SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES AU SOUDAN

22 décembre 2000

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Principales conclusions de la mission

  • De graves pénuries alimentaires commencent à apparaître dans plusieurs régions du Soudan du fait de l'arrivée tardive des pluies et de longues périodes de sécheresse et les stocks alimentaires diminuent.
  • La production céréalière totale de 2000, estimée à 3,6 millions de tonnes, est supérieure d'environ 14 pour cent à celle, réduite, de l'an dernier mais inférieure de 18 pour cent à la moyenne des cinq dernières années.
  • Les besoins d'importations céréalières, avant tout de blé, pour la campagne 2000/01 (novembre/ octobre) sont estimés à 1,2 million de tonnes, dont environ un million de tonnes devraient consister en importations commerciales. Les promesses d'aide alimentaire se montent à 34 000 tonnes, ce qui laisse un déficit non couvert de 138 000 tonnes.
  • Quelque 900 000 personnes sont les plus touchées par la mauvaise campagne actuelle et 600 000 auront besoin d'une aide alimentaire d'urgence. En outre, quelque 2,4 millions de personnes touchées par les désordres civils dans le sud devront toujours recevoir une aide alimentaire d'urgence en 2001.
  • Une aide d'urgence est également nécessaire pour fournir des semences et d'autres intrants agricoles pour la prochaine campagne agricole qui commence en juin-juillet 2001 et pour atténuer les dégâts causés par les graves pénuries qui affectent certaines parties du pays.

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1. VUE D'ENSEMBLE

Après la récolte record de 1998, la production céréalière du Soudan est tombée très en dessous de la moyenne en 1999 surtout parce que les agriculteurs ont réagi à la faiblesse générale des prix des céréales en passant à des cultures de rente plus lucratives, telles que le sésame. La forte incidence des adventices, des maladies et surtout des oiseaux a aussi affecté les rendements. La situation a empiré en 2000, les pluies tardives, de longues périodes sèches et des sécheresses localisées ont gravement affecté la production agricole. C'est dans ce contexte qu'une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue dans le sud du Soudan du 4 au 27 octobre 2000 et dans le nord du pays du 19 novembre au 6 décembre 2000 afin d'estimer la production céréalière de la campagne en cours, d'établir une première prévision de la production de blé dans les zones en cours de semis et d'estimer les besoins d'importations céréalières, y compris de l'aide alimentaire, pour la campagne de commercialisation 2000/01 (novembre/octobre). La mission a pu se rendre dans 24 des 26 États, qu'ils soient contrôlés par le gouvernement ou aux mains des rebelles. Elle a bénéficié de la coopération sans réserve du Ministère fédéral de l'agriculture et de la Commission d'aide humanitaire (CAH) dont de hauts fonctionnaires ont accompagné la mission. Les données sur les superficies plantées et les prévisions de rendements fournies par les ministères de l'agriculture des États et les personnels de divers périmètres d'irrigation ont été vérifiées par la mission lors d'enquêtes sur le terrain et d'entretiens avec les agriculteurs et les négociants. Des échanges de vues ont également eu lieu avec les principaux responsables dans les administrations des gouvernements locaux, des organismes du système des Nations Unies et des organisations non gouvernementales (ONG).

Dans le sud, les zones tenues par les rebelles ont été visitées à partir du Kenya et des informations détaillées ont été fournies par les unités du Soutien technique, de l'analyse de la vulnérabilité et de la cartographie du PAM, par le programme FEWS de l'USAID et diverses ONG, dont Sudan Relief and Rehabilitation Agency (SRRA), Relief Association of Southern Soudan (RASS), Save the Children - Royaume Uni, CONCERN, CRS, la Lutheran World Federation, Tearfund et World Relief. Étant donné l'absence d'infrastructures et de moyens de collecte des données dans cette partie du pays, les superficies agricoles et les rendements ont été obtenus à partir d'estimations corrigées de la population et de données rétrospectives pour les dimensions des exploitations et la répartition des cultures, ajustées en fonction des observations de la mission sur le terrain.

Pour le pays dans son ensemble, la mission a remarqué que la campagne 2000 se caractérisait par le début tardif des pluies et de longues périodes de sécheresse dans la plupart des régions du pays.

Dans les États du nord, les petits exploitants de la plupart des régions ont réduit les superficies ensemencées par rapport à l'an dernier à cause de l'arrivée tardive et de l'irrégularité des pluies. Cependant, le prix relativement élevé du sorgho depuis la fin de 1999 et la meilleure disponibilité du crédit ont encouragé les grandes exploitations mécanisées du centre, de l'est et du sud à augmenter de 10 pour cent leurs superficies semées en sorgho par rapport à l'an dernier. Ces exploitations mécanisées représentent plus de 60 pour cent de la production de sorgho du pays. Il faut se souvenir qu'en 1999, malgré des conditions pluviométriques optimales, elles avaient sensiblement réduit leurs plantations de sorgho du fait de la faiblesse du prix de cette céréale et étaient passées à la production de cultures de rente, avant tout du sésame. En 2000, nombre de ces exploitations ont maintenu un haut niveau de production du sésame, encouragées par la force des prix à l'exportation. Dans les périmètres d'irrigation, en dépit de la réduction des superficies en culture, la production céréalière a progressé de près de 51 pour cent par rapport à l'an dernier, grâce surtout à la remise en état, à grande échelle, des infrastructures d'irrigation rendue possible par le gouvernement.

Dans les États du sud, en dépit de l'arrivée tardive des premières pluies, les précipitations suivantes ont été suffisantes pour permettre à la végétation de retrouver son état normal dans quelques régions. Cependant de longues périodes de sécheresse d'avril à septembre dans les États de Jonglei, d'Équatoria Est et de Bahr el Jebel ont éliminé le premier cycle de cultures, causant de graves déficits vivriers. Dans le Bahr el Ghazal Nord, bien que certaines zones soient excédentaires, on s'attend à un grave déficit céréalier du fait de l'irrégularité et de la mauvaise distribution des pluies. Par contre, on prévoit un excédent céréalier dans l'Équatoria Ouest, les Lacs et Bahr el Ghazal Ouest. La destruction des infrastructures de commercialisation et du réseau de communications rendra difficile le transport des excédents céréaliers à l'intérieur des États et d'un État à l'autre.

Globalement, pour la campagne agricole 2000/01, la mission prévoit une production céréalière totale du Soudan de l'ordre de 3,6 millions de tonnes, dont 2,7 millions de tonnes de sorgho, 496 000 tonnes de mil, 334 000 tonnes de blé (qui sera récolté pendant le premier trimestre de 2001), et 95 000 tonnes d'autres céréales. La production céréalière sera donc de quelque 14 pour cent supérieure à celle, inférieure à la moyenne, de l'an dernier, mais d'environ 18 pour cent inférieure à la moyenne des cinq dernières années. De ce fait, pour la campagne de commercialisation 2000/01 (novembre/octobre), les besoins d'importation de céréales sont estimés à 1,2 million de tonnes, soit environ 5 pour cent de plus que le volume de l'an dernier. Les importations commerciales sont estimées à environ un million de tonnes, soit 13 pour cent de plus que le volume de l'an dernier. L'aide alimentaire d'urgence, en route et en cours de mobilisation, se monte à 34 000 tonnes, ce qui laisse un déficit non couvert de près de 140 000 tonnes.

Avec une production céréalière attendue inférieure à la moyenne pour la deuxième année de suite, l'offre est insuffisante pour couvrir les niveaux normaux de consommation. La faiblesse des récoltes et l'épuisement des stocks ont fait sensiblement monter le prix des céréales. C'est ainsi que les prix du sorgho sont passés d'une moyenne de 15 000 LSd le sac de 90 kg, prix au détail de janvier à avril 2000, à une moyenne de 35 000 LSd en mai et en juin. En novembre et décembre 2000, ils étaient en moyenne de 40 000 LSd contre 20 000 LSd pour la même période en 1998 et 1999. Cette hausse va réduire l'accès à l'alimentation des couches les plus pauvres de la population.

L'irrégularité des pluies a également eu un effet dévastateur sur la végétation et sur la disponibilité du fourrage provenant des résidus des cultures, surtout dans le secteur pluvial. La chute brutale des disponibilités d'aliments pour animaux devrait causer une sous-alimentation généralisée du cheptel. L'offre de bétail sur le marché a sensiblement augmenté, déprimant les prix et par répercussion les revenus des ménages. Pour les pasteurs, les termes de l'échange bétail/céréales se sont fortement détériorés. Les termes de l'échange mouton/sorgho (la quantité de sorgho achetée pour le prix de la vente d'un mouton) avait chuté d'environ 400 pour cent en décembre 2000 par rapport à décembre 1999.

On estime à 900 000 le nombre des personnes les plus touchées par la mauvaise campagne en cours, notamment dans le Darfour, le Kordofan, le Bahr el Ghazal Nord, le Bahr el Jebel, l'Équatoria Est, Jonglei, Juba et dans la province de Butana dans l'État de Gezira. Les besoins d'aide alimentaire d'urgence d'environ 600 000 de ces personnes seront extrêmes dans les quatre à cinq mois qui viennent. N'ayant plus guère de ressources et au bout des mécanismes d'adaptation, les agriculteurs et autres groupes vulnérables ont déjà commencé à émigrer à la recherche de travail et de nourriture. La consommation des graines de semences va réduire leur capacité productive et leur capacité de se suffire à eux-mêmes pendant la campagne agricole à venir. Une aide ciblée et en temps utile s'impose pour prévenir de nouvelles souffrances.

Pour relancer la production de la prochaine campagne qui commence en juin/juillet, l'aide d'urgence au secteur agricole devra inclure: l'achat anticipé de semences appropriées et une aide au plan de la redistribution des semences de sorgho, de mil et de maïs disponibles dans certaines régions excédentaires; la fourniture d'aliments pour animaux aux exploitants, étant donné que la végétation et les résidus de cultures ont sensiblement baissé, et la remise en état des puits d'eau endommagés.

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2. ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE RÉCENTE

L'agriculture est le secteur le plus important du pays en termes de contribution au PIB, où elle comptait pour 42 pour cent en 1999, en légère baisse par rapport à 1998 (48 pour cent) et en termes d'emploi. Traditionnellement, le secteur représente environ 80 pour cent des recettes d'exportation du pays et, selon des estimations du FMI, il donne des emplois à près des deux tiers de la population active. Si l'économie du Soudan reste avant tout fondée sur l'agriculture, le développement du secteur des exportations pétrolières modifie la structure économique du pays. Depuis l'ouverture des 1 610 km de l'oléoduc d'exportation en août 1999, la production a atteint quelque 180 000 barils par jour, dont quelque 70 pour cent sont exportés. Cela n'a pas seulement augmenté les recettes d'exportation et mis fin à la dépendance du pays envers les produits pétroliers importés coûteux, cela contribue aussi au développement de divers autres secteurs, dont l'agriculture.

En 1999, les principales exportations du pays ont été les produits pétroliers représentant une valeur de 276 millions de dollars E.-U. (35,4 pour cent du total des exportations) suivis par les produits de l'élevage et le sésame, représentant respectivement 142 millions de dollars E.-U. (18,2 pour cent) et 126,9 millions de dollars E.-U. (16,3 pour cent). Le coton, qui jusqu'en 1998 était la principale culture de rapport et la première source de recettes en devises, arrivait en cinquième place après l'or, avec une valeur de 44,8 millions de dollars E.-U. (5,8 pour cent). Les chiffres pour les six premiers mois de 2000 continuent à illustrer cette tendance : les exportations de produits pétroliers viennent en tête avec une valeur de 596,2 millions de dollars E.-U. (69,2 pour cent du total), suivis par le sésame (90,8 millions de dollars E.-U. ou 10,6 pour cent), les produits de l'élevage (52,8 millions de dollars E.-U. ou 6,1 pour cent) et le coton (27,8 millions de dollars E.-U. ou 3,2 pour cent). Les autres produits agricoles ou agro-industriels importants dans le secteur des exportations sont le sorgho, la gomme arabique, le sucre et la mélasse, les fleurs d'hibiscus, les graines de pastèque et les arachides et l'huile d'arachides. Le sorgho et, dans une moindre mesure, le mil, le blé, le maïs et les tubercules sont les aliments de base dans le pays.

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3. PRODUCTION CÉRÉALIÈRE EN 2000/01

Les céréales sont les principaux aliments de base au Soudan, le sorgho fournissant quelque 60 pour cent du total des céréales consommées. Seuls les États du sud consomment d'autres hydrates de carbone, en particulier sous forme de manioc et de patates douces, utilisés en quantités importantes. Le sorgho et le mil sont cultivés dans tout le pays pendant la saison des pluies, d'avril à octobre. Pendant les mois d'hiver (novembre à mars), on cultive le blé dans les périmètres d'irrigation. Le maïs est cultivé, selon des méthodes traditionnelles non mécanisées, sur des parcelles restreintes, mais ayant une importance locale, sur les rives des cours d'eau dans le sud grâce à l'humidité résiduelle après les décrues. Le riz, cultivé par irrigation dans l'État du Nil Blanc, n'a produit qu'environ 5 000 tonnes.

En 2000, en dépit de l'augmentation par rapport à l'année précédente des superficies cultivées en sorgho dans les grandes exploitations mécanisées en réponse aux prix favorables, les superficies récoltées ont baissé d'environ deux pour cent du fait des dommages causés par la sécheresse. Les grandes exploitations pluviales mécanisées représentent près de 35 pour cent de la production de sorgho cette année. Dans le secteur irrigué, on prévoit que la production de sorgho devrait augmenter de près de 50 pour cent par rapport à l'an dernier du fait de la meilleure gestion de l'eau des périmètres, rendue possible par l'injection de fonds par les pouvoirs publics dans la remise en état des infrastructures d'irrigation. Les engrais étaient disponibles en temps voulu ce qui a amené une augmentation de leur utilisation. Dans les exploitations traditionnelles, la production de sorgho a baissé de 14 pour cent par rapport à l'an dernier, du fait des conditions climatiques défavorables : elle s'est établie à 881 000 tonnes. La récolte totale de sorgho, en culture pluviale et irriguée, devrait atteindre environ 2,66 millions de tonnes, soit 13 pour cent de plus que l'an dernier, mais 19 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes.

Les superficies cultivées en mil se trouvent surtout dans les zones à sol plus léger du Soudan occidental. La production de cette année, estimée à environ 496 000 tonnes, sera presque semblable à celle de l'an dernier mais de 7 pour cent inférieure à la moyenne. Près de 93 pour cent de la récolte de mil vient du secteur pluvial traditionnel, dont 66 et 24 pour cent respectivement du Darfour et du Kordofan. Cette année, à la différence de l'année dernière où les cultures avaient été durement touchées par les infestations de ver du mil ("nafasha"), la faiblesse de la production de mil s'explique par les conditions pluviométriques défavorables.

Le blé est cultivé dans les périmètres irrigués pendant les mois d'hiver. Lors du passage de la mission, les labours et les semis avaient commencé dans les grands périmètres. Les superficies ensemencées en blé et pour lesquelles la récolte aura lieu au printemps prochain sont supérieures de 52 pour cent à celles de l'année dernière parce que les prix ont augmenté et que les agriculteurs ont repris la production. On estime que la production sera de 334 000 tonnes, soit 56 pour cent de plus que l'an dernier. Cette année, il n'y a pratiquement pas eu de semis dans les demira (zones de décrue), les crues ayant elles aussi diminué. On estime la superficie totale cultivée en céréales à 6,76 millions d'hectares, y compris les semis de blé du printemps prochain.

3.1 Principaux facteurs ayant une incidence sur la production en 2000

3.1.1 Financement et crédits agricoles

Pour la campagne 2000/01, le financement et les crédits agricoles se sont considérablement améliorés, le gouvernement leur ayant accordé une grande priorité. Les infrastructures d'irrigation et de drainage (surtout canaux et pompes) de divers périmètres d'irrigation ont été remises en état. À la fin octobre, quelque 132 milliards de livres soudanaises (LSd) 1 (environ 51 millions de dollars E.-U.) avaient été décaissés sur un budget annuel total proposé de 207 milliards. Les flux de financement ont eu un effet positif très sensible sur les rendements des cultures irriguées dans la mesure où ils ont permis d'améliorer la gestion de l'eau, l'opportunité des opérations de semis, les pratiques culturales et, plus généralement, l'efficacité des opérations. Ils ont aussi permis, une fois terminés les travaux de remise en état, de mettre en production des jachères qui jadis étaient en dehors des zones d'irrigation.

L'accès aux crédits bancaires a également été plus facile pour les agriculteurs compte tenu des prévisions de hausse des prix du sorgho. Dans le Gedaref, par exemple, les prêts par les banques ont augmenté par un facteur de trois par rapport à l'an dernier et cela aussi a encouragé les agriculteurs à remettre leurs terres en production.

3.1.2. Pluviométrie

La pluviométrie annuelle au Soudan se situe entre presque zéro millimètre dans les États du nord et 1800 mm dans l'État de l'Équatoria Ouest. Cette année, les pluies sont arrivées tard dans tout le pays, et avec presque six semaines de retard dans certaines régions, ce qui a retardé le départ de la campagne. Une fois arrivées, les pluies ont été inégalement distribuées et interrompues par de longues périodes de sécheresse qui ont touché les cultures aux stades critiques de leur croissance. Les régions les plus touchées sont celles du Darfour Nord et du Kordofan Nord, où les pénuries d'eau sont critiques tant pour la consommation humaine que pour celle du bétail. Dans la région orientale (Kassala, Gedaref) et dans la région centrale (Sennar, Nil Bleu), une période de sécheresse en septembre a touché la plupart des cultures tardives. Elle a également causé une réduction sensible des zones productives dans les exploitations mécanisées pluviales. La faiblesse et la mauvaise distribution des précipitations ont également sévèrement affecté la zone de Butana dans l'État de Gezira où les récoltes ont été pratiquement nulles.

Dans les États du sud, les pluies tardives et irrégulières ont été suivies par des pluies normales presque partout. On a cependant enregistré d'importantes variations dans le Haut Nil où la pluviosité a été faible en septembre et dans l'est du Jonglei et de l'Équatoria Est où la sécheresse a duré d'avril au début septembre. Il n'en reste que l'arrivée tardive des pluies a été favorable aux cultures semées tardivement. Dans le sud du Soudan, le total des précipitations de la campagne est dans les paramètres normaux mais la mission a noté que leur distribution géographique était irrégulière. Les images de l'indice différentiel de végétation confirment qu'en août la biomasse avait atteint son niveau normal partout sauf dans les régions orientales. Pendant tout l'été, on a également noté des situations très contrastées juxtaposant les échecs des cultures et les excédents dans le Bahr el Ghazal Nord. Les variétés cultivées de sorgho hâtif à cycle long comme Rabdit (dans le Bahr el Ghazal Nord) ont souffert au moment de leur floraison et ont moins produit que l'an dernier. D'autres variétés à cycle long telles que Euwella (Warrab), Mabiol (Bahr el Ghazal Ouest) et Agono (Haut Nil) ont été plantées plus tard que d'habitude.

Cette année, il n'y a pas eu d'inondation catastrophique. Si cela a été bénéfique pour les agriculteurs, cela signifie pour les éleveurs que les pâturages de basses terres des zones septentrionales seront moins productifs. À compter de janvier, la faiblesse des précipitations dans le Darfour et le Kordofan va imposer des pressions supplémentaires sur les pâturages des États de Bahr el Ghazal et du Haut Nil. Les éleveurs prévoient que les troupeaux itinérants du nord vont entrer dans le Bahr el Ghazal plus tôt cette année.

3.1.3. Intrants agricoles

Les engrais, les pesticides et les herbicides ainsi que les semences améliorées sont largement utilisés dans le secteur irrigué mais un nombre croissant d'exploitations mécanisées du secteur pluvial ont compris leurs avantages et commencent à les utiliser. Dans le secteur traditionnel pluvial, où la plupart des agriculteurs utilisent leur propres semences de la récolte précédente, les intrants achetés sont les services d'entretien des tracteurs ainsi que le carburant, les lubrifiants et les pièces détachées et la main d'oeuvre pour le désherbage, la récolte et le battage. Cette année, les carburants et les lubrifiants ont été disponibles pendant toute la campagne dans les principaux États producteurs. Il a été possible de tenir leurs coûts parce que les carburants et les lubrifiants sont produits localement et qu'il n'a pas été nécessaire d'en importer. Il y avait des machines agricoles disponibles pour tous les agriculteurs qui avaient les fonds nécessaires sauf dans le sud du Kordofan où l'on a enregistré des pénuries de machines. Les pièces détachées étaient disponibles partout mais leur coût était élevé.

Les insecticides et les pesticides étaient disponibles auprès de l'Administration centrale de la protection des plantes et ses bureaux dans divers États disposaient d'avions pour les pulvérisations contre les organismes nuisibles migrateurs.

Dans le secteur irrigué, le sorgho est considéré comme une culture "programmée" qui bénéficie de paiements différés pour les intrants en nature (eau, engrais et semences) fournis aux agriculteurs par les inspecteurs des sections du périmètre d'irrigation. L'utilisation des semences certifiées est de l'ordre de 60 pour cent. Les engrais ont été disponibles tout le temps, sauf pendant une courte période au début de la campagne. À l'heure actuelle, le prix de l'urée est de 11 dollars E.-U. le sac de 50 kg, ce qui est trop cher selon certains agriculteurs.

3.1.4 Adventices, organismes nuisibles et maladies

Cette année a été raisonnablement dépourvue d'infestations d'organismes nuisibles et de maladies. Certaines régions ont souffert de problèmes dus aux oiseaux (Quelea quelea et autres espèces locales) au début de la campagne mais les mesures de lutte lancées par le gouvernement se sont révélées efficaces. Dans les États du centre, des infestations de rongeurs et de sauterelles au début de la saison ont imposé quelques réensemencements mais les campagnes de lutte ont permis de limiter les dégâts.

La cécidomyie du sorgho (Contarinia sorghicola) a dévasté les récoltes dans les États de l'est l'an dernier, en attaquant les cultures tardives. Cette année, on a noté la présence de cécidomyie du sorgho dans les mêmes régions mais la saison des pluies ayant été courte, les rendements n'ont pas trop souffert. S'agissant des maladies des plantes, le charbon du sorgho reste la plus grave menace. À l'heure actuelle, tous les périmètres irrigués fournissent des semences traitées et la majorité des exploitations mécanisées pluviales utilisent des semences traitées ou traitent les semences issues des récoltes précédentes. Dans les régions pluviales traditionnelles, où les semences ne sont pas traitées, les dégâts causés par le charbon du sorgho sont importants et ont causé une baisse des rendements. Les exploitants de ces régions choisissent très soigneusement leurs semences au moment de la récolte et ne conservent aucune tête infectée par le charbon.

Les adventices sont un problème majeur du fait des mauvaises pratiques culturales et du manque de rotation des cultures, surtout dans les régions de culture pluviale. La réduction des façons culturales avant les semis et des opérations de désherbage à la main pendant la campagne ont contribué à exacerber le problème. Cette année, les adventices les plus nocives ont été l'herbe du Soudan et le chiendent, respectivement pour le secteur pluvial et le secteur irrigué.

Le striga était présent dans tous les systèmes sur les sols pauvres ou épuisés, en particulier dans les zones de monoculture continue du sorgho des régions marginales du Nord.

3.1.5 Prix

Les bas prix des céréales de 1999, qui avaient eu une incidence négative sur la production, ont commencé à remonter progressivement en février pour atteindre leur sommet en septembre et octobre. Ces prix élevés ont constitué une incitation à l'augmentation des semis. Par exemple, les prix au détail de 30 000 à 40 000 LSd le sac de 90 kg de sorgho relevés au début de la campagne agricole 2000/01 (c'est à dire de mai à juillet 2000) étaient bien au-dessus des 19 000-20 000 LSd considérés comme le prix minimal rémunérateur pour le secteur pluvial à ce moment-là.

3.2 Prévisions de la production céréalière

La production céréalière pour 2000/01 est présentée au tableau 1. Le tableau 2 donne une série chronologique sur quatre ans des estimations des superficies récoltées, des rendements et de la production par culture et par région.

Les données correspondant aux États du nord fournies par les ministères de l'agriculture de ces États ont été mises à jour pendant la mission après des visites sur le terrain. Cependant, étant donné l'effondrement du système de collecte des données agricoles dans les États du sud, à l'exception du système pluvial mécanisé dans l'État du Haut Nil, les données de la production ont été obtenues à partir des statistiques de population utilisées par d'autres organismes du système des Nations Unies et la mission a obtenu des estimations du nombre des ménages agricoles, des dimensions des exploitations et des modes de culture.

Cette année, la production céréalière s'établit, selon les prévisions, à quelque 3,6 millions de tonnes, soit environ 14 pour cent de plus que la mauvaise récolte de l'an dernier, mais 18 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années.

Tableau 1. : Soudan - Prévisions de la production céréalière pour 2000/01 (en milliers de tonnes) et comparaison avec les chiffres de 1999/2000

Ëtat
Sorgho
Mil
Blé
Total céréales
2000/01 % de
1999/2000
 
 
1999/2000
2000/01
1999/2000
2000/01
1999/2000
2000/01
1999/2000
2000/01
Secteur irrigué
                 
Nord
12
13
0
0
134
156
146
169
116
Nil
138
133
0
0
47
106
185
239
129
Nil Bleu
33
44
0
0
0
0
33
44
133
Nil Blanc
38
58
0
0
1
1
39
59
151
Gezira
234
407
0
0
22
50
256
457
179
Rahad
43
100
0
0
0
0
43
100
233
Suki
3
32
0
0
0
0
3
32
1 067
New Halfa
36
37
0
0
7
17
43
54
126
Gash
30
30
0
0
0
0
30
30
100
Tokar
1
4
1
2
0
0
2
6
300
Kassala
11
1
0
0
0
0
11
1
9
Haut Nil
0
5
0
0
0
0
0
5
0
Total partiel
579
864
1
2
211
330
791
1 196
151
Secteur mécanisé
                 
Kassala
13
35
0
0
0
0
13
35
269
Gederaf
315
525
12
12
0
0
327
537
164
Damazin
42
70
2
1
0
0
44
71
161
Sennar
156
157
7
5
0
0
163
162
99
Nil Blanc
100
36
10
5
0
0
110
41
37
Kordofan S
99
44
1
0
0
0
100
44
44
Darfour S
1
0
0
0
0
0
1
0
0
Sud
20
54
0
0
0
0
20
54
270
Total partiel
746
921
32
23
0
0
778
944
121
Secteur traditionnel
                 
Gezira
154
34
0
0
0
0
154
34
22
Damazin
18
27
1
1
0
0
19
28
147
Sennar
22
20
13
11
0
0
35
31
89
Nil Blanc
86
30
17
3
0
0
103
33
32
Kassala
4
2
0
0
0
0
4
2
50
Nil
36
0
0
0
0
0
36
0
0
Mer Rouge
3
0
1
2
0
0
4
2
50
Kordofan N
23
55
27
31
0
0
50
86
172
Kordofan S
32
16
13
11
0
0
45
27
60
Kordofan O
107
81
82
81
0
0
189
162
86
Darfour N
4
6
80
61
0
0
84
67
80
Darfour S
102
166
118
180
0
0
220
346
157
Darfour O
138
64
111
87
0
0
249
151
61
Sud
293
380
3
3
3
4
299
387
129
Total partiel
1 022
881
466
471
3
4
1 491
1 356
91
Total Général
2 347
2 666
499
496
214
334
3 139*
3 591*
114

Tableau 2 : Soudan - Superficies, rendements et production prévus par culture et par région pour 2000/01 et comparaison avec les années précédentes.

RÉGION
Superficies cultivées
(en milliers d'ha)
Rendements (t/ha)
Production
( en milliers de tonnes)
 
96/97
97/98
98/99
99/00
00/01
96/97
97/98
98/99
99/00
00/01
96/97
97/98
98/99
99/00
00/01
Sorgho
                             
Nord
81
36
64
107
58
1.8
2.3
1.3
1.7
2.5
146
85
93
186
146
Est
1 843
1 759
2 377
1 355
1 431
0.7
0.5
0.7
0.3
0.5
1 331
870
1 860
456
734
Centre
2 582
1 925
2 027
1 348
1 084
0.8
0.6
0.8
0.7
0.8
1 952
1 127
1 738
886
920
Kordofan
773
799
627
813
1 003
0.4
0.4
0.5
0.3
0.2
287
332
406
261
196
Darfour
267
269
299
462
193
0.8
1.9
0.9
0.5
1.2
200
530
200
245
236
Sud
706
538
917
550
768
0.5
0.4
0.7
0.6
0.6
319
215
535
313
434
Total partiel
6 252
5 326
6 311
4 635
4 537
         
4 235
3 159
4 832
2 347
2 666
Mil
                             
Est
19
36
19
35
34
0.4
0.4
0.5
0.4
0.4
8
14
13
14
16
Centre
70
54
92
125
76
0.4
0.4
0.5
0.4
0.3
27
24
42
50
27
Kordofan
906
1 632
1 061
1 079
775
0.1
0.1
0.1
0.1
0.2
116
230
140
123
123
Darfour
763
1 086
1 571
1 138
1 197
0.4
0.3
0.5
0.3
0.3
288
374
468
309
328
Sud
22
18
20
6
5
0.2
0.3
0.8
0.3
0.2
5
6
7
3
3
Total partiel
1 780
2 826
2 763
2 383
2 087
         
444
648
670
499
496
Blé
                             
Nord
97
113
55
63
92
2.8
2.8
2.8
2.9
2.8
275
315
108
181
262
Est
32
24
28
6
11
1.4
1.7
1
1.2
1.5
45
40
21
7
17
Centre
191
137
55
19
31
1.6
1.7
2
1.2
1.6
306
239
36
23
51
Darfour
11
3
3
3
4
1.3
1
1.5
1.1
1.1
14
3
3
3
4
Total partiel
331
277
141
91
138
         
640
597
168
214
334
Total Général
8 363
8 429
9 215
7 109
6 762
         
5 319
4 404
5 670
3 139*
3 591*

* Y compris le maïs produit surtout dans les États du Sud et de petites quantités de riz.

3.3 Autres activités agricoles

3.3.1 Autres cultures

Dans le secteur irrigué, le coton, les arachides et les légumes ont obtenu de bons résultats au cours de cette campagne, notamment les arachides dont les rendements ont été particulièrement bons. Le rendement du coton s'améliore et on prévoit que la production sera meilleure que celle, décevante, de l'an dernier. Dans le secteur pluvial, les possibilités d'exportation du sésame sont toujours bonnes et les superficies en culture ont encore augmenté cette année, mais la mauvaise pluviosité risque d'affecter les rendements. Il faut identifier des légumes susceptibles d'être cultivés en rotation avec le sorgho, le sésame et la jachère. Il importe d'encourager la production de tournesol et de l'inclure dans le système de rotation afin d'améliorer les sols.

3.3.2 Élevage

L'irrégularité des précipitations a eu des effets catastrophiques sur la végétation des parcours. La disponibilité des fourrages à base de céréales et de résidus des récoltes a également chuté brutalement du fait de la baisse de la production agricole, surtout dans les zones de cultures pluviales. Dans l'État de Gezira, par exemple, les superficies en pâturages naturels sont tombées de 0,6 à 0,2 million d'hectares du fait du manque de précipitations. La production de résidus de récoltes, estimée à 2 millions de tonnes, ne représente que 25 pour cent des besoins de fourrage pour le cheptel de l'État: de grands nombres d'animaux sont transférés dans d'autres États à la recherche de nourriture. Ces mouvements de troupeaux et la dure concurrence pour des parcours limités a déjà amené des conflits entre diverses tribus. On prévoit que la chute brutale de la disponibilité de fourrage va causer une sous-alimentation généralisée du cheptel. La vente du bétail a considérablement augmenté, déprimant les prix et donc les revenus des ménages. Les termes de l'échange se sont sensiblement dégradés pour les pasteurs. Les termes de l'échange sorgho-mouton (la quantité de sorgho pouvant être achetée pour le prix de vente d'un mouton) a baissé de 400 pour cent en décembre 2000 par rapport à décembre 1999. Certains exploitants ont commencé à vendre les femelles de reproduction (les brebis) se privant ainsi de leurs actifs productifs. L'eau est un problème critique dans certaines régions, notamment dans le Soudan occidental où les puits et les points de collecte de l'eau sont déjà à sec.

Les systèmes d'embouche fondés sur les céréales ont été extrêmement profitables l'an dernier du fait de la faiblesse du prix du sorgho et de la force du prix du bétail. Cette année, vu le prix élevé du sorgho et la chute rapide du prix du bétail, la situation s'est renversée. Il n'y a eu aucune épidémie grave dans le Soudan septentrional mais on signale des maladies transmises par les tiques, des parasites internes et des brucelloses. On a noté des cas de maladies contagieuses dans le sud du pays et le bétail revenant de la région devra être vacciné.

-------

4. SITUATION DE L'AGRICULTURE PAR RÉGION

4.1 Région septentrionale (nord et Nil)

La région septentrionale, composée des États du nord et du Nil, qui comptent respectivement 609 000 et 938 000 habitants, se trouve en grande partie sur les rives du Nil et de l'Atbara. La production céréalière de ces deux États est essentiellement fondée sur l'irrigation; on y fait pousser du blé en hiver et du maïs et du sorgho en été. Ce sont les deux grands fournisseurs internes de blé dans le pays puisqu'ils jouissent d'un climat relativement froid en hiver.

Les céréales d'été sont cultivées dans des périmètres irrigués équipés de pompes sur les rives des cours d'eau et dans les demiras (zones de décrue) des vallées de l'intérieur des États. La culture dans les périmètres d'irrigation s'effectue par tracteur et à l'aide de b_ufs de trait et la plantation à la "salucca" est utilisée dans les demiras. Les superficies inondées ayant été moindres cette année, la production des demiras a été pratiquement nulle.

Jusqu'à présent, le temps frais que connaît la région - les températures sont de 2 à 3 degrés centigrade en dessous de la norme - a été extrêmement favorable aux semis et à l'établissement du blé et si, ces conditions se poursuivent jusqu'en février, on peut s'attendre à avoir de bons rendements. Si les semis de blé sont terminés avant la fin décembre, on prévoit que la récolte de blé du printemps prochain se fera sur quelque 92 000 hectares. La production totale de céréales pour la région septentrionale (les deux États) s'établit, d'après les estimations, à 408 000 tonnes, dont 262 000 tonnes de blé, et le reste essentiellement de sorgho. Ces chiffres sont de quelque 10 pour cent supérieurs aux estimations après récolte de l'année dernière.

4.2 Région orientale (Gedaref, Kassala, mer Rouge)

La région orientale fournit habituellement quelque 20 pour cent de la récolte nationale de céréales. Ce chiffre couvre la production des deux principaux périmètres d'irrigation (New Halfa et Rahad), de deux périmètres d'irrigation de décrue (Gash et Tokar) et d'une importante zone de demiras (Gash Die) ainsi que de la plus vaste zone d'agriculture mécanisée du pays. Gedaref est de loin le plus gros producteur et fournit habituellement 80 à 90 pour cent de la production de la région. La principale céréale cultivée dans la région est le sorgho, semé généralement entre juillet et septembre. Le blé d'hiver n'est généralement cultivé que dans le périmètre d'irrigation de New Halfa.

Les pluies sont arrivées tard et leur distribution a été inégale, avec de longues période de sécheresse en août/septembre. Le total des précipitations dans toutes les régions a été inférieur à celui de 1999; le sud-ouest de Gedaref a reçu plus de précipitations et leur distribution a été meilleure que dans les autres régions, notamment au nord et à l'ouest de l'État où de grandes superficies plantées n'ont pas été productives. Dans l'ensemble, les superficies plantées en sorgho dans la région ont été de 11 pour cent moins importantes et la zone productive de 8 pour cent moins importante que l'an dernier. Le système à faible apport d'intrants et à faible production pratiqué par toutes les exploitations d'agriculture pluviale repose exclusivement sur la fertilité naturelle des sols puisqu'aucun engrais n'est utilisé. Cela va sans doute causer la dégradation des sols, une perte de fertilité et des dommages écologiques irréversibles à moyen ou long terme. La mission a également vu d'importantes superficies cultivées en monoculture du sorgho, ce qui est aussi mauvais pour les sols.

Dans les deux périmètres irrigués structurés, les rendements moyens, notamment ceux de Rahad (où l'on s'attend à une augmentation de 89 pour cent) se sont sensiblement améliorés. On peut attribuer cela en partie à l'intervention financière du Gouvernement soudanais qui a permis la remise en état des infrastructures d'irrigation, et en partie à la coordination des semis précoces. Plus de 90 pour cent des exploitants de Rahad ont utilisé des engrais (urée) mais moins de 30 pour cent de ceux de New Halfa l'ont fait bien que les engrais aient été disponibles en temps utile. On a cependant enregistré une hausse de 36 pour cent dans le prix de l'engrais cette année.

Cette année, la hausse des cours du sorgho, qui ont atteint un niveau record de 40 000 LSd le sac de 90 kg en juillet, a encouragé certains agriculteurs à recommencer à cultiver cette céréale et a permis aux grandes exploitations mécanisées de préserver leurs superficies en sorgho contre la concurrence du sésame. Les crédits ont aussi été plus disponibles qu'en 1999, ce qui a aussi encouragé les agriculteurs à revenir à la culture du sorgho. Sous l'effet combiné de ces facteurs, la production céréalière de la région a augmenté de quelque 61 pour cent par rapport à l'an dernier, pour atteindre 770 000 tonnes. Cela inclut 12 000 hectares semés en blé dans le périmètre de New Halfa; on n'a pas planté de blé dans le périmètre de Rahad.

Les principales autres cultures de la région sont le sésame pluvial et le coton irrigué, l'arachide et la canne à sucre. Cette année, les superficies des cultures de sésame dans le Gedaref ont diminué de 12 pour cent, pour tomber à 441 000 hectares. Les superficies cultivées en coton et en arachide ont diminué de 2 pour cent et augmenté de 2 pour cent dans le périmètre de New Halfa et elles ont augmenté de 5 pour cent et diminué de 18 pour cent respectivement dans le périmètre de Rahad. Toutes les cultures étaient en bon état et on attendait des rendements supérieurs à la moyenne.

L'irrégularité tant au plan de la quantité qu'à celui de la distribution des pluies de cette campagne a causé la réduction des pâturages de la région, notamment dans le nord plus sec et dans l'ouest. Les conditions sont meilleures dans le sud et près de la frontière éthiopienne. Comme partout, le prix du bétail chute rapidement et les perspectives ne sont pas bonnes pour les éleveurs.

4.3 Région centrale (Gezira, Sennar, Nil Bleu, Nil Blanc)

Avec une population de 6,8 millions d'habitants, la région englobe quatre grands périmètres d'irrigation: Gezira, Sennar (Nil Bleu), Nil Blanc et Suki ainsi que des étendues considérables de cultures pluviales traditionnelles et mécanisées.

Les méthodes de production sont analogues à celles de la région orientale, avec des systèmes à faible apport d'intrants et à faible production dans le secteur pluvial et l'utilisation de semences améliorées et d'engrais dans le secteur irrigué structuré. Les principales céréales sont cultivées sans irrigation, et on a du sorgho irrigué et du mil pluvial pendant l'été et du blé irrigué pendant l'hiver. Cette année, une petite superficie a été ensemencée en blé dans les périmètres du Nil Blanc et, dans le Gezira, les superficies cultivées en blé ont augmenté de 67 pour cent par rapport à l'an dernier. Cela s'explique sans doute par les espérances de meilleure rentabilité de la culture du blé et aussi par le fait que c'est la deuxième année que cette culture est «libre» - sans intrants fournis par le gouvernement dans le cadre de d'accords de crédit.

Les pluies ont commencé plus tard que d'habitude partout dans la région. Les totaux saisonniers ont, en général, été inférieurs à ceux de 1999 et la distribution des précipitations a été inégale, la plupart des régions ayant souffert d'une longue période de sécheresse en août-septembre. Dans certaines régions (la province de Butana dans l'État du Gezira, celle de Dinder dans le Sennar et les régions septentrionales et occidentales de l'ouest du Nil Bleu dans le Damazin) ont beaucoup souffert de la faiblesse et de la mauvaise distribution des précipitations. La province de Butana a été particulièrement touchée et aucune récolte n'a été engrangée. Dans tous les périmètres d'irrigation, les injections de fonds par le gouvernement aux fins de remise en état des canaux d'irrigation et de drainage ont eu un profond effet sur le respect du calendrier des opérations, sur l'amélioration de l'efficacité opérationnelle et ont permis de remettre en production des superficies laissées en jachère.

Dans le secteur pluvial, les semences de sorgho et de mil étaient disponibles partout, les agriculteurs utilisant généralement leurs propres semences de la campagne précédente qu'ils enrobent de produits qui les protègent du charbon (sorgho). Cette année, les superficies ensemencées en sorgho ont été réduites de 44 pour cent dans l'État de Gezira mais elles ont augmenté de 26 pour cent dans l'État du Nil Blanc, de 49 pour cent dans celui du Sennar et de 18 pour cent dans le Damazin. Les comparaisons avec les superficies récoltables sont plus révélatrices, en particulier dans le Sennar où, cette campagne, les superficies récoltables n'étaient, selon les estimations, que de 60 des superficies plantées, et de 6 pour cent inférieures à celles de l'an dernier.

En revanche, dans le secteur irrigué, on prévoit que les rendements seront sensiblement supérieurs à ceux de l'an dernier du fait de la fourniture par le gouvernement des fonds nécessaires pour la remise en état des installations d'irrigation. La bonne disponibilité de financements et de crédits pour les agriculteurs, la meilleure gestion de l'eau, le respect du calendrier des semis et des façons culturales ont également contribué à cette amélioration. En conséquence, la mission estime que la production globale de la région pour la campagne 2000/01 s'établit à 915 000 tonnes de sorgho sur 1,08 million d'hectares, soit environ à 3 pour cent de plus que celle de l'an dernier. La production de mil pluvial, estimée à 27 000 tonnes, est de 50 pour cent inférieure à celle de l'année dernière à cause surtout de la réduction de 40 pour cent des superficies cultivées. La production de blé dans les périmètres irrigués est estimée à 51 000 tonnes, soit plus du double de celle de l'an dernier, grâce en grande partie à une augmentation de 40 pour cent des superficies emblavées et à l'amélioration de l'irrigation.

Du fait de la pénurie des pâturages et de sous-produits des cultures de bonne qualité et de la réduction des disponibilités en eau, la campagne a été difficile pour le secteur de l'élevage. Cela se reflète dans les prix des produits de l'élevage qui tombent rapidement.

4.4 Kordofan (Nord, Ouest et Sud)

La région comprend les trois États du Kordofan Nord, du Kordofan Ouest et du Kordofan Sud. La culture pluviale du sorgho et du mil, que ce soit dans le secteur mécanisé ou dans le secteur traditionnel, est la principale activité agricole de la région. Étant donné que la pluviométrie augmente du nord vers le sud, l'essentiel de la production provient généralement des zones méridionales de chaque État.

Dans le Kordofan Nord, dont on estime la population à 1,4 million d'habitants, les préparations pour la campagne agricole en cours avaient commencé tôt. Des crédits agricoles limités avaient été mis à la disposition des agriculteurs louant au moins 15 hectares de terre et des Coopératives agricoles de 73 à 168 hectares. Les pluies ont commencé tard dans la plupart des régions, y compris Bara Aum Rawaba et Gabrah Sheik, et elles ont été moins abondantes que celles de l'an dernier, ce qui a influé négativement sur les rendements. On estime la production totale de sorgho et de mil à 86 346 tonnes.

Dans le Kordofan Ouest, les pluies sont arrivées de bonne heure dans certaines régions mais ce n'est que dans la seconde moitié de juillet, avec cinq semaines de retard, qu'elles ont vraiment commencé à tomber dans tout l'État. D'une manière générale, la pluviosité a été inférieure à celle de la campagne précédente dans tout l'État, amenant une baisse des rendements du sorgho, de 416 kg/ha pour la campagne précédente à 230 kg/ha cette année. On prévoit cependant que les rendements du mil seront de 216 kg/ha, chiffre supérieur aux 155 kg/ha de la campagne précédente. On estime la production céréalière totale de l'État à 161 855 tonnes.

Dans le Kordofan Sud, on prévoit que les rendements du sorgho, tant en culture mécanisée que traditionnelle, seront inférieurs à ceux de l'an dernier, s'établissant à 220 et 232 kg/ha contre 450 et 623 kg respectivement. De même, pour le mil, les rendement attendus, 223 kg/ha, sont inférieurs à ceux de l'an dernier, de 345 kg/ha. On estime la production totale des deux cultures à 71 832 tonnes.

On s'attend à de graves pénuries alimentaires dans la région de Kordofan et des interventions humanitaires ciblées devraient y être envisagées de bonne heure pour éviter les migrations de la population. La production de sorgho de la région, estimée à 197 000 tonnes est de 25 pour cent inférieure à celle de la campagne précédente (261 000 tonnes). En ce qui concerne le mil, la production de 123 000 tonnes est sensiblement la même que celle de l'an dernier.

4.5 Darfour (Nord, Ouest, Sud)

La région comprend trois États, le Darfour Nord, le Darfour Ouest et le Darfour Sud. L'agriculture pluviale est prédominante, les principales cultures étant le mil, dans toute la région, et le sorgho dans l'ouest et le sud. Dans le Darfour Nord, qui compte 1 430 900 habitants, les pluies ont commencé à la mi-juillet, mais les précipitations ont été inférieures à celles de l'an dernier. Il a fallu resemer plusieurs fois ce qui a causé une baisse du rendement du sorgho, qui est tombé de 238 kg/ha l'an dernier à 202 kg/ha. Le rendement du mil a également baissé, tombant de 195 kg/ha à 155 kg/ha. On peut dire la même chose de la situation dans le Darfour Ouest (1,7 million d'habitants). Dans le Darfour Sud (2,9 millions d'habitants), par contre, la situation a été légèrement meilleure, la productivité des deux récoltes n'ayant pas baissé par rapport à celle de l'an dernier du fait des meilleures précipitations.

Dans la région du Darfour dans son ensemble, la production de sorgho est tombée de 245 000 tonnes l'an dernier à 236 000 tonnes, c'est-à-dire qu'elle a baissé de quelque 4 pour cent. La production de mil a augmenté, passant de 309 000 à 328 000 tonnes, soit une augmentation de 6 pour cent par rapport à l'an dernier. On prévoit que la production totale de céréales ne sera suffisante que pour quatre mois à compter de décembre 2000. Les mécanismes d'adaptation étant déjà utilisés à leur maximum, il est impératif d'envisager une intervention humanitaire précoce pour éviter des souffrances humaines accrues.

Comme dans les autres États du pays, les prix du bétail ont brutalement chuté. Par contre, les prix des céréales ont atteint des niveaux records et l'on s'attend à de nouvelles hausses. Les disponibilités en eau, tant pour les humains que pour les animaux, sont critiques dans la région et des conflits entre tribus ont déjà éclaté à certains points d'eau pour les animaux.

4.6 Soudan méridional

Le Soudan méridional, qui a une superficie de 640 000 km2 et une population estimative de 6,4 millions d'habitants, est en état de conflit pratiquement ininterrompu depuis 1983. Il est divisé en trois régions et dix États, comme indiqué ci-après:

Région
États
Capitale de l'État
Équatoria
Bahr El-Jebel
Juba
 
Équatoria Est
Kapoeta
 
Équatoria Ouest
Yambio
Haut Nil
Haut Nil
Malakal
 
Jonglei
Bor
 
Union
Bentui
Bahr-El-Ghazal
Bahr-El-Ghazal Ouest
Wau
 
Bahr-El-Ghazal Nord
Aweil
 
El-Buheirat (Lacs)
Rumbek

Les services publics ont été anéantis par 16 ans de guerre civile, de sorte que l'on ne recueille plus officiellement de statistiques agricoles dans aucune zone, à l'exception du secteur mécanisé de l'État du Haut Nil. Ailleurs, bien qu'il existe des bureaux du Ministère de l'agriculture dans les zones contrôlées par les forces gouvernementales, ils n'ont pas les moyens opérationnels nécessaires pour réunir des informations et ont un accès restreint aux zones agricoles. De même, dans les zones tenues par les rebelles, les coordonnateurs agricoles sont tout aussi mal équipés et s'appuient sur des données non scientifiques et sur les déclarations de tiers pour estimer les superficies et prévoir les rendements.

Le PAM et d'autres partenaires de l'OSS (UNICEF et ONG) qui opèrent dans des endroits donnés fournissent l'essentiel des données de terrain, glanées à partir d'évaluations rapides ou de précisions sur la production céréalière ou animale obtenues auprès d'agriculteurs contacts qui travaillent dans de petites exploitations. L'ensemble de ces données, et quelques mesures objectives concernant les superficies et la production, constituent les meilleures estimations dont on dispose pour calculer la production par extrapolation du nombre des ménages corrigé pour tenir compte des dimensions de l'exploitation moyenne de telle ou telle zone agroécologique. La mission a adopté les divisions régionales ci-dessus pour calculer la production et les besoins et elle a utilisé les chiffres fondés sur les meilleures estimations possibles de la population, corrigées de divers facteurs, pour estimer les superficies. Cette année, on a utilisé l'Enquête en grappe à indicateurs multiples de l'UNICEF, corrigée par les renseignements fournis par le Ministère de l'agriculture pour Juba et Renk (Haut Nil) où l'enquête n'avait pas été menée. Selon les lieux, divers facteurs portant sur 1) la taille des exploitations, 2) la taille des familles et 3) les céréales cultivées, ont été utilisés pour calculer les superficies en cultures données au tableau 3. Ces facteurs ont été obtenus à partir des observations aériennes et sur le terrain de la mission, de rapports de l'OSS, du PAM, des ONG et du Ministre de l'agriculture et des données des ministères de l'agriculture des États.

Les diverses ressources sur lesquelles reposent les systèmes de subsistance complexes, notamment l'agriculture, la pêche, le pastoralisme, la chasse et le négoce, ont été rendues inaccessibles à divers degrés selon l'emplacement, en raison de la guerre civile, des conflits tribaux, des rivalités entre les factions, des pillages, des vols de bovins et des tactiques visant à répandre la terreur, qui ont perturbé les activités ou fait fuir quelque 85 pour cent de la population.

Malgré tout, le Soudan méridional a eu en 2000 une période de végétation allant de 150 jours dans le nord à 300 jours dans la zone verte du sud. Dans, on a pu pratiquer plusieurs cultures sur une même superficie et dans le nord, on a pu refaire les semis quand les premiers avaient échoué. Les prévisions des rendements sont établies sur la base de l'analyse des facteurs ayant une incidence sur la production cette année, de séries chronologiques à partir de 1995, des entretiens de la mission avec des informateurs clés, dont des agriculteurs et des négociants, et des contrôles ponctuels de la mission concernant les calculs de densité des semis, des coupes témoins et des mesures de superficie.

La production céréalière, qui concerne essentiellement le sorgho (65 pour cent), commence avec les premiers semis de printemps. Cette année, les pluies sont arrivées très tard dans la plupart des régions et elles ont été irrégulières pendant les deux premiers mois mais les semis se sont poursuivis jusqu'en octobre. Les estimations de production préparées par la mission couvrent toutes les cultures récoltées pendant l'année, y compris les céréales consommées en 2000. Pour équilibrer les disponibilités et les besoins de céréales, on suppose qu'une quantité équivalente sera disponible pendant l'année à venir (2001). Cette hypothèse n'est guère hasardeuse dans la plupart des zones qui ont des premières pluies relativement abondantes pendant les années normales, à moins qu'il y ait des problèmes de sécurité, comme ce fut le cas dans la région de Bahr el Ghazal en 1998.

Dans le secteur méridional (traditionnel), la production céréalière totale est supérieure à celle de 1999 dans la plupart des régions en raison de l'augmentation sensible des estimations de la population. Les rendements à Bahr el Jebel ont été tenus du fait de l'inclusion de Yei et Kajo-Keji dans la région, en conformité avec les frontières officielles du gouvernement. Partout ailleurs, les rendements à l'hectare sont, selon les estimations, semblables à ceux de l'an dernier.

Dans le secteur septentrional (mécanisé), on prévoit que la production de sorgho sera supérieure à celle de l'an dernier mais toujours inférieure aux niveaux normaux étant donné que les agriculteurs de Renk continuent à accroître les superficies cultivées en sésame. On prévoit que les rendements moyens seront semblables à ceux de l'an dernier.

Le tableau 4a récapitule la production céréalière en 2000 et donne, pour comparaison, les estimations de 1996, 1997, 1998 et 1999. Il importe de faire preuve de prudence dans l'interprétation de ces chiffres car les estimations de la population changent: elle a augmenté de 14 pour cent cette année. On reconnaît généralement que 1998 et 1999 ont été des années bien meilleures que les deux années qui les ont précédées. La production céréalière comprend quelque 60 pour cent de sorgho, le reste étant essentiellement constitué de maïs, bien que le mil chandelle (Haut Nil), l'éleusine cultivée (Équatoria) et le riz pluvial (Équatoria) aient également été cultivés cette année. Pour 1998, 1999 et 2000, les estimations de la production tiennent compte de la double récolte dans l'Équatoria et des récoltes de céréales obtenues en début de campagne et consommées pendant l'année dans toutes les régions.

On trouvera au tableau 4b une récapitulation de la production de céréales (sorgho et un peu de mil chandelle) du secteur mécanisé.

Tableau 3 : Soudan méridional - Estimations des superficies et de la population

Région
Population
(en milliers de
personnes)
Ménages
(en milliers)
Ménages
agricoles
(%)
ha parménage
Superficie
(en milliers d'ha)
Haut Nil
1 312
       
127
Haut Nil
420*
70
63
(90)
0.7
44
Union
486
81
57
(70)
0.7
40
Jonglei
406
68
61
(90)
0.7
43
Équatoria
2 230
       
250
Bahr el Jebel
869
       
91
Yei
434
72
61
(85)
0.9
55
Kajokaji
105
18
15
(85)
0.9
14
Juba
330*
55
44
(80)
0.5
22
Est
686
       
45
Kapoeta
301
50
35
(70)
0.4
14
Totit
385
64
51
(80)
0.6
31
Ouest
675
       
114
Tambura
392
65
55
(85)
1.2
66
Yambio
67
11
10
(90)
1.2
12
Maridi
58
10
9
(90)
1.2
11
Mundri
158
26
21
(80)
1.2
25
Bahr el Ghazal
2 896
       
273
Nord
1 688
       
127
Aweil O
649
108
86
(80)
0.4
34
Aweil E
527
88
80
(90)
0.6
48
Abyei
12
2
2
(90)
0.4
1
Twic
118
20
16
(80)
0.6
9
Goghal
382
64
58
(90)
0.6
35
Ouest
580
       
70
Wau
215
36
32
(90)
0.8
26
Raga
58
10
9
(90)
0.8
7
Warrab
307
51
46
(90)
0.8
37
Lacs
628
       
76
Rumbek
426
71
64
(90)
0.8
51
Yirol
202
34
31
(90)
0.8
25
Total
6 438
       
650

Tableau 4a : Soudan méridional - Tendances de la production céréalière, par État

Région   
1996
1997
1998
1999
2000
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
Haut Nil
196
70
151
45
133
85
120
83
127
91
Haut Nil
69
34
53
22
52
41
34
23
44
33
Union
47
13
41
10
40
17
21
14
40
34
Jonglei
80
23
57
13
41
27
65
46
43
24
Équatoria
214
136
148
71
194
166
190
175
250
218
Bahr el Jebel
53
24
43
13
39
28
24
15
911
68
Équatoria E
89
41
54
19
55
39
45
37
45
17
Équatoria O
72
71
51
39
100
99
121
123
114
133
Bahr el Ghazal
247
109
192
58
134
96
158
112
273
168
Bahr el Ghazal N
55
14
41
10
22
15
34
23
127
68
Bahr el Ghazal O
54
21
42
13
30
22
29
22
702
46
Lacs
93
51
70
23
42
33
95
67
763
54
Warrab
45
23
39
12
40
26
-
-
-
-
Total
657
315
491
174
461
347
468
370
650
477

Tableau 4b : Soudan méridional - Tendances de la production céréalière mécanisée, par région

 
1996
1997
1998
1999
2000
Region
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
 
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
(en milliers d'ha)
(en milliers de tonnes)
Renk
166
73
140
127
207
157
27
18
82
52
Malakal
2
2
4
4
6
4
3
2
3
2
Melut
Tayara
0
44
0
16
8
38
8
16
10
36
8
23
0
--
0
--
0
--
0
--
Total
212
91
190
155
259
192
30
20
85
54


Autres cultures

Le potentiel agricole du sud du Soudan est considérable. Il est possible de pratiquer de très nombreuses cultures tropicales dans la plupart des États. À l'heure actuelle, il n'est pas possible d'aller au-delà de la culture de subsistance et de la vente locale des excédents des ménages. Cependant, dans certains États, il y a un patrimoine de cultures pérennes héritées d'une époque plus sûre. Par exemple, dans l'Équatoria Ouest, il y a un excédent de mangues, papayes, bananes et de manioc, sans débouchés. Même dans une zone comme Wau située au nord, il y a un excédent de mangues en saison, ce qui explique l'intérêt que l'administration porte aux techniques de conservation.

La récolte du manioc est satisfaisante cette année. Dans l'Équatoria Ouest, le manioc n'est pas seulement cultivé en combinaison avec d'autres céréales, il est aussi planté à la fin de la campagne, en culture pérenne. Les superficies ensemencées en manioc sont donc plus importantes qu'ailleurs ce qui explique le prix très bas de la farine de manioc sur les marchés locaux (2 400 LSd le quintal). Dans les régions de Bahr el Ghazal Ouest, des Lacs, de Warrab, et de Bahr el Jebel, toutes les cultures sont plantées en cultures intercalaires, les superficies en manioc et en arachides sont donc semblables à celles en sorgho.

Les superficies cultivées en arachides ont considérablement augmenté dans les États où l'arrivée tardive des pluies a encouragé la plantation de cultures à cycle court en remplacement du sorgho. Dans les États septentrionaux, les arachides sont généralement plantées dans des parcelles séparées, de 0,2 à 0,5 ha par ménage. Cette année, les superficies de Bahr el Ghazal Nord et du Haut Nil sont de l'ordre de 90 000 hectares et produisent de 100 à 200 kg/ha avec des densités de plantation de 6-8 plants au mètre carré. Cette année, on prévoit que les prix du sorgho seront supérieurs et ceux de l'arachide et inférieurs à ceux de l'année dernière.

La production de sésame du secteur mécanisé devrait augmenter considérablement. Les superficies de cette culture dans la région de Renk sont passées de 81 000 à 200 000 hectares après une injection de 2,1 milliards de LSd de crédits. La récolte est en cours et les rendements devraient être moyens.

Élevage

L'état général des troupeaux établis est meilleur cette année que l'an dernier. La réduction des inondations a rendu les déplacements plus faciles et réduit les infections parasitaires causées par les conditions marécageuses. Le meilleur état des animaux laisse penser que les soins maternels seront meilleurs ce qui devrait contribuer à réduire les mortalités néo-natales et à augmenter la production de lait et les taux de croissance des jeunes animaux. Malheureusement, on ne dispose d'aucune donnée sur les paramètres de production de l'élevage, seulement sur les activités vétérinaires menées par des ONG pour l'UNICEF. Ces dernières montrent que des campagnes de vaccination contre la peste bovine ont été menées par des agents vétérinaires et des agents de vaccination et qu'il n'y a pas eu de cas confirmé de peste bovine cette année. On a cependant signalé des cas de theilériose, de septicémie hémorragique et de charbon symptomatique et bactéridien.

Dans les régions de Wanwarra et d'Aweil Est, les éleveurs de bétail ont noté une baisse du prix du bétail local due à la fin des exportations vers l'Arabie saoudite ce qui semble indiquer qu'en dépit de la guerre certaines routes commerciales restent ouvertes. Les prix des ovins et des caprins sont semblables à ce qu'ils étaient les années passées ou en légère hausse. Les prix plus tard dans l'année seront plus indicatifs de la disponibilité des pâturages de saison sèche.

Disponibilités alimentaires dans le Soudan méridional

Les premiers rapports annonçant des retards dans l'arrivée des pluies ont suscité l'inquiétude des donneurs, surtout pour ce qui concernait les zones généralement excédentaires de Bahr el Ghazal Ouest, des Lacs et de l'Équatoria Ouest. En tout état de cause, les pluies, bien que tardives, ont eu une distribution normale. Cela ne permet cependant pas d'exclure des échecs de récoltes ou une mauvaise production dans le nord et l'est. Dans le nord, vu l'irrégularité de la distribution géographique des pluies, on trouve des zones d'excédents dans des régions déficitaires. Dans l'est, du fait de la longue période de sécheresse, des collectivités sont tributaires de cultures de deuxième cycle plantées tardivement qui, heureusement, semblent bien établies mais qui ne suffiront pas à fournir toutes les céréales nécessaires.

Les prix des céréales varient considérablement dans le sud la plupart des année et cette année ne fait pas exception. La mission a relevé des prix qui allaient de 30 LSd le kilo (pour le maïs) dans la région de Yambio à 900 LSd le kilo pour le sorgho dans la région de Juba. D'une manière générale, les prix sont plus élevés dans les villes contrôlées par les forces gouvernementales où les céréales sont livrées par péniches.

Les chiffres de production donnés au tableau 4a concernent la production céréalière totale de toute l'année 2000. Les livraisons de produits alimentaires ayant baissé dans les zones déficitaires en 2000, on peut prévoir qu'une plus grande quantité de céréales produites localement aura été consommée plus tôt, ce qui contribuera à réduire les stocks pour 2001. De même, il est impossible de prévoir la production de l'an prochain des cultures de sorgho et de maïs à cycle court, qui dépendent de la pluviosité et de l'importance des divers conflits et troubles civils. Le tableau 5 montre la situation de l'offre et de la demande des secteurs méridionaux et septentrionaux des États méridionaux. Les estimations de la production brute ont été corrigées en fonction des pertes durant et après la récolte et des besoins de semences.

Tableau 5 : Solde céréalier du secteur traditionnel en 2000/01, par État (en milliers de tonnes)

 
Population
(en milliers)
Production
(en tonnes)
Moins pertes et semences
Besoins de la consommation
Excédent /Déficit
HAUT NIL
1 312
91
76
79
-3
Haut Nil
420
33
28
25
3
Union
486
34
28
29
-1
Jonglei
406
24
20
25
-5
ÉQUATORIA
2 230
218
171
199
-28
BAHR EL JEBEL
869
68
53
69
-16
Yei
434
49
38
35
3
K-K
105
12
9
8
1
Juba
330
7
6
26
-20
ÉQUATORIA EST
686
17
14
55
-41
Kapoeta
301
2
2
24
-23
Torit
385
15
12
31
-18
ÉQUATORIA OUEST
675
133
104
74
30
Tambura
392
79
62
43
19
Yambio
67
18
14
7
7
Maridi
58
13
10
6
3
Mundri
158
23
18
17
1
BAHR EL GHAZAL
2 896
168
141
174
-33
NORD
1 688
68
57
101
-44
Aweil O
649
15
12
39
-27
Aweil E
527
24
20
32
-12
Abyei
12
5
4
8
-4
Twic
118
9
   
0
Gogrial
382
24
21
22
-2
OUEST
580
46
38
35
4
Wau
215
17
14
13
1
Raja
58
5
4
3
1
Warrab
307
24
20
18
2
LACS
628
54
45
38
7
Rumbek
426
37
31
26
5
Yirol
202
17
14
12
2
TOTAL
6 438
477
388
451
-63

Si le tableau 5 montre un déficit global de 63 000 tonnes, il fait comprendre qu'il est peu probable que les excédents d'Équatoria Ouest et de Bahr el Jebel soient disponibles pour les collectivités déficitaires, ce qui fera augmenter le déficit réel.

On prévoit que le secteur mécanisé produira quelque 100 000 tonnes, dont seulement 2 000 tonnes de Malakal et 7 000 tonnes des périmètres d'état de Renk seront mis à disposition des États méridionaux. Le reliquat sera probablement commercialisé par Kosti et n'influera probablement pas le bilan et les besoins d'aide alimentaire.

-------

5. MESURE DE SOUTIEN D'URGENCE AU SECTEUR AGRICOLE

Il découle de ce qui précède qu'il importe d'examiner attentivement les mesures d'urgence suivantes:

-------

6. SITUATION DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRE

6.1 Situation actuelle du marché

Contrairement à 1999 qui s'était caractérisé par des prix stables et assez bas des céréales, en 2000 les prix ont été élevés et fluctuants dans la plupart des régions. Cela tenait essentiellement à la faiblesse de la production céréalière de 1999, à l'épuisement des stocks en 2000 et au fait que les agriculteurs avaient commencé à produire plus de cultures de rapport pour profiter des prix plus intéressants.

Dans tous les marchés, les mouvements mensuels des prix font apparaître une hausse des prix du sorgho et du mil à partir de mai 2000, lorsque les faibles stocks de la récolte de l'année précédente ont commencé à s'épuiser. Les graphiques 1 et 2 ci-dessous montrent qu'en 2000, les moyennes mensuelles du prix du sorgho et du mil à Nyata, centre de commerce majeur dans le Darfour Sud, ont été plus élevées et plus fluctuantes qu'en 1999, atteignant des pics de 40 000 LSd le sac de 90 kg en juin et de 50 000 LSd en novembre.

En outre, les prix du bétail, surtout des caprins et des ovins, ont chuté jusqu'à trois fois par rapport à ceux de l'an dernier, les exploitants commençant à se défaire de leurs animaux en prévision des difficultés à venir. L'interdiction des importations de bétail imposée par les pays de la péninsule arabique, qui soupçonnaient des cas d'hépatite enzootique, a aussi contribué à l'engorgement du marché local du bétail. En conséquence, les termes de l'échange pour les pasteurs se sont gravement détériorés.

6.2 Bilan offre/demande de céréales pour 2000/01

Le bilan céréalier qui est donné au tableau 6 se fonde sur les hypothèses suivantes:

Tableau 6 : Soudan - Bilan céréalier pour 2000/01 (en milliers de tonnes)

 
Céréales
Riz
Sorgho
Mil
Blé
Autres
Disponibilités
3 653
5
2 700
524
334
90
Prélèvement sur les stocks
62
0
34
28
0
0
Production
3 591
5
2 666
496
334
90
Utilisation
4 855
35
2 700
524
1 373
223
Alimentation
4 372
35
2 373
479
1 335
150
Nourriture pour animaux
220
0
160
10
0
50
Semences
Pertes
83
180
0
0
34
133
10
25
21
17
18
5
Exportation
0
0
0
0
0
0
Besoins d'importations
1 202
30
0
0
1 039
133
commerciales
1 030
30
0
0
1 000
0
Aide alimentaire promise
34
0
0
0
11
23
Déficit non couvert
138
0
0
0
28
110

6.3 Situation nutritionnelle

Des enquêtes nutritionnelles ont été menées cette année dans 15 des 226 points de distribution du PAM au Soudan. En 2000, les taux de malnutrition ont varié d'une région à l'autre et à l'intérieur des régions. Dans les zones où l'insécurité et le manque d'accès ont sensiblement limité la livraison des approvisionnements de secours, comme par exemple dans certaines parties de Bahr el Ghazal, d'Union et de Kassala (Hamashokreib), la malnutrition est en général élevée, allant de 15 à 45 pour cent. Mais dans les régions plus accessibles, l'aide alimentaire a aidé à faire tomber les taux de malnutrition à moins de 10 pour cent, comme on peut le voir dans les camps de personnes déplacées à l'intérieur du pays situés dans les villes de garnison. Les zones de transition de Darfour Sud, de Khartoum et de Kordofan abritent des personnes déplacées depuis longtemps dont l'état nutritionnel est lié au manque de services de base. Les maladies sont une autre cause majeure de malnutrition dans ces régions: elle y avoisine les 20 pour cent. Dans les États sahéliens des États de la mer Rouge et du Soudan septentrional où existe un état chronique d'insécurité alimentaire, le taux de malnutrition est régulièrement supérieur à 23 pour cent et en augmentation.

La figure 3 montre que, dans l'ensemble, la situation nutritionnelle dans la plus grande partie du Soudan reste fragile, avec un taux de malnutrition supérieur à 15 pour cent. Dans le Haut Nil, Darfour, Kordofan et la plus grande partie de l'Union, on s'attend à voir une détérioration de la situation nutritionnelle.

6.4 Besoins d'aide alimentaire d'urgence dans l'an 2001

L'insécurité est la principale raison des besoins d'aide alimentaire au Soudan. Vu la volatilité et l'imprévisibilité de la production vivrière et des conditions de sécurité, le PAM continue à satisfaire les besoins d'aide alimentaire des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des autres Soudanais touchés par la guerre en fournissant une aide d'urgence. En 2000, le PAM prévoit de fournir 103 453 tonnes d'aide alimentaire d'urgence aux personnes déplacées à l'intérieur du pays et autres Soudanais touchés par la guerre. D'ici la fin de décembre 2000, un total de 100 000 tonnes d'aide auront été distribuées, contribuant de manière sensible à sauver des vies et à réduire les souffrances. Les taux de malnutrition ont sensiblement chuté dans de nombreuses régions du Soudan, tombant du niveau record de 45 pour cent enregistré en 1998 à moins de 15 pour cent à la fin de 2000. La présente Opération d'urgence a été prorogée jusqu'en mars 2001.

Tableau 7 : PAM - Besoins d'aide alimentaire d'urgence en 2000 et 2001 (Prévisions)

 
Année 2000
Année 2001
Secteur méridional
   
Bahr El Ghazal
20 915
21 722
Équatoria
5 588
10 454
Haut Nil/Jongelei
22 178
30 210
Monts Nuba
2 543
2 543
Total partiel
51 224
64 929
Secteur septentrional
   
Grand Khartoum
869
1 019
Nil Blanc
835
723
Kassala/Collines de la Mer Rouge
5 356
9 165
Kordofan Ouest
812
701
Kordofan Sud + Monts Nuba
2 739
2 661
Darfour Sud
6 153
2 963
Bahr El Ghazal
10 625
11 950
Union
4 562
7 529
Haut Nil
2 221
1 809
Jongelei
2 512
2 810
Équatoria
5 887
6 170
Projets Vivres contre travail
517
Incorporé
Projets alimentation
2 374
Incorporé
Total partiel
45 462
47 500
Imprévus
6 768
4 497
Total général
103 454
116 926

6.5 Autres interventions du PAM

Programme d'alimentation scolaire: financé par le PAM et mis en _uvre par le Ministère de l'éducation, le programme soudanais d'alimentation scolaire, dont le coût est estimé à 15 millions de dollars E.-U., offre des repas servis en milieu de matinée à quelque 300 000 élèves du primaire des États de la mer Rouge, de Kordofan (Nord et Ouest) et de Darfour (Nord et Ouest). La phase actuelle devant se terminer en décembre 2000, le PAM envisage d'élargir la portée du programme et de le cibler sur les centres urbains et commerciaux où l'on prévoit que se rassembleront, au cours des prochains mois, les personnes fuyant les effets de la sécheresse et l'insécurité. Dans la mesure où l'on prévoit que l'état nutritionnel va se détériorer du fait de la mauvaise campagne agricole en cours, il pourrait être nécessaire d'élargir le programme d'alimentation scolaire de manière à ce qu'il touche les enfants de moins de 5 ans qui ne sont pas encore inscrits à l'école.

Vivres-contre-travail: mis en _uvre dans les États de Kordofan (Nord, Ouest et Sud), de Darfour (Nord, Ouest et Sud) et de la mer Rouge, ce programme a pour objet d'améliorer l'accès à l'eau dans des régions semi-arides grâce à la construction et à la remise en état d'hafirs. Ces activités offrent des emplois saisonniers et contribuent à améliorer la sécurité alimentaire de quelque 300 000 bénéficiaires qui, sans elles, auraient émigré dans d'autres régions. En 2001, le PAM prévoit d'élargir le programme à d'autres activités: construction et remise en état d'écoles, de cliniques sanitaires, plantations d'arbres (autour des hafirs), et collecte de matériaux de construction.

Opérations prolongées en faveur des réfugiés: ce programme fournira une aide à quelque 130 000 réfugiés éthiopiens et érythréens et personnes déplacées dans l'est du Soudan jusqu'en octobre 2001. La poursuite d'une telle opération dépendra des perspectives de paix et de stabilité au Soudan et dans les pays voisins.

Logistique

Des décennies de guerre civile et de tribulations économiques ont pris un lourd tribu sur les routes et les ponts du pays. Le PAM utilise toute une gamme de moyens de transport - aériens, ferroviaires, routiers, et fluviaux - pour livrer les secours alimentaires à plus de 260 centres. Il a des bases opérationnelles et logistiques dotées d'installations appropriées de stockage au Soudan (Khartoum, Port Soudan, Kosti et El Obeid), au Kenya (Mombasa et Lokichoggio) et en Ouganda (Kampala et Koboko). De Mombasa, les produits sont transportés par route et rail jusqu'à Lokichoggio ou par rail jusqu'à Kampala puis par route jusqu'à Koboko dans le nord de l'Ouganda. A partir de Koboko, l'aide alimentaire est transportée par route, par des compagnies de transport commerciales, jusqu'à Bahr el Ghazal. A partir de Lokichoggio, Khartoum et El Obeid, les livraisons jusqu'aux points de stockage secondaires des centres où le PAM dispose de bureaux opérationnels ou jusqu'à leur destination finale dans le secteur méridional se font avant tout par voie aérienne.

Du fait du mauvais état des routes et de l'insécurité chronique, en 2000, jusqu'à 75 pour cent des quelque 50 000 tonnes d'aide alimentaire à destination du secteur méridional ont été livrées par voie aérienne. Cependant, le recours accru aux bases aériennes de Khartoum et d'El Obeid dans le secteur septentrional (au lieu de celle de Lokichoggio, au Kenya) pour le transport des produits jusqu'aux États voisins du secteur méridional a permis de réaliser des économies de coût d'environ 350 dollars E.-U.par tonne. En 2001, le PAM envisage d'acheminer au moins 35 pour cent des besoins du secteur méridional en provenance du nord par la base opérationnelle d'El Obeid.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'information le cas échéant.

Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télex 610181 FAO 1
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Courrier électronique: giews1@fao.org

M. Aranda da Silva
Directeur régional, OSA, PAM
Télex: 626675 WFP 1
Télécopie: 0039-06-6513-2839
Courrier électronique: Manuel.ArandadaSilva@wfp.org

Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1 Au début de décembre le taux de change était 1 dollar E.-U. = 2 570 LSd.