SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE  DE LA FAO 

ALERTE SPÉCIALE NO. 289:

SIERRA LEONE

Date: 18 janvier 1999

(diffusée uniquement pour les pays où les cultures vivrières ou la situation des approvisionnements sont préoccupantes)


DÉTÉRIORATION RAPIDE DE LA SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES EN SIERRA LEONE

Après la récente recrudescence de violences en Sierra Leone, la situation des approvisionnements alimentaires s'est gravement détériorée, éliminant virtuellement la légère amélioration de la sécurité alimentaire à Freetown et dans les zones avoisinantes où la paix avait été rétablie après la campagne efficace des forces de l'ECOMOG contre les rebelles. Depuis le 6 janvier 1999, les rebelles se sont emparés de plusieurs quartiers de Freetown, et les habitants de la capitale ont été totalement isolés et sont pratiquement restés sans vivres, eau et électricité. Malgré les efforts diplomatiques visant à négocier un cessez-le-feu, les combats se poursuivent et la situation des citadins devient désespérée car la famine est proche, les stocks d'aliments étant pratiquement épuisés et les combats empêchant l'acheminement de vivres provenant de l'intérieur du pays. L'aide alimentaire extérieure fournie au pays s'est pratiquement asséchée à la suite de l'évacuation du personnel des organismes humanitaires vers les pays voisins. En outre, les entrepôts appartenant aux organismes d'aide ont été pillés par les rebelles fuyant les forces de l'ECOMOG, ce qui a réduit d'autant la capacité de ces organismes à répondre rapidement à la crise.

Les combats qui ont eu lieu dans l'est, notamment à Bo, Kenema, Koidu et Makeni avaient déjà fortement bouleversé à la fin de l'année 1998 la distribution des vivres dans ces zones et provoqué de vastes déplacements de population. On estime qu'environ 80 000 personnes auraient été déplacées à la suite de la recrudescence des combats et selon le HCR, il y aurait actuellement 350 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, principalement à Kenema, Bo (la deuxième ville de Sierra Leone) et dans la zone frontalière de Kambia, dans l'ouest du pays, éventuellement pour un passage en Guinée. La situation des approvisionnements alimentaires est précaire dans ces zones et devrait se détériorer encore à la suite des graves perturbations dans les opérations d'aide alimentaire organisées auparavant à partir de Freetown. Seules quelques activités limitées d'aide humanitaire peuvent maintenant être entreprises à partir de la Guinée.

Outre l'interruption des importations commerciales transitant par le port maritime de Freetown, les principales routes reliant Freetown au reste du pays sont fermées, ce qui empêche l'arrivée des disponibilités alimentaires provenant des campagnes. Les routes reliant les principales villes du pays sont également fermées et l'insécurité empêche la plupart des activités de négoce. La récolte du riz de la campagne principale de 1998, estimée à environ 400 000 tonnes (environ 80 pour cent du niveau de 1997) a été rentrée en décembre mais l'insécurité et le manque d'infrastructures gêneront fortement la commercialisation de cette récolte. Le riz est la principale denrée alimentaire de la Sierra Leone, mais le pays produit également d'autres denrées de base comme le mil, le sorgho, le maïs et le manioc. Si les combats et l'insécurité se poursuivent jusqu'à la prochaine campagne rizicole qui commencera en avril, la plupart des activités de relèvement agricole prévues pour 1999, y compris les distributions de semences et d'outils et l'assistance technique, seront retardées ou resteront strictement circonscrites. Les zones ensemencées seront réduites et la récolte de 1999 pourrait être nettement inférieure à celle de 1998 qui est elle-même inférieure aux niveaux d'avant la crise. En conséquence, la Sierra Leone sera encore plus largement tributaire de l'aide alimentaire pour satisfaire ses besoins fondamentaux.

Avant l'escalade de la violence, le PAM fournissait une aide alimentaire à environ 63 000 personnes dans le pays. Les distributions ont maintenant été suspendues mais les stocks de produits alimentaires disponibles sont suffisants pour nourrir les personnes déplacées à l'intérieur du pays à Bo et Kenema, pour une période d'au moins deux mois. Les sociétés de la Croix-Rouge ont renforcé leurs activités en Guinée et au Libéria et intensifié leurs plans d'intervention d'urgence en faveur des réfugiés de Sierra Leone. A Conakry, elles ont prévu une aide alimentaire et sanitaire pour environ 20 000 réfugiés sur une période de six mois. La situation est particulièrement critique à Freetown où la population, estimée à environ 1 million d'habitants, est confrontée à de graves pénuries alimentaires et pourrait connaître la famine si les combats se poursuivent et empêchent l'acheminement de l'aide alimentaire et d'autres secours humanitaires.

 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser, pour tout complément d’information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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