SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES EN GEORGIE

8 septembre 2000


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FAITS SAILLANTS

  • La situation de la Géorgie, confrontée à une grave crise alimentaire due à la sécheresse, est exacerbée par les problèmes économiques sérieux qu'elle connaît actuellement.
  • La production céréalière a fortement diminué en l'an 2000 et l'on estime qu'elle atteint approximativement 326 000 tonnes, soit 58 pour cent de moins qu'en 1999 et 49 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années.
  • Si l'on tient compte des importations commerciales de céréales qui auront probablement lieu et des engagements d'aide alimentaire, il reste à couvrir un déficit céréalier de 223 000 tonnes (dont 112 000 tonnes de blé, 1 000 tonnes de riz, 80 000 tonnes de maïs et 30 000 tonnes d'orge), pour lequel une aide alimentaire supplémentaire sera nécessaire.
  • Une aide alimentaire d'urgence est nécessaire pour les victimes les plus touchées des zones rurales (696 000 personnes selon les estimations). Le PAM a lancé un appel portant sur 66 000 tonnes de produits alimentaires afin de venir en aide à ces victimes pendant huit mois (de novembre 2000 à juin 2001).
  • La fourniture de semences de blé d'hiver aux agriculteurs sera de la plus haute importance pour assurer la reprise de la production. Ainsi l'aide alimentaire ne devra pas être fournie pendant plus de huit mois (c'est à dire après la récolte de l'année prochaine). On ne compte que 4 000 tonnes de semences de blé dans le pays alors que les besoins s'élèvent à 30 000 tonnes pour les semis de l'automne 2000.

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1. VUE D'ENSEMBLE

Une forte sécheresse a frappé plusieurs pays de la CEI et la Géorgie est parmi les plus touchés. Le présent rapport expose les conclusions d'une Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui s'est rendue dans le pays, du 7 au 18 août 2000, à la demande des autorités.

La mission avait pour objectif:

La mission a reçu l'appui du Ministère de l'agriculture et des forêts, des bureaux locaux des Nations Unies, des agences bilatérales et de nombreuses ONG.

La mission a constaté qu'en l'an 2000 la production a chuté d'une manière catastrophique à la suite d'une graves écheresse. Six régions, à savoir Kakheti, Mtsketa Mtianeti, Kvemo Kartli, Shida Kartli, Samtskhe-Javakheti et Imereti ont été particulièrement sinistrées. La mission a noté les effets directs de la sécheresse sur les zones de culture pluviale et irriguée. La récolte céréalière avait été en grande partie perdue dans l'est du pays. Dans l'ouest et le nord, les récoltes étaient meilleures mais l'on enregistrait toutefois une diminution des rendements de 50 pour cent au moins dans ces régions, et la qualité des céréales produites était très médiocre. Dans les régions de cultures irriguées, l'irrigation était en général insuffisante, ce qui a entraîné une réduction des rendements pouvant atteindre cinquante pour cent. La sécheresse a eu de graves conséquences sur toutes les récoltes, pas seulement celles de céréales. Le rendement des pommes de terre, denrée de base importante dans les régions montagneuses, est également faible notamment dans les régions non irriguées. En outre, une invasion de doryphores a aggravé la situation dans le sud et le sud-ouest. La production de graines de tournesol a été sérieusement compromise, tout comme la récolte de fruits (notamment de raisins) et de légumes. Les pâturages et la production fourragère ont également subi le contrecoup de la sécheresse et une réduction du cheptel sera nécessaire, surtout dans l'est du pays.

Selon les premières estimations de la mission, en l'an 2000 la production totale de céréales devrait atteindre 326 000 tonnes, dont 83 000 tonnes de blé. Si la moisson peut être menée à terme, la production de maïs et d'orge devrait s'établir aux alentours de 225 000 tonnes et de 15 000 tonnes respectivement. On prévoit qu'en l'an 2000, la production totale de céréales n'atteindra que 42 pour cent du niveau de 1999 et 49 pour cent seulement de la moyenne des cinq dernières années. Le besoin minimum de consommation céréalière (y compris l'alimentation humaine, l'alimentation du bétail, les semences et les pertes) du pays était estimé à 1,07 millions de tonnes, et les besoins d'importations céréalières en 2000/01 devraient, selon les estimations, représenter 748 000 tonnes (620 000 tonnes de blé, 88 000 tonnes de maïs, 35 000 tonnes d'orge et 5 000 tonnes de riz). Il est difficile d'estimer avec précision les importations commerciales du fait des importations du secteur non structuré et du volume des échanges, mais on estime qu'elles devraient se monter à 437 000 tonnes, alors que les engagements d'aide alimentaire s'élèvent à 88 000 tonnes. Ceci laisse un déficit de 223 000 tonnes (112 000 tonnes de blé; 80 000 tonnes de maïs; 30 000 tonnes d'orge; 1 000 tonnes de riz) qui devra être couvert par une aide alimentaire supplémentaire.

Une aide alimentaire d'urgence est nécessaire pour les victimes les plus touchées par la sécheresse (approximativement 696 000 personnes) et le PAM a lancé un appel portant sur 66 000 tonnes de vivres à distribuer pendant une période de 8 mois (de novembre à juin), jusqu'à la prochaine récolte principale. La mission a également constaté que la production de semences de céréales a été pratiquement détruite et qu'il ne reste plus que 4 000 tonnes dans le pays alors que les besoins s'élèvent à 30 000 tonnes (voir note 1).

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2. AGRICULTURE ET ÉCONOMIE

La Géorgie, dont la superficie est de 69 700 km2, s'étend sur le versant méridional de la chaîne du Caucase et s'ouvre sur la mer Noire. Le climat est très varié, de continental à semi-désertique à l'est et de subtropical à tempéré à l'ouest. La population devrait être de 4,5 à 4,7 millions d'habitants. Comme l'essentiel du pays est montagneux, la population se concentre dans les plaines centrales, où la densité atteint 250-300 personnes au km2. La moitié de la population vit dans des zones urbaines (1,5 million de personnes dans la capitale, Tbilissi).

L'indépendance de la Géorgie (en 1991), qui était auparavant rattachée à l'ex-USSR, a été suivie par de nombreuses années de guerre civile et de conflits ethniques, et 260 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays. L'économie de la Géorgie est fortement tributaire de la Fédération de Russie et de la Communauté des États Indépendants (CEI), environ 44 pour cent des échanges sont avec cette dernière. Elle dépend aussi de la Fédération de Russie, du Turkménistan et de l'Azerbaïdjan pour l'essentiel des fournitures d'énergie. Les ressources de la Géorgie (pétrole, manganèse, or) ne sont pas actuellement exploitées.

Selon la classification de la Banque mondiale, la Géorgie fait partie des pays à faibles revenus, ce qui lui donne droit à des prêts de faveur par l'intermédiaire de l'organisme prévu à cet effet par la Banque, l'Association internationale de développement. Le PIB par habitant de la Géorgie est l'un des plus faibles des États de la CEI, et il est inférieur à ceux de nombreux pays en développement. Les recettes publiques sont faibles. En 1999, l'État n'a pu financer que 37 pour cent de son budget, le restant ayant été couvert par des dons et des prêts extérieurs. La Géorgie, qui est en train de passer d'une économie planifiée à une économie de marché, a eu des difficultés à développer les secteurs productifs non agricoles, ce qui se traduit par des niveaux élevés de sous-emploi et de chômage.

L'agriculture, qui est encore la principale source de revenus et d'emploi pour la plupart des Géorgiens, assure 30 pour cent du PIB. La production du secteur n'arrive qu'à 70 pour cent du niveau de 1990, mais le nombre d'emplois dans le secteur a doublé et plus de 50 pour cent de la main-d'_uvre active y est maintenant employée. Les revenus ruraux sont restés pratiquement stables, surtout du fait de l'accès inégal aux intrants autres que la main-d'_uvre, des obstacles au remembrement des terres, de l'accès limité aux marchés pour la production intérieure, de la rareté du crédit rural et de la difficulté de se procurer des revenus en dehors du secteur agricole. La distribution de l'énergie électrique et du gaz est irrégulière et varie d'environ 10 heures par jour dans les principales villes à deux heures à peine (pendant la nuit), dans les régions rurales.

La privatisation des terres s'est concentrée sur le secteur des petites exploitations (ménages, agriculture de subsistance) et la restructuration des anciennes grandes exploitations d'État n'a pas beaucoup progressé. La réforme foncière s'est traduite par la distribution de petites parcelles, pouvant aller jusqu'à 1,25 hectare, à toutes les familles rurales et à l'octroi par les autorités de districts, de baux ruraux sur les terres de l'État, aux personnes privées ou juridiques, en vue de créer un secteur de subsistance pour les petits agriculteurs et un secteur d'économie de marché contrôlé par les grands fermiers. Les producteurs privés assurent l'essentiel de la production de fruits, de légumes et de produits animaux, mais seulement deux tiers de la production de blé. L'essentiel de la production intérieure de blé est consommé sur place, dans les exploitations, pour l'alimentation, les semences ou pour nourrir le bétail. Selon les indications, seulement 20 pour cent de la production intérieure de blé est commercialisée.

Les faibles rendements, dus à des infrastructures médiocres, à un accès inadéquat au crédit pour se procurer les intrants et les machines nécessaires, et au coût élevé des transports et de la commercialisation, ont eu un effet négatif sur la production alimentaire, et sur la capacité d'une part importante de la population de se procurer des revenus et, partant, sur la sécurité alimentaire des ménages. De nombreux agriculteurs sont pris dans un cercle vicieux (faibles intrants - faible production) et la production intérieure souffre de la concurrence des importations. Le mauvais état des systèmes d'irrigation et de drainage entrave aussi l'augmentation du rendement des cultures et de la compétitivité de la production agricole intérieure par rapport aux importations. Plus de 60 pour cent des céréales, 60 pour cent des produits laitiers et 33 pour cent de la viande sont importés.

Cette année, le déclin très net de la production agricole - céréales, fruits, légumes et bétail - aura d'importantes répercussions sur la sécurité alimentaire des ménages, du fait des réductions des disponibilités alimentaires, mais aussi des revenus provenant de la vente des produits animaux et d'autres produits agricoles. À la suite de deux années de stagnation économique, après l'effondrement du rouble russe en 1998, et du taux toujours faible de recouvrement officiel des impôts, le budget de l'État a reculé de 46 pour cent. Le gouvernement a donc d'énormes difficultés à fournir, en temps voulus et de manière adéquate, les services sociaux et les prestations ainsi que des moyens efficaces de soutien aux populations touchées par la sécheresse.

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3. PRODUCTION VIVRIÈRE EN L'AN 2000

3.1. L'impact de la sécheresse

Le collecte des données météorologiques n'est pas régulière du fait des contraintes financières. Les données sur les précipitations établies ci-dessous (figure 1) sont celles trouvées dans les registres officiels. Toutefois, les images par satellite de la croissance des cultures confirment de très faibles rendements, surtout sensibles à l'est mais s'étendant aussi vers l'ouest, au cours de la campagne.

Fig. 1 - Géorgie: précipitations totales au cours de la campagne
de printemps (mars-juin) 1997-2000

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Du fait de l'absence de pluies au cours du printemps, notamment dans l'est du pays, les récoltes ont échoué dans les zones de cultures non irriguées des régions les plus touchées et l'on a enregistré une réduction très nette des rendements dans de nombreuses zones et les cultures irriguées ont été gravement compromises.

Le système d'irrigation est alimenté par les eaux de surface. La fonte des neiges alimente les fleuves et les systèmes d'irrigation. Les précipitations insuffisantes du printemps et le faible niveau d'enneigement de l'hiver précédent ont entraîné une réduction significative des quantités d'eau disponibles et cela a eu de graves répercussions sur l'irrigation. Le niveau des fleuves était bas (fonte des neiges) et les réservoirs n'ont été que partiellement remplis. En outre, du fait du bas niveau de l'eau dans les principaux canaux, les centrales hydroélectriques ont moins produit, ce qui a provoqué une pénurie d'électricité. Les zones effectivement irriguées occupent de moins en moins d'importance, les canaux principaux, secondaires et tertiaires n'étant pas entretenus. Cela a clairement pour effet de réduire encore les rendements potentiels.

À cause des températures extrêmement élevées (supérieures à 40°C), la fécondation et la pollinisation ont été médiocres et, partant, les rendements des cultures céréalières ont encore diminué. Pour les pommes de terre, l'effet a été différent, puisque l'arrêt de la phase végétative a produit des plantes atrophiées ne donnant aucun rendement dans les zones pluviales. La pollinisation des variétés de tournesol à pollinisation libre adoptées le plus souvent par les petits agriculteurs, a été durement frappée.

3.2. Estimation de la production vivrière

3.2.1. Estimation de la production céréalière

Les estimations concernant la production de blé pour l'an 2000 (par région2) figurent au tableau 1.

Tableau 1 - Géorgie: Production de blé par région, en l'an 2000

Province/District Superficie récoltée (ha) Production (tonnes) Rendement
(tonnes/ha)
KAKHETI      
Telavi 2 300 3 680 1.6
Gurjaani 4 000 5 200 1.3
Akhmeta 3 000 2 260 0.7
Kvareli 2 000 4 000 2.0
Dedoplistskaro 16 457 13 495 0.8
Lagodekhi 2 714 5 780 2.1
Signakhi 10 500 5 250 0.5
Sagarejo 5 455 3 055 0.6
Total Kakheti 46 426 42 720 1.2
KVEMO KARTLI      
Gardabani 2 340 3 978 1.7
Marneuli 1 700 1 840 1.1
Bolnisi 2 100 1 890 0.9
Tetritskaro 2 000 1 250 0.5
Dmanisi 2 000 850 0.4
Tsalka 0 0 0.0
Total Kv.Kartrli 10 140 9 808 0.8
SHIDA KARTLI      
Gori 8 367 10 877 1.3
Khashuri 3 400 5 800 1.5
Kareli 6 500 10 400 1.6
Kaspi 1 300 1 200 0.9
Total Shida Kartli 19 567 28 277 1.3
MTSKHETA -MTIANETI      
Dusheti 1 200 1 200 1.0
Mtskheta 2 450 490 0.2
Total Mtsk-Mtianet 3 650 1 690 0.6
SAMTSKHE-JAVAKHETI      
Akhaltsikhe 750 380 0.5
Akhalkalaki 0 0 0.0
Adigeni 200 80 0.4
Aspindza 150 60 0.4
Ninotsminda 0 0 0.0
Total Samts-Javak 1 100 520 0.5
IMERETI      
Sachkhere 50 40 0.8
Tskaltubo 200 200 1.0
Zesaphoni 180 250 1.4
Total Imereti 430 490 1.1
TOTAL GÉORGIE 81 313 83 505 1.0

Source: Ministère de l'agricullture et des forêts.

Ce tableau montre que 57 pour cent des districts ont obtenu des rendements inférieurs à une tonne à l'hectare. Dans la plupart de ces districts, la production céréalière peut être considérée comme pratiquement nulle.

Les estimations relatives aux cultures de printemps, qui devaient déjà être récoltées au moment de la mission, restent approximatives. Toutefois, il est évident que le recul des rendements a été substantiel, pouvant atteindre 10 pour cent dans les principales régions de production de l'ouest, environ deux tiers dans la région centrale et jusqu'à 95 pour cent dans l'est du pays. On prévoit pour l'instant que la récolte de maïs de l'an 2000 devrait se monter à 225 000 tonnes, soit une réduction de plus de la moitié par rapport aux 490 000 tonnes récoltées en 1999 et la moitié de la moyenne des cinq dernières années. La production d'orge devrait aussi, selon les estimations, chuter à 15 000 tonnes, contre 51 000 tonnes l'an dernier.

3.2.2. Perspectives pour les autres denrées de base

La production des autres denrées et des fourrages a aussi nettement baissé. La sécheresse a eu des retombées négatives sur tous les autres sous-secteurs de l'agriculture (notamment pommes de terre, légumes, fruits, viticulture, oléagineux, fourrages et production animale). Dans la plupart des régions, les jardins potagers ont gravement souffert de la chaleur excessive et de la pénurie d'eau destinée à l'irrigation. La sécheresse a également eu des répercussions négatives sur les pâturages dont le rôle est fondamental pour le bétail et la production laitière.

La reprise lente mais régulière de la production animale engagée en 1995 pour les bovins et en 1999 pour les porcs, sera freinée par le surpâturage et par la pénurie et le prix élevé des aliments pour animaux. Le nombre de porcs et de volailles des ménages devrait diminuer. La production de lait est déjà faible et la productivité des animaux chutera encore durant les mois d'hiver, ce qui réduira l'accès aux denrées riches en protéines et les possibilités d'obtenir des revenus dans les zones rurales.

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4. SITUATION GLOBALE DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

4.1. Disponibilités et accès aux denrées

La sécheresse a eu de graves retombées négatives sur les disponibilités alimentaires des ménages, surtout dans les zones rurales, mais aussi en ville où ils reçoivent normalement des vivres de leurs parents restés à la campagne. Toutefois, on trouve encore des vivres sur les marchés mais en quantités inférieures et dans le cas des produits frais, à des prix plus élevés. Comme la commercialisation de la production agricole intérieure est à la fois difficile et coûteuse, les zones urbaines sont, pour l'essentiel, approvisionnées par les importations de blé et de farine ainsi que de volailles et de produits alimentaires transformés. Les principales céréales, notamment le blé (farine et pain) sont encore disponibles sur le marché grâce aux importations et les prix sont restés stables jusqu'à présent.

Les légumes et les fruits sont en général disponibles sur les marchés (importations et production intérieure) mais le volume et la qualité de la production agricole intérieure a nettement diminué par rapport à l'année dernière. Alors que les agriculteurs avaient l'habitude d'apporter leur production sur les marchés, les négociants doivent maintenant se rendre dans les exploitations pour acheter les légumes et des fruits. Sur certains marchés, le prix des tomates et des oignons a augmenté de 100 pour cent et celui du fromage a progressé de 40-55 pour cent, par rapport à la même époque, l'an dernier.

Le prix de la viande a baissé car les paysans ont commencé à abattre leur bétail, le prix des fourrages ayant été multiplié par quatre. La production de lait diminue et devrait encore baisser au cours de l'hiver lorsque les fourrages se raréfieront encore. Le bétail, en particulier la possession d'un ou deux bovins et/ou de quelques porcs et de volailles représente une source importante de protéines et un capital important. La vente de produits animaux représente une part essentielle des budgets des ménages ruraux et constitue une marge de sécurité dans une économie rurale en dépression. De nombreux ménages ruraux doivent affronter de fortes contractions pour pratiquement toutes les récoltes et pour les produits animaux et ils devront réduire leur consommation alimentaire ou acheter de la nourriture sur les marchés. Leur pouvoir d'achat, notamment dans les zones rurales, est cependant très limité.

4.2. Bilan de l'offre et de la demande de céréales pour 2000/01

Il est très malaisé d'établir le bilan céréalier de la Géorgie du fait des difficultés que l'on y rencontre pour la collecte des statistiques, tout comme dans d'autres pays en transition. Les données sur la production des ménages, la consommation, les prix et les revenus sont partielles. En outre, il est particulièrement difficile d'évaluer le niveau actuel des importations de blé et de farine en raison du volume important des échanges non déclarés.

Le bilan de l'offre et de la demande de céréales en 2000/01 (tableau 2) repose sur les estimations et les données suivantes:

Le tableau 2 présente le bilan de l'offre et de la demande de céréales en Géorgie en 2000/01.

Tableau 2 - Géorgie: Bilan de l'offre et de la demande en 2000/01 (en milliers de tonnes)

  Blé Orge Maïs Total
Disponibilités intérieures 83 15 225 3261/
Abaissement des stocks 0 0 0 0
Production 83 15 225 326
Utilisations totales 703 50 313 1 074
Denrées alimentaires
Aliments pour le bétail
650
13
0
42
155
126
812
182
Semences 32 6 7 45
Pertes 8 2 25 35
Besoins d'importations 620 35 88 7482/
Importations commerciales 420 5 8 437
Aide alimentaire annoncée 88 0 0 88
Déficit non couvert 112 30 80 223

1/ Y compris l'avoine.
2/ Y compris 5 000 tonnes de riz, dont 4 000 tonnes importées commercialement et 1 000 tonnes à fournir comme aide alimentaire.

Les besoins totaux d'importations de céréales sont estimés à 748 000 tonnes, dont 620 000 tonnes de blé, 88 000 tonnes de maïs, 35 000 tonnes d'orge et 5 000 tonnes de riz. On prévoit 437 000 tonnes d'importations commerciales (dont 420 000 tonnes de blé; 8 000 tonnes de maïs; 5 000 tonnes d'orge et 4 000 tonnes de riz) et l'aide alimentaire annoncée se monte à 88 000 tonnes de blé. Il reste donc un déficit de 223 000 tonnes soit 112 000 tonnes de blé, 80 000 tonnes de maïs, 30 000 tonnes d'orge et 1 000 tonnes de riz) qui devra être couvert par une aide alimentaire complémentaire.

En outre, il est fondamental que le pays puisse recevoir une aide d'urgence sous forme de semences de qualité au cours de la prochaine campagne. Le déficit en semences s'élève à 26 000 tonnes rien que pour le blé.

4.3. Besoins d'aide alimentaire d'urgence

Les autorités géorgiennes ont déclaré zones sinistrées les régions touchées par la sécheresse. Le gouvernement s'est adressé au Secrétaire général des Nations Unies et à la communauté internationale pour recevoir une aide. Le gouvernement a également distribué du carburant dans certains districts pour permettre de labourer les champs. Toutefois, les quantités sont insuffisantes, et la plupart des agriculteurs sont préoccupés car ils ne savent pas où trouver les semences pour les semis et la nourriture, pour faire la soudure jusqu'à la prochaine récolte.

4.3.1. Engagement actuel du PAM en Géorgie


Le PAM a fourni une aide aux personnes déplacées à l'intérieur du territoire et aux groupes vulnérables touchés par la crise économique et les conflits civils en Géorgie depuis 1993. En 1997, le PAM a commencé à appliquer les projets vivres-contre-travail afin de contribuer à l'amélioration de la sécurité alimentaire pour les populations rurales. De 1997 à 1999, le PAM a distribué 18 400 tonnes de vivres à 73 800 ménages frappés par l'insécurité alimentaire et a appuyé 188 projets "vivres-contre-travail" (dont la plupart dans le secteur agricole).

La nouvelle Intervention prolongée de secours et de redressement (IPSR numéro 6122.01) qui a officiellement été engagée en juillet 2000 et qui devrait durer deux ans, vise à fournir 30 000 tonnes de produits à 454 000 personnes (si les fonds disponibles sont suffisants). L'IPSR comprend deux programmes principaux: le Programme de secours, qui distribue une aide alimentaire aux orphelins, aux handicapés, aux pensionnaires des maisons de retraite et aux réfugiés tchétchènes et le Programme de reprise qui vise à remettre en état l'infrastructure agricole et sociale en fournissant une aide alimentaire par le biais des activités vivres-contre-travail. L'objectif du volet "reprise" est d'accroître la production agricole et la sécurité alimentaire grâce au redressement agricole et à la formation.

4.3.2. Rôle de l'aide alimentaire

Compte tenu de la sécheresse actuelle, le PAM propose de lancer une opération d'urgence pour venir en aide aux populations touchées. Le rôle de l'aide alimentaire dans le cadre de la nouvelle opération d'urgence du PAM est d'assurer que les ménages ruraux touchés bénéficient d'un accès suffisant aux vivres jusqu'à la prochaine récolte, pour éviter la malnutrition et l'épuisement des ressources. L'aide alimentaire est appropriée parce que les ménages dont le pouvoir d'achat est faible, ne peuvent pas satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

4.3.3. Caractères régionaux

Il convient de noter que les six régions où la sécheresse est localisée présentent des caractéristiques propres, qui varient d'un village, d'un district et d'une région à l'autre, dont il faut tenir compte pour éviter la généralisation. Il s'agit principalement de l'existence de systèmes d'irrigation, de la proximité d'un fleuve ou de grands axes routiers, du nombre de têtes de bétail et des différents modes de subsistance. Certaines régions comme le Mtskheta-Mtianeti et le Kvemo Kartli ont des districts non montagneux qui n'ont pas aussi durement pâti de la sécheresse que les plaines agricoles du Kakheti.

La part des diverses activités agricoles dans les revenus des ménages varie selon les régions:

Dans le Kakheti, région qui a le plus souffert de la sécheresse, la production animale et laitière ainsi que la viticulture sont les principales activités. Elles représentent en moyenne environ 70 pour cent des revenus des ménages. Dans les régions non irriguées, toute la production de légumes a été perdue. Selon les estimations, la viticulture a également enregistré un recul de production pouvant atteindre 70 pour cent. En outre, la production céréalière a chuté de 70-100 pour cent. Les pâturages ayant été fortement endommagés, les ménages ne disposent plus des revenus nécessaires pour acheter le pain et les autres aliments. Du fait de la pénurie de fourrage, la réduction du cheptel et le déclin de la production laitière sont inévitables. Cela se traduit par un recul des revenus nécessaires à l'achat de nourriture, pour ceux dont les moyens d'existence dépendent de l'élevage.

Dans les régions de Kvemo Kartli et de Shida Kartli, la production de légumes est l'activité la plus importante, suivie par la production laitière, et par celle des fruits et des pommes de terre. Ces activités fournissent en moyenne environ 80 pour cent du revenu des ménages. Dans le Shida Kartli où la production de légumes est la principale activité, on a enregistré des pertes pouvant aller jusqu'à 60 pour cent. Dans les régions non irriguées, les pertes ont été totales. Malgré la détérioration des pâturages, la perte de bétail pourrait ne pas être aussi importante que dans le Kakheti. Dans le Javakheti, la production laitière arrive en tête, suivie par la production de viande et de pommes de terre.

4.3.4. Groupes vulnérables et mécanismes d'adaptation

La sécheresse actuelle touche directement les petits exploitants qui ont réduit leurs cultures, dépensent moins en intrants agricoles et obtiennent donc un rendement faible. La dimension réduite des parcelles attribuées à chaque ménage et la vétusté des systèmes d'irrigation et de drainage entravent le développement de l'agriculture et la sécheresse ne fait qu'exacerber ces problèmes structurels.

Un autre groupe de population a également subi le contrecoup de la sécheresse. Il s'agit des personnes qui étaient déjà vulnérables (retraités, veuves, ménages monoparentaux, personnes handicapées et familles sans personne active). Bien qu'ayant droit au plan d'aide sociale, ils sont dans une situation critique du point de vue de la sécurité alimentaire, en raison du faible niveau des pensions (12 laris par mois, soit 6 dollars  E.-U.) et des retards de paiements (15 mois dans certains cas).

De nombreux ménages ruraux sont des "agriculteurs de fraîche date". Ils ont choisi la production agricole pour réagir à la perte de leur emploi, après l'effondrement du système économique précédent. Nombre d'entre eux ont dû vendre une partie de leurs biens pour pouvoir effectuer cette difficile transition. L'agriculture représente maintenant leur mode de subsistance, et leur seule source importante de revenus. Dans les zones agricoles, les ménages ont été obligés de recourir au troc, faute de liquidités.

Les ménages urbains complètent leurs revenus généralement faibles en prenant un deuxième emploi dans le secteur non structuré ou dans celui des services. Les familles urbaines disposent souvent d'un potager qui leur fournit une part importante de revenus.

Les Géorgiens ont aussi développé divers mécanismes d'adaptation pour faire face à la crise (notamment petits commerces, vente d'objets, emprunts, mandats expédiés par les membres de la famille vivant à l'étranger ou à Tbilissi, ainsi que ramassage et vente du bois). La sécheresse actuelle modifie encore le schéma de la consommation. Il y a quelques années, les personnes les plus vulnérables avaient déjà réduit la consommation de viande au profit des haricots. Aujourd'hui la sécheresse oblige de plus en plus de personnes à se nourrir essentiellement de pain et à diminuer les principales sources de protéines.

La "soupe claire" (bouillon, quelques légumes et pommes de terres, assaisonnés à l'aide des quelques épices disponibles) est maintenant le plat de résistance des ménages les plus touchés par la sécheresse et des personnes vulnérables.

4.3.5. Estimation du nombre des bénéficiaires

L'estimation du nombre des victimes de la sécheresse bénéficiant de l'aide alimentaire est une tâche ardue à cause du manque de données et du manque d'homogénéité du contexte socio-économique. Il convient de noter que les six régions offrent des caractéristiques spécifiques qui varient d'un village, d'un district, et d'une région à l'autre et dont on doit tenir compte pour éviter toute généralisation. Il s'agit surtout de l'existence de systèmes d'irrigation, de la proximité d'un fleuve ou de grands axes routiers, du nombre de têtes de bétail possédé et des différents modes de vie. Divers indicateurs ont été utilisés pour estimer le nombre de personnes touchées au niveau régional. Il s'agit notamment de l'importance des pertes enregistrées par les diverses cultures; de la part occupée par les différentes activités agricoles; de la production animale et de l'état des pâturages.

La sécheresse a affecté l'agriculture dans son ensemble et il est difficile d'identifier les groupes socio-économiques les plus touchés. Toutefois, même si la plupart des ménages souffrent de la sécheresse, certains s'en tirent mieux que d'autres. Des groupes de discussion organisés avec des ménages ruraux ont fait ressortir leurs besoins respectifs. Par exemple, bien que les agriculteurs des grosses exploitations, notamment ceux qui sont en fermage, aient connu d'importantes pertes, la mission a observé qu'ils n'avaient pas besoin d'aide alimentaire. Ce groupe comprend environ 5 pour cent des agriculteurs. D'autres ménages qui possèdent un grand nombre de têtes de bétail enregistreront des pertes mais pourront couvrir leurs besoins alimentaires en vendant des animaux.

Seuls les petits exploitants des districts et des villages touchés par la sécheresse feront partie des groupes bénéficiaires, lorsque les conditions suivantes seront remplies: ménages disposant de moins d'un hectare et de deux vaches au maximum; ménages ayant moins de deux hectares, moins de deux vaches et dont les pertes enregistrées de récoltes sont supérieures à 40 pour cent; ménages dont le chef de famille est une femme disposant de moins de deux hectares et ménages dont le chef de famille est une personne âgée.

Une Enquête d'évaluation de l'économie alimentaire devrait aussi être entreprise pour améliorer le ciblage des bénéficiaires.

Tableau 3 - Ciblage de l'aide alimentaire et nombre des bénéficiaires (par région)

Régions Population
totale de la région
Population
rurale totale
Pourcentage de population touché Nombre
de personnes touchées
Kakheti 401 600 303 300 72 218 376
Kvemo Kartli 546 900 299 500 52 155 740
Mtskheta-Mtianeti 126 000 86 600 52 45 032
Samtskhe-Javakheti 214 400 131 900 52 68 588
Shida Kartli 334 600 193 200 42 81 114
Imereti 744 300 302 533 42 127 064
Total1/ 2 367 800 1 308 700 52 696 000

1/ Selon les dernières estimations, la Géorgie compte une population totale de 4,6 millions d'habitants.

4.3.6. Intervention proposée et aide alimentaire d'urgence

Besoins d'aide en 2000/2001

Le PAM propose une "Opération d'urgence" d'une durée de huit mois. Cette opération prévoit la distribution de 66 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence à 696 000 bénéficiaires répartis dans les six régions touchées par la sécheresse (Khaheti, Mtsheta Mtianeti, Kvemo Kartli, Shida Kartli et Samtskhe-Javakheti et Imereti). L'opération d'urgence devrait durer de novembre 2000 à juin 2001, ce qui permettra aux ménages d'avoir accès à la nourriture jusqu'à la prochaine récolte.

Les rations quotidiennes individuelles comprennent 400 grammes de farine de blé enrichie, 30 grammes de haricots et 20 grammes d'huile. Elles seront distribuées pendant six mois, de novembre 2000 à avril 2001, période considérée comme étant particulièrement sensible. Cette ration est équilibrée du point de vue nutritionnel (protéines) et fournit 80 pour cent des 2 100 kilocalories jugées nécessaires par le PAM, dans une situation d'urgence. Ces six mois permettront aux ménages les plus vulnérables d'avoir accès aux vivres au cours de la période la plus critique de l'année, l'hiver, au cours de laquelle le niveau des approvisionnements alimentaires est au plus bas. En outre, une ration quotidienne réduite (200 grammes de farine, 15 grammes de haricots et 10 grammes d'huile) est prévue pour les mois de mai et juin. Ces rations tiennent compte des légumes et des fruits frais qui commencent à être disponibles à cette saison et assurent aux ménages la nourriture dont ils ont besoin jusqu'à la prochaine récolte.

Tableau 4 - Panier alimentaire et quantités de vivres nécessaires pour une opération d'urgence de huit mois

Produits
de l'aide
alimentaire
Nombres
de bénéficiaires
Rations des six premiers mois (grammes) Tonnes pour six mois Rations des deux mois suivants (grammes) 1/ Tonnes pour deux mois Total (tonnes)
Farine de blé (enrichie) 696 000 400 50 112 200 8 352 58 464
Haricots 696 000 30 3 758 15 625 4 383
Huile végétable 696 000 20 2 506 10 418 2 924
Total 696 000   56 376   9 395 65 771

1/ Le "Tableau du ciblage des bénéficiaires" permet de comprendre le calcul utilisé pour établir le nombre de bénéficiaires.

4.3.7. Contrôle

Les conditions de la sécurité alimentaire et la vulnérabilité des ménages devraient évoluer au cours de la période d'urgence, un contrôle précis de la situation est donc indispensable. Pour s'en acquitter, le PAM augmentera le nombre des visites sur le terrain des contrôleurs alimentaires chargés d'effectuer des évaluations au niveau du district et des ménages. Le rassemblement des informations qualitatives et quantitatives viendra étayer les observations de l'évolution/détérioration de la situation actuelle de la sécheresse.

Le PAM a pour principal objectif d'assurer en temps voulu aux ménages qui n'ont pas accès aux vivres une assistance alimentaire au cours de l'année et jusqu'à la prochaine récolte. Le PAM s'attachera aussi à assurer l'accès des ménages aux semences nécessaires pour les semis, afin de permettre une bonne récolte l'année prochaine. Le PAM proposera donc un contrôle à trois niveaux.

  1. Le PAM effectuera un contrôle des conditions d'ensemble de la sécurité alimentaire dans les districts touchés et auprès des conseils de villages choisis (sakrebulos). La collecte de ces indicateurs permettra de déterminer dans quelle mesure la sécheresse aura une incidence sur le prix des denrées, l'état du bétail et la situation générale des disponibilités alimentaires. Ces informations importantes serviront à identifier les districts les plus frappés et à acheminer les vivres dans les zones les plus atteintes. Les indicateurs suivants seront collectés tous les mois: disponibilité de vivres sur les marchés (farine de blé, pain, pommes de terre, fromages, viande, légumes); prix des denrées (pain, farine de blé, fromage, viande, légumes); prix du bétail; vente de bétail; situation de l'eau pour la consommation humaine et pour le bétail; sources de nourriture et nombre moyen de repas. Ces indications permettront d'évaluer l'impact de la sécheresse sur les prix des denrées, l'état du bétail et la situation globale des disponibilités alimentaires.
  2. Le PAM suivra la période de végétation à des fins d'alerte rapide et indiquera si la croissance se fait dans de bonnes conditions. Ces informations permettront d'être mieux préparés dans le cas d'une campagne médiocre. Elles seront aussi utiles pour établir s'il faut mettre un terme à l'opération d'urgence au début de la récolte, ou au contraire la prolonger. Les indicateurs suivants seront rassemblés: possibilité d'acheter des semences de blé, maïs, et tournesol; nombre d'hectares de terres ensemencées en blé, tournesol et maïs; nombre de ménages qui auront emblavé d'ici novembre; conditions de croissance des cultures et précipitations.
  3. Enfin, le PAM contrôlera aussi la mise en place générale des opérations d'urgence pour s'assurer que les plus démunis en bénéficient. Les indicateurs suivants seront pris en considération: volume des denrées distribuées au niveau du district, nombre de personnes bénéficiant de distributions de vivres au niveau des Sakrebulos chaque mois; types de ménages qui reçoivent ou ne reçoivent pas des vivres d'urgence au niveau du Sakrebulo (sondages aléatoires); nombre de personnes composant le ménage, répartition hommes-femmes et âge du chef de famille; taille de l'exploitation; principales activités économiques (céréales, légumes, élevage, etc.); accès aux systèmes d'irrigation, nombre de repas, consommation alimentaire.

Il est prévu d'effectuer une évaluation à la fin des opérations d'urgence afin de déterminer dans quelle mesure le programme a atteint les objectifs fixés. Il s'agira d'une Évaluation rurale participative (PRA) qui permettra aux communautés concernées de contrôler la mise en place des secours, et de déterminer si le programme a ciblé les points les plus importants et les plus urgents de leur point de vue.

4.3.8. Logistique

Dans le cadre de l'IPSR 6122.01, le PAM fournit des vivres de manière régulière. On prévoit qu'environ 30 000 tonnes de vivres seront livrées entre juin-juillet 2000/2002. Tous les vivres destinés à la Géorgie arrivent aux ports de Poti et de Batumi et sont par la suite acheminés, par rail ou par route, jusqu'aux divers points avancés de livraison situés à Tbilissi (Géorgie orientale) et Kutaisi (Géorgie occidentale). Le tonnage supplémentaire prévu pour cette opération d'urgence, du fait de la sécheresse, est de 66 000 tonnes. L'accroissement du volume des vivres distribués par le PAM nécessitera une forte expansion du réseau logistique (réception au port d'accès, stockage, transport et livraison aux terminaux de distribution et recrutement de personnel supplémentaire pour la logistique). Le PAM devra aussi recruter de nouveaux partenaires chargés de la mise en place (de préférence des ONG locales et internationales), ainsi que pour la livraison et le contrôle des distributions d'aide alimentaire.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à:

Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél:
GIEWS1@FAO.ORG
John Powell
Directeur régional, OAC, PAM
Télécopie: 0039-06-6513-2863
Mél:
John.Powell@WFP.ORG

Il est également possible de recevoir automatiquement, par messagerie électronique, les Alertes spéciales et les Rapports spéciaux, dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. À cette fin, veuillez envoyer un message électronique à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org , sans indiquer la case "objet" en indiquant le message suivant:

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1 Un rapport séparé sur les disponibilités de semences locales et les besoins d'importations a été préparé par le Service des opérations spéciales de secours (TCOR) de la FAO.

2 On ne dispose pas d'estimations similaires pour le maïs (pas encore récolté) et l'orge.

3 On dispose de plusieurs estimations, pour ce qui est de la population géorgienne. Selon le FNUAP, la population (extrapolée depuis la moitié des années 80) devrait s'établir à 5 millions d'habitants dont près de 0,5 million ne sont pas résidents dans le pays. On admet en général que la population résidente du pays varie de 4,5 à 4,7 millions d'habitants.

4 Le volume des importations commerciales dépend essentiellement des estimations des importations non enregistrées, qui ont été estimées à environ 40 000 tonnes en 1999/2000, bien au-dessous du niveau de 1998/1999, du fait des prix plus élevés de la Fédération de Russie.