SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE SPÉCIALE
N0 303

(Série diffusée uniquement pour les pays dans lesquels l'état des cultures vivrières
ou la situation des approvisionnements alimentaires sont préoccupants)

Pays: Mongolie

Date: 10 mars 2000

DE GRAVES PÉNURIES ALIMENTAIRES SONT REDOUTÉES EN MONGOLIE APRÈS L'HIVER LE PLUS RUDE DEPUIS 30 ANS

L'hiver le plus rude depuis trente ans aurait tué plusieurs centaines de milliers de têtes de bétail, compromettant gravement la survie et la sécurité alimentaire de près d'un quart de la population, soit 2,7 millions de personnes, qui vivent de l'élevage. Selon les rapports officiels 1,5 million de bêtes auraient déjà péri et de nombreuses autres risquent de disparaître au cours des prochaines semaines vu la persistance de conditions météorologiques difficiles. Les zones les plus touchées sont le centre, l'ouest et le nord-ouest, où 142 des 360 comtés du pays sont situés. Les zones ayant particulièrement souffert sont Dundgobi, Ovorkhangai, Uvs, Zavkhanto et Bayankhongor.

Le secteur de l'élevage joue un rôle extrêmement important dans l'économie de la Mongolie puisqu'il représente la principale source de revenus de nombreux ménages et constitue une source majeure de devises. En outre, compte tenu des distances importantes et de l'absence d'autres sources d'alimentation, les animaux jouent également un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire des ménages, en leur fournissant de quoi satisfaire leurs besoins nutritionnels essentiels grâce à la viande et au lait. D'après les estimations disponibles, un animal normal fournit environ 92 kg de viande et 130 kg de produits laitiers chaque année. Les pertes importantes auront par conséquent un impact direct et grave sur la sécurité alimentaire des ménages d'éleveurs, notamment dans les régions éloignées pratiquement inaccessibles. Les problèmes nutritionnels risquent d'être aggravés par l'impossibilité d'accéder à une assistance médicale de base, puisque l'efficacité des systèmes de transport se trouve gravement limitée par le manque de chevaux.

La situation alimentaire, notamment parmi les groupes vulnérables, c'est-à-dire les femmes et les enfants, pourrait se dégrader de manière appréciable au cours des prochains mois du fait, notamment, que les réserves de viande séchée, de lait et de produits laitiers amassées pour l'hiver commenceront à s'épuiser. On sait d'ores et déjà que les secteurs les plus vulnérables de la population nomade ont commencé à migrer vers les villes à la recherche d'emplois. Cette tendance contribuera à aggraver les problèmes d'approvisionnement alimentaire que connaissent déjà certaines régions depuis une dizaine d'années du fait de la situation économique.

Étant donné que des millions d'hectares de pâturages sont encore enfouis sous la neige, il est urgent de fournir aux animaux qui ont survécu jusqu'ici des aliments supplémentaires. Toutefois, la capacité du gouvernement dans ce domaine est extrêmement limitée, en raison de la rareté des ressources, de son rôle de plus en plus réduit dans le secteur agricole et de l'absence de stocks régulateurs de produits destinés à l'alimentation humaine ou animale. Le problème des approvisionnements en aliments pour animaux est encore aggravé par les difficultés de transport et les répercussions d'une grave sécheresse qui a sévi pendant la dernière campagne agricole et qui est responsable de la qualité médiocre des pâturages et de la production insuffisante de foin normalement réservé à l'alimentation des animaux pendant les mois d'hiver critiques. Par conséquent, même avant la crise actuelle, la santé d'un grand nombre de têtes de bétail était déjà compromise.

La situation d'urgence alimentaire suit plusieurs années de déclin de l'état nutritionnel de la population, dû à la précarité de la situation économique de vastes secteurs de la population liée à la transition d'une économie planifiée à une économie de marché. Ainsi, de nombreux groupes de populations qui étaient employés par l'État ou qui bénéficiaient d'une aide sociale se sont trouvés exposés à l'incertitude économique en l'absence d'activités rémunératrices de substitution. Divers rapports datant du milieu des années 90 indiquent que les personnes les plus touchées par la pauvreté et l'insécurité alimentaire sont les chômeurs, les vieillards, les ménages dirigés par les femmes, les enfants, les retraités et les petits éleveurs.

Le gouvernement mongol a lancé un appel à la communauté internationale demandant de la nourriture, des vêtements, des médicaments et du fourrage pour le bétail qui a survécu.

Contexte agricole

La Mongolie occupe une superficie d'environ 1,6 million de km2 et sa population est d'environ 2,7 millions d'habitants, ce qui en fait l'un des pays les moins peuplés du monde. Près de la moitié de la population vit dans des zones rurales, où l'élevage, qui représente 86 pour cent environ de la production agricole brute, est la principale activité économique. Les pâturages occupent une superficie très vaste, mais fragile et nourrissent une population animale estimée à 30 millions de têtes. Un climat continental rude, des distances extrêmement longues et un système d'élevage nomade, en expansion spectaculaire depuis le démembrement des fermes d'État, rendent extrêmement difficile la fourniture de services au secteur de l'élevage. La production céréalière totale ne cesse de décliner, du fait que les agriculteurs ont de sérieuses difficultés à obtenir des banques des prêts suffisants pour acheter du matériel, des semences et des engrais. Nombre d'entre eux n'ont pas non plus les compétences nécessaires pour gérer une entreprise. De ce fait, la superficie cultivée, les rendements à l'hectare et la production totale déclinent rapidement. Selon les dernières estimations, la superficie cultivée en blé, principal aliment de base, est passée de 498 000 hectares en 1993 à 273 000 hectares environ en 1999, tandis que la production, pendant la même période, tombait de 450 000 tonnes à 190 000 tonnes.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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