SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE SPÉCIALE

NO 314

(Série diffusée uniquement pour les pays dans lesquels l'état des cultures vivrières ou la situation des approvisionnements alimentaires sont préoccupants)

Pays: Mongolie

Date: 2 février 2001

LA SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES DEVIENT ALARMANTE EN MONGOLIE APRÈS UN NOUVEL HIVER PARTICULIÈREMENT RUDE

Après l'hiver de l'an dernier, qui a été le plus rude depuis des décennies et a fortement miné la sécurité alimentaire d'un grand nombre de personnes, notamment des pasteurs nomades, le pays est à nouveau en butte cette année à un hiver dévastateur, qui aggravera encore considérablement les problèmes actuels d'approvisionnement alimentaire. Pour la deuxième année consécutive, une épaisse couche de neige a recouvert les pâturages utilisés d'habitude pour nourrir le bétail en hiver et les températures sont tombées jusqu'à moins 50o Celsius. Ce rude hiver a déjà tué environ 600 000 animaux, alors qu'un tiers de la population dépend entièrement de l'élevage pour sa subsistance et ses revenus. De nouvelles chutes de neige étant prévues en février et en mars, on prévoit que plusieurs millions d'animaux d'élevage pourraient à nouveau périr cette année. Les pertes actuelles viennent s'ajouter aux quelque 3 millions d'animaux morts en 1999/2000, qui représentaient environ 10 pour cent du total des animaux d'élevage.

Les intempéries posent également de gros problèmes pour le transport des aliments et des fournitures médicales jusqu'aux zones où la population est particulièrement exposée aux pénuries alimentaires. Cet hiver particulièrement froid arrive après un été sec qui avait réduit les cultures fourragères produites pour les animaux, empêchant pour la seconde année consécutive une reconstitution des ressources en fourrages et aliments du bétail. La situation devrait encore se détériorer pendant le reste de l'hiver.

Ce dernier hiver particulièrement froid et la réduction des disponibilités d'aliments du bétail auront des incidences considérables sur la sécurité alimentaire. Le secteur de l'élevage joue un rôle extrêmement important dans l'économie domestique d'une grande partie de la population. En outre, compte tenu des grandes distances et du manque d'accès à d'autres sources de nourriture, les animaux jouent également un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire des ménages, puisque leur viande et leur lait servent à satisfaire les besoins nutritionnels essentiels. Avant l'hiver de l'an dernier et de cette année, on estimait que les animaux d'élevage procurent normalement 82 kg de viande et 130 kg de produits laitiers par habitant et par an. Les vastes pertes enregistrées auront donc un impact direct et important sur la sécurité alimentaire des ménages d'un grand nombre de pasteurs, notamment de ceux vivant dans des zones éloignées et inaccessibles. Les problèmes nutritionnels devraient probablement être aggravés par les difficultés d'accès à une assistance médicale de base, car les systèmes de transport restent fortement entravés par la couche de neige et le manque de traction animale. Il faut en outre noter que le secteur de l'élevage joue également un rôle considérable dans l'économie nationale, puisqu'il est une source importante de devises.

Les pénuries alimentaires actuelles surviennent après plusieurs années de baisse de la production céréalière intérieure à la suite des changements structurels introduits dans l'économie. Les fermes d'État, qui étaient autrefois fortement subventionnées, ont été démantelées en faveur d'entreprises privées; ainsi, 70 fermes d'État de l'ancien système centralisé ont été démantelées pour créer plus de 300 sociétés d'exploitation agricole. La production a progressivement baissé, car les entreprises agricoles n'ont pas été à même d'obtenir des prêts suffisants auprès des banques pour acheter machines, semences et engrais et il manquait les compétences de gestion nécessaires à la conduite de grandes entreprises. Par conséquent, les terres mises en culture, les rendements à l'hectare et la production globale ont fortement baissé (voir graphique ci-après).

Du fait de la transition économique, même avant les graves revers de l'année dernière et de cette année, on s'inquiétait déjà de la baisse de l'état nutritionnel dans le pays. De nombreux groupes qui étaient autrefois tributaires de l'État pour leur emploi et leur protection sociale sont maintenant exposés aux aléas économiques, car les autres activités rémunératrices disponibles sont limitées. Plusieurs rapports publiés au milieu des années 90 indiquaient que les personnes les plus gravement touchées par la pauvreté et l'insécurité alimentaire étaient les chômeurs, les personnes âgées, les ménages dirigés par des femmes, les enfants, les retraités et les petits éleveurs. Selon des études récentes entreprises par des ONG, on trouve des niveaux élevés de malnutrition chronique dans un certain nombre de zones peuplées par des nomades, où de nombreuses familles vivent dans des conditions de pauvreté extrême, pratiquement sans ressources.

Une mission interinstitutions des Nations Unies, à laquelle a participé la FAO, s'est rendue en Mongolie en janvier pour évaluer la situation et a lancé un appel pour la fourniture de secours d'urgence. L'aide demandée dans l'Appel des Nations Unies ira principalement aux populations vulnérables vivant dans les provinces les plus gravement touchées et servira à renforcer les capacités de gestion des catastrophes et de coordination des interventions de la Commission d'État pour les secours d'urgence et d'autres partenaires nationaux compétents pour renforcer la préparation des interventions futures. L'Appel couvre une période de quatre mois, allant du 1er février au 31 mai 2001 et prévoit au total un montant de 7 millions de dollars E.-U. en espèces et de 4,7 millions de dollars E.-U. en nature pour aider des bénéficiaires répartis dans 73 districts affectés. L'aide mobilisée dans le cadre de cet Appel portera principalement sur les secteurs suivants: élevage (4 millions de dollars E.-U. en espèces et 4,7 millions de dollars E.-U. en nature), santé, approvisionnement en eau et hygiène du milieu (2,3 millions de dollars E.-U.) et nutrition (608 000 millions de dollars E.-U.).

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG ).

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