SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE SPÉCIALE No. 294

Date: 29 Juillet 1999

(Série diffusée uniquement pour les pays dans lesquels l'état des cultures vivrières ou la situation des approvisionnements sont préoccupants)

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DES INFESTATIONS ACRIDIENNES MENACENT GRAVEMENT LES CULTURES DANS CERTAINES PARTIES DE LA COMMUNAUTÉ DES ÉTATS INDÉPENDANTS

VUE D'ENSEMBLE

Des infestations acridiennes, qui se sont développées dans les zones du Kazakhstan, notamment à l'est (région d'Almaty) et dans le nord (oblast de Pavlodar) se sont propagées à des zones avoisinantes de la Fédération de Russie. Selon des rapports récents, des essaims auraient également pénétré en Ouzbékistan et au Kirghizistan. La situation est grave car dans tous les pays touchés ni les agriculteurs ni les pouvoirs publics n'ont les ressources et les techniques suffisantes pour faire face efficacement au problème. Les criquets, outre les graves dégâts localisés causés aux cultures dans le Kazakhstan et dans la Fédération de Russie, ont pondu sur des millions d'hectares. Ces oeufs, s'ils ne sont pas détruits, deviendront des larves au cours du printemps de l'an 2000, ce qui représentera une menace plus grande encore pour les cultures de la prochaine campagne.

Les infestations acridiennes se produisent tous les ans, principalement au Kazakhstan et, dans une moindre mesure, dans la Fédération de Russie, mais l'ampleur et l'intensité des infestations se sont progressivement intensifiées au cours des dernières années. Dans la Fédération de Russie, on signale cette année des infestations acridiennes dans des zones où il n'y avait plus eu d'infestation depuis les années 20. La cause principale de ce phénomène est la grave pénurie d'investissements et de fonds de roulement à tous les niveaux qui, conjuguée à l'ajustement structurel dans le secteur agricole, se traduit par la mise hors production des terres marginales. La nette augmentation des terres en jachère, notamment dans le Kazakhstan, où pratiquement aucun traitement n'est effectué, a créé des zones idéales de reproduction pour les criquets et autres ravageurs.

SITUATION PAR PAYS

Kazakhstan

Cette année, dans les zones plus arides de l'ouest, les infestations acridiennes ont couvert 1 million d'hectares, soit le double de celui qui était prévu auparavant. Les criquets se sont propagés à partir de leurs zones de reproduction traditionnelles de l'ouest vers le nord (Pavlodar) et l'est (Almaty). Selon les rapports officiels, les dégâts aux cultures céréalières sont très limités cette année et la récolte de céréales de 1999 devrait toujours, selon les prévisions, s'établir en moyenne à 9 millions de tonnes. Toutefois, on signale de graves dégâts localisés dans des petites exploitations agricoles de Pavlodar et Ust-Kamnegorsk. De plus, il semblerait que des pontes aient eu lieu sur 9 millions d'hectares. Les crédits de 4,8 millions de dollars E.-U. ouverts par le gouvernement pour l'achat de pesticides sont insuffisants pour faire face aux infestations. A ce jour, seulement 2 millions d'hectares ont été traités, de sorte que les acridiens risquent de constituer une grave menace pour les cultures de la prochaine campagne, au Kazakhstan comme dans les pays voisins. On a déjà reçu cette année des rapports isolés selon lesquels des criquets se seraient propagés au Kirghizistan et en Ouzbékistan, où 300 000 hectares seraient infestés.

Les dégâts causés par les acridiens ne feront qu'aggraver les problèmes économiques auxquels est en butte le secteur agricole. Le manque de fonds de roulement dans les exploitations agricoles pour l'achat d'intrants essentiels a été aggravé par la dépréciation de la monnaie nationale, le "tenge", après son lancement. Le crédit agricole est encore plus limité que l'année dernière. Pour la plupart des exploitations agricoles endettées - dont les avoirs bancaires ont été bloqués - le troc est le seul moyen d'obtenir les intrants nécessaires. Toutefois, la capacité des agriculteurs à se procurer des intrants au moyen du troc a été compromise par la mauvaise récolte de l'année dernière. Les dettes accumulées, ainsi que les pénuries de fonds de roulement, d'engrais, de machines agricoles et de produits chimiques se sont traduites par une nouvelle réduction des superficies ensemencées en céréales, qui sont tombées à 11 millions d'hectares, dont 9 millions d'hectares de blé. Les faibles cours du pétrole et l'impact de la crise économique russe ont déterminé une contraction de l'économie en 1998 et 1999. Au cours des dix premiers mois de la campagne de commercialisation actuelle, près de 2 millions de tonnes de céréales ont été exportées, y compris 1,5 million de tonnes à destination de la Fédération de Russie et des pays voisins de la CEI. La capacité d'exportation de céréales du Kazakhstan lors de la campagne de commercialisation en 1999/2000 jouera un rôle important dans la sécurité alimentaire de la région, étant donné que les récoltes ont été affectées par la sécheresse dans un grand nombre de pays du Moyen-Orient.

Fédération de Russie

Le temps chaud et sec de juillet a créé des conditions idéales pour la pullulation des criquets. A partir des zones jouxtant le Kazakhstan, les essaims se sont propagés vers le nord jusqu'à Bashkir. Selon des rapports officiels, les infestations s'étendraient sur 1,1 million d'hectares, dont 700 000 hectares traités à ce jour. On signale maintenant des infestations dans 31 régions, y compris dans des zones qui n'avaient plus connu d'infestations depuis plus de 70 ans. Les régions les plus gravement touchées sont Altai, Novosibirsk, Irkoutsk, Orenburg, Samara et Saratov. On signale de graves pertes localisées pour les cultures de céréales, de légumineuses, de tournesol et de soja, notamment à Altai Kray et Novosibirsk, mais les rapports non officiels faisant état de pertes de céréales dues aux ravageurs allant jusqu'à 4 millions de tonnes cette année ont été officiellement considérés comme étant exagérés. Dans presque toutes les régions, les ressources et les disponibilités en pesticides sont insuffisantes pour lutter contre les infestations. Pour aider les régions, le gouvernement central a ouvert des crédits de 36, 3 millions de roubles (environ 1,5 million de dollars E.-U.) sur son fonds de réserve, pour des activités d'appui technique, et 41 millions de roubles (1,7 million de dollars E.-U.) pour la livraison de pesticides aux zones affectées.

Les perspectives de la récolte de céréales de 1999 restent incertaines. Selon des estimations préliminaires, la superficie totale ensemencée en céréales aurait baissé de 8 pour cent pour s'établir à environ 48 millions d'hectares. Les terres ensemencées en céréales d'hiver sont tombées à 13 millions d'hectares, soit une baisse de 4 pour cent, alors que 1,9 million d'hectares ont souffert de dégâts causés par le gel (1,1 million d'hectares en 1998). La superficie ensemencée en céréales d'hiver, qui est de 35,8 millions d'hectares, a également baissé de 8 pour cent et le temps chaud et sec a réduit les rendements potentiels, notamment à l'ouest de l'Oural.

Comme la récolte de l'année dernière a été réduite (48 millions de tonnes selon les estimations officielles, soit seulement 64 pour cent de la moyenne des cinq dernières années), le pays aurait besoin d'une bonne récolte de céréales cette année pour satisfaire ses besoins minimums et reconstituer des stocks pratiquement épuisés. L'effet combiné des problèmes économiques qui continuent à se poser et les catastrophes naturelles pourrait fortement compromettre ce redressement. Selon les indications actuelles, la récolte serait d'environ 60 millions de tonnes, ce qui est insuffisant pour satisfaire les besoins intérieurs et, à plus forte raison, pour reconstituer les stocks. La situation des approvisionnements céréaliers sera extrêmement tendue en 1999/2000, car des infestations acridiennes potentiellement plus importantes pourraient alors causer des dégâts accrus dans les champs.

La pénurie et le prix élevé des aliments du bétail ont pesé sur l'élevage et les productions animales devraient baisser, même dans le cas de la volaille, un secteur qui avait donné des signes de reprise jusqu'à cette année. La demande de produits animaux a, de son côté, baissé en raison de la détérioration du pouvoir d'achat de la population. Environ la moitié de l'aide alimentaire annoncée en 1998/99 (3,8 millions de tonnes de céréales, mais aussi viande, produits laitiers et soja) devrait arriver entre juillet et septembre 1999. Ces livraisons permettront d'améliorer la situation des approvisionnements jusqu'à la fin de la récolte, en septembre, et de stabiliser les prix.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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