SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL : MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES CULTURES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES DANS L'EX-REPUBLIQUE YOUGOSLAVE DE MACÉDOINE

7 juillet 1999

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1. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

En mars 1999, l'escalade des troubles civils dans la province du Kosovo (République fédérative de Yougoslavie) a entraîné un exode massif de réfugiés vers L'ex République yougoslave de Macédoine, entre autres parties de la région. Au plus fort de la crise au début juin, on estimait à 250 000 le nombre de réfugiés kosovars dont environ 150 000 étaient accueillis par des familles, principalement dans des zones rurales, le reste étant hébergé dans des camps de réfugiés.

Vu les problèmes liés aux incidences de la crise sur la sécurité alimentaire du pays, une mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des cultures et des disponibilités alimentaires s'est rendue dans L'ex République yougoslave de Macédoine du 11 au 17 juin. La mission s'est occupée en particulier de l'incidence de l'afflux massif de réfugiés sur la population d'accueil, notamment les habitudes de consommation alimentaire, l'état sanitaire et nutritionnel et l'accès aux disponibilités alimentaires. Elle a établi ses conclusions sur la base de discussions avec les ministères, l'administration publique et les autorités locales, l'ONU et les institutions bilatérales, les ONG basées dans le pays ainsi que sur des visites de terrain dans certaines zones, comprenant des interviews au niveau des ménages. Dans les courts délais impartis, trois visites de terrain ont été effectuées dans certaines des principales zones de production agricole ainsi que dans des zones touchées par l'afflux de réfugiés.

La mission a constaté que l'incidence de la crise des réfugiés sur la production agricole, le prix des denrées et la sécurité alimentaire globale dans L'ex République yougoslave de Macédoine semble avoir été faible, grâce à l'intervention rapide des institutions internationales et des ONG qui ont fourni aliments et autres types d'aide d'urgence. La mission n'a constaté aucune preuve de pénuries alimentaires ou de problèmes de malnutrition graves dans le pays.

Toutefois, la crise a sans aucun doute aggravé l'instabilité économique globale que connaissait déjà le pays et c'est pourquoi la mission a noté une augmentation significative des niveaux de pauvreté. Les ménages touchés ont de plus en plus de mal à faire face aux dépenses journalières et l'on a constaté une modification des habitudes alimentaires. Le principal facteur a été l'effondrement du commerce avec la République fédérative de Yougoslavie, l'un des plus gros marchés d'exportations de L'ex République yougoslave de Macédoine et une source vitale de matières premières. La perte de l'important marché des fruits et légumes en particulier s'est traduit jusqu'à présent par une baisse des prix à la production et la situation financière des agriculteurs s'est détériorée. Les ménages non agricoles sont aussi touchés étant donné que l'interruption des approvisionnements en matières premières pour l'industrie de transformation a entraîné une augmentation inquiétante du taux de chômage en 1999. La mission prévoit que la production céréalière de L'ex République yougoslave de Macédoine atteindra 759 000 tonnes en 1999, chiffre pratiquement inchangé par rapport à la production estimée de 1998 et bien supérieure à la moyenne des dernières années. Les prévisions indiquent que la production céréalière couvrirait environ 80 pour cent des besoins du pays.

Aussi, les besoins d'importations en céréales pour la campagne commerciale 1999/2000 (juillet/juin) sont-ils estimés à 117 000 tonnes, niveau normal comparé à celui des dernières années, et comportent: 30 000 tonnes de blé, 71 000 tonnes de maïs et 16 000 tonnes d'autres céréales. Comme ces dernières années, il semble que les besoins d'importations en céréales seront satisfaits en grande partie par des importations commerciales.

En ce qui concerne les besoins de blé estimés par la mission, une aide alimentaire de 10 000 tonnes de blé a déjà été annoncée pour les familles qui accueillent des réfugiés. Les besoins alimentaires des réfugiés ont été exclus du calcul du bilan céréalier. Ils seront satisfaits dans le cadre d'un programme d'aide international distinct.

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2. CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE

Le contenu de la présente section est fondé sur diverses sources, y compris des rapports du Ministère de l'agriculture de L'ex République yougoslave de Macédoine, la Banque mondiale et l'Economist Intelligence Unit.

2.1 Situation macro-économique

L'ancienne République yougoslave de Macédoine (Macédoine) est devenue un état indépendant en 1991, après s'être séparée de l'ancienne Fédération yougoslave. A l'instar d'autres économies en transition, L'ex République yougoslave de Macédoine a connu de gros problèmes de production, d'emploi et de protection sociale au début des années 90. Jusqu'à très récemment, la gestion économique a été encore aggravée par les embargos sur les flux financiers et le transit provoqué par les conflits militaires et les différents politiques bilateraux. Entre 1990 et 1995, le PIB réel a baissé de près 30 pour cent, le volume des échanges commerciaux d'environ 40 pour cent, le chômage est passé de 17 à 24 pour cent et la consommation a chuté d'environ 5 pour cent par an.

Au début de 1994, pour juguler la situation économique difficile, le gouvernement a lancé un programme de stabilisation qui a bénéficié du soutien du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale. Dès 1996, le plan de stabilisation et les réformes structurelles ont commencé à produire leurs effets. Le déficit public qui avait atteint en moyenne 12 pour cent du PIB entre 1992 et 1993 a été réduit à environ 0,4 pour cent en 1996 et parallèlement le taux annuel d'inflation, qui avait atteint un niveau record d'environ 1 690 pour cent en 1992, est passé à 3 pour cent en 1996. En 1998, le taux de croissance réelle de l'économie de L'ex République yougoslave de Macédoine était de 3 pour cent et les projections pour 1999 d'environ 5 pour cent.

Toutefois, en mars 1999, l'escalade des troubles civils dans la province voisine du Kosovo (République fédérative de Yougoslavie) a entraîné un afflux massif de réfugiés vers L'ex République yougoslave de Macédoine entre autres, et la crise régionale qui en a résulté a été un nouveau facteur de déstabilisation pour la fragile économie de ce pays. Au plus fort de la crise, au début juin, on estimait á 250 000 le nombre de réfugiés kosovars se trouvant dans le pays. Sur ce total, 150 000 auraient été accueillis par des familles, principalement dans les zones rurales, les autres étant hébergés dans des camps de réfugiés.

Bien qu'un accord de paix ait été signé le 10 juin et qu'au moment où la mission était sur place, certains réfugiés ont commencé à prendre le chemin du retour vers le Kosovo, la crise a provoqué un autre choc énorme au processus de stabilisation économique du pays, les incidences étant particulièrement fortes sur les recettes d'exportation et l'industrie de transformation.

2.2 Secteur agricole

Comme d'autres secteurs de l'économie, le secteur agricole de L'ex République yougoslave de Macédoine a subi d'importantes modifications depuis le début de la transition, mais surtout ces cinq dernières années. Après l'indépendance, le secteur a pâti de la perte des marchés traditionnels dans l'ancienne Yougoslavie, mais le déclin a été beaucoup moins prononcé que celui de l'industrie manufacturière.

Alors que le système de culture actuel est similaire à celui qui était pratiqué du temps de l'économie centralisée, depuis 1993 certains changements sont visibles. C'est ce que montrent certains indicateurs présentés dans le Tableau 1 concernant la main-d'œuvre, le nombre de tracteurs, les zones irriguées, les terres arables et l'utilisation d'intrants.

Tableau 1: Indicateurs agricoles choisis

  Employés* Nombre
de
tracteurs
Terres
arables
(ha)
Terres
irriguées
(ha)
Utilisation
d'engrais
(tonnes)
Utilisation 
de produits
 agro-
chimiques
(tonnes)
1993 26 393 51 769 553 000 70 584 24 254 659
1994 23 440 52 036 553 000 60 686 22 859 540
1995 20 999 53 977 550 000 49 072 18 969 573
1996 18 354 53 554 554 000 51 677 10 339 556
1997 15 254 53 384 546 000 51 703 17 021 506
1997/1993 -43% 3% -2% -27% -30% -23%


Source: Institut de statistiques, Skopje
*Entreprises et coopératives agricoles

En adoptant une méthode de privatisation moins radicale que certains pays voisins et en conservant des tailles d'exploitation rationnelles, le pays a pu maintenir ou augmenter la production de la plupart des produits ces cinq dernières années, malgré une diminution des intrants utilisés, comme le montrent les chiffres présentés dans le Tableau 2.

Tableau 2: Chiffres de la production agricole (1957-60 = 100)

 
1993
1994
1995
1996
1997
Cultures de plein champ
123
140
150
142
149
Fruits (à l'exception des raisins)
198
192
177
191
170
Raisins
134
216
203
227
272
Bovins
223
216
233
238
231
Ovins
93
93
98
83
74
Porcins
246
221
234
253
250
Volaille
422
413
401
417
384

Source: Institut de statistiques, Skopje

L'exception notable est la production d'ovins, ce qui montre les réticences des nouveaux entrepreneurs à continuer la plus traditionnelle des entreprises de production. La fermeture d'importants marchés d'exportations d'ovins depuis 1996, en raison d'une éruption de fièvre aphteuse n'a fait qu'aggraver la situation.

Les tendances indiquées occultent les fluctuations dans la production des cultures de plein champ d'une année sur l'autre et les variations d'une région à l'autre. Le Tableau 3 montre que la production des cultures céréalières a enregistré des variations atteignant 180 pour cent pendant la période de six ans, alors que les superficies n'ont varié que de 8 pour cent pendant la même période. Ces variations sont dues principalement à des fluctuations de la quantité et de la répartition géographique des précipitations d'une année sur l'autre.

Tableau 3 - L'ex-République yougoslave de Macédoine
- Superficie cultivée et production 1993-1998

    Blé Maïs Céréales Pommes
de terre
Betteraves
à sucre
Tournesol Tabac (séché)
1993 ha 116 987 44 693 237 246 56 424 2 259 27 775 21 609
  tonnes 249 789 101 063 477 822 103 455 55 102 18 841 24 002
1994 ha 122 031 42 719 240 154 59 697 1 616 20 833 14 569
  tonnes 336 133 133 211 647 608 149 424 54 103 17 880 18 862
1995 ha 130 092 42 459 241 034 54 874 1 354 14 349 10 894
  tonnes 381 226 165 652 724 835 152 449 54 607 22 290 15 683
1996 ha 117 486 42 031 222 163 48 916 1 998 16 501 11 734
  tonnes 269 303 142 421 545 502 97 792 78 278 20 586 15 412
1997 ha 115 267 40 158 221 785 50 936 2 180 13 196 19 296
  tonnes 293 762 15 7 234 609 551 119 950 72 249 14 902 25 308
1998 ha 115 396 45 904 224 112 59 106 1 784 10 925 19 622
  tonnes 360 233 199 643 859 414 165 354 58 090 13 611 25 907


Source: 1993-97 Institut de statistiques, 1998 Ministère de l'agriculture

Avec environ 54 000 tracteurs en état de marche dans la République pour quelque 180 000 exploitations agricoles, la plupart des familles ont accès à la mécanisation pour préparer leurs terres. Dans les principales zones céréalières, 85 pour cent des exploitations ont des tracteurs. En général, les animaux de trait ne sont utilisés que pour les cultures en pente et dans les vergers, bien que sur de petites exploitations on puisse utiliser également des herses tirées par des chevaux ou des bœufs pour des cultures secondaires et tertiaires. Pour les cultures primaires, la location d'un tracteur coûte environ 23 dollars E.-U. par hectare, et le disquage, le hersage et le semis environ 12 dollars E.-U. par hectare, ce qui signifie que le coût de la préparation complète de la terre pour des cultures céréalières s'élève à environ 59 dollars E.-U. par hectare (3 000 à 3 500 dinars).

Les principales zones d'élevage se trouvent près des zones forestières à la lisière des frontières septentrionales, occidentales et orientales du pays et s'étendent dans l'arrière-pays sur environ 10 à 80 kilomètres. Elles entourent les régions de cultures de plein champ, ce qui encourage l'interaction et l'utilisation de sous-produits des cultures.

Les sous-secteurs de la production animale ont des origines différentes. Celui des ovins et des bovins provient de l'ancien secteur privé. A l'exception de 30 fermes d'état à divers stades de transition qui peuvent accueillir quelque 36 000 vaches laitières, 90 pour cent des bovins sont élevés dans des exploitations agricoles comportant des troupeaux de 1 à 3 vaches.

Dans le secteur privé, les ovins sont élevés en troupeaux comptant de 100 à 150 têtes et ils ont été auparavant, de tous les animaux, ceux qui ont contribué le plus au PIB. Ces dernières années, le nombre de têtes a diminué en partie en raison des nouvelles attentes des agriculteurs et à partir de 1996, en raison de l'interdiction d'exporter vers l'Italie et la Grèce, liée à la fièvre aphteuse.

L'élevage commercial des porcins et de la volaille se fait toujours dans les anciennes fermes d'état. L'aviculture comprend des poules pondeuses qui satisfont la totalité des besoins du pays. La viande de volaille est presque entièrement importée comme le sont 50 pour cent environ des porcins et des produits à base de porc. Ces deux industries locales utilisent du maïs et exigent chaque année d'importantes importations de cette céréale ou d'aliments pour animaux à base de maïs.

La production de porcins et de poulets sur des exploitations privées fait appel à des systèmes domestiques utilisant des céréales produites sur place et des sous-produits des cultures. L'alimentation à base de céréales est complétée par des déchets, des racines et de l'herbe.

Alors que les laiteries privées/d'état assurent le rôle de grossiste pour la commercialisation du lait de vache et de brebis, l'industrie de la viande n'a pas de structure similaire qui puisse contribuer à améliorer soit la commercialisation, soit les races/la gestion. De plus, ces dernières années, la tendance est à recueillir de moins en moins le lait de brebis. Malgré la valeur évidente du fromage de brebis, le besoin de main-d'œuvre est important et le travail isolé dans des zones marginales n'est pas très attractif pour les jeunes. Le nombre de têtes est en baisse; en revanche, le nombre de chèvres laitières augmente rapidement. Le lait de chèvre qui est produit en beaucoup plus grande quantité par animal est facile à collecter et constitue également le produit préféré des transformateurs. Avant la transition, l'élevage de chèvres était interdit par l'Etat. Nous ne disposons donc d'aucune donnée et même maintenant les chèvres ne figurent pas dans les relevés annuels de statistiques.

Le Tableau 4 montre les variations du nombre d'animaux reproducteurs entre 1993 et 1998. Alors que le nombre de vaches a régulièrement augmenté d'environ 8 pour cent pendant la période de six ans, celui des porcins est resté stable. Le nombre de poulets a chuté de 30 pour cent en 1996 et n'est jamais remonté.

Tableau 4: L'ex-République yougoslave de Macédoine
- Inventaire du cheptel reproducteur

 
1993
1994
1995
1996
1997
1998
Vaches
165 280
165 813
166 374
175 621
177 383
178 535
Brebis
1841 809
1710 338
1736 717
1232 890
1177 724
947 263
Truies
29 678
29 288
29 420
28 546
32 948
30 834
Poulets (millions)
4,39
4,69
4,88
3,36
3,27
3,27

Source: Institut de statistiques, Skopje

C'est toutefois le nombre de brebis qui a le plus varié. Les brebis d'élevage sont déterminantes dans tout système de production ovine et dans L'ex République yougoslave de Macédoine, le nombre de têtes a baissé de 49 pour cent ces six dernières années. Les prix de la viande d'agneau sont bas car localement l'offre dépasse la demande et il n'y a aucun marché d'exportation garanti. L'ex République yougoslave de Macédoine a perdu un important marché d'exportation vers la CE en 1996 en raison de l'éruption de la fièvre aphteuse. Depuis mars de cette année, l'important marché du Kosovo a également disparu.

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3. PRODUCTION ALIMENTAIRE EN 1998/99

3.1 Production céréalière

Les conditions météorologiques pendant la saison de production 1998/99 ont été en général favorables. Les pluies ont commencé à temps à l'automne et sont tombées régulièrement pendant toute la principale période de végétation jusqu'en avril 1999. Le mois de mai a été plus sec que la moyenne à long terme, mais compte tenu des réserves en humidité du sol provenant des abondantes précipitations de l'hiver, la période sèche n'a pas eu d'effet négatif marqué.

La Figure 1 contient des données sur les précipitations de six régions situées dans les principales zones de cultures céréalières qui contribuent habituellement pour 40 à 50 pour cent à la récolte de céréales d'hiver. Les régions, qui sont bien réparties dans toute la zone de production de céréales d'hiver, montrent une évolution similaire, ce qui confirme que les pluies de cette année ont été satisfaisantes.

 

Carte des régions du Kosovo
SKOPJE - PETROVEC BITOLA
PRILEP STIP
GEVEGELIJA STRUMICA


Les disponibilités en semences pour les semis en céréales d'hiver de l'automne dernier ont été apparemment normales. Les taux d'ensemencement sont en général très élevés, tout comme dans d'autres pays de la région, s'établissant à environ 250-300 kg par hectare pour la principale céréale qui est le blé. Toutefois, pour toutes les céréales d'automne, les pratiques ont changé, et les agriculteurs achètent désormais des semences tous les deux ans et utilisent leurs propres semences entre temps. On n'a noté aucun incident de réensemencement cette année. L'enrobage des semences est bien établi et des produits chimiques acceptables au plan international sont disponibles pour le traitement des semences pour l'usage domestique.

En ce qui concerne les semis de céréales de printemps, en raison des restrictions de l'administration précédente, il n'est pas habituel d'utiliser des semences de maïs ou de riz mises de côté. Cependant, des semences étaient disponibles sur les marchés et aucune limitation n'a été signalée à la mission.

Cette année, il a été facile de se procurer des tracteurs, du carburant et des pièces détachées pour les semis et les cultures d'automne et de printemps. En revanche, les pièces détachées des anciennes moissonneuses-batteuses achetées avant la privatisation dans la République fédérative de Yougoslavie pourraient être difficiles à obtenir cet été.

Quant aux autres intrants, la mission a noté que la politique d'achats plurivalente du secteur privé et public pratiquée ces dix dernières années avait éliminé toute dépendance significative à l'égard des produits provenant de la République fédérative de Yougoslavie. Il était facile de trouver engrais, herbicides, pesticides et fongicides non seulement pour les semis d'automne mais également pour les semis tardifs d'avril ou de mai (1999). En matière d'utilisation d'intrants, la mission a noté que la plus grosse difficulté résidait dans le fait que les agriculteurs manquent souvent de liquidités pour faire leurs achats. Ils ont difficilement accès aux crédits, notamment ceux qui travaillent à plein temps. Les entrepreneurs qui ont des biens en ville ont moins de problèmes mais les communautés rurales sont désavantagées, ce qui restreint les possibilités d'expansion et de diversification.

Etant donné la quasi-absence de ravageurs et de maladies, l'abondance des semences, l'utilisation continue des herbicides et/ou des cultures multiples, les rendements des semis de céréales d'automne devraient être cette année semblables ou légèrement supérieurs à ceux de l'année dernière dans la plupart des zones, en raison de précipitations favorables.

Le Tableau 5 montre les estimations de production établies par la mission pour 1999 sur la base d'estimations de superficies du Ministère de l'agriculture. On remarque que les superficies de blé sont semblables à celles de l'année dernière alors que celles d'orge et de seigle sont légèrement inférieures. Les superficies de maïs ont été l'objet de prévisions sur la base d'informations relatives au rendement des plantations précoces fournies par le Ministère de l'agriculture, mais étant donné que les cultures étaient encore à un stade précoce de développement lors de la visite de la mission et qu'elles ne seront pas récoltées avant septembre, les prévisions de rendements sont estimées. La mission a supposé que, sauf conditions météorologiques défavorables, les rendements seraient égaux à ceux de l'année précédente, étant donné qu'il a été facile de se procurer des semences de bonne qualité, des engrais et des pulvérisateurs.

La mission prévoit une récolte totale de céréales en 1999 d'environ 759 000 tonnes, chiffre pratiquement inchangé par rapport à celui de l'année précédente. La production de blé devrait atteindre environ 378 000 tonnes, soit 4 pour cent de plus qu'en 1998. La production totale de céréales pour les aliments des animaux serait légèrement inférieure à celle de l'année précédente: les chiffres provisoires sont de 200 000 tonnes pour le maïs et de 150 000 tonnes pour l'orge.

Tableau 5: L'ex-République yougoslave de Macédoine
- Production céréalière par district, 1998 et 1999
(superficie:hectares, rendement: tonnes/hectare, production: tonnes)

      BLÉ
1998 1999 Varia.
de la
supef. %
Varia.
de la
prod. %
Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.    
Berova 822 3.25 2 669 868 3.34 2 903 6 8
Bitola 16 344 4.06 66417 16 930 4.19 70 862 4 6
Brod 218 2.03 443 194 2.09 406 -11 -9
Debar 370 3.20 1 184 405 3.30 1 335 9 11
Delcevo 1 756 3.14 5 521 1 580 3.24 5 117 -10 -8
Demir Hisar 1 720 3.00 5 160 1 794 3.09 5 543 4 7
Gevgelija 767 2.63 2 018 905 2.71 2 453 18 18
Gostivar 2 530 4.00 10 120 2 800 4.12 11 536 11 12
Kavadarci 1 444 3.02 4 363 1 692 3.11 5 266 17 17
Kicevo 930 1.90 1 767 870 1.96 1 703 -6 -4
Kocani 3 581 3.23 11 574 3 669 3.33 12 214 2 5
Kratovo 920 2.23 2 050 600 2.30 1 377 -35 -49
Kriva Palanka 1 160 2.96 3 430 995 3.05 3 030 -14 -13
Krusevo 1 450 3.10 4 495 1 500 3.19 4 790 3 6
Kumanova 12 913 2.74 35 366 9 380 2.82 26 461 -27 -34
Negotino 1 716 2.84 4 870 2 175 2.92 6 358 27 23
Ohrid 1 295 3.00 3 885 1 320 3.09 4 079 2 5
Prilep 9 595 3.16 30 366 12 940 3.26 42 181 35 28
Probistip 2 450 2.58 6 310 2 450 2.65 6 499 0 3
Radovic 3 128 2.90 9 074 3 278 2.99 9 794 5 7
Resen 1 360 3.15 4 290 1 310 3.25 4 256 -4 -1
Skopje Chair 1 954 3.62 7 071 1 950 3.73 7 268 0 3
Skopje Gazibaba 3 507 3.48 12 195 3 055 3.58 10 942 -13 -11
Skopje Karposh 2 004 2.84 5 691 2 107 2.93 6 163 5 8
Skopje Kiselavoda 1 891 2.82 5 340 1 430 2.91 4 159 -24 -28
Stip 4 750 2.69 12 757 4 810 2.77 13 306 1 4
Struga 3 335 2.08 6 937 3 401 2.14 7 287 2 5
Strumica 5 500 2.80 15 400 5 720 3.08 17 618 4 13
Sveti Nikole 10 430 2.53 26 366 9 630 2.60 25 074 -8 -5
Tetovo 6 293 3.71 23 328 6 231 3.82 23 791 -1 2
Valandovo 1 203 2.66 3 200 1 140 2.74 3 123 -5 -2
Veles 6 150 3.50 21 500 6 296 3.93 24 762 2 13
Vinica 1 910 2.97 5 676 2 014 3.06 6 165 5 8
Total 115 396 3.13 360 833 115 439 3.27 377 819 0 4

 

Tableau 5: Suite.

      MAÏS
1998 1999 Varia.
de la
superf. %
 
Varia.
de la
prod. %
 
Superf Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.
Berova 130 1.00 130 130 1.00 130 0 0
Bitola 4 368 4.31 18 831 5 750 4.31 24 789 32 32
Brod 323 2.40 775 340 2.40 816 5 5
Debar 200 2.85 570 205 2.85 584 3 3
Delcevo 980 2.00 1 960 980 2.00 1 960 0 0
Demir Hisar 920 3.00 2 760 860 3.00 2 580 -7 -7
Gevgelija 500 5.00 2 500 430 5.00 2 150 -14 -14
Gostivar 2 800 6.00 16 800 2 500 6.00 15 000 -11 -11
Kavadarci 387 3.80 1 470 370 3.80 1 405 -4 -4
Kicevo 680 2.90 1 972 645 2.90 1 871 -5 -5
Kocani 1 158 7.84 9 079 1 163 7.84 9 118 0 0
Kratovo 240 1.63 390 150 1.63 244 -38 -38
Kriva Palanka 600 3.45 2 070 570 3.45 1 967 -5 -5
Krusevo 270 2.90 783 265 2.90 769 -2 -2
Kumanova 6 235 1.82 11 361 6 337 1.82 11 547 2 2
Negotino 220 5.91 1 300 380 5.91 2 245 73 73
Ohrid 1 300 2.00 2 600 1 350 2.00 2 700 4 4
Prilep 2 200 1.80 3 960 1 910 1.80 3 438 -13 -13
Probistip 375 2.24 840 190 2.24 426 -49 -49
Radovic 111 5.70 633 330 5.70 1 882 197 197
Resen 40 3.50 140 40 3.50 140 0 0
Skopje Chair 970 4.00 3 880 1 105 4.00 4 420 14 14
Skopje Gazibaba 1 920 5.48 10 522 1 907 5.48 10 451 -1 -1
Skopje Karposh 2 004 3.00 6 012 1 524 3.00 4 572 -24 -24
Skopje Kiselavoda 1 350 2.00 2 700 1 270 2.00 2 540 -6 -6
Stip 484 3.04 1 470 452 3.04 1 373 -7 -7
Struga 1 905 3.00 5 715 1 766 3.00 5 298 -7 -7
Strumica 5 100 5.50 28 050 5 000 5.50 27 500 -2 -2
Sveti Nikole 350 4.00 1 400 360 4.00 1 440 3 3
Tetovo 6 275 8.36 52 450 6 120 8.36 51 154 -2 -2
Valandovo 457 6.63 3 030 440 6.63 2 917 -4 -4
Veles 490 2.73 1 340 200 3.50 700 -59 -48
Vinica 562 3.83 2 150 550 3.83 2 104 -2 -2
Total 45 904 4.35 199 643 45 589 4.39 200 229 -1 0

Source: Ministère de l'agriculture

Tableau 5: Suite.

      SEIGLE
1998 1999 Varia.
de la
superf. %
 
Varia.
de la
prod %
 
Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.
Berova 1 312 2.36 3 100 1 385 2.36 3 272 6 6
Bitola 150 2.00 300 150 2.00 300 0 0
Brod 50 1.24 62 46 1.24 57 -8 -8
Debar 10 1.20 12 10 1.20 12 0 0
Delcevo 680 1.68 1143 640 1.68 1 076 -6 -6
Demir Hisar 40 2.70 108 10 2.70 27 -75 -75
Gevgelija 40 1.13 45 20 1.13 23 -50 -50
Gostivar 392 3.00 1 176 200 3.00 600 -49 -49
Kavadarci 10 1.50 15 0 1.50 0 -100 -100
Kicevo 25 2.00 50 5 2.00 10 -80 -80
Kocani 180 2.00 360 100 2.00 200 -44 -44
Kratovo 20 1.50 30 80 1.50 120 300 300
Kriva Palanka 365 1.65 601 80 1.65 132 -78 -78
Krusevo 10 1.50 15 15 1.50 23 50 50
Kumanova 150 1.50 225 540 1.50 810 260 260
Negotino 45 2.22 100 0 2.22 0 -100 -100
Ohrid 120 2.00 240 90 2.00 180 -25 -25
Prilep 655 1.70 1 113 500 1.70 850 -24 -24
Probistip 100 3.00 300 100 3.00 300 0 0
Radovic 0 0.00 0 0 0.00 0 0 0
Resen 45 1.60 72 50 1.60 80 11 11
Skopje Chair 50 2.00 100 100 2.00 200 100 100
Skopje Gazibaba 162 1.60 259 165 1.60 264 2 2
Skopje Karposh 120 1.60 192 120 1.60 192 0 0
Skopje Kiselavoda 145 2.46 357 250 2.46 616 72 72
Stip 332 2.28 758 247 2.28 564 -26 -26
Struga 20 1.50 30 20 1.50 30 0 0
Strumica 13 2.31 30 100 2.31 231 669 670
Sveti Nikole 50 2.30 115 40 2.30 92 -20 -20
Tetovo 43 2.21 95 43 2.21 95 0 0
Valandovo 20 2.00 40 20 2.00 40 0 0
Veles 70 1.71 120 40 1.71 68 -43 -43
Vinica 231 2.00 462 223 2.00 446 -3 -3
Total 5 655 2.06 11 625 5 389 2.02 10 908 -5 -6

 

Tableau 5: Suite.

    TOTAL DES CÉRÉALES*
1998 1999 Varia.
de la
superf. %
 
Varia.
de la
prod. %
 
Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.
Berova 3 629 2.75 9 987 2 958 2.73 8 079 -18 -1
Bitola 26 524 3.95 104 883 27 130 4.02 109 167 2 2
Brod 663 2.08 1 377 684 2.08 1 423 3 0
Debar 650 2.95 1 917 760 2.95 2 242 17 0
Delcevo 5 243 2.61 13 681 4 675 2.64 12 358 -11 1
Demir Hisar 2 950 2.98 8 780 2 874 3.05 8 753 -3 2
Gevgelija 2 237 3.26 7 303 2 355 3.25 7 660 5 0
Gostivar 6 112 4.79 29 266 5 830 4.83 28 156 -5 1
Kavadarci 2 883 3.01 8 669 3 100 3.09 9 566 8 3
Kicevo 1 675 2.31 3 871 1 548 2.35 3 642 -8 2
Kocani 10 455 4.02 42 069 10 557 3.97 41 956 1 -1
Kratovo 1 695 2.22 3 755 1 260 2.26 2 846 -26 2
Kriva Palanka 3 735 2.82 10 533 3 215 2.98 9 580 -14 6
Krusevo 2 090 3.00 6 269 2 140 3.08 6 586 2 3
Kumanova 28 954 2.60 75 230 24 566 2.60 63 881 -15 0
Negotino 3 321 3.11 10 343 3 551 3.30 11 730 7 6
Ohrid 3 060 2.47 7 553 3 153 2.52 7 930 3 2
Prilep 14 853 2.80 41 574 18 552 2.96 54 888 25 6
Probistip 4 235 2.45 10 380 3 725 2.53 9 427 -12 3
Radovic 4 258 2.87 12 221 4 868 3.06 14 878 14 6
Resen 1 695 2.93 4 972 1 690 2.98 5 038 0 2
Skopje Chair 4 266 3.61 15 391 4 605 3.67 16 905 8 2
Skopje Gazibaba 8 274 3.98 32 916 7 553 4.09 30 907 -9 3
Skopje Karposh 4 593 2.91 13 373 4 211 2.95 12 433 -8 1
Skopje Kiselavoda 4 351 2.48 10 787 4 050 2.50 10 121 -7 1
Stip 8 804 2.82 24 792 8 278 2.88 23 880 -6 2
Struga 6 135 2.31 14 150 6 179 2.32 14 329 1 1
Strumica 11 423 3.99 45 540 11 470 4.11 47 167 0 3
Sveti Nikole 17 548 2.47 43 269 15 874 2.54 40 394 -10 3
Tetovo 13 851 5.67 78 473 13 634 5.70 77 719 -2 1
Valandovo 1 835 3.60 6 610 1 740 3.68 6 397 -5 2
Veles 10 550 3.24 34 140 10 731 3.63 38 965 2 12
Vinica 7 220 2.99 21 569 5 132 3.09 15 862 -29 3
Total 232 767 3.26 759 643 225 648 3.36 758 863 -3 0


Source
: Ministère de l'agriculture
* Le total inclut le riz et l'avoine.

Tableau 6: L'ex-République yougoslave de Macédoine
- Production de légumes et de fruits par district, 1998 et 1999
(superficie: hectares, rendement: tonnes/hectare, production: tonnes)

      POMMES DE TERRE TOMATES
1998 1999 Superf. Varia. de la superf. %   1998 1999 Superf.   Varia. de la superf. %  
Superf. Rend. Prod. Superf. Rend. Prod.
Berova 790 11.39 9 000 809 2 0 0.00 0 0 -
Bitola 350 94.29 33 000 350 0 200 45.00 9 000 545 173
Brod 97 75.59 7 332 92 -5 15 2.20 33 14 -7
Debar 0 0.00 0 17 - 0 0.00 0 12 -
Delcevo 620 5.00 3 100 683 10 130 5.00 650 130 0
Demir Hisar 370 35.00 12 950 390 5 20 18.00 360 20 0
Gevgelija 60 15.00 900 73 22 341 43.70 14 900 379 11
Gostivar 850 20.00 17 000 800 -6 350 20.00 7 000 300 -14
Kavadarci 250 15.00 3 750 200 -20 478 16.99 8 120 400 -16
Kicevo 180 15.00 2 700 165 -8 25 4.00 100 20 -20
Kocani 497 12.70 6 311 631 27 62 5.32 330 67 8
Kratovo 0 0.00 0 191 - 0 0.00 0 4 -
Kriva Palanka 460 8.45 3 887 460 0 25 8.80 220 22 -12
Krusevo 150 12.00 1 800 130 -13 90 13.00 1 170 100 11
Kumanova 1 221 6.91 8 443 1 221 0 312 10.29 3 212 305 -2
Negotino 60 20.00 1200 65 8 110 24.50 2 695 50 -55
Ohrid 394 14.00 5516 325 -18 105 9.00 945 90 -14
Prilep 550 1.50 825 500 -9 200 1.20 240 200 0
Probistip 180 4.00 720 190 6 0 0.00 0 20 -
Radovic 89 4.00 356 360 304 14 17.86 250 150 971
Resen 70 15.00 1 050 60 -14 40 10.00 400 50 25
Skopje Chair 600 25.00 15 000 654 9 200 20.00 4 000 303 52
Skopje Gazibaba 593 25.00 14 825 568 -4 534 27.10 14 471 473 -11
Skopje Karposh 504 10.00 5 040 444 -12 501 10.98 5 500 385 -23
Skopje Kiselavoda 375 18.03 6 760 319 -15 365 16.71 6 100 290 -21
Stip 302 16.96 5 122 296 -2 325 20.22 6 570 315 -3
Struga 226 20.00 4 520 203 -10 60 10.00 600 48 -20
Strumica 550 20.00 11 000 600 9 1 325 60.00 79 500 1220 -8
Sveti Nikole 122 5.02 612 132 8 141 17.63 2 486 192 36
Tetovo 1 600 31.78 50 840 1 480 -8 450 23.78 10 700 453 1
Valandovo 0 0.00 0 70 - 88 43.18 3 800 84 -5
Veles 0 0.00 0 400 - 0 0.00 0 120 -
Vinica 316 7.87 2 488 380 20 105 21.66 2 274 105 0
Total 12 426 19.00 236 047 13 258 7 6 611 28.08 185 626 6 866 4

 

Tableau 6: Suite.

      PASTÈQUES ET MELONS
1998 1999 Superf.   Varia.
de la
superf. %
 
Superf. Rend. Prod.
Berova 0 0.00 0   -
Bitola 300 52.00 15 600 400 33
Brod 0 0.00 0 3 -
Debar 0 0.00 0 13 -
Delcevo 0 0.00 0 30 -
Demir Hisar 20 5.00 100 20 0
Gevgelija 200 30.00 6 000 180 -10
Gostivar 5 20.00 100 5 0
Kavadarci 302 14.00 4 228 280 -7
Kicevo 0 0.00 0   -
Kocani 43 24.14 1 038 47 9
Kratovo 0 0.00 0   -
Kriva Palanka 0 0.00 0   -
Krusevo 60 10.00 600 50 -17
Kumanova 1312 7.21 9 453 1317 0
Negotino 243 29.80 7 241 171 -30
Ohrid 0 0.00 0   -
Prilep 350 23.33 8 165 340 -3
Probistip 30 3.00 90 25 -17
Radovic 77 30.00 2 310 140 82
Resen 0 0.00 0   -
Skopje Chair 400 75.00 30 000 403 1
Skopje Gazibaba 524 22.20 11 632 477 -9
Skopje Karposh 300 12.00 3 600 250 -17
Skopje Kiselavoda 580 9.83 5 700 560 -3
Stip 170 2.98 506 185 9
Struga 10 20.00 200 5 -50
Strumica 1 300 280.00 364 000 1 200 -8
Sveti Nikole 191 9.23 1 762 205 7
Tetovo 280 20.50 5 740 278 -1
Valandovo 150 25.00 3 750 120 -20
Veles 0 0.00 0 550 -
Vinica 17 15.88 270 20 18
Total 6 864 70.23 482 085 7 274 6

Source: Ministère de l'agriculture

3.2. Production de fruits et légumes

La bonne répartition des précipitations jusqu'en mai a été favorable aux cultures d'arbres fruitiers et de légumes. Etant donné les facilités d'obtention d'intrants chimiques, notamment des engrais, des herbicides, des insecticides et des fongicides, on s'attend à des rendements moyens ou supérieurs à la moyenne. Des semences de légumes sont importées de divers pays, mais surtout de Hollande. Il est facile de se les procurer dans les grandes zones de production.

La production précoce de fruits et légumes de printemps suggère une augmentation de 4-7 pour cent des superficies ensemencées, comme le montre le Tableau 6 (ventilation par région). L'augmentation significative des superficies plantées de tomates à Gevglija, Radovic et Bitola, montre l'intérêt général pour cette culture qui peut donner de bons résultats, et a encouragé des investissements coûteux dans des serres et des systèmes d'irrigation dans certaines parties du pays.

Les régions limitrophes avec le Kosovo, à savoir Skopje-Gazibaba, Tetovo et Kumanova, n'ont enregistré aucune variation significative des superficies plantées de légumes de printemps.

La mission a noté de gros problèmes liés aux difficultés de commercialisation des fruits et légumes à la suite de la perte des marchés dans la République fédérative de Yougoslavie, en particulier au Kosovo. Les difficultés devraient se multiplier dans les prochaines semaines, lorsque l'essentiel des cultures va arriver à maturité, et être aggravées par le manque d'unités de traitement agricole dans les villages et les municipalités. Les informations sur les prix de vente en gros fournies à la mission ont montré que déjà en avril et en mai les prix de certains des légumes les plus courants étaient légèrement inférieurs à ceux de l'année précédente.

3.3 Production animale

La production animale en 1999 devrait être semblable à celle de ces dernières années. Cette année, il n'y a pas eu d'incidents fâcheux de maladies du bétail, des services d'appui sont disponibles et les précipitations satisfaisantes et bien réparties ont permis de produire des quantités suffisantes de fourrage. Des compléments alimentaires de maïs et d'orge seront nécessaires pendant la campagne de commercialisation 1999/2000, à un niveau similaire à celui de ces dernières années.

La mission a noté qu'un système de marquage à l'oreille du bétail sera introduit l'année prochaine, en prévision de la réadmission de L'ex République yougoslave de Macédoine dans le marché de l'UE. Cette mesure positive devrait donner un coup de fouet à l'industrie ovine en pleine stagnation. Cela offrira également la possibilité d'améliorer les races locales et les pratiques de gestion si l'on peut encourager les agriculteurs à élargir le recensement des animaux à cette fin.

3.4 Questions et problèmes agricoles

-------

4. SITUATION DE L'OFFRE ALIMENTAIRE

L'ex République yougoslave de Macédoine souffre d'un déficit structurel de production de plusieurs produits agricoles importants en particulier les céréales, le sucre, les oléagineux et la viande (autres que la viande ovine). En général, la population urbaine est largement tributaire de denrées importées alors que la population rurale est presque autosuffisante.

Avant la séparation de l'ancienne Yougoslavie, le déficit de la production céréalière de L'ex République yougoslave de Macédoine était entièrement compensé par le commerce entre républiques, notamment la Serbie (Voïvodine). Depuis l'indépendance et la libéralisation des échanges en 1991, les sources d'importations de céréales de L'ex République yougoslave de Macédoine ont été diversifiées et le pays est moins tributaire des approvisionnements provenant de Serbie. La mission s'est entretenue avec des responsables de deux des plus importantes minoteries de L'ex République yougoslave de Macédoine qui ont indiqué qu'ils achetaient du blé à divers gros producteurs dans le monde, y compris d'autres pays européens, l'Argentine et les Etats-Unis.

Le déficit annuel en blé de L'ex République yougoslave de Macédoine qui doit être importé atteignait en moyenne 100 000 tonnes environ ces dernières années mais variait selon le volume de la récolte intérieure.

Actuellement, il ne semble pas y avoir de difficultés majeures à satisfaire les besoins alimentaires habituels de la République à la suite de la crise du Kosovo. Depuis le début de la crise, les besoins alimentaires supplémentaires des réfugiés ont été satisfaits en grande partie par les programmes d'aide internationaux. En revanche, on déplore des excédents considérables de denrées normalement exportées, surtout des légumes et des fruits frais et de l'agneau en raison de l'interruption des flux commerciaux habituels, en particulier vers la République fédérative de Yougoslavie. La situation financière de nombreux agriculteurs s'est donc détériorée cette année. Les prix de gros des légumes frais tels que tomates et concombres, qui constituent d'importantes cultures d'exportation, ont semble-t-il été inférieurs en avril et en mai à ceux de l'année précédente.

4.1 Bilan de l'offre/demande de céréales en 1999/2000

La mission a établi une estimation du bilan pour 1999/2000 sur la base des hypothèses suivantes:

Tableau 7: L'ex-République yougoslave de Macédoine
- Bilan céréalier pour 1999/2000 (en millions de tonnes)

  Blé Maïs Riz Autres1/ Total
Disponibilité intérieure  408 205 17 165 795
Stocks d'ouverture 30 5 1 - 36
Production (1999) 378 200 16 165 759
Utilisation totale 438 276 17 181 912
Consommation alimentaire 345 - 10 - 355
Aliments pour animaux 20 250 - 155 425
Semences 32 1 1 18 52
Pertes 11 20 - 8 39
Exportations - - 5 - -
Stocks de clôture 30 5 1 - 36
Besoins d'importations2/ 30 71 - 16 117


1
/ Quatre-vingt-dix pour cent d'orge, de seigle et d'avoine.
2/ Par rapport à ce chiffre, 10 000 tonnes d'aide alimentaire ont été aménagées pour les familles qui accueillent des réfugiés pendant la période juillet-décembre 1999.

Le Tableau 6 montre que les besoins d'importations de céréales pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) sont estimés à 112 000 tonnes. Si l'on tient compte de la récolte de blé intérieure supérieure à la moyenne attendue cette année, les besoins estimés à 30 000 tonnes sont largement inférieurs à la moyenne de ces dernières années. De plus, au moment où la mission était dans L'ex République yougoslave de Macédoine, on a appris que 10 000 tonnes d'aide sous forme de blé avaient été annoncées pour la période de juillet à décembre et ciblées sur les familles accueillant des réfugiés. Les besoins d'importation de maïs et d'autres céréales, qui seront utilisés en grande partie pour les animaux, sont de 87 000 tonnes et correspondent aux chiffres habituels. Comme ces dernières années, les besoins d'importations de céréales devraient être satisfaits grâce à des importations commerciales.

4.2 Sécurité alimentaire et état nutritionnel des ménages

La mission n'a pas trouvé de preuves évidentes de pénuries alimentaires ou de dénutrition dans le pays et l'afflux de réfugiés semble n'avoir eu que peu ou pas d'effets sur la sécurité alimentaire globale. Au moment de la visite de la mission, plus de 250 000 réfugiés étaient enregistrés dans L'ex République yougoslave de Macédoine , dont environ 100 000 dans les camps et le reste dans des familles d'accueil. Tant les réfugiés que les familles d'accueil recevaient une aide alimentaire. Des bilans de santé rapides effectués dans les camps n'ont pas signalé de problèmes importants de dénutrition.

Comparée à d'autres pays se trouvant dans des conditions économiques similaires, L'ex République yougoslave de Macédoine présente un profil favorable, l'espérance de vie étant élevée et la mortalité infantile faible. En partie due à l'absence reconnue de malnutrition et par conséquent au faible rang de priorité accordée par le Gouvernement, il n'y a pas eu de grandes enquêtes nutritionnelles réalisées régulièrement et l'on ne dispose donc pas d'informations sur les indicateurs anthropométriques et les connaissances, attitudes et pratiques des différents groupes de population. La malnutrition protéino-calorique ne semble pas constituer un problème significatif dans le pays. L'obésité est courante dans tous les groupes d'âge et touche plus de la moitié de la population adulte de plus de 40 ans qui souffre également des effets du tabac, du manque d'exercice et de la consommation excessive d'alcool. On constate des carences en micronutriments (en particulier la vitamine D et le fer), notamment dans les groupes de population vulnérables. L'UNICEF prévoit d'organiser une grande enquête nutritionnelle pour le mois de septembre point de départ indispensable d'une planification appropriée.

Toutefois, l'instabilité économique générale de ces dernières années, aggravée sans aucun doute par la récente crise du Kosovo a augmenté de façon spectaculaire les niveaux de pauvreté dans le pays. Le gouvernement et les foyers touchés ont de plus en plus de difficultés à faire face à la situation. Les foyers agricoles n'ont pas été nécessairement les plus affectés. L'emploi agricole représentait en 1997 à peine 18 pour cent de l'emploi total et les foyers ruraux associent habituellement production pour la consommation du ménage, vente de produits agricoles et autres sources de revenu (emploi, commerce ou transfert de fonds). La mission a noté qu'à la suite de la crise, les agriculteurs avaient des difficultés à écouler l'excédent de leur production et que de nombreux employés avaient perdu leur travail. Le chômage, estimé à 35 pour cent en 1998, aurait atteint désormais les 40 pour cent. Les foyers touchés ont de plus en plus de mal à faire face aux dépenses journalières telles que factures (en particulier l'électricité), impôts, contributions à la sécurité sociale (d'où une diminution des soins de santé) et fonds de pension. Les stratégies d'adaptation comportent notamment une modification des habitudes alimentaires et en particulier une diminution de la consommation de produits carnés. Le maintien des actifs productifs est de plus en plus difficile et les systèmes de subsistance à long terme seront vraisemblablement compromis si la situation économique globale ne s'améliore pas dans les mois à venir. Les ménages agricoles qui étaient jusqu'à présent autosuffisants se plaignent d'être dans une situation plus difficile que leurs voisins les plus pauvres qui bénéficient de transferts de fonds, sont inscrits comme cas sociaux et ont un accès gratuit aux services de santé.

Les groupes de population traditionnellement vulnérables sont notamment les communautés isolées des zones montagneuses éloignées, constitués avant tout d'agriculteurs pratiquant une agriculture de subsistance primaire - et les communautés de Roms, en particulier dans les zones urbaines. Bien qu'ils ne soient probablement pas directement touchés par la crise, ils souffrent certainement des limitations d'un système de sécurité sociale saturé. En 1993, le nombre de cas sociaux ayant droit à une aide financière du Ministère du travail et de la politique sociale était estimé à 22 000. Au moment de la visite et de la mission, 12 pour cent de la population totale (c'est-à-dire environ 63 000 foyers) recevaient semble-t-il des subventions calculées sur la base d'un seuil de pauvreté relatif oscillant entre 25 et 75 dollars E.-U. par mois selon la taille du ménage.

4.3 Besoins d'aide alimentaire

Bien que la pauvreté soit répandue, les mécanismes d'adaptation des ménages dont les revenus sont limités ne comportent pas jusqu'à présent de réductions importantes des rations alimentaires ou de redistribution à l'intérieur du foyer. Alors que le gouvernement a évidemment de plus en plus de mal à faire face à ses obligations financières (salaires, pensions et aide aux cas sociaux), un grand programme alimentaire destiné aux cas sociaux est actuellement lancé pour aider la population de L'ex République yougoslave de Macédoine. De juillet à décembre 1999, dans le cadre d'une première phase au moins, les ménages inscrits recevront une aide supplémentaire. A la suite d'un accord récemment signé, un groupe de donateurs (y compris ECHO et USAID) et des ONG (y compris InterSOS, CRS, MCI et les associations de la Croix Rouge allemande, française, américaine et de L'ex République yougoslave de Macédoine) distribueront un panier d'aliments à ceux qui bénéficient actuellement d'une aide et appartiennent aux catégories les "plus vulnérables"; retraités, employés à temps partiel et chômeurs dans certaines villes sévèrement touchées. Plus de 60 000 familles (c'est-à-dire plus de la moitié du nombre total de réfugiés au plus fort de la crise) qui toutes reçoivent déjà des subventions du gouvernement, recevront une ration mensuelle moyenne de 25 kg de farine de blé, 3 litres d'huile végétale, 3 kg de légumineuses, 2 kg de sucre et 0,5 kg de sel. Bien que les raisons justifiant la fourniture d'une aide sous la forme de denrées alimentaires ne soient pas claires d'après l'accord ou les documents complémentaires, on estime qu'il s'agit d'un transfert de revenu qui permettra aux ménages de faire des économies sur les dépenses de nourriture et d'utiliser cet argent pour satisfaire d'autres besoins. Cela augmentera vraisemblablement le mécontentement des familles qui ne sont pas inscrites comme cas sociaux.

Sur la base de ses observations telles que résumées ci-dessus, la mission conclut qu'une aide alimentaire d'urgence n'est pas nécessaire pour la population de L'ex République yougoslave de Macédoine. En vérité, il faudrait que le gouvernement et les donateurs réexaminent la nécessité d'un flux continu de denrées alimentaires dans le pays (pour les réfugiés, les "cas sociaux") dans le contexte européen. D'autres formes d'aide pourraient être nécessaires de toute urgence, en particulier pour aider à rétablir les marchés de produits agricoles et industriels qui ont été perturbés ces dernières années.

L'absence de malnutrition significative ne veut pas dire qu'une approche intégrée pour surveiller et améliorer la situation nutritionnelle dans le pays n'est pas nécessaire. La préparation d'un plan national d'action en faveur de la nutrition comportant un important élément d'éducation nutritionnelle serait hautement souhaitable.

Une fois la crise actuelle terminée, il sera peut-être également nécessaire de réévaluer la viabilité et le bien-fondé du programme en faveur des cas sociaux et d'envisager une certaine décentralisation du système pour un meilleur ciblage. Il faudrait également s'occuper d'améliorer la résistance des groupes de population vulnérables.

 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'information le cas échéant.
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Courrier électronique:giews1@fao.org
Mme J. Cheng-Hopkins
Directeur régional, OAC, PAM
Télécopie: 0039-06-6513-2863
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