SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE DE LA FAO 
 
 

RAPPORT SPECIAL

MISSION FAO D’EVALUATION DES RECOLTES ET DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES EN MONGOLIE

16 octobre 1997




 

1. VUE D’ENSEMBLE

Depuis quelques années, le secteur agricole de la Mongolie souffre des conséquences négatives de la transition du pays d’une économie planifiée à une économie de marché et du retrait de l’aide économique et technique substantielle de l’ancienne URSS. Avant que ne se produisent ces chocs économiques, le pays produisait suffisamment de céréales, notamment de blé, non seulement pour répondre à la demande intérieure mais aussi pour exporter. Depuis 1990, toutefois, les superficies moissonnées et les rendements ont beaucoup baissé. En 1996, la production céréalière a été inférieure de quelque 70 pour cent aux niveaux d’avant 1990. Ce déclin est attribué pour l’essentiel au morcellement et à la vente des fermes d’état à des entreprises agricoles dans le cadre du programme de réforme économique, au taux élevé d’endettement, à l’accès réduit au crédit, aux taux d’intérêt élevés, à une pénurie critique d’intrants et de machines agricoles ainsi qu’à de mauvaises pratiques agricoles.

En conséquence, la Mongolie est aujourd’hui confrontée à un déficit vivrier grave et ne produit que 60 pour cent environ de ses besoins céréaliers estimés. De ce fait, bien qu’il n’y ait pas de véritable urgence laissant présager un risque de famine généralisée, on constate, comme dans d’autres pays à économie en transition, un gonflement des groupes de population vulnérables, à faible revenu, dont l’état nutritionnel s’est rapidement dégradé, parallèlement à leur situation économique.

Pour déterminer l’ampleur du déficit actuel, une mission FAO d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, financée par le PNUD, s’est rendue en Mongolie du 22 septembre au 5 octobre pour évaluer la production de blé et la situation des approvisionnements alimentaires pour la campagne commerciale 1997/98. La mission a eu à cet effet des entretiens avec le Gouvernement, des institutions des Nations Unies et d’autres organismes internationaux de développement et des ONG et s’est rendue dans les principales zones agricoles pour y évaluer les récoltes.

D’après la mission, la production de blé de cette année (1997) atteindrait 282 000 tonnes, soit une progression de 28 pour cent par rapport à 1996. Malgré cette augmentation, elle ne représentera encore que 40 pour cent de la production d’avant 1990. En outre, le progrès enregistré par rapport à l’an dernier tiendrait essentiellement à des précipitations plus favorables dans les principales zones de production plutôt qu’à une amélioration générale du secteur due, par exemple, à de meilleurs approvisionnements en intrants. En vérité, la fourniture de crédit et d’intrants agricoles constitue un problème majeur qui devra être résolu pour que la production vivrière retrouve son niveau d’autan. Le secteur agricole a besoin d’investissements importants dans le matériel agricole, les produits chimiques, la fourniture d’intrants et la commercialisation, ainsi que de programmes de formation et de recherche. Sans ces interventions, pour la majorité des entreprises agricoles et pour le pays dans son ensemble, l’avenir de la production céréalière se présente très mal.

Le secteur de l’élevage contribue pour 88 pour cent à la production agricole brute. Comme d’autres domaines de l’économie, le secteur de l’élevage fait également l’objet de réformes radicales et les grandes entreprises d’Etat sont morcelées en petites unités. Pendant cette phase de transition, le soutien budgétaire et les services dont bénéficiait ce secteur ont été considérablement réduits. En conséquence, les infrastructures, comme les puits, se sont dégradées, les services vétérinaires et autres ont été réduits, la production de fourrages a diminué, les systèmes de commercialisation sont restés sous-développés et les capitaux de placement sont inexistants ou hors de portée de la plupart des éleveurs. Les termes de l’échange étant défavorables à la production animale, il faut élever davantage d’animaux par unité pour rendre celle-ci viable. Dans ces circonstances, les ménages vulnérables dont la capacité d’absorber les chocs économiques est déjà compromise sont de plus en plus nombreux.

Les réformes économiques se sont traduites, pour les ménages par une augmentation sensible de la pauvreté, la perte d’emplois, la réduction de la consommation et la réduction des filets de sécurité et des services sociaux. Parmi les groupes vulnérables, ceux dont la situation est la plus préoccupante sont ceux qui ont le moins accès aux ressources financières nécessaires pour acheter de la nourriture, d’autant plus que le pouvoir d’achat a été fortement entamé par un taux d’inflation élevé. Ces groupes incluent les chômeurs, les personnes âgées, les ménages ayant une femme à leur tête, les enfants, les retraités et les petits éleveurs. Sans une assistance supplémentaire, ces groupes, notamment la population croissante d’enfants des rues abandonnés, connaîtront de terribles difficultés dans les années à venir car les moyens dont ils disposent pour résoudre les problèmes d’approvisionnement alimentaire sont extrêmement réduits. En outre, à mesure que leurs revenus réels diminuaient, les ménages ont été contraints de réduire leurs dépenses non alimentaires, ce qui a entraîné une hausse des coûts de protection sociale et une augmentation des dépenses consacrées à des aliments meilleur marché et moins nutritifs. Les résultats d’une enquête récente donnent à penser que la forte hausse de la prévalence de la sous-nutrition chronique chez les enfants, qui atteint actuellement quelque 25 pour cent, est la conséquence directe de l’ajustement de la consommation des ménages à une situation d’approvisionnements alimentaires de plus en plus difficile. En outre, avec la chute sensible des prix relatifs du bétail par rapport à d’autres produits de base, les éleveurs sont confrontés à des termes de l’échange extrêmement négatifs qui rendent leurs moyens de subsistance de plus en plus précaires.

Le ralentissement économique et le déficit commercial de 1996 ont encore réduit la capacité du pays d’importer des quantités suffisantes de céréales pour satisfaire ses besoins et les intrants agricoles indispensables pour maintenir la productivité. La mission estime que les besoins totaux en céréales pour la campagne commerciale 1997/98 atteindront 178 000 tonnes, dont 175 000 tonnes de blé et 3 000 tonnes de riz. Les importations commerciales devraient couvrir les besoins en riz et, sur la base des importations céréalières de l’an dernier, quelque 85 000 tonnes d’équivalent blé, ce qui laisserait un déficit de 90 000 tonnes à couvrir par une aide alimentaire d’urgence et au titre de programmes. La mission recommande la livraison de 23 000 tonnes à titre d’aide alimentaire pour nourrir les secteurs les plus vulnérables de la société, à savoir ceux qui vivent dans la pauvreté absolue et qui représentent quelque 6 pour cent de la population. Les 67 000 tonnes restantes devraient être couvertes par l’aide alimentaire liée à des programmes. Les deux catégories d’aide alimentaires peuvent être gérées par le Programme national de réduction de la pauvreté.



 

2. CONTEXTE ECONOMIQUE ET SOCIAL 1/

1/ Cette section s’inspirera, entre autres, des sources suivantes:
  • - PNUD, Human Development Report, Mongolia 1997
  • - PNUD, Mongolia Update, 1997
  • - Economist Intelligence Unit, Mongolian Country Report 1997
  • - Banque asiatique de développement, Study of Extensive Livestock Production System
  • La Mongolie, le cinquième pays d’Asie par sa taille, est un pays sans littoral d’une superficie de 1,56 million de kilomètres carrés. Le pays est divisé en trois zones topographiques principales: les montagnes, les trois plus grandes chaînes étant situées dans le nord et l’ouest; les vallées, dans l’une desquelles se trouve la capitale, Oulan-Bator, et la steppe, qui couvre les trois quarts du territoire.

    Les terres arables, qui couvrent 1,3 millions d’hectares, sont relativement abondantes, avec 0,56 hectare par habitant (contre 0,06 seulement en RPD de Corée et 0,10 au Viet Nam) mais peu productives. Le pays possède des réserves importantes de cuivre et d’autres minerais, qui permettent au pays d’exporter chaque année l’équivalent de 100 dollars E.-U. par habitant en minerais seulement, et un potentiel de production pétrolière en quantités commerciales. Toutefois, le climat continental semi-aride rude et irrégulier de la Mongolie, associé à une population dispersée sur un vaste territoire, rendent difficiles les communications et les transports intérieurs.

    Par rapport à la superficie du pays, la population de la Mongolie est modeste (2,35 millions en 1996), avec un taux d’accroissement de 1,5 pour cent par an (2,8 pour cent en 1986). Avec une densité de population de 1,5 habitant au km2, c’est le pays le moins peuplé du monde. Quelque 25 pour cent de la population vivent à Oulan-Bator, la capitale. Le reste du pays est essentiellement pastoral, l’élevage étant la principale activité économique. Depuis 6 ans, on constate un exode rural important vers les villes et les bourgades à la recherche d’activités rémunératrices, moyennant quoi 52 pour cent environ de la population vit désormais dans des zones urbaines.

    Bien que la libéralisation économique entamée en 1990 se soit accompagnée d’une réorientation du commerce vers d’autres pays que les anciens pays à économie planifiée, la Russie demeure le principal partenaire commercial de la Mongolie. Le secteur de l’exportation est dominé par les matières premières, tandis que les produits pétroliers représentent une part substantielle des importations. Selon les chiffres fournis par le Gouvernement, la croissance du PIB est tombée en 1996 à 2,6 pour cent, contre 6 pour cent en 1995. La chute des cours du cuivre a été la principale cause de ce ralentissement, soulignant la contribution importante des minerais au PIB. Le taux d’inflation est demeuré élevé en 1997, atteignant 56 pour cent pendant les huit premiers mois de l’année, contre 53 pour cent à la fin de l’an dernier. Un déficit commercial de 15,4 millions de dollars E.-U. a été enregistré en 1996 alors qu’en 1995, la balance commerciale accusait un excédent de 25,3 millions de dollars E.-U.

    La transition vers une économie de marché a multiplié le nombre absolu et relatif des pauvres. Malgré le redressement apparent de l’économie depuis 1994, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté continue d’augmenter et pour la plupart des mongols, la transition a signifié la perte de leur emploi et/ou l’érosion de leurs revenus. La privatisation des avoirs de l’Etat et l’effondrement des entreprises obsolètes et non viables ont créé d’importants excédents de main-d’oeuvre. Les fermes d’Etat ont subi la même transformation et renvoyé un grand nombre d’ouvriers agricoles, alors que la production s’effondrait. Le secteur de l’élevage, en revanche, a connu une expansion rapide car la privatisation a eu pour conséquence une augmentation du cheptel et du nombre de pasteurs.


    3. LE SECTEUR AGRICOLE

    Le secteur agricole comporte deux composantes principales, à savoir le secteur de l’élevage fondé sur un système d’élevage de type transhumant/nomade qui compte 30,5 millions de têtes (1997) et le secteur céréalier, la culture des pommes de terre et d’autres légumes étant pratiquée à une moindre échelle. Le secteur de l’élevage produit quelque 88 pour cent de la production agricole totale et se caractérise par des déplacements sur de longues distances et de mauvaises communications, qui rendent la fourniture de services et la commercialisation difficile. Le secteur céréalier, qui assure les 12 pour cent restants de la production agricole brute, est beaucoup plus organisé avec une production essentiellement pluviale de blé de printemps pendant les mois de mai à septembre pendant lesquels il ne gèle pas, sur une superficie arable potentielle de 1,3 million d’hectares.

    La production céréalière repose sur une agriculture à forte utilisation d’intrants, à grande échelle et mécanisée qui emploie, selon les estimations, moins de 14 000 agriculteurs. Les principales régions de production sont la région agricole centrale, qui représente 80 pour cent environ de la superficie ensemencée, la steppe du Nord-Ouest et la steppe du Nord-Est. Dans ces trois régions, 70 fermes d’Etat ont été depuis 1990 morcelées en 427 entreprises de taille variable qui sont désormais entre les mains de ménages, d’entreprises privées et à participation ainsi que de co-entreprises, la participation gouvernementale étant importante (49 pour cent).

    Les exploitations sont situées au coeur des districts administratifs (Som) dans 15 sous-régions (Aimags). L’administration du Som suit les résultats des nouvelles structures et fournit des conseils et des services par le biais d’agronomes et d’autres techniciens affectés sur place.

    Depuis 1990, la production céréalière a diminué de 48 pour cent pour diverses raisons techniques, administratives et logistiques. Le blé de printemps est cultivé pratiquement en monoculture, par rotation annuelle en deux temps alternant la jachère traitée et la culture du blé. Le traitement des jachères d’été impliquant le sous-solage ou un labourage en profondeur et un hersage en sillons répété, visant à détruire les mauvaises herbes et à tirer parti des précipitations avant les gelées d’hiver, joue un rôle déterminant dans le succès de la récolte de la campagne suivante. Les cultures de printemps avec disques et semis dès que possible après le dégel observent un calendrier rigoureux en fonction de la longueur de la période de végétation de la variété de blé sélectionnée.

    Les facteurs structurels qui réduisent l’efficacité de ces préparatifs ont un impact sensible sur les emblavures et sur les rendements. Ils incluent:

    Ces facteurs sont aussi symptomatiques d’un malaise financier croissant. L’endettement hérité, les taux d’intérêt élevés, les prix du blé relativement faibles à la sortie de l’exploitation et des prêts mal négociés et gérés entraînant la saisie du matériel du débiteur et un ralentissement des paiements, sont sans doute au coeur de nombre de problèmes qui sont apparus depuis la libéralisation.

    La production a également souffert d’une pénurie d’intrants agricoles importés. Depuis plusieurs années, le secteur céréalier n’emploie plus d’engrais, ni d’insecticides. Les importations d’herbicides, essentiels pour lutter contre les mauvaises herbes au printemps dans le système utilisé, sont devenues pratiquement nulles, bien que des stocks à long terme de 2,4 D soient encore disponibles pour les entreprises agricoles qui ont accès aux moyens financier et/ou logistique. En conséquence, les rendements des exploitations les mieux organisées qui utilisaient autrefois des engrais ont chuté d’environ 50 pour cent.

    Les changements associés à la privatisation ont entraîné une réduction du soutien technique apporté au secteur céréalier sous d’autres formes. L’arrêt du soutien à la sélection et à la multiplication des semences entraîne une stagnation de ce secteur. L’effondrement simultané des services de protection des végétaux laisse désormais une activité économique dépendre d’un seul produit, qui n’enregistre aucun progrès et qui est extrêmement vulnérable face aux maladies des végétaux et aux infestations de ravageurs.

    L’absence d’assurance organisée dans une situation si précaire dissuade les investisseurs et réduit les possibilités d’expansion. Les chiffres concernant la production de 1996 indiquent que les emblavures et les rendements obtenus sont tombés l’an dernier, à leur niveau le plus bas, les facteurs énumérés ci-dessus ayant été aggravés par un déclin de 25 à 30 pour cent des précipitations dans la principale région agricole. La situation est tout aussi précaire en ce qui concerne la production parallèle de pommes de terre qui, bien que moins industrialisée, est soumise aux mêmes contraintes.



     

    4. PRODUCTION CEREALIERE EN 1997

     

    4.1 Précipitations

    A l’heure actuelle, la production céréalière est totalement tributaire des précipitations qui doivent être ponctuelles et suffisantes. Compte tenu de la brièveté de la période de végétation, la germination précoce est la clé du succès et, dans la mesure où un nouvel ensemencement est pratiquement exclu en raison des pénuries d’intrants, il n’est guère possible de rattraper les premières pertes.

    Dans la région agricole centrale, d’après les données sur les précipitations de 22 centres répartis dans les 6 aimags, la saison a été uniforme partout. Les pluies ont commencé tardivement, ont diminué fin juin début juillet, puis ont augmenté sensiblement de la mi-juillet à la fin juillet et ont été variables en août et septembre. Les précipitations totales enregistrées pour cette saison dans les 22 centres susmentionnés sont en augmentation sensible par rapport à l’an dernier, les totaux pouvant atteindre jusqu’à 500 mm. Toutefois, certains centres de l’aimag de Overhangai (3 sur 5), Selenge (1 sur 4) et Tuv (3 sur 7) ont enregistré des niveaux inférieurs à 250 mm, ce qui montre que même les années reconnues comme favorables, certaines régions peuvent enregistrer des précipitations insuffisantes. En ce qui concerne les pluies du début de printemps, les pluies tardives et faibles de mai ont été compensées par des chutes de neige extrêmement importantes qui, au moment du dégel, ont fourni suffisamment d’humidité au sol pour favoriser la germination et le développement des jeunes plants en attendant le début des véritables pluies. Les précipitations de début juin ont assuré un démarrage raisonnable des semences et les grains ont pu mûrir grâce aux fortes pluies de la mi-juillet. En conséquence, les précipitations n’ont pas été un facteur négatif dans les principales zones agricoles.

    Une situation analogue caractérise les aimags agricoles de la steppe du Nord-Ouest. Toutefois, dans la steppe du Nord-Ouest, la situation a été beaucoup plus variable avec de fortes hausses ou baisses par rapport aux pluies abondantes localisées l’an dernier. En outre, même dans les régions où les précipitations ont dans l’ensemble été suffisantes, leur répartition dans le temps n’a pas été favorable, avec des pénuries pendant les périodes de germination et de remplissage du grain.

    4.2 Superficie ensemencée et récoltée

    En 1996, la superficie récoltée était tombée à son niveau le plus faible enregistré depuis plusieurs années, avec 281 000 hectares pour une superficie ensemencée de 330 000 hectares. Cette année, cette dernière est tombée à 312 000 hectares, mais la superficie récoltée devrait être supérieure de 4 pour cent à celle de 1996 du fait de la bonne répartition des précipitations qui a permis d’effectuer les récoltes sur une superficie plus importante.

    D’autres facteurs ont eu un effet positif sur les récoltes de 1997, à savoir:

    Le soutien aux agriculteurs doit être élargi si l’on veut enrayer le déclin de la production car la plupart des exploitations ne répondent pas aux critères de viabilité. Dans cette catégorie entrent les entreprises de toutes descriptions qui ne peuvent pas rembourser leurs dettes et toutes celles qui n’ont pratiquement pas accès aux services. Ces agriculteurs et par conséquent les superficies ensemencées sont affectés par les facteurs suivants: On trouvera dans le tableau 1 des données chronologiques indiquant la tendance en ce qui concerne les superficies et la production des cultures de céréales et de pommes de terre de 1990 à 1996. Le déclin des superficies est commun à ces deux cultures jusqu’en 1993, année où la superficie ensemencée en pommes de terre est tombée à son niveau le plus bas. Quant à la superficie ensemencée en céréales, elle a poursuivi son déclin jusqu’en 1996, année où le déclin est passé de 20 à 6 pour cent, annonçant peut-être un inversement de la tendance.

    Tableau 1- Superficie et production pour les céréales et les pommes de terre, 1990-19971/
     

    Céréales  Pommes de terre 
    Année  Superficie (ha)  Changement (%)  Production (tonnes)  Changement (%)  Superficie (ha)  Changement (%)  Production (tonnes)  Changement (%)
    1990  654 000  718 000  12 200  131 000  -
    1991  615 000  -6  595 000  -20  10 100  -17  97 500  -26
    1992  592 000  -4  493 000  -17  9 000  -11  79 500  -18
    1993  546 000  -8  479 000  -3  6 800  -24  60 100  -24
    1994  449 000  -17  330 000  -31  6 900  54 000  -10
    1995  356 000  -20  261 000  -21  6 700  -3  41 800  -23
    1996  331 000  -7  220 000  -16  6 933  45 700  9
    1997 2  313 000  -6  282 000  28  6 811  -2  51 703  13
    1/ Sources - Annuaire de statistiques 1997. Base de données du Ministère de l’agriculture et de l’industrie.
    2/ Estimations de la mission (voir tableau 2).

    4.3 Rendements

    Les rendements ont eu tendance à baisser entre 1990 et 1996, tendance qui s’est peut-être inversée en 1997. Outre les facteurs énumérés ci-dessus, qui ont contribué à une réduction des superficies ensemencées, les rendements ont généralement diminué parce qu’aucun engrais n’a été utilisé dans le secteur céréalier ces dernières années. Mais d’autres facteurs jouent aussi, comme: De 1990 à 1995, les rendements moyens sont passés de 1,1 à 0,73 tonne à l’hectare. Ces données moyennes, infléchies par les rendements des régions les plus favorisées, masquent des rendements inférieurs à 0,5 tonne/ha dans les steppes du nord-ouest et du nord-est.
     

    Tableau 2 - Production céréalière* par Aimag 1997, 1996 and 1995
     

    1997 2/  1996 3/  1995 3/ 
    Région/ 
    Aimag 1/ 
    Superficie moissonnee (ha)  Rendement 
    (t/ha) 
    Production 
    (tonnes) 
    Superficie 
    moissonnée (ha) 
    Rendement 
    (t/ha) 
    Production 
    (tonnes) 
    Superficie 
    moissonnée (ha) 
    Rendement 
    (t/ha) 
    Production 
    (tonnes)
    CAR  238 771  1.07  254 799  226 501  0.80  181 737  278 577  0.79  219 860
    Orkhon  1 782  0.90  1 604  940  0.84  790  1 311  0.86  1 122
    Tuv  68 957  0.94  64 820  63 789  0.85  54 131  77 815  0.73  56 528
    Bulgan  32 268  1.09  35 172  34 383  0.82  28 079  41 894  0.83  34 748
    Darkhan  12 951  0.94  12 174  12 961  0.61  7 962  16 753  0.93  15 611
    Overhangai  7 527  0.51  3 839  8 822  0.64  5 602  13 484  0.35  4 730
    Selenge  115 286  1.19  137 190  105 606  0.81  85 173  127 320  0.84  107 121
    Steppe du NO  27 094  0.55  14 816  25 313  0.51  12 851  50 780  0.50  25 431
    Arkhangai  3 150  0.39  1 229  4 767  0.30  1 410  21 750  0.49  10 582
    Uvs  12 619  0.61  7 698  8 426  0.43  3 604  17 468  0.48  8 411
    Gobi-Altai  601  0.63  379  576  0.97  561  513  0.81  415
    Zavkhan  380  0.65  247  1 001  0.12  120  530  0.08  40
    Houd  1 489  0.74  1 102  1 001  1.45  1 452  1 105  0.77  855
    Huvsgal  8 855  0.47  4 161  9 542  0.60  5 704  9 414  0.54  5 128
    Steppe du NE  27 345  0.44  11 982  29 827  0.86  25 552  27 064  0.60  16 105
    Dornod  9 445  0.46  4 345  8 934  1.03  9 161  8 381  0.74  6 236
    Henty  11 230  0.49  5 503  11 036  0.94  10 419  7 240  0.83  6 016
    Sukhbatar  6 670  0.32  2 134  9 857  0.61  5 972  11 443  0.34  3 853
    Total général  293 210  0.96  281 597  281 641  0.78  220 140  356 421  0.73  261 396
    * 98 pour cent de blé de printemps + orge et avoine.
    1/ La production des Aimags du désert de Gobi est nulle.
    2/ Estimations de la mission.
    3/ Chiffres fournis par le Ministère de l’agriculture et de l’industrie
    CAR = Central Agriculture Region (Région agricole centrale)

    Le tableau 2 présente les données sur la production des trois dernières années. Malgré les difficultés mises en lumière dans les paragraphes précédents, le rendement par hectare prévu pour 1997 est meilleur qu’il ne l’a été au cours des cinq dernières années grâce aux précipitations abondantes et bien réparties dans les aimags de Selenge, Tuv, Darkhan, Orkhon et Bulgan de la région agricole centrale, où les rendements atteindraient en moyenne 1,07 tonne/hectare.

    Les autres facteurs qui ont contribué à l’augmentation des rendements en 1997 sont:

    Les précipitations abondantes et ponctuelles ont favorisé la germination et la maturation des grains et produit un blé de meilleure qualité que l’an dernier, avec moins de grains flétris et un poids sensiblement supérieur pour 1 000 grains. Compte tenu du bon ensoleillement avant et pendant la récolte, le blé est déjà pratiquement sec dans la plupart des régions, ce qui maintiendra les pertes en cours de stockage à environ 2 pour cent et réduira les frais de manutention et de réception.

    En revanche, les pluies qui ont profité aux cultures ont aussi favorisé la croissance des mauvaises herbes tant dans les champs de blé que sur les jachères traitées. Des plantes adventices sont apparues dans les cultures qui n’avaient pas été traitées aux désherbants et sur les terres en jachère qui avaient été labourées tôt dans la saison. La mission a noté en particulier la présence régulière d’avoine accidentelle, de folle avoine et de chiendent.

    Des recherches adaptatives menées en collaboration avec les nouvelles entreprises s’imposent d’urgence pour mettre au point des pratiques agricoles qui a) maintiennent des niveaux prévus d’infiltration avec passages minimaux; b) encouragent la rétention de l’humidité; c)améliorent la fertilité des sols et d) améliorent la qualité des semences. Le labourage en courbe de niveau, le billonnage, la fumure aux engrais verts de légumineuses et l’amélioration des cultures sur l’exploitation sont autant de techniques bien établies qui sont utilisées ailleurs et qui pourraient être introduites avec profit.

    4.4 Production céréalière en 1997

    La production céréalière totale prévue par aimag est indiquée dans le tableau 2. Elle comprend 98 pour cent de blé de printemps et 2 pour cent d’orge et couvre la campagne commerciale 1997/98. Le tableau 2 indique également la production céréalière pour 1996 et 1995. Il fait ressortir le rôle capital de la région agricole centrale.

    La production de 1997 est estimée à 282 000 tonnes pour 293 000 hectares moissonnés. Elle est donc supérieure de 28 pour cent à celle de 1996, avec une superficie moissonnée en progrès de 4 pour cent, grâce aux rendements nettement meilleurs obtenus dans les principaux aimags céréaliers de la région agricole centrale. L’aimag de Selenge, en particulier, a engrangé cette année une récolte nettement supérieure (60 pour cent environ par rapport à l’an dernier et 30 pour cent de plus que la production enregistrée en 1995).

    Flour Mills, consulté par la mission, prévoit un apport de céréales locales nettement supérieur à l’an dernier, mais souligne qu’ils ne travaillent toujours qu’à 50 pour cent de leur capacité de stockage/transformation. La concurrence que se livrent les minoteries pour obtenir les quantités limitées de blé disponibles a incité la direction de chaque minoterie à offrir des prêts sans intérêts aux agriculteurs ou aux entreprises agricoles considérés comme fiables. Les prêts offerts cette année par la direction des minoteries de Selenge, de Darkhan et de Bulgan aux entreprises agricoles ont couvert les coûts de production du blé (115 000 tugriks la tonne (143 $ E.-U.) pour quelque 24 000 hectares sur un total estimé à 160 000 hectares dans les aimags desservis par les minoteries.

    Pour la majorité des exploitations, les perspectives sont médiocres. Le passage à un système de culture minimale moins exigeant nécessitera un investissement important en devises étrangères dans l’achat de machines et de produits chimiques. Le retour à de petites exploitations individuelles ne semble pas une option sérieuse pour une société non agraire habituée à l’agriculture mécanisée. Pour certaines exploitations, toutefois, la situation est bien meilleure lorsque des compétences en matière de gestion et de négociation associées à des précipitations ponctuelles ont contribué à l’obtention de bénéfices raisonnables. Il est possible qu’à l’avenir de telles exploitations absorbent les unités moins viables.

    4.5 Autres cultures

    Les précipitations favorables et la mise en place récente de programmes de soutien à la production potagère familiale seraient à l’origine de l’augmentation de la production d’autres cultures. Ainsi, on note une augmentation de 15 pour cent du rendement des pommes de terre, bien que la superficie ensemencée soit apparemment du même ordre que celle signalée en 1994, 1995 et 1996. La production de fourrage est liée au fauchage d’une partie des herbages. Cette année, les précipitations favorables devraient avoir eu un effet positif sur les quantités de fourrages moissonnées. Toutefois, les statistiques officielles prévoient un déclin du fourrage en balles, mais elles pourraient être fondées sur des données incomplètes, car le morcellement des troupeaux en unités beaucoup plus petites a largement contribué à l’expansion du secteur de la fenaison non officielle (à la main) et de l’utilisation de fourrages sur pied. Les données signalées à la mission donnent à penser qu’au moins dans la région agricole centrale la récolte de foin de cette année est meilleure que celle de l’an dernier.

    4.6 Production animale

    La production animale extensive représente quelque 88 pour cent du produit agricole brut. La transition vers une économie de marché a entraîné la division et la vente des troupeaux des fermes d’Etat et une augmentation sensible du nombre des petites unités indépendamment gérées qui se sont jointes aux bergers transhumants.

    Des études réalisées en 1997 font apparaître une tendance des troupeaux récemment constitués à occuper des zones périurbaines "confortables" à des fins commerciales ou sociales, qui a pour effet d’accroître la densité de charge près des villes pendant la saison de pâture; de bouleverser les structures de transhumance établies et de diminuer l’efficacité de l’utilisation générale des pâturages. Il faudrait effectuer des études détaillées des pâturages et de la production animale afin d’établir des directives à l’intention des directeurs de "som" en ce qui concerne l’accès, les taux de charge et la charge annuelle par unité de surface des pâturages d’été et d’hiver de leurs domaines. Ces directives seraient différentes selon les localités et tiendraient compte:

    Entre 1996 et 1997, on note les changements ci-après: Ces changements sont résumés dans le tableau 3 ci-après qui permet de comparer le nombre et la productivité des femelles reproductrices.

    Tableau 3 - Production animale 1997/96
     

    1996  1997 
    Femelles reproductrices (en milliers)  Taux de mise bas (%)  Taux de survie  
    (%) 
    Femelles reproductrices (en milliers)  Taux de mise bas (%)  Taux de survie 
    (%)
    Total  9 477  82  95  9 443  80  97
    Chamelle  39  40  95  40  41  95
    Jument  408  58  97  398  54  97
    Vache  761  65  98  756  62  98
    Brebis  5 232  88  96  5 037  86  97
    Chèvre  3 037  84  92  3 212  83  93

    La diminution du taux de mise bas pourrait avoir été causée par la résorption et les pertes foetales dues au stress pendant l’hiver très rude, caractérisé par des chutes de neige exceptionnellement fortes ayant entraîné une réduction de la consommation de foin. Dans sept aimags des régions d’élevage, la mortalité des animaux adultes pendant l’hiver a doublé ou triplé. Ces pertes hivernales ont, dans une certaine mesure, été compensées par une amélioration des taux de survie et des performances individuelles pendant le printemps et l’été, où les précipitations ont été plus abondantes et mieux réparties.

    Tous les animaux rencontrés au cours des tournées de la mission dans cinq aimags de la région agricole centrale étaient en excellente santé. En outre, aucun aimag n’a signalé de foyer important de maladies animales, même si des ectoparasites ont été notés localement. En ce qui concerne les services de santé animale, la privatisation des centres vétérinaires a commencé cette année (70 sur 390 unités sont déjà privatisées). Les autres le seront d’ici l’an 2000 selon les plans actuels. On ne sait pas encore quels seront les effets de cette mesure sur la santé animale.

    Les forêts et les pâturages détruits par le feu pendant l’année totalisent une superficie inférieure de 10 pour cent aux chiffres de 1996, où l’état d’urgence général avait été déclaré. Cette année, c’est surtout dans les steppes du nord-est que se sont produits les incendies. Plus de 219 incendies ont été enregistrés par le Centre d’information de l’Institut météorologique national, causant l’équivalent de 50 millions de dollars E.-U. de dégâts aux arbres et aux fourrages. Les pénuries de fourrages ont été compensées par des achats de foin et d’autres fourrages par ceux qui avaient accès aux fournisseurs et disposaient des liquidités nécessaires.

    En règle générale, les aliments d’appoint du bétail proviennent de trois sources, les aliments composés élaborés dans les principales minoteries, la préparation sur l’exploitation (Som) d’aliments pour bétail à partir des céréales produites localement et les aliments agglomérés à base de foin faits à la main et destinés aux jeunes animaux par les bergers traditionnels. Les deux premiers types d’aliments sont les plus importants pour le bilan céréalier FAO présenté dans le tableau 4. Les aliments d’appoint produits par les principales minoteries sont fabriqués pendant le processus d’extraction de la farine et comptabilités par conséquent dans le facteur de conversion de 70 pour cent du blé en grain. L’utilisation des aliments pour animaux à l’échelle du Som est estimée dans la catégorie des pertes et autres usages sur l’exploitation.

    L’évolution récente de la situation révèle que les termes de l’échange se dégradent au détriment des éleveurs (20 pour cent de la population) à un rythme alarmant. Par exemple, depuis 1995, les prix des produits d’origine animale ont soit chuté, soit augmenté dans des proportions moindres que ceux de la farine. Le prix de la farine a plus que doublé (60 pour cent) depuis 1995, tandis que les prix du mouton et du cachemire ont augmenté de 49 et de 6 pour cent, respectivement, et que celui de la laine a chuté d’environ 30 pour cent.

    La consommation annuelle moyenne de produits d’origine animale (viande et lait) des ménages a été évaluée, lors d’enquêtes indépendantes récentes, à 350 000 tugriks (437 dollars E.-U.), soit 7 pour cent des dépenses totales. On peut en déduire une consommation par habitant d’une centaine de kilos d’équivalent de viande par an, confirmant le bilan calorique à peu près égal entre les produits d’origine animale et les produits céréaliers évalué pendant la mission de l’an dernier à 92 kg de viande et 130 kg de lait.



     

    5. SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

    La part des dépenses des ménages consacrée à l’alimentation a sensiblement augmenté dans la mesure où la baisse des revenus a obligé les ménages à réduire leurs dépenses non alimentaires. En 1996, dans les zones rurales, la part des dépenses consacrées par les ménages pauvres à leur alimentation atteignait 60 pour cent, contre 30 pour cent dans les groupes de population qui n’étaient pas considérés comme pauvres. Dans les zones urbaines ces proportions passent à 64 et 41 pour cent, respectivement. En outre, la rudesse du climat fait que les dépenses non alimentaires, comme le chauffage et l’habillement, sont indispensables à la survie, ce qui implique que, pour un niveau donné de revenu, l’augmentation des dépenses d’alimentation entraîne une réduction de la consommation d’autres produits de première nécessité.

    5.1 Bilan de l’offre et de la demande de céréales

    La mission a dressé un bilan de l’offre et de la demande de céréales pour la campagne commerciale 1997/98 (octobre/septembre) sur la base des niveaux de consommation historiques, des estimations du volume des stocks et des échanges et de la demande de céréales pour d’autres usages.

    Les hypothèses de départ sont les suivantes:

    L’estimation des stocks d’ouverture est fondée sur des chiffres historiques pour le blé et la farine de blé mis de côté pour servir de tampon. Ces stocks sont estimés à 10 000 tonnes d’équivalent blé, plus 9 000 tonnes de grains non vendus à la minoterie de Darkhan et 3 000 tonnes de grains supplémentaires stockées comme réserve stratégique de semences. De la même façon, les stocks de clôture sont évalués à 13 000 tonnes, soit un stock tampon de 10 000 tonnes plus une réserve de semences 3 000 tonnes .

    Le bilan céréalier pour la campagne commerciale 1997/98 se solde par un déficit de 178 000 tonnes (tableau 4). A supposer que les importations commerciales s’élèvent comme prévu à 88 000 tonnes, il resterait 90 000 tonnes à assurer par une aide alimentaire. Sur ce total, 23 000 tonnes seraient livrées en tant qu’aide d’urgence aux groupes les plus vulnérables et les 67 000 tonnes restantes seraient fournies au titre de programmes ou importées à des conditions de faveur.

    Tableau 4 - Mongolie: Bilan de l’offre et de la demande de céréales 1997/98 (octobre/septembre)
    (en milliers de tonnes)
     

    Blé  Riz  Total
    A. Disponibilités intérieures  304  0  304
    Production  282  282
    Stocks d’ouverture au 1er octobre 1997  22  22
    B. Utilisation  479  3  482
    Alimentation humaine  375  378
    Semences  63  63
    Alimentation des animaux à la ferme, pertes et impuretés  28  28
    Stocks de clôture de l’Etat  13  13
    C. Besoins d’importations  175  3  178
    Importations commerciales prévues  85  88
    Déficit d’importation à couvrir  90  90
    Dont 
    - Aide d’urgence  23  23
    - Aide alimentaire liée à des programmes  67  67
     

    5.2 Aide alimentaire et groupes vulnérables

    La Mongolie, considérée comme un pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV), compte de plus en plus de groupes de populations à faible revenu, qui souffrent d’une aggravation spectaculaire de leur état nutritionnel. Les réformes économiques ont frappé de plein fouet les couches les plus démunies de la population et entraîné une pauvreté croissante, une réduction de la consommation de base, la suppression des filets de sécurité et de nombreux services sociaux et la multiplication du nombre des enfants vivant dans le dénuement.

    Le niveau minimum de subsistance a été revu neuf fois depuis 1991. La dernière révision date de février 1997 et considère séparément les différentes régions de la Mongolie. Le seuil de pauvreté est fixé à 10 400 tugriks (13 dollars E.-U.) pour Oulan-Bator, 10 380 pour Orkhon et Darkhan, 9 720 pour la région occidentale, 9 420 pour la région intermédiaire, 9 340 pour la région de Gobi et 9 250 pour la région orientale.

    En 1996, les chiffres officiels évaluaient le nombre de pauvres à 453 000, soit 105 000 ménages. Ce chiffre représente 19,6 pour cent de la population, dont 6 pour cent (ceux consommant moins de 40 pour cent du niveau de consommation correspondant au seuil de pauvreté) sont considérés comme extrêmement pauvres. Ces statistiques sont fondées sur le calcul du revenu mensuel moyen de chacun des membres du ménage et diffèrent de l’enquête menée en 1995 par la Banque mondiale (Etude sur l’évaluation du niveau de vie) au cours de laquelle les calculs avaient été faits sur la base de la consommation mensuelle moyenne par membre du ménage. Cette étude de la Banque mondiale plaçait pour 1995 le seuil de pauvreté beaucoup plus haut, à 36 pour cent de la population, dont 17 pour cent étaient considérés comme extrêmement pauvres. Les personnes les plus vulnérables seraient au nombre de 143 000.

    La pauvreté rurale et le chômage sévissent surtout dans les aimags où, sans capitaux suffisants pour créer et gérer de nouvelles entreprises, le secteur privé n’a pas réussi à créer de nouvelles possibilités d’emploi.

    En 1996, une aide alimentaire totale de 6 236 tonnes de farine de blé a été reçue du Japon (83 pour cent), de la Chine (16 pour cent) et de l’Allemagne (1 pour cent). Toutefois, le bilan de l’an dernier indiquait un déficit de 151 000 tonnes. En conséquence, la mission estime que les groupes de population les plus pauvres ont dû ajuster à la baisse leur niveau de consommation déjà très bas, ce qui expliquerait la prévalence élevée de la sous-nutrition chronique (1 sur 4) chez les enfants détectée lors d’enquêtes récentes.

    Pendant le premier semestre de 1997, 2 640 tonnes seulement ont été reçues essentiellement de la Chine. Le Fonds d’assistance ciblée (TAF) du Programme national de réduction de la pauvreté (NPAP) fournit une assistance en espèces et en nature aux plus vulnérables parmi les pauvres pour les aider à satisfaire leurs besoins fondamentaux. Le Fonds d’assistance ciblée, ouvert par le gouvernement en janvier 1997, est l’un des quatre fonds subsidiaires du Fonds de réduction de la pauvreté, qui complète le Fonds d’assistance sociale existant du gouvernement. La population cible inclut les personnes âgées ou handicapées vivant seules et les ménages monoparentaux très pauvres ayant des enfants âgés de moins de 16 ans. L’assistance inclut de la nourriture, des vêtements, du combustible et le coût des repas pour les enfants d’âge préscolaire.

    Outre les problèmes structuraux mentionnés ci-dessus, la mission a identifié trois risques supplémentaires qui pourraient réduire les revenus et accroître les difficultés de la population dans certains aimags. Il s’agit des incendies, des pertes de bétail exceptionnellement élevées durant l’hiver et de la faiblesse des rendements agricoles. Le tableau 5 classe les aimags concernés par ordre de gravité.

    Tableau 5 - Classement des Aimags par degré d’exposition aux risques
     

    Incendie* 
    Mortalité du bétail** 
    Faiblesse des rendements (t/ha)***
    Sukhbatar 
    Huvgaal (5%) 
    Sukhbatar (0,32)
    Henty 
    Gobisumber (4,4%) 
    Arkhangai (0,39)
    Dornod 
    Gobi Altai (3,1%) 
    Dornod (0,44)
    Huvsgaal 
    Sukhabatar (3,1%) 
    Huvsgaal (0,47)

    * Pas de données détaillées disponibles.
    ** La moyenne annuelle est inférieure à 2 pour cent.
    *** La moyenne nationale est de 0,96.

    Le tableau montre que les aimags de Sukhbaatar et de Huvsgaal seront les régions les plus vulnérables pendant l’année à venir, car il sévit une pauvreté bien enracinée qui a toute chance d’être aggravée par des catastrophes naturelles.
     
     

     

    Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser, pour tout complément d’information, à: M. Abdur Rashid, Chef, ESCG, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-6-5705-4495, Courrier électronique: GIEWS1@FAO.ORG).

    Il est également possible de recevoir automatiquement, par courrier électronique, les Alertes/Rapports spéciaux, dès leur publication, en s’abonnant à la liste de distribution du SMIAR. Pour ce faire, prière envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO, à l’adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org, sans indiquer de sujet, et en tapant le message suivant: 
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