SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE  DE LA FAO 

ALERTE SPECIALE No 284

(N’est distribué que pour les pays où la situation tant en ce qui concerne les cultures vivrières que les approvisionnements alimentaires est jugée préoccupante)

PAYS: INDONESIE

DATE: 7 juillet 1998


LA SITUATION EN MATIERE D’APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES DEVIENT DE PLUS EN PLUS PREOCCUPANTE A MESURE QUE S’AGGRAVENT LES EFFETS DE LA SECHERESSE ET LES PROBLEMES ECONOMIQUES

La situation des approvisionnements alimentaires en Indonésie s’est dégradée depuis l’évaluation FAO/PAM de mars dernier, à cause de la sécheresse persistante et de l’intensification de la crise financière et économique. Les premières prédictions, envisageant le renforcement du taux de change au cours du premier trimestre de 1998/99 et la décélération de l’inflation sur l’ensemble de l’année 1998, ne se sont pas encore matérialisées. La roupie dépréciée est désormais tombée à un sixième de sa valeur d’avant la crise (juillet 1997) et a pratiquement atteint son niveau le plus bas jamais enregistré. La dépréciation a eu pour effet, notamment, d’entraîner une inflation et de réduire encore la capacité du pays à importer à des conditions commerciales.

Les prix des produits de base, alimentaires et autres, ont fortement augmenté dans un contexte de chômage croissant, entraînant l’érosion du pouvoir d’achat d’importants groupes de population. Depuis le début des problèmes économiques et climatiques, en 1997, on estime que le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté a fortement augmenté par rapport au chiffre de 22,5 millions enregistré en 1996 et la situation risque de s’aggraver si le chômage continue, comme on le craint, à augmenter. D’après les projections officielles, près de la moitié de la population du pays pourrait tomber en-dessous du seuil de pauvreté d’ici la fin de 1998. Particulièrement préoccupante est l’insécurité alimentaire aiguë qui menace des groupes de population de plus en plus nombreux.

Le gouvernement s’est fixé pour priorité de faire en sorte que les produits alimentaires de base, notamment le riz, soient disponibles à des prix abordables et a relevé son objectif d’importations de riz de 2,85 millions de tonnes à 3,1 millions de tonnes pour 1998/99 (avril/mars). Les mesures spécifiques prises par le gouvernement pour garantir la sécurité alimentaire, notamment pour les pauvres, incluent le relèvement des subventions alimentaires, la réduction du chômage grâce à des projets de travaux publics, notamment des projets vivres-contre-travail dans les zones du pays touchées par la sécheresse et le relèvement des salaires minima. Des efforts sont en cours pour revitaliser le système de distribution alimentaire qui a été bouleversé par les désordres sociaux récents. Malgré toutes ces mesures correctives, la situation alimentaire risque de demeurer extrêmement tendue au cours de l’année prochaine et devra être surveillée de près.

Sur la base d’enquêtes menées dans 26 des 27 provinces du pays, la mission FAO/PAM de mars dernier a estimé la production de riz de cette année à 47,5 millions de tonnes, soit 3,6 pour cent de moins que la production réduite de 1997 et 6 pour cent de moins que celle de 1996. Cette estimation se fonderait sur l’espoir que la seconde récolte de riz, qui a lieu en août et assure un tiers de la production totale, se situerait dans la moyenne. Depuis avril, les conditions atmosphériques sont en général favorables à la récolte secondaire de riz, mais les semis seraient réduits et la hausse du coût des engrais, des pesticides et d’autres intrants, ainsi que les problèmes de distribution pourraient affecter la productivité. Des infestations d’acridiens localisées ont également été signalées dans certaines régions. De ce fait, on prévoit une récolte secondaire réduite. Pour l’instant, les prévisions officielles situent la production totale de riz de 1998 à 46,29 millions de tonnes, soit quelques 6 millions de tonnes de moins que l’objectif de production initial pour 1998. Une réévaluation de la situation en début août s’impose pour procéder à d’éventuels ajustements des prévisions actuelles concernant la récolte de 1998 et des besoins d’importation et d’assistance alimentaires.

La situation alimentaire demeure tendue. La mission FAO/PAM de mars dernier a estimé les besoins d’importations de riz pour 1998/99 (avril/mars) à 3,5 millions de tonnes. Toutefois, la mission a souligné la précarité de cette estimation, dans la mesure où elle est fondée sur l’hypothèse d’une récolte secondaire de riz normale, sur laquelle il n’est plus possible de compter. Bien que l’ampleur exacte du déficit rizicole ne puisse pas être estimée avant que les résultats de la récolte secondaire de riz de début août ne soient connus, la situation actuelle fait penser que la production totale de riz pourrait être inférieure aux premières prévisions. Si tel était le cas, le déficit pour la campagne commerciale 1998/99 serait plus élevé que la première estimation de 3,5 millions de tonnes.

Avec une production réduite et des prix planchers non rémunérateurs (bien que ceux-ci aient récemment été relevés de 66 pour cent pour atteindre 1 000 roupies/kg), les achats intérieurs de riz de la part de BULOG pourraient tomber à 250 000 tonnes en 1998, soit le plus faible volume depuis 20 ans. L’espoir d’obtenir des prix plus élevés et les résultats incertains de la récolte secondaire auraient incité les agriculteurs et les négociants à accumuler des stocks de riz.

La réaction internationale à la situation d’urgence alimentaire sans précédent que connaît actuellement l’Indonésie a été généreuse, avec environ 1 million de tonnes de riz annoncées à ce jour, essentiellement sous forme de prêts, mais aussi à titre gratuit. En outre, BULOG a importé 1,5 million de tonnes de riz environ au cours du premier trimestre (jusqu’au 24 juin) de la campagne commerciale 1998/99. Toutefois, dans la mesure où le déficit des importations de riz pourrait être encore plus élevé, et compte tenu des difficultés financières du pays, une assistance internationale supplémentaire importante sera nécessaire. En outre, il est urgent d’apporter une aide au redressement du secteur agricole dans les zones touchées par la sécheresse. A cet égard, la FAO a récemment lancé un appel en faveur du redressement des zones touchées par la sécheresse pour un montant de 18,6 millions de dollars E.-U. Cette assistance permettrait de revitaliser la production alimentaire et d’améliorer la situation des approvisionnements alimentaires dans les zones affectées. On soulignera, toutefois, que malgré l’impact potentiel des mesures susmentionnées, les perspectives en ce qui concerne la sécurité alimentaire à venir du pays dépendront essentiellement de la santé de l’économie, elle-même tributaire d’un important financement extérieur.



 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser, pour tout complément d’information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG)
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