SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL : MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN ALBANIE

7 juillet 1999

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1. VUE D'ENSEMBLE

En mars 1999, la recrudescence de la violence dans la Province du Kosovo (République fédérative de Yougoslavie) s'est traduite par un exode massif de réfugiés vers les pays voisins, notamment vers l'Albanie, en raison de la générosité du Gouvernement et de la population albanaise qui ont conduit une politique d'ouverture tout au long de la crise. Début juin, le HCR évaluait le nombre total de réfugiés dans le pays à quelque 440 000 personnes, dont environ la moitié installée dans des camps de tentes et l'autre moitié ayant trouvé refuge chez l'habitant.

Devant les préoccupations relatives à l'incidence de la crise du Kosovo sur la sécurité alimentaire, une mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a été envoyé dans le pays du 3 au 13 juin. La mission a attaché une attention particulière à l'impact des flux massifs de réfugiés sur la population locale, y compris sur les mécanismes de consommation, l'état sanitaire et nutritionnel et l'accès aux vivres. Les résultats de la mission se basent, d'une part sur des entretiens avec les ministères et départements du Gouvernement et les autorités locales, les institutions des Nations Unies (HCR, UNICEF, PNUD, OMS et PAM) et les organismes bilatéraux et ONG implantés dans le pays, et, d'autre part sur des visites de terrain dans certaines zones, comprenant des entretiens avec les ménages. Durant ce court laps de temps, la mission s'est rendue dans 10 des 12 préfectures, y compris toutes les grandes zones de production agricole, ainsi qu'à Shkodër et Kukës au nord du pays, qui sont les plus touchées par l'afflux de réfugiés.

La mission a constaté que l'impact de la crise sur la production agricole, les prix des denrées alimentaires, l'économie locale et la sécurité alimentaire globale en Albanie semble avoir été limité. Il pourrait même avoir été positif - quoique marginal et temporaire- pour certaines familles hébergeant des réfugiés, qui ont reçu des colis d'aide alimentaire d'urgence et qui ont tiré des revenus supplémentaires de la location aux réfugiés.

La mission en a conclu que la sécurité alimentaire précaire de nombreux ménages albanais est principalement due à la conjoncture économique difficile et aux problèmes de développement que le pays a connus durant les années 90, plutôt qu'aux circonstances exceptionnelles découlant de la crise.

Il est à noter que la lourde charge pouvant peser sur la population locale qui héberge près d'un demi-million de réfugiés a été allégée par la rapidité et la validité de l'intervention des organismes internationaux et des ONG qui ont fourni une aide alimentaire et d'autres formes d'assistance d'urgence. Sans cet effort, la crise aurait pu avoir de graves répercussions sur la population albanaise déjà très pauvre.

La mission estime la production céréalière de 1999 à 456 000 tonnes, chiffre légèrement inférieur à la moyenne des dernières années et ne couvrant que 50 pour cent environ des besoins intérieurs. La mission a dégagé deux facteurs principaux qui ont pesé sur la production céréalière cette année: les précipitations excessives durant la campagne des semis en automne et la préférence des agriculteurs pour des cultures de rapport plus lucratives, qui ont entraîné un recul des emblavures. Si la crise semble avoir eu un effet limité sur le résultat global de la récolte céréalière de 1999, la désorganisation des semis de printemps dans les régions septentrionales à la frontière du Kosovo a touché une population estimée à 10 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Les besoins d'importations céréalières de la population albanaise pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) sont estimés à 478 000 tonnes, dont 373 000 tonnes de blé, 81 000 tonnes de maïs, et 17 000 tonnes de riz. Les besoins en blé sont légèrement supérieurs à la moyenne des dernières années, et sont normalement couverts, pour l'essentiel, par les importations commerciales, tandis que ceux de maïs pour l'alimentation animale sont nettement supérieurs à la normale.Toutefois, il se peut que le fourrage cultivé à la ferme, produit en quantités accrues grâce aux précipitations supérieures à la normale de cette année et à la jachère de certaines terres à céréales se substitue en partie au maïs.

Pour faire face aux besoins en blé estimés par la mission, 3 000 tonnes d'aide alimentaire sous forme de blé ont déjà été annoncées en faveur des familles qui hébergent les réfugiés. Les besoins alimentaires des réfugiés n'ont pas été pris en compte pour le calcul du bilan céréalier. Leurs besoins sont couverts par un programme distinct d'assistance internationale.

Pour ce qui est de la production de légumes, on ne disposait pas de données officielles complètes lors de la visite de la mission car les semis de printemps avaient été retardés par la pluie. Néammoins, les informations recueillies durant les visites sur le terrain ont indiqué que les superficies finales seraient plus ou moins normales.

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2. CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE 1

1 Le contenu de cette section est tiré de diverses sources, y compris des rapports du Ministère albanais de l'agriculture et de l'alimentation, de la Banque mondiale, et de l'"Economic Intelligence Unit".


2.1 Situation macroéconomique

Depuis le début du processus de transition vers une économie de marché en 1991, le bien-être et le développement de l'Albanie ont été mis à rude épreuve à diverses reprises. La période de transition initiale, désordonnée, s'est traduite par des bouleversements économiques. En 1992, après tout juste une année de transition, l'activité économique était tombée à la moitié de son niveau de 1989 et l'inflation était passée à trois chiffres. Après une période d'amélioration et de stabilisation macroéconomique de 1993 à 1995, le pays a replongé dans le marasme économique en 1997, lorsque les émeutes soulevées par l'effondrement des plans de financement pyramidal ont pratiquement déclenché une guerre civile, et de vastes zones du pays ont échappé au contrôle du gouvernement. Le pays a connu une inflation galopante pendant plusieurs mois, et les activités économiques sont pratiquement arrivées au point mort. En 1997, le PIB par habitant était estimé à 650 dollars E.-U., le plus bas d'Europe.

Cependant, après l'élection d'un nouveau gouvernement à la mi-1997 et avec l'aide d'un programme du FMI, l'économie a montré des signes de redressement, mais les conditions de vie de la population demeurent précaires. La consommation alimentaire moyenne par habitant et par an serait nettement en-deçà de la moyenne européenne, et 30 pour cent environ de la population rurale vit dans des conditions d'extrême pauvreté. Dans certaines zones les plus reculées du nord du pays, la population dépend de l'aide alimentaire du Gouvernement pendant tout l'hiver pour satisfaire ses besoins alimentaires de base.

En mars 1999, l'économie du pays, en cours de relèvement et encore fragile, a dû supporter le poids d'une autre crise, lorsque la recrudescence des troubles intérieurs au Kosovo, province limitrophe au nord-est, a entraîné un flux massif de réfugiés. Début juin 1999, au paroxysme de la crise, on estimait les réfugiés kosovars dans le pays à 440 000, dont 225 000 (51 pour cent) étaient hébergés par environ 42 000 familles, principalement en zone rurale, le reste étant logé dans des camps.


2.2 Secteur agricole

L'agriculture, qui est la source de revenus de la majorité des albanais (environ 60 pour cent de la population totale, estimée à 3,3 millions d'habitants) a également subi des bouleversements importants depuis 1991. Durant la phase de transition initiale, elle a enregistré une croissance positive et en 1995 le PIB agricole était supérieur de 15 pour cent aux niveaux de 1989. Depuis 1995, les taux de croissance ont ralenti, mais l'agriculture a continué ces dernières années à assurer l´essentiel du PIB (une moyenne de 55 pour cent environ), et tant la production que la productivité totale des facteurs ont continué à augmenter. Des progrès importants ont été réalisés en matière de réforme agraire et de privatisation des fermes collectives et des industries de transformation.

Toutefois, en dépit des résultats des dernières années, l'agriculture albanaise et la vie rurale se maintiennent, d'une manière générale, à un niveau de subsistance, ce qui a contraint le pays à être fortement tributaire des importations de produits alimentaires durant les années 90. La production agricole repose désormais sur environ 470 000 fermes familiales de dimensions très réduites, contre 550 exploitations et coopératives d'Etat avant la transition. En outre, le processus de redistribution des terres a pris en compte l'utilisation et la qualité des terres pour garantir à tous les ménages une répartition égale de toutes les catégories de terres, ce qui a créé un nouveau morcellement. D'où une mosaïque de parcelles qui signifie que non seulement les exploitations et les troupeaux sont de petite taille, mais aussi que les parcelles peuvent se trouver trop loin des fermes pour être exploitées efficacement.

Le secteur de l'agriculture est divisé en quatre principaux sous-secteurs: céréales, légumes, fruits et élevage. La plupart des exploitations, d'une superficie moyenne de 1,1 ha, pratiquent les quatre activités à un niveau proche de la subsistance. La vente des excédents produits à la ferme crée des revenus monétaires. De ce point de vue, ce sont l'élevage et la production de fruits et légumes qui sont les plus intéressants pour les agriculteurs car ils constituent notoirement les activités les plus lucratives.

Table 1: Albanie -Superficies cultivées et production agricole 1989-1998

    Blé Maïs Total céréales Pommes de terre Tomates Oléagineux Betterave sucrière Tabac
1989 ha 209 200 64 000 349 000 9 000 4 100 92 300 6 600 27 000
  tonnes 613 000 307 000 1 033 350 97 000 59 000 20 420 262 000 19 000
1990 ha 203 000 62 000 321 000 12 000 3 150 88 000 6 000 24 000
  tonnes 613 000 227 000 867 000 80 000 60 000 11 580 169 000 14 100
1991 ha 143 658 44 303 215 339 11 047 3 000 59 793 4 500 11 000
  tonnes 297 340 128 779 446 152 85 966 54 000 10 243 58 000 7 000
1992 ha 103 273 62 736 191 375 9 470 4 000 57 990 3 599 12 846
  tonnes 251 862 156 063 430 814 78 500 90 000 6 195 46 458 12 000
1993 ha 154 959 72 669 268 249 10 313 4 300 48 108 2 209 13 017
  tonnes 464 498 175 751 685 726 101 500 100 000 6 376 26 825 13 000
1994 ha 169 726 74 767 280 700 10 923 5 535 46 597 2 085 6 423
  tonnes 420 000 193 261 655 800 88 900 127 000 7 044 60 000 3 900
1995 ha 141 219 68 870 244 700 12 029 6 200 46 661 2 000 6 177
  tonnes 405 342 215 566 662 500 133 900 150 000 9 281 67 000 5 700
1996 ha 124 721 65 654 221 600 12 398 5 600 45 777 2 100 6 727
  tonnes 271 150 214 059 523 150 131 600 180 000 6 876 74 000 6 300
1997 ha 136 200 61 145 227 200 11 534 5 100 46 265 2 000 7 525
  tonnes 388 391 194 818 616 200 126 700 150 000 8 292 50 900 7 900
1998 ha 140 910 56 599 237 600 11 398 5 200 47 000 2 000 7 064
  tonnes 395 067 189 130 636 500 145 000 156 000 9 784 62 000 8 700

Source
: Ministère de l'agriculture et de l'alimentation

Le Tableau 1 illustre la production de certaines cultures depuis 1989. Après les bouleversements initiaux des deux premières années de transition (1991 et 1992), la production céréalière est restée généralement stable, aux alentours de 600 000 - 650 000 tonnes par an, chiffre nettement inférieur aux niveaux d'avant la transition, qui étaient de l'ordre de 900 000 - 1 million de tonnes, permettant de satisfaire les besoins urbains et ruraux et d'effectuer des exportations. Auparavant, on produisait des quantités importantes d'oléagineux, de betterave sucrière et de tabac destinées à la consommation des ménages et à l'exportation. Désormais, même si le tabac demeure une importante culture de rapport, certains fruits et légumes, comme les tomates et les melons, sont les cultures les plus rémunératrices et les mieux adaptées à la petite agriculture. Il y a eu un rapide accroissement des serres en plastique et des semis de légumes d'été là où l'irrigation est garantie, lorsque les agriculteurs ont pris conscience des gains accrus pouvant être obtenus de la production de fruits et légumes.

Avant la transition, quelque 70 pour cent des terres arables étaient irriguées, ce qui permetttait de rentrer 2-3 récoltes de légumes par an. Avec la destruction des réseaux d'irrigation durant la période de transition et les troubles intérieurs de 1997, et le manque de manutention des infrastructures d'irrigation et de drainage, les terres irriguées ont été réduites de quelque 50 pour cent et la fréquence des arrosages a été perturbée, ce qui a entraîné une irrigation irrégulière et peu fiable. Des projets de remise en état, financés par la Banque mondiale et le FIDA, sont en cours afin de restituer à quelque 150 000 ha de terres un système d'irrigation permanent. D'autres projets sont en préparation.

L'élevage est également apparu comme une composante importante du secteur décentralisé de l'agriculture, même s'il est très fragmenté (troupeaux de l'ordre d'une à deux vaches et de dix à vingt moutons). Les systèmes d'élevage reposent sur l´emploi de fourrage, associant la luzerne et le ray-gras produits dans des champs partiellement irrigués, le pacage, le foin et des rations supplémentaires de céréales cultivées à la ferme, destinés aux femelles en gestation ou allaitantes. Les superficies fourragères se sont étendues au cours des dix dernières années à mesure que les superficies ensemencées en céréales, oléagineux et betterave diminuaient.

Le tableau 2 montre l'évolution du cheptel du pays de 1992 à 1999. On note clairement une tendance à l'accroissement pour tous les animaux au début des années 90, avant la diminution en 1997 due aux troubles intérieurs. Si les effectifs de brebis laitières et de volailles ont été reconstitués en 1998, ceux de chèvres laitières et de truies ont continué à diminuer.

Table 2: Albanie - Nombre de têtes de bétail (en milliers)

Catégorie 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Vaches laitières 324 358 451 470 483 432 432
Brebis laitières 1 232 1 415 1 630 1 736 1 453 1 372 1 395
Chèvres laitières 857 948 1 100 1 150 895 840 764
Truies 12 15 16 16 12 10 9
Volaille 2 539 3 359 3 642 3 900 4 108 4 566 4 862

Source: Ministère de l'agriculture et de l'alimentation

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3. PRODUCTION VIVRIERE EN 1999

Les estimations de la production céréalière de 1999 présentées ci-dessous ont été calculées sur la base des données du Ministère de l'agriculture, ajustées en tenant compte des observations de la mission en juin avant la récolte. La production des cultures semées au printemps a été estimée sur la base des estimations de superficies ensemencées et des prévisions locales de rendements en tenant compte des facteurs météorologiques et de l'utilisation des intrants.

Pour ce qui concerne les cultures de printemps, les semis tardifs ont rendu plus difficile le recensement précis des superficies ensemencées. Les réponses des districts concernant le maïs, les légumes de printemps et les cultures fourragères étaient incomplètes ou non disponibles. La désorganisation des semis de printemps due à la crise n'est signalée que dans certaines zones localisées du nord du pays, proches de la frontière avec le Kosovo, où on estime le nombre de personnes déplacées à 10 000.


3.1 Production céréalière

Dans la principale zone productrice de blé, les précipitations ont démarré en temps voulu en septembre/octobre dans tous les districts. Après un démarrage normal, elles sont devenues excessives en octobre/novembre et ont retardé de 15 à 30 jours les semis dans tous les districts, en entravant les pratiques culturales, en engorgeant les sols et en empêchant d'accéder aux terres.

En conséquence, les emblavures ont été réduites de 25 pour cent dans l'ensemble, les baisses les plus importantes étant signalées à Durrës (-65 pour cent), Krujë, (-80 pour cent), Lac (-72 pour cent), Lezhë (-61 pour cent), Pukë (-75 pour cent), and Shkodër (-71 pour cent). Tous ces districts se trouvent dans le secteur nord-ouest où les pluies ont été les plus abondantes et les plus persistantes. Les dégâts à long terme causés aux systèmes de drainage dans ces régions ont aggravé le problème, tout comme la décision des agriculteurs d'abandonner le blé au profit de cultures maraîchères plus rentables. Des conditions défavorables ont fait pencher la balance en faveur de la diversification ou de la mise en jachère des terres non cultivées pour le pâturage.

Les districts du Sud et de l'Est ont été moins touchés par les fortes pluies, et en dépit de fortes réductions de superficies, celles-ci sont moins marquées que dans le Nord et l'Ouest. A Berat et Diber, les emblavures sont restées les mêmes que durant la campagne précédente, et à Korcë, elles ont même augmenté. Dans les importantes zones productrices de blé d'Elbasan, Kavajë, Lushnjë et Vlorë, on signale des réductions de 10 à 26 pour cent.

La mission a constaté que même dans les zones qui avaient accusé une forte diminution des superficies, il y avait abondance de semences à l'époque des semis. La majorité des agriculteurs albanais utilisent généralement des semences provenant de leur récolte précédente pour les semis de blé. De même, on n'a noté aucun problème lié à l'accès aux tracteurs ou à la traction animale lors des semis. Les coûts de productions, quoiqu'élevés, étaient semblables à ceux de 1998 -soit environ 51 dollars E.-U. l'hectare pour les labours et 25 dollars E.-U. l'hectare pour les passages successifs.

Pour le reste de la campagne de végétation, les précipitations ont été normales ou supérieures à la normale, favorisant le développement des céréales. Malheureusement, compte tenu des bonnes conditions de croissance, la forte densité des semis (200 -250 kg l'hectare) n'a pas permis d'empêcher la pousse des plantes adventices. Les infestations de mauvaises herbes sont, par conséquent, beaucoup plus étendues que d'ordinaire dans tous les districts, à l'exception des zones réservées au blé qui ont été favorisées par l'utilisation d'herbicides et/ou par une meilleure préparation des terres. En conséquence, dans la plupart des districts, les agriculteurs n´ont pas pleinement tiré profit des précipitations plus favorables et des températures plus élevées ayant régné durant la campagne.

La hausse des taux d'humidité et des températures n'a guère influé sur la situation des ravageurs et des maladies affectant le blé. Des sauteriaux polyphages ont été signalés un peu partout au début du printemps, avant d'être maîtrisés grâce aux campagnes de pulvérisation du Ministère de l'agriculture. Aucun autre incident ou infestation n'a eu lieu, ce qui confirme l'efficacité du traitement des semences. L'utilisation totale d'engrais est inférieure à l'an dernier, sauf à Berat et Korcë, où à cause d´une diminution des superficies, l'utilisation effective par hectare serait restée la même. Dans la plupart des régions, la baisse de l'impôt sur les engrais a encouragé leur utilisation.

La Mission a constaté que les autres céréales d'automne cultivées sont l'avoine, l'orge et un peu de seigle. Leur régime de production cette année suit celui du blé. Toutefois, la mission a noté que l'absence de crédit dans tous les districts où elle s'est rendue a empêché de recourir davantage aux engrais et autres intrants.

Les pluies de printemps plus abondantes que d'habitude ont retardé les semis de maïs. Les cultures observées par la mission n'avaient généralement pas plus d'un mois. Dans la plupart des districts, les semis ont démarré à partir de la mi-mai, au lieu de fin avril. A ce jour, aucun effet préjudiciable n'a été noté sur la croissance des cultures.

Le tableau 3 montre les estimations des superficies et de la production par district, pour toutes les céréales, telles qu´elles ont été établies par la mission. Les rendements en blé, orge et avoine devraient être légèrement supérieurs à ceux de l'an dernier, car il n'y a pas eu d'infestations d'insectes ou de maladies, les conditions de végétation après les semis ont été favorables et la prolongation de la saison des pluies a compensé son démarrage tardif. Les rendements en maïs devraient être semblables à ceux de l'an dernier.

Tableau 3: Albanie- Emblavures et production par district, 1998 et 1999
(superficie en milliers d'hectares, rendement en tonnes/ha, production en milliers de tonnes) 1/.

      BLÉ
1998 1999 Changement
superf.
(%)
 
Changement
prod.
(%)
 
Superficie Rendement prod. Superficie Rendement prod.
Berati 8,86 2,92 25,90 8,82 3.20 28,22 0 9
Bulqizë 0,31 3,03 0,94 0,27 2,80 0,76 -13 -20
Delvinë 0,37 2,89 1,07 0,09 3,00 0,27 -76 -75
Devoll 4,84 2,70 13,07 4,40 2,20 9,68 -9 -26
Diber 2,51 2,97 7,45 2,50 2,50 6,25 0 -16
Durrës 6,54 2,17 14,20 2,91 3,00 8,73 -56 -39
Elbasan 12,00 2,63 31,60 10,80 2,60 28,08 -10 -11
Fier 14,91 2,94 43,77 12,31 3,00 36,93 -17 -16
Gjirokas 1,31 2,47 3,24 1,20 2,77 3,32 -8 3
Gramsh 2,87 2,51 7,19 2,00 2,40 4,80 -30 -33
Has 0,80 3,16 2,53 0,35 2,50 0,88 -56 -65
Kavajë 5,77 3,03 17,47 4,56 3,00 13,68 -21 -22
Kolojë 2,10 2,58 5,42 1,70 2,40 4,08 -19 -25
Korcë 10,65 3,70 39,37 10,80 3,50 37,80 1 -4
Krujë 3,71 2,29 8,50 0,75 3,00 2,25 -80 -74
Kucovë 1,95 3,12 6,09 1,83 3,00 5,49 -6 -10
Kukës 0,96 3,15 3,02 0,74 2,40 1,78 -23 -41
Lac 3,07 2,66 8,16 0,85 2,55 2,17 -72 -73
Lezhë 3,82 2,50 9,55 1,52 2,89 4,39 -60 -54
Librazhd 3,39 2,41 8,17 3,00 2,40 7,20 -12 -12
Lushnjë 16,97 2,81 47,63 13,15 3,20 42,08 -23 -12
Malesi e Madhë 0,66 1,95 1,29 0,44 2,00 0,88 -33 -32
Mallakas 3,87 2,90 11,22 3,50 2,80 9,80 -10 -13
Mat 1,06 2,20 2,33 0,66 2,20 1,45 -38 -38
Mirditë 0,34 2,41 0,82 0,14 2,81 0,39 -59 -52
Peqin 3,10 2,72 8,44 2,81 2,90 8,15 -9 -3
Permet 2,88 2,21 6,36 2,38 2,40 5,71 -17 -10
Pogradëc 2,95 2,68 7,90 2,20 3,00 6,60 -25 -16
Pukë 0,06 1,67 0,10 0,02 2,00 0,04 -67 -60
Sarandë 1,00 3,50 3,50 0,65 3,00 1,95 -35 -44
Shkodër 3,60 3,33 12,00 0,87 3,50 3,05 -76 -75
Skrapar 2,16 2,54 5,48 1,96 2,30 4,51 -9 -18
Tepelenë 2,22 2,18 4,84 1,90 2,40 4,56 -14 -6
Tirana 4,36 2,65 11,55 2,12 2,50 5,30 -51 -54
Tropojë 0,32 3,13 1,00 0,21 2,40 0,50 -34 -50
Vlorë 4,63 3,02 13,96 3,40 2,60 8,84 -27 -37
Total 140,92 2,80 395,13 107,81 2,88 310,57 -23 -21

 

      MAÏS
1998 1999 Changement
superf. (%)
Changement
prod. (%)
Superficie Rende-ment prod. Superficie Rende-ment prod.
Berati 3,19 2,58 8,23 3,20 2,50 8,00 0 -3
Bulqizë 1,58 3,29 5,20          
Delvinë 0,14 4,07 0,57 0,01 4,00 0,04 -93 -93
Devoll 0,62 1,61 1,00 0,20 2,00 0,40 -68 -60
Diber 2,21 4,26 9,42 2,00 4,30 8,60 -10 -9
Durrës 1,42 3,26 4,63 0,76 3,50 2,66 -46 -43
Elbasan 4,00 4,08 16,31 4,00 3,50 14,00 0 -14
Fier 3,99 3,62 14,46 4,30 4,00 17,20 8 19
Gjirokas 0,22 3,36 0,74 0,13 2,00 0,26 -41 -65
Gramsh 1,03 1,84 1,90 0,07 3,40 0,24 -93 -87
Has 1,00 3,50 3,50 0,31 3,50 1,09 -69 -69
Kavajë 2,01 3,42 6,87 2,00 3,50 7,00 0 2
Kolojë 0,83 1,61 1,34 0,63 2,00 1,26 -24 -6
Korcë 3,83 2,63 10,06 2,84 2,70 7,67 -26 -24
Krujë 1,11 3,14 3,49 0,60 3,00 1,80 -46 -48
Kucovë 0,37 1,38 0,51 0,37 1,50 0,56 0 9
Kukës 1,43 3,15 4,50 0,26 3,00 0,78 -82 -83
Lac 0,76 3,36 2,55 0,39 3,50 1,37 -49 -46
Lezhë 1,95 4,06 7,91 0,80 4,00 3,20 -59 -60
Librazhd 2,15 3,24 6,97 1,8 3,20 5,76 -16 -17
Lushnjë 3,45 3,80 13,11 3,46 3,50 12,11 0 -8
Malesi e Madhë 0,56 2,20 1,23 0,20 3,00 0,60 -64 -51
Mallakas 1,22 1,40 1,71 1,05 1,50 1,58 -14 -8
Mat 1,32 2,83 3,73 0,53 3,00 1,59 -60 -57
Mirditë 1,09 3,67 4,00 0,71 3,80 2,70 -35 -33
Peqin 0,65 3,03 1,97 0,11 3,00 0,33 -83 -83
Permet 0,87 2,21 1,92 0,37 2,00 0,74 -57 -61
Pogradëc 0,84 2,48 2,08 0,70 3,00 2,10 -17 1
Pukë 1,28 2,95 3,77 0,50 3,00 1,50 -61 -60
Sarandë 0,43 4,51 1,94 0,20 4,50 0,90 -53 -54
Shkodër 3,68 5,82 21,40 3,50 5,50 19,25 -5 -10
Skrapar 1,28 2,07 2,65 0,71 2,00 1,42 -45 -46
Tepelenë 0,50 1,00 0,50 0,23 2,00 0,46 -54 -8
Tirana 3,07 3,43 10,52 1,61 3,00 4,83 -48 -54
Tropojë 1,68 3,68 6,18 1,25 3,50 4,38 -26 -29
Vlorë 0,86 2,73 2,35 0,87 2,40 2,09 1 -11
Total 56,62 3,34 189,22 40,67 3,40 138,44 -28 -27

Source
: Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, avec quelques ajustements de la mission pour les rendements et la production de 1999 - 1/ case vide = données non disponibles

Tableau 3: suite

      AUTRES CÉRÉALES *
1998 1999 Changement
superf. (%)
Changement
prod. (%)
Superficie Rendement prod. Superficie Rendement prod.
Berati 0,74 1,31 0,97 0,88 1,00 0,88 19 -9
Bulqizë 0,14 1,00 0,14       - -
Delvinë 0,01 3,00 0,03 0,00 0,00 0,00 -100 -100
Devoll 0,32 1,50 0,48 0,24 1,50 0,36 -25 -25
Diber 0,12 1,33 0,16 0,05 1,50 0,08 -58 -53
Durrës 0,16 2,06 0,33 0,02 2,00 0,04 -88 -88
Elbasan 0,85 1,40 1,19 0,87 1,30 1,13 2 -5
Fier 0,96 1,72 1,65       - -
Gjirokas 0,39 0,85 0,33 0,09 1,10 0,10 -77 -70
Gramsh 0,31 1,35 0,42 0,21 1,00 0,21 -32 -50
Has             - -
Kavajë 0,46 1,59 0,73 0,41 1,60 0,66 -11 -10
Kolojë 0,83 0,59 0,49 0,41 0,50 0,21 -51 -58
Korcë 0,37 0,97 0,36 0,06 1,20 0,07 -84 -80
Krujë 0,15 0,87 0,13 0,16 1,30 0,19 7 48
Kucovë 0,00 0,00 0,00 0,01 1,00 0,01 - -
Kukës 0,26 1,50 0,39 0,86 1,00 0,86 231 121
Lac 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - -
Lezhë 0,03 1,67 0,05       -100 -100
Librazhd 0,19 1,11 0,21 0,21 1,10 0,00 11 -100
Lushnjë 0,43 1,91 0,82 0,29 2,10 0,32 -33 -61
Malesi e Madhe 0,01 1,00 0,01       -100 -100
Mallakas 0,29 1,00 0,29 0,50 0,90 0,00 72 -100
Mat 0,01 2,00 0,02 0,00 2,00 0,00 -100 -100
Mirditë 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - -
Peqin 0,07 1,00 0,07       -100 -100
Permet 0,63 0,68 0,43 0,30 1,00 0,30 -52 -30
Pogradëc 0,13 1,69 0,22 0,15 1,60 0,24 15 9
Pukë       0,05 1,50 0,08 - -
Sarandë 0,05 1,60 0,08 0,03 1,10 0,03 -40 -59
Shkodër             - -
Skrapar 0,66 1,17 0,77 0,26 1,10 0,29 -61 -63
Tepelenë             - -
Tirana 0,40 1,90 0,76 0,18 1,60 0,29 -55 -62
Tropojë             - -
Vlorë 0,68 1,46 0,99 0,62 1,30 0,81 -9 -19
Total 9,65 1,30 12,52 6,86 1,04 7,14 -29 -43

 

      TOTAL CÉRÉALES
1998 1999 Changement
superf. (%)
 
Changement
prod. (%)
 
Superficie Rendement prod. Superficie Rendement prod.
Berati 12,79 2,74 35,10 12,90 2,88 37,10 1 6
Bulqizë 2,03 3,09 6,28 0,27 2,80 0,76 -87 -88
Delvinë 0,52 3,21 1,67 0,10 3,10 0,31 -81 -81
Devoll 5,78 2,52 14,55 4,84 2,16 10,44 -16 -28
Diber 4,84 3,52 17,03 4,55 3,28 14,93 -6 -12
Durrës 8,12 2,36 19,16 3,69 3,10 11,43 -55 -40
Elbasan 16,85 2,91 49,10 15,67 2,76 43,21 -7 -12
Fier 19,86 3,02 59,88 16,61 3,26 54,13 -16 -10
Gjirokas 1,92 2,24 4,31 1,42 2,59 3,68 -26 -15
Gramsh 4,21 2,26 9,51 2,28 2,30 5,25 -46 -45
Has 1,80 3,35 6,03 0,66 2,97 1,96 -63 -67
Kavajë 8,24 3,04 25,07 6,97 3,06 21,34 -15 -15
Kolojë 3,76 1,93 7,25 2,74 2,02 5,55 -27 -24
Korcë 14,85 3,35 49,79 13,70 3,32 45,54 -8 -9
Krujë 4,97 2,44 12,12 1,51 2,81 4,24 -70 -65
Kucovë 2,32 2,84 6,60 2,21 2,74 6,06 -5 -8
Kukës 2,65 2,98 7,91 1,86 1,84 3,42 -30 -57
Lac 3,83 2,80 10,71 1,24 2,85 3,53 -68 -67
Lezhë 5,80 3,02 17,51 2,32 3,27 7,59 -60 -57
Librazhd 5,73 2,68 15,35 5,01 2,59 12,96 -13 -16
Lushnjë 20,85 2,95 61,56 16,90 3,23 54,51 -19 -11
Malesi e Madhe 1,23 2,06 2,53 0,64 2,31 1,48 -48 -42
Mallakas 5,38 2,46 13,22 5,05 2,25 11,38 -6 -14
Mat 2,39 2,54 6,08 1,19 2,56 3,04 -50 -50
Mirditë 1,43 3,37 4,82 0,85 3,64 3,09 -41 -36
Peqin 3,82 2,74 10,48 2,92 2,90 8,48 -24 -19
Permet 4,38 1,99 8,71 3,05 2,21 6,75 -30 -22
Pogradëc 3,92 2,60 10,20 3,05 2,93 8,94 -22 -12
Pukë 1,34 2,89 3,87 0,57 2,83 1,62 -57 -58
Sarandë 1,48 3,73 5,52 0,88 3,28 2,88 -41 -48
Shkodër 7,28 4,59 33,40 4,37 5,10 22,30 -40 -33
Skrapar 4,10 2,17 8,90 2,93 2,12 6,21 -29 -30
Tepelenë 2,72 1,96 5,34 2,13 2,36 5,02 -22 -6
Tirana 7,83 2,92 22,83 3,91 2,66 10,42 -50 -54
Tropojë 2,00 3,59 7,18 1,46 3,34 4,88 -27 -32
Vlorë 6,17 2,80 17,30 4,89 2,40 11,73 -21 -32
Total 207,19 2,88 596,87 155,34 2,94 456,15 -25 -24

* orge,avoine et seigle

La récolte céréalière de 1999 est estimée à 456 000 tonnes, dont 310 000 tonnes de blé et 138 000 tonnes de maïs. Le reste est principalement de l'avoine avec une petite quantité d'orge. A ce niveau, la production céréalière de 1999 serait inférieure de 24 pour cent au résultat estimé de l'an dernier, compte tenu de la réduction des superficies ensemencées.


3.2 Production de fruits et légumes

Les fortes pluies tombées dans les principaux districts producteurs ont eu des effets mitigés.Toutefois, les avantages devraient primer sur les inconvénients.

Les principales cultures maraîchères d'hiver -choux et épinards- ont été produites et consommées et n'apparaîtront pas dans le budget alimentaire de 1999/2000. Les superficies ont été réduites à cause du retard des semis mais aucune pénurie n'a été signalée. Le volume de la production d'hiver de l'an prochain reste inconnu, mais étant donné l'intérêt suscité par la diversification des cultures, les superficies de légumes d'hiver devraient continuer à augmenter, si le régime des pluies est favorable.

A cause du retard de la campagne maraîchère de printemps de 1999 dû aux précipitations excessives lors des principaux semis, les estimations du Ministère de l'agriculture pour les superficies cultivées en légumes de printemps étaient encore incomplètes lors de la visite de la mission. Le tableau 4 indique les superficies ensemencées enregistrées à l'époque de la mission, comparées aux données des superficies et de la production de 1998 par district pour les légumes et les pommes de terre.

Tableau 4: Albanie - Production de légumes par district, 1998 et 1999

District
LÉGUMES POMMES DE TERRE
1998 1999 chang. 1998 1999 chang. de
milliers ha t/ha milliers t milliers ha superf. (%) milliers ha t/ha milliers t milliers ha superf. (%)
Berati 1,44 15,79 22,78 1,11 -23 0,44 13,22 5,83 0,32 -29
Bulqizë 0,21 14,11 2,94   - 0,19 15,00 2,85   -
Delvinë 0,15 19,04 2,76 0,03 -82 0,01 5,92 0,08 0,02 15
Devoll 0,28 26,46 7,44 0,10 -65 0,52 8,80 4,56 0,44 -15
Diber 0,30 19,46 5,90 0,08 -74     10,14 0,30 -
Durrës 1,60 19,72 31,61 1,10 -31 0,37 13,89 5,14 0,24 -36
Elbasan 1,77 17,70 31,40 0,99 -44 0,60 12,69 7,62 0,66 9
Fier 2,97 18,66 55,39 2,33 -21 0,58 9,43 5,45 0,55 -5
Gjirokas 0,42 16,79 7,04 0,22 -47 0,16 8,90 1,42 0,13 -16
Gramsh 0,19 13,80 2,64 0,08 -58 0,16 8,91 1,46 0,18 10
Has 0,11 13,11 1,43 0,07 -37 0,01 10,25 0,08 0,01 -25
Kavajë 2,18 24,60 53,68 1,73 -21 0,41 8,54 3,48 0,49 21
Kolojë 0,09 19,79 1,80 0,05 -45 0,09 23,87 2,15 0,09 0
Korcë 1,02 23,55 23,96 0,36 -65 1,33 19,63 26,04 1,23 -8
Krujë 0,81 18,60 15,03 0,47 -41 0,14 11,76 1,65 0,18 31
Kucovë 0,19 20,89 3,97 0,08 -56 0,06 8,09 0,46 0,05 -16
Kukës 0,25 12,83 3,18 0,04 -83 0,81 16,61 13,52   -
Lac 0,79 18,39 14,53 0,14 -83 0,09 7,10 0,64 0,04 -57
Lezhë 1,27 18,04 22,99 0,36 -72 0,24 8,01 1,91 0,35 47
Librazhd 0,38 17,12 6,57 0,29 -26 0,40 10,97 4,35 0,35 -12
Lushnjë 3,65 29,81 108,72 3,99 9 0,83 11,13 9,26 0,90 9
Malesi e Madhë 0,43 17,66 7,50 0,13 -70 0,51 8,91 4,50 0,19 -62
Mallakas 0,61 15,15 9,18 0,61 0 0,26 8,70 2,26 0,25 -6
Mat 0,33 15,46 5,12 0,21 -37 0,09 9,61 0,84 0,10 9
Mirditë 0,16 18,47 2,88 0,12 -26 0,07 10,01 0,72 0,07 0
Peqin 0,59 16,64 9,85 0,09 -84 0,14 6,82 0,96 0,11 -23
Permet 0,44 9,79 4,35 0,23 -48 0,15 7,00 1,02 0,15 2
Pogradëc 0,33 19,54 6,37 0,03 -91 0,19 22,73 4,37 0,19 -1
Pukë 0,27 15,20 4,06 0,02 -93 0,20 15,50 3,05 0,10 -49
Sarandë 0,30 19,12 5,64 0,12 -60 0,09 9,00 0,78 0,08 -8
Shkodër 2,17 23,40 50,78 2,02 -7 0,32 13,33 4,32 0,22 -33
Skrapar 0,22 11,78 2,64 0,13 -44 0,11 16,27 1,79 0,11 -1
Tepelenë 0,35 11,29 3,98 0,03 -92 0,12 6,82 0,81 0,09 -24
Tirana 2,77 15,60 43,27 1,67 -40 0,65 9,29 6,06 0,63 -3
Tropojë 0,19 19,96 3,87 0,14 -28 0,09 30,11 2,74 0,09 -7
Vlorë 1,58 12,30 19,43 1,32 -17 0,44 6,15 2,71 0,36 -17
Total 30,81 19,62 604,65 20,46 -34 10,86 13,36 145,00 9,24 -15

Source: Ministère de l'agriculture et de l'alimentation
1/ Case vide = données non disponibles

Le tableau 4 montre qu'à l'époque de la mission, quelque 20 000 hectares de légumes au total avaient été semés, contre un total de 30 000 hectares l'an dernier. Toutefois, la superficie définitive devrait atteindre le niveau de l'an dernier grâce aux semis tardifs de légumes après la moisson du blé sur les terres irriguées, aux semis secondaires de tomates et aux cultures de pastèques sur les terres ayant de bonnes capacités de rétention d'eau.

On prévoit une diminution des superficies cultivées en pommes de terre à Kukës, même si celle-ci est difficile à estimer car on n'a pas reçu de données en retour. De même, aucune information n´est disponible pour Bulqizë. Les autres districts limitrophes de Kukës accusent une légère baisse des superficies qui pourrait être due aux semis tardifs, qui ont également eu un effet négatif à Shkodër, M. Madhë, Pukë et Lac. En comparison, 7 autres districts ont enregistré un accroissement des superficies cultivées en pommes de terre.

Un accroissement des plantations d'arbres fruitiers et/ou des vignobles a été observé dans tous les districts, hormis Bulqizë. De nouvelles plantations d'oliviers - quoique moins importantes- ont également été signalées dans 20 districts. De tous les fruits, seul le raisin enregistre une augmentation des rendements sur les sept dernières années. Le Ministère de l'agriculture encourage l'utilisation accrue d'engrais, d'insecticides et de fongicides, qui s'est traduite par un accroissement des rendements qui sont passés de 1,8 tonne à 6,6 tonnes à l'hectare depuis 1992.

Les terres cultivées sont de petites dimensions à cause des politiques foncières. Les occasions de créer des entreprises commerciales sont réservées aux riches. En général, faute de capital, la population rurale n'a guère de possibilités d'abandonner les systèmes multifonctionnels proches de la subsistance pour des entreprises à visée commerciale. A l'heure actuelle, il n'existe aucun mécanisme de crédit pour aider les petits exploitants. La mission a noté que ceci, combiné à l'absence de structures de vente en gros et de petites usines agroalimentaires, est un important facteur limitant le développement d'une nouvelle génération d'agriculteurs.


3.3 Elevage

Le morcellement des unités de production collective et d'Etat a créé une pléthore de petits troupeaux de vaches (1 à 2 têtes) et de moutons (10 à 20 têtes). Heureusement, les animaux distribués correspondaient aux pratiques des agriculteurs. Les bovins, essentiellement de race Jersey ou similaire, étaient conçus à l'origine pour le pâturage au piquet dans de petits troupeaux. Les troupeaux d'ovins dans les grands élevages recevaient auparavant des rations associant la luzerne, le foin, les sous-produits et le pâturage avec des intrants concentrés durant la période périnatale stratégique. Ces pratiques d'alimentation ont été maintenues grâce aux productions des fermes, mais à une échelle fortement réduite.

D'après l'enquête agricole de 1997 et l'exploitation des résultats par le personnel du Ministère de l'agriculture, le nombre d'animaux reproducteurs s'est stabilisé à un niveau viable compte tenu des aliments disponibles. Un accroissement de 5 à 10 pour cent des effectifs a été noté dans le nord-ouest, où les agriculteurs ont de bons débouchés pour la viande et le lait, dont les prix sont restés fermes dans ces districts.

L'état sanitaire des animaux est bon dans l'ensemble du pays. Les résultats étaient meilleurs qu'en juin 1998 grâce à l'abondance du fourrage due aux précipitations accrues. La production a augmenté en proportion du nombre d'animaux et de leur condition physique.

On n'a noté aucun foyer important de maladies du bétail et les services vétérinaires ont été approvisionnés en produits vétérinaires achetés en espèces dans les points de vente de tous les districts.

L'accès aux médicaments et aux vaccins est par conséquent limité à ceux qui peuvent se les permettre, à l'exception du traitement prophylactique pour les principales zoonoses. En conséquence, les animaux entameront la prochaine campagne de reproduction en meilleur état. Durant la campagne de commercialisation 1999/2000, la production devrait progresser.

Avec la stabilisation des troupeaux d'élevage, l'amélioration des animaux par la sélection des meilleures races indigènes devrait être encouragée, et des programmes de soutien mis en place pour recenser les meilleures souches laitières et les meilleures souches à viande.

A l'heure actuelle, l'aviculture assure l'essentiel des besoins intérieurs d'oeufs, mais seulement une part minime des besoins de viande de volaille. Des élevages avicoles ont dû fermer, faute de fonds pour se transformer et s'agrandir. Des lignes de crédit destinées aux élevages avicoles ruraux associés à des petites usines de transformation seront indispensables pour inverser la tendance.


3.4 Problèmes et questions agricoles

-------



4. SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

Depuis le début de la période de transition lorsque le secteur agricole a subi de profondes transformations, l'Albanie a accusé un déficit structurel en denrées agricoles de base, en particulier céréales, oléagineux et sucre. Le degré d'autonomie, toutefois, varie en fonction de la population. Les zones rurales sont largement auto-suffisantes, mais la population urbaine est beaucoup plus dépendante des aliments importés. Les revenus étant relativement faibles, la part consacrée à l'alimentation est généralement plutôt élevée.

Le reste des besoins céréaliers et alimentaires de base est couvert par les importations du secteur privé. L'Albanie a lancé une politique libérale, aussi bien pour les échanges intérieurs que pour le commerce extérieur. Le monopole du Gouvernement pour le commerce extérieur a été aboli, le contrôle des prix agricoles a été supprimé et les prix ont été totalement libéralisés (le dernier en date a été le prix du pain en juillet 1996).

Le blé et la farine de blé sont les principales denrées alimentaires importées, et ces dernières années, les importations ont oscillé entre quelque 200 000 tonnes et 400 000 tonnes par an (juillet /juin), dont une faible part seulement au titre de l'aide alimentaire. Le Gouvernement a bon espoir que le secteur privé saura approvisionner le pays pour garantir la continuité des disponibilités en blé.

Pour ce qui est de la situation actuelle, la crise du Kosovo semble n'avoir guère eu d'impact sur la situation globale des approvisionnements alimentaires, ce qui montre l'efficacité générale des programmes d'aide internationale en faveur des réfugiés. Les prix de détail des denrées alimentaires de base dans tout le pays, y compris dans les districts ayant la plus grande concentration de réfugiés, sont extrêmement stables.


4.1 Bilan de l'offre et de la demande de céréales en 1999/2000

Le bilan céréalier de 1999/2000 établi par la mission pour la population albanaise, et présenté au tableau 5, se fonde sur les hypothèses suivantes:

Tableau 5 : Albanie - Bilan céréalier pour 1999/2000
(en milliers de tonnes)

  Blé Riz Maïs Autres1/ Total
Disponibilités intérieures 365 0 138 7 510
Stocks d'ouverture 54 - - - 54
Production (1999) 311 - 138 7 456
Utilisations totales 738 17 219 17 991
Consommation alimentaire 638 17 - - 655
Alimentation animale - - 205 15 220
Semences 37 - 1 2 40
Pertes 9 - 13 - 22
Stocks de clôture 54 - - - 54
Besoins d'importations 2/ 373 17 81 10 481

1/ Orge, avoine et seigle
2/ Les annonces de contributions d'aide alimentaire s'élèvent à 3 000 tonnes pour les familles hébergeant les réfugiés pour la période juillet-décembre 1999.

Le tableau 5 montre que les besoins d'importations céréalières pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) sont estimés à 481 000 tonnes, dont 373 000 tonnes de blé, 81 000 tonnes de maïs, 17 000 tonnes de riz, et 10 000 tonnes d'autres céréales. Si les besoins en blé sont tout juste supérieurs à la moyenne des dernières années, et seraient essentiellement couverts par les importations commerciales, ceux de maïs pour l'alimentation animale sont sensiblement supérieurs à la normale. Toutefois, il se peut que la disponibilité accrue de fourrage à la ferme, due aux précipitations supérieures à la normale de cette année et aux terres restées en jachère, couvre en partie les besoins de maïs. Les besoins d'importations de blé sont de 373 000 tonnes, et à ce jour, des annonces d'aide alimentaire en petite quantité ont déjà été faites en faveur des familles hébergeant des réfugiés. Comme l'année précédente, l'essentiel des besoins d'importations céréalières devrait être couvert par les importations commerciales.


4.2 Sécurité alimentaire et état nutritionnel des ménages

Pour la sécurité alimentaire de la plupart des ménages albanais s'est considérablement améliorée depuis le début des années 90. A l'inverse d'il y a quelques années, le pays dispose désormais d'une plus grande variété d'aliments à des prix relativement stables et uniformes.

La mission a constaté que l'incidence de la crise du Kosovo sur la sécurité alimentaire globale de l'Albanie semble avoir été limitée. A l'époque de sa visite, il ne semblait pas y avoir de pénuries de denrées vivrières de base, et les fruits et légumes de saison, ainsi que la viande et les produits laitiers, étaient disponibles dans toutes les régions. La crise pourrait même avoir eu un effet positif - quoique modéré et temporaire- sur certaines familles hébergeant des réfugiés, qui ont reçu des colis d'aide alimentaire d'urgence et des revenus supplémentaires grâce à la location aux réfugiés.

La mission a conclu que la sécurité alimentaire précaire de nombreux ménages albanais est essentiellement due à la conjoncture économique difficile et aux problèmes de développement que le pays a connus dans les années 90, plutôt qu'aux circonstances extraordinaires découlant de la crise. Toutefois, même si la crise des réfugiés n'a pas entraîné de besoins d'aide alimentaire d'urgence pour la population albanaise, la mission suggère d'envisager une aide alimentaire ciblée sur le développement des zones rurales les plus pauvres d'Albanie.

Il est à noter que la lourde charge pesant sur la population locale qui héberge près d'un demi-million de réfugiés a été allégée par la rapidité de l'intervention des organismes internationaux et des ONG qui ont fourni une aide alimentaire et d'autres formes d'assistance d'urgence. Sans cet effort, la crise aurait pu avoir de graves répercussions sur la population albanaise déjà très pauvre.

Néammoins, la sécurité alimentaire continue d'être un problème pour les ménages pauvres, et en particulier les plus démunis vivant dans les zones de montagne du nord et du nord-est. La sécurité alimentaire est davantage un problème d'accès insuffisant aux vivres en raison des revenus extrêmement bas, plutôt qu'un problème de pénuries alimentaires ou de disponibilités vivrières insuffisantes. Le revenu mensuel moyen de tous les albanais est extrêmement faible et limite leur pouvoir d'achat. Nombre d'entre eux sont au chômage après la fermeture des grandes usines et industries en 1990; le chômage est estimé à 15-20 pour cent, mais seulement une partie des chômeurs perçoit des allocations. Dans les zones rurales, près d'un tiers de la population vit dans des conditions d'extrême pauvreté, et un quart environ vit dans des exploitations agricoles trop exiguës pour assurer un revenu minimum de subsistance. Dans l'ensemble, 15-20 pour cent des familles albanaises dépendent du programme d'assistance sociale (Ndhime Ekonomeke), qui donne de l'argent aux familles dont les revenus sont insuffisants pour satisfaire leurs besoins minimum de subsistance. Au nord et au nord-est, plus de 30 pour cent des familles sont tributaires de ces prestations, qui vont de 25 à 40 dollars E.-U. par mois, en fonction de la taille de la famille.

En général, une grande part des revenus des ménages est consacrée aux produits alimentaires de base; les ménages les plus pauvres dépensent 75 pour cent -ou plus- de leurs revenus pour la nourriture. Un grand nombre d'aliments indispensables à un régime sain et varié ne sont pas à la portée de ces familles, même s'ils sont disponibles sur le marché. Ceci concerne aussi les zones urbaines, où l´on trouve une plus grande variété d'aliments, dont les prix sont toutefois prohibitifs pour de nombreux ménages. Certaines enquêtes indiquent que les pauvres consacrent une part très importante de leurs dépenses alimentaires mensuelles à l'achat du pain; en général, ils consomment environ la moitié de la viande, du lait, du yoghourt, des légumes et des pommes de terre consommés par un ménage moyen. Selon les données du bilan alimentaire de la FAO, en 1997, les disponibilités alimentaires journalières en Albanie (données publiées récemment) étaient de 2 961 calories par personne, dont la moitié était assurée par le blé, et seulement une part infime par la viande et autres produits animaux.

Le régime albanais typique est à base de blé (pain); la consommation de pain est la plus élevée d'Europe. Les Albanais consomment également beaucoup de pommes de terre, de haricots blancs, de choux, d'aubergines, de tomates et d'oignons, mais très peu de légumes verts et d'agrumes. Ils mangent fréquemment avec le pain un fromage à pâte demi-molle et très salé produit localement; le yoghourt fait également partie de l'alimentation, parfois sous forme de sauce servie avec la viande, et le lait n'est généralement consommé que par les jeunes enfants. Les Albanais mangent peu de poisson. La plupart des aliments sont frits, habituellement avec de l'huile de tournesol, parfois de l'huile d'olive. Compte tenu de la disponibilité irrégulière ou saisonnière de divers aliments, ainsi que des prix élevés (par rapport aux revenus), le régime alimentaire tend à devenir répétitif, avec seulement quelques produits consommés exclusivement à une période donnée. L'allaitement au sein est généralisé, mais est de courte durée et on donne vite aux nouveau-nés des substituts du lait maternel, comme le yoghourt et/ou le lait pour les nourrissons de 0 à 6 mois; quant aux aliments les plus fréquents pour les enfants de 6 à 12 mois, ce sont la crème, le yoghourt, les hydrates de carbone, les oeufs et les légumes, le yoghourt étant plus fréquent dans les villages, et les légumes et les pommes de terres en ville. Dans les villages et les zones rurales, on cuisine sur des fourneaux à bois; dans certaines régions, le bois de feu se fait rare.

On dispose de peu de données systématiques sur la nutrition pour l'Albanie, mais dans l'ensemble, il est avéré que la malnutrition a diminué depuis le début des années 90. Toutefois, il reste un certain nombre de problèmes, et l'état sanitaire et nutritionnel varie fortement d'une région à l'autre. Les taux de mortalité maternelle et infantile, qui ont toujours été très élevés en Albanie, sont relativement plus élevés dans les régions rurales de montagne. En général, le risque de malnutrition est plus élevé chez les enfants vivant dans les zones montagneuses et suburbaines que chez ceux vivant dans les zones urbaines-centrales et rurales-de plaine. Le risque de malnutrition apparaît également plus élevé pour les femmes que pour les hommes du même âge et de la même catégorie socio-économique. Des données d'une enquête récente montrent que la malnutrition infantile est très élevée dans les zones reculées des régions montagneuses du nord et du nord-est et pourraient être en augmentation.

Dans une enquête conduite en 1997 sur les enfants de 0 à 36 mois dans 8 districts à haut risque du nord et du centre de l'Albanie, 17 pour cent présentaient une insuffisance pondérale, 23 pour cent souffraient d´un retard de croissance, et 7 pour cent de dépérissement. Dans ces régions, la malnutrition traduit les rudes conditions de vie, les faibles revenus des ménages, le sous-développement des infrastructures de base (beaucoup de logements n'ont ni eau ni installations sanitaires), et la réduction des services de santé primaires. Des milliers d'enfants sont hospitalisés chaque année pour des maladies diarrhéiques, des infections respiratoires et autres maladies infectieuses, dont un quart serait lié à la nutrition. La morbidité par parasitose est très courante chez les écoliers, car le piètre état -ou l'absence- d'installations sanitaires et le manque d'hygiène personnelle multiplient les risques de contagion. La carence en iode est considérée comme un problème grave dans tous les groupes d'âge de la plupart des districts, et plus particulièrement dans les régions montagneuses du sud-est. Une évaluation rapide récente a révélé la prévalence d'une anémie chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes de 25-29 ans. Aucune estimation clinique des carences en vitamine B et D n'a été effectuée, mais les observations des enfants, étayées par des informations sur leurs habitudes alimentaires, indiquent qu'elles sont courantes.

 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO sur la base d'informations de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser pour tout complément d'information à:

Abdur Rashid
Chef, SMIAR FAO
Telex 610181 FAO I
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Courrier électronique:GIEWS1@FAO.ORG

Mme. J. Cheng-Hopkins
Directeur régional, OSA, PAM
Telex: 626675 PAM 1
Télécopie: 0039-06-6513-2863
Courrier élect.: Judy.Cheng-Hopkins@PAM.ORG

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