SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE SPÉCIALE :No. 295
TIMOR ORIENTAL

(Série diffusée uniquement pour les pays dans lesquels l'état des cultures vivrières ou la situation des approvisionnements sont préoccupants)

Date: 14 septembre 1999


UNE GRAVE CRISE HUMANITAIRE ET ALIMENTAIRE SE PROFILE AU TIMOR ORIENTAL

La vie et la sécurité alimentaire d'un grand nombre de personnes déplacées sont gravement menacées par les troubles civils et les massacres au Timor oriental. La vague de violences à laquelle on assiste aujourd'hui s'est intensifiée après que la majorité des habitants du Timor oriental a voté pour l'indépendance à l'égard de l'Indonésie lors du référendum du 30 août 1999.

Malgré les fortes pressions exercées par la communauté internationale pour mettre fin aux violences et déployer une force de maintien de la paix des Nations Unies, une grande partie de la population reste exposée aux massacres systématiques perpétrés par les milices armées, tandis que des centaines de milliers de personnes cherchent refuge dans les montagnes et les forêts. Bien que le bilan s'alourdisse d'heure en heure, on estime actuellement à 7 000 le nombre des morts, outre les 100 000 personnes environ qui ont été emmenées de force dans la partie ouest de Timor. Au total, 300 000 à 400 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du territoire. D'après les estimations, 31 000 réfugiés sont regroupés dans un camp à Dare, au sud de la capitale, Dili, tandis que 40 000 autres personnes se trouvent dans un camp à Baucau, deuxième ville du pays. Près de 1 300 réfugiés et 80 fonctionnaires de l'ONU ont été évacués de la mission de l'ONU à Dili, vers le nord de l'Australie, leur sécurité étant de plus en plus menacée. On ignore ce que sont devenues des milliers d'autres personnes.

Cette crise a coupé plus d'un quart de la population, qui est de l'ordre de 900 000 personnes, des sources d'approvisionnement en eau potable et en nourriture, d'où un risque de famine. Ces personnes, dont la situation précaire est de plus en plus préoccupante, ont besoin d'urgence d'une aide alimentaire et humanitaire internationale. Malgré la nécessité de cette aide, la sécurité n'est toujours pas assurée, de sorte qu'il n'est pas possible d'acheminer d'urgence des aliments et des fournitures médicales vers les zones et les groupes de population qui en ont absolument besoin. Les troubles civils de 1977 à 1979, après le déplacement forcé des populations locales, avaient également entraîné des pénuries alimentaires de grande ampleur, et provoqué de nombreuses pertes de vies humaines.

La situation s'étant détériorée rapidement ces derniers jours du fait de la flambée de violence, il a fallu évacuer quelque 500 fonctionnaires internationaux d'agences des Nations Unies et d'autres organisations humanitaires. En outre, un certain nombre d'employés d'organisations humanitaires ont été tués. Même si la sécurité s'améliore dans les jours qui viennent, la logistique de l'acheminement de l'aide humanitaire posera des problèmes, du fait du terrain accidenté et de la détérioration des réseaux de transport et de télécommunications. Diverses institutions des Nations Unies et d'autres organisations internationales d'aide ont commencé une course désespérée contre la montre pour fournir des vivres et de l'eau aux groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, et sont en train d'envisager des parachutages d'urgence, compte tenu de l'insécurité.

Le Timor oriental a une superficie d'environ 14 900 kilomètres carrés et une densité de population d'une soixantaine d'habitants/km2. On peut dire que l'économie de la région et son secteur agricole restent assez peu développés et sont en grande partie tributaires de la production de maïs et de riz. Les rendements du maïs sont de l'ordre de 1,8 tonne par hectare, contre 2 à 2,5 tonnes/ha dans les îles voisines. Les rendements du riz, qui se situent entre 2,5 et 2,7 tonnes de paddy/ha, sont aussi inférieurs à ceux des autres zones rizicoles voisines, où ils sont de l'ordre de 4 a 4,5 tonnes/ha. Ces dernières années, les superficies des plantations de sagoutiers ont progressé, pour répondre aux besoins de subsistance et améliorer la sécurité alimentaire des ménages, mais au détriment des cultures de palmiers à huile.

Globalement, à l'exception de la campagne 1995-96, les années 90 ont également été le plus souvent marquées par des conditions météorologiques défavorables, dont ont souffert gravement la majorité des petits agriculteurs. Ces dernières années, la province a produit en moyenne quelque 100 000 tonnes de maïs et 50 000 tonnes de paddy, ainsi que de petites quantités d'arachides et de soja. Habituellement, pour satisfaire ses besoins alimentaires, la population a également recours à d'autres activités économiques, telles que la pêche, l'élevage et la vente de bétail, et le travail salarié dans le cadre de programmes de construction. La situation alimentaire de la région était déjà difficile après la grave sécheresse de 1998, conséquence du phénomène El Niño, qui a sensiblement réduit la production céréalière (d'environ 40 pour cent) et fait baisser les stocks des exploitations. Les efforts d'évaluation des besoins de relèvement et de fourniture d'intrants agricoles (semences et engrais) nécessaires après la sécheresse des dernières années ont également été entravés par l'insécurité.

S'il est encore trop tôt pour évaluer avec précision le nombre de personnes vulnérables et les besoins alimentaires, il est à peu près certain qu'une aide alimentaire et de relèvement de l'agriculture de grande ampleur sera nécessaire dès que la situation s'améliorera au point de vue de la sécurité et permettra de mener des opérations humanitaires. Cette aide devra probablement être fournie jusqu'à la fin de l'année et peut-être pendant toute l'année prochaine. La situation est donc à suivre de près.

 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO; (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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