SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

RAPPORT SPECIAL: Soudan

SITUATION DES RECOLTES ET DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES AU SOUDAN

14 juin 2000

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1. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/SMIAR d'évaluation des récoltes s'est rendue au Soudan, du 19 au 30 mai, pour évaluer les résultats de la récolte de blé de l'an 2000, examiner les estimations relatives à la principale récolte de céréales secondaires et effectuer une mise à jour du bilan céréalier pour 1999/2000. Auparavant, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui s'était rendue au Sud du Soudan en novembre/décembre 1999, avait fourni les premières estimations concernant les perspectives de l'offre et de la demande de céréales au Soudan pour la campagne commerciale en cours. La dernière mission a parcouru toutes les principales zones de production de blé du pays, y compris les États de la Gezira, de New Halfa, du Nord et du Nil, ainsi que celles de production et de commercialisation des céréales secondaires, notamment dans le Gedaref et le Kordofan Nord.

En 1999/2000, malgré des conditions météorologiques presque optimales, la superficie emblavée a considérablement diminué du fait de la libéralisation de la production du blé et de la suppression des programmes d'aide publique à la production dans les périmètres d'irrigation de la Gezira, de Rahad et du New Halfa. En 1999, les directives des pouvoirs publics obligeant les agriculteurs à consacrer une part de leurs terres à la culture du blé ont été révoquées. Cette décision, ainsi que la suppression des programmes de paiement différé des semences et des engrais ont incité de nombreux agriculteurs à réduire nettement la culture du blé et à opter pour des cultures de rapport plus lucratives, comme les légumes et les graines oléagineuses, ou à laisser leurs terres en jachère. De ce fait, la superficie des terres emblavées, déjà réduite, a encore diminué passant de 355 000 feddans (149 000 ha) au cours de la campagne 1998/99 à juste 243 000 feddans (102 000 ha) cette année - soit un recul d'environ 32 pour cent. Toutefois, grâce aux conditions météorologiques favorables pendant la période de végétation et à une faible incidence des attaques de ravageurs, on a pu obtenir une forte hausse des rendements. De ce fait, la production de blé en 1999/2000 devrait atteindre 214 000 tonnes, quelque 20 pour cent de plus par rapport à la maigre récolte de l'an dernier, mais environ 60 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années qui s'était établie à 532 000 tonnes.

Les dernières estimations de la production de sorgho en 1999/2000, révisées à la baisse, donnent environ 2,35 millions de tonnes contre les 3,11 millions de tonnes prévues par la mission FAO/PAM de l'an dernier, en raison essentiellement de moins bons rendements et des dommages provoqués par les ennemis des cultures, surtout la cécidomyie du sorgho, les rats, les sauteriaux et les oiseaux. Pour l'instant, la récolte de sorgho est inférieure d'environ 45 pour cent à la récolte record de l'an dernier et d'environ 24 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Les estimations les plus récentes concernant la production de mil sont analogues aux premières estimations de la mission FAO/PAM qui prévoyait 499 000 tonnes. La production totale de céréales, en 1999/2000, est donc estimée à 3,14 millions de tonnes, y compris de petites quantités de maïs et de riz. Il s'agit d'un recul par rapport à l'année dernière et aux cinq dernières années d'environ 39 et 24 pour cent respectivement.

A la suite de la diminution de la récolte de céréales en 1999/2000 et des déstockages rendus nécessaires par une croissance des exportations en 1999, on a assisté à une flambée des cours des céréales depuis novembre 1999.

Avec une production céréalière estimative d'environ 3,14 millions de tonnes, des prévisions d'importations commerciales de céréales de 912 000 tonnes et une aide alimentaire d'environ 104 000 tonnes, les besoins du pays en céréales, qui devraient être de l'ordre de 4,7 millions de tonnes en 1999/2000, nécessiteront un déstockage important. On prévoit une ponction de 538 000 tonnes de céréales sur les stocks, ce qui aboutira en fait à leur épuisement d'ici la fin de la campagne commerciale en cours.

La situation des disponibilités alimentaires est très précaire dans le Sud du Soudan, du fait de l'insécurité, et dans certaines zones des États de Kordofan, de Darfour, et de la mer Rouge ainsi que du Kassala dans le Nord, où les pertes liées aux cultures et les déplacements de populations ont touché un grand nombre de personnes. Le conflit en cours entre deux pays limitrophes, l'Éthiopie et l'Érythrée, a également poussé des milliers de réfugiés à passer au Soudan, ce qui a eu un effet négatif sur la situation des disponibilités alimentaires dans ces régions frontalières. Les autorités soudanaises ont déjà fait appel à la communauté internationale pour des secours d'urgence aux réfugiés.

Selon les premières indications, les perspectives concernant les céréales secondaires pour 2000/01, dont les semis vont bientôt commencer, sont favorables. Les cours actuellement élevés des céréales, et les possibilités croissantes d'exportation vers l'Érythrée et l'Éthiopie ont poussé les agriculteurs à anticiper la préparation des terres et à accroître également la superficie ensemencée, ce qui a aussi été favorisé par des précipitations précoces dans certaines régions. Les pouvoirs publics ont aussi opté pour la livraison ponctuelle en début de campagne des intrants agricoles nécessaires, y compris les semences, les engrais, le carburant et les pesticides.

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2. PRODUCTION DE BLE EN 1999/2000

La culture du blé, presque entièrement irriguée, a diminué au cours des dernières années, à cause de la diminution des rendements et de la hausse du coût des intrants. L'an dernier, les autorités ont libéralisé la production du blé et supprimé tous les programmes de soutien, en particulier les mesures de paiement différé des semences et des engrais, qui avaient été prévus pour encourager la production de blé dans les périmètres d'irrigation de Gezira, de Rahad et de New Halfa. Ces dispositions ont poussé de nombreux agriculteurs à réduire considérablement la production de blé ou à opter pour des cultures de rapport plus avantageuses, comme les légumes et les graines oléagineuses. Ainsi, au cours de la campagne en cours, les terres emblavées ont encore diminué, passant d'une superficie déjà réduite de 355 000 feddans (149 000 ha) en 1998/99 à juste 243 000 feddans (102 000 ha). Par rapport à la moyenne des cinq dernières années (1993/94-1997/98), la superficie cultivée en l'an 2000 était de presque 78 pour cent inférieure. En outre, l'ensemble de la "superficie récoltée" pour la campagne en cours est d'environ 11 pour cent inférieur à la superficie ensemencée, par rapport à une moyenne d'environ 4 pour cent au cours des années précédentes, en raison surtout du coût élevé de la moisson.

L'essentiel de cette culture étant irrigué, d'autres facteurs importants pour la production sont à prendre en considération, comme la température et l'alimentation des périmètres d'irrigation. Le moment idéal pour les emblavures est le mois de novembre. Les températures relativement fraîches qui ont été enregistrées en novembre et décembre 1999 dans presque l'ensemble des zones de production ont permis d'achever presque 90 pour cent des semis en temps voulu. Le carburant disponible, fourni pour l'irrigation par pompage, a permis aux agriculteurs d'irriguer leurs cultures de cinq à huit fois. On ne signale ni invasion de ravageurs ni épidémie et les quantités utilisées d'engrais ont été satisfaisantes dans l'ensemble du pays, bien qu'une légère pénurie de superphosphate ait nécessité une réduction des applications dans le Gezira, ce qui n'a pas eu apparemment aucun effet sur les rendements.

L'ensemble de ces facteurs favorables, ainsi qu'une meilleure préparation en temps voulu des sols ont donc permis d'obtenir de meilleurs rendements. Les rendements moyens évalués à environ 2,35 tonnes/ha ont au moins doublé par rapport au niveau de l'an dernier et sont d'environ 3 pour cent supérieurs au niveau de 1998. Selon les prévisions, la production de blé en 1999/2000 devrait atteindre 214 000 tonnes, quelque 20 pour cent de plus que la récolte réduite de l'an dernier mais en recul d'environ 60 pour cent par rapport à la moyenne des cinq années précédentes d'environ 532 000 tonnes. Les estimations de la production de blé de 1996/97, par zone, sont données au Tableau 1.

Tableau 1 - Soudan : Prévisions relatives à la production de blé en 1999/2000

Zone Superficie emblavée
(milliers d'ha)1/
Superficie récoltée
(milliers d'ha) 1/
Production
(milliers de tonnes)
Rendement
(Kg/ha)
Gezira 28 18 22 1 222
Nil Blanc 1 1 1 794
New Halfa 7 6 7 1 167
Nil 16 16 47 2 937
Région du Nord 47 47 134 2 851
Autres 3 3 3 1 020
Total 102 91 214 2 352
1/ Toutes les superficies sont arrondies au millier.
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3. PRODUCTION CEREALIERE EN 1999/2000

Au Soudan, les céréales sont les principaux aliments de base, le sorgho fournissant quelque 60 pour cent du total des céréales consommées. Seuls les États du Sud consomment d'autres hydrates de carbone en quantités importantes, notamment du manioc et des patates douces. Le sorgho, le mil et le maïs sont cultivés dans tout le pays au cours de la saison des pluies, d'avril à octobre. Pendant les mois d'hiver, de novembre à mars, on cultive le blé dans les périmètres d'irrigation. Le maïs qui occupe des parcelles de petites dimensions, mais ayant une grande importance locale, est cultivé selon des méthodes traditionnelles non mécanisées dans le Sud, sur les berges des cours d'eau, grâce à l'humidité résiduelle conservée dans le sol après les décrues.

En 1999, la superficie cultivée en sorgho a chuté d'environ 50 pour cent par rapport à l'année précédente, les grandes exploitations mécanisées des plaines argileuses du Centre-Est et les exploitations traditionnelles de toutes les régions (à l'exception du Kordofan) ayant réduit leurs semis en raison de la faible rentabilité des cultures obtenue en 1998. Ces résultats ont été particulièrement décourageants dans la zone de transition et dans les zones de conflit de l'est où les superficies cultivées ont reculé d'environ 70-90 pour cent. Ailleurs dans l'est, on a noté un net accroissement des semis de sésame, les agriculteurs cherchant à améliorer leurs gains à la suite des cours élevés de 1998.

La superficie cultivée en mil, a aussi diminué par rapport à l'année précédente, les exploitations traditionnelles du Kordofan-Nord, et du Darfur-Ouest, durement frappées par le vers du mil en 1998, étant à nouveau frappées en 1999.

Malgré un régime satisfaisant des précipitations, dans la plupart des régions du pays en 1999, les rendements moyens des principales céréales devraient, selon les estimations, avoir baissé, car les grandes exploitations ont limité le nombre des façons culturales et des désherbages pour réduire les coûts. Ces décisions ont renforcé la concurrence des plantes adventices et ont rendu le microclimat encore plus favorable aux ravageurs et aux maladies car des quantités de paille et de chaume ont été laissées dans les champs après les cultures extensives de 1998. Ces résidus, et les fortes pluies tardives de 1998, ainsi que la croissance exceptionnelle de la végétation en 1999, ont encouragé les invasions de vers du mil, qui ont gravement réduit les rendements dans l'ouest et la cécidomyie qui a limité les rendements du sorgho semé à la mi-saison dans tout l'est du pays.

Pour ce qui est des céréales irriguées d'été, dont la principale est le sorgho, la campagne 1999 a donné des résultats plus satisfaisants. On a enregistré une amélioration de la gestion des eaux, les précipitations d'un niveau comparable à celles de 1998, ayant été mieux réparties. Les engrais ont été disponibles en temps voulu, à des prix plus abordables et leur utilisation encore insuffisante à été tout de même soutenue. Du fait de l'application de la rotation des cultures et de campagnes de pulvérisation tant directes qu'indirectes (pour le coton), le problème des ravageurs, dans les zones pluviales, n'a pas été aussi grave que dans le secteur irrigué structuré. Toutefois, les faibles cours du sorgho en 1998 ont entraîné une réduction de la superficie ensemencée de 12 pour cent, par rapport à la campagne précédente; en revanche des parcelles plus importantes ont été consacrées aux cultures d'arachides et de coton. Malgré la réduction des superficies cultivées, la production globale du secteur irrigué structuré a progressé de quelque 10 pour cent par rapport à l'année précédente grâce à l'accroissement des rendements. Dans le sous-secteur irrigué non-structuré, la production a diminué en raison d'une réduction des semis et du fléchissement des rendements dans les zones de décrue (demira) le niveau des crues ayant baissé. Toutefois, une meilleure gestion des eaux a favorisé la production dans les périmètres d'irrigation utilisant les eaux de décrue, à Gash et à Tokar.

Selon les dernières estimations, la production de sorgho de 1999/2000 a été révisée à la baisse et devrait s'établir à 2,35 millions de tonnes contre les 3,04 millions de tonnes prévues par la mission FAO/PAM de l'an dernier, en raison surtout des rendements inférieurs et des dommages provoqués par les ravageurs, surtout la cécidomyie du sorgho, les rats, les sauteriaux et les oiseaux. La récolte de sorgho serait donc inférieure de quelque 45 pour cent à la récolte exceptionnelle de l'an dernier et d'environ 24 pour cent à la moyenne des cinq dernières années.

Pour le mil, les dernières estimations correspondent aux prévisions initiales de la mission FAO/PAM et prévoient donc une production de 499 000 tonnes. La production totale de céréales en 1999/2000 est donc estimée à 3,14 millions de tonnes, y compris de petites quantités de maïs et de riz. Elle est donc en retrait par rapport à l'an dernier et à la moyenne des cinq dernières années d'environ 39 et 24 pour cent.

Les estimations révisées pour l'ensemble de la superficie cultivée en céréales, de la production et des rendements des céréales en 1999/2000, y compris le maïs, figurent au Tableau 2, alors que l'évolution de la production est donnée au Tableau 3. La production totale de céréales, estimée à 3,14 millions de tonnes, est de 20 pour cent inférieure aux estimations faites par la mission FAO/PAM en décembre. La production de sorgho et de blé est respectivement d'environ 23 et 26 pour cent inférieure à celle prévue précédemment.

Tableau 2 - Prévisions de la production céréalière totale en 1999/2000

Culture Superficie ensemencée (milliers d'ha)1/ Superficie récoltée
(milliers d'ha)1/
Production (milliers de tonnes) Rendement (kg/ha)
Sorgho 5 520 4 527 2 347 518
Mil 3 034 2 393 499 208
Blé 102 91 214 2 352
Maïs 65 61 77 1 262
Total2/ 8 721 7 074 3 139  
1/ Toutes les superficies arrondies au millier.
2/ Y compris quelque 2000 tonnes de riz.

Tableau 3 - Superficie cultivée en céréales et production, en fonction des secteurs, de 1993/94 à 1999/20001/

  Superficie (en milliers d'ha)2/ Rendement (kg/ha) Production (en milliers de tonnes)
  1993/
94
1994/
95
1995/
96
1996/
97
1997/
98
1998/
99
1999/
2000
1993/
94
1994/
95
1995/
96
1996/
97
1997/
98
1998/
99
1999/
2000
1993/
94
1994/
95
1995/
96
1996/
97
1997/
98
1998/
99
1999/
2000
Sorgho                                          
Secteur irrigué 373 484 310 368 351 377 354 1 588 1 476 1 655 2 413 1 932 1 422 1 636 593 715 513 888 678 536 579
Secteur mécanisé 3 316 3 953 3 181 4 345 3 418 3 936 2 062 444 490 439 550 432 653 362 1 473 1 935 1 395 2 388 1 477 2 569 746
Secteur traditionnel 994 1 856 1 553 1 840 1 542 1 998 2 111 321 478 349 491 464 590 484 319 888 542 903 715 1 179 1 022
Total partiel 4 683 6 293 5 044 6 553 5 311 6 311 4 527 509 562 486 638 540 679 518 2 385 3 538 2 450 4 179 2 870 4 284 2 347
Mil                                          
Secteur irrigué 1 4 3 4 1 5 2 714 429 666 500 1 000 400 500 1 2 2 2 1 2 1
Secteur mécanisé 68 32 24 71 57 57 82 394 328 333 380 316 509 402 27 10 8 27 18 29 33
Secteur traditionnel 992 3 201 2 391 1 559 2 762 2 700 2 309 194 299 157 264 226 237 201 192 961 375 411 624 639 465
Total partiel 1 061 3 237 2 418 1 634 2 820 2 762 2 393 207 300 159 269 228 243 209 220 973 385 440 643 670 499
Blé 354 278 298 329 255 149 91 1 304 1 610 1 768 1 951 2 294 1 195 2 352 461 447 527 642 585 172 214
Toutes céréales 6 098 9 808 7 760 8 516 8 386 9 222 7 011 503 505 516 618 489 556 436 3 066 4 958 3 362 5 261 4 098 5 126 3 139

1/ Y compris de petites quantités de riz et de maïs.
2/ Superficie récoltée arrondie au millier.
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4. SITUATION DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES

4.1 Situation actuelle du marché

Contrairement à 1998, caractérisé par des cours élevés et fluctuants des céréales, on a assisté en 1999 à une situation remarquablement stable et on a enregistré des prix plus bas dans la plupart des régions du pays. Cela est dû principalement aux récoltes exceptionnelles de sorgho et de mil de 1998 et aux niveaux élevés des stocks qui en ont découlé en 1999, aux conditions météorologiques favorables et à une interdiction triennale d'exportation du sorgho. La figure ci-après indique que les prix moyens mensuels du sorgho en 1999, dans le Gedaref, principale zone de production, ont été relativement plus faibles qu'en 1998, avec une moyenne juste inférieure à 15 000 LSd le sac de 90 kg de mai à septembre, et nettement inférieure à l'année précédente. Des exceptions, toutefois, ont été signalées dans le sud où les prix ont répercuté les pénuries d'approvisionnement dues à l'insécurité, l'atomisation du marché et le pouvoir d'achat extrêmement bas.

Undisplayed Graphic

En 1999, les récoltes de céréales (sorgho et mil) ont été inférieures à l'année précédente et l'épuisement des stocks, en raison surtout d'une augmentation des exportations, a provoqué une flambée des prix en novembre et décembre 1999, qui s'est poursuivie en l'an 2000. Le prix du sorgho, par exemple, est passé d'une moyenne de 14 000 LSd le sac de 90 kg en octobre 1999, à plus de 23 000 LSd en novembre et décembre et atteint actuellement 32 000 LSd. Au niveau actuel, les prix du sorgho ont plus que doublé par rapport à la même période l'an dernier et dépassent d'environ 30 pour cent ceux de la même période en 1998. Les prix du sac de mil ( principale denrée de base dans le Kordofan) s'est établi aux alentours de 46 000 LSd par rapport à 30 000 LSd le sac au cours de la même période l'an dernier et 35 000 LSd en 1998. Des hausses de prix sont prévues pour les mois à venir jusqu'à la prochaine récolte, à partir de novembre 2000. Une telle hausse des prix aura des répercussions négatives sur les couches les plus pauvres de la population, mais devrait inciter les agriculteurs à accroître les semis de céréales au cours de la prochaine campagne. Parallèlement, le commerce du bétail est ferme, les prix du bétail étant généralement élevés et on ne signale aucune vente de panique.

4.2 Bilan de l'offre et de la demande de céréales pour 1999/2000

Le bilan de l'offre et de la demande de céréales pour 1999/2000, a été établi en s'appuyant sur les mêmes hypothèses sur les stocks d'ouverture, les semences et les autres utilisation que celles retenues par la mission d'évaluation FAO/PAM en novembre/décembre 1999. Toutefois, des corrections ont été apportées pour les utilisations de vivres et d'aliments pour le bétail, en raison du fort recul de la production de sorgho. Il a également été tenu compte d'informations plus récentes sur le niveau des importations de blé prévues. Le Tableau 4 indique quelles sont les prévisions de la mission, à l'échelle du pays, pour le bilan des céréales en 1999/2000.

Ces hypothèses de travail sont les suivantes:

Le bilan révisé des céréales nationales en 1999/2000 figure au Tableau 4.

Tableau 4 - Soudan : bilan céréalier pour 1999/2000 ( milliers de tonnes )

  Céréales Riz Sorgho Mil Blé Autres
Disponibilités 3 711 2 2 843 574 214 78
Stocks d'ouverture 572 0 496 75 0 1
Production 3 139 2 2 347 499 214 77
Utilisation 4 727 40 2 843 574 1 138 132
Consommation humaine 4 204 40 2 480 495 1 078 111
Alimentation du bétail 160 0 150 10 0 0
Semences et autres utilisations 259 0 127 56 60 16
Exportations 70 0 70 0 0 0
Stocks de clôture 34 0 16 13 0 5
Besoins d'importations 1 016 38 0 0 924 54
Secteur commercial 912 38 0 0 874 0
Aide alimentaire 104 0 0 0 50 54

Dans l'ensemble, les perspectives de l'alimentation pour l'an 2000 restent stables, mais l'offre de vivres est encore très précaire dans certaines provinces et États. Cela vaut surtout pour le Sud- Soudan, du fait de l'insécurité et dans certaines zones des États de Kordofan, Darfur et de la mer Rouge et du Kassala dans le Nord, où les pertes de récoltes et les déplacements de populations ont touché un grand nombre de personnes. En 1999/2000, la récolte de céréales étant inférieure à la moyenne et compte tenu de l'épuisement des stocks, dû surtout à une forte augmentation des exportations en 1999, les cours des céréales ont grimpé à partir de novembre 1999, touchant les couches les plus pauvres de la population. Le conflit qui oppose l'Éthiopie et l'Érythrée, pays limitrophes, a aussi provoqué l'arrivée de dizaines de milliers de réfugiés au Soudan, qui a eu un effet négatif sur la situation des approvisionnements en vivres dans ces régions frontalières. Les autorités soudanaises ont déjà fait appel à la communauté internationale pour des secours alimentaires d'urgence destinés aux réfugiés.

Selon les premières indications relatives aux céréales secondaires en 2000/01, les semis à venir sont prometteurs. Les cours actuels des céréales sont élevés dans le pays et les possibilités d'augmenter les exportations vers les pays voisins, Érythrée et Éthiopie ont poussé les agriculteurs à anticiper la préparation des sols et à accroître la superficie emblavée, ce qui a été facilité par un début précoce des pluies, par endroits. Les autorités ont aussi adopté de mesures visant à fournir en temps voulu les intrants agricoles nécessaires, y compris les semences, les engrais, le carburant et les pesticides. Un organisme public, sous la direction du Ministère des Finances, a été récemment formé pour superviser la création d'une Réserve stratégique de céréales, afin de favoriser la progression du pays vers la sécurité alimentaire.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).

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