SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

RAPPORT SPÉCIAL

L'ARMÉNIE CONNAÎT DE GRAVES PÉNURIES DE FOURAGES ET DE SEMENCES

27 décembre 2000

Une grave sécheresse au cours de l'été a gravement compromis les cultures vivrières, dévasté la végétation des parcours utilisés pour le bétail et considérablement réduit les autres sources d'alimentation animale, y compris les céréales, les pommes de terre et les résidus de cultures. La pénurie dramatique d'aliments du bétail provoque une sous-nutrition des animaux d'élevage, ce qui risque d'entraîner une augmentation sensible de la mortalité animale pendant les mois d'hiver. L'abattage en catastrophe d'animaux a déjà commencé et les prix de la viande chutent. Les animaux d'élevage sont pour la plupart propriété des ménages, et mis à part leur contribution directe au régime alimentaire des familles rurales, la vente des produits d'élevage fournit jusqu'à un tiers des revenus des ménages en milieu rural. Les ménages ruraux des plateaux, qui dépendent de l'agriculture non irriguée, sont parmi les plus vulnérables. Les plateaux du nord et du centre, où l'activité économique dominante associe culture des pommes de terre/élevage et production de quelques céréales de subsistance, sont les zones les plus touchées par la sécheresse.

À la suite de la mission FAO/PAM d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires en août 2000, et compte tenu de l'étendue des dégâts provoqués par la sécheresse, une évaluation du PNUD a été menée en août/septembre parmi les communautés les plus touchées. L'objet de cette évaluation était d'identifier et de cibler les zones et les communautés rurales les plus sinistrées et d'évaluer les conséquences de la sécheresse sur leurs ressources et leurs biens, essentiellement les animaux d'élevage et les semences pour la campagne de semis à venir. On a constaté que 258 000 exploitations agricoles dans les communautés étudiées, soit 88 pour cent, avaient subi de graves dégâts du fait de la sécheresse; en effet, environ 152 000 exploitations, soit 60 pour cent, ont perdu presque toutes leurs récoltes et les ressources de fourage pour le bétail.

Cette étude a aussi montré ce qui suit:

Les régions les plus affectées au nord du pays sont Shirak, Lori, Tavush, Aragatsotn et Gegharkunik. Les zones où les pertes ont été les plus élevées sont en majorité des zones montagneuses qui abritent les communautés les plus vulnérables du point de vue économique, qui dépendent essentiellement de l'élevage comme source principale de subsistance et de modestes revenus monnayables. Selon cette enquête, 77 pour cent de la population risquent de souffrir de pénuries alimentaires. Lorsque le blé d'hiver est la principale culture, les pertes sont évaluées à 65 pour cent de la production attendue, tandis que les pertes d'orge sont estimées à 74 pour cent. Les pâturages ont été dévastés et les effets sont déjà évidents sur la production laitière. On estime que 20 pour cent des troupeaux existants pourraient être abattus pendant l'hiver.

Les pommes de terre sont une denrée alimentaire de base dans les zones pauvres de plateaux, non irriguées et les plus touchées par la sécheresse. La production totale de pommes de terre est estimée officiellement à 282 000 tonnes, soit 30 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années. De plus, comme la qualité d'une grande partie de la récolte est médiocre, ces pommes de terre sont inutilisables comme semences. La disponibilité de pommes de terre pour les semis de printemps est une préoccupation essentielle. La pénurie de pommes de terre de semence dans les régions les plus touchées a été estimée par une mission FAO en novembre à 62 350 tonnes, soit 81 pour cent des besoins moyens de semences. Quelque 32 000 hectares sont normalement consacrés aux pommes de terre chaque année, mais les pénuries de semences réduiront la superficie en 2001 sauf si des mesures sont prises en temps utile.

En raison de la sécheresse, les besoins d'importations céréalières pendant la campagne de commercialisation 2000/01 (juillet/juin) ont augmenté de près de 100 000 tonnes et s'établissent à 515 000 tonnes, et les besoins d'aide alimentaire s'élèvent à 145 000 tonnes1. Les besoins d'aide alimentaire comprennent 108 000 tonnes de blé et 37 000 tonnes d'orge, ce dernier produit visant à compenser la pénurie critique d'aliments du bétail pendant les mois d'hiver. Par rapport à ces besoins, les engagements annoncés à ce jour représentent 91 000 tonnes de céréales vivrières (du blé pour l'essentiel) et 6 000 tonnes seulement de céréales pour l'alimentation animale.

Si les pénuries de produits d'alimentation animale (qu'il s'agisse des pacages, du foin, des cultures et des résidus de cultures) se poursuivent, elles auront vraisemblablement pour effet d'accélérer l'abattage en catastrophe du bétail, ce qui augmentera encore la vulnérabilité des ménages ruraux arméniens qui comptent sur les productions de l'élevage pour une part importante de leurs moyens d'existence.

Étant donné la réduction des semis de blé d'hiver - selon les premières indications, la superficie consacrée au blé d'hiver n'est que de 60 000 hectares, soit environ la moitié de la normale - la production de pommes de terre sera cruciale pour la sécurité alimentaire des ménages l'année prochaine. L'assistance des donateurs est nécessaire d'urgence pour que les ménages agricoles aient suffisamment de pommes de terre de semence, sinon la relance de la production sera gravement compromise.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO (Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG ).

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1 Pour de plus amples renseignements, voir le Rapport spécial FAO/PAM de la mission d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires envoyée en Arménie, daté du 6 octobre 2000.