SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES DANS LA PROVINCE DU KOSOVO (REPUBLIQUE FEDERATIVE DE YOUGOSLAVIE)

27 janvier 2000

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Faits saillants de la mission

  • Les conditions météorologiques optimales jusqu'à la mi-novembre ont contribué au relèvement rapide des cultures céréalières du Kosovo.

  • La FAO et les ONG ont distribué les dons internationaux de semences de blé et d'engrais pour quelque 50 000 hectares. Les emblavures totales sont estimées à environ 79 000 hectares.

  • Les invasions de plantes adventices l'an dernier, l'utilisation d'une quantité supérieure à la normale de semences cultivées à la ferme et non nettoyées, et la réduction possible des travaux des champs en automne, renforcent le besoin d'herbicides au printemps prochain pour éviter les pertes de rendement.

  • On prévoit des semis normaux de maïs et des semis abondants de légumes dans les jardins familiaux au début de l'été dans toutes les municipalités.

  • Un soutien international sera nécessaire durant tout le printemps et l'été pour veiller à ce que la relance prometteuse de l'agriculture se poursuive.


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1. VUE D'ENSEMBLE

En août 1999, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires au Kosovo (République fédérative de Yougoslavie) a signalé une réduction sensible de la production agricole de la Province en 1999 due aux troubles civils - déjà présents dans certaines zones depuis mars 1998- dans quasiment toute la Province de mars à début juin 1999. La mission a noté que les pertes subies se feront sentir sur le plan nutritionnel et économique pour la population qui devrait rester fortement tributaire de l'aide extérieure pour satisfaire ses besoins alimentaires de base, au moins jusqu'au printemps 2000.

La réduction de la dépendance de la population kosovare à l'égard de l'aide alimentaire en 1999/2000 sera liée en grande partie au rythme du relèvement et de la remise en état du secteur agricole. En juin 1999, la FAO a mis en place une unité de coordination des urgences à Pristina qui doit mettre en _uvre un programme d'assistance agricole cohérent et techniquement fiable au Kosovo, en coordonnant l'action des différents partenaires engagés dans les opérations de secours agricoles d'urgence. En outre, la FAO a lancé divers projets de façon à répondre globalement aux besoins d'aide dans le secteur agricole, y compris la fourniture d'engrais, de semences de blé et de légumes, l'envoi sur le terrain d'experts agricoles, la création d'un laboratoire de contrôle de qualité des semences, la réparation des machines agricoles et la vaccination du bétail.

À l'automne 1999, la FAO a accordé une assistance prioritaire à la campagne de semis de blé d'hiver. Le blé étant la principale denrée de base de la Province, la planification des secours en 2000 dépendra en grande partie du résultat de la moisson à partir de juillet. C'est dans ce contexte qu'une mission FAO d'évaluation des récoltes s'est rendue au Kosovo du 5 au 13 janvier 2000, essentiellement dans le but d'évaluer les perspectives initiales de la récolte de blé de 2000, mais aussi de se rendre compte de la situation agricole générale en début d'année.

La mission a visité 21 des 29 municipalités du Kosovo. Dans 9 des principales municipalités où sont produites des céréales, elle a organisé des réunions avec les experts agronomes locaux. Pour 7 autres importantes municipalités productrices de céréales, elle a obtenu ses informations à partir d'entretiens de source fiable avec des ONG chargées de la distribution des intrants agricoles, à savoir Action Against Hunger (AAH), World Vision International (WVI) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L'évaluation de la situation dans les 13 municipalités restantes, qui ne couvrent normalement que 25 pour cent des emblavures d'hiver, s'est faite sur la base de données recueillies depuis juin 1999 par l'Unité d'urgence de la FAO à Pristina au cours de ses opérations.

La mission a estimé les superficies ensemencées en blé d'hiver en 1999 à environ 79 000 hectares, qui seront, pour l'essentiel, moissonnés en 2000, vu le niveau actuel de sécurité et de stabilité interne. Les rendements devraient varier selon l'origine des semences et le niveau d'utilisation d'intrants, mais ils seront, en moyenne, inférieurs aux niveaux d'avant 1990 et semblables à ceux de 1997/98 (2,75 tonnes à l'hectare). Les rendements au Kosovo auraient subi un recul considérable au début des années 90, dû à une forte réduction de l'utilisation d'engrais. Cette estimation est fondée sur les faibles niveaux d'engrais appliqués lors des semis, et sur la réduction prévue de l'accès aux engrais pour l'épandage de couverture au printemps. La mission a constaté qu'il est possible d'accroître les rendements, à condition d'appliquer suffisamment d'engrais azotés au printemps.

En ce qui concerne la principale céréale fourragère cultivée au Kosovo, le maïs, la mission a noté que les agriculteurs ont l'intention d'ensemencer environ 100 000 hectares cet été. La fourniture de semences et d'engrais pour près de 50 pour cent des superficies prévues est déjà planifiée pour un groupe ciblé d'agriculteurs parmi les plus vulnérables. On estime que le reste des semences et engrais sera acheté sur les marchés locaux en recourant aux filières de commercialisation actuellement rétablies par les négociants agricoles locaux.

Vu la prolifération de plantes adventices dans les cultures céréalières de l'an dernier, (moissonnées ou non), la réduction des pratiques culturales faisant appel aux tracteurs, disponibles en petites quantités, et le recours insuffisant aux herbicides à l'automne, les mauvaises herbes devraient constituer un grave problème cet été. La prolifération excessive de plantes adventices abaisserait les rendements à des niveaux encore inférieurs à ceux estimés actuellement par la mission. Aussi l'aide internationale pour le désherbage de printemps du blé d'hiver et du maïs semé en été - offrant un meilleur accès aux herbicides et au matériel d'épandage - devrait-elle être une priorité au cours des prochains mois.

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2. PRODUCTION DE BLÉ 1999/2000

Étant donné le niveau de sécurité régnant dans toute la province au moment de sa visite, la mission a pu se rendre dans 21 des 29 municipalités. Des entretiens avec des sources fiables, notamment des experts agronomes locaux dans neuf principales municipalités productrices de céréales, et avec des responsables de programme des ONG à Pristina, travaillant dans 7 autres importantes municipalités productrices, ont permis de rassembler des données détaillées sur 75 pour cent des zones céréalières.

D'une façon générale, le sous-secteur céréalier a enregistré un relèvement rapide au cours des six derniers mois, grâce à l'intérêt et à l'ingéniosité des agriculteurs, ainsi qu'à l'appui, arrivé globalement en temps utile, des organismes des Nations Unies et des ONG. Il y a eu quelques exceptions localisées et toutes les demandes d'intrants ou les services requis n'ont pu être satisfaits. Toutefois, dans l'ensemble, la réponse internationale a permis au sous-secteur des céréales de bien se placer pour la récolte de 2000, qui devrait être proche de la normale.

La mission a pu contacter les mêmes sources d'information que la précédente mission d'évaluation FAO/PAM des récoltes et des disponibilités alimentaires en août 1999, ce qui a permis d'assurer une continuité dans les résultats. Cependant, il est à noter que les informations se fondent encore en grande partie sur des récits anecdotiques, des remarques documentées et des observations de la mission, plutôt que sur des enquêtes cadastrales ou des retours d'information des agriculteurs. Ce n'est qu'à Pec, que les agriculteurs ont fourni des informations en retour; ailleurs, les données ont été fournies au gouvernement local et aux autres parties concernées par des `'militants'' agricoles situés dans des groupes de trois à cinq villages. Ces `'militants'' fournissent des informations à l'administration parallèle au Kosovo depuis plusieurs années et sont, par conséquent, habitués à transmettre des comptes rendus sur l'état des cultures. En dépit du travail de ce réseau, la FAO et le PAM sont en train de créer conjointement une base solide de collecte et d'analyse des données pour aider à évaluer la situation de la sécurité alimentaire au cours des prochains mois.

2.1 Facteurs influant sur les semis de blé d'hiver

Les conditions météorologiques durant la campagne de préparation des sols et des semis de blé d'hiver ont été normales ou optimales dans tout le Kosovo. Les pluies de septembre-octobre, abondantes et bien réparties, ont été accompagnées d'un temps doux jusqu'à la mi-novembre. Des températures supérieures à la normale ont encouragé les agriculteurs à cultiver à la limite de leurs possibilités et de semer du blé d'hiver au-delà du 25 octobre, date limite pour les semis de blé d'hiver. En conséquence, même si les semences distribuées par les ONG dans le cadre du programme d'urgence coordonné par la FAO ont été livrées avec un léger retard dans au moins 60 pour cent des municipalités examinées en détail, la période de chaleur prolongée devrait permettre d'utiliser effectivement ces semences, comme en témoignent les taux de germination signalés. Vu les taux d'ensemencement oscillant habituellement entre 270 kg l'hectare et 360 kg l'hectare - selon la méthode et la date des semis (les taux plus élevés étant normalement utilisés pour les semis manuels et/ou pour les cultures semées tardivement) - les semences distribuées par les ONG ne devraient pas avoir permis d'ensemencer plus de 50 000 hectares. Les agriculteurs ont, par conséquent, complété les fournitures de semences avec leurs propres semences de report de la récolte de 1999 et les semences des pays voisins achetées aux fournisseurs d'intrants agricoles. Une analyse détaillée des profils de semis de 100 agriculteurs d'Orahovac, conduite par la CICR, montre que les semences de report ou achetées ont assuré 50 pour cent des emblavures. A Djakovica, Gjilane, Kamenica, Kosovo Polje, Lipljan, Pristina et Urosevac, la proportion serait encore supérieure. Dans le reste de la Province, le pourcentage était bien plus faible. Dans l'ensemble, la mission a estimé qu'environ 29 000 hectares ont été ensemencés en blé d'hiver à l'aide des semences de report ou achetées, soit des emblavures totales de blé d'hiver de quelque 79 000 hectares, c'est-à-dire 36 pour cent de plus qu'en 1998/99, mais environ 10 pour cent de moins qu'en 1997/98. L'essentiel de cette réduction des superficies est probablement dû à l'insécurité régnant aux alentours des villages serbes et aux zones truffées de mines ou d'obus non explosés.

Le Tableau 1 présente des données sur les superficies, les rendements et la production de blé d'hiver par municipalité avant 1990 et pour les campagnes de 1997/98 à 1999/2000.

La prolongation de la campagne de semis a permis de a) partager les tracteurs grâce à des systèmes d'aide mutuelle, et b) de bénéficier d'importants services et/ou contrats commerciaux appuyés par les ONG, en fonction du niveau de perturbation des conditions normales de travail par rapport à l'an dernier. Les tarifs de labour allaient des « coûts du carburant uniquement » à Pec, où les tracteurs des ONG étaient également à l'_uvre, à 150 DM l'hectare à Gjilane. Dans le reste de la province, par exemple à Djakovica, les ONG ont payé jusqu'à 200 DM l'hectare pour s'adjuger les services d'agriculteurs pourvus de tracteurs, afin de garantir un bon relèvement dans les municipalités où les terres agricoles avaient été laissées à l'abandon depuis la campagne 1997/98.

On a constaté que les programmes d'aide à la remise en état des tracteurs et des machines agricoles ont accru sensiblement la disponibilité de tracteurs à Djakovica, Gjilane, Istok, Lipljan, Podujevo et Vucitrn. En outre, les forces KFOR de l'OTAN ont fourni un soutien en carburant et en lubrifiants à Gjilane. Ailleurs, le carburant et les lubrifiants étaient disponibles à l'achat et ne semblaient pas constituer un problème pour les terres cultivées.

2.2 Perspectives de rendement pour le blé d'hiver

A l'automne 1999, les agriculteurs ont reçu des dons d'intrants des ONG et des organismes internationaux, ou ont acheté au comptant leurs propres intrants aux négociants agricoles locaux. Ils n'ont bénéficié d'aucune mesure de crédit ou de paiement différé. En conséquence, seuls les agriculteurs ayant des liquidités ont pu compléter les semences distribuées par les ONG avec des semences améliorées. Il semblerait donc qu'en ce qui concerne les semences non fournies par les ONG, la proportion d'agriculteurs ayant utilisé leurs propres semences de report ait été supérieure à la normale. Étant donné la qualité médiocre de la moisson de l'an dernier due à l'absence d'épandage de surface, de campagnes de désherbage et au retard de la récolte, la production potentielle devrait être inférieure à la normale sur quelque 15 -20 pour cent des superficies.

De même, les agriculteurs d'Istok, Klina, Lipljan et Vucitrn auraient réduit les opérations dans les champs à un minimum de deux passages - labour et travail du sol au moyen d'une charrue à disques, avec semis manuels - afin d'abaisser les coûts des intrants. Ceci devrait également réduire les rendements, car la densité de peuplement est loin d'être optimale.

Mais le plus important est que l'application d'engrais lors des semis a été nettement inférieure à la normale. Les fournitures de NPK (15:15:15) par les ONG ont couvert moins de 30 pour cent des besoins des superficies totales ensemencées. Qui plus est, sur les 9 000 tonnes d'épandage d'engrais de surface (nitrate de calcium ammoniacal) nécessaires pour les superficies ensemencées avec les semences des ONG, début janvier 2000, 2 700 tonnes seulement avaient été couvertes par les annonces de contributions, ce qui laisse un déficit de quelque 11 500 tonnes, si l'on veut appliquer des engrais en couverture sur les superficies (79 000 ha) à un taux normal de 180 kg l'hectare.

L'insuffisance d'herbicides en 1999 et la mise en jachère forcée de superficies très étendues dans certaines municipalités se sont traduites par de vastes infestations de mauvaises herbes sur toutes les terres arables l'an dernier. Cette prolifération de plantes adventices devrait être grave l'été prochain et se traduire par une baisse considérable des rendements et de la qualité de la récolte, à moins d'encourager et d'appuyer une utilisation d'herbicides à grande échelle, grâce à un meilleur accès aux pulvérisations et aux produits chimiques après la fonte des neiges au printemps.

2.3 Premières prévisions de production de blé d'hiver

Au vu de ce qui précède, la mission estime que le rendement moyen en blé d'hiver sera, cette année, de 2,75 tonnes à l'hectare. On pourrait accroître les rendements en améliorant l'accès des agriculteurs aux engrais azotés au printemps. Toutefois, les rendements pourraient aussi tomber encore plus bas que les niveaux actuellement estimés, faute de mesures de désherbage adéquates.

Si les prévisions de rendement se confirment, la production de blé de 1999/2000 devrait s'élever à 217 000 tonnes sur une superficie estimée à 79 000 hectares, soit 60 pour cent de moins que le niveau d'avant 1990 et 80 pour cent de la récolte estimée de 1997/98, mais le double du résultat estimé de la campagne précédente. La mission a révisé la production de blé de 1998/99 à la baisse - environ 103 000 tonnes- par rapport aux quelque 113 000 tonnes prévues par la mission d'août.

Tableau 1. Blé: superficie (en hectares), rendement (en tonnes/ha) et production (en tonnes)

Municipalité   Ménages agricoles   République fédérative de Yougoslavie Université de Pristina Révision de la mission des estimations de la FAO d'août 1999 Semis bénéficiant de l'aide des ONG 1/
1999/2000
 
Semis estimés par la mission
1999/2000
 
Prévisions de production de la mission 2/
1999/2000
 
Superficies moy. récoltées avant 1990 Superficies récoltées 1997/98 Superficies récoltées 1998/99 Rendement 1998/99 Production 1998/99
Decan 4 895 936 360 n.d. n.d. n.d. 750 700 1 925
Gora 1 757 325 n.d. n.d. n.d. n.d. 529 400 1 100
Fushe Kosovo 2 050 (y compris à Pristina) 2 210 (.......... y compris à Pristina ..........) 477 2 200 6 050
Gjakove 6 022 4 047 3 500 680 2.2 1 500 1 954 4 600 12 650
Gjilane 6 015 5 722 7 200 5 400 3.0 16 200 1 354 5 000 13 750
Glogovac 5 696 4 562 3 700 300 2.0 600 3 310 4 000 11 000
Istok 5 096 2 834 1 250 300 3.0 900 977 1 080 2 970
Kacanik 2 992 1 340 1 100 600 2.4 1 440 574 1 100 3 025
Kamenica 5 172 5 936 4 000 2 880 3.0 8 640 871 4 000 11 000
Klina 4 591 4 055 2 850 1 000 2.1 2 100 1 493 2 900 7 975
Leposaviq 1 576 1 129 800 240 1.8 432 416 800 2 200
Lipljan 6 251 7 205 6 900 5 800 2.5 14 540 2 013 4 905 13 489
Malishevo 4 294 4 398 4 000 (y compris à Klina, Glogovac, Orohavac & Suva Reka) 3 306 4 000 11 000
Mitrovica 4 176 2 571 1 200 400 2,0 800 1 250 1 200 3 300
Novo Berde 460 (y compris à Gjilane) 800 600 1,4 840 100 800 2 200
Obilic 2 943 (y compris à Pristina) 1 100 (..........y compris à Pristina ..........) 716 1 100 3 025
Orahovac 4 188 2 689 2 300 540 2.5 1 350 2 288 4 000 11 000
Pec 5 670 2 208 1 250 875 1,4 1 225 1 342 2 000 5 500
Podujevo 7 361 7 184 7 400 4 000 2,6 10 400 3 154 4 200 11 550
Pristina 4 970 9 873 3 000 2 500 2,0 5 000 1 774 3 000 8 250
Prizren 9 631 4 423 6 800 3 900 2,0 7 800 3 978 5 100 14 025
Sbrica 5 537 6 380 5 400 540 2,0 1 080 3 758 3 500 9 625
Stimlje 2 344 (y compris à Urosevac) 1 200 580 2,1 1 218 2 077 1 000 2 750
Strepce 1 270 (y compris à Urosevac) 100 80 2,0 160 248 100 275
Suva Reka 6 315 4 495 4 000 450 1,9 860 2 319 4 000 11 000
Urosevac 6 125 7 985 5 200 4 000 2,6 10 400 1 996 4 000 11 000
Vitina 5 715 4 598 4 000 3 600 2,5 9 000 2 581 4 000 11 000
Vucitrn 5 258 5 764 6 100 3 000 1,7 5 100 4 171 4 266 11 732
Zubin Potok 825 n.d. 500 400 1,8 720 n.d. 500 1 375
Zvecan 896 n.d. 350 175 2,0 350 100 350 963
TOTAL 130 091 100 659 88 570 42 840 2,4 102 655 49 876 78 801 216 704

1/ Ceci se réfère aux superficies ensemencées en utilisant les semences distribuées par les ONG, probablement à un taux de 310 kg l'hectare.
2/ Sur la base d'un rendement moyen de 2,75 tonnes à l'hectare.

3. AUTRES CULTURES

En ce qui concerne le résultat final de la récolte de maïs de 1999, qui était encore incertain lors de la visite de la précédente mission FAO/PAM en août 1999, on estime désormais qu'une récolte d'environ 48 000 tonnes de maïs a été rentrée, essentiellement dans les villages serbes et les villages catholiques albanais, soit 9 000 tonnes de moins que les prévisions d'août (57 000 tonnes). Toutefois, il est peu probable que le maïs obtenu soit disponible pour la consommation, car les relations commerciales entre agriculteurs serbes et albanais se sont interrompues.

La mission a observé que les labours d'automne pour les cultures qui seront semées à l'été 2000 avaient été effectués dans l'ensemble du Kosovo; cependant, seules les zones de Djakovica, Gjilane et Prizren ont cultivé une bonne partie des superficies prévues. Les labours devraient reprendre au printemps dans toute la Province.

A cause de la destruction des usines de transformation agro-industrielle en 1999, la mission ne prévoit aucun semis de printemps ou d'été d'oléagineux ou de plantes textiles. Par conséquent, les semis d'été de cultures de plein champ, hormis une superficie limitée d'orge destinée à la brasserie, ne seront constitués que de maïs. D'après les premières indications, les agriculteurs envisagent d'ensemencer environ 100 000 hectares cet été. Il est prévu d'organiser la fourniture de semences et d'engrais pour près de 50 pour cent des superficies escomptées à un groupe ciblé d'agriculteurs, parmi les plus vulnérables. Le reste des semences et engrais devrait être acheté sur les marchés locaux en recourant aux filières de commercialisation qui sont en train d'être rétablies par les négociants agricoles locaux. Des contrats de production d'orge devraient être conclus entre les exploitations et la brasserie de Pec, mais ils n'ont pas encore été établis.

Comme pour les cultures industrielles de plein champ, la remise en état des grands vignobles est peu probable avant la fin des négociations sur l'avenir de l'industrie viticole qui a été anéantie. Malgré l'absence de grandes usines de transformation, des vignes familiales pourraient être replantées en vue d'une vinification à la ferme.

A Istok, Podujevo et Vucitrn, les exploitants locaux envisagent une production de pommes de terre comparativement importante pour des programmes distincts, respectivement de 280 hectares, 1 000 hectares et 1 600 hectares. Toutefois, leur réussite dépendra de la fourniture d'une aide internationale substantielle en matière de semences et d'engrais.

La production de fruits et légumes cultivés dans les jardins devrait être normale cette année grâce aux programmes internationaux de soutien à la production maraîchère et la volonté des agriculteurs de remettre en état les vergers. Ceci pourrait même, dans certaines régions, se traduire par des excédents locaux disponibles pour la vente.

Le foin a été récolté en été et en automne derniers et la mission a constaté la présence de meules dans toutes les fermes. Leur niveau semble baisser lentement, du fait de la réduction des têtes de bétail (voir ci-dessous). La plupart des enclos de luzerne et de trèfle rouge visibles de la route - même s'ils étaient couverts de givre- semblaient propres et en bon état pour la repousse printanière.

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4. PRODUCTION ANIMALE

La situation actuelle de l'élevage n'est pas très claire. Dans certaines zones, on révise actuellement les estimations de l'été dernier qui faisaient état de grosses pertes de bétail à mesure que les propriétaires récupèrent leurs animaux égarés. Ailleurs, près des frontières, les troupeaux sont en voie de reconstitution. Toutefois, la mission n'a vu que de très rares animaux durant sa visite dans 21 municipalités. Le faible niveau d'utilisation des meules de foin à la ferme laisserait entendre que seules quelques familles ont plus d'une vache ou deux.

Les sources d'information de la mission n'ont pas été en mesure de fournir une mise à jour des statistiques sur les nombres de têtes de bétail. La FAO prépare des demandes de fournitures vétérinaires. Une fois achevées, ces listes devraient aider à préciser le nombre et la répartition du cheptel.

En dépit de ce qui précède, les effectifs des petits ruminants semblent avoir été les plus durement entamés. Qui plus est, les accouplements non contrôlés en été se sont traduits par une saison d'agnelage qui a démarré en novembre et se poursuivra vraisemblablement jusqu'en février. Sur un cheptel national déjà terriblement appauvri, cette saison imprévisible et morcelée pourrait bien être le coup de grâce porté au secteur des brebis laitières, qui a périclité au cours des dernières années.

Les élevages d'État n'existent plus, à l'exception de la ferme piscicole d'Istok. Tout le cheptel a été livré au pillage ou abattu et les bâtiments agricoles ont été détruits. Comme pour le reste du sous-secteur agricole étatique, aucune production n'est prévue en 2000. La mission ne sait pas non plus si la remise en état de certaines de ces exploitations est envisagée.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO sur la base d'informations de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser pour tout complément d'information à: M. Abdur Rashid, Chef, ESCG, FAO, (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Courrier électronique: GIEWS1@FAO.ORG.

Les alertes/rapports spéciaux peuvent également être reçus automatiquement par courrier électronique, dès leur parution, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer le message électronique indiqué ci-après, sans objet, à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org:

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