SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES AU CAMBODGE

29 décembre 2000

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1. VUE GÉNÉRALE

En septembre 2000, le Cambodge a connu l'une des pires inondations de ces quarante dernières années. Elle a entraîné le décès de centaines de personnes et la destruction massive des cultures, principalement le riz, des infrastructures, des propriétés et des voies de communication. On estime à plus de 3 millions les personnes touchées par la catastrophe, à un demi million celles qui ont dû quitter leur foyer et à 400 le nombre de morts. Les inondations de septembre n'ont fait qu'exacerber les problèmes causés par les inondations du mois de juillet. Outre les pertes humaines, on considère que le montant des dégâts s'élève à 100 ou 200 millions de dollars des États-Unis.

Étant donné l'étendue des dommages cumulés subis par les cultures de riz cette année et leurs conséquences possibles sur les disponibilités vivrières et sur la sécurité alimentaire des ménages l'an prochain, le gouvernement cambodgien a demandé qu'une Mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires soit dépêchée sur le terrain du 6 au 15 décembre afin d'évaluer la situation alimentaire générale et le besoin éventuel d'une aide dans ce domaine pour l'année 2001 (de janvier à décembre). Les conclusions de la mission sont fondées sur les entretiens que ses membres ont eus avec des organismes gouvernementaux, des institutions des Nations Unies, des ONG, des négociants et des agriculteurs ainsi que sur les visites qu'ils ont effectuées dans les principales régions rizicoles: Battambang, Kapong Cham, Prey Veng et Takeo.

La mission estime que les effets cumulatifs des inondations de cette année ont réduit la production de riz de saison des pluies sur quelque 400 000 hectares, bien que près de 60 000 hectares aient pu être sauvés. Par ailleurs, le niveau des précipitations cette année ayant été supérieur à la moyenne, la campagne a été dans l'ensemble favorable, en dépit des pertes dues aux inondations, et les rendements ont dépassé ceux de 1999, qui était une année de récolte exceptionnelle. La récolte n'était pas encore terminée au moment du passage de la mission, mais celle-ci estime que la superficie récoltée pendant la saison des pluies 2000 devrait être d'environ 1,64 million d'hectares au total, soit près de 5 pour cent au-dessous de la moyenne des quatre dernières années et le niveau le plus bas depuis 1996-1997, quand de fortes inondations avaient également sévi. Avec un rendement moyen estimé à 1,85 tonne par hectare, on prévoit une production de riz de saison des pluies de quelque 3,03 millions de tonnes. En outre près de 20 pour cent de la production annuelle totale de riz provient du riz de décrue et du riz de saison sèche. Les perspectives pour la saison sèche sont dans l'ensemble favorables, étant donné l'abondance de l'humidité résiduelle en surface et en profondeur, et des dépôts de limon. La production de saison sèche devrait donc se monter à 735 000 tonnes, comme en 2000, même s'il ne s'agit là encore que d'une estimation, la récolte ne devant avoir lieu qu'en mars et avril. La production de paddy pour 2000-2001 est donc estimée à 3,76 millions de tonnes ou 2,33 millions de tonnes d'équivalent riz. La mission estime que les réserves de riz du pays, sans compter la production de l'année en cours, sont relativement importantes suite à un marché intérieur et transfrontalier dans l'ensemble stagnant, ce qui se traduit par des prix qui restent inférieurs à ceux de l'an dernier. Compte tenu de ces stocks, la disponibilité totale en riz pour l'année 2001 devrait se monter à 2,433 millions de tonnes. Les utilisations totales prévues pour le ravitaillement de la population, les semences, les aliments pour animaux, diverses autres utilisations la reconstitution des stocks, qui ont servi à couvrir le déficit de la production de la saison des pluies, se chiffrent à 2,478 millions de tonnes, ce qui laisse un déficit de près de 45 000 tonnes. Ce déficit devrait être entièrement couvert par l'assistance alimentaire dans la filière, ce qui équilibrera l'offre et la demande en riz et évitera de devoir en importer.

En dépit d'un rapport offre-demande relativement favorable au niveau national, les inondations de cette année ont aggravé la vulnérabilité d'un très grand nombre de personnes, qui en temps normal vivent déjà à la limite du niveau de subsistance et sont exposés à l'insécurité alimentaire. On peut distinguer dans l'ensemble trois grandes catégories de personnes vivant dans une situation «d`insécurité alimentaire» dans le pays. Le premier groupe, le plus nombreux, est constitué d'environ 2 millions de personnes qui sont chroniquement exposées à l'insécurité alimentaire. Le second groupe est formé de personnes «vulnérables», c'est-à-dire les handicapés, les malades, les orphelins, etc., et comprend de 500 000 à 600 000 personnes. Le troisième groupe concerne environ 50 000 personnes en situation «d'insécurité alimentaire temporaire» due à des facteurs tels que les incendies, les inondations et la sécheresse. Cette année, ce troisième groupe, suite aux inondations exceptionnelles, est estimé à 3 millions de personnes, parmi lesquelles une analyse de vulnérabilité indique que 500 000 sont en situation d'extrême insécurité alimentaire. Étant donné l'amplitude du problème, ce dernier groupe pourrait devenir chroniquement exposé à l'insécurité alimentaire si les personnes qui le composent doivent recourir à des expédients, comme la vente de terrains, le recours à des prêts à usure, etc. afin de pouvoir pallier le déficit alimentaire du foyer dû aux dommages causés par les inondations. Toutefois, si une assistance alimentaire ciblée est fournie, on peut espérer que, avec la prochaine récolte, la presque totalité du groupe retrouvera sa situation antérieure. Pour pouvoir faire face aux besoins alimentaires du demi million de personnes qui sont les plus menacées, la mission propose de fournir une assistance alimentaire complémentaire pendant quatre mois. Une partie de cette aide (un mois et demi) serait fournie dans le cadre d'une Opération d'urgence (EMOP 6296.00) tandis que 16 000 tonnes supplémentaires seront nécessaires pour couvrir les besoins alimentaires pendant la période restante.

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2. LE SECTEUR AGRICOLE ET L'ÉCONOMIE

Le Cambodge possède de nombreuses ressources naturelles, en particulier des forêts, des pêcheries côtières et intérieures, une grande diversité de zones agricoles convenant à une large gamme de cultures et de types d'élevage. Le pays est formé par une vaste cuvette alluvionnaire occupée en son centre par le lac Tonle Sap, dont la superficie peut doubler pendant la saison des pluies. Le Mékong et le lac fournissent des réserves importantes d'eau, nécessaire aux cultures pendant la saison sèche. Le lac est enfin une réserve précieuse de poissons d'eau douce.

Trente-six pour cent des 13 millions d'habitants du pays1 vivent au-dessous du seuil de pauvreté ; 43 pour cent ont moins de 14 ans et ne contribuent donc pas pleinement à l'activité économique du pays. Le revenu annuel par habitant était estimé, en 1999, à environ 280 dollars E.-U., ce qui range le pays parmi les plus pauvres du monde. Près de 85 pour cent de la population vit dans les zones rurales et l'agriculture constitue la principale source de nourriture et de revenu pour les familles. L'ONU estime que près de 50 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de troubles de la croissance et 20 pour cent de malnutrition grave.

Pendant les années 90, le Cambodge a connu une transition relativement difficile d'une économie planifiée à une économie de marché. Les réformes et les politiques visant à encourager le développement du secteur privé ont été adoptées en 1989 et 1990 et se sont traduites par une libéralisation de l'économie, un démantèlement du contrôle des prix et la mise en application de mesures destinées à soutenir le développement du secteur privé et les investissements étrangers.

L'agriculture constitue le secteur économique le plus important et représente actuellement près de 43 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Elle est dominée par la culture du riz et l'élevage qui, ensemble, représentent environ un tiers de la production agricole2 et près de 27 pour cent du PIB. Les pêcheries et l'exploitation forestière n'assurent encore que 5 pour cent du PIB, mais les perspectives de croissance semblent bonnes. En 1999, le gouvernement a annoncé le lancement d'un plan triennal destiné à favoriser les investissements afin d'accroître la production agricole et la valeur ajoutée de ce secteur. Les zones prioritaires retenues sont le transport et les routes afin d'améliorer l'accès aux marchés, ainsi que l'industrie agro-alimentaire pour accroître la valeur ajoutée. Au cours des dernières années, le Cambodge a cherché à produire un excédent de riz en vue de son exportation en Thaïlande et au Viet Nam.

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3. PRÉCIPITATIONS ET INONDATIONS EN 2000

En dépit des effets contraires de la sécheresse en début de saison et de fortes inondations, le niveau des précipitations et la saison dans son ensemble ont été favorables à la production rizicole et les récoltes à venir dans nombre de régions semblent très prometteuses. Étant donné ces facteurs, les rendements devraient être plus élevés cette année que l'année dernière et compenser en partie la baisse de production due aux effets des inondations.

Pendant la saison des pluies, les précipitations ont été dans l'ensemble favorables à la production agricole. Elles ne sont pas la cause première des inondations de cette année qui ont été essentiellement causées par le passage de typhons. Dans la plupart des zones les plus importantes de production agricole, elles ont été supérieures à la normale et semblables à celles de 1999, ce qui est très favorable. Voir graphique 1.

Les inondations se sont produites d'abord en juillet puis se sont répétées avec plus de violence et sur une plus grande superficie en septembre quand les eaux du Mékong ont atteint des niveaux supérieurs à la normale en certains endroits stratégiques et ont dépassé la cote d'alerte. La figure 2 présente l'évolution du niveau des eaux du haut Mékong par rapport à la moyenne et à la cote d'alerte.


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4. PRODUCTION AGRICOLE EN 2000/2001

La plupart des familles d'agriculteurs produisent du riz. Les principales zones rizicoles sont les provinces de Battambang, Banteay Meanchay et Siem Reap dans le Nord-Ouest, et Kmpong Cham, Takeo et Prey Veng dans le Sud-Est. Dans les années normales, l'ensemble de ces provinces produit 63 pour cent environ de la production totale. La plupart des cultures de riz sont des cultures de saison des pluies, qui vont de juillet à octobre. Elles dépendent entièrement des précipitations et représentent 85 pour cent de la production agricole annuelle, plus de quatre-ving dix pour cent des superficies récoltées et près de 70 pour cent des apports énergétiques du régime alimentaire. Cinq différents systèmes de riziculture sont pratiqués au Cambodge, dont trois durant la saison des pluies et deux durant la saison sèche:

Pendant la saison des pluies, trois catégories de riz sont cultivées: précoce, moyenne et tardive, la période de croissance allant de 90 à 210 jours. La séquence des récoltes pour les différents types de riz et les différentes saisons est donnée ci-après dans le graphique 3.

Undisplayed Graphic

4.1 Zone rizicole en 2000/2001

La superficie rizicole a fortement diminué passant d'environ 2,5 millions d'hectares vers la fin des années 60 à 1,8 million d'hectares en 1992/93. Pendant la première moitié des années 90, le redressement et l'expansion de la production rizicole ont été freinés en partie par l'énorme quantité de mines terrestres, qui, selon les estimations, recouvraient près de 30 pour cent des terres arables. Depuis 1995, cependant, on observe un accroissement progressif de la superficie et de la production rizicoles; ainsi une récolte exceptionnelle a été rentrée en 1999 et les estimations pour l'an 2000, réalisées avant les inondations, laissaient prévoir un niveau analogue de la production. Au cours des cinq dernières années, la superficie cultivée s'est accrue de 4,5 pour cent par an et le rendement a augmenté de 2 pour cent. Voir les tableaux 1 et 2.

Les inondations de 2000 ont toutefois causé de grands dommages aux rizières, la récolte ayant été détruite sur 400 000 hectares. Bien que près de 60 000 hectares aient été remis en état et replantés après les inondations de septembre, la superficie potentielle pour la récolte du riz de saison des pluies, qui est en cours, devrait être d'environ 1,64 million d'hectares, c'est-à-dire inférieure de 5 pour cent à la moyenne des quatre années précédentes et la plus basse depuis 1996/97, une autre année d'inondations.

Outre les grandes inondations qui se sont produites du milieu à la fin du mois de septembre et ont détruit le riz sur pied, la production a souffert de la sécheresse qui a sévi au début de la saison dans plusieurs provinces et empêché alors les semis précoces de riz, ainsi que des premières inondations de fin juillet. L'effet combiné d'inondations, au début et à la mi-saison, et de sécheresse a donc contribué à la réduction des zones ensemencées en riz de saison des pluies et à la baisse de la récolte.

4.2 Production de riz de saison des pluies en 2000/2001

La production de riz de saison des pluies représente près de 80 pour cent de l'ensemble de la récolte de riz, le reste provenant des récoltes de riz de décrue et de riz de saison sèche. Pendant la saison humide, les agriculteurs plantent du riz à maturation précoce, moyenne et tardive selon les emplacements, les sols et les conditions climatiques générales. Alors que le riz de saison sèche ne représente généralement que 10 pour cent de la superficie ensemencée, la production est proportionnellement plus élevée, autour de 18 à 20 pour cent, car les rendements sont supérieurs. Quelle que soit l'année, la superficie et la production de riz de saison sèche sont tributaires des précipitations tombées au cours de la saison des pluies précédente et des inondations du système du Mékong, dont dépendent le niveau de l'eau dans les réservoirs et l'humidité résiduelle des sols. Pour la saison sèche de 2001, compte tenu de la situation actuelle des réserves en eau et de l'humidité du sol, la récolte s'annonce bonne car la plupart des réservoirs sont presque pleins et la décrue des eaux a été beaucoup plus lente par suite de l'abondance en eau et de précipitations continues et hors saison jusqu'au début décembre. Toutefois, en dépit des prévisions optimistes concernant la saison sèche, la production dépendra également de la rapidité avec laquelle les structures d'irrigation endommagées pendant les inondations, seront remises en état. Il est évident que si ces structures ne peuvent être réparées à temps, il sera difficile d'assurer l'irrigation des cultures, ce qui en influencera le rendement.

La mission, en se basant sur les données disponibles et les observations faites sur le terrain, estime la production de paddy de saison des pluies à 3 027 millions de tonnes pour une superficie de 1 636 millions d'hectares. Le rendement moyen des superficies récoltées sera d'environ 1,85 tonne par hectare, soit 2 pour cent de plus que la moyenne de 1999. La production totale en 2000, en dépit de la gravité des inondations, ne devrait donc être inférieure à celle de 1999 que de 9 pour cent.

Tableau 1: Cambodge - Production de paddy de 1996/1997 à 2000/2001

Récolte
2000/2001
2000/2001 en pourcentage de 1999/2000
1999/2000
1999/2000 en
pourcentage de 1998/99
1998/99
1998/99 en pourcentage de 1997/98
1997/98
1997/98 en pourcentage de 1996/97
1996/97
Saison des pluies
                 
Superficie récoltée (milliers d' ha)
1 636
89
1 846
106
1 744
104
1 685
103
1 640
Production (milliers de tonnes)
3 027
91
3 333
116
2 880
108
2 673
98
2 733
Rendement (tonnes/ha)
1,85
102
1,81
110
1,65
104
1,59
95
1,67
Saison sèche
                 
Superficie récoltée (milliers d'ha)
237
102
233
107
217
89
244
111
219
Production (milliers de tonnes)
735
104
708
111
635
86
742
113
657
Rendement (tonnes/ha)
3,10
102
3,04
104
2,93
96
3,04
101
3,00
Total
                 
Superficie récoltée (milliers d'ha)
1 873
90
2 079
106
1 961
102
1 929
104
1 859
Production (milliers de tonnes)
3 762
93
4 041
115
3 515
103
3 415
101
3 390
Rendement (tonnes/ha)
2,01
104
1,94
108
1,79
101
1,77
97
1,82

Tableau 2: Cambodge - Comparaison de la production des superficies récoltées et du rendement de 1996/1997 à 2000/2001

 
1996/19997
1997/1998
1998/1999
1999/2000
2000/2001
 
Superficie récoltée
(milliers d'ha)
Rend.
(t/ha)
Production
(milliers de tonnes)
Superficie
récoltée
(milliers d'ha)
Rend.
(t/ha)
Production
(milliers de tonnes)
Superficie
récoltée
(milliers d'ha)
Rend.
(t/ha)
Production
(milliers de tonnes)
Superficie
récoltée
(milliers d' ha)
Rend.
(t/ha)
Production
(milliers de tonnes)
Superficie
récoltée
(milliers d'ha)
Rend.
(t/ha)
Production
(milliers de tonnes)
Saison des pluies
1 640
1,67
2 733
1 685
1,59
2 673
1 744
1,65
2 880
1 846
1,81
3 333
1 636
1,85
3 027
Saison sèche
219
3,00
657
244
3.04
742
217
2,93
635
233
3,04
708
237
3,10
735
Total
1 859
1,82
3 390
1 929
1,77
3 415
1 961
1,79
3 515
2 079
1,94
4 041
1 873
2,01
3 762

4.3 Prévision de la production de riz de saison sèche en 2001

Les perspectives pour la récolte de riz de saison sèche en 2001 sont généralement bonnes étant donné l'humidité élevée et le niveau de l'eau dans les réservoirs d'irrigation. Par ailleurs, la décrue des eaux a été beaucoup plus lente que d'habitude, offrant ainsi aux agriculteurs la possibilité de tirer une meilleure production des cultures de riz de saison sèche et de riz de décrue. La zone cultivée en riz de saison sèche est fortement conditionnée par l'emplacement des cultures et la disponibilité en eau et ne dépassera probablement pas les 237 000 hectaresmis en culture en 1999, mais la productivité sera probablement plus élevée que l'année dernière. A la date du présent rapport, la mission ne peut donner qu'une estimation approximative du résultat final de la récolte de l'année prochaine, mais étant donné les perspectives favorables, elle pense que la production correspondra aux prévisions initiales, c'est-à-dire 735 000 tonnes comme en 2000.

L'ensemble de la production de paddy pour la campagne de commercialisation 2000/2001 (janvier - décembre), y compris la production de saison des pluies 2000 et la production de saison sèche prévue pour 2001, est donc estimée à 3,762 millions de tonnes, soit 2,332 millions de tonnes en équivalent riz.

4.4 Autres cultures

Une petite partie des terres agricoles est consacrée à la production de légumes. Ces cultures, produites en quantités limitées sont toutefois importantes d'un point de vue nutritionnel pour les familles. Il s'agit essentiellement de maïs, légumes, haricots mungo, soja et manioc, ainsi que de patates douces, canne à sucre, sésame et arachides. Ces cultures sont situées principalement dans les lieux densément peuplés comme les provinces de Kandal, Kompong Cham et Kompong Speu. Ces provinces présentent habituellement un déficit en riz et les agriculteurs cherchent à cultiver des espèces plus rentables que le riz.

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5. SITUATION DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE DE RIZ

5.1 Prix et accès au riz

En dépit des dommages causés par les inondations de cette année, la situation générale du riz au Cambodge reste satisfaisante du point de vue général de l'offre. Bien que la production de riz de saison des pluies ait baissé à la suite de la perte de 400 000 hectares due aux inondations, la mission estime qu'il est peu probable que le pays connaîtra une pénurie de riz en 2001 car, d'une part, les négociants ont maintenu des stocks importants dans le pays en raison du faible cours du riz en 2000 et, d'autre part, la récolte de riz de saison sèche s'annonce bonne. Le fait que le cours du riz ait baissé, tant à la production qu'au détail, en 2000 et se soit maintenu dans l'ensemble au-dessous du cours de 1999, renforce cette conclusion. Pendant ses discussions avec les négociants et les agences gouvernementales, la mission a pu se rendre compte que cette baisse de prix du riz serait due en partie à une diminution de la demande provenant des négociants de Thaïlande et du Viet Nam. Ce qui pourrait être éventuellement le signe d'une réduction de la demande et d'une tendance à la baisse du cours international du riz à l'exportation. En conséquence de la stagnation du marché, certains négociants disposent de stocks de riz supérieurs de 30 à 300 pour cent à ceux de l'année dernière.

Le graphique 4 présente l'indice du prix du riz sur le marché cambodgien et le graphique 5 indique l'évolution des prix fob du riz thaï au cours des trois dernières années jusqu'au mois d'octobre dernier.

Même dans les communes riveraines relativement plus riches (où sont cependant situées les familles ayant le plus souffert des inondations), près de 20 à 40 pour cent des foyers vivent au-dessous du seuil de pauvreté. En raison de la destruction à grande échelle des cultures et de la difficulté de recourir à d'autres expédients, cette partie de la population ne disposera pas de ressources suffisantes pour acheter des vivres sur les marchés d'autant plus que, en moyenne, le déficit en riz par personne correspond à 6 mois. Ils devraient recourir à des expédients radicaux comme emprunter à des taux d'intérêt très élevé ou vendre des biens essentiels comme des terres. Les inondations ont non seulement réduit les revenus mais elles ont encore entravé l'accès aux marchés en raison du mauvais état des transports et des voies de communication.

*Source : FAO: Perspectives de l'alimentation, novembre 2000.

5.2 Bilan de l'offre et de la demande de riz en 2001

Le bilan de l'offre et de la demande en riz pour l'année 2001 (janvier-décembre) est fondé sur les hypothèses suivantes:

Le tableau 3 présente le bilan du riz en 2001.

Tableau 3: Cambodge - Bilan du riz en 2001 (janvier-décembre)

 
(milliers de tonnes)
Disponibilités intérieures
2 433
Production totale de riz
2 333
Saison des pluies 2000
1 877
Saison sèche 2001
456
Stocks d'ouverture
100
Utilisation Totale
2 478
Consommation alimentaire
1 981
Semences
143
Pertes après récoltes et utilisations variées
334
Stocks de clôture
20
Déficit non couvert
45
Aide prévue en riz
45
Besoins d'importation non couverts
0

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6. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE POUR 2001

Comme le montre le tableau 3, contrairement aux dernières années, marquées par un excédent en riz, le pays connaîtra en 2001 un déficit qui sera compensé en partie par des prélèvements sur les stocks relativement importants du secteur privé et le reste par l'aide alimentaire prévue. Il n'y aura donc aucun besoin d'importer.

Si la situation pour 2001 est relativement satisfaisante d'un point de vue général, les inondations de cette année accentueront la vulnérabilité de certaines personnes, qui vivent habituellement à un niveau proche de la subsistance, et sont exposées à l'insécurité alimentaire, tout au moins jusqu'à leurs prochaines récoltes.

Les analyses de vulnérabilité en cours montrent qu'il existe trois grandes catégories de personnes souffrant d'insécurité alimentaire au Cambodge. Le groupe le plus nombreux comprend les personnes, 2 millions environ, se trouvant dans une situation chronique d'insécurité alimentaire postérieure au conflit. De ce nombre, 1,5 million de personnes reçoivent actuellement une aide alimentaire du PAM par le biais d'une IPSR3. Le deuxième groupe, 500 000 personnes, constitue la «population vulnérable», c'est-à-dire les handicapés et les orphelins, dont 150 000 reçoivent actuellement une aide grâce à des mécanismes sociaux et institutionnels du PAM, du gouvernement et d'ONG.

Le troisième groupe, nouveau celui-ci, comprend les personnes qui n'avaient pas été touchées par les inondations des quarante dernières années mais l'ont été par celles de cette année-ci. Etant donné que les inondations ont détruit de larges superficies rizicoles et que près de 500 000 personnes ont dû être déplacées, les besoins alimentaires de ce groupe sont critiques, d'autant plus qu'elles ne disposent en général que de stratégies d'adaptation limitées. On estime à 3 millions le nombre de personnes concernées, parmi lesquelles 500 000, les plus touchées, reçoivent actuellement une aide du PAM dans le cadre d'une opération d'urgence approuvée en octobre 2000, après les inondations. Ces personnes en situation d'insécurité alimentaire momentanée, qui reçoivent une assistance alimentaire ciblée, devraient être à même de pourvoir à leurs besoins dès la prochaine récolte (décembre 2001).

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6.1 ANALYSE DE L'INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AU CAMBODGE

Zones d'économie alimentaire : L'analyse de la sécurité alimentaire, de la vulnérabilité et des besoins en aide alimentaire est fondée sur le lieu géographique et les ressources locales, qui jouent un rôle de premier plan en matière de sécurité alimentaire, ainsi que sur les facilités d'accès en particulier pour les démunis des zones rurales. On peut distinguer au Cambodge les zones d'économie alimentaire suivantes, sur la base desquelles il est possible de déterminer les moyens d'existence et les stratégies d'adaptation:

1) Basses terres non irriguées: La majorité des populations vivant dans ces zones comptent sur une seule récolte de riz de saison des pluies, cultivé sur de petits lopins de terre non irrigués, laquelle constitue leur principale source de nourriture et de revenu; elles complètent leurs revenus par diverses activités saisonnières. Le terrain est relativement plat et cultivé de façon intensive. Ces zones comprennent 43 districts et sont habitées par 3,5 millions de personnes.

2) Brousse: La principale ressource de ces zones est la forêt dégradée ainsi que les emplois salariés. La culture du riz est insuffisante pour faire face aux besoins annuels. Les ménages sans terre sont légion dans ces zones. Toute diminution des ressources forestières due à leur exploitation met en péril la population, qui est en outre isolée des marchés et des principales voies de communication. Ces zones couvrent 28 districts et comptent une population d'environ 1,9 million de personnes.

3) Riverains : La majorité des personnes habitant dans ces zones vivent de la culture commerciale, du riz flottant ou de saison sèche et de la pêche qui leur assurent la sécurité alimentaire et un revenu. Ils habitent près des grandes rivières ou dans les communes bordant le Tonle Sap. Elles sont au nombre de 2,8 millions, réparties sur 29 districts. Actuellement (décembre 2000), ces populations vivent des faibles quantités d'aliments récoltés ou stockés l'année dernière. On n'observe pas encore de phénomènes comme le recours à l'échange de vivres contre le travail, l'emprunt ou la migration vers les villes. L'activité principale est actuellement de resemer dans l'espoir d'obtenir une récolte de riz de décrue. Lors des entrevues sur le terrain, la mission a pu se rendre compte que la population recourt plus fréquemment et pour de plus longues périodes à des expédients, en particulier l'émigration. Si une assistance alimentaire ciblée n'atteint pas ces personnes, des stratégies d'adaptation inacceptables réapparaîtront, comme la vente de terres ou de biens essentiels ainsi que l'émigration à long terme (enfants inclus).

4) Villes-marchés: La plupart des personnes vivant dans cette zone d'économie alimentaire occupent des emplois salariés ou ont de petites entreprises dans les centres urbains. Ces zones couvrent 18 districts et on estime à 1,8 million le nombre de leurs habitants.

5) Forêt: Les personnes vivant dans ces zones dépendent pour l'essentiel des produits de la forêt dont ils tirent leur nourriture et leurs revenus. Ces zones couvrent 29 districts et la population, relativement peu dense (moins de 8 habitants par km2), est estimée à 620 000 personnes.

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6.2 ZONES D'ÉCONOMIE ALIMENTAIRE ET ACCÈS DES MÉNAGES À LA NOURRITURE

L'analyse de vulnérabilité4 montre, en ce qui concerne l'accès des ménages à la nourriture, que les habitants des terres basses non irriguées et de la brousse sont les moins bien lotis. Ils connaissent en général une période de famine de 1 à 2 mois chaque année, ont des dettes plus lourdes que la moyenne, possèdent moins de biens et doivent recourir à de nombreux expédients préjudiciables (comme l'emprunt d'argent, la vente de biens, l'émigration, etc.). La croissance globale de l'économie (selon les prévisions, 5 à 6 pour cent par an au cours des trois prochaines années) risque de ne pas toucher ces personnes au cours des prochaines années (rapport de l'Institut cambodgien de recherche sur le développement)5. Elles constituent le groupe principal de personnes souffrant d'insécurité alimentaire pendant les années normales et ont besoin d'assistance alimentaire ainsi que de revenus supplémentaires, d'emplois, d'infrastructures, comme les routes, les canaux d'irrigation, des banques de riz, mais aussi d'activités de formation afin de pouvoir surmonter à la longue leur insécurité alimentaire chronique. La plus grande part de cette aide est destinée aux zones de basses terres non irriguées et de brousse, qui reçoivent plus de 70 pour cent de l'aide alimentaire destinée aux communes souffrant d'insécurité alimentaire.

Par contre, les populations riveraines s'en sortent normalement mieux (en termes de sécurité alimentaire) que la moyenne. Dans une année normale, moins de 10 pour cent de l'aide alimentaire ciblée leur est destinée. La majorité des personnes qui actuellement ont été touchées par les inondations appartiennent à cette zone d'économie alimentaire. Elles ont dû recourir davantage aux mécanismes habituels d'adaptationafin de compenser le déficit grave occasionné par les inondations: a) émigration b) pêche c) culture de riz de décrue et de saison sèche d) culture de palmiers à sucre et e) petits métiers. Les enquêtes montrent que ces populations craignent que la récolte pendant la saison sèche (ainsi que d'autres mécanismes d'adaptation) ne suffisent pas à compenser leur déficit et qu'elles ne doivent contracter des dettes pour combler la différence, et cela en dépit du recours aux stratégies d'urgence mentionnées ci-dessus.

Moins les familles recourent normalement à des expédients, moins elles ont l'expérience des chocs ou des crises. Ce sont donc elles qui ont le plus grand besoin d'aide d'urgence, en particulier en cas de désastre naturel. Si l'on peut aider ces familles à ne pas tomber dans la spirale des dettes, elles pourront redresser leur situation lors de la prochaine récolte (en décembre 2001)6 et ne nécessiteront donc pas d'aide alimentaire supplémentaire.

6.3 Méthodes de détermination de l'aide alimentaire à apporter aux personnes en situation d'urgence chronique

Le ciblage des personnes en situation d'insécurité alimentaire a lieu au niveau des communes. Le mécanisme de base de l'aide alimentaire au Cambodge repose sur la création de revenus et d'emplois organisée au niveau communal par le biais de "vivres-contre-travail" (plus de 85 pour cent des ressources sont transférées aux bénéficiaires par ce mécanisme). En moyenne, près de 60 pour cent de la population des communes ciblées se joignent aux projets du PAM (une commune de taille moyenne a 7 000 habitants ou environ 1 300 familles). Pour les populations en situation d'insécurité alimentaire chronique, le transfert de l'aide couvre leur déficit annuel en riz, soit environ 20 kg de riz en moyenne, l'équivalent d'un mois et demi de consommation de riz par habitant par an.

Pour le ciblage de 2001, on a utilisé l'Étude socio-économique du RGC de 1999 , le recensement de 1998 et les indices de pauvreté du PAM pour 1997, 1998 et 1999 afin de déterminer les communes touchées par l'insécurité alimentaire. Les dépenses de consommation indiquées dans l'enquête socio-économique ont été ajustées en fonction d'une série de variables indépendantes (éducation, taille de la famille, occupation du chef de famille, distance jusqu'à la route principale, etc.) afin d'obtenir un rapport significatif. Ces coefficients ont ensuite été appliqués aux mêmes indicateurs dans les données du recensement concernant 2,1 millions de familles (presque toutes cambodgiennes) afin de déterminer les dépenses de consommation prévues pour chacune de ces familles. Le seuil de pauvreté fixé par le gouvernement (fondé sur les dépenses de consommation nécessaires pour obtenir 2 100 calories alimentaires par jour plus un minimum de dépenses non alimentaires) a été utilisé pour ajuster les dépenses de consommation estimées au niveau de la commune et déterminer ainsi le pourcentage de familles se trouvant sous ce seuil. Ce pourcentage a ensuite été comparé aux 25 pour cent des communes les plus pauvres en 1997, 1998 et 1999 afin de déterminer quelles sont celles qui souffrent d'insécurité alimentaire chronique. Il en ressort que 306 communes, avec une population totale de 2,1 millions de personnes, se trouvent dans cette situation. De ce nombre, environ 1,43 million devraient bénéficier d'une aide alimentaire ciblée de 2001 à 2003. La ventilation de cette aide alimentaire prévue par le PAM pour 2001 est donnée dans le tableau 4.

Tableau 4: Aide alimentaire prévue en 2001

Groupes de population
Bénéficiaires de l'aide alimentaire prévue
Tonnes nécessaires
Populations souffrant d'insécurité alimentaire chronique (y compris les populations touchées par l'insécurité civile et déplacées)
1 350 000
29 000
Groupes du secteur social (handicapés, malades, etc.)
194 300
9 300
Opérations d'urgence (Octobre 2000 - Mars 2001)
500 000
15 000
Ces trois catégories de bénéficiaires sont actuellement couvertes par l'Intervention prolongée de secours et de redressement (2001-2003) et l'Opération d'urgence (Octobre 2000 - Mars 2001) du PAM


Pour l'Opération d'urgence, un ciblage en deux temps a été adopté :

Ces trois critères ont permis de désigner 114 communes souffrant de déficit alimentaire dû aux inondations, même après un recours extensif aux stratégies d'adaptation mentionnées ci-dessus.

Afin d'établir une liste finale des communes retenues en vue de l'assistance alimentaire en 2001 (janvier - décembre 2001), ces 114 communes sont maintenant soumises à un examen croisé fondé sur :

On estime que le chiffre final sera de près de 500 000 bénéficiaires pendant environ 4 mois. Avec une ration de 450 grammes par jour par personne, le besoin total en aliments est estimé à 16 000 tonnes d'avril à décembre 2001. Bien que cette population, comme il est dit plus haut, soit relativement mieux lotie que les bénéficiaires habituels du PAM pendant les années normales, leurs besoins se sont révélés plus importants qu'on ne le pensait d'abord. Si ces besoins alimentaires sont couverts, les victimes des inondations ne seront pas tentées de recourir à des expédients comme des emprunts à taux d'intérêt exorbitants ou la vente de terres. Il s'agit de les aider à se remettre en selle et il est très probable qu'ils ne nécessiteront plus aucune aide après la récolte de décembre 2001.

Les communes ciblées en vue d'une aide alimentaire d'urgence du PAM à la suite des inondations doivent présenter un déficit minimum de 4 mois (par rapport à une récolte normale). On estime que les communes ayant un déficit inférieur à 4 mois peuvent étendre leurs stratégies d'adaptation et n'ont pas besoin d'une aide immédiate.

Parmi les communes pour lesquelles la phase III de l'assistance fournie au titre de l'Opération d'urgence est envisagée (environ 51 communes et une population de 400 000 personnes), les déficits vont de 4 à 12 mois. Le déficit moyen du groupe le plus sévèrement touché est de 6 mois. On estime que la Phase III de cette Opération permettra d'apporter une aide équivalente à 1 mois et demi de consommation et que le déficit restant, soit environ 4 mois (assistance alimentaire nécessaire pour 2 mois et demi et stratégies d'adaptation pour le mois et demi restant) pourrait être comblé par une nouvelle aide alimentaire.

L'analyse indique que le besoin d'aide alimentaire total se monte à 16 000 tonnes pour la période allant d'avril à décembre 2001. Les communes ciblées pour une assistance alimentaire en 2001 sont indiquées dans la carte ci-dessous.

6.4 Types d'aide alimentaire supplémentaire

L'aide alimentaire supplémentaire pour les populations souffrant d'une insécurité alimentaire momentanée due aux inondations sera analogue à celle qui est mise en _uvre dans le cadre de l'IPSR en cours, et qui consiste essentiellement en activités vivres-contre-travail faisant appel à la main-d'_uvre de la communauté.

Le PAM, par l'entremise du Ministère du développement rural, évalue actuellement les dommages causés par les inondations aux petites infrastructures. Cette évaluation permettra de fournir des données concernant les structures endommagées, leur emplacement exact et les réparations nécessaires.

La liste des communes ciblées gravement touchées par les inondations et souffrant d'insécurité alimentaire, établie par l'Unité VAM du PAM, ainsi que les données concernant les dommages subis par les petites infrastructures seront transmises aux partenaires d'exécution du PAM, aux départements provinciaux du développement rural et aux ONG. Le personnel des partenaires d'exécution du PAM se réunit avec les Comités de développement des communes, où ils sont les dirigeants opérationnels ou des communes, afin de les informer du processus de participation à appliquer pour la sélection de projets vivres-contre-travail. Pendant les réunions dans les villages, diverses questions de planification sont discutées, entre autres les besoins prioritaires, les types d'activité, leur importance, la participation des groupes vulnérables, l'égalité homme-femme, la contribution des communautés, les biens communautaires et les plans d'entretien.

Les détails du projet sont ensuite introduits dans la base de données du projet du PAM. Les activités sont surveillées par les membres de la communauté et contrôlées et approuvées par le moniteur technique du PAM. Tous les partenaires évaluent ensemble les propositions: les représentants de la communauté, les moniteurs du bureau provincial du PAM et le partenaire chargé de l'exécution. Après consensus, un accord est préparé précisant le détail de l'activité, en particulier le nombre de ménages participants, les rations alimentaires, et les résultats attendus, avec les spécifications techniques préparées par le partenaire d'exécution. Le personnel du PAM effectue des visites régulières pour suivre les progrès et contrôler la qualité technique. À la fin de l'activité, la communauté et le partenaire d'exécution évaluent le résultat final du projet. Le personnel du PAM fait alors une vérification croisée de ce résultat. Une fois obtenu un accord sur le résultat final, l'organisme d'exécution prépare un bon de commande de vivres qui doit être approuvé par le Chef du bureau provincial du PAM. Ces modalités d'application ont été mises au point pendant les deux années de l'IPSR 6038.00 en cours.

Le PAM dispose actuellement de 13 bureaux provinciaux, couvrant les 24 provinces et municipalités du pays pour ce qui est des activités du secteur social et 14 provinces en ce qui concerne les activités créatrices de revenus.


Carte établie par le VAM du PAM, décembre 2000
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7. LOGISTIQUE

Le Bureau du PAM dans le pays dispose d'un responsable logistique international et de trois fonctionnaires nationaux chargés de la gestion générale du mouvement des denrées, des rapports et des achats sur place. Le PAM dispose de six entrepôts dans les provinces, tous placés sous son contrôle. Les services de transport jusqu'aux sites des projets sont la plupart du temps fournis par le secteur privé.

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8. RECOMMANDATIONS À MOYEN TERME

De très graves inondations ont dévasté le secteur agricole cette année. Afin d'encourager le redressement et la remise en état à moyen terme, les remarques suivantes sont importantes:

Outre les recommandations portant sur le redressement de l'agriculture, la mission estime que l'évaluation de la production agricole au niveau des communes, menée conjointement par le PAM et les départements provinciaux du Ministère de l'agriculture, des forêts et des pêches en novembre 2000, a permis de réunir des données utiles pour le ciblage et la planification des programmes au Cambodge. Afin de poursuivre dans ce sens, elle recommande que le gouvernement assume à l'avenir la pleine responsabilité de ces études.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à:

Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél GIEWS1@fao.org

John M. Powell
Directeur régional, OAE, PAM
Télécopie: 0039-06-6513-2863
Mél: John.Powell@wfp.org

Il est également possible de recevoir automatiquement, par messagerie électronique, les Alertes spéciales et les Rapports spéciaux, dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. À cette fin, veuillez envoyer un message électronique à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org , sans indiquer la case "sujet" en indiquant le message suivant:

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1 Chiffres tirés du recensement de la population effectué par le gouvernement en 1998.

2 Rapport national de l'Unité d'études économiques, novembre 2000.

3 IPSR : Intervention prolongée de secours et de redressement.

4 L'analyse de vulnérabilité vient à l'appui de l'assistance alimentaire ciblée du PAM depuis les cinq dernières années. Des informations sur un certain nombre d'indicateurs (récoltes, routes, accès aux marchés, forêt, pêche, éducation, alphabétisation, accès à l'eau potable, etc.) sont recueillies et analysées chaque année pour déterminer les communes ayant le plus besoin d'assistance alimentaire. Pour plus de détail, se reporter aux divers rapports du PAM.

5 Institut cambodgien de recherche sur le développement est le principal centre de recherche indépendant du pays.

6 Le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire est inférieur au nombre total de personnes souffrant d'insécurité alimentaire pour diverses raisons, les principales étant : petites poches de bénéficiaires dans des zones relativement riches, et grands nombres de bénéficiaires disséminés sur de larges zones géographiques. Le PAM, à l'heure actuelle, s'occupe principalement des bénéficiaires du secteur social en passant par les mécanismes institutionnels existants (orphelinats, écoles, hôpitaux, etc.) en raison du besoin d'une plus grande complémentarité des apports (éducation, services de santé, installations de formation, etc.). Ces structures institutionnelles étant généralement réservées aux zones urbaines, l'aide apportée aux groupes vulnérables dans les zones rurales est limitée.