouvernementales, la production prévue pour 1996 est de 2 076 000 tonnes pour les céréales, de 529 000 tonnes pour les légumineuses, de 5 143 000 tonnes pour les racines et les tubercules et de 9 110 000 tonnes pour les plantains.

La mission prévoit en 1997 une augmentation de la production de racines et de tubercules et une diminution de celle de toutes les autres cultures: 1 643 000 tonnes de céréales, 512 000 tonnes de légumineuses, 6 472 000 tonnes de racines et tubercules et 8 940 000 tonnes de plantains. Si l'on compare ces chiffres aux prévisions de la consommation humaine et d'autres utilisations, on enregistre en 1997 de légers excédents de céréales, de racines et tubercules et de plantains mais un déficit de légumineuses.

Compte tenu des difficultés de transport et par suite de l'insécurité qui règne, il est souvent impossible d'assurer des échanges commerciaux de produits alimentaires entre les zones excédentaires et les zones déficitaires. D'autre part, beaucoup de gens voient leur accès à la nourriture limité par la baisse de leur pouvoir d'achat. D'où la nécessité, malgré une situation générale apparemment satisfaisante en matière d'approvisionnement alimentaire, d'assurer une aide alimentaire aux personnes gravement touchées par la sécheresse et les inondations ainsi qu'aux personnes déplacées à l'intérieur du pays. Dans toute la mesure du possible, le PAM a acheté la nourriture nécessaire à ses programmes à l'intérieur du pays et entend continuer de le faire à l'avenir. On a évalué le nombre de personnes ayant besoin d'assistance alimentaire à 150 000 pour ce qui est des personnes déplacées à l'intérieur du pays et à 341 000 pour celles touchées par la sécheresse et les inondations. Les besoins en aide alimentaire en 1997 sont évalués pour ces deux catégories respectivement à 30 276 tonnes de céréales et à 6 435 tonnes de produits non céréaliers.

Etant donné l'incertitude qui règne en matière de production vivrière, particulièrement dans la région du Nord touchée par les insurrections, il faut faire preuve d'une vigilance constante et prendre des mesures lorsqu'une nouvelle situation le réclame.

Le service d'alerte rapide du Ministère de l'agriculture, des industries animales et des pêches doit être renforcé. Il est par ailleurs urgent de mettre en place un système fiable de statistiques agricoles. Faute de quoi la planification et la programmation agricoles resteront soumises à de graves contraintes.




2. AGRICULTURE AU NIVEAU MACRO-ECONOMIQUE

[ Les sources des données et des informations contenues dans cette section sont les suivantes: The Republic of Uganda: Country Position Paper on Food Security (Déclaration nationale de la République ougandaise en matière de sécurité alimentaire) présenté au Sommet alimentaire mondial, FAO, Rome, 13-17 novembre 1996; Gouvernement ougandais, Ministère de la planification et du développement économique (MPED). The 1991 Population and Housing Census: Fact Sheet; Gouvernement ougandais, MPED, Background to the Budget 1996-1997, juin 1996; R.L. Sharer et autres; Uganda: Adjustment with Growth 1987-94, FMI, mars 1995; Banque mondiale, Uganda: The Challenge of Growth and Poverty Reduction, juin 1995.]

L'Ouganda, pays sans littoral d'Afrique australe, est bordé par le Zaïre à l'ouest, le Soudan au nord, le Kenya à l'est, et la Tanzanie et le Rwanda au sud. Sa superficie totale est de 241 038 km2 (24,1 millions d'ha) dont 70% sont propices à l'agriculture. Il jouit d'un climat tropical avec de fortes précipitations dans la plupart des régions.

Le secteur agricole ougandais offre un fort potentiel mais celui-ci ne peut être réalisé que si l'on améliore les pratiques agricoles à l'intention des agriculteurs et que ceux-ci les adoptent. Certaines recommandations dans ce sens sont données à la section VIII du présent rapport.

A la mi-1997, la population est évaluée (selon le recensement de 1991) à 20,4 millions d'habitants, dont environ 86% vivent dans des zones rurales. Avec une croissance d'environ 2,5% par an, la population est jeune, 75% des Ougandais ayant moins de 30 ans. La densité de la population reste faible (en 1997) avec 85 personnes environ par km2, encore qu'il y ait des variations marquées.

Le Gouvernement ougandais poursuit une politique de modernisation de l'économie dans le cadre d'une économie de marché et des réformes macro-économiques qui vont de pair. D'importantes réformes structurelles ont été mises en oeuvre depuis 1987 en ce qui concerne la libéralisation des prix, la réforme de l'entreprise publique, les réformes du secteur financier, les réformes de la fonction publique et la démobilisation. Des progrès notables ont été enregistrés en vue de stabiliser l'économie avec une baisse marquée de l'inflation (ramenée d'après les estimations à un taux annuel moyen d'un peu plus de 7% pour 1995/1996) et avec un déficit des opérations courantes extérieures (non compris les subventions) en forte diminution jusqu'à atteindre, d'après les estimations, 7,9% du PIB en 1994/1995 et 6,7% en 1995/1996. Le déficit budgétaire global a également bien diminué ces dernières années, passant de 4,3% du PIB en 1993/1994 à environ 1,8% en 1995/1996. La situation des paiements extérieurs a continué de s'améliorer, ce qui a permis d'accumuler une bonne réserve de devises étrangères de 606,5 millions de dollars en avril 1996, suffisante pour assurer plus de cinq mois d'importations. Néanmoins, le service de la dette extérieure continue d'exercer une sévère ponction sur les ressources de l'économie.

La croissance économique s'est également nettement renforcée ces dernières années atteignant un taux estimatif annuel de plus de 10% en 1994/1995 et de 8,5% en 1995/1996. L'Ouganda reste pourtant un des pays les plus pauvres du monde avec un PIB par habitant évalué à 283 dollars des Etats-Unis (1995/1996) aux prix actuels du marché et à 147 dollars aux prix constants de 1991. On enregistre un fort chômage qui s'est encore aggravé sous l'effet de l'ajustement structurel. D'où une pauvreté qui reste généralisée. Par ailleurs, pour soutenir la croissance en cours, l'économie reste trop tributaire de l'aide étrangère: d'après la Banque mondiale, la dette étrangère est passée de 2 milliards 97 millions de dollars en 1990 à 2 milliards 561 millions en 1994 et devrait d'après les projections passer à 4 milliards 886 millions en l'an 2003. A l'heure actuelle, elle est d'environ 3,5 milliards.

L'agriculture est au centre de l'économie ougandaise. Elle occupe environ 86% de la population active du pays et intervient dans le PIB à raison de 47% environ. En 1995, elle fournissait environ 85% du total des exportations de marchandises du pays - 73% pour les cultures traditionnelles d'exportation (café, coton, thé, tabac) et environ 12% pour les cultures non traditionnelles (simsim et céréales, plus particulièrement le maïs).

Le rendement est généralement faible car on emploie peu de semences améliorées et pratiquement pas d'engrais. En outre, la préparation des terres se fait pour l'essentiel à la main. D'où l'énorme croissance agricole potentielle, étant donné qu'on peut cultiver davantage de terres et qu'on peut perfectionner les méthodes agricoles en utilisant davantage de semences améliorées, d'engrais et de petits tracteurs. La planification et la programmation agricoles n'en sont pas moins fortement gênées par l'absence de statistiques agricoles fiables. A moyen et long terme, certaines mesures devront être prises pour réaliser le potentiel agricole ougandais.



3. PRODUCTION VIVRIERE


La plupart des régions du pays bénéficient en général de précipitations suffisantes qui varient de 500 à 700 mm par an dans les zones essentiellement pastorales du nord-est à 2 000 mm dans les montagnes Ruwenzori au sud-ouest et sur les pentes du mont Elgon à l'est. Les précipitations suivent essentiellement deux cycles, ce qui, dans des conditions de culture non irriguée, permet d'obtenir deux récoltes par an. Dans le nord-est, au climat sec, il n'y a qu'une récolte par an alors que dans les districts de Kitgum, on obtient une récolte de cultures vivrières pendant les grandes pluies, entre mars et juin, et une récolte de cultures marchandes pendant la deuxième saison.

3.1 Production, 1992-96

On trouvera au tableau 1 les chiffres sur la production vivrière pour 1992-1996 fournis par des sources gouvernementales et au tableau 2 les projections pour 1997 établies par la mission.

Les chiffres du tableau 1 englobent, pour chaque année civile, ceux correspondant à la saison des grandes pluies (avec une récolte en juillet-août de l'année indiquée) et ceux correspondant à la saison suivante de petites pluies (avec d'ordinaire une récolte entre le mois de décembre de l'année indiquée et le mois de février suivant). C'est ainsi que la production de 1996 se compose des récoltes de juillet-août 1996 et de celles faites pendant la période allant de décembre 1996 à février 1997. Cette pratique ne correspond pas à la réalité commerciale ni à la réalité de la consommation. S'il est un fait que la production de la saison des grandes pluies peut être consommée ou vendue pendant l'année même, la production de la saison des petites pluies en revanche ne peut être consommée et vendue que l'année suivante. Malheureusement, les chiffres ne sont rassemblés que comme indiqué au tableau 1, et, de plus, il n'existe pas de ventilation saisonnière. Des efforts poussés ont été faits tant au niveau central qu'à celui des districts pour obtenir des renseignements sur la production végétale par saison mais en vain. On peut tirer du recensement agricole de 1990/1991 une vague répartition mais, comme cela a été confirmé, ce recensement ne s'est pas fait dans les normes et n'est donc pas fiable. Il en ressort toutefois que, dans l'ensemble, la saison des grandes pluies donne environ 70% de la production vivrière, à l'exception du manioc et des bananes qui sont produits tout au long de l'année. Il serait très important que les chiffres en matière d'agriculture soient rassemblés et tenus par saison.

Il ressort d'entretiens avec des représentants d'organismes de développement, de donateurs et d'ONG, avec des fonctionnaires et avec des négociants que les chiffres officiels surestiment la production végétale dans certains cas et la sous-estiment dans d'autres. C'est ainsi qu'en 1993/1994 il y a eu surabondance de maïs sur le marché et les prix ont chuté jusqu'à atteindre 40 dollars ou moins par tonne, ce qui a fait perdre beaucoup d'argent aux agriculteurs. Ceux qui ont été interrogés par la mission un peu partout dans le pays ont déclaré avoir réduit la superficie de leurs cultures de maïs après cette chute des prix. Or les chiffres officiels indiquent une tendance continue à l'augmentation de cette superficie. Selon les négociants et le PAM, il n'y a pas autant de maïs dans le pays qu'en 1994 ce qui suppose une baisse de superficie et/ou de rendement. Par ailleurs, l'insécurité généralisée dans les districts septentrionaux de Kitgum et de Gulu et, dans une moindre mesure, dans ceux de Moyo et Arua, a provoqué une baisse notable de la production agricole et de la superficie cultivée. Il semblerait que ces paramètres ne soient pas pris en compte dans la compilation des données officielles. Dans les rapports annuels reçus par la mission pour les divers districts, l'élément insécurité n'intervient pas dans le

calcul de la production. D'autre part, la superficie des cultures de manioc et de patates douces est surestimée, tandis que les rendements, eux, sont notablement sous-estimés.

3.2 Production vivrière en 1997

En se fondant sur une large gamme d'entretiens, sur une étude de la documentation pertinente disponible et sur des inspections des cultures au cours de visites sur le terrain, la mission, au tableau 2, propose un scénario pour la production vivrière de 1997. Elle insiste vivement sur la nécessité de procéder dès que possible à une enquête/étude approfondie qui permette d'obtenir de meilleures informations.

Les cultures vivrières de "petites pluies" de 1997, dont la récolte s'est faite entre décembre et janvier, ont été perturbées par i) des pluies irrégulières au cours de la saison - qui ont provoqué une sécheresse dans certaines régions et des inondations dans d'autres; ii) une grave infestation du manioc par le virus de la mosaïque dans certaines régions; iii) l'insécurité qui règne dans la région septentrionale et iv) la diminution de la superficie plantée par réaction à la baisse des prix des années précédentes. Dans certaines régions on a néanmoins obtenu une production moyenne. Dans l'ensemble, on estime que la production a été plus faible que l'année précédente et que pendant une année normale. Dans la région centrale, malgré les pluies irrégulières tombées pendant la saison, les précipitations cumulées ont été suffisantes et, en général, la récolte de cultures vivrières a été pratiquement normale. En revanche, dans la région orientale, les précipitations tardives, au-dessous de la normale, en septembre, octobre et décembre, venant s'ajouter à des inondations dans certaines régions et au virus de la mosaïque du manioc, ont gravement affecté les cultures à divers endroits. Dans la région septentrionale, l'insécurité et les conflits enregistrés dans quatre districts ont provoqué un déplacement massif de population qui a gêné l'activité agricole. Cette situation, aggravée par des pluies tardives, la sécheresse et des inondations en divers endroits, a provoqué une chute marquée de la production. Dans la région occidentale, la production en période de petites pluies a donné des résultats variables. Les fortes précipitations enregistrées pendant la saison ont été, d'une manière générale, bénéfiques aux cultures en plein développement mais ont provoqué des inondations de-ci de-là, tandis que de graves infestations du manioc par le virus de la mosaïque ont réduit la production dans certains districts.

Afin d'établir les projections pour la production en saison de grandes pluies en 1997, la mission est partie de l'hypothèse que la production resterait inchangée par rapport à la récolte à peu près normale de 1996 si l'on escompte une augmentation des plantations de céréales en réaction à la hausse des prix contrebalancée par une réduction de la superficie cultivée dans les régions du nord touchées par l'insécurité. On a également considéré que les conditions climatiques seraient normales. La prévision se fondait sur les superficies plantées et les rendements tels qu'évalués officiellement en 1996, corrigés en fonction de l'étude de la situation effectuée par la mission et des résultats de ses visites sur le terrain.

Tableau 1: Production vivrière en Ouganda: 1992-1996 (superficie en milliers d’hectares; rendement en kg/ha; production en milliers de tonnes)



1992

1993

1994
1995

1996
Culture Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.
Céréales 1 141
1 743 1 220 1 880 1 295
1 936 1 290
2 027 1 321
2 076
Maïs 438 1 500 657 503 1 598 804 563 1 510 850 570 1 600 912 587 1 600 939
Coracan 396 1 600 634 404 1 510 610 412 1 480 610 393 1 599 628 400 1 600 640
Sorgho 252 1 488 375 255 1 502 383 260 1 499 390 265 1 500 398 270 1 500 405
Riz 50 1 360 68 53 1 396 74 55 1 400 77 57 1 404 80 59 1 407 83
Blé 5 1 800 9 5 1 800 9 5 1 800 9 5 1 800 9 5 1 800 9
Légumineuses 662
524 694
540 705
495 750
507 779
529
Haricots 536 750 402 552 775 428 557 659 378 597 648 387 621 651 404
Autres 126 968 122 142 789 112 148 791 117 153 784 120 158 791 125
Tubercules 841
5 069 869
5 417 837
4 577 875
4 832 910
5 143
Manioc 362 8 000 2 896 369 8 507 3 139 320 6 500 2 080 330 6 700 2 211 347 7 000 2 429
Patates douces 442 4 309 1 905 460 4 257 1 958 473 4 501 2 129 497 4 497 2 235 512 4 500 2 304
Pommes de terre 37 7 243 268 40 8 000 320 44 8 364 368 48 8 050 386 51 8 039 410
Plantains 1 459 5 350 7 806 1 438 5 526 8 222
5 667 8 500 1 511 5 956 9 000 1 519 5 997 9 110


Source: Ministère de l’agriculture, des industries animales et des pêcheries.

Tableau 2: Prévisions de production vivrière établies par la mission pour 1997 1/

Culture Superfice (milliers d’ha) Rendement Production (milliers d’ha)
Céréales 1130
1643
Maïs 470 1500 705
Coracan 360 1500 540
Sorgho 240 1300 312
Riz 55 1400 77
Blé 5 1800 9
Légumineuses 705
512
Haricots 580 700 406
Autres 125 850 106
Tubercules 849
6472
Manioc 320 10000 3200
Patates douces 480 6000 2880
Pommes de terre 49 8000 392
Plantain 1490 6000 8940


1/ Récoltes de décembre 1996 à février 1997 et récoltes prévues pour juillet-août 1997.

La mission s'est rendue dans la plupart des districts d'Ouganda et a étudié les méthodes employées pour rassembler les statistiques sur la production. Dans de nombreuses régions, particulièrement dans les districts septentrionaux de Gulu, Kitgum, Moyo et Arua, l'insécurité qui règne empêche les agents de vulgarisation de s'éloigner des principaux centres commerciaux. Trois agents ont été tués en 1996 dans des incidents différents. Des projections annuelles sont établies concernant la hausse de production dans tous les districts, mais il n'est pas toujours possible d'y procéder, particulièrement dans les zones dangereuses. La mission estime donc que les chiffres sur la superficie cultivée sont surévalués, dans les quatre districts susmentionnés qui sont le plus touchés par les problèmes d'insécurité.

S'agissant de la production de maïs, il n'a pas été tenu compte des effets de la saturation du marché en 1993/1994. Cette saturation et la baisse des prix qui en a résulté ont été évoquées par de nombreux agriculteurs que la mission a rencontrés comme expliquant le fait qu'ils avaient réduit leur production de maïs depuis quelques années. En 1994, le prix du maïs a baissé jusqu'à atteindre 40 dollars par tonne ou moins et les années suivantes les agriculteurs ont réduit la superficie qu'ils consacraient à cette culture, probablement jusqu'à atteindre celle de 1992. Bien que la superficie consacrée à la culture du maïs ait diminué, les estimations officielles de cette superficie ont continué d'augmenter tous les ans, de 11% en 1994, de 1,2% en 1995 et, à titre prévisionnel, de 3% en 1996. Malgré l'augmentation apparente de la superficie de culture du maïs, la quantité effective de maïs en vente sur le marché ces dernières années a notablement diminué et les contrats d'achat du PAM en 1996/1997 n'ont pas pu être tous honorés.

Autre indicateur de pénurie, les prix du maïs, tels qu'indiqués par un important négociant, sont passés en 1996 de 120 dollars la tonne au début de l'année à 300 dollars en décembre. Ce prix élevé devrait encourager de nombreux agriculteurs à recommencer à planter du maïs et la production devrait augmenter cette année. Toutefois, dans les districts peu sûrs de la région septentrionale, où le maïs serait cultivé sur plus de 70 000 ha, la production baissera fortement en 1997. Si l'insécurité continue de régner dans les zones de Kasese et Bushenyi, la production dans ces zones pourrait également en subir le contrecoup.

La mission n'a pas tenu compte des prévisions de superficies plantées ni du calcul prospectif de la production de céréales, de légumineuses, des graines oléagineuses, des bananes et des tubercules, compte tenu de l'importance de ces cultures dans les districts peu sûrs de Kitgum, Gulu, Moyo et Arua. Mais, en se fondant sur les enquêtes auprès des agriculteurs et des négociants, on a prévu d'importantes hausses du rendement du manioc et de la patate douce et corrigé légèrement les rendements estimatifs d'autres cultures. Etant donné qu'on ne peut compter que le rendement relativement élevé de 1,6 tonne de maïs par hectare soit maintenu dans tout le pays, compte tenu de la forte incidence du virus de la bigarrure du maïs, de l'existence de variétés à faible rendement et de l'absence d'engrais, la mission a ramené ce chiffre à 1,5 tonne par hectare. En revanche, les rendements du manioc et de la patate douce à 7 et 4,5 t/ha respectivement semblent plutôt faibles et ont été relevés à 10 et 6 tonnes par hectare. L'effet négatif du virus de la mosaïque du manioc sur le rendement est bien connu mais un manioc sain sur des sols de bonne qualité devrait pouvoir atteindre des rendements bien plus élevés. D'après le recensement de l'agriculture de 1990/1991, le manioc aurait atteint des rendements de 27,2 t/ha et la patate douce des rendements de 8,1 t/ha, chiffres qui sont l'un et l'autre bien au-dessus des prévisions de rendement actuelles. Une enquête détaillée sur le rendement de toutes les cultures s'impose.




4. ANALYSE REGIONALE


La mission s'est rendue dans les quatre régions et a parcouru 26 des 39 districts où elle a interrogé les agriculteurs, les associations d'agriculteurs, le personnel local du Ministère de l'agriculture, des industries animales et des pêcheries, les fonctionnaires de l'ONU et les représentants des ONG.

Région centrale

La région centrale comprend les districts de Kampala, Masaka, Luwero, Mpigi, Sese, Rakai, Mukono et Mubende et Koboga. Les précipitations ont été en dessous de la normale en juillet, août et septembre à Entebbe. A Luwero, les pluies sont arrivées dès juillet prenant les agriculteurs par surprise. Par la suite, elles ont été irrégulières et la saison s'est terminée plus tôt que de coutume en novembre, ce qui a porté préjudice aux cultures tardivement semées. Kampala a enregistré des précipitations inférieures de 27% à la normale d'octobre. Une bonne pluviométrie a été enregistrée dans toute la région centrale en novembre, tandis qu'en décembre les pluies sont restées en dessous de la normale dans de nombreuses parties de la région centrale, sauf à Entebbe, qui a reçu des précipitations d'un niveau moyen pour le mois de décembre.

D'une manière générale, cette région ne couvre pas ses besoins en production vivrière. Cela est en partie dû au grand nombre d'habitants de la capitale, Kampala, mais le fait que les agriculteurs optent largement pour les cultures marchandes telles que les légumes et le café entraîne une diminution de la production vivrière dans certains districts ruraux tels que Luwero. La forte incidence du virus de la mosaïque du manioc a également fait diminuer la production vivrière ces dernières années. La région produit un excédent de bananes, de pois, d'arachides et de pommes de terre alors que la production de manioc, de haricots, de maïs, de sorgho et d'oléagineux est déficitaire.

La production de maïs a baissé par suite de la chute prononcée des prix perçus par les agriculteurs après la récolte exceptionnelle de 1993/1994. La capacité de stockage des exploitations est également faible, ce qui contraint les agriculteurs à mettre le maïs sur le marché immédiatement après la récolte lorsque les prix sont au plus bas. Le maïs est essentiellement cultivé pour être consommé frais dans le district de Luwero. La production de bananes est une activité importante dans le district de Masaka et la sécheresse qui règne depuis le début de décembre a provoqué la maturation, ce qui a fait chuter notablement les prix du marché. On a signalé à Luwero un foyer de fusariose de la patate douce, ce qui a entraîné une baisse du rendement d'environ 5 à 10%.

Le cheptel est également très important à Luwero, à Mukono, à Masaka, à Mpigi et à Rakai et la sécheresse qui règne généralement depuis novembre a ralenti la croissance des pâturages. La disponibilité d'eau ne constitue pourtant pas un problème pour les agriculteurs qui disposent de barrages communaux et de sources d'eau naturelles. La région produit de grandes quantités de viande, de lait, de volaille et d'oeufs.

Dans l'ensemble, la production agricole de la région pendant la dernière saison de petites pluies semble être restée moyenne.

Région orientale

La région orientale, à la frontière du Kenya, comprend les districts de Jinja, Mbale, Iganga, Kamuli, Tororo, Kapchorwa, Kumi, Pallisa et Soroti. Il s'agit d'une des régions les plus peuplées d'Ouganda, où la plupart des agriculteurs font pousser du millet, du manioc, du maïs, des haricots, des bananes et des graines de soja. Bien que dans la région, le sol et le climat permettent la plupart des années une production alimentaire excédentaire, ce potentiel est sous-utilisé en raison de la faible mécanisation agricole qui freine l'extension de la superficie cultivée et en raison de techniques agricoles peu évoluées faisant très peu appel aux semences améliorées, aux engrais et aux autres moyens de production.

Avec une moyenne annuelle de précipitation variant de 800 à 1 200 mm et un régime pluviométrique en deux phases, qui permet de faire deux récoltes par an, la région orientale devrait être à l'abri de tout problème alimentaire. Mais, les précipitations ont été irrégulières en 1996, à l'exception du district de Kapchorwa sur les pentes du mont Elgon. Pendant la deuxième saison, les pluies sont arrivées tard et le niveau des précipitations en dessous de la normale a fait flétrir le maïs au moment critique de la floraison. A Jinja, les précipitations ont été inférieures de 59% à la normale au cours des trois premières semaines de septembre. En octobre, les précipitations sont restées en dessous de la normale à Soroti (72%) et à Jinja (65%). En revanche, des précipitations surabondantes ont été enregistrées ailleurs, ce qui a provoqué des crues éclair et des glissements de terrain qui ont détruit les cultures au premier stade de la végétation. Les cultures qui ont été replantées ont souffert de l'interruption prématurée de la saison des pluies. A Jinja, à Tororo et à Soroti, les précipitations de décembre 1996 ont été respectivement de 78%, 75% et 52% inférieures à la normale. La production agricole au cours de la dernière saison de petites pluies a fortement souffert dans certaines parties de la région.

Les cultures de manioc ont déjà été endommagées par suite des nombreux cas de virus de la mosaïque du manioc ce qui, aggravé par les méthodes agricoles inadéquates et les fortes ventes, a entraîné des pénuries vivrières dans certaines parties de la région.

Le gros de la production agricole provient des districts de Iganga, Jinja, Tororo et Mbale au sud de la région. Les districts de Kumi, Soroti et Kamuli, au nord, reçoivent des précipitations marginales et ont des sols plutôt pauvres qui conviennent mieux à certaines céréales et au manioc. Ce sont ces régions qui ont le plus souffert d'une météorologie défavorable en 1996 et au début de 1997.

L'évaluation des échanges commerciaux transfrontaliers par Busia et Malaba à laquelle la mission s'est livrée l'a amenée à constater que d'importantes quantités de haricots, de maïs et de bananes ont été exportés au Kenya pendant la saison. Le fort commerce à l'exportation venant s'ajouter à une faible production locale, a entraîné d'importantes hausses des prix. C'est ainsi que les prix du maïs ont augmenté de 67% par rapport à ceux de 1995. Les prix du manioc sont passés de 100 à 200 shillings ougandais par kilo, tandis que les prix du sorgho et du millet ont augmenté de 70% et de 80% respectivement par rapport à l'année précédente. L'augmentation des prix a encouragé les agriculteurs à préparer de plus grandes étendues de terres pour la saison de 1997 et, si les précipitations sont bonnes, la récolte de cultures alimentaires devrait augmenter notablement à la saison des grandes pluies.

Toutefois, il faut encore renforcer la fourniture de matériel végétal pour la plantation de cultivars de manioc résistant au virus de la mosaïque. Il est en outre nécessaire d'employer davantage les variétés améliorées d'autres cultures, notamment le maïs, le sorgho et les arachides et d'employer également les engrais appropriés.

Région septentrionale

La région septentrionale comprend neuf districts: les zones agro-pastorales de Kotido et Moroto à l'est, Kitgum, Apac, Lira et Gulu au centre et Moyo, Arua et Nebbi de l'autre côté du Nil Albert à l'ouest. La production agricole a été affectée par deux grands facteurs pendant le deuxième semestre de 1996: l'insécurité et, dans une moindre mesure, une météorologie défavorable.

L'insécurité et les troubles à Kitgum, Gulum, Moyo et Arua ont provoqué depuis juin 1996 un déplacement massif de la population de ces districts.

A Kitgum, le district le plus étendu du pays avec 16 136 km2, l’insécurité a entraîné un important déplacement de population. Le comté de Lamwo, le plus fertile du district de Kitgum, est celui qui est le plus touché par l'insécurité qui y a provoqué une chute marquée de la production alimentaire. Bon nombre des personnes déplacées ont vu leurs fermes et leurs greniers brûlés et se retrouvent maintenant pratiquement sans ressources. Kitgum possédait une importante population animale évaluée à 15 000 têtes de bétail en 1986. Le cheptel actuel a été réduit à quelque 2 262 têtes par suite des insurrections et des vols de bétail. Les boeufs étaient couramment utilisés pour la culture à Kitgum mais maintenant les agriculteurs doivent faire appel au travail manuel, ce qui réduit considérablement le potentiel productif du district. Les sous-comtés qui bordent le district de Kotido à l'est ont été gravement touchés par la sécheresse. A Moyo, certains agriculteurs peuvent revenir chez eux en prenant quelques risques pour récupérer les aliments qui n'ont pas été détruits.

Le régime de culture varie considérablement d'un coin de la région septentrionale à l'autre. Les Karamojongs, essentiellement des éleveurs, ne récoltent qu'une seule grande culture vivrière, le sorgho, semé en avril et récolté en août. Les pluies sont arrivées en retard en 1996 et cette période de sécheresse a été suivie de précipitations torrentielles qui ont endommagé les cultures. La production de sorgho dans les zones de Karamoja s'en est donc trouvée affectée. A Kitgum, la combinaison de conflits et de précipitations irrégulières a fait baisser la production d'environ 40%. Etant donné que Kitgum fournit normalement en vivres la zone de Karamoja, les effets de cette baisse de production se feront également sentir là-bas.

A Kitgum, les principales cultures vivrières, à savoir le millet et le sorgho, poussent pendant une saison, tandis que les cultures marchandes telles que le simsim poussent pendant la deuxième saison. Si l'insécurité qui règne actuellement se maintient ou s'étend, la production vivrière y connaîtra un fort déficit en 1997. Le manioc est cultivé toute l'année mais sa production a été affectée par le virus de la mosaïque qui a amené de nombreux agriculteurs à abandonner cette culture. Les efforts faits par le Ministère de l'agriculture pour multiplier le matériel végétal permettant de planter des cultivars tolérants et résistants ont été gravement entravés par l'insécurité qui se maintient. Les patates douces sont cultivées le long des berges des cours d'eau et constituent une importante source alimentaire jusqu'en mars-avril.

A Moyo, l'insécurité constitue un grave problème qui affecte l'agriculture en empêchant les agriculteurs d'aller préparer leurs terres. D'après les négociants, les produits alimentaires en vente à Kampala et dans d'autres régions du pays ont fortement diminué.

Dans le district de Gulu, le service de vulgarisation ne peut pas se rendre chez les agriculteurs depuis que trois agents de vulgarisation ont été tués au cours d'incidents séparés en 1996.

Dans l'ensemble, la région doit s'attendre à une production vivrière en dessous de la moyenne.

Région occidentale

La région occidentale comprend les districts de Masindi, Bundibuio, Hoima, Kibaale, Kabarole, Kasese, Mbarara, Bushenyi, Ntungamo, Rukungiri, Kabale et Kisoro. Le cheptel est important à Mbarara, Bushenyi et Ntungamo. Le district de Kasese connaît deux saisons agricoles, la première de février à juin, avec pour principales cultures le maïs et les haricots, tandis que la seconde commence en août et se termine à la mi-février. On estime que la production d'haricots est en baisse par rapport à l'année précédente par suite des fortes pluies enregistrées en octobre et en novembre 1996 qui ont facilité l'apparition d'anthracnoses. Le virus de la mosaïque du manioc a également affecté la culture de cette racine à Kasese. On a appris de Kasese que des inondations s'y seraient produites, accompagnées de glissements de terrain dans certaines régions de collines. On attribue ces glissements à la pratique trop étendue du brûlis sur les collines.

Le manioc est un des principaux produits de base dans le district de Masindi mais il a été dévasté par le virus de la mosaïque qui a frappé en 1989 les comtés septentrionaux du district. Depuis lors, la production a repris grâce à l'introduction de cultivars de manioc tolérants.

Les prix des haricots et du maïs ont considérablement augmenté à Kasese par suite de la pénurie, le prix à la production passant pour le maïs de 200 shillings par kg contre 120 l'année précédente. Le prix des haricots aurait atteint 600 à 700 shillings par kg contre 220 à 310 l'année précédente. Dans toutes les installations de négociants visitées à Kasese, les stocks sont peu importants étant donné que les prix sont trop élevés pour que la plupart des négociants puissent accéder au marché, compte tenu particulièrement du coût élevé du transport à destination des marchés de Kampala.

L'insécurité que font régner les éléments rebelles dans les zones montagneuses de Rwenzori le long de la frontière zaïroise a provoqué depuis novembre 1996 le déplacement d'une population nombreuse. Ces personnes vivent avec des parents et des amis à Kasese et à Bushenyi. On a signalé des cas d'arrachage de manioc par les insurgés à Bushenyi ainsi que des vols de bétail, particulièrement de caprins. La crainte d'être attaqués par les insurgés empêche les agriculteurs de préparer les terres comme ils le feraient normalement à cette époque de l'année et, si cette situation se maintient, les principales cultures de la saison des grandes pluies en souffriront énormément.

On s'attend à une pénurie de semences améliorées à Bushenyi par suite de la déficience des canaux de distribution qui pour l'ensemble du district ne relèvent que d'un seul agent. Les semences locales ont un faible rendement ce qui aura un effet très dommageable sur la récolte de juillet 1997.

On a évalué le rendement du maïs et des haricots à Kasese à 1,7 et 0,7 tonne par ha respectivement. Toutefois, la superficie plantée en 1996 a été moindre que les années précédentes, en raison essentiellement de la faiblesse des prix payés pour la récolte précédente et par suite d'une mauvaise répartition des précipitations sur les cultures de maïs. D'après les informations reçues, il y a eu de nombreux cas d'attaques de parasites et de maladies qui ont beaucoup nui aux récoltes, notamment le virus de la bigarrure du maïs, les foreurs de tige, les pucerons du haricot et le ver de l'épi du maïs. L'Association nationale des agriculteurs ougandais s'efforce de contribuer à la lutte phytosanitaire en fournissant des insecticides et des fongicides à des prix subventionnés et en accordant des crédits. Les précipitations ont été bonnes ou irrégulières selon les zones dans la région, avec un effet variable sur la production agricole. Dans l'ensemble, les résultats obtenus dans le domaine de l'agriculture pendant la dernière saison des petites pluies ont été à peu près moyens.




5. ELEVAGE


L'élevage est un élément très important de l'économie agricole ougandaise. En 1995, le cheptel se présentait comme suit [ Source: République d'Ouganda, 1996 Statistical Abstract (Relevé statistique pour 1996), Département des statistiques, Ministère des finances et de la planification économique, Gouvernement ougandais.] : 5 233 000 bovins, 924 000 ovins, 5 545 000 caprins, 1 343 000 porcins, 21 832 000 volailles.

Au cours de sa visite la mission n'a entendu parler d'aucun problème fondamental de production. Toutefois, l'apparition de la peste bovine au Kenya et en Tanzanie constitue une menace potentielle pour le bétail ougandais.




6. ANALYSE DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE


Le bilan alimentaire figurant au tableau 3 ci-dessous a été dressé à partir des projections établies par la mission pour 1997 en matière de production vivrière qui figurent au tableau 2. Les chiffres produits par la mission sont provisoires et il est recommandé de procéder à une enquête statistique appropriée pour produire des statistiques agricoles fiables.

Pour dresser ce bilan, la mission a utilisé les chiffres estimatifs et les hypothèses suivantes [ Les sources des paramètres et des données de base utilisés sont: The Republic of Uganda: National Food Strategy , Ministère de la planification et du développement économique, Gouvernement de l'Ouganda, juillet 1996; "Border Trade Baseline Study", avril 1996, étude élaborée pour le compte de l'Agribusiness Development Centre (ADC)/IDEA (Projet ougandais d'investissement dans l'agriculture destinée à l'exportation) et des consultations menées en Ouganda auprès de personnes bien informées au niveau central et au niveau des districts. ] :

Tableau 3: Bilan alimentaire en Ouganda en 1997 (janvier-décembre) (en milliers de tonnes)


Céréales Légumineuses Racines et tubercules Plantains
TOTAL DES DISPONIBILITES INTERIEURES 1 643 512 6 472 8 940
Production 1 643 512 6 472 8 940
Prélèvement sur les stocks 0 0 0 0
UTILISATION TOTALE 1 643 604 6 472 8 940
Alimentation 1 142 449 4 570 8 119
Ensemencement 23 38 98 0
Aliments pour animaux 42 0 0 0
Pertes 270 82 1 618 8 05
Excédents exportables 1/ 1662/ 35 186 16
IMPORTATIONS NECESSAIRES
92

Importations commerciales 92


1/ Exportations prévues, essentiellement non déclarées, vers les pays voisins.
2/ Exportations nettes après la prise en compte des petites quantités de blé et de riz importés.

Le bilan ci-dessus indique d'un côté de légers excédents de céréales, de racines et de tubercules et de plantains, mais de l'autre un déficit de 92 000 tonnes de légumineuses.

Dans l'ensemble, la situation alimentaire au niveau national semble s'annoncer satisfaisante pour 1997, mais certaines parties des districts septentrionaux connaissent un déficit alimentaire dû à des situations insurrectionnelles tandis que dans les districts du nord-est et de l'est, par suite de la sécheresse et des inondations, un grand nombre de personnes souffrent d'une pénurie alimentaire grave et ont besoin d'une aide alimentaire.

Il semble que l'agriculture ougandaise offre un énorme potentiel qui reste très peu exploité. Compte tenu d'une croissance démographique de plus de 2,5% par an, le pays ne pourra éviter des problèmes alimentaires de plus en plus graves dans les années à venir que si des efforts sont déployés de toute urgence pour moderniser l'agriculture. Grâce à des politiques et des méthodes appropriées, le pays peut en fait produire d'importants excédents alimentaires susceptibles d'être exportés. Mais, pour ce faire, il faudrait privilégier des cultures telles que le maïs et les haricots pour lesquelles il existe des marchés à l'exportation. Si l'on se tourne ainsi vers l'exportation, il faut veiller avant tout à encourager et à faciliter une production suffisante des différentes cultures vivrières destinées à la consommation interne. Par ailleurs, il faudra également s'occuper de l'accès aux produits vivriers en facilitant la production alimentaire des ménages et/ou en renforçant la capacité qu'ont les ménages d'acheter des produits alimentaires grâce à la création d'emplois, y compris des emplois agricoles extérieurs.




7. BESOINS EN AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE


L'Ouganda a beau présenter d'ordinaire un bilan alimentaire général positif pour ce qui est de la plupart des produits, la combinaison de la sécheresse, des inondations, des troubles provoqués par les insurgés et de conflits frontaliers a fait qu'en 1996/1997 la production alimentaire a baissé dans tout le pays et a empêché 491 000 personnes de parvenir à l'autosuffisance alimentaire. La plupart, y compris les réfugiés, sont des agriculteurs des régions se trouvant à la périphérie du pays aux frontières du Zaïre, du Soudan et du Kenya. Même les bonnes années, ils tirent peu de revenu réel des cultures à l'exportation et de la production alimentaire en raison de la petite taille des exploitations, de la faiblesse d'accès aux marchés, d'une vulgarisation agricole insuffisante, du manque de facilités de crédit et de l'insuffisance des moyens techniques et des moyens en capitaux.

En 1996, une mauvaise répartition des précipitations a réduit leurs récoltes de céréales de la deuxième saison de 30% en moyenne, tandis que des attaques du virus de la mosaïque du manioc détruisaient les cultures de tubercules et de racines résistantes à la sécheresse dont ces gens dépendent traditionnellement en période de catastrophe. En 1997, leur capacité de cultiver et de récolter les cultures correspondant à la première saison et de parvenir ne serait-ce qu'au niveau minimum de subsistance peut se trouver compromise par le maintien de l'insécurité et une météorologie défavorable qui risqueraient d'amener la majorité d'entre eux à dépendre d'une aide alimentaire pour satisfaire leurs besoins nutritionnels et alimentaires de base.

D'après les estimations officielles, un fort pourcentage de la population dans les régions occidentale, septentrionale et orientale est affectée par la situation décrite ci-dessus, dont 1,5 million de personnes touchées par la seule sécheresse. Toutefois, la mission a procédé à une évaluation de la population affectée ayant besoin d'une aide alimentaire grâce aux entretiens qu'elle a eus, aux enquêtes sur l'alimentation des ménages, à la contre-vérification des données démographiques menée auprès de sources militaires, d'ONG et de collectivités locales, des sondages aléatoires et des extrapolations à partir de logements récemment créés dans les camps de personnes déplacées. La mission a également constaté que bon nombre de personnes déplacées par la sécheresse ou les conflits ont été accueillies par des parents et des amis dans des zones de relative sécurité, tandis que d'autres restent tributaires des mécanismes mis en place pour faire face aux pénuries alimentaires. C'est ainsi qu'une distinction a été établie entre les personnes "touchées" et celles ayant besoin d'une aide alimentaire.

Population touchée Nombre de personnes Dont, ayant besoin d'aide alimentaire
Personnes déplacées 351 582 150 000
Personnes touchées par la sécheresse 1 500 303 341 000
Total 1 851 885 491 000


7.1 Personnes déplacées

La rébellion de la Lord's Resistance Army (LRA) et du West Nile Bank Front (WNBF) dans le nord et le nord-est de l'Ouganda, venant se rajouter aux incursions de militaires étrangers et de rebelles le long de la frontière occidentale avec le Zaïre a provoqué d'importantes pertes en vies humaines et en biens, un déplacement massif de population ainsi que le chômage, la pauvreté et la malnutrition. De nombreuses personnes n'ont été déplacées que temporairement et ont regagné leurs exploitations. D'autres sont allées vivre chez des amis et des parents dans des zones plus sûres et quelque 150 000 personnes continuent d'être purement et simplement déplacées dans les grandes communes et dans des zones protégées par les militaires.

Jusqu'en février 1997, de nombreuses personnes déplacées ont pris le risque de rentrer dans leurs villages pour récupérer de la nourriture. Depuis lors, leurs tubercules ont pourri sous terre ou ont été détruites par la mosaïque du manioc; quant à leurs récoltes sur pied, il n'en restait plus grand chose sous l'action des parasites. Le maintien de l'insécurité a empêché la plupart d'entre eux de revenir pour planter leurs cultures avant la saison des pluies. Ils ne pourront donc pas faire la récolte de la première saison en juillet 1997 et dépendront en grande partie de l'aide alimentaire jusqu'à la prochaine récolte en février 1998.

Une opération d'urgence du PAM a été lancée pour apporter une aide à 110 000 personnes à Gulu et à Kitgum pendant les six mois allant jusqu'à juillet 1997, date où l'on attend la prochaine récolte. Toutefois, cette opération n'ayant été approuvée que récemment, les donateurs n'ont pas encore annoncé leurs contributions et on utilise des ressources alimentaires limitées empruntées à d'autres programmes. Parallèlement, il est devenu évident que la récolte de juillet ne sera pas très productive et que le début de la saison de soudure combiné avec le maintien de l'insécurité rendra nécessaire une opération à la fois d'une plus grande ampleur (passant de 110 000 à 150 000 personnes) et d'une plus longue durée (de 6 à 10 mois).

District Population Nombre de personnes déplacées Nombre de personnes dans le besoin Pourcentage de population
Gulu 389 191 193 100 87 000 22,0
Kitgum 410 761 60 480 55 500 14,0
Arua 733 632 40 000 6 000 0,8
Moyo 242 000 18 000 1 000 0,4
Kasese 395 141 40 000 500 0,1
Total 2 170 725 351 580 150 000 7,0

L'aide alimentaire ira essentiellement aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées et aux malades et blessés hospitalisés qui sont parmi les personnes les plus vulnérables, les femmes chefs de famille et les personnes à leur charge étant les plus exposées. Des enquêtes nutritionnelles entreprises par ACF dans la ville de Gulu confirment que 27% des enfants (de moins de cinq ans) souffrent modérément à gravement de malnutrition à Gulu et à Kitgum avec un tour de bras inférieur à 11 cm et un rapport poids/taille inférieur à 70%. La décoloration des cheveux, les oedèmes et d'autres symptômes révélateurs du kwashiorkor sont répandus dans tous les districts touchés. Au total, 5 000 femmes et enfants ont donc été dirigés vers les hôpitaux dans le cadre de programmes d'alimentation curative.

L'aide alimentaire aux personnes déplacées dans les zones protégées et à l'extérieur des grandes communes de Gulu, Arua, Kitgum et Moyo sera apportée sous forme de rations de subsistance sèches à emporter. La mission recommande que les annonces de contributions portent aussi sur des semences et de l'outillage agricole qui seraient distribués avec les rations alimentaires. Cet outillage, si on le fournit à temps, aidera les personnes déplacées à cultiver de petits potagers à l'intérieur et autour des camps pour compléter leur alimentation, ce qui permettra de réduire le montant d'aide alimentaire nécessaire et d'éviter une dépendance excessive à l'égard de l'aide extérieure.

7.2 Personnes touchées par la sécheresse

Dans tous les districts du nord-est (Karamoja) et de l'est de l'Ouganda les précipitations ont été irrégulières et mal réparties en 1996, ce qui a fait baisser la production totale de céréales de 55%. Les moyennes nationales (30%) et régionales masquent néanmoins la situation alimentaire critique que connaissent les districts de Pallisa, Kumi, Tororo, Mbale et Soroti où la sécheresse dure depuis plus longtemps. Ce n'est que dans le district oriental de Kapchorwa que l'on a enregistré un excédent de maïs. Dans les autres districts de l'est, le déficit céréalier a fait monter les prix bien au-delà du pouvoir d'achat du consommateur moyen. Par suite de la sécheresse et des attaques du virus de la mosaïque du manioc, on s'attend à ce que les réserves alimentaires de bon nombre de ménages de la région orientale soient épuisées d'ici avril/mai 1997.

Les districts de Kotido et de Moroto dans la région nord-est (Karamoja) sont normalement déficitaires en céréales, même les années de bonne récolte. L'élevage et la monoculture sont les principales activités et le bétail reste la principale source de nourriture (viande, sang et lait) et représente environ 40% de la ration alimentaire journalière.

Pendant les périodes de pénurie alimentaire, les gens survivent grâce au gibier, aux fruits sauvages, aux feuilles d'arbres et au lait. Certains vendent leur bétail ou ramassent du bois de feu lorsque la situation empire par suite d'une sécheresse persistante qui les contraint à migrer au Kenya dans des conditions de dénuement et vers d'autres régions où ils peuvent trouver des points d'eau et des pâturages. La sécheresse qui sévit actuellement au Kenya et dans les districts ougandais voisins a non seulement empêché la majorité de la population de recourir à la migration comme moyen de survivre mais elle a également fait perdre leur bétail à beaucoup de familles d'éleveurs par suite des vols de bétail qui ont considérablement augmenté depuis la mi-février 1997. Le bétail qui leur reste est sous-alimenté et n'a guère de valeur marchande sur les marchés urbains plus éloignés, déjà surapprovisionnés compte tenu des taux d'abattage élevés.

Les personnes ne possédant pas de bétail dans la région de Karamoja ne représentent qu'un tiers de la population et vivent de céréales, de racines et de légumineuses. Un quart seulement de leur activité se monnaye en espèces et elles sont étroitement tributaires du peu d'excédent qu'elles produisent. Les personnes dans le besoin ont commencé à la fin du mois de février à vendre leurs bijoux, leurs bicyclettes, leurs caprins et d'autres biens et bon nombre de ménages ont été contraints de vivre de feuilles d'arbres et d'autres aliments sauvages dès la mi-mars 1997.

Nombre estimatif de personnes touchées par la sécheresse ayant besoin d'une aide alimentaire

Région/district Nombre de personnes
Karamoja
Moroto 51 450
Kotido 40 330
Est
Tororo 150 000
Pallisa 25 750
Mbale 1 400
Kumi 37 300
Soroti 34 800
Total 341 030

La mission estime que 341 030 personnes au maximum, dont 91 780 dans la région de Karamoja et 249 250 dans les districts de l'est, risquent d'avoir besoin d'une aide alimentaire pour assurer leur subsistance de base pendant trois mois ou jusqu'à leurs premières récoltes et la reconstitution de leurs troupeaux de bétail. La durée de l'aide dépendra en grande partie des prochaines pluies qui devraient être en retard d'un mois et n'apparaître donc qu'au début du mois d'avril. Il faudrait qu'une équipe d'évaluation conjointe PAM/Gouvernement/donateurs procède à une enquête et fasse un rapport plus précis sur l'emplacement et le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire d'urgence ciblée.

Centres de réfugiés

Les besoins alimentaires des réfugiés en Ouganda ne relèvent pas du mandat de la mission mais présentent un intérêt pour l'évaluation à laquelle elle procède. Le PAM et d'autres organismes maintiennent leur engagement de satisfaire ces besoins, ce qui a des répercussions sur d'autres programmes alimentaires propres au pays. Faute de possibilités d'acheter localement la nourriture nécessaire et faute d'arrivées régulières de produits alimentaires pour les réfugiés, les besoins de ces derniers sont normalement satisfaits grâce à des prêts interprojets qui continueront de se traduire par des ponctions sur les approvisionnements alimentaires qui, jusqu'à ce que l'on s'occupe de répondre aux besoins alimentaires des réfugiés, étaient normalement destinés à la population locale touchée.

A l'époque de la mission, le nombre de réfugiés pris en charge en Ouganda était de 268 945, dont 225 149 Soudanais, 27 485 Zaïrois et 16 311 Rwandais. Les besoins en aide alimentaire des Zaïrois et des Rwandais ont été couverts dans le cadre de l'opération d'urgence du PAM pour la région des Grands Lacs. L'apport de ressources pour cette opération est suffisant et on escompte que la tendance récente aux rapatriements volontaires réduise encore le volume de ressources nécessaires en 1997.

En revanche, la situation alimentaire des réfugiés soudanais dans les districts d'Arua et de Moyo, au nord-ouest, s'est profondément dégradée depuis plusieurs mois faute d'annonces d'aide alimentaire. Depuis leur arrivée en 1993, quelque 290 000 Soudanais se sont vu généreusement octroyer des terres par le Gouvernement ougandais. A la fin de 1996, près de 69 000 d'entre eux étaient soit retournés au Soudan soit parvenus à subvenir seuls à leurs besoins alimentaires. Les 221 000 restants avaient atteint divers niveaux d'autosuffisance (allant de 25 à 75%) et recevaient le reste de l'aide alimentaire nécessaire à leur subsistance au titre du projet 5623 du PAM.

Vers le milieu de 1996, la recrudescence de l'activité des rebelles dans le nord-ouest de l'Ouganda a gêné les convois alimentaires tandis que l'acheminement des vivres s'arrêtait. Afin d'éviter l'interruption de la distribution et d'assurer une répartition égale des ressources entre tous les centres de réfugiés, le PAM a emprunté des produits alimentaires à d'autres programmes et a réduit les rations de 50% à partir d'août 1996. Dans l'intervalle, la sécheresse et le déplacement des agriculteurs réfugiés chassés de leurs terres par les attaques des rebelles ont entraîné depuis janvier 1997 une forte augmentation du nombre de cas de malnutrition.

Alors que les besoins pour avril-décembre 1997 sont au total de 42 498 tonnes de céréales et de produits non céréaliers, dont 9 963 tonnes devant servir à rembourser les prêts, les réserves de produits non céréaliers sont de quelque 2 901 tonnes et 15 000 tonnes de céréales ont été annoncées pour avril 1997, ce qui laisse un déficit de 24 738 tonnes, dont 21 819 tonnes de céréales devraient être livrées d'urgence.

Besoins estimatifs d'aide alimentaire d'urgence pour 1997 (non compris les réfugiés)

Bénéficiaires Nombre de personnes touchées Durée Céréales (en tonnes) Produits non céréaliers (en tonnes) Total (en tonnes)
Personnes déplacées 150 000 10 mois 18 000 3 825 21 825
Personnes touchées par la sécheresse 341 000 3 mois 12 276 2 610 14 886
Total 491 000
30 276 6 435 36 711


Sources de l'aide alimentaire en 1997

Par suite de la sécheresse sévissant en Ouganda, en Tanzanie et au Kenya, il sera impossible d'acheter la quantité de vivres nécessaire, que ce soit en Ouganda ou au niveau régional. Les réserves existant dans le pays qui sont destinées aux projets de développement en cours et aux PRO sont épuisées et sont en fait grevées par de lourdes dettes vis-à-vis des opérations régionales auxquelles des prêts restent à rembourser. Il faudra donc importer les produits alimentaires nécessaires en recourant d'abord à des prêts auprès de l'opération d'urgence régionale du PAM puis à des achats au Zimbabwe, en Afrique du Sud, ou éventuellement en Ethiopie, et finalement en procédant à des importations de l'étranger. Chaque fois que cela sera possible, le PAM s'efforcera de détourner des navires et/ou d'acheter des cargaisons sous voile ou se trouvant dans des ports proches lorsque le Programme aura besoin de se procurer des ressources dépassant sa capacité d'emprunt.

La rapidité et l'efficacité de réaction du PAM dépendront du volume des annonces confirmées reçu. Les premières interventions devront faire fortement appel à des ressources empruntées à des opérations régionales. Il ne sera possible de procéder à des prêts interprojets qu'une fois que les annonces auront été confirmées et lorsqu'il sera établi que lesdits prêts pourront être remboursés. Aussi la mission a-t-elle souligné la nécessité pour les donateurs de faire connaître leurs engagements en matière d'aide alimentaire dès qu'ils les auront arrêtés.

Etant donné l'ampleur des besoins en produits alimentaires, la mission recommande instamment au gouvernement de faciliter l'importation commerciale de maïs par les négociants aussi bien petits que grands sans perdre de vue le besoin de constituer une réserve stratégique de grains. La mission recommande également de suspendre les impôts et les taxes sur les produits alimentaires et les autres articles importés par les ONG pour leurs opérations de secours.

Mise en oeuvre

Le programme d'aide alimentaire sera coordonné par le Ministère du travail et des services sociaux et mis en oeuvre par l'intermédiaire des organismes d'exécution du gouvernement et les ONG. La Croix-Rouge ougandaise est opérationnelle dans tous les districts et sera le chef de file du programme d'aide pour combattre les effets de la sécheresse. Les produits alimentaires destinés aux personnes déplacées dans la commune de Gulu seront distribués par l'Eglise d'Ouganda, ACORD, le diocèse catholique et World Vision. Dans les zones à la périphérie du district de Gulu, les produits alimentaires seront distribués directement par les camions du PAM sous escorte militaire. AVSI sera chargé de la distribution aux personnes déplacées à Kitgum sous la responsabilité du bureau du commissaire résident de district. Le programme d'alimentation des réfugiés dans les districts d'Arua et de Moyo restera une opération conjointe PAM/HCR/ONG. Le PAM dispose de bureaux sur le terrain très bien situés à Arua, Moyo, Gulu, Kitgum et Karamoja qui seront renforcés par un redéploiement de personnel qui permette d'assurer un suivi et un appui logistique adéquat.

L'importation de grandes quantités de produits alimentaires destinés à une distribution gratuite d'urgence pourrait avoir un effet préjudiciable sur le marché en faisant baisser les prix des céréales et des légumineuses de la deuxième saison (février 1998), ce qui pourrait à son tour encourager les semis de cultures d'exportation au lieu de céréales à la saison suivante. Pour contrebalancer ces effets, le PAM s'efforcera dans toute la mesure du possible d’effectuer ses achats auprès d'associations de petits agriculteurs à des prix fixes et incitatifs.

La mission recommande que le gouvernement et les donateurs achètent du sorgho, du millet et d'autres semences résistant à la sécheresse ainsi que des engrais et de l'outillage agricole et qu'ils les distribuent en même temps que l'aide alimentaire comme mesure supplémentaire d'encouragement.

L'aide alimentaire doit être distribuée avant tout aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées et aux autres groupes vulnérables ainsi qu'aux personnes disposées et aptes à se livrer à une activité agricole et à s'engager dans d'autres activités constructives en échange de produits alimentaires. Les personnes incapables de travailler ou ne trouvant pas d'emploi recevront une ration de subsistance une fois que les ONG auront déterminé si elles remplissent les conditions requises et qu'elles auront été dûment inscrites.


Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles ou non. La situation pouvant évoluer rapidement, pour obtenir des informations complémentaires vous pouvez vous adresser à:
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télex: 610181 FAO l
Télécopie: 0039-6-5225-4495
Courrier électronique:INTERNET:GIEWS1@FAO.ORG
Amir Abdulla
Coordonnateur des programmes, OSA/ PAM
Télex: 626675 WFP l
Télécopie: 0039-6-5228-2391

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