SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPECIAL: ANGOLA

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES EN ANGOLA

17 mai 2000

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Points saillants

  • La poursuite du conflit depuis la reprise des hostilités en 1998 a entraîné un accroissement du nombre des personnes déplacées, qui avoisine 2,6 millions, dont 1,9 million qui ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.
  • La production céréalière de 1999/2000 est estimée à 504 000 tonnes, soit près de 5 pour cent de moins que l'année précédente, un recul dû essentiellement à un régime des pluies peu propice et à des pénuries des principaux intrants.
  • Les besoins d'importations de céréales pour la campagne de commercialisation 2000/2001 (avril/mars) sont estimés à 753 000 tonnes, dont 420 000 tonnes seront importées commercialement.
  • Il faudra prévoir, pour la campagne 2000/2001 (avril/mars), un volume de 333 000 tonnes au titre de l'aide alimentaire internationale d'urgence.
  • L'insécurité continue d'entraver le transport par route vers les provinces et à l'intérieur de celles-ci, faisant du transport aérien, fort coûteux, la seule autre option.

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1. APERÇU GÉNÉRAL

Les conséquences de l'échec de l'accord de paix en 1998, notamment la reprise des combats, les déplacements massifs des populations et l'insécurité, continuent d'être fort préoccupants malgré les efforts déployés par l'État et ses partenaires pour redresser la situation. D'après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Angola, le nombre des personnes déplacées avoisine 2,6 millions, soit 53 pour cent de plus que le chiffre déclaré l'année précédente. Cet accroissement est dû à la fois au fait que l'État a mieux accès à davantage de régions et à la poursuite du conflit. Selon les estimations du PAM, environ 1,9 million de personnes auraient actuellement besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

Afin de donner au gouvernement et à la communauté internationale une base à leurs stratégies d'aide aux populations touchées par la guerre, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires a été dépêchée en Angola du 16 avril au 3 mai 2000. Elle avait pour objet d'évaluer la production alimentaire pour la campagne 1999/2000 et d'estimer les besoins d'importation de céréales pour la campagne 2000/2001 (avril/mars), y compris les besoins d'aide alimentaire. La mission a été renforcée par des personnels du Ministère de l'agriculture et du développement rural (MINADER) et des observateurs de la Communauté européenne (CE), de l'Agence des États-Unis pour le développement (USAID) et de la Communauté du développement de l'Afrique australe (SADC). La planification détaillée de la mission, les documents préparatoires et autres éléments d'information générale ont été fournis par l'Unité de sécurité alimentaire que soutient la FAO au sein du MINADER, l'Unité de cartographie et d'analyse de la vulnérabilité (VAM) du Bureau du PAM en Angola, et les bureaux auxiliaires du PAM dans les provinces. Les informations concernant les populations agricoles et les superficies ensemencées, ainsi que les dossiers établis sur la situation alimentaire dans les provinces, se sont révélés particulièrement utiles à la mission.

Avant de se rendre sur le terrain, la mission a rencontré à Luanda le Ministre de l'agriculture et du développement rural, le Ministre de l'aide sociale et de la réintégration (MINARS), des représentants des institutions des Nations Unies, des donateurs et des ONG, afin de mettre en évidence les problèmes méritant une attention particulière, notamment les régions géographiques à couvrir. La cartographie des zones agro-écologiques angolaises, établie par l'Unité de sécurité alimentaire, a grandement facilité l'évaluation des récoltes. Afin de garantir une couverture suffisante des principales régions dans les temps impartis, la mission s'est répartie en trois groupes : le groupe I s'est rendu dans les provinces de Huambo, Bié, Malanje et Uige ; le groupe II a visité Benguela, Cuando Cubango, Moxico et Huila ; et le groupe III, Cuanza Sul, Bengo, Luanda, Lunda Sul et Cuanza Norte. En raison de l'insécurité, les groupes ont le plus souvent pris l'avion pour se rendre dans les chefs-lieux de province. Les inspections sur le terrain se sont faites par voie routière, ces déplacements étant généralement limités aux environs des chefs-lieux et des autres villes visitées. Dans les provinces, les équipes de la mission se sont entretenues avec les gouverneurs, le personnel local du MINADER, du MINARS et des ONG, ainsi qu'avec les agriculteurs, les commerçants et les personnes déplacées, afin de vérifier et de compléter les renseignements fournis préalablement à la mission. Les rendements des récoltes ont été mesurés lors des inspections sur le terrain, et les approvisionnements et les prix des principales denrées de base ont été contrôlés sur les marchés locaux. Les rapports émanant des sous-bureaux du MINADER et du PAM ont fourni des renseignements sur les régions et provinces non visitées. En ce qui concerne l'estimation des précipitations et de leur répartition, les images recueillies par satellite ont été complétées par des données et des informations fournies par le MINADER, les ONG et les agriculteurs.

Pour la campagne 1999/2000, la mission prévoit une production céréalière de 504 000 tonnes, soit environ 5,5 pour cent de moins que l'année précédente. Cet écart s'explique essentiellement par la baisse de la production de maïs qui a diminué de 8 pour cent, passant de 428 000 tonnes à 394 000 tonnes. En revanche, la production d'autres cultures, dont les besoins en eau sont moindres, a augmenté. Ainsi, la production de sorgho/mil a augmenté de 3 pour cent environ, passant à 105 000 tonnes ; les productions de haricots et d'arachides se sont accrues, respectivement, de 11 et 13 pour cent, tandis que celles de manioc et de pomme de terre ont été, selon les estimations, beaucoup plus élevées que ne l'indiquaient les prévisions de l'année précédente.

La baisse de la production de maïs est attribuée à deux facteurs essentiels, à savoir, le régime des pluies peu propice et la pénurie des principaux intrants. Bien que les précipitations totales aient été, dans la majeure partie du pays, supérieures à la moyenne pendant toute la campagne, de septembre 1999 à avril 2000, les pluies sont arrivées tardivement, en particulier dans les régions du sud et du centre. Dans cette dernière, les bonnes pluies n'ont commencé qu'en novembre. Les pluies abondantes tombées dans de nombreuses régions vers la fin décembre ont ensuite été suivies d'une vague de sécheresse anormalement longue fin janvier et en février. Deuxièmement, on a noté un manque général des principaux intrants, associé à la distribution tardive et la qualité souvent médiocre des semences. En outre, les familles agricoles déplacées n'ont eu accès qu'à des superficies très limitées de terre, lorsqu'il y en avait, sur leurs nouveaux sites et dans de nombreux cas, la terre est de mauvaise qualité.

S'agissant de la campagne de commercialisation 2000/2001 (avril/mars), l'offre interne de céréales, estimée à 504 000 tonnes, est loin de répondre aux besoins de consommation nationaux. Alors que selon l'estimation de milieu de campagne de commercialisation, la population s'élève à 13 675 000 personnes, les besoins d'importations céréalières pour 2000/2001 sont estimés à 753 000 tonnes. Sur ce total, la mission estime que 420 000 tonnes seront importées à titre commercial, ce qui laissera 333 000 tonnes à importer dans le cadre de l'aide alimentaire.

Il faut, de toute urgence, affecter des terres fertiles en quantités suffisantes aux personnes déplacées et prévoir sans tarder la fourniture des intrants nécessaires à la population agricole d'ici à la campagne agricole 2000/2001.

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2. L'ÉCONOMIE ET L'AGRICULTURE1/

Avec ses importantes réserves de pétrole et de minéraux, notamment de diamants, ses ressources abondantes en eau et en terres arables, l'Angola pourrait devenir l'une des plus fortes puissances économiques d'Afrique. Mais depuis qu'a débuté la lutte pour la libération au début des années 1960 et, en particulier, depuis l'éclatement de la guerre civile après l'indépendance en 1975, les Angolais n'ont connu que souffrances, une insécurité omniprésente, un déclin des conditions socio-économiques et une misère aiguë. D'après les rapports du PNUD, en 1999, 60 pour cent de la population vivait en deçà du seuil de pauvreté, tandis que le pays occupait le cent soixantième rang dans l'Indice du développement humain, après avoir été au cent cinquante-cinquième rang l'année précédente, laissant supposer une aggravation des niveaux de vie.

Selon les estimations du FMI, le PIB de l'Angola a augmenté en moyenne de 4,5 pour cent entre 1994 et 1999. Mais la dépendance excessive à l'égard du secteur des hydrocarbures (qui représentait 90 pour cent des recettes d'exportations et 44 pour cent du PIB en 1998), la fébrilité des prix du pétrole et la reprise des hostilités ont rendu la croissance irrégulière. Ainsi, les taux élevés de croissance de plus de 11 pour cent en 1995 et 1996 contrastent fortement avec les taux négatifs de -3,8 et -0,2 pour cent de 1998 et 1999, respectivement. Cela se reflète dans l'évolution du taux de croissance du PIB par habitant qui de plus de 8 pour cent en 1995 et 1996, est tombé à -6,5 en 1998 et -3,5 en 1999.

En outre, la répartition des revenus s'est dégradée. Selon le PNUD, entre 1995 et 1999, les revenus de 10 pour cent des familles les plus riches se sont accrus de 43 pour cent, contre une réduction de 59 pour cent pour les familles plus pauvres. Cela se traduit par la baisse continue de la production et des conditions de vie dans le secteur rural, conjuguée à des déplacements massifs de population. Un rapport des Nations Unies intitulé "Évaluation rapide des besoins critiques des populations touchées par la guerre" publié en avril 2000 décrit leur situation comme alarmante et sur le point de devenir une situation de crise. Au cours de ses visites de terrain, la mission a noté que de l'avis général, la population agricole résidente installée aux alentours des villes (c'est-à-dire, non déplacée par la guerre) ne vivait pas vraiment mieux que les personnes déplacées. Elle aussi manque des intrants agricoles de base et, en raison de l'insécurité, doit souvent utiliser des sols appauvris aux environs immédiats des chefs-lieux de province et des autres villes tenues par le gouvernement.

Le ratio entre dépenses gouvernementales et PIB était de 62 pour cent en 1994 et 43 pour cent en 1999, ce qui est élevé par rapport à d'autres pays à revenus faibles et moyens. Le déficit budgétaire en part du PIB va de 17,6 pour cent en 1995 à 7,3 pour cent en 1999, ce qui laisse supposer que les efforts déployés par l'État pour maîtriser les dépenses produisent les effets voulus. Toutefois, l'inflation annualisée était d'environ 330 pour cent en décembre 1999, contre 135 pour cent en décembre 1998. Afin d'endiguer l'inflation, de nouvelles mesures applicables aux taux de change et monétaires ont été introduites en mai 1999. Elles comprenaient la libéralisation des taux d'intérêt, le flottement de la devise, l'établissement d'un marché de change interbancaire, l'élimination des droits d'importation et la liberté d'utiliser les recettes en devises des sociétés pour importer des marchandises.

L'agriculture est le secteur qui a le plus souffert du conflit. Mis à part la région côtière où l'irrigation est pratiquée par les agriculteurs commerciaux et, dans une certaine mesure, les provinces du nord productrices de tubercules, l'agriculture angolaise est devenue une agriculture de subsistance, avec un excédent commercialisable très faible, voire inexistant. Autrefois autosuffisant pour ce qui était des denrées de base, le pays dépend depuis plusieurs années des importations, en particulier de l'aide alimentaire, pour faire face à ses besoins intérieurs. Les plantations de café, de sisal, de coton et de canne à sucre sont retournées à l'état sauvage, tandis que la production de bananes, d'huile de palme et de tabac a décliné pendant les vingt-cinq années de guerre. La misère extrême de la communauté agricole et l'absence de mécanismes de crédit dans les institutions financières ne rendent possible l'utilisation des intrants achetés et de la mécanisation que dans quelques exploitations commerciales. Jusqu'à présent, des ONG ont, dans le cadre de leur aide humanitaire, fourni des semences et de simples outils à un nombre limité de personnes déplacées. Dans le cadre de son programme actuel de secours d'urgence, le gouvernement prévoit aussi de fournir des semences aux petits agriculteurs dans toutes les provinces. Cela, toutefois, sera encore loin de correspondre aux programmes de développement rural dont le pays a grand besoin dans les régions sûres et qui, à terme, contribueraient à garantir des moyens de subsistance durables aux communautés agricoles.

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3. LA PRODUCTION VIVRIÈRE EN 1999/2000

3.1 La sécurité et la production agricole

Malgré une légère amélioration de la sécurité cette année par rapport à 1998/99, la poursuite du conflit pèse toujours énormément sur la production agricole. La plupart des routes provinciales restant fermées et les déplacements sur les quelques routes ouvertes étant dangereux, le mouvement des marchandises (tant les intrants que les produits) et des personnes est sérieusement limité. Le conflit et les risques que posent les mines restreignent considérablement l'utilisation des terres agricoles. Dans de nombreuses régions, des nombres importants d'agriculteurs quittent encore les terres qu'ils ont ensemencées parce qu'ils ne peuvent pas s'en occuper, ni récolter leurs cultures en toute sécurité. Dans les régions où les agriculteurs pratiquent traditionnellement un vaste système de rotation des jachères, cela est souvent devenu impossible du fait du nombre limité de terres sûres. L'arrivée de personnes déplacées dans les centres municipaux du pays accentue la pression exercée sur les ressources terrestres limitées. Les vols de récoltes dans les champs, notamment de maïs, sont fréquents dans de nombreuses régions, poussant les agriculteurs à récolter leurs cultures prématurément. Les vols et la peur du vol ont sérieusement fait diminuer les effectifs d'élevage dans la plus grande partie du pays.

Les précipitations

En Angola, les précipitations annuelles deviennent progressivement plus abondantes du sud au nord. La moyenne sur la bande côtière varie entre moins de 100 mm dans certaines parties de la province de Namibe et plus de 800 mm dans les parties côtières des provinces de Zaïre et de Cabinda. Plus à l'intérieur du pays, les pluies varient entre environ 600 mm dans le sud et plus de 1600 mm dans certaines parties des provinces de Uige et de Lunda Norte.

Les images recueillies par satellite indiquent que la hauteur globale des précipitations sur la plus grande partie du pays était supérieure à la moyenne pour la période allant de septembre 1999 à avril 2000. Toutefois, les images masquent leur mauvaise répartition dans des régions agricoles importantes, comme l'ont signalé les agriculteurs et l'ont noté le MINADER et d'autres organismes. Le début de la saison a été lent, avec des chiffres inférieurs à la moyenne pour le mois de septembre, et, dans la région du centre, la saison n'a pas débuté avant début novembre. Les images recueillies par satellite indiquent des réductions petites à grandes de la végétation par rapport à l'année précédente pour le mois de novembre dans une grande partie du pays, notamment le centre et le nord-est. Les précipitations ont ensuite été abondantes en décembre et début janvier dans une grande partie des régions du nord et du centre. Certaines régions, notamment le centre, ont ensuite enregistré des précipitations inférieures à la moyenne vers fin janvier et en février.

Cette répartition a entraîné des baisses importantes mais localisées des rendements des haricots et des arachides du fait de l'engorgement des sols, et une réduction des rendements du maïs s'expliquant à la fois par l'engorgement des sols et la sécheresse relative qui a coïncidé avec la floraison tardive en raison du retard pris dans les semis. En revanche, le manioc a profité des pluies généralement élevées cette année et a su s'adapter lorsque les précipitations étaient inférieures à la moyenne.

En termes de pâturages, les images recueillies par satellite révèlent qu'au début du mois d'avril 2000, le pays était, sur une grande partie de sa superficie, recouvert d'une végétation "bonne" à "très bonne".

La fourniture d'intrants agricoles

Pendant la campagne agricole 1999/2000, l'État, les organisations internationales et les ONG ont distribué des semences - essentiellement de maïs, de haricots, d'arachides et de légumes divers - dans plusieurs provinces, mais en raison de difficultés logistiques, leur livraison a souvent été retardée et, dans certains cas, par exemple, les arachides, la qualité des semences fournies aurait été mauvaise. Les allocations prévues par l'État comprenaient 1 580 tonnes de semences de maïs, 1 106 tonnes de semences de haricots et 265 tonnes de semences d'arachides. Le plus gros bénéficiaire escompté aurait été Huambo, qui devait recevoir 900 tonnes de semences de maïs et 480 tonnes de semences de haricots. Faute d'accès routier, certains envois sont arrivés en retard, mais la plupart ne sont pas arrivés du tout. À l'opposé, des communautés ont été rencontrées auxquelles les ONG avaient livré assez de semences. Les semences de légumes, provenant semble-t-il de dons déroutés, sont vendues sur plusieurs marchés mais il y a peu d'acheteurs. La disponibilité de plants et semences pour le manioc a été sensiblement améliorée cette année, le MINADER et les ONG ayant favorisé la multiplication.

L'État et les ONG ont également distribué des outils à main agricoles aux personnes déplacées. De nombreuses communautés se sont plaintes de l'insuffisance du nombre d'outils fournis face au nombre potentiel d'utilisateurs au sein d'une famille. Toutefois, il est difficile de concilier cette plainte avec le fait que houes et machettes étaient en vente sur plusieurs marchés pour des sommes aussi modestes que 1,5 et 3 Kz, respectivement (moins de 50c. É.-U.). On n'utilise pratiquement pas d'engrais, bien que certaines ONG en aient distribué en très petites quantités à un petit nombre de communautés. On a souvent vu des sacs d'engrais sur les marchés, mais les ventes quotidiennes ne représentent que quelques kg. Les intrants vétérinaires sont peu abondants dans l'ensemble du pays, y compris dans les régions où l'élevage occupe encore une place importante.

Les superficies ensemencées

Grâce à la légère amélioration de la sécurité en 1999/2000, la superficie totale pour chacune des récoltes principales, a légèrement augmenté. Sur les 1,73 million d'hectares approximativement de cultures principales (riz compris), le maïs représente 40 pour cent, le mil-sorgho 11 pour cent, le riz <1 pour cent, les haricots 11 pour cent, les arachides 2 pour cent, le manioc 31 pour cent, les pommes de terre
<1 pour cent, et les patates douces 4 pour cent.

Huambo et Moxico ont toutes deux enregistré une augmentation sensible des superficies cultivées cette année (d'environ 34 000 hectares et 12 500 hectares, respectivement), alors que dans les provinces de Malanje et de Cunene, ces superficies ont été réduites (d'environ 8 000 hectares et 1 700 hectares, respectivement). Dans la plupart des autres provinces, de légers accroissements ont été enregistrés à la suite de l'amélioration de la sécurité.

Le maïs représente près de 78 pour cent des terres cultivées en céréales secondaires. Malgré un accroissement dans l'ensemble du pays, les superficies consacrées au maïs ont légèrement baissé dans certaines provinces, notamment à Malanje (superficie réduite de plus de 1 500 hectares), Kwanza sul (près de 3 000 hectares), Bié (plus de 1 300 hectares), Namibe (plus de 1 100 hectares), et Cuando cubango (4 500 hectares). Huambo a enregistré une forte augmentation de plus de 16 000 hectares de sa superficie consacrée au maïs, du fait de l'amélioration de la sécurité, bien que malheureusement, en raison des pluies irrégulières, cela ne se soit pas traduit par un accroissement de la production.

Les terres allouées par l'État aux personnes déplacées sont, peut-être inévitablement, souvent de très mauvaise qualité. L'utilisation de ces terres réduit les rendements moyens généraux et décourage les personnes qui les cultivent.

Les rendements

Cette année, le rendement moyen annuel escompté du maïs, qui est de 575 kg/hectare, est inférieur à celui des quatre années précédentes. Les provinces de la région du sud devraient toutes obtenir des rendements égaux ou supérieurs à ceux de l'année précédente, et dans la région du nord, certaines provinces devraient enregistrer une hausse, tandis que d'autres devraient enregistrer une baisse. Dans la région du centre toutefois, qui est la principale région productrice de maïs du pays, toutes les provinces à l'exception de celle de Benguela devraient obtenir des rendements inférieurs à ceux de l'année précédente. La situation est en outre encore aggravée par le fait que dans les régions où la production est en recul, le vol des récoltes dans les champs sont fréquents, encourageant les cultivateurs à récolter le peu de leurs cultures prématurément. Bien que 1999/2000 ne puisse pas être considérée comme une année particulièrement mauvaise pour le maïs, elle peut être vue comme une année qui, compte tenu des circonstances actuelles, pourrait laisser penser que le sorgho mériterait une plus grande attention, surtout dans la région du centre. Les rendements moyens du maïs à Benguela ont été considérablement relancés par les rendements élevés obtenus par irrigation dans près de 10 000 hectares de la province, ce qui masque les rendements extrêmement faibles des autres 100 000 et quelque hectares.

Les rendements du sorgho (moyenne nationale, 0,53 tonne/hectare) devraient être analogues à ceux obtenus l'année précédente, avec seulement de légères augmentations dans certaines provinces.

Tableau 1 : Angola - Superficies ensemencées et production des principales cultures céréalières, 2000

Région/Province Maïs Mil/Sorgho Total
Superficie Rend. Production Superficie Rend. Production Superficie Production
(ha) (kg/ha) (tonnes) (ha) (kg/ha) (tonnes) (ha) (tonnes)
Nord 81 905 760 62 212 0   0 81 905 62 212
Cabinda 2 950 800 2 360 0   0 2 950 2 360
Zaire 6 356 900 5 720 0   0 6 356 5 720
Uige 16 786 800 13 429 0   0 16 786 13 429
Bengo 10 002 1200 12 002 0   0 10 002 12 002
Luanda 1 780 600 1 068 0   0 1 780 1 068
Kwanza Norte 9 006 700 6 304 0   0 9 006 6 304
Malanje 19 076 700 13 353 0   0 19 076 13 353
Lunda Norte 8 583 500 4 292 0   0 8 583 4 292
Lunda Sul 7 366 500 3 683 0   0 7 366 3 683
Centre 480 403 524 251 600 50 777 617 31 322 531 180 282 922
Kwanza Sul 61 420 600 36 852 1 159 650 753 62 579 37 605
Benguela 111 981 800 89 585 27 536 600 16 522 139 517 106 106
Huambo 194 637 400 77 855 15 954 650 10 370 210 591 88 225
Bie 88 742 400 35 497 5 433 600 3 260 94 175 38 757
Moxico 23 623 500 11 812 695 600 417 24 318 12 229
Sud 124 545 649 80 796 146 455 505 73 931 271 000 154 726
Namibe 6 741 600 4 045 3 714 350 1 300 10 455 5 345
Huila 86 014 700 60 210 62 556 600 37 534 148 570 97 743
Cunene 12 664 400 5 066 49 954 400 19 982 62 618 25 047
Cuando Cubango 19 126 600 11 476 30 231 500 15 116 49 357 26 591
TOTAL 686 853 575 394 607 197 232 534 105 252 884 085 499 859
Source : Donnés fournies par le MINADER et l'Unité de sécurité alimentaire, complétées par les estimations de la mission.

Les rendements du manioc dans la principale région productrice, la région du nord, devraient, selon les prévisions, être plus élevés que l'année précédente. Les augmentations sont en général dues à une sous-estimation patente au cours de ces dernières années, mais peuvent aussi être attribuées en partie à l'introduction et la distribution de matériels de plantation de variétés au rendement supérieur et à maturation plus rapide (récoltable après six mois). Dans les régions du centre et du sud, où l'importance du manioc est moindre, les rendements devraient être analogues à ceux prévus l'année précédente. La moyenne nationale s'élève à 8,3 tonnes/hectare, soit une hausse de près de 40 pour cent par rapport au chiffre de l'année précédente qui se situait juste en dessous de 6 tonnes/hectare.

Malgré des pluies abondantes en décembre et janvier, les rendements moyens des haricots devraient être similaires, voire supérieurs à ceux de l'année précédente, sauf à Malanje et dans d'autres régions localisées. Cette contradiction apparente s'explique par la faiblesse des rendements de l'année précédente. La moyenne à Malanje a chuté du fait des rendements extrêmement peu élevés obtenus sur des superficies importantes de terres peu fertiles allouées aux personnes déplacées. Le rendement national moyen devrait être de l'ordre de 0,4 tonne/hectare.

Tableau 2 : Angola - Superficies ensemencées et production des cultures principales, 2000

Région/Province Céréales secondaires Haricots Manioc Cultures principales
Superf.
(ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Rend.
(kg/ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Rend.
(kg/ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Nord 81 905 62 212 51 072 396 20 226 365 018 9 314 3 399 704 497 995
Cabinda 2 950 2 360 2 388 400 955 7 165 10 000 71 650 12 503
Zaire 6 356 5 720 5 827 500 2 914 36 019 9 000 324 171 48 202
Uige 16 786 13 429 15 108 450 6 799 117 505 10 000 1 175 050 149 399
Bengo 10 002 12 002 2 400 600 1 440 22 004 9 000 198 036 34 406
Luanda 1 780 1 068 1 687 500 844 4 498 9 000 40 482 7 965
Kwanza Norte 9 006 6 304 5 504 350 1 926 30 019 10 000 300 190 44 529
Malanje 19 076 13 353 7 855 250 1 964 75 182 7 500 563 865 102 113
Lunda Norte 8 583 4 292 7 357 300 2 207 39 235 10 000 392 350 55 175
Lunda Sul 7 366 3 683 2 946 400 1 178 33 391 10 000 333 910 43 703
Centre 531 180 282 922 11 9178 392 46 753 147 939 6 412 948 548 798 297
Kwanza Sul 62 579 37 605 1 5065 400 6 026 24 336 6 000 146 016 101 980
Benguela 139 517 106 106 1 8357 350 6 425 11 014 5 000 55 070 168 888
Huambo 210 591 88 225 4 4671 400 17 868 41 480 6 500 269 620 296 742
Bie 94 175 38 757 3 6221 400 14 488 39 843 6 500 258 980 170 239
Moxico 24 318 12 229 4864 400 1 946 31 266 7 000 218 862 60 448
Sud 271 000 154 726 2 4612 330 8 132 21 192 4 000 84 768 316 804
Namibe 10 455 5 345 963 200 193 0   0 11 418
Huila 148 570 97 743 15 639 350 5 474 15 639 4 000 62 556 179 848
Cunene 62 618 25 047 4 925 250 1 231 0   0 67 543
Cuando Cubango 49 357 26 591 3 085 400 1 234 5 553 4 000 22 212 57 995
TOTAL 884 085 499 859 194 862 385 75 111 534 149 8 299 4 433 020 1 613 096
*Poids frais
Sources : Donnés fournies par le MINADER et l'Unité de sécurité alimentaire, complétées par les estimations de la mission.

Tableau 3 : Angola - Production de céréales secondaires de 1993/94 à 1999/2000 (en milliers de tonnes)

Province 1993/94 1994/95 1995/96 1996/97 1997/98 1998/99 1999/2000
Benguela 60 20 82 65 84 83 106
Bie 19 32 58 84 98 57 39
Huambo 17 45 108 112 159 115 88
Huila 69 59 71 49 70 95 98
Kwanza Sul 33 30 44 21 48 49 38
Malanje 11 9 25 11 21 13 13
Moxico n.a. n.a. 16 21 21 13 12
Other provinces 45* 77* 96 68 93 105 106
Total production 254 272 500 431 594 530 500
Total ha (en milliers) 841 852 783 782 862 865 884
*Y compris Moxico
Source : MINADER et Unité de sécurité alimentaire complétées par les estimations de la mission.

Les prévisions de production

Les chiffres de la production nationale concernant le sorgho, les haricots et le manioc devraient être plus élevés cette année que l'année précédente, des augmentations de 3 pour cent, 11 pour cent et 42 pour cent, respectivement, étant prévues. En revanche, la production de maïs devrait, selon les prévisions, être inférieure à celle de l'année précédente d'environ 8 pour cent, essentiellement du fait des mauvaises conditions climatologiques et de la présence de ravageurs dans la région du centre. Toutefois, il conviendrait de garder à l'esprit que la production prévue de près de 395 000 tonnes de maïs reste sensiblement supérieure à la moyenne obtenue au cours des dix dernières années, laquelle avoisinait 318 600 tonnes.

Autres cultures

On prévoit des augmentations considérables de la production nationale de patates et de pommes de terre. Ces augmentations sont attribuables aux rendements élevés obtenus dans le cas des patates douces, et à la fois aux rendements élevés et à une expansion de la superficie dans le cas des pommes de terre. Les arachides semblent avoir supporté les précipitations abondantes du début de l'année et la production devrait s'accroître par rapport à l'année précédente. Les hausses seront dues aux rendements élevés et à une expansion de la superficie.

La FAO fournit des semences pour près de 70 hectares de blé aux résidents et aux personnes déplacées dans la province de Huambo. Bien que certains champs puissent donner des rendements de plus d'une tonne par hectare, d'autres devraient amener une baisse du rendement général à bien en deçà de 0,5 tonne par hectare.

Tableau 4 : Angola - Production des autres cultures, 2000

Région/
Province
Patate douce1/ Pommes de terre1/ Arachides2/
 Super- ficie. Rende-
ment
Produc-
tion
 Super- ficie. Rende-
ment
Produc-
tion
 Super- ficie. Rende-
ent
Produc- tion
(ha) (kg/ha) (tonnes) (ha) (kg/ha) (tonnes) (ha) (kg/ha) (tonnes)
Nord 24 975 3 834 95 757 2 579 3 961 10 216 18 162 342 6 209
Cabinda 562 4 000 2 248 0   0 702 300 211
Zaire 1 589 3 500 5 562 0   0 2 119 400 848
Uige 10 072 4 000 40 288 1 679 4 000 6 716 3 357 350 1 175
Bengo 3 201 3 000 9 603 400 5 000 2 000 1 200 600 720
Luanda 750 3 000 2 250 0   0 0   0
Kwanza Norte 2 001 6 000 12 006 500 3 000 1 500 2 001 300 600
Malanje 3 366 3 500 11 781 0   0 4 489 250 1 122
Lunda Norte 2 452 3 500 8 582 0   0 1 839 300 552
Lunda Sul 982 3 500 3 437 0   0 2 455 400 982
Centre 28 586 3 457 98 822 4 350 2 867 12 471 18 424 318 5 854
Kwanza Sul 2 318 4 500 10 431 1 159 2 500 2 898 8 112 300 2 434
Benguela 9 179 3 000 27 537 0   0 1 836 350 643
Huambo 9 572 3 500 33 502 3 191 3 000 9 573 3 191 350 1 117
Bie 5 433 3 500 19 016 0   0 1 811 150 272
Moxico 2 084 4 000 8 336 0   0 3 474 400 1 390
Sud 10 565 2 789 29 463 1 955 3 000 5 865 1 955 350 684
Namibe 825 2 000 1 650 0   0 0   0
Huila 5 865 3 000 17 595 1 955 3 000 5 865 1 955 350 684
Cunene 1 407 2 000 2 814 0   0 0   0
Cuando Cubango 2 468 3 000 7 404 0   0 0   0
TOTAL 64 126 3 494 224 041 8 884 3 214 28 552 38 541 331 12 748
1/ Poids frais.
2/ Décortiquées.
Sources : Estimations de la mission sur le terrain, complétées par les données fournies par le MINADER et l'Unité de sécurité alimentaire.
Une grande variété de cultures alimentaires et fruitières sont cultivées dans de nombreuses parties du pays. Parmi celles-ci, on citera notamment la banane, le plantain, la mangue, l'avocat, la noix de coco, la canne à sucre, le pois cajan, l'amarante et le gombo. Dans les régions où elles parviennent à prospérer, ces cultures semblent sensiblement contribuer à la nutrition générale.

L'élevage

Dans la plupart des provinces du nord et du centre, l'élevage est limité à des nombres relativement restreints de chèvres, de porcs et de poulets, principalement par suite du conflit permanent et du risque de vols qui en découle, mais aussi en raison de la prévalence des maladies transmises par les tiques dans ces régions. Les porcs et les petits ruminants sont particulièrement importants dans les zones de conurbation, comme dans la province de Luanda où l'on en signale 5 000 et 30 000, respectivement. Des provinces du nord et du centre, seule Kwanza Sul détiendrait des effectifs importants de bovins (environ 45 000 selon le MINADER). Luanda, Bengo et Huambo possèdent environ 5 000, 4 000 et 6 000 têtes, respectivement. Les pâturages des régions du nord et du centre sont généralement bons cette année mais, comme dans le cas de la production agricole, l'insécurité empêche l'utilisation de tout le potentiel terrestre. Pour cette même raison, les projets de l'année précédente visant à réintroduire la traction animale à Bié et à Huambo n'ont pas vu jour.
Dans la plupart des provinces du sud, les effectifs de bovins sont considérablement supérieurs à ceux du nord et du centre, bien qu'ils soient encore très inférieurs à ceux qui étaient détenus avant l'escalade des hostilités. Selon les rapports, Huila compte 1,2 million de têtes, Cunene 1,0 million, et Namibe 80 000. En revanche, les provinces centrales de Benguela et de Huambo possèdent, respectivement, 5 000 et 6 000 têtes de bovins. Les pâturages de ces provinces sont généralement satisfaisants cette année, mais les services vétérinaires demeurent insuffisants en raison du conflit.

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4. SITUATION PAR RÉGION ET PAR PROVINCE

La mission a pu visiter 13 des 18 provinces du pays. Les provinces non visitées (signalées ci-dessous par un astérisque) étaient Cabinda, Zaire et Lunda Norte dans la région du nord, et Namibe et Cunene dans la région du sud.

Nord

Les provinces de la région du nord bénéficient de deux campagnes agricoles bien établies, la première allant de septembre/octobre à janvier, la seconde débutant en février/mars.

Cabinda*

Selon les rapports, les précipitations ont été bonnes, et des rendements satisfaisants du maïs d'environ 800 kg/hectare sont escomptés. Tous les rendements agricoles devraient être légèrement plus élevés que l'année précédente. Cela, associé à une expansion de la superficie cultivée, devrait entraîner des augmentations sensibles de la production.

Zaire*

Les superficies et les rendements du maïs et des haricots devraient enregistrer un léger accroissement par rapport à l'année précédente. On prévoit que les rendements du manioc avoisineront 9 tonnes/hectare ; il s'agit là d'une forte hausse par rapport au chiffre de l'année précédente, qui était de 5,5 tonnes/hectare et que l'on pensait sous-estimer.

Uige

A Uige, les conditions météorologiques ont été favorables pendant les deux campagnes agricoles bien que des précipitations abondantes en décembre-janvier aient fait baisser les rendements des arachides de la première campagne. Plus de 1 100 mm de pluies ont été enregistrés dans la municipalité de Uige pendant la campagne de septembre-janvier. Ces pluies ont été suivies de précipitations bien réparties de 450 à 500 mm à partir de début février jusqu'à la fin avril. Les agriculteurs prévoient des rendements plus élevés pour cette campagne que pour la campagne correspondante de 1999, surtout pour le manioc et la patate douce. L'utilisation croissante de variétés de manioc de saison courte contribuera également beaucoup à la production générale de la province. Uige produit plus de manioc que tout autre province. La fertilité inhérente de Uige et les bonnes précipitations aident de nombreuses petites cultures dont la productivité semble, à la fois dans les champs et comme en témoignent les marchés, être très satisfaisante cette année.

Bien que le nombre de personnes déplacées ait augmenté au cours de l'année précédente, il semble que les premiers arrivants aient pu cultiver des parcelles situées sur les terres de résidents, soit en qualité de locataires en échange de main d'_uvre ou de produits, soit en leur qualité de membres d'une famille élargie d'un agriculteur résident. La fertilité généralement élevée des terres de la province et le fait que ces terres suivent un cycle de jachère courte devraient permettre encore un accroissement en ce sens. Le MINADER estime qu'approximativement 54 pour cent des terres agricoles de la province sont sûres du point de vue militaire.

Bengo

Dans la province de Bengo, les précipitations seraient aussi bonnes, voire meilleures, que celles de l'année précédente. Leur volume et leur répartition étaient pratiquement optimaux pendant la première campagne, mais un léger retard a été signalé en début de seconde campagne, suivi de pluies abondantes. Toutefois, le régime des pluies généralement favorable et la présence importante d'agriculteurs commerciaux sont pris en compte dans les prévisions de production très satisfaisantes de la province. A Bengo, la production de maïs devrait enregistrer une hausse de 45 pour cent cette année par rapport à l'année précédente, due en partie à une expansion de la superficie mais aussi essentiellement aux rendements accrus. Avec 1,2 tonne/hectare, le rendement moyen du maïs dans la province de Bengo devrait être le plus élevé du pays. De même, la production de manioc de la province devrait s'accroître d'environ 60 pour cent par rapport à celle de l'année précédente, une nouvelle fois du fait d'une augmentation de la superficie mais surtout, de rendements plus élevés. La production de bananes est importante dans l'économie de la province.

Une grande partie de l'expansion de la superficie des cultures vivrières a touché des terres qui appartenaient autrefois aux exploitations de canne à sucre et de café. Les familles agricoles résidentes cultivent, selon les estimations, environ 2 hectares chacune, et les parcelles des personnes déplacées sont en moyenne d'environ 0,5 hectare.

L'État et les ONG ont distribué plus de semences et d'outils à main cette année que l'année précédente, bien que certaines semences soient, semble-t-il, arrivées tardivement.

Luanda

A Luanda, la production de maïs devrait baisser d'environ 17 pour cent par rapport au chiffre de l'année précédente, de faibles rendements résultant du début tardif et du régime irrégulier des pluies pendant la seconde campagne étant escomptés. Le maïs n'étant pas très important pour la province, la réduction est petite en termes absolus. Cette année, toutefois, devrait voir doubler la production de manioc de l'année précédente, qui atteindrait plus de 40 000 tonnes, en raison presque uniquement de l'accroissement des rendements. On n'a signalé aucune flambée importante de ravageurs ou de maladies des cultures. La production d'huile de palme est localement importante.

Les projets de soutien agricole comprennent la construction, avec le financement de l'État, de deux systèmes d'irrigation de 1 000 hectares chacun. Davantage de semences et d'outils à main ont été distribués cette année mais de nombreux agriculteurs ont fait état de difficultés dans l'obtention de semences d'arachides et de niébé. World Vision a distribué des plants et des semences de manioc. Les familles agricoles résidentes cultivent entre 0,5 et 1,0 hectare chacune. Compte tenu du caractère relativement urbain de la province, il n'est pas surprenant de voir que la plupart des personnes déplacées n'ont pas accès aux terres autrement qu'en louant leurs services. Celles auxquelles l'État a alloué des terres ont reçu des parcelles d'environ 0,25 hectares. La principale activité rémunératrice non agricole accessible aux ruraux est le commerce.

Kwanza Norte

On estime que le régime des pluies a été bon, mis à part une période de pluies abondantes pendant la floraison des haricots, qui a pu faire baisser les rendements d'au moins 40 à 50 pour cent. Néanmoins, les rendements des haricots, avec 0,35 tonnes/hectare, devraient être légèrement supérieurs à ceux de l'année précédente. Les rendements du maïs seront légèrement plus bas que l'année précédente, avec 0,7 tonnes/hectare, mais l'effet de cette baisse sur la production vivrière générale sera négligeable, le maïs constituant une culture de moindre importance dans la province. Les rendements du manioc, des patates douces et des pommes de terres devraient tous augmenter sensiblement cette année. On a noté une légère réduction de la superficie totale cultivée cette année. Néanmoins, des terres ont pu être réparties, 13 400 familles de personnes déplacées ayant reçu de l'État approximativement 0,25 hectare chacune. Toutefois, une grande partie des terres était de mauvaise qualité et les prévisions de rendement dans ces cas sont faibles. Des outils à main ont été distribués en grande quantité aux personnes déplacées et aux agriculteurs résidents vulnérables. Des semences ont également été distribuées mais on a signalé une pénurie de semences de maïs.

Malanje

Les précipitations supérieures à 1200 mm depuis septembre ont été bien réparties malgré une arrivée légèrement retardée pendant la seconde campagne au début du mois de mars. Les rendements des haricots et des arachides dans les exploitations agricoles de résidents devraient être normaux, mais les rendements moyens totaux souffriront de la très mauvaise production des terres allouées aux personnes déplacées, dont une grande partie se trouve sur un sol minéral non fertile. La production de maïs devrait être similaire à celle de l'année précédente, comme la production de manioc, malgré une légère réduction de superficie. La situation alimentaire dans la municipalité de Malanje s'est quelque peu améliorée grâce à la communication routière relativement sûre entre la ville de Malanje et Luanda.

Lunda Norte*

Les rendements du maïs devraient légèrement baisser par rapport à l'année précédente par suite du temps excessivement humide. Les rendements du manioc ont été considérablement ajustés à la hausse, passant à 10 tonnes/hectare, car l'on jugeait que le chiffre de l'année précédente de 5,5 tonnes/hectare avait été sous-estimé.

Lunda Sul

A Lunda Sul, les précipitations ont été satisfaisantes cette année et la disponibilité de semences et d'outils à main a été suffisante. La superficie cultivée a, en conséquence, été étendue. Les rendements du maïs devraient légèrement baisser par rapport au chiffre de l'année précédente, mais les rendements du manioc, de la patate douce et des arachides devraient tous enregistrer une hausse.

Centre

La campagne agricole en sec dans la plus grande partie de la région du centre débute normalement en septembre/octobre et est caractérisée par une période généralement courte correspondant à une baisse des précipitations à la fin janvier et au début du mois de février. Cette période est suivie d'une reprise de pluies plus abondantes jusqu'à avril. La production "Nakas" (accompagnée d'une irrigation supplémentaire) est importante pendant cinq ou six mois de l'année à partir de juin dans les régions où l'eau est disponible.

Kwanza Sul

Cette année, les niveaux de production devraient être similaires à ceux de l'année précédente. Les rendements du maïs dans la zone côtière ont subi les effets négatifs de l'arrivée tardive de pluies inférieures à la moyenne. Toutefois, les précipitations seraient normales à l'intérieur des terres et devraient entraîner des rendements satisfaisants du maïs et une production de manioc en excédent. On n'a noté aucune flambée significative de ravageurs ou de maladies des cultures. La production fruitière - ananas et fruits de la passion - est importante dans la province.

Des projets de soutien agricole ont commencé cette année et comprennent des programmes de multiplication des semences (maïs, haricots et arachides) ainsi que la production et le traitement du coton, du tournesol et des haricots. Cette année, le niveau d'approvisionnement en semences et en outils par l'État et les ONG en faveur à la fois des familles agricoles résidentes et des personnes déplacées a été supérieur à celui de l'année précédente, mais très peu d'engrais ont été reçus ou utilisés. L'allocation des terres aux personnes déplacées reste insuffisante bien que certaines familles de personnes déplacées établies depuis plus longtemps aient réussi à acquérir des superficies allant jusqu'à 1 hectare.

Benguela

Les précipitations ont été normales dans toute la province (Benguela est en grande partie située dans la zone de faible pluviométrie), à l'exception de deux municipalités (Baia Farta et Benguela) où elles ont été plus basses que d'habitude. La superficie cultivée en maïs était similaire à celle de l'année précédente mais dans sept des neuf municipalités, les rendements ont été anormalement peu élevés (localement <100 kg/hectare). Le rendement moyen prévu de 0,8 tonne/hectare a été fortement stimulé par les rendements élevés escomptés sur les 10 000 hectares environ de superficie irriguée. Le sorgho, les haricots, les arachides et la patate douce devraient donner des rendements satisfaisants.

Huambo

La répartition des pluies dans la province de Huambo en 1999-2000 n'a pas été propice à une hausse des rendements. Un début tardif en novembre a été suivi de pluies abondantes en décembre. Une courte vague de sécheresse relative est normalement prévue en janvier, mais cette année, elle traversera les mois de janvier, février et mars. Les rendements des haricots ont souffert notamment de l'engorgement des sols en décembre et les rendements du maïs ont été affectés par le début tardif des semis et la vague de sécheresse prolongée. Par ailleurs, le sorgho, qui est capable de résister à de plus mauvaises conditions que le maïs, devrait donner d'assez bons rendements. Les conditions actuelles de culture manuelle et les pénuries d'intrants associées à des pluies quelque peu irrégulières laisseraient supposer que le sorgho est, du moins pour le moment, une céréale qui convient mieux à la région que le maïs. Bien que la superficie consacrée au maïs à Huambo ait augmenté cette année d'environ 9 pour cent, la production devrait baisser de plus de 27 pour cent. Le faible niveau des rendements a été encore aggravé par une épidémie de foreurs pendant la vague de sécheresse prolongée et par des infestations localisées d'Héliothis.

Bié

La superficie consacrée au maïs cette année à Bié est légèrement plus petite compte tenu de l'insécurité qui continue de régner dans la province, et les rendements devraient atteindre les deux tiers seulement de leurs niveaux de l'année précédente. De 54 000 tonnes l'année précédente, la production cette année devrait tomber et passer juste à 35 000 tonnes. Les rendements sont probablement les plus bas et la situation alimentaire qui en résulte la plus grave dans les environs de la capitale municipale, Kuito, à forte densité de population. Toutefois, dans la municipalité méridionale de Chitembo, il semblerait que le maïs ait donné un assez bon rendement cette année, arrivant parfois sur les marchés de la province de Huila. Les rendements du sorgho devraient être satisfaisants mais la superficie ensemencée en sorgho est relativement petite.

Moxico

A Moxico, les précipitations ont été normales, tant en volume qu'en répartition. Les agriculteurs se sont plaints du manque d'approvisionnement en outils à main. Les superficies consacrées au maïs et au manioc ont toutes deux augmenté cette année par rapport à l'année précédente, traduisant une meilleure sécurité. Le maïs planté tardivement a été en grande partie infesté de foreurs, et on a noté des flambées localisées de sauteriaux, qui ont contribué à une légère réduction du rendement prévu par rapport à l'an dernier. On prévoit que la production de manioc augmentera cette année d'environ 37 pour cent par suite d'un accroissement des semis et des rendements.

Sud

La région du sud est caractérisée par une seule campagne agricole.

Namibe*

A Namibe, les rendements moyens du maïs ont été mauvais l'an dernier. Un meilleur régime des pluies dans cette partie du pays cette année devrait permettre d'obtenir des rendements d'environ 0,6 tonne/hectare.

Huila

Un début tardif des pluies a été suivi de précipitations abondantes et d'inondations. A Huila, certains agriculteurs appliquent des engrais, et l'on s'attend à des rendements moyens satisfaisants s'agissant du maïs et du sorgho, similaires à ceux de l'année précédente (0,7 et 0,6 tonne/hectare, respectivement). Des dégâts dus aux foreurs ont été observés. La sécurité est suffisamment stable pour permettre l'élevage de quelque 1,2 million de têtes de bovins.

Cunene*

La sécurité à Cunene serait relativement bonne, permettant l'élevage d'environ un million de têtes de bovins. La province n'avait pas été visitée par l'Unité de sécurité alimentaire depuis décembre 1999; toutefois, compte tenu des chiffres antérieurs de la production et des rapports de la pluviométrie, on prévoit que les cultures auront une production très similaire à celle de l'année précédente.

Cuanda Cubango

Des pluies abondantes sont tombées dans toute la province à la fin du mois de mars, mais elles ont été précédées, dans de nombreuses régions, d'une longue vague de sécheresse de fin décembre à début février. La culture de maïs a été en grande partie infestée de foreurs, mais le rendement moyen total avoisine, selon les estimations, 0,6 tonne/hectare. Aucune semence ni aucun outil à main n'ont été distribués cette année. La superficie consacrée au maïs est inférieure à celle de l'année précédente, tandis que celle consacrée au sorgho a été accrue. La production de céréales secondaires devrait être légèrement inférieure à celle de l'année précédente.

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5. SITUATION DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES

5.1 Accès aux aliments et prix

L'Angola était autrefois autosuffisant en ce qui concernait les principales cultures vivrières, voire même un exportateur net de produits de base tels que le maïs. Toutefois, le conflit civil prolongé force désormais le pays à importer plus de la moitié de ses besoins alimentaires essentiels, notamment dans le cadre de l'aide alimentaire. La mission a observé que bien que quelques marchés provinciaux isolés tels que Luena, à Moxico, et Lubango, à Huila, aient semblé être approvisionnés en produits locaux en quantités importantes, dans la plupart des endroits, les produits importés prédominaient, représentant jusqu'à 90 pour cent de l'approvisionnement des marchés en aliments. Cela était le cas de Lobito, Ganda (Province de Benguela), et de Menongue (Cuando Cubango) et montre à quel point l'excédent commercialisable des produits locaux est rare, tout en mettant en évidence l'insécurité alimentaire extrême dans laquelle vivent les populations, les personnes déplacées et les résidents. La mission reconnaît que dans de nombreuses régions productrices de céréales, la production des familles agricoles ne dure pas plus de six mois. En outre, l'insécurité omniprésente restreint les mécanismes d'adaptation de la population touchée par la guerre.
L'infrastructure détruite par la guerre et les nombreuses routes devenues impossibles d'accès, les pistes aériennes nécessitant une remise en état et l'insécurité qui règne dans la plus grande partie du pays ont encore aggravé la fragmentation du marché et a entravé le commerce des denrées de base entre les régions à excédent et celles à déficit, d'où les gros écarts entre les prix alimentaires d'une province à l'autre, comme l'indique le tableau 5. Par exemple, 1 kg de maïs en grain coûtait 0,5 Kwanza (KZ) à Malanje et 1,9 KZ à Huila en avril 2000, soit pratiquement 4 fois plus, bien que Huila soit également une province productrice de maïs. Durant la même période, la farine de manioc se vendait à 1,5 KZ/kg à Malanje et à plus de 3 KZ/kg à Cunene et à Namibe. Cela explique pourquoi la production accrue de manioc dans les provinces du nord en 2000 peut ne pas se traduire par un accroissement considérable de la distribution et de la consommation de ce produit de base dans d'autres parties du pays.
La fragmentation extrême du marché ne touche pas seulement le consommateur en limitant la fourniture et la distribution des denrées de base et en augmentant les prix dans les régions à déficit; elle peut aussi entraîner une baisse des prix dans les régions à excédent, décourageant ainsi la production locale.

Tableau 5: Angola - Relevé des prix sur les marchés en avril 2000 (KZ/kg)

 Nord Maïs en grain Farine de maïs Haricots Farine de manioc Huile végétale1/
Kuanza Norte - 1,5 - 2,0 11,0
Lunda Sul 1,0 2,0 7,8 2,8 11,0
Malange 0,5 - 3,0 1,5 -
Centre          
Bié 0,8 1,5 3,0 1,0 10,0
Huambo 3,0 2,0 - 2,5 -
Moxico 0,6 - 3,7 2,3 6,8
Sud          
Cunene 1,5 2,4 3,5 3,3 7,5
Huila 1,9 2,4 3,5 - 7,5
Namibe 1,5 2,2 3,5 3,5 7,5
1/ KZ/litre

Dans certaines localités comme à Cunene (voir graphique 1 ci-dessous), les prix des denrées de base semblent avoir été relativement stables pendant la période avril 1999-avril 2000, mis à part pour les haricots qui enregistrent une forte hausse des prix en septembre 1999 et, dans une certaine mesure, l'huile végétale dont les prix sont marqués par une tendance à la hausse durant la même période.

Pour Moxico (voir graphique 2 ci-dessous), les prix du maïs, du riz et des haricots ont été relativement stables pendant la période allant d'avril 1999 à avril 2000. Cela est probablement dû au fait que la province est un grand producteur de ces cultures. Mais les nettes variations des prix des haricots entre Cunene (environ 2 dollars É.-U./kg) et Moxico (près de 75 cents É.-U./kg) en septembre 1999 mettent encore en évidence la segmentation du marché et son effet adverse sur les prix et la protection du consommateur.

Les prix de l'huile végétale et du sucre ont tendance à être plus irréguliers à Moxico, traduisant peut-être de grandes variations dans les importations de ces denrées de base dans la province. Mais quel que soit le niveau des prix, le pouvoir d'achat, faible et en déclin, de la plupart des Angolais et, en particulier, la misère extrême de la population déplacée restreint sérieusement l'accès des pauvres aux aliments de base.

Source: Données provenant du Bureau du PAM en Angola : Rapport préalable à la mission.

5.2 Bilan de l'offre et de la demande de céréales pour 2000/2001

La prévision concernant le bilan de l'offre et de la demande de céréales pour la campagne de commercialisation 2000/2001, résumée au tableau 6 ci-dessous, est fondée sur les hypothèses ci-après et les observations de la mission:

Les chiffres concernant le manioc ont été inclus dans le tableau pour illustrer l'importance relative de cette culture par rapport aux céréales, même si sa production et sa consommation intéressent principalement le nord du pays.

Tableau 6 : Angola - Bilan de l'offre et de la demande de céréales, 2000/2001 (en milliers de tonnes)

  Blé Riz Céréales secondaires Céréales Manioc
Disponibilités intérieures 0 4 500 504 4 433
Production de 2000 0 4 500 504 4 433
Utilisation intérieure 273 90 894 1 257 4 433
Alimentation humaine 273 90 799 1 162 3 325
Autres utilisations 0 0 95 95 1 108
Besoins d'importations 273 86 394 753 0
Importations commerciales estimées 273 86 61 420 0
Besoins d'aide alimentaire d'urgence 0 0 333 333 0
Aide alimentaire stockée/annoncée     71 71  
Déficit non couvert     262 262  

La mission prévoit que les besoins d'importations de céréales pour 2000/2001 (avril/mars) atteindront 753 000 tonnes, dont 420 000 tonnes seront importées commercialement, ce qui laissera un déficit de 333 000 tonnes à couvrir par l'aide alimentaire. Les stocks de report et les annonces d'aide alimentaire à la fin du mois de mars s'élevaient à 71 000 tonnes, laissant un déficit non couvert de 262 000 tonnes.

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6. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE

Généralités : Les membres de la mission, au cours de la mission, et le PAM, lors de visites approfondies ayant précédé la mission de toutes les provinces où une aide alimentaire est distribuée, ont procédé à l'évaluation des besoins de secours d'urgence et d'aide alimentaire à la réinstallation. Au cours des visites sur le terrain qui ont précédé la mission et de la mission elle-même, des entretiens approfondis et très complets ont eu lieu avec les institutions compétentes responsables de la coordination du programme de secours de l'État (gouverneurs des provinces, MINARS, MINADER, autorités sanitaires, etc.) et leurs partenaires chargés de la mise en _uvre du programme (ONG, donateurs et institutions des Nations Unies). Il a été surtout tenu compte des entretiens avec les bénéficiaires (personnes déplacées et résidents), la population locale et autres informants clés. Une attention particulière a été prêtée aux femmes au cours de ces discussions. Il conviendrait de noter, toutefois, que bien que la sécurité soit meilleure qu'en 1999, les déplacements dans la plupart des provinces sont restés limités à l'étroite zone de sécurité entourant chacune des capitales provinciales. La situation au-delà de cette zone n'a pas pu être évaluée avec la moindre précision.

Des aliments difficiles d'accès pour le groupe ciblé : La sécurité alimentaire de la plus grande partie de la population angolaise dans les provinces et les régions rurales est étroitement liée à l'accès des agriculteurs, y compris de la main d'_uvre, aux terres et aux autres intrants pendant la campagne agricole. Les ménages ayant généralement besoin d'une variété plus grande de produits alimentaires qu'ils ne peuvent eux-mêmes cultiver (tout le monde n'est pas agriculteur) et, par conséquent, qui doivent être achetés et/ou peuvent être échangés, la sécurité alimentaire au niveau des ménages dépend également étroitement du pouvoir d'achat (niveau de revenu), s'il l'on part de l'hypothèse que les aliments nécessaires sont disponibles physiquement. Cela comprend l'accès aux ressources forestières et aux pâturages ainsi qu'aux possibilités de commerce et autres activités rémunératrices. La sécurité et l'accessibilité sont des conditions préalables à cette productivité. L'accès à l'eau potable et à des services sanitaires adéquats est également essentiel au maintien de la sécurité alimentaire au niveau du ménage et de l'individu.

Les populations rurales déplacées sont dans une situation d'extrême insécurité alimentaire étant donné qu'au moment de leur déplacement, elles sont rarement en mesure d'emporter avec elles leurs biens ou leurs réserves alimentaires. Il a été observé que ces dernières années, les déplacements se faisaient souvent immédiatement avant la récolte, lorsque les réserves alimentaires des ménages étaient à leurs niveaux les plus bas. Les personnes déplacées ne redeviennent autosuffisantes qu'après avoir intégré l'économie locale, or lorsqu'elles repartent dans leur région d'origine ou reconstituent leur ménage. Celles qui possèdent des parents parmi la population résidente finiront par acquérir de la terre dans la zone sûre, mais le reste dépend des programmes de distribution des terres de l'État et de l'aide alimentaire jusqu'à ce qu'elles se réinstallent ou émigrent vers les villes côtières. Il conviendrait de noter que même dans les zones considérées sûres, l'effondrement de l'économie de marché et le déclin du niveau des services publics sociaux ont rendu les ménages résidents de plus en plus vulnérables face à l'insécurité alimentaire.

Accès des personnes déplacées à la terre : Seule une petite proportion de personnes déplacées confirmées depuis mars 1999 auront eu la possibilité de cultiver dans leurs régions de déplacement. En ce qui concerne celles déplacées en 1998/99, cette possibilité a été fonction de leur accès à la terre. En 1999, des terres en quantités limitées ont été distribuées à des personnes déplacées dans la plupart des provinces et ce, en vue de leur permettre de devenir autosuffisantes. Ces programmes n'ont pu fonctionner de façon satisfaisante que dans très peu de provinces. Dans la majorité des provinces, ils ont souffert d'un manque de coordination et, en conséquence, de nombreuses personnes déplacées ont reçu des terres très peu fertiles, ou des terres revendiquées par des membres de la communauté résidente. Dans le cadre de nombreux programmes, la superficie distribuée était souvent trop petite pour contribuer réellement à l'amélioration des revenus des ménages. Il était évident que ce programme visant à accroître la production et l'autosuffisance n'a pas réalisé tout son potentiel et que la gestion de nombreux programmes de distribution des terres doit être améliorée.

Accès des résidents à la terre : Les résidents ont généralement eu mieux accès à leurs terres cultivables pendant la période allant de septembre à mars 1999/2000 que lors de la même période en 1998/99. Néanmoins, à l'exception de Namibe et de Cabinda, l'accès limité a continué de peser sur la production dans toutes les provinces. Cette situation a été encore aggravée par l'infertilité des sols à proximité de nombreuses capitales provinciales et par une pénurie d'outils, de semences et d'engrais, en particulier dans les provinces enclavées qui ne sont pas accessibles par route (mauvaises conditions des routes et/ou des ponts, présence de mines, attaques de bandits et/ou rebelles, etc.).

Des mécanismes d'adaptation limités : Comme nous l'avons déjà mentionné, la contraction de l'économie a conduit à ce qu'une part croissante de la population dérive son pouvoir d'achat principalement d'activités telles que le petit commerce, la vente de bois de chauffage et de charbon, la production de boissons traditionnelles et la fourniture de services comme, par exemple, des services de "porteurs" et les "petits boulots". L'arrivée de la population déplacée dans les principaux centres provinciaux et municipaux, qui a suivi la reprise du conflit fin 1998, a entraîné un autre bouleversement des systèmes commerciaux et des économies des villes plus grandes et une augmentation de la concurrence concernant des emplois qui ne constituent déjà que les seules sources de revenus d'une grande partie de la population résidente. Lors des visites de la mission, les populations déplacées se révélaient avoir des possibilités très limitées d'activités rémunératrices. Le mécanisme d'adaptation classique qui consiste à vendre du bois de chauffage et du charbon s'être révélé être entre les mains des résidents, qui sont ceux qui ont accès aux ressources forestières de plus en plus rares dans le périmètre limité de sécurité.

Nutrition : Bien qu'il existe encore des poches de malnutrition grave dans les régions proches des zones de conflit, les résultats d'enquêtes nutritionnelles récentes exécutées dans de nombreuses provinces ont indiqué que les taux de malnutrition grave et globale avaient baissé au cours des quatre premiers mois de l'année et, par conséquent, n'étaient pas aussi alarmants qu'à la fin de 1999 par suite de la récolte et d'une chute générale des prix alimentaires dans la plupart des capitales provinciales ainsi que d'un meilleur ciblage de l'aide alimentaire en faveur des groupes vulnérables.

Dans la province de Huambo, les enquêtes nutritionnelles menées par le CICR en avril ont montré que la situation nutritionnelle de la population étudiée était stable, c'est-à-dire qu'approximativement 60 pour cent de la population étaient dans un état nutritionnel acceptablement bon ; la malnutrition grave était de 3,1 pour cent et l'incidence de l'_dème bilatéral était de 0,2 pour cent. Selon les informations disponibles, il a été observé que les taux généraux de malnutrition grave et aiguë indiqués par l'enquête étaient les plus bas taux enregistrés et signalés à Huambo jusqu'à présent. L'enquête menée à Huambo a aussi indiqué que l'état nutritionnel de la population périurbaine était meilleur que celui de la population des régions rurales.

Des perpectives à court terme peu réjouissantes s'agissant de l'amélioration des conditions de vie : La mission est vivement d'avis que la poursuite du conflit, le succès limité des programmes de distribution des terres, une réduction de la récolte céréalière et les possibilités toujours extrêmement restreintes d'emplois rémunérateurs en dehors du secteur agricole entraîneront des niveaux de vulnérabilité qui resteront élevés au cours de l'année à venir. Le conflit peu intense qui a caractérisé les douze derniers mois devrait se poursuivre et avoir pour conséquence un accroissement du nombre total de personnes déplacées confirmées. La capacité des personnes déplacées à s'intégrer dans les économies locales continuera d'être entravée par un accès restreint à la terre et la stagnation actuelle qui caractérise les économies provinciales. Même les personnes déplacées qui sont en mesure de regagner leur région d'origine nécessiteront un appui jusqu'à la récolte qui aura lieu au cours du premier trimestre 2001.

S'agissant de la population résidente dans les provinces, les perspectives sont légèrement meilleures. A moins que les zones sûres ne s'étendent, entraînant avec elles une culture plus variée de terres plus fertiles et une croissance du commerce ainsi qu'une expansion de l'activité économique, il est probable que la part de la population résidente qui nécessite une aide augmentera, surtout dans les provinces méridionales qui ont souffert d'une mauvaise récolte de maïs en 1999/2000.

Nombre de bénéficiaires : Lors des visites de la mission de l'année précédente (mai 1999), le nombre de personnes déplacées confirmées3 était approximativement de 1 142 000, dont 718 000 "personnes déplacées nouvelles"4 et 424 000 personnes déplacées avant la reprise du conflit fin 1998, sur un nombre total de cas signalés de 1,7 million de personnes. Depuis lors, le nombre de personnes déplacées nouvelles et confirmées s'est accru, atteignant approximativement 1 477 000 personnes, quelque 120 000 personnes ayant été enregistrées depuis janvier 2000. Par conséquent, bien que la guerre civile n'ait pas été aussi intense que pendant les années 1998/1999, un conflit de faible intensité (guérillas) s'est poursuivi au cours des douze derniers mois, qui a entraîné des nombres importants de personnes nouvellement déplacées. On prévoit que cette situation perdurera au cours de l'année à venir, avec une forte hausse possible des nombres au cours de la prochaine sécheresse. Selon les plus récentes données de l'OCHA concernant les personnes déplacées en date du 4 mai 2000, le nombre total de personnes déplacées signalées depuis janvier 1998 (y compris les estimations concernant Luanda) s'élève approximativement à 2,6 millions. Ce nombre, qui ne comprend pas 459 000 autres anciennes personnes déplacées du fait des conflits d'avant 1998, représente un accroissement de quelque 53 pour cent par rapport au chiffre signalé l'année précédente. La mission a évalué que quelque 1,9 million de personnes (résidents compris) auront besoin d'une aide d'urgence au cours des douze mois à venir. Ce nombre, qui indique une augmentation importante par rapport à l'année précédente, découle de l'arrivée supplémentaire et de l'amélioration de l'accès à des régions autrefois non tenues par le gouvernement. Il se pourrait même que ce nombre de personnes les plus nécessiteuses s'accroisse au cours des prochains mois, auquel cas un exercice de réévaluation aux fins de la programmation devrait être entrepris de manière à empêcher que les populations ne souffrent sur une grande échelle.

L'intensité de la guerre et l'insécurité qui en découle dans l'ensemble du pays détermineront le nombre de familles déplacées pendant l'année et le taux de réinstallation dans les régions d'origine ou les zones plus sûres. De même, le succès des programmes actuels de distribution des terres et le niveau de l'activité économique détermineront l'importance de l'aide requise par la population résidente et la vitesse à laquelle les personnes déplacées existantes pourront intégrer les économies provinciales.

Le tableau ci-après résume le nombre total de personnes qui auront besoin d'une aide humanitaire au cours de la période 2000-2001, réparti par province et par catégorie d'intervention.

Tableau 7 : Angola - Nombre total prévu de bénéficiaires de l'aide alimentaire par province et par type d'aide, 2000/2001

PROVINCE Aide alimentaire de complément/
thérapeutique
Alimentation des collectivités Aide alimentaire de secours TOTAL
Bengo 691 3 042 38 635 42 367
Benguela 13 475 36 725 67 912 118 112
Bié 11 780 15 531 175 519 302 830
Cuando Cubango 1 245 12 473 25 062 38 780
Cuanza Norte 1 046 600 45 840 47 487
Cuanza Sul 688 2 788 26 275 29 750
Cunene 819 10 031 8 915 19 764
Huambo 30 750 14 400 469 183 509 333
Huila 7 685 33 398 134 549 170 631
Luanda 12 038 10 133 59 945 27 115
Lunda Norte - - - -
Lunda Sul 514 5 732 62 382 68 628
Malanje 4 700 55 909 180 347 240 956
Moxico 1 320 10 647 42 891 54 858
Namibe 469 9 425 7 048 16 941
Uige 1 250 7 675 64 288 73 213
Zaire 675 1 191 32 285 34 151
TOTAL 89 143 329 698 1 441 073 1 859 914

Le nombre moyen de personnes qui auront besoin d'une aide humanitaire au cours de l'année à venir est de 1 859 914.

L'assortiment alimentaire complet nécessaire à une telle aide est illustré à titre indicatif au tableau 8 ci-dessous ; dans cet assortiment, les céréales secondaires (principalement le maïs) représentent au total 333 115 tonnes.

Tableau 8 : Angola - Besoins alimentaires en fonction du nombre total de bénéficiaires

Catégorie Bénéficiaires Maïs Légumes secs Huile végétale Mélange maïs/soja Sucre Sel
Aide de secours 1 146 073 275 683 32 210 14 754 23 509 7 052 2 351
Collectivités 329 698 47 476 3 561 2 967 11 869 1 187 593
Complément & thérapeutique 69 143 9 956 747 897 5 232 432 124
TOTAL 1 859 914 333 115 38 518 18 618 40 610 8 671 3 068

Sur la population ci-dessus nécessitant une aide d'urgence, le PAM a l'intention de cibler en moyenne 1 544 914 personnes, soit 83 pour cent du nombre total. On prévoit que le reste de la population recevra une aide alimentaire par l'intermédiaire d'autres donateurs (principalement, CICR, CE, CARITAS).

Il convient de noter que le nombre de bénéficiaires du PAM tient aussi compte du niveau de fonctionnement actuel, réévalué en avril 2000, du programme en cours de réhabilitation et de secours (PPRO 6159.00), laissant par là supposer un scénario de statu quo dans le cadre de la programmation (c'est-à-dire, une stratégie d'aide à croissance zéro) même si le nombre de nouvelles personnes déplacées doit augmenter. On espère, toutefois, qu'une réduction progressive ou une stratégie plus appropriée sera envisagée dès que possible, sur la base des scénarios mis au point par le Bureau de pays du PAM dans le cadre de son plan stratégique actuellement en cours d'élaboration.

Le tableau ci-après indique la répartition du nombre des bénéficiaires du PAM par province et par type d'intervention.

Tableau 9 : Angola - Nombre moyen prévu de bénéficiaires de l'aide alimentaire dans le cadre du programme du PAM, par province et par type d'assistance, 2000/2001

PROVINCE Aide alimentaire de complément/ thérapeutique Alimentation des collectivités Aide alimentaire de secours TOTAL
Bengo 691 3 042 38 635 42 367
Benguela 13 475 36 725 67 912 118 112
Bié 11 780 115 531 175 519 302 830
Cuando Cubango 1 245 12 473 25 062 38 780
Cuanza Norte 1 046 600 45 840 47 487
Cuanza Sul 688 2 788 26 275 29 750
Cunene 819 10 031 8 915 19 764
Huambo 25 750 14 400 219 183 259 333
Huila 2 685 33 398 134 549 170 631
Luanda 2 038 10 133 14 945 27 115
Lunda Sul 514 5 732 62 382 68 628
Malanje 4 700 55 909 180 347 240 956
Moxico 1 320 10 647 42 891 54 858
Namibe 469 9 425 7 048 16 941
Uige 1 250 7 675 64 288 73 213
Zaire 675 1 191 32 285 34 151
TOTAL 69 143 329 698 1 146 073 1 544 914

Tableau 10 : Angola - Besoins alimentaires totaux prévus dans le cadre du programme du PAM, 2000/2001, par produit de base et par type d'intervention ( en tonnes)

Catégorie Maïs Légumes secs Huile Mélange maïs/soja Sucre Sel TOTAL
Aide alimentaire de complément/
thérapeutique
9 957
747 897 5 233 432 124 17 389
Alimentation des collectivités 47 477 3 561 2 967 11 869 1 187 593 67 654
Aide alimentaire de secours 225 684 28 210 11 754 23 509 7 053 2 351 298 561
TOTAL 283 117 32 518 15 618 40 611 8 671 3 069 383 604

Tableau 11 : Angola - Répartition de l'assistance moyenne prévue du PAM, par province et par produit de base (tonnes)

Province Maïs Légumes secs Huile Mélange maïs/soja Sucre Sel TOTAL
Bengo 7 632 927 406 899 237 81 10 180
Benguela 20 157 2 158 1 159 3 491 607 225 27 797
Bié 49 400 5 258 2 824 8 420 1 469 553 67 924
Cuando Cubango 7 453 833 415 1 123 224 82 10 130
Cuanza Norte 8 540 1 056 451 957 268 89 11 361
Cuanza Sul 10 760 1 320 567 1 211 334 113 14 306
Cunene 4 416 474 249 713 130 49 6 031
Huambo 44 249 5 242 2 486 6 659 1 427 473 60 536
Huila 31 815 3 717 1 720 4 163 968 342 42 726
Luanda 4 868 521 279 836 146 54 6 705
Lunda Sul 12 314 1 494 652 1 431 380 130 16 402
Malange 42 932 4 930 2 342 5 896 1 297 465 57 863
Moxico 14 258 1 696 764 1 772 437 152 19 079
Namibe 4 153 448 233 655 122 46 5 657
Uige 13 906 1 674 741 1 670 429 148 18 567
Zaire 6 262 769 331 714 196 66 8 339
TOTAL 283 117 32 518 15 618 40 611 8 671 3 069 383 604

Comme indiqué ci-dessus, les 283 117 tonnes de besoins céréaliers seront réduits de 71 000 tonnes (stocks de report et quantités annoncées au 31/03/2000), entraînant un déficit réel de 212 117 tonnes.

6.1 Types d'intervention

Aide alimentaire de secours : Ce type d'intervention vise principalement les personnes récemment déplacées par suite de la reprise des hostilités, ainsi que les personnes ciblées par les programmes de réinstallation jusqu'à leur première récolte ou qui participent aux programmes vivres-contre-travail en vue de la remise sur pied des infrastructures (routes, cliniques, écoles, etc.). Les rations vivres-contre-travail sont distribuées aux travailleurs à raison de cinq membres de famille par travailleur.

Alimentation des collectivités : Cette catégorie comprend les groupes vulnérables aux plans physiologique et social, quelle que soit leur origine (personnes déplacées/résidents).

Aide alimentaire de complément/thérapeutique : Ce type d'intervention est en grande partie tourné vers les enfants de 0 à 5 ans souffrant de malnutrition légère ou sévère. Les femmes enceintes et les mères allaitantes sont également comprises dans ces interventions.

En principe, la stratégie du PAM consiste, en partenariat avec les autorités locales, les ONG et les autres partenaires, à offrir une aide alimentaire de secours aux bénéficiaires ciblés sur une période de temps limitée afin de sauver leur vie et/ou de leur permettre d'entreprendre des activités productives de manière à retrouver des moyens de subsistance durables. Trois processus essentiels permettent d'y parvenir : l'intégration dans l'économie locale (y compris les programmes de distribution des terres), la réinstallation dans leur région d'origine ou l'émigration. Outre le ciblage des enfants vulnérables (mal nourris, et/ou les enfants issus de familles très pauvres qui vont à l'école primaire ou à la crèche), l'aide alimentaire destinée aux collectivités et l'aide alimentaire de complément et thérapeutique sont axées sur les membres adultes de la population vulnérable qui sont dans une situation d'insécurité alimentaire pendant de courtes périodes de l'année et qui ont besoin d'une aide jusqu'à ce que leurs revenus ou leurs approvisionnements alimentaires soient suffisamment reconstitués pour leur permettre de retrouver leur indépendance. Les activités liées au programme vivres-contre-travail de l'année à venir seront principalement axées sur la remise sur pied des infrastructures sociales et agricoles.

6.2 Moyens logistiques

Le réseau d'activités du PAM en Angola couvre 17 provinces gérées par onze bureaux auxiliaires provinciaux, y compris celui de Luanda où se trouve également le Bureau central de pays. La très grande insécurité rend les principaux couloirs routiers trop peu sûrs pour le transport des aliments par route et, en conséquence, le PAM se rend actuellement par avion dans la plupart des villes angolaises affectées. La situation est sans cesse examinée en vue de reprendre le transport par route là où la sécurité le permettra, au cas par cas.

En Angola, le PAM peut actuellement livrer 15 000 à 17 000 tonnes d'aliments par mois à des points de chute d'urgence. Le taux actuel de distribution est de 45 pour cent pour le transport routier et de 55 pour cent pour le transport aérien. Toutes les cargaisons sont reçues par les trois principaux ports maritimes de l'Angola: Luanda, 47 pour cent des aliments reçus, Lobito, 41 pour cent, et Namibe, 12 pour cent. Les capacités moyennes de déchargement des navires dans chacun de ces ports sont de 1 000 tonnes par jour à Luanda, 1 000 tonnes par jour à Lobito et 5 à 600 tonnes par jour à Namibe. Les capacités de transport sont suffisantes pour permettre la réception de ces volumes, lors de leur déchargement puis de leur transfert dans des points d'entreposage intermédiaires. Ces chiffres tiennent compte d'améliorations significatives par rapport à l'année précédente par suite de l'examen constant de la stratégie de gestion des moyens logistiques du PAM sur la base de la sécurité et d'autres facteurs pertinents.

En raison des conditions de sécurité précaires, on prévoit qu'un volume croissant de cargaison sera transporté par voie aérienne. Bien que les déplacements routiers à partir de Lobito et de Luanda soient limités, le PAM a recours au transport routier pour des livraisons restreintes dans les provinces de Bengo, Cuanza Norte, Cuanza Sul, Malanje, Benguela, Huila, Namibe et Cunene, et continuera de surveiller étroitement les conditions de sécurité dans les principaux couloirs (de Luanda à Malange et de Lobito et Lubango à Huambo). Tous les déplacements dans le couloir sud, par Namibe/Lubango, seront effectués à l'aide de transporteurs routiers commerciaux.

A Luanda, le PAM travaille avec approximativement 20 sociétés de transport, qui peuvent mobiliser près de 200 camions avec une capacité moyenne de chargement de 25 tonnes chacun. A Lobito, le PAM opère par l'intermédiaire de 80 transporteurs privés qui peuvent faire travailler environ 150 camions avec la même capacité moyenne. Les bureaux auxiliaires du PAM dans les provinces sont responsables de l'envoi rapide des denrées de base des points de chute d'urgence aux sites de distribution. Cela se fait en coopération étroite avec les partenaires opérationnels du PAM. Le plus gros obstacle au transport secondaire dans de nombreux endroits est la pénurie de carburant, lequel doit être acheminé par pont aérien en raison de l'absence d'accès routier.

a) Les ports

Du point de vue logistique, le principal objectif à long terme est de réduire au maximum les frais de transport en recourant au transport routier chaque fois que possible. La répartition actuelle des arrivées par les trois ports de Namibe, Lobito et Luanda vise à réduire les coûts à un minimum dans les conditions actuelles. Les volumes d'aide alimentaire arrivant dans chaque port sont sans cesse examinés et seront modifiés en fonction de l'évolution de la situation routière au plan de la sécurité. En avril 2000, le PAM a envoyé par route 3 842 tonnes de produits de base aux bénéficiaires de Malanje, N'Dalatando, Porto Amboim et Sumbe.

Les provinces de Huambo et de Bié sont les principales destinations du PAM, Huambo recevant 2 900 tonnes par mois par voie aérienne. On espère, par conséquent, que la sécurité s'améliorera suffisamment pour permettre de recourir au transport routier de Namibe et/ou Lobito afin de livrer une aide alimentaire à Huambo et Kuito car cela réduirait considérablement les ponts aériens à partir de Luanda et entraînerait, par conséquent, d'importantes économies de coût. L'urgence d'une telle amélioration est amplifiée par le mauvais état actuel du terrain d'atterrissage de Kuito que la plupart des transporteurs n'utilisent plus et qui nécessite de grosses réparations.

b) Les entrepôts

Les entrepôts principaux sont situés à Luanda, Lobito et Lubango et sont loués commercialement. Leurs capacités respectives de 20 000 tonnes pour Luanda, 15 000 tonnes pour Lobito, et 5 000 tonnes pour Lubango peuvent facilement être portées à 25 000 tonnes, 20 000 tonnes et 8 500 tonnes, de manière à pouvoir absorber toute fluctuation de réserve et de tonnage prévue. En ce qui concerne les capacités d'entreposage des bureaux auxiliaires provinciaux du PAM, le PAM a garanti un stockage suffisant par l'intermédiaire soit du MINARS soit d'entreprises commerciales pour satisfaire aux besoins locaux. Pour le stockage d'urgence, le Bureau du PAM en Angola maintient une réserve de capacités d'entreposage temporaires mobiles qui peuvent être immédiatement envoyées vers toute destination en cas de besoin.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations le cas échéant.

Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO, Rome
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Courrier électronique:
GIEWS1@FAO.ORG

Mohamed Zejjari
Directeur régional, OAP, PAM, Rome
Télécopie: 0039-06-6513-2839
Courrier électronique:
Mohamed.Zejjari@WFP.ORG

Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1 Les sources principales sont les suivantes: Rapport sur le développement humain - 1999 (PNUD); Angola Economic Developments in 1999 (PNUD); Rapport sur l'évaluation rapide des besoins critiques, Angola, avril 2000 (Bureau du Coordonnateur des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)); diverses publications de la Banque nationale de l'Angola et du Ministère de la planification.

2 La consommation par habitant a augmenté par rapport aux 70 kg appliqués par les missions précédentes, passant à 85 kg, pour tenir compte de l'accroissement prévu par le PAM des rations, qui passeraient à 180 kg par personne pour 1,9 million de personnes déplacées, lesquelles dépendront entièrement de l'aide alimentaire en 2000/2001.

3 Les nombres de personnes déplacées confirmées ne comprennent pas les personnes signalées par l'État mais qui ne peuvent pas être confirmées parce qu'elles vivent dans des régions impossibles d'accès en raison de l'insécurité.

4 Les personnes déplacées nouvelles sont les personnes déplacées depuis novembre 1998, date à laquelle des combats à large échelle ont éclaté après l'effondrement de l'Accord de Lusaka.