SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

RAPPORT SPÉCIAL

SITUATION DES CULTURES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES EN GÉORGIE

10 décembre 1999

1. Résumé

Le présent rapport présente les conclusions d'une mission FAO d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires qui s'est rendue en Géorgie du 12 au 21 novembre 1999 avec le soutien logistique du PAM. Cette mission avait pour but d'obtenir des estimations à jour de la production vivrière pour 1999, de déterminer les principaux obstacles à l'accroissement de la production vivrière et d'évaluer les perspectives en ce qui concerne les cultures et les approvisionnements alimentaires pour l'an 2000. La mission a bénéficié de l'assistance des gouvernements, des organisations des Nations Unies travaillant dans le pays, de TACIS (programme de la Commauté européenne d'assistance technique aux pays de la CEI), de la Banque mondiale et de nombreuses ONG.

La production agricole de la Géorgie s'est nettement redressée en 1999, du fait essentiellement d'une très nette amélioration des conditions de croissance des cultures, de la disponibilité accrue d'intrants (engrais, semences et crédit), de l'impact des projets d'assistance technique et de la remise en état localisée des systèmes d'irrigation. Toutefois, loin d'être le moteur du redressement économique de la Géorgie, l'agriculture est à la traîne, la production agricole augmentant plus lentement que celle des autres secteurs depuis 1993. Les revenus ruraux n'ont pas progressé pendant cette période de forte croissance du PIB.

L'un des principaux obstacles à l'accroissement de la production agricole est la transition partielle - qui en est aujourd'hui au point mort - vers une économie de marché. La privatisation incomplète des terres, l'absence de transparence des procédures et des conditions de la privatisation des échanges et de la commercialisation, l'absence d'une distinction claire entre les rôles respectifs du secteur privé et du gouvernement et les carences institutionnelles expliquent la lenteur de la reprise et l'atonie des investissements. Le fait que le gouvernement est toujours impliqué indirectement ou directement dans la fourniture d'intrants et les échanges commerciaux empêche la formulation et la mise en _uvre de politiques transparentes visant à développer le secteur agricole dans son ensemble. Les agriculteurs sont toujours coupés des marchés urbains en pleine expansion et des marchés d'exportation, au détriment de la capacité du secteur agricole à générer des fonds pour son fonctionnement et son développement. La mauvaise alimentation en courant des zones rurales est un autre obstacle majeur.

La superficie totale cultivée est en augmentation mais, après avoir atteint un record en 1997, la superficie ensemencée en blé décline régulièrement au profit de cultures plus rentables (tournesol, pommes de terre, légumes et maïs) et à cause de la concurrence des importations. L'efficacité des incitations à la production de blé est également compromise par l'absence de politiques cohérentes en matière de production, commerce et commercialisation du blé et l'afflux de grandes quantités de blé de contrebande via l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie et l'Adjarie.

D'après les prévisions de la FAO, la production céréalière de 1999 atteindrait 880 000 tonnes, soit une hausse de 17 pour cent par rapport à la mauvaise récolte de l'an dernier et malgré une diminution de 9 pour cent des superficies ensemencées. La ponctualité des pluies, l'amélioration de l'accès des agriculteurs aux intrants et le meilleur entretien des cultures par les agriculteurs privés expliquent les rendements plus élevés. Toutefois, les rendements moyens sont encore inférieurs aux possibilités, du fait que les agriculteurs n'ont pas suffisamment accès au crédit pour se procurer des semences de bonne qualité, des engrais, des herbicides, des machines agricoles et compte tenu du mauvais état des systèmes d'irrigation et de drainage. La production de pommes de terre, de légumes, de tournesol et de thé a également progressé en 1999, mais celle de fruits et d'agrumes a continué à baisser, en l'absence d'un système de commercialisation et de transformation des produits agricoles efficace. La production de lait et d'_ufs est en expansion, tandis que celle de viande est restée stable à cause de problèmes de santé animale.

Le secteur demeure déprimé et coincé dans un scénario faible apport d'intrants-production médiocre, puisque l'accès au marché et aux ressources est limité. Le régime fiscal n'incite pas à produire pour le marché et inciterait même à sous-estimer la production. Toutefois, il existe un noyau de plus en plus important d'exploitations agricoles qui fonctionnent de manière plus efficace. La multiplication des coopératives de crédit rural est également un signe positif. Le redressement du secteur des boissons (eau minérale, vin, thé, etc.) est en cours et des semences de blé de qualité garantie sont désormais disponibles. Les projets financés par des donateurs ont également des effets positifs dans des zones limitées. Toutefois, les conditions atmosphériques resteront le principal facteur déterminant la production jusqu'à ce que les systèmes de drainage et d'irrigation soient remis en état. On notera, en outre, qu'un redressement durable n'est possible qu'à condition que les questions de propriété terrienne soient résolues, que l'agro-industrie soit revitalisée et que la capacité financière du secteur s'améliore.

Il n'y a pas de pénuries sur les marchés ruraux ou urbains et bien que la population soit dans l'ensemble pauvre, il n'y a pas de malnutrition aiguë, même parmi les enfants. Grâce à la libéralisation du commerce et des prix du blé et surtout à l'augmentation des importations, la situation des approvisionnements en céréales et en pain s'est améliorée. La demande croissante de denrées alimentaires de valeur plus élevée, associée à une accélération de la hausse des revenus dans les zones urbaines, est presque entièrement satisfaite par les importations, notamment de produits transformés et de volaille, mais aussi de pommes de terre et d'autres produits frais. Les importations officielles de denrées alimentaires, de boissons et de tabac représentent 15 à 20 pour cent des importations officielles totales.

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2. ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION ALIMENTAIRE

2.1 Cadre macro-économique et politique

Les réformes macro-économiques et l'amélioration de la stabilité politique depuis 1994 ont permis d'enrayer le déclin économique brutal enregistré depuis 1990 et d'assurer une croissance soutenue du PIB entre 1995 et 1997. Toutefois, cette croissance s'est nettement ralentie en 1998 (passant de 11 pour cent en 1997 à 3 pour cent environ en 1998), la crise financière russe ayant exacerbé les problèmes internes persistants, notamment la mauvaise gestion fiscale. La croissance résulte essentiellement de la croissance des services, de la construction de routes et d'oléoducs et des télécommunications. Entre 1995 et 1998, le ratio des exportations aux importations a diminué régulièrement, passant de moins de 40 pour cent à un peu moins de 20 pour cent. En 1997 et 1998, 20 et 15 pour cent respectivement de la valeur totale des importations officielles étaient constitués de denrées alimentaires et de boissons/tabac. En outre, les importations illégales ont été importantes. La production industrielle (agro-industrie notamment) continue à décliner et en 1998 elle ne représentait plus que 10 pour cent du PIB total, contre 30 pour cent en 1990. La part de l'agriculture dans le PIB a connu d'importantes fluctuations, passant de 29 pour cent en 1990 à 70 pour cent en 1993 pour retomber à 35 pour cent environ en moyenne au cours des cinq dernières années et à 25 pour cent seulement en 1998, en raison, dit-on, des mauvaises conditions atmosphériques. Bien que la production du secteur agricole ne représente plus que 70 pour cent environ de la production de 1990, l'emploi dans le secteur a pratiquement doublé et représente désormais plus de 50 pour cent de l'emploi total. Les revenus ruraux sont restés pratiquement stables pendant la récente période de forte croissance, en raison essentiellement d'un accès inégal aux intrants complémentaires de la main-d'_uvre, des obstacles au remembrement, d'un accès insuffisant aux marchés, de la rareté du crédit rural et de la modicité des revenus non agricoles. L'alimentation en gaz et en électricité varie énormément, allant de 10 heures environ par jour dans les grandes villes à 2 heures seulement la nuit dans les zones rurales.

La monnaie locale, le "lari", dévaluée en décembre 1998, a perdu plus d'un tiers de sa valeur mais s'est néanmoins appréciée par rapport au rouble et à la lire turque. Étant donné que la Fédération de Russie voisine demeure un partenaire économique important, l'économie est directement affectée par la situation dans ce pays. La crise financière de 1998 a contribué à accroître le déséquilibre de la balance des paiements, dans la mesure où elle a entraîné une réduction des exportations vers la Fédération de Russie et des envois de fonds en provenance de ce pays, tandis que les importations enregistraient une forte hausse.

La privatisation des petites entreprises et la libéralisation des prix et du commerce ont sensiblement progressé, bien que dans de nombreux cas la propriété des moyennes et grandes entreprises ne soit pas claire et que l'influence du gouvernement demeure importante. L'absence de transparence dans les procédures et dans les transactions, une concurrence injuste et la non-application des lois sont autant d'obstacles au développement de l'économie de marché et à un investissement pourtant bien nécessaire dans tous les secteurs, notamment l'agro-alimentaire. La production intérieure, tant agricole qu'industrielle, souffre également de faiblesses dans l'application des règlements douaniers, de l'inadaptation des procédures d'octroi de licence et du système fiscal. Des taux d'imposition élevés incitent à l'évasion fiscale et une grande partie de l'activité économique reste souterraine, au détriment des finances publiques et de la fiabilité des données statistiques. Les intrants importés à des conditions commerciales sont soumis à des droits de 34,7 pour cent et le système de dégrèvement fiscal lié à la valeur ajoutée n'est pas opérationnel. Les incitations à accroître la production commercialisée se heurtent également à la TVA de 20 pour cent sur la production commercialisée, lorsque le chiffre d'affaires annuel dépasse 35 000 laris (soit 17 000 dollars E.-U. environ).

La production vivrière demeure déprimée malgré les lois et règlements tendant à supprimer la plupart des subventions aux prix, à démanteler le système étatique, à libéraliser les prix, le commerce et les taux de change et à privatiser les terres. Malgré ces réformes, le gouvernement reste impliqué dans les activités économiques, notamment dans le commerce et la fourniture d'intrants (tels que machines agricoles, engrais, semences et crédit) aux agriculteurs. Selon le rapport sur le développement humain du PNUD - Géorgie 1999, "dans un pays où la distinction entre les intérêts des entreprises privées et ceux des bureaux gouvernementaux reste vague dans le meilleur des cas, où la primauté du droit est loin d'être respectée, où les oligopoles contrôlent ce qui aurait dû être des marchés concurrentiels et où la contrebande est généralisée, la suppression des contrôles gouvernementaux sur les prix ne suffit pas à assurer la réalisation des principaux objectifs de la libéralisation des prix, à savoir fournir aux agents économiques des informations sur des véritables coûts d'opportunité".1

2.2 Privatisation des terres

La privatisation des terres ne vise que le secteur des petites exploitations (familiales/de subsistance) et la restructuration des anciennes fermes d'État n'a guère progressé. La réforme foncière a eu deux aspects: l'allocation de petites parcelles de terre d'une superficie maximale de 1,25 hectare à chaque famille rurale et l'affermage, par les autorités locales, de terres de l'État à des personnes ou à des entités juridiques. L'objectif était de créer un secteur de subsistance pour les petits agriculteurs et un secteur commercial contrôlé par les gros exploitants. En avril 1999, 918 000 hectares avaient été transférés à 1 026 000 familles, tandis que 825 000 hectares avaient été affermés par l'État à 46 000 entités. Sur la superficie totale cultivée, 631 500 hectares (soit 58 pour cent) ont été privatisés, 294 000 hectares sont affermés et 155 000 ne sont ni affermés, ni privatisés. Tous les agriculteurs doivent payer la taxe foncière, mais le droit de tenure à bail est identique à la taxe foncière et versé à la même autorité, de sorte que le fermage est pratiquement gratuit. Sans compter les terres agricoles situées dans des zones contestées, notamment en Abkhazie, près de 1,2 million d'hectares de terres agricoles (dont 1 061 millions d'hectares de pâturages) ne sont ni distribués, ni affermés.

Les exploitations agricoles sont de deux types: petites parcelles très fragmentées en propriété privée ou grosses exploitations, qui sont souvent d'anciennes fermes d'État restructurées, louées à bail pour dix ans. Si de nombreuses exploitations familiales sont trop petites pour faire l'objet d'améliorations techniques ou économiques, elles sont cependant pleinement cultivées. En revanche, les grosses exploitations exigent d'avoir accès au capital et aux machines pour être opérationnelles et ont tendance à être sous-utilisées faute de crédit. La moitié environ seulement des terres louées à bail sont effectivement ensemencées. Rien n'indique à présent que les petits agriculteurs privés qui commercialisent une partie de leur récolte directement sur les marchés ruraux sont moins productifs que beaucoup de gros exploitants qui bénéficient parfois d'un accès préférentiel aux intrants et au crédit de la part du gouvernement. Ce système double de propriété foncière et la mise en place progressive d'un système d'enregistrement des terres font obstacle à l'émergence d'un marché foncier, à l'utilisation efficace de ressources en terre insuffisantes et à l'investissement. La remise en état des systèmes d'irrigation et de drainage et la constitution d'associations d'utilisateurs de l'eau opérationnelles sont également entravées.

2.3 Autres contraintes

Les agriculteurs sont libres de choisir les cultures qu'ils sèment et les marchés sur lesquels ils les vendent, mais petits ou gros exploitants, ils sont confrontés à de graves difficultés financières et matérielles qui limitent leurs choix. Les effets des contraintes institutionnelles varient selon le degré d'influence. La plupart des agriculteurs ont des terres mais peu de machines agricoles et manquent de ressources en espèces pour acheter les intrants nécessaires. La disponibilité d'intrants (à l'exception des engrais azotés) est également insuffisante.

L'accès au crédit agricole demeure limité puisque, d'une part, la plupart des banques commerciales ne prêtent pas aux agriculteurs et, d'autre part, le coût du crédit est élevé. Les terres peuvent être vendues, affermées ou hypothéquées, mais les petites exploitations privées ne peuvent pas, du fait de leur superficie limitée, servir de garantie. En fait, seuls les agriculteurs bénéficiaires de projets financés par des donateurs ont accès en général au crédit. En ce qui concerne les intrants, même si les agriculteurs avaient les moyens de se les procurer, ils sont rarement disponibles, du fait que la production intérieure est insuffisante et leur qualité n'est souvent pas garantie2. Il est difficile également de se procurer en temps voulu des machines agricoles, car les machines opérationnelles et les pièces détachées sont rares.

La commercialisation des excédents après consommation familiale est à la fois difficile et coûteuse. Le pays a un bon potentiel de cultures à valeur élevée, telles que les fruits et légumes, pour l'exportation et la transformation. Toutefois, la compétitivité des produits frais locaux sur les marchés urbains et extérieurs est limitée par l'infrastructure insuffisante, le mauvais état du secteur de la commercialisation et de la transformation et les nombreuses taxes prélevées officieusement à intervalles réguliers tout au long de la chaîne de commercialisation.

La plupart des grosses entreprises agro-alimentaires sont fermées ou fonctionnent au ralenti. Avant 1991, l'agro-alimentaire représentait 40 pour cent de la production industrielle, l'essentiel étant exporté et l'industrie alimentaire employait 42 pour cent de la main-d'_uvre. À l'heure actuelle, 5 à 10 pour cent seulement de l'industrie alimentaire est opérationnelle. La plupart des usines de transformation sont anciennes, surdimensionnées et souvent privées de leurs pièces détachées, du fait du processus de privatisation qui a démarré tard et qui n'a pas conduit à une restructuration et à un investissement suffisants. Ceci est vrai également des grandes minoteries (privatisées) qui ont une capacité de plus de 1,1 million de tonnes par an, tandis que la production de farine était estimée officiellement à 180 000 tonnes en 1997 et à 139 000 tonnes en 1998. À ce jour, seul l'investissement étranger dans le vin, le thé, l'eau et les produits laitiers s'est matérialisé. Le contexte économique et juridique a découragé l'investissement dans d'autres industries.

La demande de produits nationaux souffre aussi du manque de transparence dans les échanges et la commercialisation ainsi que des conséquences de la fraude fiscale de grande ampleur aux frontières. Les échanges clandestins sont facilités par la complexité et le caractère arbitraire des procédures aux frontières (il serait plus facile d'introduire de la farine en contrebande que de l'importer par les voies légales) et par les tensions ethniques et politiques dans le pays. La demande de blé national est particulièrement touchée. La privatisation incomplète de certaines grandes boulangeries et minoteries a créé un marché du blé difficile à pénétrer, et les prix du pain ne réagissent donc pas aux forces du marché. Les grandes minoteries non restructurées disposent de fortes marges mais offrent des prix faibles aux agriculteurs et facturent pour la farine des prix de gros uniformes et élevés. En 1997 et 1998, le prix de la farine locale n'était déjà plus compétitif à cause de la hausse du lari par rapport à la lire turque et au rouble russe, ce qui rendait meilleur marché les importations de ces provenances. Après l'effondrement du rouble à l'automne 1998, les prix de la farine importée en Géorgie sont tombés à 40 dollars E.-U. la tonne. De plus, les droits et taxes d'importation élevés (soit 34,7 pour cent) ont provoqué l'augmentation systématique des importations illicites de farine. Des mesures ont été prises récemment pour améliorer la perception des droits de douane et des taxes à la consommation en faisant appel à une société étrangère chargée de la supervision de l'inspection des biens et services aux points d'entrée. La perception des taxes s'est améliorée en 1999 mais cette société n'a pas accès à certaines zones importantes à travers lesquelles le blé et la farine sont introduits clandestinement, en particulier l'Adjarie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Le pays n'est pas autosuffisant en blé et des importations sont nécessaires mais la régulation de celles-ci dans l'environnement actuel est extrêmement difficile. La contrebande augmente sans cesse et on estime que le volume de farine provenant clandestinement des pays voisins a atteint 300 000 à 600 000 tonnes en 1998/99, selon le niveau de la production locale de blé et la consommation de pain.

3. PRODUCTION VIVRIÈRE EN 1999

Comme il ressort du tableau 1, la superficie totale consacrée aux cultures augmente lentement à mesure que l'économie se stabilise et que les bouleversements dus à la privatisation des terres sont surmontés. Néanmoins, cette superficie est encore inférieure à celle de 1991 car les terres consacrées aux fourrages et aux cultures destinés à la transformation/exportation (fruits et thé) ont beaucoup diminué. Par contre, les problèmes persistants d'approvisionnement en pain, en particulier dans les zones rurales, et le déclin des marchés des exportations traditionnelles (agrumes, vin, légumes et thé) ont rendu la culture du blé et du maïs plus rentable et la superficie consacrée aux céréales a régulièrement augmenté jusqu'en 1997. De plus, la libéralisation des échanges et des prix du blé, la levée des subventions pour le pain, et la hausse des prix mondiaux des céréales en 1996/97 ont entraîné une augmentation sensible des emblavures, en particulier de blé d'hiver. Après 1997, toutefois, la superficie consacrée au blé a régulièrement baissé car cette culture est moins intéressante que celle du maïs et, avec des rendements faibles de 1 à 2 tonnes à l'hectare, le blé ne concurrence pas les importations, d'autant plus que les droits et taxes à l'importation ne sont pas acquittés. Les superficies consacrées au maïs ont régulièrement augmenté, car il sert à la fois pour l'alimentation humaine et pour l'alimentation animale, il faut beaucoup moins de semences que pour le blé et le maïs peut être récolté sur de petites parcelles sans moissonneuse. La superficie consacrée à des cultures plus rentables (pommes de terre, légumes et tournesol) augmente régulièrement car les agriculteurs diversifient leur production.

Le rendement moyen des cultures céréalières en 1999 est plus élevé qu'en 1991 car les terres et autres ressources ne vont plus aux cultures traditionnelles (agrumes, raisins, thé) mais aux céréales afin d'améliorer la sécurité alimentaire des ménages et à cause de l'effondrement des industries de transformation des produits agricoles orientées vers l'exportation. Toutefois, les rendements moyens de céréales sont encore faibles, en raison de l'érosion des sols, du mauvais état des systèmes d'irrigation et de drainage et de la pénurie de liquidités et de crédit pour la plupart des exploitations agricoles.

La production agricole reste très difficile à estimer. Pour l'essentiel, les données sont collectées par échantillonnage, mais les techniques sont inadéquates et les échantillons sont restreints, faute de crédits. La marge d'erreur concernant la production des cultures vivrières et les estimations de rendement est élevée (environ 20 pour cent mais elle peut aller de 10 à 50 pour cent selon les cultures). Il semble, néanmoins, que la production céréalière en 1999 se soit rétablie pour atteindre environ 880 000 tonnes, soit 17 pour cent de plus que la production estimée en 1998 et 53 pour cent de plus qu'en 1991. Les emblavures, soit 378 000 hectares, ont sensiblement diminué (moins 9 pour cent) par rapport à l'année précédente en raison de la baisse sensible des semis de blé d'hiver, ce qui s'explique par la concurrence des importations et les pénuries de semences. Les meilleurs rendements de blé ont compensé la réduction des superficies et le Ministère de l'agriculture estime officiellement la production de blé à 280 000 tonnes, contre 200 000 tonnes en 1998. La production de maïs a progressé par rapport à celle de l'année dernière qui avait été touchée par la sécheresse, mais un drainage inadéquat et une salinisation accrue des sols ont maintenu les rendements à des niveaux relativement bas. Des conditions météorologiques nettement plus favorables qu'en 1997/98, en particulier des pluies en saison et l'absence de sécheresses et de vents forts qui avaient endommagé le blé l'année précédente, ont permis d'atteindre le rendement moyen de céréales le plus élevé depuis l'indépendance. D'autres facteurs ont contribué à ce résultat: une meilleure disponibilité d'intrants (qui restent néanmoins insuffisants), y compris de crédit (plus d'une centaine de mutuelles de crédit rural sont en fonctionnement), d'engrais et de machines, suite à des contributions de donateurs distribuées par le Ministère de l'agriculture et à la réactivation de la production intérieure d'engrais azotés. De plus, les cultures sont mieux soignées, mais les invasions de mauvaises herbes et la préparation médiocre des sols continuent dans l'ensemble à limiter les rendements. Les estimations de production pour les cultures non céréalières restent très approximatives, parce que la récolte n'est pas achevée et que ces cultures se font sur de petites parcelles privées pour lesquelles les données disponibles restent insuffisantes.

Tableau 1: Géorgie - Tendances de la production agricole

 
1991
1995
1996
1997
1998
1999
TOTAL DE LA SUPERFICIE CULTIVÉE
684
453
535
594
616
6401/
CULTURES FOURRAGÈRES
307
112
144
56
53
501/
CULTURES CÉRÉALIÈRES TOTAL
           
Superficie (en milliers d'ha)
291
259
281
437
415
378
Rendement (kg/ha)
1 976
1 996
2 323
2 064
1 807
2 328
Production (milliers de tonnes)
575
517
653
902
750
8801/
BLÉ
           
Superficie (en milliers d'ha)
101
62
81
174
145
111
Rendement (kg/ha)
2 089
1 242
1 333
1 678
1 379
2 523
Production (milliers de tonnes)
211
77
108
292
200
280
MAÏS
           
Superficie (en milliers d'ha)
115
142
149
203
220
223
Rendement (kg/ha)
2 104
2 718
3 295
2 690
2 273
2 466
Production (milliers de tonnes)
242
386
491
546
500
550
POMMES DE TERRE
           
Superficie (en milliers d'ha)
23
23
24
27
34
341/
Rendement (kg/ha)
11 043
15 348
11 917
13 074
10 294
11 764
Production (milliers de tonnes)
254
353
286
353
350
4001/
LÉGUMES
           
Superficie (en milliers d'ha)
31
29
28
32
42
42
Rendement (kg/ha)
17 258
14 759
15 143
16 062
9 048
11 905
Production (milliers de tonnes)
353
428
424
514
380
5001/
TOURNESOL
           
Superficie (en milliers d'ha)
13
36
33
36
54
71
Rendement (kg/ha)
538
194
121
861
425
563
Production (milliers de tonnes)
7
7
4
31
23
401/
PRODUITS D'ÉLEVAGE
           
Viande (poids vif en milliers de tonnes)
212
183
187
190
165
164
Lait (en milliers de litres)
562
475
530
600
635
660
Œufs (en millions)
638
269
350
370
380
390
1/ Prévision
Source: Ministère de l'agriculture, Office national des statistiques de la Géorgie et estimations de la FAO.

Étant donné la privatisation rapide de l'ensemble du cheptel et la disponibilité de maïs, les effectifs du bétail et de la volaille au 1er janvier 1999 se sont rétablis par rapport aux niveaux faibles de 1993 mais, à l'exception des vaches, ces effectifs restent bien en dessous des chiffres d'avant la transition (bétail, 80 pour cent et volaille, 43 pour cent). Les effectifs d'ovins et de caprins se sont stabilisés à environ un tiers de leur niveau de 1991, car il n'est plus possible d'accéder aux pâturages de la Fédération de Russie voisine et à cause du surpâturage des pacages nationaux limités. Le nombre des porcins a augmenté pour la première fois en 1999 (de 11 pour cent) pour atteindre 40 pour cent du niveau de 1991, ce qui correspond à une meilleure disponibilité de produits d'alimentation animale en 1998/99, mais la demande réelle reste limitée. La production nationale de lait est maintenant supérieure à celle de 1991. La production de viande et d'_ufs s'est stabilisée à des niveaux proches de 80 et 60 pour cent des résultats de 1991.

4. SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES, IMPORTATIONS CÉRÉALIÈRES EN 1999/2000 ET PERSPECTIVES POUR L'AN 2000

Il n'y a pas de pénurie alimentaire sur les marchés ruraux ou urbains. La disponibilité de lait dans les zones urbaines s'est améliorée et une large variété de pain est disponible à tout moment. Toute pénurie de la production vivrière intérieure est compensée par des importations. Celles-ci consistent essentiellement en blé et farine. Les zones urbaines sont presque entièrement approvisionnées par des importations de blé et de farine, ainsi que de volailles et de produits alimentaires transformés. En ville, où les revenus sont sensiblement plus élevés qu'en milieu rural, les supermarchés qui vendent toute une gamme de produits alimentaires transformés importés se sont multipliés. Toutefois, les produits alimentaires importés doivent être achetés et le pouvoir d'achat, pour l'essentiel de la population résidente, reste faible. Bien que le PIB ait régulièrement augmenté depuis 1996, il est encore un tiers de celui de 1990 et, par ailleurs, la disparité des revenus s'est beaucoup accrue. Le coût de l'assortiment alimentaire de base (2 500 calories pour un travailleur) était d'environ 100 dollars E.-U. par mois pour une famille de quatre personnes au premier trimestre de 1999. L'alimentation continue à représenter une part élevée des dépenses des ménages, entre 60 et 70 pour cent selon le rapport de la Banque mondiale sur la pauvreté3. Malgré les réformes destinées à améliorer le filet de sécurité sociale, le système reste inefficace: les pensions et allocations sont très basses, et versées avec de longs retards, de même que les salaires provenant du budget national.

Ces dernières années, le nombre de personnes vulnérables a diminué et plusieurs enquêtes sont en cours ou prévues pour préciser la portée et la nature de la vulnérabilité. Une partie des 280 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays et réfugiés ont été intégrés dans l'économie et vivent mieux que certains groupes vulnérables non déplacés, par exemple ceux qui ne sont pas en mesure de travailler (les personnes âgées ou les handicapés), les chômeurs et les populations des petits villages de montagne. A l'heure actuelle, les meilleures estimations disponibles indiquent que 16 à 50 pour cent de la population reste pauvre, selon que l'on utilise le nouveau seuil de pauvreté (52 lari par adulte/par mois) calculé à partir de l'enquête sur le budget des ménages de 1998, ou le seuil officiel de pauvreté (102 lari). Toutefois, on ne signale pas de malnutrition aiguë, pas même chez les enfants. Cela est dû également à la distribution d'une aide alimentaire ciblée. Dans l'ensemble, plusieurs centaines de milliers de personnes ont encore besoin d'une assistance humanitaire, notamment les 182 000 bénéficiaires d'une aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) au titre de l'actuelle intervention prolongée de secours et de redressement (IPSR, numéro de projet 6122.00). L'IPSR, qui a remplacé l'opération d'urgence en juillet 1999, est prévue pour un an et représente un engagement total de 18 190 tonnes de produits alimentaires pour un coût total d'environ 10 millions de dollars E.-U. L'assistance du PAM au titre de l'IPSR a deux composantes: i) intervention prolongée de secours avec distribution gratuite de vivres aux personnes les plus vulnérables et ii) redressement grâce à des programmes vivres contre travail. La majorité des personnes qui restent vulnérables ont, au cours des années écoulées, vendu les quelques articles de valeur ou vendables qu'ils possédaient et n'ont plus de marge de sécurité. Comme de nombreuses familles géorgiennes ont des parents qui travaillent à l'étranger, les restrictions récentes imposées par le Gouvernement russe sur les déplacements de personnes originaires des pays du Caucase pourraient avoir des effets négatifs sur l'économie dans son ensemble et sur les ménages pauvres/vulnérables en particulier.

En équivalent céréales, les importations annuelles de blé et de farine pour l'utilisation intérieure seraient de l'ordre de 600 000 tonnes ces dernières années. Le volume précis est difficile à évaluer étant donné le volume de farine importée clandestinement, du commerce de transit vers l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et des incertitudes concernant les niveaux de la consommation humaine et animale. À l'exception du blé, la plupart des denrées alimentaires sont importées par les circuits commerciaux. Les livraisons d'aide alimentaire depuis 1996/97 ont diminué et s'établissent à quelque 110 000 tonnes de céréales en moyenne par an (par rapport à une moyenne de 500 000 tonnes les trois années précédentes), ainsi que de petites quantités de légumes secs, volaille, huile végétale et sucre pour des distributions ciblées aux populations vulnérables.

En 1999/2000, on estime que les importations de céréales atteindront 550 000 tonnes, soit 8 pour cent de moins que l'année dernière, année où le blé était plus abondant et meilleur marché dans les pays voisins. Les estimations de la demande de céréales pour la consommation humaine ont été faites sur la base des calculs de l'enquête sur le budget des ménages, effectuée par l'Office national des statistiques et la Banque mondiale en 1997 et mise à jour régulièrement, étant donné l'incertitude concernant les données sur la production et les importations. Selon cette enquête, la consommation moyenne par personne et par jour dans le pays était la suivante: pain à la farine de blé, 244 grammes (équivalant à 244 grammes de blé); farine de blé, 98 grammes (131 grammes de blé); farine de maïs et autres céréales, 82 grammes. En multipliant ces quantités par 365 et en ajoutant une petite quantité de riz (18 grammes/personne/jour), de blé noir et d'autres céréales entières (4 grammes par personne et par jour), on obtient une consommation moyenne de céréales, en équivalent céréales, de 173 kg par personne et par an. L'estimation officielle de la population (extrapolée depuis le milieu des années 80) est de 5,4 millions de personnes, dont environ 0,5 à 0,8 million ne résident pas dans le pays. On s'accorde généralement à dire que, sur place, la population résidente est de 4,6-4,8 millions d'habitants. Si l'on retient le chiffre, pour la population résidente, de 4,7 millions de personnes et, pour la consommation moyenne par habitant, de 173 kg, l'utilisation totale de céréales à usage alimentaire est estimée à 815 000 tonnes, dont 650 000 tonnes de blé et 155 000 tonnes de maïs. La consommation de pâtes (18 grammes/personne/jour) n'a pas été prise en compte dans l'utilisation intérieure de céréales car il s'agit en général de produits importés. Les autres utilisations sont évaluées à 100 000 tonnes, y compris les semences pour un total de 52 000 tonnes, les gaspillages/pertes d'environ 5 pour cent et certaines transformations telles que la bière, etc. Les productions animales reposent sur les céréales (en particulier le maïs), les pacages, les cultures fourragères, la paille et le son. Malgré une meilleure récolte de maïs, on prévoit pour l'instant que l'utilisation de céréales pour l'alimentation animale baissera d'environ 10 pour cent pour s'établir à 476 000 tonnes, étant donné la hausse des prix intérieurs du blé par rapport à l'année dernière et les problèmes sanitaires dans l'industrie. De petites quantités de céréales sont échangées contre du carburant à la frontière avec l'Azerbaïdjan et les exportations céréalières totales sont évaluées à 30 000 tonnes. Toutes ces estimations sont sujettes à caution. Ainsi, l'utilisation intérieure totale de céréales, plus exportations, est évaluée à 1,43 million de tonnes. Les besoins d'importation sont donc évalués à 550 000 tonnes. Sur ce total, les annonces d'aide alimentaire (essentiellement de soutien au budget mais 10 000 tonnes sont prévues pour des distributions ciblées) faites à ce jour représentent 78 000 tonnes. Le solde devrait être importé par les circuits commerciaux.

Les perspectives de production agricole en général et de production céréalière en particulier pour l'an 2000 restent incertaines. Les superficies semées en blé à l'automne de 1998 pour la moisson de 1999 avaient beaucoup baissé à cause des prix très déprimés sur le marché, imputables à des arrivées importantes de blé et de farine bon marché consécutives à la dévaluation du rouble en août 1998. Toutefois, malgré l'augmentation actuelle des prix du blé local, les données les plus récentes (incomplètes) indiquent que 117 000 hectares (sur un total prévu de 180 000 hectares) ont été labourés et des cultures d'hiver (essentiellement du blé) ont été semées sur 76 000 hectares. Étant donné les difficultés qu'il y a à obtenir des informations en temps utile, on s'attend officiellement à ce que les superficies consacrées au blé augmentent par rapport à celles de l'année dernière pour atteindre 120 000 hectares. Néanmoins, l'augmentation en flèche des prix du diesel (qui a doublé en novembre), l'arrivée du froid, le manque de fonds de roulement et les pénuries de machines pourraient maintenir les emblavures en deçà des superficies attendues. A ce stade, et comme les importations illicites de farine meilleur marché vont sans doute se poursuivre, même si elles concernent des volumes moins importants, et en l'absence d'une augmentation du prix du pain, on peut raisonnablement penser que la superficie finalement consacrée aux céréales pourrait continuer à baisser. De nombreux agriculteurs se trouvent dans un cercle vicieux, car le manque d'intrants adéquats maintient les rendements à un faible niveau, tandis que la concurrence des importations, les marges d'usinage élevées et l'absence d'environnement favorable s'associent pour maintenir les revenus des cultures à un niveau faible. La production agricole s'oriente de plus en plus en fonction du marché (par exemple, augmentation de la production de tournesol) et la production de maïs est plus rentable que celle de blé. Toutefois, de nombreux agriculteurs en Géorgie de l'Est n'ont pas accès aux marchés et aux informations sur les marchés et continuent à semer du blé pour couvrir les besoins du ménage et éviter les paiements en espèces. De nombreux agriculteurs ont travaillé sur des fermes d'État mais rares sont ceux qui ont les compétences techniques et les aptitudes en matière de gestion nécessaires pour optimiser les gains du travail de la terre. Dans leur grand nombre, ils ont peur du risque, car ils ne disposent pas d'un débouché assuré pour leur production. Les rendements resteront probablement faibles, car les agriculteurs manquent de liquidités.

Note plus positive, l'établissement du cadastre est en bonne voie, ce qui est un préalable au remembrement des terres et à la possibilité d'utiliser les terres comme caution. Le crédit est un domaine d'activité intense de la part des donateurs. Diverses lignes de crédit pour des agriculteurs et des mutuelles de crédit sont disponibles et il existe maintenant plus d'une centaine de mutuelles de crédit qui sont en fonction et d'autres sont en voie de création. Dans certaines zones, le crédit et d'autres formes d'assistance fournis par des projets financés par des donateurs devraient permettre d'augmenter la productivité. Les industries du thé, du vin et des boissons reprennent.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télex 610181 FAO I; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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1 Human Development Report Georgia 1999 p. 13.

2 Une seule entreprise commerciale commercialise des semences garanties; les institutions gouvernementales vendent des semences pour couvrir leurs coûts de fonctionnement.

3 Pauvreté et répartition des revenus en Géorgie, Rapport No. 19348-GE , Washington 1999.