SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE  DE LA FAO 
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL 

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN INDONÉSIE

6 octobre 1998

FAITS SAILLANTS

  • Les perspectives relatives à la sécurité alimentaire se sont détériorées, parallèlement à la chute de la production, à l’aggravation de la crise économique et à une nette augmentation du chômage (plus de 20 millions de chômeurs prévus d’ici la fin de 1998).

  • On prévoit que d’ici l’année prochaine, 100 millions de personnes vivront en-dessous du seuil de pauvreté.

  • La production de paddy devrait, selon les prévisions, s’établir à 45,3 millions de tonnes en 1998, soit à un niveau inférieur à celui, déjà très réduit, de 1994. Il s’agit donc de la plus mauvaise récolte depuis 1991.

  • La récolte de riz de la campagne principale a subi les effets négatifs de la sécheresse, due au phénomène El Niño, alors que les récoltes de la saison sèche ont fléchi à cause des ennemis des cultures et des problèmes d’engrais.

  • La diminution de la récolte de riz a été partiellement compensée par l’accroissement de la production de maïs, de soja, de racines et tubercules.

  • Les besoins d’importations de riz pour 1998/99 ont été révisés à la hausse, et s’établissent au niveau record de 5,14 millions tonnes, soit 47 pour cent de plus que les estimations précédentes.

  • Le maintien d’une aide internationale est nécessaire pour permettre de relancer les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation.

 


1. VUE D’ENSEMBLE


Depuis la mi-1997, l’Indonésie a subi une série de secousses économiques qui se sont traduites par une forte dévaluation de la roupie par rapport aux principales devises, une inflation rapide et un accroissement critique du nombre de chômeurs. Cette année, les effets de la récession associés à une production vivrière considérablement en recul (d’après les prévisions), auront des répercussions importantes sur la sécurité alimentaire dans le pays, à court et à moyen termes. L’ampleur du phénomène, ainsi que son caractère soudain et sa rapide progression, n’ont pas permis la mise en place des mécanismes d’adaptation permettant d’affronter les graves difficultés d’approvisionnement alimentaire, tant au niveau national qu’à l’échelle des ménages. Le nombre de personnes en-dessous du seuil de pauvreté s’est accru de manière préoccupante et il est à craindre qu’au cours de l’année prochaine, une part importante de la population indonésienne ne soit touchée par l’insécurité alimentaire.

Cette année, en mars/avril, une mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, supportée par le PNUD, a effectué une première évaluation de la production pour 1998 et a dressé le tableau global des disponibilités alimentaires pour la campagne commerciale 1998/99. La production intérieure de riz de la campagne principale (saison humide) devrait chuter considérablement, et les possibilités d’importer par les voies commerciales pourraient être affectées par la détérioration des termes de l’échange. Parallèlement, la montée du chômage et la flambée des prix des denrées alimentaires auront une influence sur le pouvoir d’achat et l’accès à la nourriture d’une grande couche de la population. Comme la production intérieure et les disponibilités alimentaires, pour le reste de la campagne commerciale 1998/99, dépendent étroitement de l’évolution des conditions météorologiques, des disponibilités d’intrants et du flux des importations, il a été recommandé d’examiner la situation au cours de la récolte de la deuxième campagne. Ainsi une mission FAO/PAM, d' évaluation supportée par le PNUD, s’est rendue en Indonésie du 7 au 25 septembre 1998.

La mission, composée de sept membres, dont quatre agronomes indonésiens, s’est rendue dans 18 des 27 provinces du pays. La zone inspectée devrait normalement fournir 95 pour cent de la production de riz du pays. Les renseignements concernant les provinces non visitées par cette équipe proviennent de sources officielles. En plus des contrôles sur le terrain, les membres de la mission se sont entretenus avec divers organismes, notamment avec les autorités centrales, provinciales, et de district, ainsi qu’avec des institutions de recherche, des agences des Nations Unies, des donateurs bilatéraux et multilatéraux et des ONGs. Des discussions ont également eu lieu avec les agriculteurs, les commerçants, les minotiers et les consommateurs aussi bien dans les zones urbaines que rurales.

La mission a établi que les graves contraintes auxquelles les exploitations ont été confrontées au cours de la deuxième campagne, associées aux problèmes agronomiques, se traduiront cette année par un recul de la production vivrière, par rapport aux estimations précédentes. Bien que les précipitations aient été supérieures à la normale de juin à août, et dans l’ensemble favorables aux cultures dans les zones non irriguées, le taux élevé d’humidité et la couverture nuageuse ont augmenté de manière significative l’incidence des attaques des ennemis des cultures, notamment de la delphacide brune. Du fait de la dévaluation, on a assisté à une flambée des prix des pesticides importés, et rares ont été les agriculteurs qui ont pu appliquer les produits chimiques nécessaires à la lutte contre les ravageurs. Grâce à des subventions publiques accordées aux agriculteurs, le coût des engrais à base d’urée et de phosphates a été réduit, toutefois le chlorure de potassium n’a été utilisé qu’en petites quantités. De ce fait, on a noté une diminution de la résistance physiologique des plantes aux attaques de ravageurs, ainsi que des problèmes liés à la formation des épis. En outre, les semis ont été effectués plus tard que prévu car la moisson des récoltes de la saison humide a eu lieu en retard. Cette situation a eu une influence négative sur la productivité dans de nombreuses régions.

Les rendements du riz de la deuxième campagne devraient donc diminuer considérablement. La mission prévoit une production totale de paddy de 45,38 millions de tonnes pour 1998, soit environ 4 millions de tonnes (8 pour cent ) de moins que le niveau déjà réduit de la récolte de l’année dernière et 2,7 pour cent de moins que la récolte de 1994 endommagée par la sécheresse. En 1998, la production de riz s’établira, selon les prévisions, au niveau le plus bas depuis 1991. Les besoins d’importations de riz sont évalués à environ 5,14 millions de tonnes pour l’ensemble de la campagne commerciale 1998/99. A la mi-septembre, le BULOG avait déjà importé 2,42 millions de tonnes de riz et avait déjà négocié la fourniture de 525 000 tonnes supplémentaires. Les engagements/livraisons de riz confirmés se montent à 765 000 tonnes (dont 500 000 tonnes sous forme de prêts à des conditions de faveur et 100 000 tonnes sous forme de céréales provenant du Japon). Ces quantités relèvent de l’aide alimentaire au titre des projets, à hauteur de 240 000 tonnes et de l’aide alimentaire liée au programme pour 525 000 tonnes. Ceci laisse un déficit de 1,43 million de tonnes de riz, à couvrir par des importations commerciales ou à des conditions de faveur des prêts, des dons et une aide alimentaire ciblée. Selon la mission, des discussions bilatérales sont en cours pour la fourniture d’un million de tonnes supplémentaires. Bien que les autorités aient autorisé récemment le secteur privé à importer du riz de qualité supérieure pendant cinq mois, le volume de ces importations sera vraisemblablement limité à cause des difficultés liées à l’organisation des crédits commerciaux et à l’instabilité économique générale. La dernière mission a évalué aussi les besoins d’importation de blé, qui se situent aux alentours de 4 millions, dont 1,5 million de tonnes ont déjà été livrées. Toutefois, la demande de blé est tributaire d’un certain nombre de facteurs, notamment de la suppression des subventions et de la variation des prix, qui à leur tour peuvent avoir une incidence sur les besoins d’importation.

A cause des crises économiques et de la précarité de la situation générale, le prix du riz cette année n’est pas seulement déterminé par la demande "normale" et l’évaluation des disponibilités, il se ressent aussi fortement de la spéculation et de l’instabilité du marché, qui ont entraîné la constitution de stocks bien supérieurs aux besoins normaux de consommation à court terme. Selon la mission, la production intérieure pourrait être encore plus faible que prévue, ce qui pourrait encore augmenter les prix. Il est donc extrêmement important que les importations et les stocks institutionnels du BULOG soient gérés le mieux possible, dans le cadre d’interventions appropriées, afin de dissiper les craintes et de réduire les nouvelles poussées spéculatives. En outre, comme une part du problème tient au mauvais fonctionnement des mécanismes de marché (les négociants, par exemple, craignent de se procurer ou de stocker du riz à cause des risques de pillage ou de confiscation), il est important que des mesures efficaces soient prises pour rétablir la confiance.

Un certain nombre de mesures préventives destinées à stimuler la production intérieure de riz ont été prises en mai par les autorités, compte tenu d’une situation de plus en plus préoccupante pour la sécurité alimentaire et des incertitudes liées au phénomène La Niña et à ses répercussions. Il s’agit notamment d’achats de riz effectués par le BULOG au prix du marché; de l’octroi de 40 millions de dollars E.-U. sous forme de crédits; du maintien des subventions pour les engrais et d’un programme d’intensification de la production par le biais d’une extension de la superficie cultivée et de l’augmentation du taux d’exploitation. Dans la plupart des régions toutefois, ces mesures ont été prises trop tard pour avoir un effet sur la production de la saison sèche et il faudra donc attendre la prochaine campagne principale (saison humide) qui doit commencer en octobre/novembre. Les autorités prévoient aussi d’aider quelques 17 millions de familles (85 millions de personnes) en fournissant du riz subventionné (10 kg/famille/mois) à près d’un tiers du prix en vigueur sur le marché.

En plus des interventions à court terme centrées sur la distribution de denrées alimentaires aux couches les plus vulnérables de la population, l’Indonésie a besoin d’une aide internationale de grande envergure qui puisse stimuler la production agricole, assurer une plus grande sécurité alimentaire, stabiliser le marché intérieur des produits alimentaires et créer des emplois. A cet effet, il sera nécessaire de disposer de semences de qualité en quantité suffisante, d’engrais, de pesticides et d’adopter des mesures appropriées de lutte contre les ravageurs.


2. LA CRISE ÉCONOMIQUE ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE


En Indonésie, la crise économique aura de fortes répercussions sur la sécurité alimentaire car les perspectives d’une reprise à court terme, sont au mieux incertaines. En effet, contrairement à 1997, où l’on prévoyait une croissance économique favorable, le pays devrait cette année, enregistrer un taux de récession économique parmi les plus élevés du monde. Qui plus est, le prix des importations continue à grimper à cause de la chute vertigineuse du taux des changes, ce qui alimente une inflation rapide (graphiques 1 et 2). La gravité de la récession, mais aussi la rapidité à laquelle l’économie s’est effondrée, n’ont pas permis la mise en place de stratégies d’adaptation à l’échelle du pays et des ménages .

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Source: Bureau central des statistiques, Djakarta

La récession, qui a frappé surtout les services, l’industrie et la construction, ainsi que l’affaiblissement de la demande intérieure, ont eu de fortes répercussions sur l’augmentation du chômage. Selon les estimations du Ministère du travail, le nombre des chômeurs était en juillet 1998 de 15,4 millions, soit 17 pour cent de la main-d’oeuvre totale. Selon une étude réalisée récemment par le PNUD et l’OIT [ Employment Challenges of the Indonesian Economic Crisis: PNUD/OIT juin 1998] , quelques 5,4 millions de travailleurs seront déplacés du fait de la crise économique en 1998, dont environ 30 pour cent dans les services, 25 pour cent dans l’industrie, et 19 pour cent dans le secteur de la construction. On devrait donc compter plus de 20 millions de chômeurs, soit 22 pour cent de la main d’oeuvre d’ici la fin de l’année. Il se peut qu’une partie de ces chômeurs soit absorbée dans le secteur parallèle, mais les revenus et les rémunérations permettant d’accéder à la sécurité alimentaire seront inévitablement moins stables. Les problèmes qui découlent de cette situation sont particulièrement graves pour les travailleurs urbains, pour lesquels la perte de l’emploi s’est soldée par une forte réduction du pouvoir d’achat. Nombre de travailleurs urbains au chômage se déplacent vers les zones rurales où ils vont exercer une pression accrue sur les services réduits qui existent dans ces régions. Vu la gravité de la situation de la sécurité alimentaire pour la population urbaine, les autorités ont demandé à la FAO d’envisager la possibilité d’étendre l’agriculture aux zones périurbaines, afin de permettre un complément alimentaire aux ménages urbains.

En plus du chômage qui gagne du terrain, l’inflation galopante grignote rapidement la valeur réelle des revenus de ceux qui ont encore la chance d’avoir un emploi. Selon l’étude du PNUD/BIT, environ 100 millions de personnes (48 pour cent de la population) vivront en-dessous du seuil de pauvreté (moins de O,5 dollar E.-U. par jour) d’ici la fin de 1998 à cause de la stagnation des salaires et des revenus, et d'une inflation importante. Le nombre des pauvres serait donc de 3 à 4 fois supérieur et toute augmentation ultérieure des prix, l’année prochaine, pourrait encore aggraver très nettement la situation. Afin d’atténuer l’effet négatif des pénuries alimentaires, les autorités ont récemment introduit un programme spécial de distribution de 10 kg de riz par famille à un taux subventionné de 1 000 roupies/kg, dont l’objectif est d’atteindre jusqu’à 17 millions de familles parmi les plus démunies (soit 85 millions de personnes).

Il est nécessaire de prendre des mesures d’urgence pour réduire la pauvreté, ainsi que pour restructurer et stimuler l’économie (surtout dans le secteur agricole et alimentaire), compte tenu du nombre élevé et en constante progression des pauvres en Indonésie, et des perspectives selon lesquelles une couche importante de la population devrait se situer en-dessous du seuil de pauvreté au début de l’année prochaine. Au mois de juin, dans le cadre de ce processus, le gouvernement et le FMI ont adopté un Mémorandum sur les politiques économiques et financières. Il porte sur des mesures visant à soutenir le pouvoir d’achat, enrayer l’inflation, rétablir le système bancaire et renforcer les institutions qui participent à la gestion de la crise. Ces réformes sont considérées comme essentielles pour stimuler l’agriculture et l’industrie et pour créer des emplois.


3.PRODUCTION VIVRIÈRE: 1997/98


En Indonésie, la production vivrière est fortement influencée par le régime des pluies de la mousson qui ont une incidence particulière sur les performances au cours de la campagne principale (humide) et secondaire (sèche). La saison humide va normalement d’octobre à mars et c’est pendant cette période que 60 pour cent environ des récoltes annuelles de riz du pays sont produits ainsi que la moitié du maïs, du soja et des arachides. Le reste de la récolte annuelle est produit pendant la saison sèche, qui va d’avril à septembre. En Indonésie occidentale, où 80 à 90 pour cent du riz et du maïs du pays sont produits, les précipitations ont lieu durant toute l’année, mais surtout au cours de la période qui va d’octobre à mars. Dans les régions orientales, notamment dans le Nusa Tenggara et dans le Timor, le niveau des précipitations diminue.

Pendant les années 90, les conditions météorologiques ont été largement défavorables à la production, à l’exception de 1995-96, ce qui a accru les risques pour les petits agriculteurs, notamment dans l’est du pays où se pratique la monoculture. La production de la campagne principale de 1997/98 a été en outre touchée par la sécheresse liée au phénomène El Niño, qui a gravement retardé les semis et affecté la production, comme cela a été confirmé par la mission précédente, effectuée en mars.

La récolte de riz de la campagne principale a diminué en 1998 et en outre, la production de la deuxième campagne sera ultérieurement réduite du fait d’un certain nombre de facteurs.

Dans ces conditions, les estimations relatives à la production de la saison sèche ont été révisées à la baisse, du fait surtout de la chute des rendements dans l’ensemble de la région. La réduction des surfaces cultivées a été peu déterminante, puisqu’elle est inférieure à 1 pour cent. La mission a donc prévu une production totale de riz pour 1997/98 d’environ 45,3 millions de tonnes soit 5 pour cent de moins que prévu précédemment (environ 4 millions de tonnes - 8 pour cent - de moins qu’en 1997 et 2,7 de moins que la dernière récolte frappée par la sécheresse en 1994) (Voir tableaux 1 et 2).

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Tableau 1. Indonésie: Estimations révisées pour la production vivrière en 1998 (en milliers de tonnes)

Cultures Prévisions pour 1998 1997
1
/
1996
2/
1994
3
/
Variations en pourcentage 1998 par rapport
à 1997
Variations en pourcentage 1998
par rapport
à
1996
Variations en pourcentage 1998
par rapport
à
1994
Paddy 45 383 49 377 50 575 46 642 -8.1 -10.3 -2.7
Maïs 9 627 8 771 9 142 6 869 9.7 5.3 40.1
Soja 1 467 1 357 1 510 1 565 8.1 -2.8 -6.3
Manioc 1/ 16 391 15 134 16 910 15 729 8.3 -3.0 4.2
Patates douces 4/ 1 937 1 848 2 029 1 845 4.8 -4.5 5.0
Arachides 726 688 747 632 5.5 -2.8 14.8

1/ Production de riz inférieure à la normale
2/ Production de riz normale.
3/ Production de riz affectée par la sécheresse.
4/ Poids des tubercules fraîches.
Note: Pourcentages obtenus à partir de chiffres non arrondis.

Tableau 2. Indonésie: Prévisions concernant la production vivrière de 1998 par région/province (en milliers de tonnes)

Province Paddy Maîs Soja Manioc Patates douces Arachides
SUMATRA 10 890 2 183 261 3 019 399 110
Banda Aceh 1 514 51 107 9 9 21
Sumatra Nord 3 256 552 51 584 126 41
Sumatra Ouest 1 710 46 7 69 25 12
Riau 425 38 7 69 15 5
Jambi 513 22 14 101 18 2
Sumatra Sud 1 514 89 19 324 37 11
Bengkulu 351 61 10 109 133 9
Lampung 1 606 1 325 45 1 755 35 9
JAVA 24 293 5 348 892 10 524 926 442
DKI Jakarta 15 0 - 0 0 0
Java Ouest 8 565 387 82 1 881 408 105
Java Centre 7 420 1 713 275 3 947 290 144
DI Yogyakarta 611 159 71 811 10 40
Java Est 7 681 3 090 464 3 884 219 154
BALI, E. TIMOR & N TENGGARA 2 484 761 168 1 269 215 58
Bali 849 107 29 195 95 19
Nusa Ouest Tenggara 1 338 84 133 102 13 25
Nusa Est Tenggara 248 469 5 916 92 11
Timor Est 49 100 1 57 15 3
KALIMANTAN 2 452 96 32 542 76 30
Kalimantan Ouest 826 37 7 217 17 2
Kalimantan Centre 280 12 5 51 9 2
Kalimantan Sud 1 175 35 16 155 21 23
Kalimantan Est 170 13 4 118 28 3
SULAWESI 5 079 1 222 100 923 130 79
Sulawes Nordi 328 125 7 51 31 5
Sulawesi Centre 553 43 7 83 19 7
Sulawesi Sud 3 984 981 82 602 68 64
Sulawesi Sud-Est 214 73 4 187 13 2
MALUKU & IRIAN 184 17 14 114 190 7
Maluku 95 12 8 66 13 2
Irian Jaya 89 6 6 48 178 5
Total 45 383 9 627 1 467 16 3911/ 1 9371/ 726

1/ Poids des tubercules fraîches.

3.1 Premières prévisions concernant la production de la saison humide 1998/99

Les prévisions relatives à la production de la campagne principale (humide) pour 1999, sont actuellement très approximatives, les semis ne commençant qu’en octobre 1998. Il importe toutefois de tenir compte de trois facteurs, à savoir i) le programme des pouvoirs publics en vue de stimuler la production interne; ii) les prévisions favorables concernant les précipitations; et iii) l’abaissement du coût de la main-d’oeuvre, qui devraient favoriser une reprise de la production.

Cette année, au mois de mai, les autorités ont introduit le programme, "Gema Palagung, 2001" qui prévoit les mesures suivantes pour accroître la production de riz

Selon les toutes premières prévisions du Département de la météorologie, à Java, au cours de la période allant d’octobre à décembre 1998, les précipitations devraient être supérieures à la normale dans 77 pour cent des districts et normales dans 23 pour cent des districts. Au Sulawesi, à Sumatra et au Kalimantan, on s’attend également à des précipitations normales ou supérieures à la normale. Du fait du chômage élevé qui sévit dans le pays, l’agriculture devrait pouvoir disposer d’une main-d’oeuvre bon marché au cours de la prochaine campagne. Toutefois, les effets potentiellement favorables des facteurs météorologiques et autres sur les rendements pourraient être annulés par l’augmentation des pertes imputables aux ravageurs, faute de mesures de lutte efficaces et de quantités suffisantes de chlorure de potassium, comme cela s’est produit au cours de la saison sèche.


4. SITUATION DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES



4.1 Prix du riz et accès aux vivres

En Indonésie, la hausse rapide des prix intérieurs des produits alimentaires, notamment pour le riz, (graphique 5) s’explique actuellement par la combinaison des facteurs suivants:

En Indonésie, le marché du riz actuellement très instable donne lieu à de fortes spéculations . Les consommateurs ont tendance à constituer des réserves de vivres et de nombreux producteurs constituent des stocks supérieurs aux besoins normaux. Ceci s’explique par les difficultés de distribution, mais aussi du fait de la perspective d’un relèvement des prix, afin de pouvoir couvrir l’accroissement des coûts de la production à l’avenir, notamment pour les intrants importés.

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Note: Deux premières semaines de septembre

Les pressions exercées sur le prix du riz auraient été certainement plus fortes sans les interventions de l’Office national de logistique (BULOG) sur les marchés, mais il est surprenant que ces interventions n’aient pas été plus décisives, afin de maîtriser la hausse des prix au cours de la période de soudure de juillet et août 1998, compte tenu du bon niveau des stocks et des prévisions d’importation. Au cours de ces mois, les interventions sur le marché ont porté respectivement sur 215 000 tonnes et 193 000 tonnes contre 414 000 tonnes et 483 000 tonnes au cours de la période de soudure de janvier et février, alors que les stocks étaient inférieurs et que la situation des importations était moins clairement définie (graphiques 6 et 7).

Cette situation s’expliquerait pour les raisons suivantes : i) le mois d'août est traditionnellement le mois de la moisson pour les cultures de la saison sèche et les besoins d’intervention sont moins pressants; ii) il est aussi nécessaire de constituer des stocks importants en prévision d’un gonflement de la demande en novembre et décembre au moment des fêtes ( Eid, Noël et Nouvel An).

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Note: à l’exception de 1998/99, les données disponibles correspondent aux années civiles

4.2 Bilan de l’offre et de la demande de céréales

Le bilan révisé de l’offre et de la demande de céréales, y compris le total des besoins d’importation pour 1998/99 (avril-mars), est résumé au tableau 3. Le bilan fournit une perspective globale des besoins à l’échelle nationale, mais ne tient pas compte des questions relatives au pouvoir d’achat, à l’accès à la nourriture et aux différences régionales en matière de consommation. Le bilan céréalier se fonde sur les données suivantes qui concernent principalement le riz, denrée de base du régime alimentaire.

Tableau 3. Indonésie: Bilan de l’offre et de la demande de céréales, avril 1998 - mars 1999 (en milliers de tonnes)


RIZ USINÉ MAÏS BLÉ
Disponibilités intérieures
32 245 9 927 369
Stocks d’ouverture
3 563 300 369
Production
28 682 9 627 0
Utilisation totale
37 390 9 927 4 385
Consommation 28 787 5 286 3 863
Autres utilisations/pertes
4 303 3 813 153
Stocks de clôture
4 300 5001 369
Excédents exportables 1/
0 328 0
Besoins d’importation
5 145 0 4 016

1/ Traduit la réduction de la demande de maïs pour l’industrie des aliments destinés aux volailles.

Les besoins d’importations de riz pour 1998/99 ont été révisés à la hausse par la mission et s’élèvent approximativement à 5,14 millions de tonnes, soit environ 1,64 million de tonnes (47 pour cent) de plus que les quantités prévues au mois d’avril ( 3,5 millions de tonnes). Pour affronter cette situation, à la mi-septembre, le BULOG avait déjà importé 2,42 millions de tonnes de riz et des négociations avaient eu lieu pour la fourniture de 525 000 tonnes supplémentaires. Les engagements/rentrées d’aide alimentaire confirmés s’élèvent à 765 000 tonnes (y compris 600 000 tonnes en provenance du Japon sous forme de prêts à des conditions de faveur et de dons), notamment 240 000 tonnes d’aide alimentaire destinée aux projets et 525 000 tonnes d’aide alimentaire au titre du programme. Ceci laisse un déficit d’environ 1,43 million de tonnes de riz à couvrir par des importations commerciales subventionnées, des prêts, des dons et une aide alimentaire ciblée. Selon la mission, des discussions bilatérales devraient être engagées pour la fourniture d’environ un million de tonnes supplémentaires. En plus du riz, il est nécessaire d’importer environ 4 millions de tonnes de blé. Pour cette céréale, toutefois, la demande est tributaire d’un certain nombre de facteurs (suppression des subventions, changement des prix), qui peuvent à leur tour influencer les besoins d’importations (1,5 million de tonnes ont déjà été importées par des voies commerciales et 500 000 tonnes supplémentaires sont attendues au titre d’une autre aide bilatérale d’ici janvier 1999). Il est également possible qu’un autre million de tonnes soit fourni au titre de l’aide bilatérale au cours des deux années à venir, mais les discussions sont encore en cours.

4.3 Situation alimentaire

On ne dispose à ce jour d’aucune évaluation globale de l’impact des pénuries alimentaires sur la nutrition. Il est toutefois possible d’avoir des indications préliminaires à partir des contrôles en cours dans le sud de Sulawesi, dans le sud de Kalimantan et dans le centre de Java, dans le cadre d’un programme bénéficiant du soutien de l’UNICEF et mis en place par l'ONG "Helen Keller International". Les comparaisons effectuées pour la nutrition portent sur une période allant de juin 1996 à juin 1998 et ont établi :

4.4 Mécanismes d’adaptation

Pour faire face aux difficultés actuelles, les pauvres et les plus démunis ont recours à divers moyens entre autres, ils choisissent pour leur nourriture les produits locaux, moins chers que les produits importés, surtout dans les zones rurales; ils développent des activités dans le secteur parallèle, notamment des activités de petit commerce sur le marché du riz, et enfin ils retirent leurs enfants de l’école pour éviter les frais de scolarité. Au niveau local, une multitude d’organisations non gouvernementales et de groupes communautaires (certains gravitent autour des mosquées et des églises) fournissent une aide aux plus démunis et organisent notamment des programmes de distribution de repas à bas prix dans les zones urbaines et périurbaines.

4.5 Besoins d’aide alimentaire

Pour affronter la sécheresse de 1997/98, le Directeur exécutif du PAM et le Directeur général de la FAO ont, cette année, approuvé conjointement une opération d’urgence au mois d’avril. L’opération d'urgence couvre une période de 13 mois, et a pour objectif d’atteindre quelques 5 millions de bénéficiaires, qui seront appelés à participer à des activités "vivres-contre-travail" (femmes enceintes/mères allaitantes, enfants souffrant de malnutrition et familles démunies touchées par la sécheresse dans les zones rurales). Comme la sécheresse a touché essentiellement les zones orientales du pays, l’aide est destinée en premier lieu aux régions situées hors de Java et Sumatra. La part de l’aide destinée aux deux îles les plus peuplées n’est que de 20 pour cent. Les premières activités et les distributions de riz ont débuté au mois d’août. Plus de 86 000 tonnes de céréales ont déjà été livrées et le reste devrait arriver d’ici janvier prochain. (Tableau 4)

Bien des zones originellement ciblées pour l’opération d'urgence du PAM sont à l’heure actuelle vraisemblablement touchées davantage par la crise économique que par la sécheresse. Il serait donc nécessaire de procéder à un recentrage de l’aide, après la prochaine récolte de mars/avril 1999.

Une mission d’examen du programme du PAM vient d’arriver en Indonésie pour étudier les besoins et les potentialités d’une aide alimentaire supplémentaire dans les zones urbaines, périurbaines et rurales.

Tableau 4. Indonésie: Engagements/livraisons actuels d’aide alimentaire

Source Quantité
Riz Autres produits
Aide alimentaire destinée aux projets

 
PAM 114 664 Blé Aliments composés 214 900 17 000
Japon 60 000
 
CRS 39 500 Aliments composés 1 040
CARE 25 500 Maïs 1 400
UNICEF
Aliments composés 8 500
E.-U. bilatéral
Lait en poudre 7 500
Autres
Divers 7 000
Sous-total (riz) 239 664
 
Aide alimentaire liée à un programme

 
E.-U. P.L. 480/Titre 1 25 000 Blé Soja 18 000 50 000
Japon (prêt à des conditions de faveur) 500 000
 
Sous-total (riz) 525 000
 
TOTAL RIZ 764 664
 

4.6 Programme d’aide alimentaire de l’Etat

Les ménages au chômage et les familles dont le pouvoir d’achat est faible ont de grosses difficultés à avoir accès à la nourriture, notamment dans une situation générale où les prix sont instables et pourraient augmenter à cause de l’insécurité, indépendamment des approvisionnements globaux en denrées alimentaires qui existent dans le pays.

Les pouvoirs publics se basent sur les données de l’Agence nationale de planning familial (BKKBN) pour le programme de vente de riz subventionné (opérations spéciales sur le marché du BULOG). Les données concernant les familles les plus démunies ("pre-welfare" -KPS-) et les familles pauvres (KS1) pour les mois de mai/juin et juillet/août de cette année ne font pas état d’un accroissement global. On note des changements significatifs dans certaines provinces, mais qui traduisent vraisemblablement le fait que les familles touchées par la crise économique ont remplacé celles frappées par la sécheresse. Par exemple, le nombre de familles KPS dans l’Irian Jaya est passé de 153 579 en mai/juin à 129 055 en juillet/août. Les cinq provinces de Java comptent quelques 4,99 millions de familles KPS (68,6 pour cent du total) alors qu’elles représentent 58,6 pour cent de la population nationale. Par ailleurs, les sept provinces de Sumatra comptent 979 639 familles KPS (13,5 pour cent du total) alors qu’elles représentent environ 21,1 pour cent de la population. Les pouvoirs publics sont préoccupés toutefois de voir augmenter le nombre des familles très pauvres (KPS) et grossir les rangs de la catégorie des plus démunis, notamment dans les zones urbaines et périurbaines.

Les plus démunis (catégorie "pre-welfare" -KPS-) peuvent acheter 10 kilogrammes de riz par famille et par mois, au prix subventionné de 1 000 roupies le kilo, c’est-à.dire à environ un tiers du prix actuel du marché. A l’échelle nationale, le programme devrait atteindre environ 7,35 millions de familles parmi les plus démunies d’ici le mois d’octobre de cette année. Par la suite, il pourrait être étendu à 9,57 millions de familles de plus appartenant à la catégorie des "pauvres" (KS1) soit au total environ 17 millions de familles ou quelques 85 millions de personnes, si l’on suppose qu’une famille moyenne comprend cinq personnes. Le programme pourrait en définitive toucher plus de 40 pour cent de la population. Selon les données disponibles en juillet, août et septembre, le programme a aidé respectivement 137 000, 3,18 millions et 3,67 millions de familles.

Actuellement, le programme est financé par des fonds de l’Etat. Toutefois, pour une famille de cinq personnes, 10 kilogrammes de riz représentent une ration de moins de 70 grammes par personne/jour, soit moins de 20 pour cent des besoins énergétiques. Le soutien du programme par des donateurs devrait donc être pris en considération afin que les familles les plus pauvres reçoivent une ration alimentaire plus consistante.

4.7 Aide alimentaire au titre des projets

Dans les circonstances actuelles, vu que la reprise de l’économie et de l’agriculture tarde à venir, il est tout à fait indiqué d’utiliser l’aide alimentaire destinée aux projets, notamment au moyen: i) de programmes de soutien pour la santé maternelle et infantile (SMI), ii) de programmes d’alimentation scolaire et iii) d’activités "vivres-contre-travail". Une étude rapide de la situation actuelle est présentée ci-après pour ces trois types d’interventions.

i) Santé maternelle et infantile

L ‘UNICEF a récemment démarré dans certaines zones géographiques sélectionnées, un programme de distribution d’aliments composés locaux, comprenant du riz, du soja et du sucre et enrichis d’oligo-éléments. Le programme vise les enfants de 6 à 24 mois, période critique pour le développement physique et psychique. La distribution de rations de 75 grammes d’aliments composés (par enfant/jour) est générale pour cette tranche d’âge. Les indicateurs de malnutrition ne sont pas utilisés pour cibler la nourriture, car cela pourrait produire un effet négatif. Les pouvoirs publics sont en train d’élargir la portée du programme en utilisant d’autres fonds provenant de donateurs et l’on prévoit que quelques 3 millions de nourrissons bénéficieront des aliments de sevrage ou des aliments composés locaux .

Compte tenu des problèmes sérieux d’anémie dont souffrent les femmes enceintes et les mères allaitantes, la distribution d’un complément nutritionnel enrichi d’oligo-éléments contenant du fer et associé dans la mesure du possible à des pâtes ou à des biscuits, devrait être prise en considération pour ce groupe vulnérable.

ii) Alimentation scolaire

Les pouvoirs publics ont depuis longtemps mis en place un programme d’alimentation scolaire dans les écoles primaires des "villages reculés". Dans certaines provinces orientales du pays, toutefois, tous les villages en bénéficient. Le programme permet d’atteindre quelques 8,2 millions d’enfants dans 52 000 écoles et 25 925 villages répartis sur 297 districts et 27 provinces du pays. Un repas léger (en-cas) est servi dans le courant de la matinée trois fois par semaine, 108 jours par an. Le classement des villages et le choix des écoles ont été établis en 1992/93 et n’ont pas changé depuis. L’application au niveau du village repose sur l’Association des femmes (PKK) dont les membres établissent le menu, achètent les denrées locales et préparent les repas. Les pouvoirs publics ont récemment augmenté de 40 pour cent la somme consacrée aux repas quotidiens (qui passe de 250 à 350 roupies dans les provinces occidentales et de 350 à 525 roupies dans les provinces orientales). Ce repas quotidien devrait fournir à chaque enfant 300 calories et 5 grammes de protéines. On relève un accroissement des fonds publics destinés au programme qui sont passés de 297 milliards de roupies en 1997 à 414 milliards de roupies (40 millions de dollars E.-U.) en 1998 (coûts de gestion compris).

De par sa nature, le programme ne couvre pas de nombreuses écoles des zones urbaines et périurbaines. Il pourrait être envisagé d’étendre le programme à ces zones, à titre temporaire, du fait de l’urgence, mais les pouvoirs publics tiennent au respect des objectifs de base du programme, notamment à l’utilisation des denrées locales. A titre exceptionnel, un programme d’alimentation scolaire à base de riz, élargi temporairement aux écoles primaires des zones urbaines et périurbaines devrait toutefois être examiné de plus près afin d’encourager les jeunes enfants à retourner à l’école ou à y rester.

iii) "Vivres-contre-travail"

Divers projets "vivres-contre-travail" ont été récemment entrepris par le PAM (par l’intermédiaire du Ministère de l’agriculture) ainsi que par diverses ONG internationales et organisations nationales dans les zones rurales. Malgré les difficultés liées à leur conception et à leur mise en oeuvre, un élargissement aux zones urbaines et périurbaines, pourrait encourager la participation à des travaux communautaires (assainissement des égouts, services de voirie, amélioration de la distribution de l’eau). Le PAM et l’ONG World Vision sont actuellement en train de mettre au point un projet pilote à Djakarta. Il est important de tenir compte des autres programmes d’aide sociale qui sont déjà en place ou prévus afin d’éviter les risques de double emploi.

 


Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'information le cas échéant.

Abdur Rashid
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Mme J. Cheng-Hopkins
Directeur régional, OAP, PAM
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