EVALUATION PRELIMINAIRE DE LA PRODUCTION
CEREALIERE DE 1999 EN AFRIQUE DE L’OUEST

Système mondial d'information et d'alerte rapide

 --------------------------------------------------
Rapport final - FAO Rome, Décembre 1999

 

TABLE DES MATIERES


NB: Ce document est aussi disponible en anglais.

Pour tout complément d'informations, s'adresser à M. Abdur Rashid, Chef du Service Mondial d'Information et d'Alerte Rapide (ESCG), FAO, Rome: Téléphone: (39)-06 5705-3099, Télécopie: (39) -06- 5705-4495, Courrier électronique (INTERNET): GIEWS1@FAO.ORG

 

I. INTRODUCTION

Le présent rapport donne une évaluation préliminaire des récoltes céréalières de 1999 dans les neuf pays du CILSS [/ CILSS: Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel. Les neuf Etats Membres sont les suivants: Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.]. Il est établi à partir des renseignements dont disposait le Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR) de la FAO au début de novembre 1999 et sur des estimations de la production fournies par les services nationaux, examinées et étudiées par les missions d'évaluation des récoltes qui ont été organisées durant la deuxième quinzaine d'octobre dans les neuf pays du CILSS. Ces missions comprenaient des experts du SMIAR, du Centre Agrhymet du CILSS ainsi que des experts sahéliens recrutés par la FAO dans le cadre du Programme de Coopération Technique entre Pays en Développement (CTPD). Le programme FEWS (Famine Early Warning System) de l'USAID et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont également participé en temps qu'observateurs aux missions dans plusieurs pays. Ces missions ont collaboré étroitement avec les services nationaux des statistiques agricoles chargés de la collecte et de l'analyse des données de la production des céréales, avec les services techniques de la météorologie, de la protection des végétaux, de l'hydrologie et avec, s'ils existent, les systèmes nationaux d'alerte rapide (SAP), les systèmes de suivi de la sécurité alimentaire (SISAAR en Mauritanie, CASPAR au Sénégal, CASAGC au Tchad, etc.) et les systèmes d'information sur les marchés (SIM). Les missions ont également rencontré les représentants des principaux bailleurs de fonds. Pour ces évaluations, la FAO et le CILSS ont coopéré étroitement, tant sur le terrain qu'au niveau central, et les chiffres de ce rapport ont fait l'objet d'un accord général des deux secrétariats.

Ces chiffres ont été discutés du 1 au 4 novembre à Niamey lors d'une réunion organisée par le CILSS avec des représentants des pays du CILSS. Ils ont aussi été présentés et discutés lors de la réunion annuelle du "Réseau de Prévention des Crises Alimentaires au Sahel" organisée par le Club du Sahel et le CILSS du 17 au 19 novembre à Washington.

Au moment des missions d'évaluation, les récoltes des cultures pluviales étaient en cours ou presque terminées dans la plupart des pays. Le mil précoce et le maïs avaient généralement déjà été moissonnés mais les variétés à cycle long et les cultures semées tardivement étaient en train de mûrir ou sur le point d'être récoltées dans certaines zones, tandis que les cultures irriguées étaient moins avancées. Le repiquage du riz se poursuivait dans les mangroves et les bas-fonds du sud Sénégal et de Guinée-Bissau. Les semis des cultures de décrue dans la vallée du fleuve Sénégal et au Tchad étaient en cours. Les prévisions contenues dans ce rapport sont donc préliminaires et susceptibles d'être révisées ultérieurement.

II. RESUME

Les conditions de croissance des cultures ont été généralement favorables, notamment durant les mois d'août et de septembre. Le Sahel devrait donc engranger cette année, et pour la deuxième année consécutive, une très bonne récolte atteignant un nouveau record de production. Les pluies sont en général arrivées à temps, sauf au Sénégal où elles ont commencé tardivement dans le centre et dans le nord. Quelques resemis ont été nécessaires dans certaines zones localisées seulement car il n'y a pas eu de longues périodes de sécheresse. Les pluies sont restées en général bien réparties, régulières et abondantes pendant les mois de juillet, août et septembre sur les principales zones de production, causant même des inondations importantes en Gambie, au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, au Niger et au Tchad. Les attaques de déprédateurs sont restées en général limitées. Les pluies abondantes d'août/septembre ont permis une bonne régénération des pâturages et un bon remplissage des barrages.

La production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS en 1999 a été estimée par les missions FAO/CILSS d'évaluation des récoltes à 10,9 millions de tonnes, ce qui est supérieur de 2 pour cent à 1998 et de 16 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Des productions record sont attendues au Cap-Vert, en Gambie, au Mali et en Mauritanie et supérieures à la moyenne au Burkina Faso, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Elles sont inférieures à la moyenne en Guinée-Bissau suite aux troubles civils qui ont perturbé le pays en 1998. La production a nettement augmenté par rapport à 1998 au Cap-Vert, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Elle a baissé par rapport aux records de 1998 au Burkina Faso, au Niger et au Tchad.

Dans les pays côtiers le long du Golfe de Guinée, les perspective de récolte sont dans l'ensemble bonnes au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Guinée et au Togo mais moins favorables au Ghana et au Nigeria suite à des inondations importantes. Le Liberia et la Sierra Leone restent fortement dépendants de l'aide alimentaire internationale malgré quelques améliorations au niveau de la production agricole notamment au Liberia.

III. RECOLTES CEREALIERES DE 1999
DANS LES PAYS DU CILSS

(i) Facteurs influant sur la production de 1999

(a) Pluviométrie

L'hivernage 1999 a commencé de manière précoce dans le sud du Sénégal tandis que le démarrage a été normal dans la plupart du Sahel. Des pluies supérieures à la normale ont été enregistrées à la mi-mai dans le centre et l'est du Sahel puis elles ont beaucoup diminué au début du mois de juin. Dans l'ouest du Sahel, les pluies ont progressé vers le nord au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. Dans le nord du Sénégal, dans le sud de la Mauritanie, le centre et le nord du Mali, l'est du Niger et la zone sahélienne du Tchad, les pluies ont débuté à la mi-juin. Au Cap-Vert, des conditions sèches ont prédominé jusqu'au début du mois de juillet.

Le Burkina Faso et le Niger ont connu des précipitations réduites vers le début et la mi-juin. Par la suite, des pluies abondantes sont tombées sur la plupart des régions de production du Sahel. La pluviométrie y a été normale ou supérieure à la normale pendant les mois de juillet et août quand le cumul a dépassé celui du 1998. Dans le nord du Sénégal, dans le sud de la Mauritanie et l'ouest du Mali, les pluies ont baissé à la fin du mois de juillet. Par contre, au cours du mois d'août, des pluies très importantes ont été enregistrées, occasionnant des inondations au Burkina Faso, en Gambie, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Néanmoins, les précipitations ont diminué quelque peu en septembre tout en restant généralement bien réparties et supérieures à la normale, en particulier dans l'ouest du Sahel.

La carte ci-dessous montre le cumul des pluies de mai à octobre en pourcentage de la moyenne inter-annuelle pour la période 1961-90. Le cumul des pluies a été normal à supérieur à la normale sur la plupart des zones de production du Sahel. Des pluies supérieures à la normale ont été enregistrées à l'ouest du Sénégal, au sud de la Mauritanie, au centre du Mali, à l'ouest du Burkina, dans la plupart du Niger et dans le centre et le nord du Tchad. Les pluies ont été proches de la moyenne sur l'est du Sénégal, l'ouest et le sud du Mali, l'ouest et le centre du Burkina Faso et le sud du Tchad. Le cumul des pluies a été inférieur à la normale (entre 70 et 90 pour cent de la normale) dans certaines zones du sud du Mali, du Burkina Faso et du Tchad.

 

b) Superficies ensemencées et disponibilités en semences

D'après les premières indications, les superficies ensemencées en céréales sont restées proches de celles de 1998 dans la plupart des pays. Davantage de superficies pourront être exploitées au Sénégal et en Mauritanie dans la vallée du fleuve Sénégal car la forte crue permettra d'ensemencer des superficies habituellement non cultivées.

Les disponibilités en semences ont été suffisantes suite aux bonnes récoltes de 1998 sauf au Cap-Vert qui a connu de mauvaises récoltes en 1997 et 1998. Comme les pluies sont en général restées régulières après les semis, peu de resemis ont été nécessaires sauf au Niger où l'irrégularité ou l'arrêt des pluies suite aux semis en juin ou juillet ont nécessité des resemis dans quelques zones localisées.

 

(c) Attaques de déprédateurs

Les attaques de déprédateurs sont restées relativement limitées durant la saison agricole.

Plusieurs pays ont connu des infestations localisées de sauteriaux notamment le Cap-Vert, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Des traitements importants ont été entrepris au Cap-Vert, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal. Ailleurs, la présence d'une végétation naturelle bien développée a évité que les sauteriaux ne se concentrent trop sur les cultures. Diverses attaques d'autres insectes ont été signalées, notamment de cantharides et de chenilles au Mali, au Niger et au Tchad.

Une activité acridienne modérée a été signalée. Des reproductions de criquets pèlerins ont eu lieu principalement au Mali, dans le Tilemsi (régions de Timetrine et de l'Adrar des Iforas), et en Mauritanie, principalement aux confins du Brakna et du Tagant, en septembre et octobre. Des bandes larvaires se sont constituées et des traitements limités ont eu lieu au Mali comme en Mauritanie. Avec le dessèchement de la végétation, les ailés vont se concentrer et former des groupes. Il se pourrait que les groupes d'ailés formés au Mali se déplacent vers le nord de la Mauritanie, le sud de l'Algérie et le sud du Maroc.

 

(ii) Conditions météorologiques et suivi des cultures en 1999

Outre ses sources classiques d'information, le SMIAR utilise des données pluviométriques recueillies par les stations météorologiques ainsi que les données fournies par deux types de satellites pour suivre l'évolution des cultures dans la région et établir des prévisions de la production agricole.

Par l'intermédiaire du Système ARTEMIS installé dans son Centre de télédétection, la FAO produit pour l'ensemble de l'Afrique des images satellitaires décadaires et mensuelles sur la durée de présence des nuages à sommets froids, les estimations de pluviométrie et sur les indices de végétation (NDVI). Les images de durée de présence des nuages à sommets froids, qui comptabilisent la durée de présence des systèmes nuageux pluviogènes, sont produites à partir des données transmises en temps réel par le satellite européen géostationnaire METEOSAT. A partir de ces informations, sont aussi établies des cartes décadaires et mensuelles des estimations de la pluviométrie. Les images des indices de végétation, qui donnent une indication sur la biomasse photosynthétiquement active, sont produites à partir des données transmises par les satellites américains NOAA.

Le SMIAR a accès aux séries historiques du Système ARTEMIS. Ces séries historiques comprennent des cartes d'indices de végétation remontant jusqu'à 1981. Les cartes établies à partir du satellite METEOSAT existent depuis août 1988. Ces séries historiques permettent de comparer la situation actuelle avec les années antérieures et fournissent une analyse plus complète dans l'espace et plus rapidement disponible que les informations provenant du terrain.

Dans la planche 1, sont présentées les cartes de durée de présence des nuages à sommets froids pour les mois d'avril à octobre 1999. On peut voir que la durée de présence des nuages à sommets froids et, de ce fait, la quantité de pluies reçues a été la plus élevée pendant les mois de juillet et août. On note bien dans le sud du Sénégal l'arrivée précoce des pluies en juin. Les images pour les mois d'août et de septembre montrent que les nuages ont atteint des régions très septentrionales durant cet hivernage, apportant des pluies en général supérieures à la normale.

 

Vous pouvez également voir le film de la saison 1999

La planche 2 présente une évaluation de la saison agricole 1999 basée sur une classification selon l'évolution des valeurs des indices de végétation durant la saison comparée à la moyenne 1982-98. La zone du CILSS a ainsi été divisée en quatre classes. Chaque classe, identifiée par une couleur, correspond à un comportement type de l'hivernage 1999 par rapport à la moyenne. En gris (classe 1), la saison 1999 ne diffère pas de la moyenne. On y trouve le Sahara mais aussi d'importantes zones dans le sud du Sahel. La classe 2, en jaune, indique les zones où les indices de végétation ont été supérieurs à la normale pendant toute la saison agricole et caractérisées par un début précoce et une fin tardive de l'hivernage. Les classes 3 et 4, en bleu et en gris, indiquent les zones où la saison a commencé normalement puis s'est prolongée tardivement.

Les graphiques (cliquez ici) montrent l'évolution, sur différentes régions du Sahel, de la situation pluviométrique pendant l'hivernage 1999 par rapport à la moyenne calculée sur la période de 1989 à 1995. Les données ont été extraites des images de présence des nuages à sommets froids (CCD), produites par le Groupe d'Agrométéorologie du Service de l'environnement et des ressources naturelles de la FAO. Les graphiques montrent l'évolution décadaire à gauche et le cumul à droite du 1er mars au 31 octobre.

 

(iii) Prévisions préliminaires de la production céréalière 1999 des pays du CILSS

Comme indiqué dans l'introduction, le présent rapport donne une évaluation préliminaire par la FAO et le CILSS des récoltes céréalières de 1999 dans les neuf pays du CILSS. Il est établi à partir des renseignements dont disposait le Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR) au début de novembre 1999 et sur des estimations de la production fournies par les services nationaux, examinées et étudiées par les missions d'évaluation des récoltes qui ont été organisées durant la deuxième quinzaine d'octobre dans les neuf pays du CILSS.

La production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS en 1999 a été estimée à 10 947 000 de tonnes, ce qui est supérieur de 1,8% à 1998 et de 15,9% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Des productions record sont attendues au Cap-Vert, en Gambie, au Mali et en Mauritanie et supérieures à la moyenne au Burkina Faso, au Niger, au Sénégal et au Tchad. Elles sont inférieures à la moyenne en Guinée-Bissau suite aux troubles civils qui ont perturbé le pays en 1998. Par rapport à 1998 la production a nettement augmenté au Cap-Vert, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Elle a baissé par rapport aux records de 1998 au Burkina Faso, au Niger et au Tchad.

Tableau 1: Pays du CILSS - Production céréalière 1990 - 1998 et premières prévisions pour 1999 (production brute en milliers de tonnes, le riz étant exprimé en paddy)

Pays
Production céréalière Prévisions préliminaires
pour 1999
1998/
1993-97
(%)
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Burkina Faso
1 518 2 455 2 477 2 557 2 492 2 308 2 482 2 014 2 657 2 448 102.4
Cap-Vert
11 8 10 12 3 8 1 5 5 26 572.1
Gambie
90 111 128 102 91 103 112 112 114 137 128.9
Guinée-Bissau 1/
169 180 171 180 190 201 147 173 131 139 82.4
Mali
1 771 2 414 1 809 2 228 2 457 2 189 2 219 2 124 2548 2 952 127.9
Mauritanie
103 104 106 175 193 220 121 152 195 251 141.1
Niger
1 476 2 468 2 248 1 803 2 648 2 096 2 261 1 721 2 979 2 833 123.2
Sénégal 2/
950 970 856 1 186 964 1 093 1 016 818 771 1 009 108.1
Tchad
601 812 977 617 1 175 908 878 986 1 353 1 153 108.8
TOTAL 3/
6 700 9 500 8 800 8 900 10 200 9 100 9 200 8 100 10 800 10 900 117.5

Source: FAO/CILSS
Note: Les récoltes records sont soulignées.
1/ Un changement a été introduit dans la méthodologie d'enquête en 1997.
2/ Pour 1993 et 1999, le chiffre est basé sur une estimation faite par les services statistiques mais pas sur une enquête.
3/ Les totaux ont été arrondis.

Ces chiffres doivent être considérés comme préliminaires car les enquêtes ont été généralement préparées avant la fin de la récolte et comprennent des prévisions pour les cultures de décrue et de contre-saison, notamment en Mauritanie, où les cultures pluviales ne représentent qu'environ un tiers de la production totale. Ces estimations sont donc susceptibles d'être revues dans les prochains mois mais il est peu probable qu'apparaisse un changement significatif dans la tendance générale, à savoir une production globale supérieure à la moyenne ou record dans la région sahélienne.

Graphiques par pays - Evolution de la production céréalière dans les pays du CILSS

La répartition par type de céréales est donnée pour chaque pays dans le tableau suivant.

Tableau 2: Pays du CILSS - Prévisions préliminaires de la production 1998 des différentes céréales (production brute en milliers de tonnes)

Pays Mil Sorgho Maïs Riz
(paddy)
Blé Autres
1
/
Total
2
/
Burkina Faso 922 1 011 416 80 - 19 2 448
Cap-Vert - - 26 - - - 26
Gambie 72 15 21 29 - - 137
Guinée-Bissau 12 15 25 80 - 6 139
Mali 3/ 953 714 438 810 15 23 2 952
Mauritanie 3/ 25 123 16 86 - - 251
Niger 2 254 485 8 73 13 - 2 833
Sénégal 506 160 69 271 - 3 1 009
Tchad 347 436 97 131 5 139 1 153
TOTAL 2/ 5 091 2 958 1 117 1 560 33 189 10 947

Source: FAO/CILSS
1/ Y compris fonio, berbéré et cultures de décrue au Tchad.
2/ Totaux arrondis.
3/ Y compris estimations pour cultures de décrue et de contre saison.

 

(iv) Résumé par pays

Burkina FasoBurkina Faso:

La campagne agricole 1999 a été marquée par un démarrage difficile. Les premières pluies utiles ont été reçues au courant des mois d'avril-mai dans l'extrême sud-ouest du pays mais ont été suivies d'une pause pluviométrique durant la troisième décade de mai et les deux premières décades de juin. Les pluies ont repris fin juin puis se sont intensifiées en juillet et août. Au cours de mois de septembre, une réduction du volume pluviométrique et une mauvaise répartition spatio-temporelle de la pluviométrie ont été observées, avec des poches de sécheresse localisée, notamment dans les régions du centre, du centre-ouest et du nord. Les pluies enregistrées en octobre ont été faibles et mal réparties dans le temps et dans l'espace. Le cumul pluviométrique au 10 octobre 1999 est déficitaire par rapport à celui de l'année précédente dans la majorité des postes mais excédentaire par rapport à la normale 1961-1990, à l'exception des régions de l'est (Fada N'Gourma) et de l'ouest (Bobo-Dioulasso).

L'installation de la campagne n'a été effective qu'au cours du mois de juillet et la campagne agricole a accusé plusieurs semaines de retard notamment dans le sud. Les bonnes conditions hydriques enregistrées au cours du mois d'août ont favorisé une bonne croissance et un bon développement des cultures sur les hautes terres mais ont aussi occasionné des engorgements ou des inondations des champs situés dans les bas-fonds et endommagé des infrastructures dans de nombreuses localités, ce qui a réduit de manière sensible le potentiel productif des cultures de bas-fonds traditionnellement à hautes potentialités productives.

La situation phytosanitaire a été globalement calme dans le pays. La totalité des barrages alimentés par les petits bassins versants sont remplis à leurs capacités maximales et les grands ouvrages tels que Bagré et Kompienga présentent un remplissage satisfaisant. Les besoins alimentaires du bétail en pâturage ont été bien couverts et le niveau de remplissage des points d'eau était partout satisfaisant pour l'abreuvement des animaux.

Une mission d'évaluation des récoltes commune FAO/CILSS a examiné à la mi-octobre, avec les services nationaux, l'évolution de l'hivernage et les perspectives de récoltes. La production totale de céréales en 1999 est estimée à 2 448 164 tonnes soit une baisse de 8% par rapport au record de 1998 et une hausse de 2% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette baisse est consécutive à une chute simultanée de la production du mil et du sorgho, respectivement de 5 et 16%. Par contre, le maïs et le fonio enregistrent des hausses de 10 et 29%.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicCap-Vert :

Les pluies sont arrivées dans l'archipel le 7 juillet puis se sont généralisées sur l'ensemble des îles au cours des deuxième et troisième décades de juillet. Elles sont ensuite restées bien réparties dans le temps et dans l'espace. Des pluies torrentielles ont causé des dégâts sur les îles de Santo Antão et de Fogo en octobre. Le nombre de jours de pluie a été important sur l'ensemble des îles agricoles, dépassant les 40 jours dans quelques localités. Le cumul pluviométrique est en général supérieur à ceux de l'année précédente et de la moyenne 1981-90, dépassant par endroits les 600 mm.

La préparation des champs et les semis en sec de maïs ont démarré en juin dans certaines îles. La levée des cultures dans les zones d'altitude des principales îles agricoles a eu lieu vers la mi-juillet. Dans les zones semi-arides, les semis en humide ont été généralisés après les précipitations du 20 août. D'une manière générale, les premiers semis se sont développés dans de bonnes conditions hydriques. Toutefois, quelques stress hydriques ont été signalés dans l'île de Santiago et dans les îles du nord (Santo Antão et S. Nicolau).

Des attaques de divers déprédateurs, notamment de chenilles légionnaires et défoliatrices, de criquets sénégalais, de punaises vertes, ont nécessité des interventions. Une infestation du maïs par le virus de Disease streak virus a été également signalée. La production fourragère va être importante et elle s'ajoutera aux résidus des récoltes pour couvrir convenablement les besoins du bétail.

Une mission d'évaluation des récoltes commune FAO/CILSS a estimé avec les services nationaux, la production de maïs 1999 à 25 745 tonnes, soit environ 5 fois plus qu'en 1998 et que la moyenne des cinq dernières années.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicGambie:

Les premières pluies significatives sont tombées durant la deuxième décade de mai dans la partie centrale du pays. Elles se sont généralisées dans le pays au cours de la troisième décade. A partir du mois de juillet, la pluviométrie enregistrée dans le pays a été régulière et bien répartie dans le temps et dans l'espace. Elle a augmenté en intensité et en fréquence durant le mois d'août. Ces fortes pluies ont causé de sérieuses inondations à travers le pays. Les cumuls pluviométriques saisonniers sont supérieurs à ceux de l'an passé et à la moyenne. Ils ont dépassé les 1 000 mm dans la plupart des stations du pays, atteignant un record de 1 723,4 mm à Sapu dans la Central River Division (CRD).

Les travaux de semis en humide des céréales ont réellement démarré au début du mois de juin dans la quasi-totalité du pays. Les levées ont été en général bonnes. Tout au long de la saison, les cultures ont bénéficié de bonnes conditions hydriques pour leur développement végétatif. Cependant, dans la North Bank Division (NBD), le mil a été affecté par l'absence de fertilisation des sols et par des chutes de grêle tandis que le riz de bas-fond a été submergé par les inondations dans les Central River and Upper River Divisions. Certaines parcelles ont été abandonnées a cause des excès d'eau et de l'enherbement.

Dans l'ensemble, la situation phytosanitaire a été relativement calme. Les pâturages ont été abondants dans la quasi-totalité du pays.

Une mission conjointe FAO/CILSS qui s'est rendue dans le pays du 18 au 23 octobre a estimé la production céréalière totale prévisionnelle en 1999 à 137 144 tonnes contre 114 182 tonnes l'année précédente, soit une augmentation de 20%. Elle dépasse de 29% la moyenne des cinq dernières années. Les superficies emblavées couvrent 109 709 ha, soit une augmentation de 5% par rapport à l'année précédente et 12% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La production des céréales sèches est de 108 271 tonnes, soit 79% de la production totale. Pour le riz, la production s'élève à 28 873 tonnes contre 26 640 tonnes en 1998, soit 8% de hausse.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicGuinée-Bissau :

Les premières pluies ont été enregistrées dans la majeure partie du pays dans la deuxième décade de mai. Mais ce n'est que dans la première décade de juin que la saison des pluies s'est effectivement installée dans tout le pays. De juin à octobre, les pluies enregistrées ont été en général régulières, abondantes et bien réparties dans le temps et dans l'espace. Au cours du mois d'août, les pluies ont été particulièrement élevées (723,9 mm à Bafata et 690,8 mm à Gabu). Ces fortes précipitations ont provoqué d'importantes inondations dans les bas-fonds et les mangroves. Les cumuls saisonniers sont supérieurs à ceux de 1998 et à la normale.

Les semis des céréales ont démarré en juin avec un léger retard. Tout au long de la saison agricole, les cultures ont bénéficié d'une bonne alimentation hydrique pour leur développement et leur croissance végétatifs. Pour le riz de bas-fonds, dans la majorité des parcelles inondées, les travaux de repiquage n'ont pu être exécutés à temps. Quant au riz de mangrove, les excès d'eau ont d'une part permis une désalinisation des parcelles mais la hauteur des lames d'eau a empêché tout repiquage et occasionné un retard de plus d'un mois dans les travaux. Pour le mil et le sorgho, malgré le bon développement des cultures, les pluies abondantes ont provoqué un lavage des épis au stade de floraison, notamment dans les régions de Oio et de Cacheu. En novembre, les récoltes avaient commencé pour le maïs et le riz pluvial. Les riz de bas-fonds et de mangroves étaient en cours de repiquage tandis que le mil et le sorgho étaient en général en phase de floraison/maturation.

D'une façon générale, la situation phytosanitaire a été calme. En l'absence de produits phytosanitaires, les dégâts les plus importants ont été observés sur les riz de mangrove et de bas-fonds suite à des attaques d'insectes. Les pâturages sont abondants dans tout le pays. Toutefois, pour la région Est du pays (Gabu), cette situation restera valable jusqu'au mois de février 2000 période à laquelle le bétail descend traditionnellement dans les régions de Bafata et d'Oio.

Au total, la production céréalière est estimée à 138 666 tonnes, soit une baisse de 6% par rapport à 1997/98 (année avant le conflit armé) et une augmentation de 6% par rapport à l'année dernière. La production du riz s'élève à 80 273 tonnes, accusant une baisse de 20% et de 8% respectivement par rapport à 1997/98 et 1998/99. Cette baisse résulte des effets conjugués des inondations et du parasitisme dans les bas fonds et les mangroves. Par contre, on note une augmentation des productions des autres céréales (23% et 32% par rapport à 1997/98 et 1998/99 respectivement) due principalement à l'augmentation des superficies emblavées et au niveau important des réserves en eau des sols.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicMali :

Suite à des pluies éparses en avril et mai, la saison des pluies s'est réellement installée à la fin juin dans la plupart des zones agricoles du pays. Les précipitations ont été ensuite abondantes et bien réparties dans le temps et dans l'espace. En août, des pluies diluviennes ont été enregistrées dans la majeure partie du pays, occasionnant des inondations et par endroits des dégâts sur les cultures (riz en particulier) et le cheptel. En septembre, les pluies ont diminué mais sont restées significatives et supérieures à la normale. Les cumuls à fin septembre dépassaient largement ceux de l'année dernière et de la normale à la même période. Les pluies se sont poursuivies jusqu'à la troisième décade d'octobre dans la région de Sikasso, le sud des régions de Ségou et de Koulikoro.

La saison culturale a connu un démarrage difficile à cause des longues périodes de faibles pluies (avril à juin). La plupart des premiers semis effectués durant cette période ont échoué, ce qui a occasionné plusieurs cas de resemis à partir de la 3ème décade de juin. De juillet à septembre, les réserves hydriques des sols ont été suffisantes et ont permis aux cultures de se développer de manière satisfaisante. Cependant, les fortes pluies du mois d'août ont occasionné des inondations dans les périmètres rizicoles, particulièrement dans la région de Mopti. Le mil et le sorgho ont aussi souffert de la stagnation prolongée des eaux de pluie, se traduisant par des jaunissements des plants. Des parcelles de cultures ont dû être abandonnées à cause d'un enherbement excessif.

De manière générale, la situation phytosanitaire durant cette campagne agricole a été calme. Cependant, des attaques de chenilles légionnaires et défoliatrices ont entraîné quelques resemis dans la région de Sikasso début juillet. D'autres déprédateurs (sauteriaux, oiseaux granivores et cantharides) ont été signalés sur les cultures au stade d'épiaison-maturation. Les traitements aériens et terrestres effectués en septembre ont permis de limiter les pertes. Concernant le criquet pèlerin, aucune manifestation significative n'a été observée au cours de la saison culturale. A la faveur de la bonne pluviométrie, les pâturages ont été abondants et bien répartis à travers le pays.

Une mission d'évaluation des récoltes commune FAO/CILSS organisée à la fin du mois d'octobre a estimé la production céréalière 1999 au niveau record de 2 951 633 tonnes, soit une augmentation de 17% par rapport à l'année dernière et de 28% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La production de riz accuse un accroissement significatif de 13% et 41% respectivement par rapport à 1998/1999 et à la moyenne des cinq dernières années.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicMauritanie :

L'hivernage a été précoce notamment dans le sud, car les premières pluies furent enregistrées dès le mois de mai dans le Hodh El Gharbi. Toutefois, le Trarza a reçu ses premières pluies en juillet. Ensuite, une pause pluviométrique est intervenue dans toutes les régions à l'exception du Guidimaka. Les pluies ont repris et sont devenues plus fortes et régulières à partir de la mi-juillet. Elles sont en général restées régulières et supérieures à la normale en août et en septembre, devenant parfois diluviennes. Elles se sont poursuivies tardivement en octobre. Les cumuls sont en général supérieurs à ceux de 1998 et à la moyenne 1980-95.

Les fortes pluies enregistrées en août et septembre ont entraîné une importante montée des eaux du fleuve Sénégal et de ses affluents non contrôlés et un remplissage exceptionnel des retenues, des bas-fonds et du walo mais aussi d'importantes inondations dans la moyenne vallée et le delta du fleuve.

Les premières pluies des mois de mai et de juin ont permis de préparer les champs. Les semis en humide ont démarré en juin dans le Guidimaka et en juillet dans les autres régions. Une pause pluviométrique en juillet a entraîné des échecs de semis. A partir de la mi-août, avec l'arrivée de pluies plus régulières et abondantes, les opérations de semis et de resemis des cultures pluviales ont pu être achevées. Les opérations de semis et de repiquage du riz dans les périmètres irrigués ont démarré en août mais d'importantes superficies n'ont pas été exploitées à la suite des inondations provoquées par la crue du fleuve. La situation hydrologique qui a prévalu au cours de l'hivernage offre de bonnes perspectives de production pour les cultures de bas-fonds, les cultures de walo et les cultures derrière barrages. Toutefois, l'importance des superficies qui seront mises en culture dépend de la vitesse de retrait des eaux mais aussi de la main d'œuvre disponible.

Des infestations de sauteriaux ont été signalées dans plusieurs régions. Une petite reproduction du criquet pèlerin a eu lieu dans le Brakna en septembre. Avec l'arrivée de pluies régulières et abondantes, le développement du tapis herbacé est devenu homogène et dense dans la zone pastorale à l'exception du Trarza et du Gorgol.

Une mission d'évaluation des récoltes commune FAO/CILSS a estimé la production céréalière prévisionnelle de la campagne 1999/2000 à presque 250 900 tonnes, soit un niveau record en hausse de 28 % par rapport aux 195 500 tonnes récoltées en 1998/99. La production en diéri augmente de 68 % par rapport à l'année précédente affectée par une pluviométrie déficitaire. Du fait des larges superficies inondées, la production pourrait augmenter de plus de la moitié dans les bas-fonds et doubler dans le walo. Dans l'irrigué, suite aux inondations, la production devrait en revanche baisser de 12 pour cent par rapport à 1998/99.

 

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicNiger:

Les premières pluies utiles aux semis en humide ont été enregistrées en avril dans l'ouest du pays. Les précipitations sont ensuite restées faibles sur l'ensemble du pays jusqu'à la mi-juin. Les précipitations ont repris fin juin puis sont restées bien réparties dans l'espace et dans le temps en juillet et en août. Des cumuls mensuels de 200 à plus de 300 mm ont été enregistrés localement au cours du mois d'août. Ces fortes précipitations ont engendré des inondations et engorgements des champs. Environ 23 000 hectares de cultures, principalement de riz pluvial, de sorgho et de mil ont été inondées à travers le pays. Le mois de septembre a aussi été marqué localement par des précipitations supérieures à la normale. Les pluies ont continué au cours des deux premières décades du mois d'octobre. Le cumul pluviométrique est excédentaire sur la majorité des postes de suivi de la campagne.

L'installation de la campagne 1999 a accusé un retard de l'ordre de 15 jours à un mois, à l'exception des zones nord de la bande agricole. Plusieurs vagues de semis ont été observées selon les régions. De ce fait, les stades végétatifs des cultures étaient en retard par rapport à la normale et variables selon les régions.

Des attaques d'insectes floricoles, de borers de tige et de la mineuse de l'épi ont été signalées notamment dans les départements de Dosso, Tillabéri, Zinder et Maradi. La pression des sauteriaux a été surtout notée dans les départements de Tahoua, Zinder et Diffa mais elle est restée inférieure à l'année précédente. Les pâturages se sont dans l'ensemble bien reconstitués mais l'installation tardive de la végétation (début août) dans la majeure partie de la zone pastorale, n'a pas permis un développement de la phytomasse aussi important qu'en 1998.

Une mission conjointe FAO/CILSS à la fin octobre a estimé la production céréalière totale prévisionnelle en 1999 à 2 832 600 tonnes, dont 2 747 100 tonnes de mil, maïs et sorgho, 72 800 tonnes de riz et 12 700 tonnes de blé. Ce niveau de production est inférieur de 5% à celui de 1998 mais supérieur de 23 % à celui de la moyenne des cinq dernières années. La production de riz est en hausse de 25% par rapport à l'année précédente

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicSénégal :

La campagne agricole a démarré précocement cette année. Les premières pluies ont été enregistrées en mai dans l'est et le sud du pays, et en juin dans les autres régions agroécologiques. En juillet, les pluies ont été régulières et importantes dans le sud et le centre-sud mais elles ont connu une petite interruption pendant deux semaines dans le centre-nord et pendant trois semaines dans le nord. En août, les précipitations sont devenues plus abondantes et régulières, s'étendant à l'ensemble du pays et provoquant des inondations. A fin octobre, les cumuls saisonniers sont excédentaires par rapport à la normale 1961-90 pour tous les postes à l'exception de Fatick (centre-sud) et par rapport à la saison précédente dans toutes les régions à l'exception de Podor et de Linguère.

Des semis ont eu lieu dès le mois juin dans le sud, l'est, le centre-sud et le centre-nord où ils ont été réalisés dans un délai maximum de quatre semaines. L'abondance des pluies de juillet à septembre a entraîné une crue importante du fleuve Sénégal, provoquant des inondations, notamment dans la moyenne vallée et le delta du fleuve où d'importantes superficies de rizières ont été inondées entraînant des retards dans les opérations de repiquage.

La situation phytosanitaire a été dominée par les infestations de sauteriaux et de chenilles défoliatrices notamment en début de saison. En juin, des éclosions importantes de sauteriaux ont occasionné des pertes de semis dans les régions de Kaolack, Fatick, Saint-Louis et Tambacounda. De même, des attaques de chenilles et autres insectes ont été signalées mais les dégâts ont été de faible ampleur.

Avec de bons pâturages, des points d'eau bien remplis et un cheptel globalement en bonne santé, la situation de l'élevage est satisfaisante dans tout le pays. Toutefois, quelques poches de faible végétation dues aux pauses pluviométriques et aux attaques de sauteriaux, sont observées dans les régions de Saint-Louis, de Louga et le long de la frange maritime.

Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes a estimé à la fin du mois d'octobre la production 1999 des cultures pluviales à 962 143 tonnes pour une superficie totale de 1 288 221 hectares. Par rapport aux résultats de la campagne précédente, les superficies cultivées ont augmenté de 18% et la production d'environ 32%. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, les superficies ont augmenté de 8% et la production de 7%. D'une façon générale, toutes les productions céréalières sont en hausse par rapport à celles de la campagne précédente. En ajoutant les productions des cultures de décrue et de contre saison, la production céréalière totale pour 1999/2000 est estimée à 1 009 200 tonnes. Les perspectives pour les cultures de décrue sont meilleures à celles l'année dernière, pourvu que le retrait des eaux s'effectue normalement et que les paysans disposent de semences de qualité.

Vous pouvez aussi consulter les informations de base, préparées par le SMIAR, sur ce pays


 

Undisplayed GraphicTchad :

Après les premières pluies tombées fin avril, la saison des pluies s'est installée à la fin mai dans la zone soudanienne. En juin, des pluies significatives et bien réparties sont tombées dans la grande majorité de la zone agricole, avec cependant des déficits observés dans les préfectures du Chari-Baguirmi, du Lac et du Kanem. En juillet, d'importantes pluies ont été enregistrées dans les régions sahélienne et soudanienne et elles se sont intensifiées en août provoquant des inondations sur les cultures dans les préfectures du Lac, Batha et Moyen Chari. Malgré une baisse relative des quantités reçues en septembre, les préfectures septentrionales du Sahel présentent une situation pluviométrique excédentaire, alors que le reste du pays est dans une situation identique à celles de l'année 1998 et la moyenne 1961-90. Par rapport à l'année dernière, les inondations ont été plus importantes en zone sahélienne qu'en zone soudanienne. La biomasse est abondante voire exceptionnelle dans la zone sahélienne.

Les opérations de semis des céréales ont démarré fin mai-début juin. L'aspect végétatif des cultures était satisfaisant sur toute l'étendue du territoire à la mi-juillet. A la fin du mois d'août, les cultures céréalières sont à des stades diversifiés. Les cultures dans les préfectures de la zone sahélienne sont affectées par des inondations dues aux fortes précipitations de la seconde décade de septembre qui ont entraîné le nanisme des pieds de mil dunaire dans les régions du Lac et du Kanem. Les réserves en eau disponibles en octobre devraient permettre un bon développement des cultures.

Des chenilles légionnaires ont attaqué les cultures au stade levée en juin dans toute la zone soudanienne notamment dans la préfecture du Logone Occidental. Des sauteriaux ont attaqué les cultures maraîchères, fruitières et de sorgho dans plusieurs préfectures. La pression des sauteriaux est à craindre sur les prochaines cultures de décrue. A noter également des oiseaux granivores (Quéléa-quéléa) sur le riz dans le Chari-Baguirmi et des insectes floricoles (cantharides) sur le mil au stade laiteux. Aucune manifestation du criquet pèlerin et du criquet migrateur africain n'ont été signalées. Les pluies abondantes des deux dernières décades de juillet ont permis une bonne régénération des pâturages dans les zones soudanienne et sahélienne

Une mission d'évaluation des récoltes commune FAO/CILSS a estimé, à la mi-octobre, la production totale de céréales de la campagne 1999/2000 à 1 153 294 tonnes contre 1 352 891 tonnes en 1998 soit une baisse de 15 %. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, on note par contre un accroissement de 9%. Par rapport à 1998/99, les productions de riz, de berbéré et de blé ont augmenté de respectivement 8% et 13%. Les productions de maïs, de sorgho et de mil baissent de respectivement 46%, 21% et 3%. Sur le plan spatial, les prévisions pour l'ensemble des céréales sont un peu moins favorables dans la zone sahélienne (-17%) que dans la zone soudanienne (-12%).

 

IV. RESUME DE LA SITUATION DANS
LES PAYS COTIERS D'AFRIQUE DE
L'OUEST

Après un début précoce de la saison agricole dans la plupart des pays côtiers, les perspectives pour la récolte céréalière de 1999 sont bonnes. Elles devraient être supérieures à la normale sauf au Ghana, au Liberia et en Sierra Leone où les activités agricoles ont été perturbées par les troubles civils.

La saison des pluies a commencé début mars dans le sud des pays du Golfe de Guinée ce qui a permis de commencer les semis de la récolte principale de maïs. Les pluies ont atteint le nord de ces pays en général vers la fin mars/début avril, permettant la préparation des champs et les semis du mil et du sorgho. Les pluies sont en général restées abondantes et bien réparties jusqu'à la fin octobre.

Les conditions agroclimatiques ont été bonnes en Guinée, au Bénin, au Togo et au Cameroun (y compris dans l'extrême nord) et la production devrait être proche de la normale. Des inondations sont intervenues durant le stade de maturation dans certaines zones du Bénin, du Ghana et de la Guinée et pourraient réduire la production localement.

Les pluies ont commencé plus tard que la normale au nord du Nigeria, n'ayant atteint ces régions qu'à la fin mai, mais, malgré les semis tardifs, la production devrait être normale suite aux pluies abondantes et bien réparties reçues jusqu'à la fin octobre.

En Sierra Leone, suite aux troubles civils et à des pluies inférieures à la normale en août, les récoltes s'annoncent proches de celle de l'année dernière qui était déjà réduite. Au Liberia, une certaine amélioration des conditions de sécurité et des distributions d'intrants agricoles ont permis des activités agricoles à peu près normales dans les principales zones de production et les récoltes devraient augmenter sensiblement par rapport à l'an dernier.

Les évaluations préliminaires de la FAO concernant la production céréalière dans les neuf pays côtiers s'établissent à un total d'environ 28,5 millions de tonnes. Ces estimations, présentées dans le tableau 3, sont très approximatives, puisque les données de production habituellement fournies par les administrations locales ne sont pas disponible pour l'instant. Les premières estimations montrent une récolte céréalière record au Bénin.

Tableau 3: Pays côtiers d’Afrique de l’Ouest - production céréalière 1991-1998 et premières prévisions pour 1999 (production brute en milliers de tonnes, le riz étant exprimé en paddy )

Pays  Production céréalière Premières
estimations

pour 1999
 
1999
1994-98

(%)
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998
Bénin 587 608 628 649 634 668 915 904 950 126
Cameroun 1 001 905 980 920 1 200 1 161 1 160 1 121 1 100 99
Côte d'Ivoire 1 314 1 317 1 352 1 363 1 480 1 787 1 552 1 142 1 600 109
Ghana 1 436 1 255 1 644 1 594 1 834 1 770 1 790 1 711 1 600 92
Guinée 872 935 964 978 870 890 911 676 850 98
Liberia 109 102 65 50 56 95 168 113 150 156
Nigeria 18 615 19 597 19 329 20 358 20 943 21 636 21 833 20 815 21 300 101
Sierra Leone 467 478 499 465 337 399 480 299 300 76
Togo 465 494 633 443 502 687 717 662 700 116
Total 24 900 25 700 26 100 26 800 27 900 29 100 29 500 27 400 28 500 101


Source: FAO
Note: Les récoltes record sont soulignées.
1/ Estimations préliminaires de la FAO basées uniquement sur une évaluation qualitative de la saison agricole.
2/ Les totaux ont été arrondis.


Retour à la liste des publications