SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

RAPPORT SPÉCIAL

CYCLONES, ORAGES ET INONDATIONS DÉVASTENT UNE PARTIE DE L´ASIE ET COMPROMETTENT GRAVEMENT LES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

12 novembre 1999

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À la fin de la mousson, quand les pluies commencent habituellement à diminuer, des cyclones, des orages et des inondations ont dévasté plusieurs régions d´Asie, faisant des milliers de morts et des centaines de milliers de sans abri et compromettant gravement les disponibilités alimentaires. Les dégâts matériels - communications, transports, biens et infrastructure - sont également importants et il faudra plusieurs mois pour remettre les choses en état.

INDE: Le 29 octobre, le cyclone le plus violent depuis près de 30 ans s´est abattu sur les régions côtières de l´État nord-oriental d´Orissa, faisant plus de deux millions de sans abri. Les districts le plus touchés sont notamment: Balasore, Cuttack, Ganjam, Jagatsinghpur, Jaipur et Kendrapara. On estime le nombre de victimes à 11 millions de personnes, soit près d´un tiers de la population de cet Éat, et le nombre de morts est évalué officiellement pour l´instant à environ 10 000. Ce chiffre risque toutefois d´augmenter car il y a encore beaucoup de disparus. Un grand nombre de personnes déplacées errent dans la région, sans eau potable ni nourriture, et leur santé et leur état nutritionnel se détériorent rapidement en raison des épidémies de gastroentérite et de cholera.

L´État d´Orissa a une population estimative de 36 millions d´habitants et une superficie cultivée d´environ 5,4 millions d´hectares, soit approximativement 4 pour cent du total national. Cet État est déficitaire du point de vue de l´alimentation et sa population rurale relativement importante (60 pour cent) vit principalement d´une agriculture de subsistance à faible productivité. Vingt-cinq pour cent seulement des terres cultivées sont irriguées, contre une moyenne nationale d´environ 40 pour cent, et les épandages d´engrais sont très inférieurs à ceux qui sont pratiqués dans les autres États. Vingt-cinq à 30 kg/ha d´engrais NPK sont utilisés seulement, contre une moyenne de 75 kg/ha. La productivité agricole reste donc faible avec des rendements moyens de riz (denrée de base) parfois inférieurs de 40 pour cent à la moyenne nationale. Étant donné la situation de l´agriculture et le niveau de pauvreté dans cet État, la sécurité alimentaire des ménages aurait été largement tributaire de la récolte principale de riz qui devait commencer dans quelques semaines et des céréales entreposées. Or, 800 000 hectares de terres agricoles (15 pour cent) auraient été détruits, ainsi que de grandes quantités de céréales entreposées. Ces destructions auront des répercussions graves non seulement sur la sécurité alimentaire immédiate, mais aussi sur les disponibilités pendant une grande partie de l´année prochaine. La situation est d´autant plus grave que la production rabi (d´hiver), de blé essentiellement, entre octobre-novembre et mars-avril, est négligeable dans cet État. Outre les ménages d´agriculteurs, ceux qui ont perdu la totalité de leurs moyens d´existence, comme les pêcheurs, connaîtront de graves difficultés dans les prochains mois.

Malgré les gros efforts déployés par le gouvernement pour fournir une assistance, l´ampleur des dégâts est telle que plus d´une semaine après le cyclone, des centaines de villages sont encore isolés, ne pouvant recevoir ni vivres ni médicaments dont ils ont le plus urgent besoin, vivant uniquement des produits alimentaires largués par avion. Le gouvernement a déjà fourni 130 millions de dollars E.-U. en espèces pour faire face à la crise, qui viennent s´ajouter aux 59,5 millions de dollars E.-U. accordés après le premier cyclone, à la mi-octobre. Les vivres sont acheminés dans les zones sinistrées par route et par mer et 395  tonnes ont été larguées par les airs. Des secours sont également fournis sous forme de soins hospitaliers, d´abris, de fournitures médicales et de matériel de communication.

Malgré la gravité de la crise humanitaire dans l´État d´Orissa, la situation alimentaire globale dans le pays reste satisfaisante, grâce à la récolte de blé record du début de l´année, aux stocks de blé abondants et aux bonnes perspectives pour la récolte de riz kharif (principale).

VIETNAM: Les fortes pluies tombées pendant plusieurs jours en fin octobre-début novembre ont provoqué les inondations les plus graves depuis quelques dizaines d´années dans les régions côtières centrales. Les rapports actuels indiquent qu´environ 550 personnes auraient été tuées et plus de 600 000 déplacées. De plus, les dégâts matériels (biens et infrastructures) sont estimés officiellement à 200 millions de dollars environ. Plusieurs régions sont isolées par les inondations et l´on craint de plus en plus des pénuries alimentaires. Les difficultés pourraient être exacerbées par de nouvelles pluies accompagnées d´inondations.

Quoique les victimes aient été nombreuses, les dégâts sur les cultures n´ont pas été aussi graves qu´ils auraient pu l´être car les zones touchées ne sont pas situées dans les principales régions productrices de denrées alimentaires et de riz au sud du pays ou de café et de thé plus au nord. La principale récolte à cette époque-ci aurait été la récolte de riz du dixième mois, qui est repiqué en juin-juillet pour être récolté en octobre-novembre. En temps ordinaire, cette récolte représente 25 pour cent de la production annuelle globale, tandis que la récolte d´hiver-printemps (repiquée à partir de janvier) fournit la plus grande part des disponibilités. Les provinces le plus touchées se situent le long d´une bande de 500 kilomètres allant de Quang Binh à Quang Ngai, où vivent environ 6 millions d´habitants sur les 79 millions que compte le pays. Cette région est l´une des plus pauvres du pays et elle est habituellement déficitaire du point de vue de l´alimentation car elle est moins développée sur le plan agricole et industriel que le reste du pays.

Sur cette bande de territoire, la superficie des rizières est estimée à 340 000 hectares dont quelque 64 000 hectares auraient été endommagés. Par ailleurs, 30 000 hectares d´autres cultures ont souffert aussi et plus de 100 000 tonnes de riz et de maïs entreposés ont subi des dégâts. Ces dernières années, ces provinces ont produit environ 1,2 million de tonnes de riz, soit à peu près 7 pour cent, contre une production nationale de 17 à 18 millions de tonnes. De plus, les provinces touchées produisent de 25 à 30 milliers de tonnes de maïs, soit moins de 3 pour cent de la production globale d´environ 1,2 à 1,3 million de tonnes par an. De grandes quantités de riz et de maïs entreposés ont également été endommagées. Les régions côtières centrales sont régulièrement sujettes aux intempéries et aux orages et, l´an dernier, on y a signalé 397 décès dus aux orages et aux inondations.

Le gouvernement a réagi rapidement par des distributions d´aide alimentaire dans les zones touchées, qui sont parmi les plus pauvres du pays et les plus vulnérables aux déficits vivriers. Malgré les opérations humanitaires en cours, il est probable que les problèmes d´approvisionnements persisteront l´an prochain et que des mesures énergiques seront nécessaires pour remettre en état le secteur agricole.

Malgré les dégâts provoqués par les inondations, la production globale de paddy de la campagne commerciale 1999/2000 devrait atteindre, d´après les prévisions, 19,5 millions de tonnes, volume équivalant au record de l´an dernier.

CAMBODGE: Les pluies torrentielles ont provoqué des inondations généralisées, surtout autour de la capitale Phnom Penh, fin octobre-début novembre, avec des précipitations de 150 mm au lieu de 30 mm pendant une année normale. Les régions les plus touchées se situent autour de Pursat, Battambang, Kg.Speu, Takeo et Kandal. Des milliers de personnes ont dû abandonner leurs habitations, mais on ne signale aucun accident grave pour l´instant. L´ampleur des dégâts sur les cultures de riz de la campagne principale, qui doit être récolté sous peu, n´a pas encore été déterminée, mais des rapports non confirmés indiquent que près de 2 000 hectares auraient été touchés. Les risques de nouvelles pluies accompagnées d´inondations sont encore relativement élevés. Toutefois, la situation alimentaire globale reste satisfaisante car la récolte de riz précoce a été bonne et les perspectives sont généralement favorables en ce qui concerne la récolte principale de la saison humide, qui sera rentrée à partir de janvier.

Ailleurs en Asie, la sécheresse qui a sévi à des moments critiques du cycle végétatif bien que beaucoup moins grave que les années précédentes, a grandement endommagé la production de maïs en RPD DE CORÉE où la situation vivrière reste précaire. La production agricole dans son ensemble, même pendant les bonnes années, risque d´être très inférieure aux besoins en raison du manque critique d´intrants essentiels tels qu´engrais, machines et combustible.

Ces catastrophes naturelles ne devraient pas trop compromettre le commerce des céréales dans la région pendant la campagne commerciale 1999/2000. Après les aléas climatiques dus aux phénomènes El Niño et La Niña en 1998, qui ont beaucoup nui aux récoltes dans la région, on prévoit une reprise sensible de la production de riz cette année, laissant prévoir une baisse de 15 pour cent du commerce du riz par rapport au record de l´an dernier. Sur la base des livraisons et des contrats, les projections du commerce de riz en 1999 sont d´environ 23 millions de tonnes, soit quatre millions de tonnes de moins qu´en 1998. Les importations de riz de l´Indonésie, premier importateur mondial, devraient s´établir à 3,5 millions de tonnes, soit 40 pour cent de moins qu´en 1998. Pour ce qui est des exportations, la Thaïlande, premier exportateur, devrait exporter 5,7 millions de tonnes, soit 700 000 tonnes de moins qu´en 1998. Les exportations de la Chine sont estimées à 2 millions de tonnes, dont 1,6 million de tonnes ont déjà été livrées au cours des huits premiers mois de l´année. Bien qu´il ait été prévu que le Viet Nam exporterait environ 4,3 millions de tonnes de riz en 1999, conformément aux objectifs du gouvernement, les inondations et les pénuries alimentaires qui en résultent pourront l´amener à utiliser une partie de ce riz pour venir en aide aux groupes vulnérables. Durant les neuf premiers mois de l´année, le pays a exporté 3,8 millions de tonnes.

Toutefois, le commerce du blé dans la région devrait augmenter de plus de 2,5 millions de tonnes par rapport à l´an dernier, surtout en raison de l´accroissement de la demande d´importation dans les pays victimes de la sécheresse. Les importations devraient augmenter surtout dans la République islamique d´Iran, qui a connu la plus terrible sécheresse depuis plusieurs décennies. La reprise économique et la forte demande de produits dérivés du blé aux Philippines et en République de Corée laissent aussi présager une augmentation des importations.

 

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO; (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: giews1@fao.org).

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