FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires No.5, décembre 1999 - Page 5

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SITUATION PAR PAYS

AFRIQUE DU NORD

ALGÉRIE (10 novembre)

La préparation du sol a commencé en vue des semis pour les cultures d'hiver. Toutefois, les travaux agricoles sont retardés du fait des précipitations inférieures à la normale et des fortes températures en septembre/octobre. Selon les estimations, la production de céréales devrait s'établir en 1999 à 2,2 millions de tonnes, soit quelque 29 pour cent de moins que l'an dernier. La production de blé, qui atteint 1,5 million de tonnes est inférieure de 25 pour cent à celle de 1998. Les importations de céréales, pour l'essentiel du blé, devraient atteindre 6 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin).

ÉGYPTE (10 novembre)

Les semis de blé (principalement irrigué) sont en cours. La production de blé se monte environ à 6,3 millions de tonnes en 1999, quelque 4 pour cent de plus que l'an passé. La production de maïs est estimée à 5,2 millions de tonnes et la production totale de céréales à environ 17 millions de tonnes. La récolte de riz, qui vient d'être rentrée, devrait se monter à 6 millions de tonnes, soit environ 34 pour cent de plus que l'an dernier. Ce niveau est supérieur à la moyenne, du fait d'une forte augmentation des superficies emblavées et des bons rendements.

MAROC (10 novembre)

La préparation du sol a commencé pour les cultures d'hiver, mais les travaux agricoles sont retardés du fait des précipitations inférieures à la normale en septembre/octobre. La production de céréales de 1999 est estimée à 3,8 millions de tonnes, soit environ 42 pour cent de moins que l'an dernier, les conditions météorologiques ayant été défavorables. La production de blé, évaluée environ à 2,1 millions de tonnes, est de 51 pour cent inférieure à celle de l'an dernier, et celle d'orge est en recul de 25 pour cent. Selon les prévisions, les importations de blé en 1999/2000 (juillet/juin) devraient être de 2,8 millions de tonnes et celles de céréales secondaires de 1,6 million de tonnes.

TUNISIE (10 novembre)

Le niveau insuffisant des précipitations, en septembre/octobre, a retardé le démarrage de la nouvelle campagne. Toutefois, début novembre, des pluies abondantes se sont abattues sur la presque totalité du pays, mais surtout dans les régions céréalières du nord. Ceci a permis aux agriculteurs d'achever les labours et de commencer les semis de céréales pour la récolte d'avril/mai prochains. La production de céréales de 1999 (dont 1,4 million de tonnes de blé et 410 000 tonnes d'orge) est maintenant estimée à 1,8 million de tonnes, soit 9 pour cent de plus que l'an dernier. On prévoit pour 1999/2000 (juillet/juin) des importations de céréales, principalement blé et maïs, d'environ 1,5 million de tonnes.

AFRIQUE DE L'OUEST

BÉNIN (10 novembre)

Dans l'ensemble, le pays a bénéficié de précipitations supérieures à la normale, depuis le mois d'août. Les perspectives sont généralement favorables. Toutefois, des pluies torrentielles ont provoqué des inondations, dans de nombreux villages et des milliers de personnes ont été déplacées. Dans les départements d'Atakora et de Borgou, des infestations de chenilles légionnaires ont causé des dégâts au mil, au sorgho et au maïs qui étaient en train de lever. Les disponibilités alimentaires sont satisfaisantes dans le Sud. Les cours restent inférieurs à ceux de 1998, ce qui s'explique principalement par la baisse de la demande des pays du Sahel et par l'augmentation des ventes effectuées par les agriculteurs pour compenser la baisse des recettes tirées du coton.

BURKINA FASO (10 novembre)

Les perspectives de récolte sont favorables grâce aux pluies supérieures à la normale enregistrées depuis le mois de juillet. Les précipitations cumulées sont en général normales ou supérieures à la normale dans le pays, sauf dans l'est et dans l'ouest. L'humidité du sol était en général suffisante pour permettre un bon développement des cultures. Les pâturages sont abondants et de bonne qualité. Dans l'ensemble on ne signale aucune infestation notable de ravageurs. Toutefois, dans plusieurs zones, des méloïdes et divers insectes ont attaqué le mil, le maïs et le riz dans plusieurs zones. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 18 au 22 octobre, a estimé qu'en 1999 la production de céréales devrait atteindre 2 448 164 tonnes (riz en équivalent paddy). Ce résultat est inférieur de 9 pour cent à la récolte exceptionnelle de 1998, mais dépasse de 2 pour cent la moyenne des cinq dernières années. La production de mil et de sorgho a diminué respectivement de 9 et de 8 pour cent alors que la production de maïs et de fonio a progressé respectivement de 10 et de 29 pour cent. La situation globale des disponibilités alimentaires est satisfaisante. Les marchés sont bien approvisionnés et les cours du mil et du sorgho locaux sont bas. Toutefois, certaines couches de la population pourraient être vulnérables, en raison des inondations et des récoltes réduites qui ont suivi.

CAP-VERT (10 novembre)

Depuis le mois d'août, des pluies importantes et bien réparties ont permis un développement satisfaisant des cultures. Les réserves d'humidité du sol sont suffisantes pour les besoins des cultures, dans la plupart des régions. Le maïs et les haricots se développent de manière satisfaisante notamment dans les îles de Fogo et de Brava où l'on prévoit de bonnes récoltes. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, a estimé fin octobre, que la production de céréales devrait s'établir en 1999 au niveau record de 25 745 tonnes, soit environ 5 fois plus qu'en 1998 et 1997 et que la moyenne des cinq dernières années. À la suite de ces résultats exceptionnels, la situation générale des disponibilités alimentaires s'améliorera dans les zones rurales touchées par plusieurs années de mauvaises récoltes. Les marchés sont bien approvisionnés et les stocks, ainsi que les importations et l'aide alimentaire prévues pour l'an 2000, satisferont les besoins.

CÔTE D'IVOIRE (10 novembre)

Des pluies abondantes et régulières ont permis un bon développement des cultures et les perspectives de récolte sont pour l'instant favorables. La situation des disponibilités alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante. Les besoins d'importations de céréales, principalement blé et riz, pour 1999 (janvier/décembre) sont évalués à 640 000 tonnes.

GAMBIE (10 novembre)

Les perspectives de récolte sont bonnes, du fait des conditions satisfaisantes de végétation. Des pluies exceptionnellement fortes, enregistrées surtout en août, ont provoqué d'importantes inondations, surtout dans l'ouest. Les précipitations cumulées sont supérieures à la moyenne et dépassent en général 1 000 mm mais elles sont même parvenues à 1 723,4 mm à Sapu dans le sud de la Division du Fleuve Central. L'état des pâturages est satisfaisant. On ne signale aucune infestation notable de ravageurs. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 18 au 22 octobre a évalué la production de céréales pour 1999, à 137 144 tonnes (riz en équivalent paddy), résultat supérieur de 20 pour cent au niveau de 1998 et de 29 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Dans l'ensemble, la situation des disponibilités alimentaires est satisfaisante. Les marchés sont bien approvisionnés. Les populations vulnérables touchées par les mauvaises récoltes de 1998 ont reçu l'aide alimentaire du PAM (2 671 tonnes de céréales, 400 tonnes de légumineuses et 167 tonnes d'huile).

GHANA (10 novembre)

Les conditions de végétation sont pour l'instant satisfaisantes. Les pluies ont été bien réparties et supérieures à la normale, à partir de la deuxième décade du mois de juin et jusqu'à la mi-septembre, ce qui a favorisé le développement des cultures. Des infestations de chenilles légionnaires, qui représentent une menace pour le mil et le sorgho, ont été signalées dans la région du Haut-Ghana oriental. En septembre, de graves inondations ont dévasté trois zones dans la Région du nord, les principaux cours d'eau étant sorti de leurs lits. De ce fait, quelque 332 000 personnes sont sans abri (300 000 dans la Région du nord, 15 000 dans le Haut-Ghana occidental et 17 000 dans le Haut-Ghana oriental). Les inondations ont détruit les terrains agricoles, les cultures et le cheptel et ont provoqué une épidémie de choléra dans certains villages. Une aide d'urgence, destinée à environ 300 000 victimes est en cours. La situation des disponibilités alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante, sauf dans les zones inondées. Environ 20 000 réfugiés libériens vivent dans le pays et reçoivent une aide alimentaire.

GUINÉE (10 novembre)

Les perspectives de récolte sont dans l'ensemble favorables, du fait des bonnes conditions de végétation. Toutefois, les fortes précipitations du mois de juillet et du mois d'août ont endommagé les cultures. Des milliers de personnes ont été déplacées à Conakry, à cause des inondations. La situation globale des disponibilités alimentaires est satisfaisante (exception faite des personnes déplacées et des réfugiés). Selon le HCR, on compte quelque 366 000 réfugiés dans le pays. Plus de 14 000 ont été récemment éloignés de la frontière libérienne à la suite des combats de la mi-août.

GUINÉE-BISSAU* (10 novembre)

Des pluies abondantes et bien réparties, en septembre et en octobre, ont favorisé le développement des cultures. Les précipitations cumulatives sont supérieures au niveau normal et les réserves d'humidité du sol sont suffisantes pour permettre un bon développement des cultures. Le riz a été repiqué dans les rizières. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 11 au 15 octobre, a évalué la production de céréales de 1999 à 138 666 tonnes (riz en équivalent paddy), soit 6 pour cent de plus que la production de l'année passée. La production reste toutefois inférieure au niveau de 1997/98, préalable à la crise, et aux résultats moyens. La production de céréales secondaires a augmenté, alors que celle de riz a diminué, du fait des inondations et des infestations de ravageurs. La situation des disponibilités alimentaires s'est dans l'ensemble améliorée après le conflit. Toutefois, certains groupes souffrent encore de difficultés d'approvisionnement, notamment dans les zones urbaines. Le rapatriement des réfugiés est en cours. Ils bénéficient, ainsi que les personnes déplacées, d'une aide alimentaire.

LIBÉRIA* (10 novembre)

Les conditions de végétation sont pour le moment favorables, mais la persistance de troubles civils compromet les perspectives de récolte dans certaines zones. En 1999, la saison des pluies a été satisfaisante, les précipitations ayant été en général bien réparties et supérieures à la normale. La production devrait être comparable ou supérieure à celle de l'an dernier, sauf dans le nord où les combats ont éclaté dans le comté de Lofa en août. La production agricole a augmenté dans les comtés de Bong, Bomi, Montserrado et Nimba, contrairement à ce qui s'est produit dans le Maryland, le Sinoe et le Grand Kru où les mauvaises conditions du réseau routier ont rendu difficile l'accès aux exploitations. À l'exception du Comté de Lofa, la paix relative qui s'est installée dans le pays a eu des répercussions positives sur les travaux agricoles. La superficie cultivée devrait être nettement plus étendue qu'en 1998. La production de riz devrait atteindre environ 80 pour cent du niveau atteint avant les hostilités (et le niveau d'avant les hostilités, pour le manioc). La pénurie d'intrants agricoles de base a entravé les activités agricoles mais ce phénomène a été compensé par d'importantes distributions de semences et d'outils et par une aide technique améliorée, fournie dans le cadre de la réinstallation des familles d'agriculteurs. Dans le comté de Lofa, la plupart des 25 000 personnes déplacées (selon les estimations) sont des agriculteurs qui ne pourront pas engranger leur récolte. Plusieurs milliers ont été déplacés de Voinjama et de Kolahum dans le Haut- Lofa vers Tarvey dans le Bas-Lofa. Dans l'ensemble, la situation alimentaire s'est considérablement améliorée en 1999. La production de riz de 1998 représentait en effet 70 pour cent du niveau d'avant le conflit civil (contre 25 pour cent en 1995) et la production de manioc a pratiquement rejoint le niveau atteint avant la guerre (contre 50 pour cent en 1995). Les disponibilités alimentaires, sur les marchés urbains, sont relativement stables et en général les prix sont inférieurs à ceux de 1998. Dans les zones rurales, les disponibilités alimentaires ont continué à être précaires, notamment au cours de la saison des pluies, lorsque les routes sont en mauvaises conditions. Les activités de réinstallation et de relèvement ont permis aux réfugiés et aux personnes déplacées à l'intérieur du pays de rentrer chez eux. Toutefois les programmes humanitaires en faveur du retour des réfugiés libériens et des réfugiés de la Sierra Leone dans leurs pays, ont été interrompus par l'insécurité et le pillage dans le comté de Lofa, où les conditions nutritionnelles et sanitaires des personnes déplacées se sont détériorées. Environ 90 000 réfugiés en provenance de Sierra Leone sont actuellement au Libéria. Le pays est encore fortement tributaire de l'aide alimentaire.

MALI (10 novembre)

A partir du mois d'août, des pluies abondantes et bien réparties, ont favorisé le développement des cultures et ont permis de maintenir une humidité suffisante du sol dans la plupart des zones de production. Des pâturages de bonne qualité sont disponibles dans tout le pays. Des prospections ont constaté la présence de criquets pèlerins isolés dans certaines zones du Timetrine et de l'Adrar des Iforas. Au cours du mois de septembre, des ailés matures et des essaims ont été signalés près d'Aguelhok, de Tessalit et dans la vallée de Tilemsi. Ils devraient se multiplier dans ces régions et il se pourrait bien qu'ils envahissent certaines zones du Tamesna. Dès que la végétation commencera à se dessécher, on assistera probablement à la formation de concentrations et de groupes d'acridiens. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 25 au 29 octobre, a estimé qu'en 1999, la production de céréales devrait atteindre 2 951 633 tonnes (riz en équivalent paddy), soit une augmentation de 17 pour cent par rapport à la récolte exceptionnelle de 1998 et un dépassement de 28 pour cent de la moyenne des cinq dernières années. La production de riz a augmenté respectivement de 13 pour cent et de 41 pour cent par rapport aux résultats de 1998 et à la moyenne des cinq dernières années, alors que la production de céréales secondaires a progressé respectivement de 17 pour cent et de 23 pour cent. Après deux récoltes successives d'un niveau exceptionnel, la situation alimentaire est dans l'ensemble satisfaisante. Les marchés sont bien approvisionnés et les cours des céréales restent faibles. Malgré certaines zones déficitaires aucune aide alimentaire n'est nécessaire.

MAURITANIE (10 novembre)

Les perspectives pour les cultures pluviales et de décrue sont favorables, du fait du niveau élevé des précipitations qui, toutefois, ont submergé les rizières irriguées. Les pluies abondantes, à partir de la mi-août et en septembre, associées à la crue des eaux du fleuve Sénégal, ont entraîné des inondations importantes dans le Brakna, le Gorgol et le Trarza, dans le bassin du fleuve Sénégal. Une mission interinstitutions a été organisée pour évaluer l'impact de ces inondations. L'état des pâturages est satisfaisant. Un petit nombre de criquets pèlerins a été signalé en septembre dans le Brakna à l'ouest de Moudjeria, dans le Tagant près de Tidjikja, dans la région d'Akoukar près d'Aïoun El Atrous et au nord de Nema. Des reproductions d'ampleur limitée ont commencé au début du mois de septembre et devraient certainement se poursuivre dans le Brakna et dans l'Aouker Aïoun, et s'étendre vers le Trarza, vers le nord de l'Assaba et dans les deux Hodhs. Lorsque la végétation commencera à se dessécher, il est probable que les criquets se concentreront pour former de petits groupes. Quelques acridiens pourraient même jtre signalés plus au nord, à Inchiri et à Adrar. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 18 au 22 octobre, a estimé que la production totale de céréales, en 1999/2000, devrait s'établir à 250 900 tonnes (riz en équivalent paddy), un résultat de 28 pour cent supérieur aux 195 444 tonnes récoltées en 1998/99. La situation alimentaire devrait s'améliorer dans les zones rurales à la suite de ces bonnes récoltes, à l'exception toutefois des régions inondées. Les populations touchées reçoivent actuellement des vivres. En septembre, le PAM a aussi commencé à effectuer des distributions destinées aux 161 692 personnes frappées par les mauvaises récoltes de 1998, à Aftout et Affolé.

NIGER (10 novembre)

Les conditions de végétation ont été dans l'ensemble favorables au cours de la saison des pluies. Les précipitations cumulées sont supérieures à la moyenne. L'état des pâturages est satisfaisant sur une bonne partie du territoire. Des infestations de sauteriaux et d'autres insectes sont signalées dans les départements de Diffa, Tahoua, Maradi et Zinder. Il se peut qu'un petit nombre d'ailés soit présent dans le centre du Tamesna et qu'ils s'y reproduisent ainsi qu'à l'ouest de l'Aïr, mais dès que la végétation commencera à se dessécher, leur nombre diminuera. Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 25 au 29 octobre, a évalué la production de céréales de 1999 à 2 832 600 tonnes (riz en équivalent paddy), résultat qui est inférieur d'environ 5 pour cent à la récolte exceptionnelle de 2,98 millions de tonnes de l'an dernier, mais supérieur de 23 pour cent à la moyenne. La production de riz a augmenté d'environ 25 pour cent alors que celle de céréales secondaires a diminué. La situation des disponibilités alimentaires reste dans l'ensemble satisfaisante. Les marchés sont bien approvisionnés et les prix des céréales sont bas car les négociants en grains ont écoulé leur stock avant la récolte.

NIGÉRIA (10 novembre)

La saison des pluies a démarré plus tard qu'à l'ordinaire dans le nord du Nigéria (seulement à la fin du mois de mai). Toutefois, bien que les semis aient été effectués en retard, la production de céréales devrait être normale ou supérieure à la normale, du fait des précipitations bien réparties et abondantes qui ont eu lieu jusqu'à la fin du mois d'octobre. En raison des fortes pluies, trois barrages hydro-électriques ont dû déverser une partie de leurs eaux dans les fleuves Kaduna, Benue et Niger au début du mois d'octobre, ce qui a eu pour effet d'inonder les villages situés sur les rives de ces fleuves et a contraint les populations à se déplacer. Selon les estimations du gouvernement nigérian, 300 000 personnes ont été touchées par les inondations et plusieurs milliers d'hectares ont été submergés dans 5 États (Sokoto, Adamwara, Borno, Kwara et dans presque tout l'État du Niger). La plupart des personnes déplacées, qui ont perdu leurs habitations et les champs qu'elles avaient cultivés, se sont temporairement installées en altitude. Environ 6 000 hectares de plantations de canne à sucre, qui auraient pu fournir environ 25 000 tonnes de sucre ont été inondés dans la région du centre. L'État de Bayelsa au sud-est et les cinq districts du Delta du Niger (dans les municipalités de Patani, Oshimili-sud, Ndokwa-Est, Burutu et Bomadi) ont aussi subi les répercussions des inondations. La situation des disponibilités alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante, exception faite des zones inondées.

SÉNÉGAL (10 novembre)

Grâce aux pluies généralisées et supérieures à la moyenne des mois d'août et septembre, les perspectives de récolte sont dans l'ensemble favorables. Des inondations ont été provoquées par le débordement du fleuve Sénégal, notamment dans la région de Saint-Louis. Les pâturages, qui bénéficient de précipitations régulières depuis juillet, sont abondants dans tout le pays. Par ailleurs, on signale des infestations de sauteriaux et d'autres insectes dans plusieurs régions. L'inondation de vastes zones dans la vallée du fleuve Sénégal permet de prévoir de bonnes cultures de décrue. D'après une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue dans le pays du 25 au 29 octobre, la production céréalière pluviale de 1999 s'établira à environ 962 000 tonnes (riz en équivalent paddy), soit 7 pour cent de plus que la moyenne sur cinq années. La production des cultures de décrue et de contre-saison étant estimée à environ 47 000 tonnes, la production céréalière totale devrait s'établir à 1 009 100 tonnes (riz en équivalent paddy). La situation alimentaire globale est satisfaisante. Les marchés sont bien approvisionnés et les cours du riz sont stables. Les prix des céréales locales sont bas. Cependant, des difficultés d'approvisionnement localisées risquent d'être rencontrées dans les régions inondées de Diourbel, de Kaolack et de Fatick ainsi que dans celles de la vallée du fleuve Sénégal (Dagana, Podor, Matam, Bakel).

SIERRA LEONE* (10 novembre)

En dépit des précipitations réduites enregistrées à la fin du mois de juillet et en août, les conditions de végétation sont en général satisfaisantes depuis le début de la campagne. La sécurité est mieux assurée dans de nombreuses zones rurales, ce qui toutefois risque de n'avoir guère d'incidence sur la production de 1999. Celle-ci devrait rester proche du niveau de l'an dernier malgré les bonnes conditions météorologiques régnant jusqu'à maintenant. L'insécurité qui a touché plusieurs grandes régions au début de la campagne a empêché la livraison des intrants et perturbé les travaux agricoles. Les combats qui ont récemment éclaté dans les villes de Makeni et de Lunsar, au nord, ont interrompu les livraisons de vivres. Après l'accord de paix conclu début juillet, la sécurité s'est améliorée et a permis de mettre en œuvre des opérations d'urgence et des activités de redressement dans le pays. À la suite de la réouverture des principaux axes routiers allant de Freetown à Bo et à Kenema, et de la Guinée voisine à Kambia, des vivres sont distribués. Cependant, leur volume est insuffisant pour couvrir les besoins des nombreux rapatriés et personnes déplacées, notamment dans le nord et dans l'est. D'après les estimations actuelles, on compterait 700 000 personnes déplacées dont l'état nutritionnel serait précaire. Selon une mission interinstitutions d'évaluation des besoins alimentaires qui s'est rendue dans la région de Kailahun, la population totale des villes visitées s'élève à environ 15 000 habitants, dont quelque 3 000 réfugiés originaires de la Sierra Leone qui ont fui le comté de Lofa du fait de la recrudescence de l'insécurité. Même si l'accord de paix est effectivement appliqué, le pays continuera à être fortement tributaire de l'aide alimentaire pendant plusieurs années.

TCHAD (10 novembre)

Les perspectives de récolte sont favorables, les précipitations ayant été supérieures à la normale en août et septembre. Les pâturages sont abondants et pour ce qui est des ravageurs, la situation est dans l'ensemble calme. Selon une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 18 au 22 octobre, la production de céréales devrait atteindre 1 153 294 tonnes (riz en équivalent paddy) en 1999, soit 15 pour cent de moins que le niveau record de 1998, mais 9 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. La situation des disponibilités alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante. Toutefois, les routes étant impraticables après les fortes pluies des derniers mois, l'approvisionnement des marchés a été perturbé. Le prix des céréales a baissé dans les zones rurales, car les producteurs ont vendu leurs stocks avant la nouvelle récolte. Le PAM a distribué 1 337 tonnes de denrées dans les zones déficitaires (Mayo-Kebbi, Tandjilé, Logone occidental et Logone oriental) et 640 tonnes de secours d'urgence aux réfugiés d'Adré, dans l'est du pays.

TOGO (10 novembre)

En raison des pluies généralisées et supérieures à la normale durant la période de végétation, les perspectives de récolte sont favorables. Les réserves du sol en eau sont suffisantes et la situation, en ce qui concerne les ravageurs, reste calme jusqu'à présent. Des inondations ont été signalées dans les régions de Kara, de Plateaux, de Maritime et de Savanes. La zone la plus touchée est celle de Savanes où au moins 1 000 hectares de terres arables ont été inondées, des centaines de maisons et plus de 100 ponts ont été détruits, et 800 kilomètres de routes sont impraticables; en conséquence, des villages sont isolés et 42 000 personnes seraient sinistrées. La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante.

AFRIQUE CENTRALE

CAMEROUN (10 novembre)

Compte tenu des précipitations en général bien réparties et normales ou supérieures à la moyenne, les perspectives de récolte sont favorables. De fortes pluies et le débordement du barrage hydroélectrique de Lagdo ont provoqué des inondations et endommagé certaines infrastructures le long de la rivière Benue dans la province du nord, ce qui a entraîné le déplacement de près de 1 000 personnes. La situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Toutefois, en raison des difficultés rencontrées dans les régions du nord à la suite des récoltes médiocres de 1998, le PAM a distribué 9 500 tonnes de vivres à 660 000 personnes sinistrées dans ces zones.

CONGO, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU* (10 novembre)

Les pluies ont été abondantes et régulières dans tout le pays en septembre et en octobre, sauf dans le sud-est et l'extrême ouest. La situation des approvisionnements alimentaires est très tendue dans la plupart des régions. D'après les estimations récentes de la FAO, plus de 10 millions de personnes sont confrontées à l'insécurité alimentaire, et environ deux millions d'entre elles sont particulièrement éprouvées. Par ailleurs, 150 000 personnes se sont réfugiées dans les pays voisins. Outre 5,1 millions de personnes vivant le long de la ligne de front et 2,5 millions de personnes déplacées hébergées dans des foyers d'accueil, les groupes les plus touchés se composent, d'après le rapport, de 831 000 personnes déplacées, de 844 000 citadins vulnérables et d'environ 300 000 réfugiés actuellement en RDC. De plus, 4,1 millions de personnes vivent dans des zones rurales isolées et sont exposées à l'insécurité alimentaire. La scission du pays depuis le début du conflit a entraîné l'arrêt quasi total de tout commerce intérieur officiel et les déplacements de populations ont gravement perturbé les travaux agricoles. Enfin, la dégradation du pouvoir d'achat national et la pénurie de biens de consommation de base ont exacerbé le problème alimentaire. Une épidémie de choléra a été signalée à Kisangani en septembre. À la suite du déclenchement de conflits ethniques entre factions Wahema et Walendu, des dizaines de milliers de personnes ont fui Bunia, au nord-est du pays, à proximité de la frontière ougandaise. De nombreux villages ont été détruits depuis juillet et de 100 000 à 150 000 personnes ont dû abandonner leur foyer. On signale également des combats dans la province de l'Équateur.

CONGO, RÉPUBLIQUE DU* (10 novembre)

La reprise de la guerre civile entre forces gouvernementales et milices Ninja a perturbé les travaux agricoles et de commercialisation, réduit les importations alimentaires et porté un grave préjudice à l'état nutritionnel de la population et à la situation des approvisionnements alimentaires, notamment à Brazzaville. Près de 800 000 personnes ont été déplacées par les troubles intérieurs. Environ 100 000 d'entre elles se sont rendues à Pointe Noire et 200 000 à Brazzaville tandis que quelque 500 000 personnes sont restées à l'intérieur du pays. De fortes pluies ont provoqué des inondations, touchant quelque 40 000 personnes dans près de 30 villages situés dans la région de Cuvette, au nord. Les organisations humanitaires n'ont toujours pas accès à la région de Pool. Sur les 200 000 personnes déplacées qui, de Pool, ont regagné Brazzaville depuis mai, 14 700, dont plus de 3 300 enfants âgés de moins de cinq ans, souffraient de malnutrition avancée et ont été traitées dans les centres nutritionnels de la ville.

GABON (10 novembre)

Les principales cultures vivrières sont le manioc et les plantains, mais du maïs est également produit (environ 25 000 tonnes). Le pays couvre l'essentiel de ses besoins céréaliers, estimés à environ 82 000 tonnes en 1999, par des importations commerciales. On signale la présence de quelque 10 000 réfugiés ayant fui le Congo-Brazzaville dans des sites temporaires ou à Libreville.

GUINÉE ÉQUATORIALE (10 novembre)

Les précipitations étaient encore inférieures à la moyenne en octobre. Les cultures de base sont la patate douce, le manioc et les plantains.

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (10 novembre)

Après les précipitations réduites de juin et de début juillet, les pluies ont continué en général à être bien réparties et normales ou supérieures à la normale depuis la mi-juillet. Elles ont été particulièrement fortes fin juillet/début août ainsi que fin septembre/début octobre. Les perspectives de récolte sont favorables. La situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante.

AFRIQUE DE L'EST

BURUNDI* (5 novembre)

La dégradation de la sécurité au Burundi résultant de l'escalade de la violence dans les zones rurales a provoqué des déplacements de populations sur une grande échelle et entraîné l'interruption presque totale de l'assistance humanitaire. L'intensification des combats entre forces gouvernementales et rebelles dans plusieurs régions au cours des deux derniers mois, notamment dans la province de Bujumbura Rural, s'est traduite par des pertes civiles, dont deux membres du personnel international des organisations humanitaires des Nations Unies, et par le déplacement de quelque 300 000 personnes que le gouvernement a regroupées dans des camps. Ces nouveaux arrivants viennent s'ajouter aux 500 000 personnes qui, selon les estimations, vivraient déjà dans 300 sites de "regroupement", loin de leur foyer. Selon les rapports, les conditions de vie y sont extrêmement précaires puisqu'il n'y a ni eau salubre, ni abri, ni installations sanitaires. On pense que 821 000 personnes, soit plus de 13 pour cent de la population totale, se trouveraient actuellement dans des camps de regroupement. Les provinces les plus touchées sont celles de Bujumbura, de Bubanza, de Makamba et de Bururi dont 73 pour cent, 60 pour cent, 24 pour cent et 20 pour cent de la population respectivement a été déplacée. Par ailleurs, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de la province de Rutana, qui jusqu'à présent était relativement calme, est passé de quelque 2 000 à plus de 16 000 depuis septembre. La situation alimentaire et sanitaire des populations regroupées suscite de graves inquiétudes. Seul un nombre limité de personnes ont accès à leurs terres alors que la première campagne agricole a déjà commencé. La plupart des personnes regroupées sont entièrement tributaires de l'aide alimentaire d'urgence pour survivre et la suspension de l'aide humanitaire internationale, qui est entrée en vigueur il y a environ trois semaines à la suite du meurtre de membres du personnel des Nations Unies, n'a fait qu'aggraver une situation alimentaire et sanitaire déjà très préoccupante. Si la sécurité n'est pas promptement rétablie afin de permettre la reprise de l'aide humanitaire, les risques de famine deviendront réels pour cette population. Outre l'incidence du déplacement de la population sur la production vivrière, les perspectives de récolte pour la première campagne de 1999/2000 (septembre-janvier) sont également affectées par des conditions météorologiques défavorables. Les semis, qui s'échelonnent normalement de la mi-septembre à la mi-octobre, ont été retardés par le temps sec du mois d'octobre. Dans les principales régions de production - Kirungo au nord, Mosso à l'est et Imbo à l'ouest - les semis ont été de faible ampleur du fait de l'insuffisance des pluies. Dans les régions ayant procédé aux semis à l'époque des premières pluies de la fin septembre - sur les hautes terres du plateau central, par exemple - on signale que les cultures souffrent d'un déficit hydrique. Même s'il pleut davantage dans les semaines à venir, les emblavures et les rendements risquent d'être nettement réduits, ce qui ne fera qu'aggraver les difficultés d'approvisionnement alimentaire au cours de l'an prochain. La récolte réduite de cette campagne fait suite à celle, déjà inférieure à la normale, qui a été rentrée en juillet dernier. La disponibilité des céréales et des légumineuses déjà limitée, qui a entraîné une hausse des prix, devrait donc diminuer au cours des mois à venir. Le temps sec qui règne en ce moment risque également d'avoir une incidence négative sur les semis de la première campagne de 2000, qui débuteront en février prochain; en effet, la récolte des cultures semées tardivement cette année chevauchera les opérations de semis de la prochaine campagne et une pénurie de semences pourrait limiter les emblavures.

ÉRYTHRÉE* (3 novembre)

En raison des pluies normales ou supérieures à la normale enregistrées en septembre et en octobre, les cultures de céréales et de légumineuses de la campagne principale de 1999, dont la récolte à déjà commencé, ont bénéficié de conditions favorables. Cependant, les pluies de printemps (de mars à mai), irrégulières et insuffisantes, et les précipitations de juin, inférieures à la moyenne, ont retardé la préparation du sol et les premiers semis dans certaines régions, ce qui risque d'avoir une incidence négative sur les rendements. Par ailleurs, dans les zones touchées par la guerre avec l'Éthiopie, le pays voisin, on s'attend à ce que la production soit sérieusement réduite en raison des déplacements de populations. D'après les rapports, la plupart des pâturages disposent d'une bonne couverture végétale, ce qui permettra de couvrir les besoins du bétail pendant au moins six mois. La situation acridienne reste calme, mais à l'approche des pluies hivernales dans les zones côtières, le nombre de criquets pèlerins risque d'augmenter dans les plaines en bordure de la mer Rouge. La situation alimentaire est très tendue pour plus de 550 000 personnes touchées par la guerre avec l'Éthiopie. Il est demandé aux donateurs d'appuyer l'opération d'urgence approuvée par la FAO et le PAM en mars de cette année au titre de laquelle une aide alimentaire sera distribuée à 268 000 personnes particulièrement affectées par la guerre. À la fin du mois d'octobre, les annonces de contribution s'élevaient, au total, à 20 000 tonnes, dont 5 000 tonnes déjà livrées.

ÉTHIOPIE* (3 novembre)

Les pluies abondantes enregistrées dans plusieurs régions en septembre et en octobre ont provoqué de graves inondations qui ont fait plusieurs victimes, déplacé un grand nombre de personnes et occasionné de sérieux dégâts aux cultures et aux biens. Le gouvernement apporte actuellement une aide alimentaire et non alimentaire aux zones sinistrées. Dans le reste du pays, la sécheresse antérieure et les précipitations d'octobre, plus fortes que la normale, ont affecté les rendements potentiels des céréales et des légumineuses de la campagne principale "meher" de 1999, en cours de récolte. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires devrait se rendre en Éthiopie à la mi-novembre pour estimer la production "meher" et les besoins d'assistance alimentaire pour 2000. Le gouvernement a récemment revu le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire qu'il avait initialement estimé à 5,3 millions pour le porter à 7 millions; ce chiffre inclut les personnes touchées par la perte de la récolte "belg" et 385 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays en raison de la persistance du conflit avec l'Érythrée. Le 31 mai 1999, la FAO et le PAM ont conjointement approuvé une opération de secours alimentaire d'urgence en faveur de 1,2 million de personnes pour un montant proche de 40,5 millions de dollars E.-U. Au 31 octobre, les contributions s'élevaient à 565 000 tonnes, dont 476 000 tonnes déjà livrées.

KENYA (3 novembre)

La récolte des céréales "de longue saison des pluies" de la campagne principale de 1999 est presque achevée dans les principales zones de production de la vallée du Rift. D'importantes réductions de la production sont signalées dans les provinces de l'est, du centre, de l'ouest et de Nyanza du fait de la sécheresse, de la fourniture insuffisante d'intrants agricoles et de l'infestation de chenilles processionnaires dans certaines zones. Du fait de la sécheresse, les perspectives sont également défavorables en ce qui concerne les céréales "de courte saison des pluies" de 1999/2000 dans les zones à régime bi-modal des provinces de l'ouest, du centre et de l'est, qui seront récoltées en février/mars. D'après les estimations officielles préliminaires, la production de maïs sera d'environ 2,1 millions de tonnes contre 2,44 millions de tonnes l'an dernier et une moyenne de 2,5 millions de tonnes sur les cinq années précédentes. Les stocks céréaliers de l'Office national des céréales et des produits alimentaires (National Cereals and Produce Board, NCPB) étaient inférieurs à 34 000 tonnes à la fin du mois de septembre alors que les besoins de réserve sont fixés à 270 000 tonnes. Le gouvernement prévoit d'obtenir près de 90 000 tonnes au point culminant de la période de récolte en novembre et en décembre, laissant un déficit sensible qui devra être couvert par des importations. La situation des approvisionnements alimentaires est critique dans les districts pastoraux du nord et du nord-est, notamment dans celui de Turkana, où les précipitations durant la campagne de grandes pluies ont été irrégulières et trop faibles pour assurer des réserves d'eau et des pâturages suffisants. De graves pénuries alimentaires sont également signalées dans certaines zones des provinces du centre et de l'est. Le gouvernement a récemment établi des comités de coordination d'urgence et fourni plus de 4 000 tonnes de secours alimentaires aux ménages vulnérables de la province de l'est et aux districts pastoraux. Il sera nécessaire d'apporter une aide alimentaire supplémentaire à la population sinistrée.

OUGANDA (3 novembre)

La sécheresse prolongée qui a touché plusieurs régions a nui aux cultures de la campagne principale de 1999 et entraîné la perte presque totale des récoltes dans certaines zones. On signale qu'environ 700 000 personnes dans 28 districts au moins sont confrontées à de sérieuses pénuries alimentaires. Les comtés les plus touchés sont ceux de Nyabushozi, Kashari et Ibanda dans le district de Mbarara à l'ouest, et ceux de Ruhinda et Ruhaama dans les districts de Bushenyi et de Ntungamo au sud-ouest. Les districts agro-pastoraux de Moroto et de Kotido dans le nord-est connaissent également de graves difficultés, le flux des denrées de base, y compris de l'aide alimentaire, étant réduit en raison de l'insécurité. Une aide alimentaire internationale est distribuée à plus de 400 000 personnes déplacées du fait de la poursuite de l'insurrection dans le nord du pays. Les perspectives concernant la récolte des céréales de la campagne secondaire de 1999, qui débutera à partir de janvier prochain, sont meilleures en raison des précipitations abondantes d'octobre, sauf dans certaines zones des districts de Mbarara, de Rakai et d'Apac.

RWANDA* (5 novembre)

Les semis de la campagne A de 2000, qui se déroulent normalement de la mi-septembre à la mi-octobre, ont été retardés en raison d'une vague de sécheresse prolongée en octobre, notamment dans les régions de l'est et du sud. Le temps sec a également nui aux cultures semées en septembre au moment des premières pluies. Les précipitations abondantes de la première semaine de novembre sont peut-être arrivées trop tard pour éviter la réduction des emblavures et des rendements. Une mission composée du Ministère de l'agriculture et d'organisations internationales est actuellement sur le terrain pour évaluer les perspectives de récolte. En dépit d'une situation des approvisionnements alimentaires relativement stable dans l'ensemble, de graves pénuries alimentaires sont signalées dans la préfecture nord-est de Umutara, notamment dans la commune de Kahi, ainsi que dans certaines zones de Gikongoro, de Kigali-rural, de Byumba et de Butare. Le gouvernement a demandé qu'une aide internationale soit apportée à la population sinistrée.

SOMALIE* (3 novembre)

La situation des approvisionnements alimentaires dans le sud de la Somalie suscite de vives inquiétudes. En effet, la reprise des combats entre clans a perturbé les travaux agricoles et l'aide apportée aux victimes de la guerre et de la sécheresse. On signale une augmentation du nombre des victimes civiles, la destruction de biens et des déplacements de populations sur une grande échelle. On a aussi indiqué qu'un certain nombre de personnes sont mortes de faim. La crise alimentaire est aggravée par l'accroissement des barrages routiers et l'obstruction des pistes d'atterrissage qui entravent le flux des marchandises et des vivres, y compris l'aide alimentaire. Selon les rapports les plus récents, les organisations humanitaires ne peuvent avoir accès à quelque 1,6 million de personnes à Mogadishu, dans le Juba inférieur et moyen ainsi que dans certaines zones de Gedo et de Shabelle inférieur. L'escalade de la violence envers le personnel des organisations humanitaires a contribué à réduire encore le flux et la distribution de l'aide humanitaire. Une mission FAO/PAM qui s'est rendue dans le pays en août dernier indique que la production céréalière de la campagne gu de 1999, estimée à environ 135 683 tonnes, est inférieure de quelque 32 pour cent à la moyenne de l'après-guerre (1993-1998) du fait de précipitations faibles et mal réparties, des infestations non maîtrisées de ravageurs et du déplacement de la population agricole. En raison des précipitations inférieures à la normale enregistrées jusqu'à présent, les perspectives concernant les cultures céréalières de la campagne secondaire "deyr", qui s'échelonnent d'octobre à janvier, dans les principales zones de production au sud de la Somalie, sont peu encourageantes. En supposant que la production céréalière deyr atteigne 70 000 tonnes, moyenne de l'après-guerre, la mission a estimé que le déficit pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (août/juillet) s'élèvera à 310 000 tonnes. Dans le reste de la Somalie, malgré les récentes précipitations qui ont été bénéfiques aux pâturages, la situation alimentaire reste précaire pour une grande partie de la population en raison des effets cumulés de la sécheresse. Dans le nord-est de la Somalie (Puntland), on estime que 50 000 personnes déplacées et vulnérables ont besoin de secours alimentaire d'urgence tandis que dans le nord-ouest du pays (Somaliland), une insécurité alimentaire aiguë touche plus particulièrement les éleveurs appauvris de Sool et Toghdeer qui pratiquent le pastoralisme - soit de 40 000 à 60 000 personnes. Selon la mission, les besoins d'aide alimentaire pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (août/juillet) s'élèveront, au total, à environ 70 000 tonnes. Toutefois, en raison de l'escalade récente de la guerre civile et de l'incertitude de la campagne "deyr", le besoin d'aide alimentaire ne peut qu'augmenter. Lorsque les conditions le permettent, les organisations de secours fournissent une aide d'urgence, mais des fonds supplémentaires sont nécessaires pour couvrir les besoins alimentaires jusqu'à, espère-t-on, la prochaine campagne principale en août 2000. Le PAM a distribué près de 2 200 tonnes de vivres durant le mois de septembre, principalement dans le sud de la Somalie, portant ainsi le total des secours alimentaires fournis entre janvier et septembre 1999 à 16 870 tonnes. En début d'année, l'Organisation des Nations Unies a lancé un appel interinstitutions commun en faveur de la Somalie, pour un montant total de 64 millions de dollars E.-U.; à la mi-octobre, les contributions des donateurs s'élevaient à environ 35 millions de dollars E.-U., soit 55 pour cent du montant prévu. Le processus d'appel global pour 2000, d'un montant égal à 50,6 millions de dollars E.-U., vient d'être initié. Il est demandé instamment à la communauté des donateurs internationaux d'annoncer des contributions plus généreuses afin d'éviter que la population, de plus en plus désespérée, ne meure de faim.

SOUDAN* (3 novembre)

Selon une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires qui s'est récemment rendue dans le sud du Soudan, la production céréalière devrait dans l'ensemble augmenter dans le secteur traditionnel par rapport à l'an dernier. Cette augmentation est due à une plus grande sécurité, à des précipitations bien réparties et à l'absence d'infestations majeures de ravageurs. On observe toutefois une forte diminution de la production de sorgho et le secteur mécanisé se tourne de plus en plus vers les cultures de rapport, sésame principalement, suite à la récolte record de sorgho enregistrée l'an dernier et à la faiblesse des prix en résultant. Des pertes localisées de culture ont également été signalées dans certaines régions, notamment dans les Etats de Bahr el Ghazal et de Unity, dans le nord du pays. Dans le centre et le nord du Soudan, la récolte des cultures céréalières de la campagne principale de 1999 est en cours. En dépit de graves inondations qui ont provoqué de sérieux dégâts aux cultures et aux biens, les perspectives de récolte sont favorables. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires doit se rendre dans les régions du nord à partir de la fin novembre pour estimer la production céréalière de la campagne principale de 1999 ainsi que les besoins globaux d'importations/exportations commerciales et d'aide alimentaire pour 2000. Compte tenu des perspectives de récolte et du niveau élevé des stocks de report, les cours du sorgho restent très bas. En juillet, le PAM a livré environ 8 200 tonnes d'aide alimentaire aux régions du sud, soit une augmentation de 38 pour cent par rapport aux livraisons de juin, l'objectif final ayant été fixé à 9 500 tonnes.

TANZANIE (5 novembre)

Les semis des cultures céréalières de la campagne principale de 2000 dans les régions à régime unimodal du centre et du sud, ainsi que ceux des cultures à cycle court ("vuli") de 1999/2000 dans les zones à régime bimodal du nord, sont en cours. En général, les précipitations d'octobre, inférieures à la normale, ont entraîné un déficit hydrique, notamment pour les cultures en cours de croissance. Les cultures céréalières de 1999 - maïs principalement - sont estimées à 3,8 millions de tonnes, soit environ 11 pour cent de moins que la production de l'an dernier. Ce recul est imputable à l'irrégularité des pluies, à l'utilisation réduite d'intrants et à une invasion de chenilles processionnaires. En revanche, la production des autres cultures vivrières (haricots, pommes de terre, manioc et plantains), qui s'élève à 3,3 millions de tonnes, a augmenté de presque 13 pour cent. En raison du fléchissement de la production, on estime à l'heure actuelle que le déficit céréalier en 1999/2000 se montera à près de 190 000 tonnes. Ce déficit devrait être couvert par des importations commerciales qui compléteront les produits non céréaliers consommés en remplacement. Une aide alimentaire est cependant nécessaire pour près de 1,2 million de personnes, notamment dans les régions de Dodoma, Mara, Shinyanga, Singida, Tabora, Tanga et le sud de Mwanza, qui ont toutes engrangé des récoltes médiocres pour la troisième année consécutive. Le PAM a étendu l'opération d'urgence qu'elle mène actuellement dans le pays à certaines régions du centre, des lacs et de la côte jusqu'à fin 1999. Les cours des produits alimentaires ont baissé sur la plupart des marchés en raison de la plus grande disponibilité de certaines denrées, haricots et pommes de terre notamment. >

AFRIQUE AUSTRALE

AFRIQUE DU SUD (13 novembre)

La récolte de blé de 1999 est en cours. Les perspectives sont peu encourageantes. Selon les prévisions les plus récentes, la production s'établira à 1,58 million de tonnes, soit un recul de 7 pour cent par rapport au chiffre révisé de l'an dernier et un volume inférieur à la moyenne. Ce recul s'explique principalement par la réduction des semis. Les semis des céréales secondaires de 1999/2000 ont commencé. Il faut qu'il pleuve davantage pour compenser l'irrégularité des précipitations enregistrées fin octobre/début novembre. D'après les dernières estimations, la production de maïs de 1999 atteint 7,4 millions de tonnes. Ce chiffre est quasi identique à celui de 1998 mais bien inférieur à la moyenne des cinq dernières années. La production a souffert des précipitations excessives qui sont tombées en début de campagne, puis d'une vague de sécheresse prolongée. Après deux récoltes réduites consécutives, les excédents exportables de maïs pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) ont sensiblement diminué.

ANGOLA* (5 novembre)

Les avancées des forces gouvernementales sur les rebelles, au centre et dans le nord du pays, ont provoqué, par vagues, des déplacements de populations fuyant les combats. Les semis des cultures céréalières de 1999/2000 sont en cours et les perspectives sont incertaines. En effet, l'insécurité persistante et les mouvements constants de populations, combinés au temps sec d'octobre dans les régions du centre et du sud, ont entravé les travaux agricoles. La situation des approvisionnements alimentaires reste très préoccupante. On continue à signaler de graves problèmes de nutrition parmi les populations déplacées dans plusieurs régions, telles que Kuito, Huambo et Malange. Le gouvernement a repris le contrôle de Bailundo et d'Andulo, mais l'insécurité et les mines antipersonnel empêchent toujours le personnel des organisations humanitaires d'avoir accès à ces villes et à celles précédemment assiégées, qui demeurent aussi coupées des flux commerciaux. Les cours des denrées alimentaires ont sensiblement augmenté dans les capitales des provinces, ce qui aggrave les difficultés alimentaires de leurs habitants. Le gouvernement a lancé un programme visant à réaffecter deux millions de personnes déplacées dans des zones agricoles et a demandé une aide internationale pour le mener à bien.

BOTSWANA (3 novembre)

Les pluies normales d'octobre dans les zones de production du sud ont favorisé la préparation du sol pour les semis des céréales secondaires - sorgho principalement - qui vont démarrer prochainement. Il faut cependant qu'il pleuve davantage pour compenser l'irrégularité des précipitations dans plusieurs régions. La production de céréales secondaires de 1999 est ivaluée à 19 000 tonnes, soit presque deux fois plus que le niveau très médiocre de l'an dernier, mais moitié moins que la moyenne des cinq dernières années. Cette production a souffert des effets d'une vague de sécheresse prolongée. Toutefois, les besoins nationaux de consommation sont essentiellement couverts par des importations. Les besoins d'importations céréalières pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) sont évalués à 250 000 tonnes, dont 185 000 tonnes de céréales secondaires et 65 000 tonnes de blé. Toutes ces importations seront commerciales.

LESOTHO (3 novembre)

La moisson du blé de 1999 a commencé et les perspectives s'annoncent bonnes. Cependant, la production de 30 000 tonnes qui avait été prévue ne sera probablement pas atteinte, la vague de sécheresse en début de campagne risquant d'avoir réduit les semis et les rendements. Les pluies abondantes de la troisième décade de septembre ont permis de préparer le sol en vue des semis des céréales secondaires de 1999/2000. Toutefois, l'irrégularité des précipitations en octobre a retardé les semis dans certaines zones. Il faut qu'il pleuve davantage pour éviter la réduction des emblavures. La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. La production des céréales secondaires de 1999, qui s'établit à 182 000 tonnes, a augmenté de 21 pour cent par rapport à la récolte réduite de l'an dernier. La production de maïs cependant couvre moins de la moitié des besoins de consommation nationaux et l'on estime donc qu'il sera nécessaire d'en importer 155 000 tonnes pour la campagne de commercialisation 1999/2000. L'essentiel de ces importations se fera par voie commerciale.

MADAGASCAR (3 novembre)

Les semis de riz et de maïs de 1999/2000 sont sur le point de commencer. Compte tenu des pluies normales du mois dernier, l'humidité du sol est satisfaisante. D'après les rapports officiels, des essaims de criquets migrateurs se forment actuellement dans les régions du centre et du sud-ouest. Les pontes devraient coïncider avec le commencement de la saison des pluies et la FAO surveillera de près la situation dans les mois à venir. D'après les estimations, la récolte de riz de 1999, rentrée jusqu'en juin, atteindrait le niveau satisfaisant de 2,6 millions de tonnes, soit une augmentation de 8 pour cent par rapport aux rendements réduits de l'an dernier. Des précipitations abondantes, associées à l'absence de ravageurs et de cyclones, ont eu un effet bénéfique sur la production rizicole cette année. Du fait de la bonne récolte de riz, la situation globale des approvisionnements alimentaires est stable et s'est nettement améliorée dans les régions vulnérables du sud.

MALAWI (3 novembre)

Les conditions météorologiques normales d'octobre ont favorisé la préparation des terres en vue des semis de maïs de 1999/2000 qui vont prochainement commencer. Le gouvernement distribue en ce moment des intrants agricoles, ce qui avait permis, l'an dernier, de stimuler la production. La production de maïs de 1999 a sensiblement augmenté par rapport à l'an dernier. D'après les dernières estimations officielles, celle-ci atteint le niveau record de 2,5 millions de tonnes, ce qui a permis de nettement améliorer la situation des approvisionnements alimentaires. Les marchés sont bien approvisionnés et les prix réels du maïs sont inférieurs à ce qu'ils étaient il y a un an. Après avoir reconstitué la Réserve céréalière de sécurité, le pays dispose d'un excédent exportable pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) qui est estimé à 400 000 tonnes.

MOZAMBIQUE (3 novembre)

Les semis des cultures céréalières secondaires de 1999/2000 ont démarré après les précipitations normales d'octobre. La production céréalière de 1999, établie à 1,7 million de tonnes, est en augmentation pour la cinquième année consécutive. Les excédents de maïs exportables pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) sont estimés à 150 000 tonnes. Les besoins d'importations de blé et de riz, qui devraient être essentiellement couverts par des opérations commerciales, seront de 175 000 tonnes et de 150 000 tonnes respectivement. Du fait de la récolte exceptionnelle de cette année, la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante et les marchés sont bien approvisionnés. Dans les régions ayant enregistré des pertes de récolte dues aux inondations en début de campagne, une seconde récolte a pu être obtenue après la décrue et la sécurité alimentaire s'est améliorée. On signale par ailleurs que l'état des pâturages et du bétail est satisfaisant dans l'ensemble du pays.

NAMIBIE (3 novembre)

La préparation des terres pour les semis des cultures de 1999/2000 a débuté dans les régions du nord. Les conditions météorologiques sont normales jusqu'à présent. Selon les estimations, la récolte de blé, récemment engrangée, atteint le niveau moyen de 5 000 tonnes. La production de céréales secondaires de 1999 devrait être de 70 000 tonnes, chiffre nettement supérieur à l'an dernier mais inférieur à la moyenne. La situation des approvisionnements alimentaires est cependant stable en raison de la capacité d'importation du pays. Les besoins d'importations de céréales pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) sont estimés à 126 000 tonnes.

SWAZILAND (3 novembre)

Les pluies abondantes de la troisième décade de septembre ont permis de préparer le sol pour les semis de maïs de 1999/2000, mais le temps sec qui a régné en octobre a retardé les travaux agricoles. Il est impératif qu'il pleuve davantage pour éviter une réduction des emblavures. La situation des approvisionnements alimentaires est stable. La production de maïs de 1999 est évaluée à 113 000 tonnes, volume moyen mais nettement inférieur à la récolte exceptionnelle de l'an dernier. Malgré un accroissement des emblavures, des précipitations excessives suivies d'une vague de sécheresse ont en effet nui aux cultures. Les besoins d'importation de maïs pour la campagne de commercialisation 1999/2000 sont estimés à 24 000 tonnes. Par ailleurs, le pays a un déficit structurel en blé et en riz s'élevant à 48 000 tonnes. Selon les prévisions, toutes les importations seront commerciales.

ZAMBIE (4 novembre)

La récolte de blé irrigué de 1999 est presque terminée. En raison de l'accroissement des emblavures, la production, estimée à 99 000 tonnes, a nettement augmenté par rapport à celle de l'an dernier qui était de 71 000 tonnes. Les semis de maïs de 1999/2000 ont démarré. On signale que la disponibilité d'intrants agricoles - semences et engrais principalement - est satisfaisante. La production de maïs de 1999 est évaluée à 856 000 tonnes. Ce chiffre marque une nette reprise par rapport à la récolte médiocre de l'an dernier mais il reste inférieur à la moyenne. Selon les estimations, les besoins d'importations pour la campagne de commercialisation 1999/2000, qui seront couverts par voie commerciale, se chiffreront à 370 000 tonnes. La situation des approvisionnements alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante à cette époque de l'année. Les marchés sont bien approvisionnés en maïs et autres denrées de base telles que les patates douces et les pommes de terre. Les cours du maïs ont commencé à augmenter en septembre, comme de saison, mais sont restés relativement bas.

ZIMBABWE* (3 novembre)

La récolte de maïs de 1999 est bien avancée. En raison de l'accroissement des emblavures, les estimations officielles prévoient une production record de 320 000 tonnes, ce qui est nettement supérieur au chiffre de l'an dernier. Cependant, les précipitations généralisées, inhabituelles pour la saison, qui ont été enregistrées au cours de la dernière semaine d'octobre ont perturbé la récolte. La persistance des pluies risquent d'entraîner des pertes de récolte et de qualité. Selon les perspectives de production, les besoins d'importation pour l'an prochain ne concerneront que du blé, en quantité limitée, pour accroître la qualité de la farine. Les précipitations de la fin octobre ont amélioré la condition des terres pour les semis des céréales secondaires de 1999/2000 - maïs principalement - et ont été bénéfiques aux cultures précoces. La production de maïs de 1999 est estimée à 1,52 million de tonnes, chiffre supérieur à la récolte réduite de l'an dernier, mais nettement inférieur à la moyenne. Les pluies excessives enregistrées pendant la campagne ont réduit les rendements. Selon les estimations, les importations de maïs pour l'année de commercialisation 1999/2000 (avril/mars) se chiffreront à 450 000 tonnes et seront essentiellement commerciales. On a signalé qu'à la fin du mois d'octobre, les importations commerciales atteignaient 200 000 tonnes. La situation des approvisionnements alimentaires est tendue dans les régions ayant engrangé une récolte médiocre, et dans les zones urbaines touchées par une forte augmentation des prix alimentaires et par un niveau record d'inflation. >

ASIE

AFGHANISTAN* (3 novembre)

La préparation de la terre pour les céréales d'hiver de 1999/2000 a commencé. L'intensification des combats pourrait freiner les semis dans les provinces du nord. Dans la mesure où les huit provinces septentrionales forment ensemble environ 40 pour cent des zones céréalières irriguées et 53 pour cent des zones pluviales du pays, on prévoit une baisse de la production pour 1999/2000, si les conditions de sécurité ne s'améliorent pas. De récents rapports indiquent que plus de 100 000 personnes ont été déplacées du fait de la recrudescence récente des combats entre factions dans les plaines de Shomali. Plus de 60 000 personnes seraient arrivées dans la capitale depuis le 5 août. La mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires qui s'est rendue dans le pays en mai/juin derniers a estimé la production céréalière totale de 1999 à 3,24 millions de tonnes (riz en équivalent paddy), soit environ 16 pour cent de moins que la récolte exceptionnelle de 3,86 millions de tonnes de l'année précédente. Ce recul est dû au faible niveau des précipitations et à une invasion de ravageurs. La situation alimentaire est critique pour la population déplacée. En 1999, une aide alimentaire a été distribuée à plus de 60 000 ménages vulnérables vivant dans les régions montagneuses du centre et à quelque 8 000 ménages dans la province du Badakhshan, au nord-est. Cette aide est distribuée aux groupes vulnérables par le biais des boulangeries dans les villes, des programmes d'alimentation en institution (hôpitaux, orphelinats et centres de santé) et par celui des activités vivres-contre-travail. On estime l'ensemble des céréales qui devront être importées pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) au chiffre record de 1,1 million de tonnes, constitué pour plus de 95 pour cent par du blé. Les importations céréalières commerciales pour 1999/2000 sont estimées à 800 000 tonnes, soit environ un tiers de plus que l'année dernière; cette hausse s'explique par l'accroissement de l'activité du secteur privé, la production de cultures commerciales et l'importance des échanges transfrontaliers. Les livraisons au titre de l'aide alimentaire d'urgence (y compris vivres-contre-travail et vivres-contre-semences), estimées à 97 000 tonnes, sont déjà dans la filière. Il reste donc un déficit de 226 000 tonnes.

ARABIE SAOUDITE (4 novembre)

Les semis du blé qui sera récolté l'an prochain en avril/mai se déroulent en ce moment. Selon les estimations, la production de blé devrait atteindre 1,5 million de tonnes en 1999, soit environ 17 pour cent de moins que l'année dernière. Il y a probablement, près de Jizan, un petit nombre de criquets pèlerins ailés, qui pourrait augmenter progressivement par suite des récentes précipitations. On prévoit actuellement pour 1999/2000 (juillet/juin) des importations de céréales d'environ 6,9 millions de tonnes, comme l'année dernière.

ARMÉNIE* (3 novembre)

Selon les prévisions, la production céréalière de 1999 devrait tomber à 270 000 tonnes, contre 326 000 tonnes en 1998. La superficie ensemencée en blé d'hiver a diminué considérablement, en raison notamment de la concurrence exercée par les importations de céréales russes meilleur marché, au lendemain de la dévaluation du rouble en 1998, et des précipitations qui ont été inférieures à la normale en automne et en hiver. L'augmentation des semis de printemps n'a pas permis de compenser la réduction des superficies ensemencées en céréales d'hiver et les conditions météorologiques qui ont prévalu au printemps n'ont pas été favorables dans certaines régions. En 1999/2000, le volume des importations céréalières nécessaires devrait se monter à près de 400 000 tonnes. Pour répondre aux besoins, des aides alimentaires d'environ 73 000 tonnes ont été annoncées. Le solde devrait être importé commercialement. Compte tenu, toutefois, de la médiocrité des récoltes en Iran et en Turquie, il pourrait s'avérer plus difficile (et coûteux) d'acheter du blé dans les pays voisins. Le pays a réalisé une croissance économique positive en 1998, en dépit de la crise financière russe, qui a eu pour effet de réduire les exportations, les possibilités d'emploi des expatriés et les envois de fonds en provenance de l'étranger. La réforme agraire a donné lieu à l'apparition d'un grand nombre de petites exploitations privées, dont la productivité est faible et qui ont le plus grand mal à commercialiser leurs produits au-delà des marchés ruraux. La production intérieure et les importations couvrent les besoins alimentaires du pays, et il semble que la consommation par habitant reprenne lentement par rapport aux bas niveaux du début des années 90. Cependant, le pouvoir d'achat des ménages reste faible et pour près de la moitié de la population, les revenus se situent selon les sources officielles au niveau ou au-dessous du seuil de pauvreté. Une augmentation des cours du blé frappera particulièrement ce groupe. Au total, 170 000 personnes vulnérables recevront une aide alimentaire du PAM. Celui-ci continuera de fournir une aide alimentaire à 110 000 réfugiés et aux personnes les plus vulnérables. L'assistance sera également centrée sur les activités vivres-contre-travail axées sur les communautés, en faveur de 60 000 personnes vulnérables en mesure de travailler, qui contribuent au développement économique et social. Ce programme d'une durée de trois ans sera examiné chaque année.

AZERBAÏDJAN (3 novembre)

En raison de la concurrence exercée par l'importation des céréales russes, rendues bon marché par la dévaluation du rouble à la fin de l'année 1998, les semis des céréales d'hiver pour la récolte de 1999 ont été inférieurs à la moyenne, mais une plus grande superficie a été consacrée aux fruits et légumes. Un automne sec et la persistance des problèmes économiques dans les exploitations agricoles ont aggravé la diminution de la superficie ensemencée en céréales. En conséquence, la récolte céréalière pour 1999 pourrait accuser une baisse allant jusqu'à 16 pour cent, pour tomber à environ 900 000 tonnes. La collecte des données officielles tend à sous-estimer la production d'environ 20 pour cent. Au niveau des ménages, la baisse de la production céréalière est compensée par une forte augmentation de la production de pommes de terre et par la progression des productions animales. La privatisation de la terre se poursuit mais l'accès au crédit reste un problème majeur pour les agriculteurs nouvellement établis. Il est difficile de déterminer le niveau réel des céréales (et des autres importations alimentaires) car des quantités considérables sont importées via le Daghestan. Selon certaines indications, les importations céréalières annuelles ont été de l'ordre de 550 000 à 600 000 tonnes par an au cours des dernières années. Il pourrait être nécessaire de les porter à près de 700 000 tonnes en 1999/2000, afin de compenser la baisse de production. La plus grande partie des besoins sera couverte par des importations commerciales; pour autant, les groupes vulnérables, notamment les réfugiés, auront encore besoin d'une aide alimentaire ciblée. Le PAM poursuit son soutien aux 485 000 bénéficiaires par le biais de l'intervention prolongée de secours et de redressement qui a fait suite, en juillet 1999, à une opération d'urgence. Cette intervention couvre une période de trois ans et porte sur un total de 47 880 tonnes d'aide alimentaire. Le programme en cours apporte une aide supplémentaire aux personnes déplacées et des secours aux groupes socialement vulnérables, prévoit la réinstallation des réfugiés/rapatriés et le redressement dans le cadre d'initiatives "vivres-contre-travail" et "vivres-contre-formation".

BANGLADESH (2 novembre)

Malgré quelques inondations en septembre, localisées dans les régions du nord et du centre, les pluies de mousson ont été jusqu'à présent normales/supérieures à la normale et généralement propices au développement du riz Aman de la campagne principale, dont la récolte se déroule actuellement. Pendant la période allant du 1er juin au 11 octobre, sur les 13 stations d'observation pluviométrique suivies, aucune n'a enregistré de précipitations inférieures à la normale, alors que c'était le cas pour deux d'entre elles en 1998. Dans l'ensemble, l'objectif de production pour 1999/2000 est de 9,5 millions de tonnes, et celui des récoltes de riz Aus et Boro, respectivement de 1,8 et 9,2 millions de tonnes. L'ensemble de la production de riz usiné devrait donc atteindre en principe 20,5 millions de tonnes. Toutefois, les résultats effectifs dépendront des conditions météorologiques de l'année prochaine et des livraisons d'intrants agricoles. Par ailleurs, l'objectif de production pour la récolte de blé de l'an prochain a été fixé à 1,9 million de tonnes, ce qui correspond à la production de 1999. Les importations de riz pour 1999 (année civile) sont estimées à 1,8 million de tonnes. La situation des disponibilités alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante. Les stocks gouvernementaux s'établissaient à la fin septembre à environ 1,4 million de tonnes, dont 830 000 tonnes de riz et 561 000 tonnes de blé.

CAMBODGE (4 novembre)

Les pluies torrentielles ont provoqué fin octobre/début novembre des inondations généralisées, principalement autour de la capitale Phnom Penh, le niveau des précipitations enregistré atteignant 150 mm au lieu de 30 mm pendant les années normales. Les zones les plus touchées se situent autour de Pursat, Battambang, Kg.Speu, Takeo et Kandal. Bien que des milliers de gens aient dû abandonner leur foyer, on n'a signalé jusqu'à présent aucun blessé grave. Les dégâts infligés au riz de la campagne principale, qui doit être récolté sous peu, n'ont pas encore été totalement évalués. Toutefois, selon des sources non confirmées, environ 2 000 hectares auraient été touchés. Les risques de nouvelles précipitations et inondations demeurent relativement élevés. Cependant, la situation alimentaire demeure dans l'ensemble satisfaisante, en raison d'une bonne première récolte de riz et de perspectives globalement favorables pour la campagne principale de la saison humide, qui doit se dérouler à partir de janvier. Le riz représente environ 84 pour cent de la production vivrière annuelle et il occupe quelque 90 pour cent de la superficie cultivée, principalement dans le delta et le bassin du Mékong, et dans la plaine de Tonle Sap. La production a augmenté ces dernières années, après la fin des hostilités. La production globale de paddy s'est montée en 1998/99 à environ 3,52 millions de tonnes, soit 3 pour cent de plus qu'en 1997/98 et 19 pour cent de plus que la moyenne sur cinq ans. L'objectif pour 1999/00 se situe entre 3,5 et 4 millions de tonnes. Avant les récentes inondations, on prévoyait une bonne récolte de riz pour la saison des pluies, ce qui laissait envisager pour certaines régions l'éventualité d'un excédent exportable. Si la situation des approvisionnements alimentaires reste dans l'ensemble satisfaisante, une partie non négligeable de la population demeure vulnérable aux pénuries alimentaires, et cette situation pourrait être aggravée cette année par les récentes inondations. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a estimé précédemment que, pour couvrir les besoins des plus vulnérables, une aide alimentaire d'environ 40 000 tonnes de riz (fournie par le biais d'une intervention prolongée de secours et de redressement) serait nécessaire, en plus de quantités variables de poisson et d'huile végétale.

CHINE (2 novembre)

Un temps sec de saison a favorisé la récolte des cultures d'été et les semis du blé d'hiver. Dans plusieurs provinces du nord, la production de maïs a souffert, par la suite, de l'arrivée précoce d'un temps frais, auquel ont succédé la sécheresse et des températures élevées. Cette année, même si la superficie ensemencée a été similaire à celle de l'an dernier, les conditions de végétation se sont dégradées et la production devrait être inférieure à celle de 1998. Les précipitations abondantes et supérieures à la normale enregistrées en octobre dans les principales régions de production du nord-est et du nord-ouest, ont permis de reconstituer les niveaux d'humidité du sol et, d'une manière générale, ont été propices aux semis du blé d'hiver, désormais pratiquement achevés. Néanmoins, les pluies n'ont pas atténué les effets de la sécheresse antérieure dans les provinces septentrionales de Hebei, Shanxi, Shaanxi et Ningxia, ce qui pourrait avoir un effet quelque peu préjudiciable sur la récolte d'hiver. Le blé d'hiver représente plus de 80 pour cent de la production totale de blé. Dans l'ensemble, en raison d'une récolte d'automne moins importante, les autorités prévoient pour 1999 une production céréalière inférieure aux 490 millions de tonnes (y compris les racines et les tubercules) produites l'an dernier. Selon les estimations officielles, durant les neuf premiers mois de 1999, quelque 2,11 millions de tonnes de maïs ont été exportées, soit 40 pour cent de moins qu'au cours de la même période en 1998.

CHYPRE (3 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge pour 2000 sont en cours. La production globale de blé et d'orge en 1999 est estimée à 106 000 tonnes, ce qui représente une hausse d'environ 63 pour cent par rapport à la production limitée de l'année dernière, mais une baisse de 6 pour cent par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. On prévoit en 1999/2000 (mai/avril) des importations de blé de 100 000 tonnes, et des importations globales d'orge et de maïs de quelque 540 000 tonnes, comme l'an dernier.

CORÉE, RÉPUBLIQUE DE (2 novembre)

Les pluies tardives d'octobre ont quelque peu affecté la récolte du riz. Selon les estimations officielles, la production de riz pour 1999 s'établit aux alentours de 5,2 millions de tonnes, ce qui la situe dans la moyenne et un peu au-dessus de celle de l'année précédente. Cette année, les dégâts causés par les fortes pluies et les typhons qui sévissent depuis la saison de la mousson de juillet ont été préjudiciables à la production. Les typhons Anne et Bart, en particulier, ont considérablement endommagé les récoltes dans les provinces du sud-est, à la fin septembre. Les achats de riz prévus en 1999 s'élèvent à un million de tonnes.

CORÉE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (3 novembre)

Selon les observations de la mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue dans le pays du 9 au 19 octobre, les disponibilités alimentaires demeureront précaires durant les 12 prochains mois, en dépit d'une augmentation de la production de riz cette année. Le progrès enregistré dans la production du riz s'explique principalement par l'utilisation accrue d'engrais, le niveau satisfaisant des réserves d'irrigation et l'absence d'attaques graves de ravageurs et de maladies. Si les quantités d'engrais disponibles (NPK) ont quasiment doublé cette année par rapport à 1998, pour s'établir aux alentours de 199 000 tonnes (équivalent nutriment), elles ont couvert moins du tiers de ce qui aurait été nécessaire pour obtenir des rendements optimaux et maintenir la productivité de départ des sols. En outre, compte tenu de l'important épuisement des sols dû au fait qu'on extrait plus d'éléments nutritifs qu'on n'en remplace, et de la place croissante prise par système de la double récolte en vue du renforcement de la sécurité alimentaire, les besoins en engrais vont probablement s'accroître considérablement. Les gains enregistrés dans la production rizicole, toutefois, ont été largement annulés par la baisse de la production de maïs. En effet, la zone cultivée a diminué brutalement sous les effets conjugués de plusieurs facteurs: le rôle de substitution joué par la pomme de terre et la priorité plus grande qui lui a été accordée sur le plan national, la réduction des cultures de maïs sur les pentes des collines afin de freiner la dégradation, et la présence d'une période de sécheresse prolongée durant les phases essentielles du cycle des cultures. En 1999, les conditions météorologiques ont été instables. Après un lent démarrage, les pluies tombées de mai à juillet, au cours des phases importantes du développement du maïs ont été très en dessous de la normale, ce qui a eu de graves répercussions sur les rendements. Dans l'ensemble, la production du paddy est donc établie à 2,34 millions de tonnes, soit environ 14 pour cent ou 280 000 tonnes de plus que la production évaluée en 1998. On estime, en revanche, que la production de maïs a baissé de près de 30 pour cent, selon les estimations de la FAO et du PAM, passant de 1,76 million de tonnes en 1998 à 1,24 million de tonnes. Outre le riz et le maïs, les perspectives concernant les disponibilités alimentaires en 1999/2000 seront également largement tributaires l'an prochain de la production de pommes de terre, ainsi que d'orge et de blé à double récolte. Même s'il ne s'agit pour l'instant que de prévisions préliminaires, basées sur les zones cibles, la production de ces cultures devrait se monter à 1,813 million de tonnes de pommes de terre (453 000 tonnes en équivalent céréales) et 241 000 tonnes de blé et d'orge. En équivalent céréales, y compris le riz usiné et les autres céréales secondaires comme le sorgho et le mil, l'ensemble des disponibilités céréalières du pays pour la prochaine année de commercialisation devrait atteindre 3,472 millions de tonnes. En s'appuyant sur les chiffres révisés de la population fournis par le Gouvernement, on prévoit pour 1999/2000 que la demande céréalière destinée à l'alimentation et aux autres utilisations sera de 4,76 millions de tonnes. Ceci laisse un déficit d'environ 1,29 millions de tonnes, dont le Gouvernement devrait importer commercialement 300 000 tonnes, 126 000 tonnes étant comblées par l'aide alimentaire déjà dans la filière. Compte tenu de ces chiffres, les besoins d'importation non couverts sont donc estimés à 867 000 tonnes et le pays continue d'avoir besoin d'aide. En outre, malgré la contribution non négligeable fournie l'an dernier pour redresser l'agriculture, il faudra une aide bien plus considérable pour assurer la sécurité alimentaire. En particulier, les contributions au Programme pour le redressement de l'agriculture et la protection de l'environnement (AREP), préparé conjointement par le Gouvernement et l'ONU, se sont jusqu'à présent avérées décevantes et devront être accrues.

GÉORGIE* (3 novembre)

Contrairement à ce qu'annonçaient les premiers rapports, le pays a récolté 280 000 tonnes de blé, soit quelque 80 000 tonnes de plus qu'en 1998, et devrait récolter environ 550 000 tonnes de maïs. La récolte céréalière globale de 1999 (qui comprend également l'orge, l'avoine, les légumes secs, etc.) est ainsi estimée à 880 000 tonnes, soit 10 pour cent de plus que celle de 1998. Les renseignements concernant l'utilisation annuelle des céréales sont contradictoires. L'existence dans le pays de flux parallèles de céréales (en particulier blé et farine) assez importants, et les livraisons vers des pays voisins rendent l'analyse difficile. Les estimations relatives à l'utilisation du blé s'échelonnent entre 650 000 et 800 000 tonnes par an. Les importations en provenance des pays de la CEI enregistrées en 1998/99 se sont montées à 114 000 tonnes (59 000 tonnes provenant de la Fédération de Russie et 55 000 tonnes d'Ukraine). Selon la FAO, l'utilisation intérieure annuelle du blé (pour tous usages) approche les 800 000 tonnes et l'utilisation globale des céréales est d'environ 1,35 million de tonnes, ce qui comprend près de 750 000 tonnes pour la consommation de la population et quelque 500 000 à 600 000 tonnes pour l'alimentation du bétail et les autres usages. Dans cette hypothèse, selon les prévisions préliminaires de la FAO, les importations céréalières pour 1999/2000 devraient être de 0,5 million de tonnes. Cette baisse observée par rapport à l'an dernier s'explique par l'augmentation de la production, la difficulté accrue de faire appel aux céréales de la Turquie voisine dont les récoltes ont été médiocres, et par les restrictions (pour autant qu'elles puissent être appliquées) sur les exportations de la Fédération de Russie, dans le cas où celle-ci recevrait une aide alimentaire et/ou fermerait la frontière. Face à ce besoin, on signale à ce jour des engagements d'aide alimentaire qui s'élèvent à 78 000 tonnes. La plus grande partie du solde devrait être importée commercialement. Le PAM a prévu de distribuer 18 190 tonnes d'aide alimentaire à 182 000 personnes vulnérables et a ciblé des programmes vivres-contre-travail sur une période d'un an, qui a commencé en juillet 1999 avec la nouvelle phase de l'intervention prolongée de secours et de redressement. Cette nouvelle phase de la stratégie de relance vise principalement à accroître le niveau global d'autosuffisance par le biais du redressement. Le programme prévoit également d'aider les personnes vulnérables à satisfaire leurs besoins alimentaires en cette période de baisse du pouvoir d'achat.

INDE (8 novembre)

Le 29 octobre, le cyclone le plus violent en près de 30 ans s'est abattu sur les régions côtières de l'État d'Orissa au nord-ouest, laissant jusqu'à deux millions de personnes sans abri. Les districts les plus touchés sont ceux de Balasore, Cuttack, Ganjam, Jagatsinghpur, Jajpur et Kendrapara. Quelque 11 millions de personnes, soit près d'un tiers de la population de l'État, ont été touchées et les estimations officielles situent le nombre de morts aux alentours de 10 000. Un grand nombre de personnes sont encore considérées disparues et le nombre des morts pourrait s'alourdir. Beaucoup de personnes déplacées sont bloquées sans pouvoir se procurer ni vivres ni eau potable, tandis que la situation sanitaire et nutritionnelle se dégrade rapidement en raison des flambées de gastro-entérite et de choléra. La population de l'État d'Orissa est estimée à environ 36 millions d'habitants et possède une surface ensemencée d'à peu près à 5,4 millions d'hectares, ce qui représente environ 4 pour cent du total national. Il s'agit d'un État à déficit vivrier, dont la population assez largement rurale (60 pour cent) dépend principalement d'une agriculture de subsistance faiblement productive. La superficie des cultures irriguées ne représente que 25 pour cent, contre une moyenne nationale de 40 pour cent, et l'utilisation des engrais est nettement inférieure aux niveaux appliqués dans d'autres États (25 à 30 kg/ha d'éléments nutritifs (NPK), contre une moyenne de 75 kg/ha). De ce fait, la productivité agricole reste faible, les rendements moyens pour le riz (principale denrée de base) accusant jusqu'à 40 pour cent de moins que la moyenne de l'ensemble du pays. Compte tenu de l'état de l'agriculture et du niveau de pauvreté dans l'État, la sécurité alimentaire des ménages dépendait massivement de la récolte de riz principale, qui aurait dû commencer dans quelques semaines, et des céréales stockées. Selon les estimations officielles actuelles, la récolte de riz dans l'État se situera autour de 3,5 millions de tonnes, contre 6,5 millions de tonnes attendues avant le cyclone. Ces pertes auront de graves répercussions non seulement sur la sécurité alimentaire immédiate, mais également sur les disponibilités alimentaires de la plus grande partie de l'année prochaine et ce, d'autant que la production d'hiver (Rabi), principalement constituée de blé et allant d'octobre/novembre à mars/avril, est négligeable dans cet État. A côté des ménages d'agriculteurs, ceux qui ont perdu intégralement leur gagne-pain, comme les pêcheurs, connaîtront eux aussi dans les mois qui viennent une situation difficile. Compte tenu de l'importance des pertes de céréales dans l'État, la production globale de riz Kharif fera environ 3 millions de tonnes de moins que les 75 millions de tonnes attendus avant les inondations. En dépit des efforts acharnés du Gouvernement pour apporter de l'aide, l'ampleur des dégâts est telle que, plus d'une semaine après le cyclone, des centaines de villages demeurent encore coupés des vivres et des fournitures médicales qui leur font cruellement défaut et sont entièrement tributaires du parachutage de vivres. Pour faire face à l'urgence, le Gouvernement a apporté pour l'instant une aide financière de 130 millions de dollars E.-U., qui viennent s'ajouter aux 59,5 millions de dollars E.-U. fournis au lendemain du premier cyclone de la mi-octobre. Une aide alimentaire est acheminée par route et par mer vers les régions concernées, tandis que 395 tonnes ont été parachutées. Les secours sont également fournis sous la forme de soins hospitaliers, de logements, de fournitures médicales et d'équipements de communications.

INDONÉSIE* (2 novembre)

Les précipitations d'octobre, abondantes et éparses, ont accru les réserves en eau pour le repiquage du riz de la campagne principale dans les principales régions de production. Le riz de la campagne principale est semé en octobre/novembre pour coïncider avec les pluies de la mousson du nord-est, en vue d'être récolté à partir de mars. Par opposition au contexte de 1998 qui était celui de la crise monétaire, les approvisionnements en engrais ont augmenté et les prix se sont stabilisés, du fait de la libéralisation survenue l'an dernier qui s'est traduite par une montée de la concurrence. Par conséquent, les prévisions officielles indiquent pour cette année une augmentation marginale qui porte la production de paddy à 49,53 millions de tonnes, provenant de 11,6 millions d'hectares. Ce niveau de production serait moyen et identique à celui de l'an dernier. Les importations du secteur privé ont été fortement réduites par une récente mesure gouvernementale limitant les importations au riz à 5 pour cent brisures et au riz de qualité supérieure. Cette politique vise à protéger les producteurs locaux des effets des cours plus bas du riz sur le marché international. Pendant la période de janvier à septembre 1999, les importations provenant de l'Office national de la logistique (BULOG) ont atteint 1,9 million de tonnes. La production de maïs de 1999 est estimée à 9,13 millions de tonnes, soit quasiment 10 pour cent de moins que l'an dernier. D'une façon générale, du fait du redressement économique et de l'augmentation de la demande de maïs fourrage, la production augmentera probablement pour satisfaire la demande. Le maïs de la saison humide sera semé en octobre/novembre pour être récolté vers mars/avril. Bien que l'on signale une amélioration des conditions de sécurité, la situation humanitaire et alimentaire demeure précaire au Timor oriental. Quelque 219 000 réfugiés inscrits se trouvent encore au Timor occidental, et 70 pour cent d'entre eux devraient revenir. Une grande partie de la population est toujours déplacée à l'intérieur du pays, parfois dans des endroits pénibles avec peu de vivres et d'eau. Les Nations Unies ont récemment lancé un appel commun à hauteur de 199 millions de dollars E.-U. pour une aide humanitaire visant à couvrir les besoins humanitaires immédiats durant la phase de reconstruction de la province et de son économie. En plus des craintes concernant les vivres et l'eau, le début de la saison des pluies est venu accroître le risque de problèmes de santé et de maladies comme le choléra et la malaria. Les semis du riz et du maïs se déroulent normalement en octobre/novembre, ce qui coïncide avec le début de la mousson. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires est prévue pour la fin novembre, afin d'estimer les premières perspectives de récolte et l'ensemble des disponibilités alimentaires.

IRAN, RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D' (2 novembre)

Les semis d'orge et de blé sont pratiquement terminés, respectivement pour les récoltes de juin/juillet et mars de l'année prochaine. La production agricole de 1999 a été fortement compromise par la sécheresse, qui a succédé à l'absence de pluies depuis décembre dernier et aux faibles neiges de l'hiver. La production des cultures, tant irriguées que pluviales, a fortement baissé, tout comme celle de l'élevage. La production de blé, principale denrée de base, a baissé de près d'un quart, tombant à 9 millions de tonnes. En raison de la baisse de la production intérieure, on attend, afin de couvrir la demande, une forte hausse des importations de blé pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) par rapport à l'année précédente; les prévisions se situent actuellement à 5,8 millions de tonnes. La production de riz a également souffert des inondations qui se sont produites en juillet à Mazandaran et ont endommagé quelque 3 600 hectares de cultures. La sécheresse et les inondations ont engendré une baisse de la production du riz usiné qui, avec 1,45 million de tonnes, est de 17 pour cent inférieure à celle de l'année précédente. On prévoit des importations de 900 000 tonnes pour l'année (civile) en cours.

IRAQ* (4 novembre)

Les semis des cultures d'hiver, qui débutent normalement dans la seconde moitié d'octobre, ont été retardés jusqu'à présent par l'insuffisance des précipitations. La production sera probablement freinée aussi par les graves pénuries d'intrants agricoles essentiels. L'an dernier, en plus de la pénurie d'intrants, une forte sécheresse et la multiplication des ravageurs et des plantes adventices ont compromis les récoltes de céréales. La production céréalière totale pour 1999 est estimée à 1,6 million de tonnes, soit une baisse de près de 40 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La sécheresse a provoqué également de graves dommages dans les élevages, déjà touchés par la fièvre aphteuse. En octobre 1999, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé une augmentation pour la sixième phase, actuellement en cours, de l'accord "pétrole-contre-vivres". Cette augmentation porte à 8,3 milliards de dollars E.-U. la vente de pétrole autorisée aux fins d'acheter des denrées alimentaires, des médicaments et des fournitures sanitaires, et de procéder aux réparations d'urgence des infrastructures, contre 5,26 milliards de dollars E.-U. annoncés en mai, au début de la phase. Si l'application de l'accord "pétrole-contre-vivres" a quelque peu amélioré la situation d'ensemble des disponibilités alimentaires, les problèmes sanitaires et nutritionnels demeurent cependant largement répandus dans de nombreuses régions. D'après une enquête récente de l'UNICEF, les taux de mortalité post-infantile ont plus que doublé dans les régions du sud et du centre de l'Iraq depuis 1990.

ISRAËL (4 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge de l'an 2000, dont la récolte est prévue en avril/mai prochains, sont en cours. La production de blé pour 1999 est estimée à 152 000 tonnes, soit environ 10 pour cent de moins que l'année dernière, en raison de l'extrême sécheresse qui a frappé plusieurs pays du Proche-Orient. On prévoit des importations céréalières de quelque 2,5 millions de tonnes pour 1999/2000 (juillet/juin).

JAPON (2 novembre)

En septembre et octobre, les tempêtes tropicales ont amené de fortes pluies, qui ont provoqué des inondations localisées et quelque peu endommagé la récolte de riz, notamment dans le sud, aux alentours de Kyushu. Par suite, le Ministère de l'agriculture a corrigé à la baisse ses prévisions concernant la production de riz par rapport aux projections de septembre. Les chiffres officiels annoncent pour 1999 une production (sur la base du riz décortiqué) aux alentours de 9,18 millions de tonnes, soit une hausse d'environ 3 pour cent par rapport à l'an dernier. Le Gouvernement se propose d'allouer des subventions aux agriculteurs pour faire pousser du blé, du soja, et des graines fourragères, afin d'accroître l'autosuffisance dans ces cultures et d'encourager leur substitution à celle du riz. En outre, les agriculteurs qui réduiront leurs cultures de riz percevront une indemnité.

JORDANIE (4 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge pour l'année 2000, qui seront récoltées en mai/juin de l'an prochain, sont en cours. L'an dernier, une forte sécheresse a gravement endommagé les cultures céréalières et la production horticole. En conséquence, la production globale de blé et d'orge a accusé une chute de 88 pour cent en 1999, pour tomber à 13 000 tonnes. Le secteur de l'élevage a également été touché, et de nombreux éleveurs d'ovins ont été frappés de plein fouet par la montée des coûts et la diminution qualitative et quantitative des produits. Une épidémie de fièvre aphteuse est venue alourdir les pertes dues à la sécheresse. La mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue dans le pays en mai dernier a estimé l'ensemble des besoins d'importations céréalières à 1,94 million de tonnes pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin). Ces besoins devraient être couverts environ à 80 pour cent par des importations commerciales, ce qui laisse un déficit de 387 000 tonnes à combler par une aide alimentaire. Pour l'instant, une contribution de quelque 300 000 tonnes a été annoncée, au titre d'une aide alimentaire directe ou d'aides financières à des conditions libérales. La FAO et le PAM ont approuvé conjointement en juillet une opération d'urgence visant à fournir une aide alimentaire de quelque 429 000 dollars E.-U. à 180 000 personnes vulnérables, pour une période de neuf mois.

KAZAKHSTAN (3 novembre)

La récolte terminée, les cultures céréalières de 1999 sont officiellement estimées à 15,9 millions de tonnes, soit environ 14,4 millions de tonnes (en poids nettoyé), ce qui fait plus que doubler la médiocre récolte de 1998, officiellement établie à 6,4 millions de tonnes. Dans l'ensemble, les conditions de végétation pour les cultures de 1999 ont été satisfaisantes et les rendements moyens à l'hectare, en approchant 1,3 tonne, font plus que doubler ceux de l'an dernier. En outre, les conditions météorologiques anormalement favorables enregistrées durant la période des moissons ont permis de prolonger les travaux de récolte jusqu'à une date avancée d'octobre et de moissonner la majeure partie des 11,9 millions d'hectares ensemencés. Le pays a exporté 2,5 millions de tonnes de céréales en 1998/99 et ses disponibilités d'exportation se montent à 7 ou 8 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation en cours. Les expéditions de céréales à partir du port d'Aktau ont repris.

LAOS (2 novembre)

Les fortes pluies tombées en octobre ont affecté dans certaines régions la maturation du riz de la campagne principale, dont la récolte est en cours. La production de cette campagne est estimée pour l'instant à environ 1,3 million de tonnes, et celle d'ensemble pour 1999/2000 à 1,77 million de tonnes. Environ 73 pour cent de la production totale proviendront de la campagne principale (saison des pluies) et environ 15 pour cent, des cultures irriguées à la saison sèche, le reste étant constitué du riz de plateau.

LIBAN (4 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge sont en cours. Cependant, la production intérieure de céréales ne couvre habituellement qu'environ 10 pour cent des besoins de la consommation. L'ensemble de la production de blé et d'orge pour 1999 est estimé à 62 000 tonnes, soit à peu près comme l'an dernier. On prévoit d'importer pour 1999/2000 (juillet/juin) quelque 0,51 million de tonnes, soit légèrement plus que l'an dernier.

MALAISIE (2 novembre)

La production de paddy devrait atteindre cette année les 2 millions de tonnes, ce qui correspond à la moyenne. Le pays importe régulièrement du riz blanc usiné, et va probablement augmenter ses importations de paddy et de riz cargo décortiqué. Le décorticage local permettra en effet d'augmenter la valeur ajoutée et ainsi, de satisfaire une demande croissante de riz de meilleure qualité. Le pays est autosuffisant en riz à hauteur de 60 à 65 pour cent. Sa production est d'environ 1,2 million de tonnes pour une consommation annuelle de 1,7 à 1,8 million de tonnes. Afin d'encourager le développement de l'agriculture, le Gouvernement envisage d'adopter un certain nombre de mesures visant à promouvoir la recherche, le transfert de technologies et l'utilisation de nouvelles machines agricoles.

MONGOLIE* (2 novembre)

Outre les réformes intervenues dans le secteur agricole, qui ont entraîné le démembrement et la vente des anciennes fermes d'État, les problèmes liés à la transition économique continuent d'entraver les approvisionnements en intrants agricoles essentiels. Les températures élevées et la sécheresse qui ont sévi pendant une quinzaine de jours en juillet ont encore contribué à perturber la production de blé, principale denrée alimentaire de base, pour 1999. Cette production se situe ainsi autour de 190 000 tonnes, ce qui équivaut à la récolte limitée de l'an dernier. La production intérieure de blé pour cette année ne devrait pas atteindre la moitié - soit 42 pour cent -de celle de 1990, année précédant l'adoption du programme de transition d'une économie planifiée à une économie de marché. En outre, les semences risquent de manquer pour les semis de l'année prochaine. Cette année, 273 300 hectares de blé, 8 300 hectares de pommes de terre, 5 500 hectares d'autres légumes ont été ensemencés. On estime que la production intérieure permet de satisfaire 40 pour cent de la demande annuelle de blé, le reste étant importé. Quelque 60 000 tonnes d'aide alimentaire ont été annoncées cette année en faveur du pays pour venir en aide aux groupes vulnérables.

MYANMAR (3 novembre)

La récolte de riz de la campagne principale, celle de la mousson, a commencé. On prévoit une production de paddy de 17,5 millions de tonnes pour 1999/2000, pour une superficie ensemencée totale d'environ 5,5 millions d'hectares. Un total de 38 700 tonnes de riz ont été exportées au cours du premier semestre 1999, ce qui double pratiquement le volume des exportations réalisées pendant la même période l'année dernière. La demande intérieure de riz qui s'accroît continue de limiter le potentiel global d'augmentation des exportations. Afin de stimuler la production, le Gouvernement encourage le secteur privé en cédant à bail plus de 400 000 hectares de terres nouvelles et vacantes.

NÉPAL (3 novembre)

On prévoit pour cette année une production de paddy de 3,6 millions de tonnes, soit un peu plus que le chiffre de l'année dernière et que la moyenne sur cinq ans. On estime aussi que les superficies ensemencées en paddy ont enregistré une augmentation marginale qui les porte à 1,5 million d'hectares.

OUZBÉKISTAN (3 novembre)

On estime officiellement la récolte de blé et d'orge pour 1999 à 3,9 millions de tonnes, soit quelque 140 000 tonnes de plus qu'en 1998. Le pays produisant également du maïs et du blé, la production céréalière totale de 1999 pourrait se situer autour de 4,4 millions de tonnes. L'objectif de production du riz est de 500 000 tonnes, dont 300 000 doivent être vendues au Gouvernement. Les céréales sont importées en moins grande quantité afin qu'une balance commerciale positive soit maintenue. On estime que ces importations tomberont à environ 350 000 tonnes en 1999/2000 et seront assurées par le secteur privé.

PAKISTAN (3 novembre)

Le temps sec de saison qui a dominé a favorisé la maturation des cultures d'été et facilité la préparation des semis du blé Rabi. Du fait de l'augmentation des superficies ensemencées et de l'amélioration du temps, la production rizicole de 1999 devrait dépasser légèrement les premières projections. Elle est établie à 4,87 millions de tonnes (riz usiné), soit quelque 3 pour cent de plus que l'année dernière et 17 pour cent de plus que la moyenne sur cinq ans. L'objectif pour la production de blé de 1999/2000 a été fixé à 20 millions de tonnes, soit quelque 10 pour cent de plus que le chiffre de l'année dernière. L'objectif pour les zones ensemencées est fixé à 20,9 millions d'hectares, contre 20,5 millions l'année dernière. Cependant, selon les rapports, cet objectif pourrait ne pas être atteint, en raison des prix de soutien inférieurs à ceux escomptés et du coût relativement élevé des intrants. Les importations pour la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin) devraient être de 3,2 millions de tonnes.

PHILIPPINES (8 novembre)

Les fortes pluies de la fin octobre ont quelque peu affecté la maturation du riz de la campagne (principale). Les semis de la campagne principale se déroulent essentiellement vers mai/juin, en vue de leur récolte en octobre/novembre. Le prix d'achat du paddy a été augmenté afin de soutenir les exploitants qui ont souffert de pluies excessives imputables en partie aux perturbations météorologiques apportées par La Niña. L'augmentation du prix de soutien sera versée aux agriculteurs qui vendent du riz (avec un taux d'humidité allant jusqu'à 24 pour cent). Malgré les pertes enregistrées dans certaines régions, du fait des dégâts provoqués par les pluies excessives et les typhons, on attend cette année une production rizicole nettement plus importante que celle des dernières années. La production des premier et second trimestres a également été bonne et, de source officielle, la production de paddy pour cette année (civile) devrait s'élever aux alentours de 11,76 millions de tonnes (7,64 millions de tonnes de riz usiné), ce qui représente une augmentation de près de 3 millions de tonnes, soit 35 pour cent, par rapport à l'année civile de 1998. Cette amélioration des perspectives concernant le riz signifie que le volume des importations sera nettement inférieur à celui de l'an dernier.

RÉPUBLIQUE KIRGHIZE (3 novembre)

La récolte de céréales et de légumineuses prévue pour 1999 devrait atteindre 1,6 million de tonnes, une baisse marginale par rapport à la production de 1998, qui s'explique par la tendance à la réduction des emblavures et par les dommages causés aux cultures par les pluies et les grêles. Si la récolte de 1999 est conforme aux prévisions, on estime pour l'instant qu'en 1999/2000, les importations de céréales, y compris 61 000 tonnes correspondant aux engagements d'aide alimentaire, se monteront à 126 000 tonnes, principalement du blé. Parallèlement, le pays exporte aussi du blé vers les États voisins de l'Ouzbékistan (pour payer le gaz qu'il importe) et du Tadjikistan. On estime que la moitié de la population environ vit au-dessous du seuil de pauvreté et 15 pour cent dans une extrême pauvreté. Le paiement des prestations sociales a été différé de plus de 80 jours en moyenne en 1998. L'argent étant absent, les pensions et autres avantages sont principalement versés en nature, en particulier sous forme de farine, d'huile et de sucre. Le programme Araket de lutte contre la pauvreté, introduit en 1998, vise à améliorer la qualité de vie des plus pauvres, en fournissant des biens (denrées alimentaires, carburant) et, plus récemment, en finançant des plans de micro-crédit. Selon les chiffres officiels, la consommation par habitant de denrées alimentaires de base n'a cessé de remonter. Cependant, le manque de liquidités reste un problème majeur, qui se fait particulièrement sentir dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

SRI LANKA (3 novembre)

On procède actuellement à la préparation de la terre et aux semis du riz Maha de la campagne principale, qui doit coïncider avec les pluies de mousson du nord-est. Les précipitations enregistrées en septembre et octobre, supérieures à la normale, ont augmenté le taux d'humidité des sols et ont été, d'une manière générale, propices aux semis et au repiquage des cultures. La production du riz Yala de la campagne secondaire, déjà récolté en août/septembre, a été établie à 987 000 tonnes, soit 8 pour cent de plus qu'en 1998. La production totale de paddy pour 1998/99 est estimée à 2,7 millions de tonnes (dont 1,73 million de tonnes pour la récolte 1998 de riz Maha et 0,987 million de tonnes pour la récolte 1999 de riz Yala).

SYRIE (4 novembre)

Les averses légères enregistrées récemment dans les régions septentrionales du pays ont poussé à procéder aux semis des céréales d'hiver. Cependant, l'insuffisance des pluies et les températures supérieures à la normale dans le sud ont retardé les opérations. Les semis des cultures de blé et d'orge pour l'an 2000 devraient se poursuivre l'année prochaine jusqu'à la mi-janvier. En 1999, la production céréalière et animale a fortement souffert de la sécheresse, la plus grave depuis des décennies. De ce fait, la production d'orge, qui est presque entièrement pluviale, est estimée cette année à 380 000 tonnes, soit environ 72 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années. La production de blé, qui repose à 40 pour cent sur l'irrigation, est estimée à 2,74 millions de tonnes, soit 28 pour cent de moins que la moyenne. La sécheresse a également dévasté la végétation des parcours. Il en a résulté une forte hausse des taux de mortalité des ovins, ce qui a eu de graves répercussions sur les revenus des ménages et a exposé un grand nombre de membres de la population Badia à des pénuries alimentaires. Les besoins en blé du pays, estimés pour 1999/2000 (juillet/juin) à 3,8 millions de tonnes, devraient être couverts par la production actuelle et les stocks existants. Toutefois, d'importantes quantités d'orge, estimées à près de 1,18 million de tonnes, devront être importées pour compenser la perte de fourrage et de produits alimentaires pour le bétail. Vu le ralentissement économique du pays, les importations du Gouvernement sont estimées à 200 000 tonnes seulement, ce qui entraînerait un déficit de 980 000 tonnes. L'importation d'orge par le secteur privé a été autorisée cette année à titre exceptionnel, mais les importations devraient être limitées, étant donné le faible pouvoir d'achat des populations pastorales. Le 7 octobre, la FAO et le PAM ont approuvé conjointement une opération d'urgence visant à fournir pendant six mois (octobre 1999 à mars 2000) à 329 000 membres de ces populations vivant dans les régions affectées par la sécheresse, une aide d'un montant total de 5,46 millions de dollars E.-U.

TADJIKISTAN* (3 novembre)

Les derniers rapports confirment la baisse de la récolte de céréales et de légumineuses de 1999, qui se monte seulement à quelque 430 000 tonnes (contre 500 000 tonnes l'année dernière), et la détérioration de la situation des disponibilités alimentaires. Selon des indications officielles, les superficies ensemencées ont été légèrement réduites pour atteindre 370 000 hectares environ. La diminution des rendements par rapport à l'année dernière est due à plusieurs facteurs: les fortes pluies tombées en juillet, qui ont causé des dégâts importants mais localisés, la rouille et le charbon qui ont durement frappé le blé, l'utilisation inappropriée de graines de qualité et d'autres intrants, et l'irrigation insuffisante. Dans la mesure où quelque 150 000 hectares des terres ensemencées en céréales sont irrigués, les rendements moyens prévus par les pouvoirs publics paraissent trop faibles, malgré les problèmes économiques qui persistent dans ce secteur. L'insuffisance des sources dont dispose le bureau national des statistiques et le faible contrôle exercé par le Gouvernement sur d'importantes parties du pays limitent l'exactitude des renseignements relatifs à l'activité économique et agricole. Le secteur agricole emploie près de la moitié de la main-d'œuvre mais génère moins de 30 pour cent du PIB officiel. La baisse de la production céréalière devra être compensée par une aide alimentaire et des importations commerciales, ces dernières principalement en provenance du Kazakhstan, du Kirghizistan et de l'Ouzbékistan. On estime qu'en 1999/2000, les importations de céréales devront augmenter pour atteindre 453 000 tonnes, dont 127 000 devraient être fournies au titre de l'aide alimentaire. La situation d'ensemble des disponibilités alimentaires reste problématique, étant donné que la pauvreté est endémique dans le pays. Le revenu d'environ 85 pour cent de la population est inférieur au seuil de pauvreté et le pouvoir d'achat reste bas. Les foyers ne sont pas tous en mesure de compenser l'insuffisance de leur production vivrière en achetant sur le marché. Dans les régions rurales, les coûts élevés du leasing limitent également les disponibilités alimentaires des ménages. Des évaluations récemment effectuées dans la vallée de Karategin ont révélé que de vastes secteurs de la population étaient en situation d'insécurité alimentaire. Les populations vulnérables continueront de nécessiter une aide humanitaire.

THAÏLANDE (3 novembre)

Fin octobre, les fortes pluies apportées par les tempêtes tropicales ont gêné la maturation et la récolte du riz de la campagne principale dans les régions centrales du pays. Le riz de la campagne principale est semé de mai à juin/juillet et récolté d'octobre à décembre. Normalement, cette récolte représente 80 pour cent de l'ensemble de la production, le reste provenant de la deuxième campagne de riz, semée en janvier/février. Pour l'instant, on estime la production de paddy pour 1999/2000 à environ 23 millions de tonnes, ce qui représente une augmentation de quelque 700 000 tonnes, soit 3 pour cent, par rapport à 1998/99. L'objectif pour les exportations en l'an 2000 a été fixé à six millions de tonnes, contre un volume de 5,5 à 6 millions de tonnes attendu cette année. Fin septembre, environ 4,7 millions de tonnes avaient été exportées.

TURKMÉNISTAN (3 novembre)

D'après les estimations officielles, la production de céréales de 1999 dépassera de près de 300 000 tonnes celle de 1998, pour atteindre le chiffre record de 1,5 million de tonnes, la part des exploitants agricoles privés se montant à 226 000 tonnes. Les superficies ensemencées en céréales ont diminué, passant à 570 000 hectares, mais l'importation de semences de haute qualité et l'accroissement de l'utilisation d'engrais ont fortement augmenté les rendements. Compte tenu des difficultés du commerce extérieur et de l'abondance de la récolte de 1999, qui devrait suffire à satisfaire la demande intérieure, on s'attend à de très faibles importations de céréales en 1999/2000. Le 1er octobre 1999, le pays a introduit des droits sur la consommation, afin de protéger sa production intérieure. Ces droits incluent une taxe de 50 pour cent sur les importations de farine et de pâtes, et de 100 dollars E.-U. sur les exportations d'engrais à base de nitrate d'ammonium. Les perspectives pour la récolte du coton sont également satisfaisantes et l'objectif de 1,3 million de tonnes pourrait être atteint. Quelque 550 000 hectares ont été ensemencés et produisent à ce jour en moyenne 2,4 tonnes l'hectare.

TURQUIE (16 novembre)

Les semis des cultures du blé pour l'an 2000 sont en cours. On prévoit pour 1999 une production de blé de 18 millions de tonnes, un recul d'environ 14 pour cent par rapport à l'an dernier et 4 pour cent par rapport à la moyenne, qui s'explique par l'extrême sécheresse qui a sévi dans plusieurs pays de la région, dont la Turquie. La production d'orge, estimée à 7 millions de tonnes, est en baisse de 15 pour cent par rapport à l'an dernier. Celle du maïs devrait être de 2,17 millions de tonnes, un résultat comparable à celui de l'an dernier. Les deux violents tremblements de terre qui ont frappé les régions nord-ouest du pays les 17 août et 12 novembre derniers ont tué plus de 16 000 personnes, faisant plus de 52 000 blessés graves et laissant environ 630 000 sans-abri. Le premier séisme a touché la ville d'Izmit et ses alentours, des zones fortement peuplées et principalement industrielles. Le deuxième, qui s'est produit dans la province de Bolu, une région moins peuplée, a causé des dommages plus localisés. Une aide nationale et internationale est fournie aux victimes. L'Office turc des céréales (TMO) a acheté aux exploitants agricoles en 1999 un total de 5,1 millions de tonnes de céréales, soit 4,2 millions de tonnes de blé et 818 000 tonnes d'orge.

VIET NAM (3 novembre)

Les fortes pluies qui sont tombées durant des jours, fin octobre/début novembre, ont abouti à la plus grave des inondations qui ait touché le littoral de la zone centrale du Viet Nam depuis des décennies. Selon les rapports actuels, environ 550 personnes auraient été tuées et plus de 600 000 déplacées. En outre, les autorités ont estimé les dommages matériels et les dégâts causés à l'infrastructure à environ 200 millions de dollars E.-U. Dans plusieurs régions encore isolées par l'eau des crues, la crainte des pénuries alimentaires se fait plus vive. L'arrivée de nouvelles pluies et inondations pourrait encore aggraver la situation. Même si les dommages civils ont été importants, la récolte n'a pas été aussi gravement endommagée qu'elle l'aurait pu, du fait que les régions touchées n'étaient pas celles du principal grenier (à vivres/à riz) du pays, dans le sud, ni celles qui produisent le café et le thé, plus au nord. La campagne principale en cours aurait été celle du riz du dixième mois, qui est semé en juin/juillet pour être récolté en octobre/novembre. Durant les années normales, cette récolte de riz représente, sur le plan national, environ 25 pour cent de la production annuelle, l'essentiel étant constitué par la récolte d'hiver/printemps (semée à partir de janvier). Les provinces les plus durement touchées s'étendent sur une bande de 500 kilomètres allant de Quang Binh jusqu'à Quang Ngai, et abritant environ 6 des 79 millions d'habitants du pays. Cette région, moins développée que le reste du pays sur le plan agricole et industriel, est aussi l'une des plus pauvres et est habituellement déficitaire sur le plan alimentaire. On estime la zone rizicole située le long cette bande à environ 340 000 hectares, dont à peu près 64 000 auraient été endommagés. En outre, environ 30 000 hectares d'autres cultures ont été touchés et plus de 100 000 tonnes de riz et de maïs endommagés dans les silos. Durant les dernières années, ces provinces ont produit environ 1,2 million de tonnes de riz, soit à peu près 7 pour cent, contre une production nationale d'environ 17 à 18 millions de tonnes. En outre, les provinces atteintes produisent environ 25 à 30 000 tonnes de maïs, soit moins de 3 pour cent de la production globale qui se monte à environ 1,2 ou 1,3 million de tonnes par an. De grandes quantités de riz et de maïs stockés ont également souffert. Le littoral de la zone centrale du pays est régulièrement victime du mauvais temps et des tempêtes, et l'on signale que l'an dernier, 397 personnes ont péri du fait des tempêtes et des inondations. Le Gouvernement a réagi rapidement à cette situation d'urgence en distribuant une aide alimentaire aux régions affectées, qui comptent parmi les plus pauvres du pays et les plus vulnérables aux pénuries alimentaires. Malgré les opérations humanitaires en cours, il est probable que les problèmes de disponibilités alimentaires persisteront une partie de l'année prochaine, et une intervention significative aurait été nécessaire pour redresser l'agriculture. Les inondations ont été précédées de la tempête tropicale Ève, qui a provoqué des dommages matériels et entraîné la mort de nombreuses personnes. Selon les prévisions préliminaires, la production de riz pour 1999/2000 devrait se monter à 19,5 millions de tonnes (riz usiné), un niveau identique à celui de la récolte exceptionnelle de 1998/99. Tout dépendra cependant du résultat définitif de la récolte de riz du dixième mois, ainsi que des campagnes principales d'hiver/printemps et été/automne de l'année prochaine. Selon des indications antérieures, le pays devait exporter environ 4,3 millions de tonnes de riz en 1999, conformément à l'objectif du Gouvernement. Toutefois, une partie de ce riz pourrait être utilisée pour venir en aide aux groupes vulnérables victimes des inondations et des pénuries alimentaires qui en ont résulté. Durant les neuf premiers mois de l'année, le pays a exporté 3,8 millions de tonnes.

YÉMEN (4 novembre)

La production du sorgho de la campagne principale, en cours de récolte, devrait être de 416 000 tonnes, soit un recul de quelque 12 pour cent par rapport à l'an dernier, qui s'explique par la réduction des emblavures. Les criquets pèlerins pourraient se reproduire en petit nombre dans les zones de l'est du désert où des pluies sont tombées récemment, pour y former de petits groupes et de petits essaims. >

AMÉRIQUE CENTRALE (y compris les Caraïbes)

ANTIGUA-ET-BARBUDA (12 novembre)

Le pays a été frappé fin octobre par les pluies et les vents apportés par l'ouragan "José". Selon les rapports préliminaires, les habitations et l'infrastructure ont été endommagées, et on évalue actuellement les éventuels dégâts subis par l'importante infrastructure touristique. L'évaluation des dommages dans le secteur agricole n'est pas encore disponible. L'île est actuellement menacée par l'ouragan "Lenny".

COSTA RICA (2 novembre)

En septembre et en octobre, des pluies torrentielles et des inondations ont frappé le pays, en particulier les provinces de San José et de Cartago dans le centre, de Guanacaste et de Puntareanas sur la côte pacifique, et de Heredia sur la côte atlantique au nord. D'après les estimations préliminaires, environ 7 000 hectares de terres agricoles ont été touchés et les cultures vivrières, principalement paddy et haricots, ont été endommagées. Les cultures d'exportation, telles que la canne à sucre et les fruits, ainsi que les pâturages, ont également été touchés. Malgré les pertes subies au cours de leur développement par les cultures céréalières de la deuxième campagne de 1999/2000, récoltées à partir de novembre, une production moyenne de maïs (des deux campagnes) est attendue. On prévoit une récolte de paddy supérieure à la moyenne, principalement dans les régions de Chorotega et de Brunca; il faudra toutefois importer environ 90 000 tonnes de riz pendant la campagne de commercialisation de 2000 (janvier/décembre) pour répondre à la demande intérieure concernant cette importante denrée de base.

CUBA (2 novembre )

Vers la mi-octobre, les régions centrales et occidentales du pays ont été touchées par les pluies torrentielles et les vents apportés par l'ouragan "Irène". Plusieurs victimes sont signalées et on a procédé à l'évacuation générale des populations. Les habitations et l'infrastructure, en particulier à La Havane, la capitale, et dans les zones environnantes, ont été gravement endommagées. Le gouvernement a accordé une aide d'urgence pour la reconstruction des habitations. D'après l'évaluation préliminaire des dégâts dans le secteur agricole, les bananeraies auraient subi des pertes considérables, en particulier dans la province de La Havane. La récolte du riz de printemps/été (dont les semis ont lieu entre mars et août) a été également compromise par les fortes pluies et les inondations, principalement dans la province de Pinar del Rio; malgré les pertes possibles, une récolte de paddy supérieure à la moyenne est prévue pour l'ensemble du pays. On signale que des cultures vivrières secondaires, telles que les racines et tubercules, ont souffert. Les plantations de la canne ` sucre, importante culture d'exportation, ont été interrompues, et de vastes zones de production ont été inondées, principalement dans les provinces centrales de Sancti-Spiritus, de Villa Clara, de Cienfuegos et de Matanzas. Les cultures ne devraient avoir subi aucun dommage grave; on signale cependant que l'infrastructure de soutien de l'industrie sucrière a été endommagée. Les plantations de tabac, autre importante culture d'exportation, ont été également épargnées par l'ouragan dévastateur. Au contraire, les pluies ont contribué à remplir les réservoirs d'eau dans l'ensemble du pays, en proie à la sécheresse depuis novembre de l'an dernier. La communauté internationale continue à apporter une aide alimentaire. Environ 4 400 tonnes de blé ont été livrées, ce qui correspond au volume des contributions annoncées à ce jour.

EL SALVADOR (2 novembre)

En septembre et pendant la première quinzaine d'octobre, des pluies torrentielles et des inondations ont frappé le pays, en particulier les zones de basses terres de la région du Rio Lempa dans l'est, le département d'Ahuachapán dans l'ouest, et San Salvador, la capitale, et sa banlieue. Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence. Plusieurs victimes sont signalées. On a procédé à l'évacuation générale des populations et une aide alimentaire d'urgence a été distribuée avec l'aide de la communauté internationale. L'infrastructure a été gravement endommagée, certaines des régions concernées ayant été sérieusement touchées par l'ouragan "Mitch" en 1998. D'après une évaluation préliminaire des dégâts dans le secteur agricole, environ 8 000 tonnes de maïs, 1 324 tonnes de haricots, 1 325 tonnes de sorgho et 345 tonnes de riz ont été détruites. Ces chiffres représentent globalement quelque 2 pour cent de la production annuelle prévue; on signale cependant dans les zones les plus touchées des pertes de maïs comprises entre 50 et 100 pour cent. D'autres cultures vivrières secondaires et des cultures d'exportation importantes, telles que la canne à sucre (1 900 hectares), de plus, de nombreuses petites fermes d'élevage ont souffert des inondations. La situation alimentaire du pays est dans l'ensemble bien gérée, mais certaines zones sinistrées ont souffert de pénuries et on signale une hausse du prix des haricots. Malgré les pertes subies, la production céréalière (des deux campagnes) devrait être supérieure à la moyenne, tandis que celle de haricots, denrée de base importante dans le régime alimentaire de la population, devrait être moyenne. Il est prévu que les importations de maïs de la campagne de commercialisation de 1999/2000 (août/juillet), destinées principalement à l'industrie des aliments du bétail, soient ramenées des 264 000 tonnes de l'an dernier à environ 150 000 tonnes.

GUATEMALA (3 novembre)

En septembre et au cours de la première quinzaine d'octobre, des pluies torrentielles et des inondations ont frappé le pays, en particulier autour de Guatemala, la capitale, et de la ville de Retalhuleu, au sud-ouest de la capitale, où des habitations et des cultures endommagées sont signalées. Le gouvernement a déclaré l'état d'alerte. D'après une évaluation préliminaire des dégâts dans le secteur agricole, plusieurs milliers d'hectares consacrés à la production de bananes, importante culture d'exportation, seraient touchés près du département d'Izabal au nord-est. La récolte du maïs de la deuxième campagne de 1999/2000 est sur le point de commencer et, bien que les semis aient souffert (315 hectares), une production supérieure à la moyenne est attendue pour l'ensemble de l'année. Il est prévu que les importations de maïs, principalement du maïs jaune, de la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin) s'établiront à environ 550 000 tonnes, chiffre analogue à celui de l'an dernier.

HAÏTI* (2 novembre)

Les conditions météorologiques ont été favorables aux semis du sorgho de 1999/2000 et du riz irrigué de la deuxième campagne. D'après les premières prévisions, la production de sorgho serait moyenne, atteignant environ 80 000 tonnes, tandis que celle de riz (irrigué et pluvial) pour l'ensemble de l'année devrait être légèrement inférieure à la récolte moyenne de l'an dernier, qui était de 70 000 tonnes. La communauté internationale continue à fournir une assistance technique et une aide alimentaire, cette dernière étant toujours distribuée à certaines couches de la population au titre de projets de développement. Les annonces de contribution s'élèvent à ce jour à 30 000 tonnes, dont environ 1 000 tonnes ont été distribuées. Les importations de maïs de la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin) devraient se chiffrer à environ 70 000 tonnes, contre les 50 000 tonnes de l'an dernier. Les importations de riz de 1999 (janvier/décembre) sont provisoirement estimées à 170 000 tonnes, chiffre comparable à celui de l'an dernier.

HONDURAS (2 novembre)

En septembre et au cours de la première quinzaine d'octobre, des pluies torrentielles et des inondations ont frappé le pays, en particulier la vallée de Sula au nord, près de la ville industrielle de San Pedro de Sula. Tegucigalpa, la capitale, et ses environs ont également été touchés par la montée des eaux et par les glissements de terrain. On a procédé à l'évacuation générale de la population, et plusieurs victimes ont été signalées. Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence, et une aide alimentaire et des secours fournis par la communauté internationale ont été distribués aux populations sinistrées. On signale par ailleurs que les habitations et l'infrastructure ont été sérieusement endommagées dans les zones les plus touchées, gravement frappées par l'ouragan "Mitch" l'an dernier. D'après une évaluation préliminaire des dégâts dans le secteur agricole, les pluies incessantes et les inondations ont eu un effet préjudiciable sur environ 8 000 hectares de céréales de base, qui avaient auparavant souffert de la sécheresse. Les plantations de bananes, de canne à sucre et de palmier à huile, principales exportations agricoles du pays, ont été également endommagées. La récolte des céréales de la première campagne de 1999/2000 était presque achevée et les semis de la deuxième campagne venaient de commencer lorsque le mauvais temps s'est abattu sur le pays. On prévoit pour l'ensemble de l'année des récoltes inférieures à la moyenne, proches de celles de 1998/99, réduites à cause de l'ouragan. On procède également à des évaluations en vue de remettre en état le secteur agricole.

MEXIQUE (2 novembre)

En septembre et au cours de la première quinzaine d'octobre, les régions centrales et méridionales du pays, en particulier les États de Puebla, Veracruz, Hidalgo, Tabasco et certaines zones du Chiapas, ont été gravement frappées par des pluies torrentielles, des inondations et des glissements de terrain. On signale d'importantes pertes humaines. Selon un rapport officiel préliminaire, plus de 270 000 personnes ont été directement touchées, dont environ 90 000 agriculteurs et éleveurs dans une zone couvrant près de 240 000 hectares. Une aide d'urgence a été rapidement apportée par le gouvernement. On signale que des routes et des infrastructures de base ont été sérieusement endommagées du fait des intempéries. La récolte des importantes cultures de maïs de printemps/été venait juste de commencer lorsque le mauvais temps s'est abattu sur le pays. Jusqu'ici, aucun dégât grave n'a été signalé dans les champs de maïs étant donné que les États les plus sérieusement touchés ne sont pas de gros producteurs de céréales de base, mais des pertes localisées ont été enregistrées, principalement dans le grand État producteur du Chiapas. Par ailleurs, les perspectives sont favorables dans les autres grandes zones productrices de céréales du pays. La production de maïs de 1999 devrait donc être proche de la moyenne. Les zones les plus touchées pourraient toutefois manquer de denrées alimentaires, mais aucune pénurie n'est prévue sur le marché intérieur dans son ensemble. Les grandes cultures d'exportation pratiquées dans les zones sinistrées, telles que la canne à sucre et les agrumes, ont souffert, mais, d'après les évaluations préliminaires, seuls des dégâts d'importance secondaire seraient signalés.

NICARAGUA (2 novembre)

En septembre et au cours de la première quinzaine d'octobre, des pluies torrentielles et des inondations ont frappé le pays, en particulier le département de Rivas, dans le sud, les alentours de Managua, la capitale, certaines zones côtières le long du Pacifique, et les départements septentrionaux d'Estel', de Madriz et de Nueva Segovia. Plusieurs de ces régions avaient été gravement frappées l'an dernier par l'ouragan "Mitch". Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence et l'état d'alerte dans diverses zones. Plusieurs victimes ont été signalées et plus de 100 000 personnes ont été directement touchées. Ce sont surtout les routes et les petites infrastructures qui ont subi des dégâts. Des habitations seraient également endommagées dans les campagnes, et des maladies se seraient déclarées dans certaines communes. Selon l'évaluation préliminaire des dégâts dans le secteur agricole, environ 2,5 pour cent de la superficie ensemencée en céréales de la deuxième campagne a été touchée, mais des dégâts localisés beaucoup plus graves sont signalés. On estime à quelque 12 pour cent la perte de production pour les cultures d'exportation de sésame. Une aide d'urgence a été fournie aux populations sinistrées, qui ont notamment reçu des vivres donnés par la communauté internationale. Malgré les dégâts subis, on prévoit en 1999/2000 une production céréalière proche de la moyenne.

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE (2 novembre)

Les semis des céréales secondaires de la deuxième campagne de 1999/2000 viennent seulement de commencer, tandis que la récolte du riz de la deuxième campagne est en cours. Les conditions météorologiques ont été favorables et une production moyenne est attendue. Les récoltes des autres cultures vivrières de base (plantains, fruits, pommes de terre et tubercules et cultures maraîchères) devraient être également bonnes. Par ailleurs, l'état des pâturages est satisfaisant. Il sera néanmoins nécessaire d'importer entre 650 000 et 700 000 tonnes de maïs pendant la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin), principalement pour répondre à l'accroissement prévu de la demande d'aliments pour animaux, attendu après le recul enregistré l'année dernière dans le secteur avicole à cause de l'ouragan "Georges". >>

AMÉRIQUE DU SUD

ARGENTINE (3 novembre)

Les pluies légères tombées récemment ont favorisé le développement du blé de 1999/2000, qui sera moissonné à partir de novembre. Il avait souffert de l'insuffisance des pluies, en particulier dans les provinces septentrionales de Chaco et d'Entre Rios. En revanche, on signale que l'humidité du sol dans les principales zones de production des provinces de Buenos Aires et de La Pampa est suffisante. Selon les premières prévisions, la production augmenterait, passant des 11,5 millions de tonnes de l'an dernier, chiffre inférieur à la moyenne, à 13 millions de tonnes, volume proche de la moyenne, du fait principalement de l'accroissement des superficies ensemencées. Les semis du maïs de 1999/2000 sont en cours. Il est prévu que les emblavures augmentent de 8 à 10 pour cent par rapport aux superficies moyennes de 1998/99. Cet accroissement est attendu en particulier dans les provinces d'Entre Rios et de Santa Fe. Dès la mi-octobre, environ 33 pour cent des superficies prévues avaient été ensemencées, contre 22 pour cent l'année précédente. Les semis du paddy de 1999/2000 sont en cours. La superficie ensemencée devrait diminuer considérablement par rapport à l'an dernier, surtout dans les principales zones de production de Corriente et d'Entre Rios, du fait essentiellement des restrictions concernant les exportations vers les pays voisins.

BOLIVIE (3 novembre)

La moisson du blé d'hiver de 1999 est achevée et la production de l'année est estimée à 141 000 tonnes, contre 164 000 tonnes l'an dernier et 187 000 tonnes en 1997. Ce recul est imputable au temps sec qui a sévi, en particulier pendant la phase de développement des cultures, et a contribué à faire baisser les rendements au-dessous de la moyenne. Les pluies tombées récemment sur les hauts plateaux et dans certaines de leurs vallées ont été propices aux semis des céréales et des pommes de terre de la première campagne de 1999/2000, tandis que dans les régions méridionales, l'ensemencement a été retardé à cause de l'insuffisance des précipitations. On prévoit pour la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin) des importations de blé de 260 000 tonnes, soit quelque 10 pour cent de plus que l'an dernier. Les annonces d'aide alimentaire s'élèvent à ce jour à 169 000 tonnes, dont environ 10 000 ont été reçues.

BRÉSIL (2 novembre)

La moisson du blé de 1999 dans les principaux États producteurs du Parana et du Rio Grande do Sul a bénéficié d'un temps relativement sec et chaud. Les opérations de récolte se déroulent également de manière satisfaisante dans les autres États producteurs. Selon les prévisions officielles, la production devrait progresser par rapport aux 2,2 millions de tonnes de l'an dernier, pour atteindre 2,4 millions de tonnes, chiffre légèrement supérieur à la moyenne. En revanche, le temps sec a retardé les semis du maïs de 1999/2000, en particulier dans les principales régions de production du centre et du sud. On signale néanmoins que des pluies légères sont tombées récemment, et des précipitations normales sont attendues en temps voulu pendant la période de végétation, ce qui devrait permettre d'atteindre des rendements moyens. Il est prévu que la superficie ensemencée augmente par rapport à l'an dernier, du fait essentiellement de l'amélioration des prix intérieurs. Les semis du riz de 1999/2000 ont commencé et les emblavures devraient régresser par rapport au niveau supérieur à la moyenne de la campagne précédente, en raison principalement des restrictions concernant le crédit auxquelles s'ajoute la forte concurrence exercée par les importations à bas prix venant des pays voisins.

CHILI (2 novembre)

Les semis du blé de 1999/2000 se poursuivent par un temps généralement sec. Malgré les pluies bénéfiques de septembre, l'humidité du sol reste inférieure à la moyenne. La moisson est prévue à partir de décembre et, selon les prévisions, la production se redresserait par rapport à la récolte de l'an dernier, qui avait sérieusement souffert de la sécheresse. Les semis du maïs de 1999/2000, qui sont également en cours, devraient progresser par rapport au niveau inférieur à la moyenne de l'année précédente.

COLOMBIE (4 novembre)

En octobre, des fortes pluies et des inondations ont frappé le pays, notamment les provinces de la côte Pacifique, au sud, où les habitations et l'infrastructure ont été sérieusement endommagées. On signale également des dégâts dans certaines régions du nord et le long de la zone côtière des Caraïbes. L'évaluation des dommages dans le secteur agricole n'est pas encore disponible. La récolte du maïs de la première campagne de 1999/2000 était terminée lorsque le mauvais temps est arrivé, et les semis de la deuxième campagne sont en cours. Malgré les pertes possibles, la production globale de maïs (des deux campagnes) devrait être proche de la moyenne. On estime que la récolte de riz de 1999 sera légèrement supérieure à la moyenne, sous l'effet conjugué de la progression des emblavures, due aux prix intéressants, et des pluies abondantes qui ont permis d'obtenir des rendements supérieurs à la moyenne.

ÉQUATEUR (2 novembre)

Après les pluies normales ou abondantes de septembre, la récolte du maïs de la deuxième campagne de 1999, principalement du maïs blanc, a démarré par un temps sec et froid ayant un effet préjudiciable sur les semis et les pâturages dans certaines régions. Sur les hauts plateaux, quelques cultures ont souffert des gelées. Malgré les éventuels dégâts, la production de maïs de 1999 est provisoirement estimée à 590 000 tonnes, chiffre proche de la moyenne, ce qui représente une progression notable par rapport à la récolte de 1997/98, sérieusement réduite à cause de El Niño (380 000 tonnes seulement avaient été engrangées). La récolte du riz de la deuxième campagne de 1999 a également commencé et, selon les estimations provisoires, la production de l'année (pour les deux campagnes) se situerait au niveau moyen de 1,2 million de tonnes (non usiné).

PÉROU (2 novembre)

Le temps a été généralement sec pendant la moisson du blé de 1999 qui est pratiquement achevée. La production est estimée à 120 000 tonnes, contre une moyenne de 134 000 tonnes sur les cinq dernières années. La récolte du maïs jaune de 1999 est presque terminée elle aussi et la production globale (maïs blanc et jaune) de l'année est estimée à 855 000 tonnes, chiffre légèrement supérieur à la moyenne. Une récolte de paddy exceptionnelle, atteignant 1,8 million de tonnes, soit environ 33 pour cent de plus que la moyenne, a été engrangée.

URUGUAY (3 novembre)

Dans certaines régions, la moisson du blé de 1999/2000 a commencé, par un temps généralement sec. D'après les premières prévisions, la production serait d'environ 545 000 tonnes, chiffre supérieur à la moyenne. Les semis des céréales secondaires de 1999/2000 sont en cours et la superficie totale ensemencée devrait être moyenne. Les semis du riz, principale denrée agricole d'exportation, pour la campagne de 2000 ont également commencé et les emblavures devraient diminuer par rapport à la superficie record de 1999, ce qui s'explique dans une large mesure par le recul prévu des exportations vers les pays voisins.

VENEZUELA (3 novembre)

Les fortes pluies et les inondations ont eu un effet préjudiciable sur la récolte des céréales secondaires et du paddy de 1999. Malgré les pertes de récolte iventuelles, la production de maïs prévue, 1 million de tonnes, est moyenne, tandis que celle de riz est estimée provisoirement à 673 000 tonnes, chiffre légèrement inférieur à la moyenne.

EUROPE

CE (11 novembre)

Selon les dernières prévisions de la FAO, la production céréalière globale de 1999 dans la Communauté européenne s'établira à près de 202 millions de tonnes, volume inférieur d'environ 4 pour cent à celui de l'an dernier, mais supérieur à la moyenne des cinq dernières années. Ce recul est dû pour beaucoup à la réduction des emblavures (consécutive au relèvement de 5 pour cent des mises hors culture obligatoires) et au mauvais temps. La production de blé est maintenant estimée à 97,6 millions de tonnes, soit 5 pour cent de moins qu'en 1998. Ce fléchissement a essentiellement concerné la France, où la production est évaluée à 37 millions de tonnes, environ 3 millions de tonnes de moins qu'en 1998. Parmi les grands producteurs de la CE, on signale d'autres réductions notables au Danemark, en Espagne et en Allemagne. On prévoit maintenant une production globale de céréales secondaires de 101,6 millions de tonnes, soit 4 pour cent de moins que l'an dernier. La récolte du riz de 1999 est en cours dans la CE et on s'attend à une production proche de l'estimation officielle de l'an dernier (2,6 millions de tonnes).

ALBANIE (11 novembre)

On estime que la production céréalière de 1999 est tombée à environ 0,5 million de tonnes (dont 0,3 million de tonnes de blé). Le mauvais temps a compromis les semis de blé d'automne et la superficie sous céréales continue à être limitée du fait de l'abandon des céréales traditionnelles par les agriculteurs au profit de cultures commerciales plus lucratives. Une aide alimentaire est toujours distribuée aux réfugiés kosovars restants et aux groupes vulnérables.

BÉLARUS (3 novembre)

Selon les rapports officiels, la récolte globale de céréales et de légumineuses de 1999 ne dépassera pas 3,7 millions de tonnes. Cette production exceptionnellement faible est due aux graves problèmes économiques auxquels s'est ajouté le mauvais temps (gelées en mai, temps chaud et sec en juin et juillet). Compte tenu de la forte inflation, de l'intervention de l'État sur le marché et des pénuries en résultant pour la plupart des articles entrant dans le circuit officiel de distribution, il est probable que le niveau réel de la production est plus élevé. D'après les données officielles, les rendements des pommes de terre, des légumes et des plantes fourragères sont également en baisse, et le nombre de têtes de bétail diminue. La récolte de céréales étant médiocre pour la deuxième année consécutive, avec un volume inférieur de près de 25 pour cent à celui de l'an dernier, le pays aura besoin, d'après les rapports officiels, de 100 millions de dollars pour pouvoir importer jusqu'à 1,5 million de tonnes de céréales, dont 0,5 million de tonnes de céréales alimentaires. Il n'est pas certain qu'il soit possible de mobiliser les grandes quantités de céréales fourragères nécessaires. Les importations céréalières globales de 1999/2000 sont provisoirement estimées à 1,2 million de tonnes. La demande de produits animaux reste forte, principalement en vue de l'exportation vers la Fédération de Russie en règlement du combustible fourni, mais le manque de devises limite les importations de céréales fourragères. Au 1er janvier 2000, la valeur du rouble bélarussien sera redéfinie, un nouveau rouble équivalant à 1 000 anciens roubles.

BOSNIE-HERZÉGOVINE* (3 novembre)

Il semblerait que la récolte de céréales de 1999 soit proche des 1,1 million de tonnes de l'an dernier. Les superficies ensemencées en maïs de printemps ont augmenté, mais l'arrivée inopportune des pluies a fait baisser les rendements. Les emblavures consacrées aux cultures d'hiver sont restées stables. L'économie a subi le contrecoup des troubles civils qui ont sévi dans la région, mais il semblerait que les cultures et, de façon générale, les approvisionnements alimentaires n'aient pas été excessivement perturbés.

BULGARIE (11 novembre)

D'après les dernières estimations (officielles), la production de blé de 1999 serait de 3 millions de tonnes, soit plus que les prévisions précédentes mais moins que celle de l'an dernier et que la moyenne. Ce recul est imputable dans une large mesure à la réduction des emblavures et à une utilisation moindre d'engrais. On signalait début novembre que les semis de blé d'hiver, qui sera récolté en 2000, étaient bien avancés, 600 000 hectares environ étant déjà ensemencés dans des conditions généralement favorables. Les semis sont en avance par rapport à l'an dernier et les emblavures devraient atteindre au total environ 1 million d'hectares. Par ailleurs, quelque 150 000 hectares ont été ensemencés en orge.

CROATIE (4 novembre)

La récolte des céréales de 1999 a diminué de plus d'un tiers, tombant à 2,1 millions de tonnes, en raison des problèmes économiques qui ont entraîné une réduction des superficies ensemencées en céréales d'hiver et de printemps et de l'arrivée inopportune des pluies qui a fait baisser les rendements. D'après les premières indications, la superficie sous blé d'hiver, qui sera récolté en 2000, progressera probablement par rapport aux 150 000 hectares de l'an dernier, mais, au 20 octobre, l'objectif de 293 000 hectares n'avait pas encore été atteint. Dans l'ensemble, en 1999/2000, la situation des approvisionnements céréaliers restera vraisemblablement satisfaisante, compte tenu des importants stocks de report de blé. Même avec la récolte réduite de 1999, les agriculteurs rencontrent des difficultés pour obtenir le paiement de leurs ventes aux meuneries et aux entreprises de transformation.

ESTONIE (4 novembre)

Les premières perspectives concernant les céréales d'hiver qui seront récoltées en 2000 sont satisfaisantes. La production céréalière de 1999 est officiellement estimée à 625 000 tonnes, soit environ 10 pour cent de moins qu'en 1998, la superficie ensemencée ayant été réduite du fait de la concurrence exercée par les importations. On prévoit en 1999/2000 des importations céréalières de près de 200 000 tonnes.

EX-RÉPUBLIQUE YOUGOSLAVE DE MACÉDOINE (11 novembre)

La production céréalière de 1999, estimée à 770 000 tonnes (dont 380 000 tonnes de blé), sera légèrement supérieure à celle de l'an dernier. Fin octobre, une aide alimentaire était encore distribuée aux réfugiés kosovars restants et aux familles les accueillant.

HONGRIE (11 novembre)

D'après les dernières estimations, la production de blé de 1999 serait de 2,6 millions de tonnes, soit près de 50 pour cent de moins qu'en 1998. Ce fléchissement est dû à la nette réduction des emblavures et aux fortes pluies et inondations. En revanche, on estime que la production de céréales secondaires progressera légèrement, l'accroissement de la récolte de maïs compensant largement la réduction enregistrée pour les autres céréales secondaires. On indiquait fin octobre que les semis des céréales d'hiver se déroulaient normalement et que 60 pour cent des 1,1 million d'hectares prévus avaient déjà été ensemencés en blé.

LETTONIE (4 novembre)

La superficie ensemencée en céréales d'hiver ayant été réduite en raison des faibles cours des céréales, la production céréalière de 1999 devrait chuter de 5 pour cent et tomber à 925 000 tonnes. Le commerce privé des céréales n'est pas encouragé et les agriculteurs les utilisent pour l'alimentation dans leur exploitation ou les vendent aux meuneries. Les prix officiels d'intervention sont cette année de 67 lats pour le blé et le seigle de qualité extra. Ce chiffre est supérieur aux prix du marché (de 60 à 63 lats), mais le volume qui sera acheté est fonction des fonds disponibles. En raison des coûts de production élevés (vieilles installations, petites exploitations, etc.), les exportations, de céréales comme de viande, ne sont pas compétitives même si de petites quantités font l'objet de troc. Les importations sont limitées à environ 70 000 tonnes par an, principalement du blé panifiable.

LITUANIE (4 novembre)

On estime que la production de céréales de 1999 a chuté de près de 25 pour cent, tombant à 2,1 millions de tonnes, sous l'effet d'une réduction de 11 pour cent des emblavures et de la baisse des rendements. Les faibles cours des céréales et la récession enregistrée dans le secteur de l'élevage après la dévaluation du rouble russe, ainsi que l'accumulation de bétail et de stocks céréaliers, ont contribué à la réduction des emblavures. En revanche, les superficies consacrées aux oléagineux et aux pâturages permanents ont augmenté. Malgré la baisse de production, la situation générale des approvisionnements alimentaires restera vraisemblablement satisfaisante compte tenu des importants stocks de report de céréales.

POLOGNE (11 novembre)

La production céréalière de 1999 est estimée à environ 26,5 millions de tonnes, chiffre quelque peu inférieur à la récolte exceptionnelle de l'an dernier, mais supérieur à la moyenne des cinq dernières années.

RÉPUBLIQUE DE MOLDOVA (4 novembre)

A cause des difficultés rencontrées pour écouler la récolte de l'an dernier et des mauvaises conditions de végétation, la superficie ensemencée en céréales et les rendements moyens ont diminué. On prévoit que la production céréalière globale de 1999 tombera à 2,1 millions de tonnes (contre 2,5 millions de tonnes en 1998) du fait de la réduction de 11 pour cent des superficies sous blé et du temps sec, qui a nui aux céréales de printemps. Malgré cette récolte réduite, la production céréalière de 1999 suffira à couvrir les besoins alimentaires du pays et on ne prévoit pas d'importations commerciales de céréales en quantités notables pendant la campagne de commercialisation de 1999/2000 (juillet/juin). Cependant, le rythme des achats de céréales panifiables par les pouvoirs publics est lent. Il est prévu d'acheter 100 000 tonnes de blé alimentaire provenant de la récolte de cette année à 91 dollars la tonne, mais à ce jour 42 000 tonnes seulement ont été obtenues.

RÉPUBLIQUE SLOVAQUE (11 novembre)

La production céréalière de 1999 est estimée à environ 3,4 millions de tonnes, un peu moins que l'an dernier et légèrement au-dessous de la moyenne des cinq dernières années. La nette réduction de la production de blé, tombée à 1,2 million de tonnes, n'a été que partiellement compensée par une récolte de céréales secondaires plus importante (principalement orge et maïs).

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE (11 novembre)

D'après les dernières estimations officielles, la production céréalière globale de 1999 atteindrait 6,9 millions de tonnes, chiffre légèrement supérieur à celui de l'an dernier, l'amélioration des rendements ayant largement compensé la réduction des emblavures. Sur ce total, on estime que le blé représentera un peu plus de 4 millions de tonnes.

ROUMANIE (11 novembre)

La production céréalière de 1999 est estimée à environ 16,5 millions de tonnes. D'après les prévisions actuelles, la récolte de blé ne serait que de 4,6 millions de tonnes, contre 5,2 millions de tonnes l'an dernier, en raison de la réduction des semis et également des dégâts causés aux cultures par les inondations et les pluies torrentielles de l'été. En revanche, la production de maïs d'été devrait se redresser par rapport au faible volume de l'an dernier, atteignant environ 10 millions de tonnes. Les semis de blé d'hiver sont bien avancés et devraient couvrir cet automne quelque 1,3 million d'hectares.

RUSSIE, FÉDÉRATION DE (4 novembre)

La production de cette année devrait être supérieure à la récolte médiocre de l'an dernier, en dépit de la forte réduction des emblavures et des infestations d'acridiens dans certaines régions. Malgré des conditions de végétation inégales, les rendements ont été dans l'ensemble supérieurs de 8 pour cent à ceux de l'an dernier. Ils ont été nettement plus élevés dans la région allant du nord du Caucase à l'Oural et dans une partie de la Sibérie orientale. A l'est de l'Oural, les conditions de végétation ont été meilleures dans l'ensemble, mais l'inflation, la pénurie d'intrants et l'arrivée inopportune des pluies dans certaines régions ont entraîné des retards dans la récolte et une baisse des rendements par rapport à l'an dernier. D'après les prévisions émanant de sources officielles, la production de céréales et de légumineuses de 1999 serait de 58 millions de tonnes (poids brut) ou de 53 millions de tonnes (poids nettoyé). Cependant, compte tenu des politiques restrictives en matière de commercialisation des céréales et des difficultés de trésorerie, de l'avis général, les évaluations de la production sont sous-estimées de 10 à 20 pour cent. La FAO prévoit donc pour 1999 une production céréalière d'environ 59 millions de tonnes, soit 11 millions de tonnes de plus que le chiffre officiel pour 1998. La superficie totale ensemencée en céréales a chuté de 8 pour cent, tombant à 46,8 millions d'hectares. Ce recul est imputable aux pertes plus importantes dues au gel en 1999 (2,75 millions d'hectares contre 2,1 millions d'hectares en 1998) et à la diminution de 3 millions d'hectares des emblavures de printemps, qui ont été ramenées à 35,4 millions d'hectares. De plus, la superficie récoltée a été encore réduite à cause du temps chaud et sec de cet été. En 1999/2000, la situation des approvisionnements céréaliers restera tendue, sans qu'il soit possible de reconstituer les stocks après les importantes ponctions de l'année dernière. En outre, comme les problèmes économiques et les politiques adoptées ont pour effet de décourager les agriculteurs, on ne peut guère espérer une amélioration notable de la production l'année prochaine. En conséquence, les difficultés d'approvisionnement persisteront probablement et il faudra en priorité satisfaire les besoins de consommation humaine. Il y a lieu de s'attendre à ce que des pressions continuent à être exercées sur le secteur de l'élevage. La FAO estime les besoins céréaliers minimums pour 1999/2000 à 70 millions de tonnes (dont 1 million de tonnes de légumineuses). En regard de ces besoins, les disponibilités céréalières, le riz étant exprimé en équivalent usiné et les stocks d'ouverture étant pris en compte, sont estimées à 63 millions de tonnes, ce qui laisse des besoins d'importation d'au moins 6 millions de tonnes, qui seront couverts par les importations commerciales et par l'aide alimentaire. Environ 2,7 millions de tonnes d'aide alimentaire annoncée en 1998/99 (1,5 million de tonnes de blé, 125 000 tonnes de riz, environ 800 000 tonnes de maïs et 300 000 tonnes de seigle) restent à livrer, ce qui laisse 3,2 millions de tonnes à couvrir par des importations commerciales. En 1995/96 et en 1996/97, entre 3,7 et 4 millions de tonnes de céréales avaient été obtenues à des conditions commerciales. Grâce à la bonne récolte et aux importants excédents exportables (allant jusqu'à 7 millions de tonnes) du Kazakhstan, pays voisin, il devrait être possible d'atteindre ce volume d'importations commerciales en 1999/2000. Compte tenu des difficultés d'approvisionnement et des problèmes de distribution, le gouvernement a demandé plus de 4 millions de tonnes d'aide alimentaire en céréales, dont 1 million de tonnes de blé de qualité alimentaire et 1 million de tonnes de fèves de soja. La fourniture d'une si grande quantité d'aide alimentaire additionnelle pour la deuxième année consécutive risque de créer une dépendance. Cependant, étant donné que parallèlement aux problèmes de distribution, il y a pénurie de céréales fourragères, il pourrait être possible d'apporter une aide sous forme de maïs ainsi que de fèves et de farine de soja, qui n'entrent pas directement en concurrence avec la production intérieure. La crise humanitaire qui frappe actuellement la Tchétchénie a entraîné le déplacement d'environ 250 000 personnes, essentiellement vers la république voisine d'Ingoutchie. Le Gouvernement d'Ingoutchie, petit pays comptant 300 000 habitants, a demandé une aide internationale pour fournir des vivres et des abris à un grand nombre de réfugiés. Ces derniers ont un besoin urgent d'aide humanitaire, de vivres, d'abris, de couvertures et de fournitures sanitaires. Leur situation deviendra de plus en plus critique à mesure que l'hiver avancera. L'intensification de l'action militaire en Tchétchénie a entraîné des pertes humaines et causé de graves dégâts à l'infrastructure, aux biens et à l'agriculture. Les souffrances des réfugiés en Ingoutchie et dans les autres régions voisines sont un sujet de préoccupation immédiat, mais également la détérioration rapide de la sécurité alimentaire de la population civile bloquée à Grozny, la capitale. Une importante aide humanitaire sera nécessaire dans les prochains mois. Les perspectives concernant les céréales d'hiver, qui seront récoltées au printemps 2000, ne sont pas favorables. Environ 12,4 millions d'hectares ont été ensemencés, contre 13,2 millions à la même époque l'an dernier.

SLOVÉNIE (11 novembre)

La production céréalière de 1999 est estimée à environ 500 000 tonnes (dont 155 000 tonnes de blé), chiffre inférieur de 15 pour cent à la bonne récolte de l'an dernier et inférieur à la moyenne des cinq dernières années. La superficie ensemencée en blé d'hiver a reculé et on signale que le mauvais temps de cet été a eu un effet préjudiciable sur les rendements.

UKRAINE (4 novembre)

Il semblerait que la production céréalière globale de 1999 soit aussi médiocre que celle de ces dernières années (29 millions de tonnes). Ce mauvais résultat est principalement imputable au temps sec de juin et de juillet, qui a exacerbé les effets des difficultés économiques, des pénuries d'intrants, des graves infestations de plantes adventices et des gelées tardives de mai. À condition que la récolte de maïs de 1999 atteigne 1,5 million de tonnes, ce qui est probable, la production globale de céréales et de légumineuses de 1999 sera de 28,4 millions de tonnes (prévisions de la FAO), soit près de 1 million de tonnes de moins que la récolte de l'an dernier. La production de blé est provisoirement estimée par la FAO à 16 millions de tonnes, soit environ 1 million de moins que l'an dernier, et celle de céréales secondaires à 11,7 millions de tonnes, contre 11,4 millions l'année précédente. Cette année encore, de nombreuses régions ont exercé des contrôles sur la circulation des céréales, et le gouvernement et les autorités régionales se sont efforcées d'obtenir des agriculteurs le remboursement de leurs dettes, ce qui a eu probablement pour conséquence une sous-évaluation des rendements réels. La validité des estimations de la récolte de cette année pourrait également avoir été infirmée par les récentes élections, par les rumeurs persistantes de dévaluation de l'hryvnia après les élections et par la publicité faite autour des interventions du gouvernement visant à réglementer les exportations céréalières. Néanmoins, il ne fait guère de doute que la récolte de 1999 sera médiocre pour la deuxième année successive. Il semblerait que la superficie ensemencée en cultures d'hiver ait atteint 7,9 millions d'hectares (dont 7,1 millions dans les ex fermes d'État). Les conditions de végétation n'ont pas été bonnes pour les céréales d'hiver, mais elles se sont améliorées ces dernières semaines. Malgré une autre récolte médiocre, la situation des approvisionnements alimentaires restera probablement satisfaisante. Même à ce niveau réduit, la production intérieure de blé dépasse de beaucoup les besoins globaux de consommation humaine. Le pays a exporté en 1998/99 5,8 millions de tonnes de céréales, dont 4,4 millions de tonnes de blé. D'après les rapports officiels, en octobre, le pays avait déjà exporté 1,9 million de tonnes de céréales provenant de la récolte de cette année, dont 1,5 million de tonnes de blé. Cependant, la disponibilité des aliments du bétail restera fortement limitée. Selon les indications actuelles, il est plus rentable d'exporter des céréales fourragères que de les vendre sur le marché intérieur, et les exportations céréalières se poursuivront probablement en 1999/2000, mais à un niveau réduit. Selon les prévisions préliminaires de la FAO, elles se monteraient à 3,8 millions de tonnes, dont 2,3 millions de tonnes de blé.

YOUGOSLAVIE, RÉP. FÉDÉRATIVE DE (SERBIE ET MONTÉNÉGRO)* (4 novembre)

D'après les rapports officiels, les rendements nettement plus élevés des céréales de printemps ont compensé la réduction des emblavures, d'où une production céréalière globale de 8,6 millions de tonnes en 1999, contre 8,7 millions de tonnes en 1998. La récolte de blé s'établit à 2,2 millions de tonnes seulement, soit 27 pour cent de moins que l'an dernier. La baisse des rendements moyens, de quelque 15 pour cent, a amplifié l'effet de la réduction des emblavures de l'automne. Les superficies sous blé d'hiver sont tombées à environ 700 000 hectares, en raison principalement des difficultés économiques, en particulier l'inflation rapide et les pénuries d'intrants, ainsi que de l'arrivée inopportune de pluies persistantes au moment des semis et de la récolte. Selon les estimations officielles, la récolte de maïs de 1999 serait comprise entre 5,8 et 6 millions de tonnes. Les semis de printemps ont été considérés comme une priorité stratégique. D'après les rapports officiels, l'objectif fixé pour la superficie sous cultures de printemps - 2,5 millions d'hectares, dont 1,5 million d'hectares de céréales secondaires - a été atteint, malgré les inondations de juillet, les pénuries chroniques de fonds et d'intrants à usage agricole, les problèmes au niveau de la main-d'oeuvre agricole et les dégâts causés aux champs et aux infrastructures. S'agissant de la superficie consacrée aux cultures d'hiver, qui seront récoltées au printemps 2000, l'objectif est fixé à 1,1 million d'hectares. Cet objectif comprend 850 000 hectares de blé (la superficie réelle en 1998/99 était plus proche de 700 000 ha) et 150 000 hectares d'orge (130 000 ha en 1998/99). Les pénuries chroniques d'engrais et de produits chimiques à usage agricole feront également baisser les rendements, ce qui laisse présager une autre récolte médiocre de blé l'année prochaine. D'importants stocks de report de la campagne 1998/99 sont disponibles. Même si, selon les estimations officielles, la situation générale des approvisionnements céréaliers devrait rester satisfaisante, un grand nombre de personnes économiquement et socialement défavorisées et de personnes déplacées à l'intérieur du pays auront besoin pour passer l'hiver d'une assistance ciblée, comprenant non seulement des vivres mais aussi des abris et du chauffage. On estime qu'environ 825 000 personnes économiquement et socialement vulnérables auront besoin de 74 300 tonnes d'aide alimentaire pendant six mois. Dans la province du Kosovo, la production de l'ensemble des cultures a été gravement perturbée par les hostilités et les vastes déplacements de population. D'après les prévisions de la mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue sur place en août, la production de blé de la province en 1999 serait d'environ 113 000 tonnes, soit 65 pour cent de moins que la production estimative de 1997, ce qui couvrira seulement 30 pour cent des besoins intérieurs. La production de maïs prévue, 57 000 tonnes, représente seulement 20 pour cent du niveau moyen. En outre, la récolte normale des légumes du printemps et de l'été a été presque nulle, et il y a eu de nombreux cas de pillage et d'abattage de bétail. Ces pertes auront des conséquences nutritionnelles et économiques au cours de l'année à venir. Bien que la République de Serbie soit un exportateur net de céréales, les importations de blé dont la province du Kosovo aura besoin pendant la campagne de commercialisation de 1999/2000 sont estimées à 228 000 tonnes; puisque 143 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence restent à livrer d'ici la fin de 1999, le déficit devant être couvert par les importations se monte encore à environ 85 000 tonnes.

AMÉRIQUE DU NORD

CANADA (11 novembre)

Fin octobre, la récolte de blé de 1999 était dans l'ensemble terminée, un peu en retard par rapport à la normale en raison du temps frais et pluvieux de la campagne. Pour les récoltes engrangées plus tard, on signale une baisse des rendements due aux dégâts causés par le gel. Selon les dernières prévisions officielles, la production de blé de 1999 serait de 25,9 millions de tonnes, soit environ 7 pour cent de plus que l'an dernier mais quelque 5 pour cent de moins que la moyenne sur 10 ans. La production globale de céréales secondaires devrait fléchir en 1999, pour tomber à 25,8 millions de tonnes, chiffre inférieur de 3 pour cent à celui de l'an dernier mais supérieur de 6 pour cent à la moyenne sur 10 ans.

ÉTATS-UNIS (11 novembre)

Selon le rapport de novembre du Ministère fédéral de l'agriculture, la production globale de blé (hiver et printemps) de 1999 serait de 62,8 millions de tonnes, volume inférieur d'environ 10 pour cent à celui de 1998 et légèrement au-dessous de la moyenne des cinq dernières années. On signalait le 7 novembre que plus de 90 pour cent des semis du blé d'hiver, qui sera récolté l'année prochaine, étaient achevés, ce qui est à peu près normal à cette phase de la campagne. L'état général des cultures est cependant un peu moins satisfaisant que l'année précédente, ce qui s'explique essentiellement par le temps sec persistant des dernières semaines, en particulier dans les plaines du sud et dans le nord-ouest le long de la côte du Pacifique. On estimait le 7 novembre que l'état de 50 pour cent des cultures était "bon ou excellent", proportion inférieure aux 66 pour cent de l'an dernier et la pire depuis 1992. De grandes incertitudes demeurent à propos de la superficie finale ensemencée en blé cet automne. Les nouveaux cours du blé en vigueur (cours à terme) étant inférieurs à ceux de l'année dernière à la même période, il n'est guère intéressant pour les agriculteurs d'accroître les emblavures et ils pourraient continuer à se tourner vers des cultures de remplacement pour s'assurer de meilleurs revenus. Les perspectives de récolte concernant les céréales secondaires de 1999 restent en général satisfaisantes. Selon les prévisions de novembre du Ministère fédéral de l'agriculture, la production globale de céréales secondaires s'établirait à 266 millions de tonnes, c'est-à-dire environ 6 millions de tonnes de moins que l'an dernier. Début novembre, la récolte de maïs était pratiquement achevée et les dernières estimations de la production ont été revues légèrement à la hausse pour atteindre 242 millions de tonnes. À ce niveau, la production resterait cependant inférieure d'environ 2 pour cent à celle de l'an dernier. On prévoit également que les récoltes d'orge, d'avoine et de seigle fléchiront quelque peu par rapport à 1998, mais une récolte de sorgho plus importante est attendue. L'estimation de la production de paddy de 1999 reste inchangée, à un niveau record de 9,6 millions de tonnes.

OCÉANIE

AUSTRALIE (11 novembre)

Les dernières informations confirment qu'une autre récolte exceptionnelle de blé est attendue. L'arrivée des pluies en temps voulu, début octobre, dans la plupart des régions productrices de blé des États de l'est a donné un coup de pouce au rendement potentiel des cultures, dont l'état était déjà satisfaisant. D'après les dernières prévisions officielles, la récolte de blé de 1999 serait de 21,9 millions de tonnes, chiffre supérieur d'environ 4 pour cent à celui de l'an dernier et bien au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Les pluies récentes ont été également bénéfiques aux cultures de céréales secondaires d'hiver (principalement orge et avoine). Cependant, en raison des emblavures réduites de ces deux dernières cultures, et malgré les bonnes récoltes des céréales secondaires d'été (sorgho et maïs) engrangées précédemment, la production globale de céréales secondaires de 1999 devrait se tasser quelque peu, passant à environ 8,1 millions de tonnes contre 8,9 millions en 1998. En Australie, les travaux de préparation pour la campagne de riz de 2000 sont en cours et, selon les prévisions officielles, la production serait de 1,3 million de tonnes sur une superficie d'environ 150 000 hectares. Cependant, le résultat final sera dans une large mesure fonction de la disponibilité d'eau pour l'irrigation en Nouvelle-Galles du Sud, où la majeure partie du riz est produit.

PAPOUASIE NOUVELLE-GUINÉE (4 novembre)

Les perspectives de récolte sont bonnes, principalement pour les racines et tubercules, après les pluies bénéfiques qui sont tombées pendant la période de végétation. Cependant, la situation des approvisionnements alimentaires sera probablement précaire pour les groupes vulnérables et pour ceux dont les récoltes ont été détruites par la sécheresse qui a sévi précédemment cette année.


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