SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES EN ANGOLA

19 juin 2001

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Principales conclusions de la mission

  • La production de céréales de cette année est estimée supérieure de 15 pour cent à celle de l'année dernière en raison d'un meilleur accès à la terre, d'une distribution accrue de semences et d'outils et de conditions météorologiques globalement favorables.
  • La production de manioc pour 2000/01 est estimée à 5,3 millions de tonnes, contre 4,4 millions de tonnes l'année précédente, cette différence étant due essentiellement à de meilleurs rendements.
  • La situation sur le plan de la sécurité s'est quelque peu améliorée, et des progrès ont été constatés dans l'attribution de terres aux personnes déplacées. Cependant, un très petit nombre d'entre elles ont pu réintégrer leurs foyers, et la circulation des personnes et des marchandises sur le territoire national reste très limitée.
  • Malgré une augmentation de la production des cultures vivrières, l'état des disponibilités alimentaires restera précaire pour plus de 1,3 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays, qui ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Le nombre de ces personnes est actuellement évalué à 2,7 millions.
  • Les besoins d'importations céréalières pour 2001/2002 sont estimés à 581 000 tonnes, dont 405 000 tonnes devraient être fournies sur une base commerciale. L'assistance alimentaire d'urgence internationale devrait couvrir la différence, à savoir 176 000 tonnes.

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1. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue en Angola du 5 au 27 mai 2001 afin d'estimer la production vivrière de la saison 2000/01 ainsi que les besoins d'importations céréalières et d'aide alimentaire pour la campagne 2001/02 (avril/mars). À la suite des réunions d'information organisées par le Ministère de l'agriculture et du développement rural (MINADER) et par le Ministère de l'assistance sociale et de la réinsertion (MINARS), la mission a effectué des visites sur le terrain dans 8 des 18 provinces, accompagnée de représentants officiels du MINADER et d'observateurs de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'Union européenne (UE) et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Un programme détaillé de la mission, des documents préparatoires et d'autres informations de base ont été fournis par l'Unité de la sécurité alimentaire au MINADER, qui bénéficie du soutien de la FAO, par l'Unité de cartographie et d'analyse de la vulnérabilité (VAM) du Bureau du PAM en Angola et par les bureaux auxiliaires du PAM dans les provinces. Il avait été prévu de visiter 10 provinces, mais la situation sur le plan de la sécurité, très changeante, a contraint la mission à modifier son programme à la dernière minute. Finalement, une réunion de fin de mission a été organisée au MINADER pour la présentation des conclusions.

La situation sur le plan de la sécurité s'est quelque peu améliorée, maintenant que le Gouvernement a le contrôle militaire de tous les grands centres provinciaux et de la plupart des municipalités, les zones sécurisées ayant été étendues aux alentours des chefs-lieux. Cependant, l'UNITA continue à lancer des attaques de guérilla dans de nombreuses régions, limitant ainsi les zones où le Gouvernement, les organismes d'aide et les ONG peuvent opérer à celles situées à proximité des centres administratifs. L'essentiel de l'aide alimentaire et des produits de base doit encore être acheminé par avion depuis Luanda. L'insécurité et le mauvais état des routes continuent à entraver les activités commerciales. Bien que très peu de personnes déplacées aient pu réintégrer leurs foyers d'origine, des progrès notables ont été réalisés dans l'attribution de terres dans les zones sécurisées. On a recensé 218 000 personnes déplacées et rapatriées actives dans l'agriculture pendant la campagne 2000/01. De nouvelles personnes déplacées continuent à arriver et leur nombre est actuellement estimé à 2,7 millions, contre 2,6 l'an dernier. Environ 1,34 million de personnes ont encore besoin d'une aide alimentaire.

La superficie ensemencée en céréales secondaires pour la campagne 2000/01 est estimée à 995 000 hectares, soit 13 pour cent de plus par rapport à 1999/2000. La production est estimée à 557 000 tonnes, contre 500 000 tonnes pour la dernière campagne. L'augmentation de la production est due dans une large mesure à l'accroissement des semis, résultat de l'amélioration de la sécurité ; à l'octroi de terres à des personnes déplacées, à la croissance naturelle de la population ainsi qu'à une meilleure distribution des intrants agricoles. Malgré une période de grande sécheresse vers le milieu de la campagne dans le nord du pays, les conditions météorologiques ont été généralement favorables dans les principales zones de cultures céréalières du centre et du sud. La récolte de maïs est estimée à 429 000 tonnes, soit 9 pour cent de plus que l'année dernière, l'augmentation des semis étant, en partie, annulée par les pertes de cultures dans les provinces du nord. La production de mil et de sorgho combinés est estimée à 148 000 tonnes, soit une hausse de près de 30 pour cent, reflétant un fort accroissement de la superficie ensemencée plantée et les pluies bénéfiques tombées dans le sud. La production de haricots est estimée à 70 000 tonnes, soit une baisse de 10 pour cent par rapport à l'année dernière, en raison des périodes de sécheresse qui ont touché le nord. On estime à 5,3 millions de tonnes la production de manioc pour la campagne 2000/01, contre 4,4 millions de tonnes l'an dernier, accroissement dû à l'augmentation des superficies ensemencées et aux rendements supérieurs.

La situation générale des disponibilités alimentaires devrait s'améliorer au cours de la campagne de commercialisation 2001/02 (avril/mars), en raison de l'amélioration de la production vivrière. Les prix du maïs sont stables ou baissent avec l'arrivée des nouvelles cultures sur le marché. Cependant, la perturbation des activités commerciales a donné lieu à des écarts de prix importants d'un marché à l'autre. Malgré la meilleure production de cette année et la réduction du nombre de personnes déplacées nécessitant une assistance, 1,34 million de personnes déplacées auront encore besoin d'une aide alimentaire d'urgence en 2001/02. Alors que la situation alimentaire de ces populations demeure extrêmement grave, les distributions d'aide alimentaire sont entravées par l'insécurité et le mauvais état des routes.

Le déficit alimentaire de la campagne 2001/02 est estimé à 581 000 tonnes de céréales, en baisse par rapport à l'an dernier. Ce chiffre comprend 48 000 tonnes de maïs, 107 000 tonnes de riz et 250 000 tonnes de blé. Selon les prévisions, les importations commerciales devraient représenter 405 000 tonnes, de sorte que 176 000 tonnes devront être couvertes par l'aide alimentaire. Par rapport à ces besoins, les annonces de contributions et les stocks d'aide alimentaire à la fin du mois de mai se chiffraient à 33 000 tonnes.

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2. GÉNÉRALITÉS ET CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE1

L'Angola a une superficie totale de 1,247 million de kilomètres carrés et une population estimée à 13,7 millions. Le pays est doté d'importantes ressources naturelles, notamment de vastes gisements de pétrole et de gaz, des minéraux précieux, en particulier des diamants, et possède une importante capacité hydroélectrique grâce à ses nombreux cours d'eau. Ce pays dispose d'un énorme potentiel agricole avec des sols fertiles dans la région du nord et sur les hauts plateaux du centre, où la pluviométrie normale dépasse les 1 000 millimètres. Le bétail est concentré dans le sud, moins arrosé et, de surcroît, moins peuplé que les autres régions. Le pays possède de vastes ressources marines et fluviales, en particulier la pêche ainsi qu'un secteur forestier important.

Cependant, l'ensemble de la société angolaise en général n'a retiré jusqu'à présent que peu d'avantages de ces ressources et un pourcentage élevé et croissant de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté, notamment dans les zones urbaines. Les richesses sont concentrées entre les mains de 10 pour cent de la population, dont le revenu a augmenté de 43 pour cent entre 1995 et 1998, contrairement au reste de la population. La guerre civile qui a commencé après l'indépendance en 1975 continue de sévir dans de vastes régions du pays. Outre ce facteur, des politiques monétaires et budgétaires floues et mal adaptées ont contribué à l'instabilité sociale et économique, l'inflation ayant atteint un taux de 268 pour cent à la fin de 2000.

Dans le cadre d'un programme du FMI sous supervision nationale, le Gouvernement de l'Angola s'est engagé à entreprendre toute une série de réformes visant à promouvoir la stabilité macro-économique et la transparence budgétaire, à lutter contre la pauvreté et à mettre un terme aux interventions de l'État sur le marché, cause de distorsions et d'inefficacité. Les principales réformes consisteront à moderniser le système fiscal et le service douanier du pays, à réactiver la cour des comptes publics et à privatiser plusieurs entreprises publiques. Jusqu'à présent, la mise en _uvre de ce programme a été très inégale, les mesures d'assainissement monétaire et budgétaire s'étant révélées insuffisantes. Cependant, le Gouvernement améliore la transparence dans les affaires publiques, notamment en apportant son concours à une étude diagnostique du secteur pétrolier, comme convenu avec le FMI.

Le PNB réel a augmenté au cours des cinq dernières années, même si le taux de croissance a continuellement baissé de 1996 à 1999, passant de 11,7 à 2,7 pour cent, pour connaître une reprise, à 4,9 pour cent en 2000. La production totale de pétrole ne devrait pas varier en 2001, de sorte que le taux de croissance réelle du PNB devrait se situer juste au-dessus de 2 pour cent. Cette croissance, stimulée par le pétrole, caractérisée par un coefficient fort de capitaux est tributaire des importations, n'a qu'un effet d'entraînement limité sur les secteurs de l'économie ou sur l'emploi. En revanche, malgré sa contribution relativement faible au PNB (moins de 7 pour cent) par rapport au pétrole (61 pour cent) et à l'exploitation minière (9 pour cent), le secteur agricole est un énorme gisement d'emplois capable d'occuper la plus grande partie de la population rurale et d'assurer des disponibilités alimentaires.

Avant l'indépendance en 1975, la production alimentaire était abondante et le pays était l'un des principaux exportateurs de maïs et de café. Le manioc est le premier produit de base dans le nord/nord-est et le maïs sur les hauts plateaux du centre, alors que le millet et le sorgho sont les cultures les plus importantes de la région sèche du sud. Le bétail occupe une place importante en Angola, où l'on compte plus de 3 millions de têtes. En raison de la situation de guerre, le pays s'est appuyé ces dernières années sur les importations alimentaires - aussi bien les importations commerciales de blé et de riz que l'aide alimentaire en maïs et en haricots - pour répondre aux besoins nationaux. Dans la plupart des zones de conflit, l'agriculture est pratiquement tombée au niveau de subsistance, ne dégageant que peu ou pas d'excédents commercialisables et n'autorisant qu'une activité commerciale très limitée.

Le Gouvernement et les ONG déploient des efforts considérables pour fournir des terres et des intrants agricoles en quantité suffisante aux ruraux déplacés. Si ces populations ne parviennent que rarement à l'autosuffisance, faute d'avoir accès à des terres arables en quantité suffisante ou à des intrants agricoles fournis en temps opportun, quelque 218 000 personnes déplacées sur un total de 2,7 millions ont pu être installées.

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3. PRODUCTION ALIMENTAIRE EN 2000/2001

3.1 Systèmes de culture

La proportion estimée de terres utilisées dans chacune des régions pour les principales cultures vivrières - maïs, mil /sorgho et manioc - se présente comme suit: 10 pour cent, moins de 1 pour cent et 59 pour cent, respectivement, dans le nord; 50 pour cent, 8 pour cent et 11 pour cent dans les régions du centre; 35 pour cent, 42 pour cent et 6 pour cent dans les régions du sud. Cependant, les variations entre les différentes provinces de chaque région peuvent être importantes pour certaines cultures, et cela a été pris en compte dans les estimations des superficies cultivées. La production de maïs est concentrée dans quelques provinces du centre du pays, dont trois (Huambo, Benguela et Bie) représentent au moins 40 pour cent de la production totale.

Bien que la mission n'ait pu visiter que 8 des 18 provinces, elle a couvert les trois principales zones agricoles. Elle s'est rendue dans les provinces de Malanje et Lunda Sul, dans le nord et dans celle de Moxico, dans le nord-est, où la principale culture vivrière est le manioc. Dans la région centrale, la principale région de culture du maïs, la mission s'est rendue dans les provinces de Bie, de Huambo et de Benguela. Dans le sud, où le sorgho et le mil sont les principales cultures et où le bétail est important, la mission a visité les provinces de Huila et de Kunene.

Parmi les autres cultures importantes figurent le haricot, l'arachide, la patate douce, le riz et la pomme de terre. Le niébé peut se ranger dans les plantations de haricots. La polyculture constitue la norme, et il est courant de voir des cultures de maïs et de haricots associées à des cultures d'arachides, de manioc et de patates douces. Le maïs n'est pas toujours consommé sous forme de céréales transformées, en particulier dans les provinces du nord à forte concentration de manioc, où ce produit est traditionnellement consommé vert. Dans le sud, une grande partie des récoltes de sorgho sert à la fabrication de bière et de boissons non alcoolisées.

La production horticole (tomate, oignon, chou, poivron, carotte, potiron) est importante, en particulier dans les zones de basses terres (nakas), où l'on trouve de l'eau d'irrigation pendant la saison sèche. Parmi les fourrages verts importants on peut citer les feuilles de manioc, les feuilles de potiron, les feuilles d'hibiscus et les feuilles d'amarante, qui peuvent aussi être séchées aux fins de stockage ou commercialisées. La banane, la mangue, l'ananas, les agrumes, le fruit de la passion, le tabac et la canne à sucre sont tous cultivés comme cultures vivrières ou de rapport.

3.2 Pluviométrie

En Angola, les précipitations varient entre 20 mm sur la côte du sud-ouest et environ 2 000 mm dans les parties du nord-est, les principales zones de cultures vivrières du centre de l'Angola recevant environ 1 200 à 1 400 mm de pluies. Il y a deux saisons des pluies dans les régions du nord et du centre: septembre-décembre et février-avril. Cependant, dans le sud, il n'y a qu'une saison, qui commence en octobre. Pendant la saison 2000/01, les pluies cumulées ont été dans l'ensemble satisfaisantes, mais mal réparties.

Dans le nord, la saison des pluies a commencé avec environ un mois de retard, de sorte que la plupart des cultures ont été semées en octobre/novembre au lieu de septembre/octobre. La maturation des cultures, en particulier le maïs et le haricot, n'était pas suffisamment avancée leur permettre de survivre à la sécheresse qui a suivi en décembre/janvier. Même le manioc n'a pas réussi à s'implanter avec les premières pluies. Les fortes pluies de mars/avril ont permis d'effectuer une plantation tardive de manioc., et, lorsque la mission s'est rendue dans les provinces du nord en mai, les agriculteurs étaient encore en train de semer, comptant sur la rosée pour maintenir en vie les boutures de manioc pendant la saison sèche.

Dans les provinces du centre, la saison des pluies a commencé avec un léger retard. Les précipitations étaient généralement irrégulières et en dessous des valeurs normales pour octobre et novembre. Cependant, la situation s'est améliorée à partir de décembre lorsque des pluies abondantes et bien réparties sont tombées.

La plupart des provinces du sud n'ont pas reçu suffisamment de pluie jusqu'à la fin octobre pour que l'on puisse commencer à planter. Cependant, ce sont des régions où l'on sème plus tard que dans le reste du pays, voire jusqu'en décembre, de sorte qu'il n'en a pas résulté une réduction de la superficie plantée. Les pluies tombées à partir de novembre ont été bonnes, profitant au développement végétatif et à la croissance des cultures. Mais des précipitations excessives en mars et avril ont provoqué localement des inondations et endommagé les cultures.

3.3 Approvisionnements en intrants

La fourniture de semences, d'outils et d'engrais aux agriculteurs et aux personnes déplacées a été une opération de grande envergure et généralement couronnée de succès pendant la campagne agricole 2000/01, associant 27 ONG. Le Gouvernement par l'intermédiaire du Programme national d'assistance en cas d'urgence et d'aide humanitaire (PNEAH), a également fourni des semences, des outils et des engrais.

Les principaux types de semences distribués ont été le maïs (2 926 tonnes), le haricot (752 tonnes), le niébé (319 tonnes), le mil (313 tonnes), le sorgho (464 tonnes) et l'arachide (695 tonnes), pour un total de 5 472 tonnes. En outre, 5,4 millions de boutures de manioc et environ 700 kg de semences de légumes ont été distribuées. Les distributions d'intrants ont aussi porté sur 426 307 houes, 151 179 machettes, 99 305 haches et 1 539 tonnes d'engrais.

Fin décembre 2000, un total de 294 880 familles avaient bénéficié d'une assistance de la part d'ONG, dont 83 200 familles de personnes déplacées qui n'avaient pas été réinstallées.

Les quantités totales de semences distribuées par le Gouvernement et les ONG pour la campagne agricole 2000/01 ont été nettement supérieures à la distribution de l'année précédente, lorsque des difficultés logistiques avaient également entraîné des retards de distribution.

3.4 Superficie cultivée

La superficie totale cultivée pour la campagne 2000/01 est estimée à 2,2 millions d'hectares, contre 1,7 million d'hectares en 1999/00. Cette importante expansion est due à un certain nombre de facteurs, notamment une situation améliorée sur le plan de la sécurité et un accès plus facile à la terre, mais aussi le retour des personnes déplacées dans leur propre pays, la fourniture nettement accrue de semences et d'outils ainsi que la croissance naturelle de la population. Avec l'amélioration de la sécurité, survenue l'année dernière, le Gouvernement a élargi son programme pour réinstaller des personnes déplacées sur des terres se trouvant dans les zones sécurisées de chaque province pour la campagne 2000/01. Le tableau 1 montre la superficie totale cultivée au 31 décembre 2000 tant par les familles d'agriculteurs résidents que par les personnes déplacées. La superficie moyenne cultivée par les 431 854 personnes déplacées est de 0,58 hectare par famille, contre 1,54 hectare pour les agriculteurs résidents. Pratiquement chaque famille de personnes déplacées, réinstallées ou non, est susceptible de cultiver une parcelle, ne serait-ce que le petit espace autour de leur hutte. Cependant, il semble que les zones réellement recolonisées dans certaines provinces pourraient être inférieures aux chiffres officiels. Faute de preuves vérifiables du contraire, les présentes estimations s'appuient sur les superficies initialement déclarées.

Une plus grande sécurité au moment des semis a permis non seulement d'étendre les superficies cultivées par les personnes déplacées qui avaient déjà des difficultés d'accès à leurs terres (champs périurbains), mais aussi d'en faciliter l'exploitation.

Comme indiqué ci-dessus, les grandes distributions d'intrants agricoles aux personnes déplacées et aux exploitants installés, effectuées tant par le Gouvernement que par les ONG, ont été un autre facteur important d'expansion des superficies cultivées pour cette campagne.

Les superficies cultivées en maïs pour la campagne 2000/01 sont estimées à 755 261 hectares, soit un accroissement de 10 pour cent par rapport à 1999/00. Les superficies cultivées en sorgho et mil ont connu une expansion de 21 pour cent, représentant au total 239 520 hectares, tandis que la surface cultivée en manioc aurait, selon les estimations, augmenté de 4 pour cent et représenterait 558 000 hectares. Les tableaux 2 et 3 donnent des détails par province.

Tableau 1. Superficie cultivée en 2000/01

NORD
1999-2000
2000-2001
Total
Résidents
Personnes dépl.
Résidents
Personnes dépl.
Total
Cabinda
23 876
23 876
0
31 039
0
31 039
Zaire
46 777
33 511
13 266
50 267
6 633
56 900
Uige
170 698
147 418
23 280
221 127
16 296
237 423
Bengo
40 362
27 840
12 522
36 192
6 261
42 453
Luanda
8 578
8 578
0
9 436
0
9 436
Kwanza Norte
67 749
50 425
17 324
75 638
8 662
84 300
Malanje
137 720
98 155
39 565
147 233
15 826
163 059
Lunda Norte
57 946
20 281
37 665
24 337
18 833
43 170
Lunda Sul
43 887
21 284
22 603
27 669
13 562
41 231
Total partiel
597 593
431 368
166 225
622 937
86 072
709 009
CENTRE
           
Kwanza Sul
98 210
88 010
10 200
140 816
5 100
145 916
Benguela
165 604
113 572
52 032
170 358
36 422
206 780
Huambo
272 652
227 693
44 959
387 078
31 471
418 549
Bie
170 014
132 613
37 401
185 658
14 960
200 619
Moxico
68 870
39 103
29 767
58 655
14 884
73 538
Total partiel
775 350
600 991
174 359
942 565
102 838
1 045 402
SUD
           
Namibe
12 426
9 788
2 638
12 724
1 319
14 043
Huila
145 414
109 515
35 899
197 127
28 719
225 846
Cunene
49 020
44 465
4 555
71 144
1 822
72 966
Kuando Kubango
63 937
15 759
48 178
22 063
28 907
50 969
Total partiel
270 797
179 527
91 270
303 058
60 767
363 825
TOTAL
1 643 740
1 211 886
431 854
1 868 559
249 677
2 118 236

3.5 Rendement des cultures

Les cultures de maïs, de haricots et d'arachides semées dans les provinces du nord, à savoir Malanje, Lunda Norte, Lunda Sul, Kuanza Sul et Moxico, ainsi que dans la région du centre, ont été gravement touchées par une sécheresse prolongée en décembre/janvier. Bien que plusieurs zones aient été ensemencées, les rendements ont, de manière générale, beaucoup diminué du fait du temps sec. Les rendements de haricots s'en sont également ressentis. En revanche, dans les principales provinces de cultures céréalières de Huambo (centre) et de Huila (sud), les rendements du mil et du maïs sont estimés à la hausse par rapport à l'année dernière en raison d'une pluviométrie particulièrement favorable. Dans l'autre grande province céréalière de Benguela (centre), les rendements sont inférieurs à ceux de l'année dernière, en raison des inondations qui ont endommagé de vastes zones de culture. L'arrivée tardive des pluies dans les provinces du sud de Kunene et Kuando Kubango a été sans conséquence pour les superficies cultivées , et les bonnes précipitations qui ont suivi ont été bénéfiques au développement végétatif. Les rendements des céréales dans le sud se situent autour du niveau de l'année précédente, malgré les dégâts provoqués localement par les inondations de mars/avril.

Les variations provinciales et les effets de la sécheresse de la mi-saison et des inondations ont été pris en compte dans les calculs de rendement présentés dans les tableaux 2 et 3. De façon générale, les rendements moyens sont estimés à 0,57 tonne/ha pour le maïs, c'est-à-dire qu'il n'a pratiquement pas varié par rapport à l'année dernière; 0,62 tonne/ha pour le mil et le sorgho, contre 0,53 tonne/ha pour la dernière campagne et 0,3 tonne/ha pour le haricot, inférieur au niveau de l'année dernière, qui était de 0,4 tonne/ha.

Les cultures de manioc, plus résistantes au temps sec, n'ont pas souffert de la sécheresse dans les principales zones du nord.

3.6 Prévisions concernant la production vivrière pour 2000/01

La récolte de maïs pour la saison 2000/01 est estimée à 429 000 tonnes, soit une hausse de 9 pour cent par rapport à l'année précédente. L'augmentation de 12 pour cent enregistrée dans les superficies ensemencées a été en partie annulée par les pertes subies dans les provinces du nord. La production de mil et de sorgho, estimée à 148 000 tonnes, est en hausse de 40 pour cent, traduisant la forte expansion des superficies ensemencées et les effets bénéfiques des pluies tombées dans le sud. Globalement, la production de céréales secondaires a augmenté de 15 pour cent pour atteindre 557 000 tonnes, c'est-à-dire un niveau supérieur à la moyenne des cinq dernières années. La production de haricots est estimée à 71 000 tonnes, ce qui représente une baisse de 10 pour cent par rapport à l'année précédente, imputable également aux sécheresses survenues dans le nord. La production de manioc pour 2000/01 est estimée à 5,3 millions de tonnes, contre 4,4 millions de tonnes l'an dernier, cette différence s'expliquant par des plantations plus importantes et des rendements supérieurs.

La production d'arachides et de patates douces est présentée au tableau 3. La forte augmentation de leur production reflète essentiellement les accroissements substantiels des superficies cultivées.

Tableau 2. Surfaces, rendements et production des principales cultures vivrières en 2000/01

Région/Province
Maïs
Mil et Sorgho
Total
Superficie
(ha)
Rendement
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
Superficie
(ha)
Rendement
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
Superficie
(ha)
Production
(tonnes)
NORD
               
Cabinda
5 897
0.8
4 718
0
0.0
0
5 897
4 718
Zaire
6 828
0.4
2 731
0
0.0
0
6 828
2 731
Uige
23 742
0.4
8 310
0
0.0
0
23 742
8 310
Bengo
6 368
0.6
3 821
0
0.0
0
6 368
3 821
Luanda
1 604
0.6
962
0
0.0
0
1 604
962
Kwanza Norte
10 959
0.3
3 288
0
0.0
0
10 959
3 288
Malanje
24 459
0.4
9 784
0
0.0
0
24 459
9 784
Lunda Norte
6 044
0.4
2 418
0
0.0
0
6 044
2 418
Lunda Sul
5 772
0.3
1 732
0
0.0
0
5 772
1 732
Total partiel
91 673
 
37 762
0
 
0
91 673
37 762
CENTRE
               
Kwanza Sul
67 121
0.3
20 136
1 459
0.7
948
68 580
21 085
Benguela
107 526
0.6
64 516
31 017
0.6
18 610
138 543
83 126
Huambo
238 574
0.7
155 073
37 670
0.7
24 486
276 244
179 559
Bie
98 303
0.5
49 152
14 043
0.6
8 426
112 346
57 577
Moxico
25 003
0.4
10 001
2 206
0.6
1 324
27 209
11 325
Total partiel
536 527
 
298 878
86 395
 
53 793
622 922
352 671
SUD
               
Namibe
6 039
0.6
3 623
4 073
0.4
1 629
10 112
5 253
Huila
92 597
0.8
74 078
72 271
0.8
54 203
164 868
128 281
Kunene
13 134
0.4
5 254
51 806
0.5
25 903
64 940
31 157
Kuando Kubango
15 291
0.6
9 175
24 975
0.5
12 488
40 266
21 662
Total partiel
127 061
 
92 129
153 125
 
94 223
280 186
186 352
TOTAL
755 261
 
428 769
239 520
 
148 016
994 781
576 786

Tableau 3. Superficies, rendements et production d'autres cultures principales en 2000/01

 Région/Province
Haricots
Arachides
Manioc
Patates douces
Superf.
(ha)
Rend.
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Rend.
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Rend.
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
Superf.
(ha)
Rend.
(t/ha)
Prod.
(tonnes)
NORD
                       
Cabinda
3 725
0.5
1 863
3 104
0.4
1 242
15 209
11.5
174 905
1 862
4.0
7 448
Zaire
6 259
0.3
1 565
4 552
0.2
910
34 140
9.5
324 330
3 983
3.5
13 941
Uige
21 368
0.3
5 342
16 619
0.2
3 324
154 323
11.0
1 697 553
14 245
4.0
56 980
Bengo
3 396
0.6
2 038
2 123
0.3
637
23 349
10.0
233488
4 245
4.5
19 103
Luanda
1 698
0.5
849
0
0.0
0
4 529
10.5
47 557
755
4.0
3 020
Kwanza Norte
9 273
0.2
1 855
7 587
0.0
0
43 836
11.0
482 195
5 901
4.5
26 555
Malanje
16 306
0.1
1 631
11 414
0.0
0
94 574
10.0
945 742
8 153
4.5
36 689
Lunda Norte
5 180
0.1
518
1 295
0.0
0
26 334
10.0
263 336
2 158
4.0
8 632
Lunda Sul
2 474
0.1
247
2 062
0.0
0
24 327
10.0
243 265
3 711
4.5
16 700
Total partiel
69 679
 
15 906
48 756
 
6 113
420 621
 
4 412 371
45 013
 
189 066
CENTRE
                       
Kwanza Sul
18 969
0.1
1 897
10 214
0.0
0
27 724
7.5
207 930
8 755
4.5
39 398
Benguela
20 678
0.4
7 237
6 203
0.4
2 171
12 407
3.5
43 425
10 339
3.5
36 187
Huambo
50 226
0.4
20 090
8 371
0.4
3 348
16 742
6.5
108 823
25 113
3.5
87 896
Bie
32 099
0.4
12 840
6 019
0.3
1 806
28 087
6.5
182 566
6 019
3.5
21 067
Moxico
5 148
0.4
2 059
3 677
0.4
1 471
30 151
7.0
211 054
2 206
4.5
9 927
Total partiel
127 120
 
44 123
34 484
 
8 796
115 111
 
753 795
52 432
 
194 473
SUD
                       
Namibe
983
0.2
197
0
0.0
0
281
5.0
1 405
1 264
3.0
3 792
Huila
18 068
0.5
8 131
2 258
0.5
1 129
18 068
4.0
72 272
6 775
3.0
20 325
Kunene
5 108
0.3
1 277
0
0.0
0
0
0.0
0
1 459
1.5
2 189
Kuando Kubango
2 549
0.4
1 020
510
0.0
0
3 568
4.0
14 272
2 039
3.0
6 117
Total partiel
26 708
 
10 624
2 768
 
1 129
21 917
 
87 949
11 537
 
32 423
TOTAL
223 507
 
70 654
86 008
 
16 038
557 649
 
5 254 113
108 982
 
415 961

Le tableau 4 et le graphique 1 montrent la tendance de la production céréalière de 1993/94 à 1999/2000 et les prévisions pour 2000/01. Bien que la production ait sensiblement fluctué, les chiffres indiquent une tendance à la hausse.

Tableau 4. Production de céréales secondaires de 1993/94 à 2000/01 (en milliers de tonnes)

Province
1993/94
1994/95
1995/96
1996/97
1997/98
1998/99
1999/00
2000/01
Benguela
60
20
82
65
84
83
106
83
Bie
19
32
58
84
98
57
39
58
Huambo
17
45
108
112
159
115
88
180
Huila
69
59
71
49
70
95
98
128
Kwanza Sul
33
30
44
21
48
49
38
21
Malange
11
9
25
11
21
13
13
10
Moxico
n.d.
n.d.
16
21
21
13
12
11
Other Provinces
45*
77*
96
68
93
105
106
86
Production totale
254
272
500
431
594
530
500
577
Superficie totale (en milliers d'ha)
841
852
783
782
862
865
884
995
(*) y compris Moxico, (n. d.) non disponible.

3.7 Élevage

Le cheptel a été décimé dans les principales zones de conflit, à l'exception des volailles, des porcs et des chèvres élevés en basse-cour, mais la mission a constaté la présence d'un cheptel bovin en bonne santé dans la province de Kunene, dans le sud. La chasse, la pêche et la collecte de chenilles et d'autres produits de la savane offrent d'autres sources de protéines animales tout en représentant des produits commercialisables et d'importantes ressources de survie. À la suite des pluies abondantes tombées au cours de cette campagne agricole dans le sud, les conditions étaient dans l'ensemble favorables aux pâturages et à l'élevage.

-------

4. SITUATION PAR REGION ET PAR PROVINCE

L'Angola compte 18 provinces et, cette année, des considérations de sécurité ont restreint à huit d'entre elles le programme de visite sur le terrain de la mission . Les provinces visitées ont été Malanje, Lunda Sul, Bie, Huambo, Benguela, Moxico, Kunene et Huila. L'Unité de la sécurité alimentaire du MINADER, le VAM/PAM et les bureaux des ONG, qui ont des projets dans ces provinces, ont fourni des informations sur la situation prévalant dans d'autres provinces.

4.1 Région du nord

La région du Nord comprend neuf provinces et constitue la principale zone productrice de manioc de l'Angola. Les chutes de pluies y ont été mal réparties et une sécheresse de grande ampleur a touché la plus grande partie de la région, avec des incidences importantes sur le rendement des cultures pour les premières semailles. Si la sécurité s'est améliorée l'année dernière, un certain nombre d'incidents graves se sont produits dans l'ensemble de la région. En fait, deux des provinces où la mission avait prévu de se rendre ont dû être rayées du programme en raison d'offensives lancées en mai.

Cabinda

On estime à 24 000 familles le nombre d'exploitants agricoles actifs dans la région de Cabinda au cours de cette campagne agricole, qui exploitent environ 31 000 hectares. Le manioc est le principal produit de base, et l'on prévoit une production de 175 000 tonnes. L'arachide est également une importante culture vivrière. Par ailleurs, il n'y a pas de problème de sécurité avec l'UNITA dans la région de Cabinda et les actions menées par le mouvement séparatiste (FLEC) ne semblent pas avoir affecté les activités agricoles.

Zaire

En 2000/01, la province de Zaire comptait 47 000 familles actives dans l'agriculture, cultivant 47 000 hectares. Le manioc est aussi la principale culture vivrière et l'on prévoit pour 2001 une production de 324 000 tonnes. Les zones sécurisées sont généralement proches de la côte.

Uige

La région d'Uige compte environ 171 000 familles d'agriculteurs qui cultivent 237 000 hectares. Le manioc est le principal produit de base et l'on prévoit pour 2001 une production de 1,7 million de tonnes. Le maïs et l'arachide sont aussi des cultures importantes et leur production devrait se situer aux alentours de 8 000 et de 3 000 tonnes, respectivement. La banane et la patate douce tiennent aussi une bonne place. On signale des chutes de pluies inégalement réparties dont le total est inférieur à la normale. La plupart des municipalités ne sont toujours pas sécurisées et l'on observe un afflux continu de personnes déplacées vers des zones plus sûres.

Bengo

Environ 40 000 familles pratiquent l'agriculture sur 42 000 hectares de terres. On prévoit une production de 4 000 tonnes de maïs et de 233 000 tonnes de manioc. La patate douce, les haricots et les légumes sont aussi des ressources importantes. Il existe un certain nombre d'exploitations agricoles à vocation commerciale et l'irrigation est assez développée. Les ONG ont distribué des outils à main et des semences de maïs, de haricots et d'arachides. La mission devait se rendre dans la région de Bengo, mais une offensive menée par l'UNITA contre la ville de Caxito début mai a fait de nombreuses victimes, de sorte que la visite sur le terrain a été annulée. Il y avait eu auparavant un nouvel afflux de personnes déplacées vers Caxito en provenance de Nambuangongo.

Luanda

La province rattachée à la capitale n'est pas une zone agricole importante, mais 8 500 familles y mènent une activité agricole, et l'on estime à 9 500 hectares la superficie cultivée. Les chutes de pluies annuelles sont normalement faibles dans cette région et l'irrigation y est importante. Le nombre d'exploitants agricoles à vocation commerciale est élevé. La campagne agricole a été normale et l'on prévoit pour 2000/01 une production d'un peu moins de 1 000 tonnes de maïs, de 800 tonnes de haricots et de 48 000 tonnes de manioc. Il n'y a pas eu de distribution de semences ou d'outils dans la province.

Kuanza Norte

La population agricole représente 68 000 familles qui cultivent 84 000 hectares. La production prévue pour les cultures principales est de 3 000 tonnes de maïs, 2 000 tonnes de haricots et de 482 000 tonnes de manioc. La deuxième période de semis a été plus favorable que la première grâce à des chutes de pluies plus abondantes. Depuis décembre, un certain nombre d'incidents sont survenus à Ndalatando, capitale de la province, et dans les municipalités au nord-ouest de la province. La situation sur le plan de la sécurité s'est nettement détériorée depuis, à la suite d'une attaque menée par l'UNITA le 21 mai contre une municipalité située à seulement 50 km de la capitale de la province. Plusieurs ONG étaient actives dans cette région, et WVI a signalé que dix membres de son personnel avaient disparu après cette action.

Malanje

On estime que 138 000 familles exploitent 163 000 hectares de terres. La production de la culture de base, le manioc, devrait atteindre, selon les estimations, 946 000 tonnes cette année. Dix camps de réinstallation de personnes déplacées ont été aménagés dans la zone sécurisée autour de la ville de Malanje, mais la superficie moyenne des parcelles n'est que de 0,15 hectare par famille, apparemment en raison des difficultés pour obtenir suffisamment de terres des résidents locaux et des pénuries de semences et de boutures, notamment de manioc. La saison des pluies a commencé fin octobre au lieu de septembre et les pluies ont été mal réparties. WVI procède à un nombre impressionnant d'essais et de multiplication de semences et boutures sur des cultures traditionnelles ainsi que sur du sésame et des tournesols, avec des variétés provenant de divers pays de la SADC. La pénurie de bois de feu et les dégâts causés à l'environnement représentent un problème majeur. Outre les trois essences locales, 4 000 hectares de forêts d'eucalyptus auraient été détruits dans les environs de Malanje pour répondre aux besoins de bois de feu et de charbon de bois.
Lunda Norte

Environ 58 000 familles cultivent cette année 43000 hectares. Il ressort des rapports que les premiers semis de maïs, de haricots et d'arachides ont souffert de la sécheresse de mi-campagne, mais les plantations de manioc devraient produire 263 000 tonnes plus tard dans l'année.

Lunda Sul

La province de Lunda Sul est touchée par l'exploitation des mines de diamant, qui attire les jeunes gens hors des campagnes. On estime à 44 000 le nombre de familles exploitantes, cultivant 41 000 hectares de terres. Comme dans les provinces de Malanje et de Lunda Norte, les premiers semis ont succombé à la sécheresse, mais la récolte de manioc était prometteuse au moment de la visite et l'on prévoit une production de 243 000 tonnes.

4.2 Région du centre

La région du centre compte cinq provinces et représente la principale zone productrice de maïs du pays. Environ 60 pour cent de la production céréalière de 2000/01 devraient provenir de cette région. Les pluies ont été bonnes dans l'ensemble, quoique les pluies torrentielles de la fin de saison aient provoqué des inondations, en particulier dans la province de Benguela. La situation sur le plan de la sécurité s'est nettement améliorée dans la région, comme en témoignent les importants mouvements de personnes et de marchandises, à l'intérieur de la zone et, dans une certaine mesure, à destination de la région du sud.

Kuanza Sul

Le nombre de familles menant une activité agricole ici est estimé à 98 000 pour une superficie cultivée de 146 000 hectares. Comme pour les provinces du nord, les premiers semis n'ont pratiquement rien donné à cause de la sécheresse, mais le problème s'est compliqué du fait des pluies torrentielles et des inondations qui ont anéanti le peu qui avait survécu. Les semis de manioc lors des secondes pluies ont été très importants, et l'on prévoit une récolte de 208 000 tonnes cette année. Selon Africare, les personnes déplacées réinstallées se sont vu attribuer 0,5 hectares de terre par famille. À l'exception de Sumbe, la capitale de la province, les seules municipalités connaissant une situation satisfaisante sont Seles, Porto Amboin et Conda. Les mécanismes de survie sur le littoral sont la collecte de bois de feu, la production de charbon de bois, la chasse, la pêche, les travaux occasionnels ainsi que le ramassage et la vente de pierres de construction.

Benguela

On estime à 165 000 le nombre de familles exploitantes, qui ont cultivé au cours de cette campagne agricole 207 000 hectares de terres. Les récoltes de maïs sont prometteuses malgré les pertes provoquées par les inondations et l'on prévoit une production de 64 500 tonnes: 18 500 tonnes de mil/sorgho et 43 400 tonnes de manioc. La situation sur le plan de la sécurité s'étant améliorée, le trafic des régions de Lobito ou Benguela vers la province de Bie a été rouvert. Les municipalités de Cubal et Ganda sont reliées par des convois militaires. Par rapport à l'année dernière, une plus grande quantité d'outils à main, de semences et d'engrais a été distribuée, malgré les retards survenus dans la distribution. Les terres attribuées aux personnes déplacées dans le périmètre irrigué du littoral étaient en moyenne de 0,25 hectare par famille, mais de 0,25 à 0,5 hectare par famille à l'intérieur.

La population cultive de plus en plus de sorgho, cette culture étant plus résistante à la sécheresse. Dans les zones littorales comme dans les zones intérieures, des programmes de bonification des terres et d'expansion des réseaux d'irrigation sont en cours.

Huambo

Le nombre de familles pratiquant l'agriculture est estimé à 273 000 pour une superficie cultivée totale de 419 000 hectare. Les pluies ont été bonnes et la production vivrière devrait être supérieure à celle des années précédentes pour atteindre 155 000 tonnes de maïs, 25 000 tonnes de mil/sorgho, 20 000 tonnes de haricots et 109 000 tonnes de manioc. La situation sur le plan de la sécurité s'est améliorée et, à l'heure actuelle, cinq municipalités (Huambo, Caala, Longonjo, Ukuma et Ekunhas) sont directement couvertes par les activités humanitaires qu'il est prévu de lancer à Bailundo. De nets progrès ont été enregistrés sur le plan de la distribution, effectuée en temps voulu, selon les besoins et en quantités suffisantes, d'outils agricoles manuels, de semences et d'engrais, et les superficies consacrées au sorgho, plante résistante à la sécheresse, ont été accrues dans la province, en particulier dans le nord . La mission a observé de petites superficies de blé et CONCERN a indiqué sa participation à l'introduction du soja. Les rendements des cultures de haricots ont baissé de 30 à 35 pour cent à cause des pucerons. On observe aussi une hausse des superficies consacrées à la patate douce.

Bie

Le nombre d'agriculteurs dans la province de Bie est estimé à 170 000, pour une superficie cultivée de 200 000 hectares. On prévoit une production de maïs de 49 000 tonnes, plus 12 800 tonnes de haricots, 1 800 tonnes d'arachides et 182 500 tonnes de manioc. Le périmètre de sécurité autour de Bie a été élargi et le nombre de personnes déplacées a augmenté dans la commune de Kuito, où l'assistance humanitaire est accessible. La situation sur le plan de la malnutrition à Kuito serait, dit-on, alarmante du fait de l'arrivée constante de personnes déplacées, souvent en mauvais état. D'après Africare, cinq enfants et trois adultes meurent chaque jour de malnutrition . La pluviométrie a été plus favorable que l'année dernière, même si la saison des pluies a commencé plus tard. La distribution de terres aux personnes déplacées s'est améliorée: à Kuito, chaque famille de personnes déplacées a reçu 0,5 hectares. On rapporte que certaines personnes déplacées ont planté une partie des semences distribuées par les ONG (par exemple, CARE) dans les communes d'où elles venaient et, d'autres, sur les terres où elles s'étaient elles-mêmes installées dans les environs de Kuito. Sur un plan global, on s'attend dans cette province à une meilleure récolte que l'an dernier.

Moxico

On estime le nombre d'agriculteurs de Moxico à 69 000. cultivant73 000 hectares de terres. La mission n'a pas vu de champs de maïs, cette culture ayant apparemment succombé à la sécheresse ou ayant été détruite par les pluies torrentielles de fin de saison. La pluviométrie a été globalement bonne, mais mal répartie. Même situation pour les haricots et les arachides, mais les plantations de manioc ont été extensives; or, c'est traditionnellement la principale culture vivrière de base de la province. On prévoit pour 2001 une récolte de 211 000 tonnes. L'accès est très difficile en raison de la grande insécurité, mais au moins à Luena, capitale de la province, l'attribution des terres et la fourniture d'intrants se sont améliorées par rapport à l'année dernière.

4.3 Région du sud

La région se compose de quatre provinces et représente la principale zone productrice de mil et de sorgho. C'est aussi la région la plus sèche de l'Angola. En 2000/01, les pluies ont commencé avec du retard, mais ont été ensuite abondantes. Dans la principale province productrice de Huila, l'intensité et la fréquence des précipitations ont favorisé le développement végétatif. Partout, les pluies ont été trop abondantes en décembre et en janvier, provoquant localement des inondations, principalement dans les provinces de Namibe et de Kunene. La majeure partie du cheptel de l'Angola se trouve dans la région du sud, de sorte que les pluies abondantes ont aussi profité aux pâturages et à l'élevage. Par rapport aux autres régions du pays, celle-ci jouit d'une meilleure situation sur le plan de la sécurité et l'on signale un trafic plus intense de personnes et de marchandises à l'intérieur de la zone et, dans une certaine mesure, vers la région du centre.

Namibe

La province de Namibe est en grande partie aride. Les agriculteurs, dont le nombre est estimé à seulement 12 400, cultivent 14 000 hectares. La production prévue pour 2000/01 est de 3 600 tonnes de maïs et 1 600 tonnes de mil/sorgho. En mars/avril, les inondations ont largement endommagé habitations et infrastructures, touchant 6 000 familles et, dans la commune de Bibala, 75 pour cent des cultures plantées en janvier ont été perdues. La destruction de trois ponts routiers et ferroviaires par les fortes pluies d'avril a perturbé les liaisons routières avec les provinces de Huila et de Benguela et les liaisons ferroviaires avec la province de Huila. L'instabilité dans des communes voisines des provinces de Benguela et de Huila a eu un effet négatif dans la province de Namibe et provoqué un afflux de personnes déplacées vers la capitale de la province et vers la municipalité de Camacuio. Parmi les mécanismes d'adaptation on peut citer la collecte de bois de feu, la production de charbon de bois, la pêche, la vente de poisson, les travaux occasionnels ("ganho" ou "biscato") et l'élevage de bétail pour les grands propriétaires.

Huila

Les 145 000 familles d'exploitants cultivant 226 000 hectares de terres devraient produire 74 000 tonnes de maïs, 54 200 tonnes de millet/sorgho et 72 000 tonnes de manioc. Les inondations de mars/avril ont endommagé habitations et infrastructures, mais les cultures ne semblent pas gravement touchées.

Kunene

Les 49 000 agriculteurs de Kunene, qui cultivent73 000 hectares de terres, devraient, selon les estimations, produire 26 000 tonnes de mil/sorgho et 5 200 tonnes de maïs pour la campagne 2000/01. La situation sur le plan de la sécurité est assez bonne et la circulation se fait librement vers la plupart des municipalités. Les cultures de mil et de sorgho inspectées par la mission avaient bon aspect, et on prévoit des rendements normaux. Le bétail y était abondant et en bonne santé; les herbages ont connu une croissance prolifique du fait des pluies abondantes, mais les inondations de mars/avril ont infligé de graves dommages aux habitations et aux infrastructures.

Kuando Kubango

Le nombre de familles exploitantes dans la province de Kuando Kubango est estimé à 64 000 pour 48 000 hectares de terres cultivées. Les prévisions situent la production à 12 500 tonnes de mil/sorgho, 9 000 tonnes de maïs et 14 000 tonnes de manioc. On rapporte une amélioration de la situation de sécurité et la population peut circuler dans un rayon de 15 à 20 km des centres urbains, sauf dans les régions où il y existe un danger de mines, comme dans la zone de Macusso. Certaines personnes déplacées se seraient rendues en visite dans leur région d'origine, situées jusqu'à 70 km de distance. La population fait face et les taux de malnutrition ou de mortalité ne sont pas alarmants. Les mécanismes d'adaptation sont notamment la cueillette fruits sauvages, la pêche, la vente de bois de feu, la fabrication de nattes cannées et de boissons alcoolisées, ainsi que des emplois occasionnels en Namibe. Les principales cultures sont généralement le maïs, le mil et le sorgho, mais en raison de l'arrivée extrêmement tardive de la saison des pluies (février), la production de maïs sera très médiocre cette année. Les semences ont été distribuées à 7 260 familles de personnes déplacées. Certaines de ces personnes ont amené leur bétail avec elles, mais de nombreuses bêtes ont été perdues ou abandonnées. Pour celles qui ont du bétail, le lait caillé (mahini) est un aliment important.

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5. ÉTAT DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES

5.1 Accès aux aliments et prix

Les disponibilités alimentaires et l'accès à la nourriture en Angola varient considérablement d'une région à l'autre en fonction des conditions de sécurité et de l'état des infrastructures pour l'agriculture et la commercialisation des produits. L'insécurité générale et le mauvais état des routes et autres infrastructures rurales ont affecté négativement la production, perturbé les marchés et entravé le commerce de produits de base entre les zones à excédent et les zones à déficit. C'est notamment le cas de Luena, la capitale de la province de Moxico, lieu de visite de la mission reliée au reste du pays uniquement par voie aérienne. On ne dispose d'aucun élément attestant d'un important commerce par voie terrestre entre Luena et les autres villes de la province ou la campagne, à l'exception de transactions limitées de petite échelle portant sur des produits agricoles et d'autres produits de consommation et effectuées à bicyclette. On ne dispose pas non plus d'informations sur le commerce local au-delà des zones sécurisées. Une situation similaire a été observée à Kuito, dans la province de Bie, où les échanges et toute autre activité marchande avec les centres de commerce du littoral et du sud ont été extrêmement restreints. On rapporte que certaines quantités de maïs local sont achetées à Kuito puis rapportées pour être vendues à Huambo et Lubango.

En revanche, les provinces du sud-ouest restent relativement calmes et les marchés fonctionnent plutôt bien. La mission a eu la possibilité de visiter les provinces de Huila et de Kunene et de s'entretenir avec des producteurs et des commerçants. Il existait un circuit commercial fonctionnant relativement bien, des stocks de maïs et de sorgho étant déplacés de Kunene et de Huila vers les villes de Benguela et de Namibe pour alimenter les moulins et les marchés de consommateurs. Le PAM est en train d'acheter localement 3 000 tonnes de maïs aux fins d'une distribution ciblée dans la même région. De même, il existe un marché du bétail relativement actif pour alimenter le marché local et Luanda. Les prix du maïs pratiqués par les producteurs sur le marché local sont le reflet d'une situation relativement normale.

Du fait des restrictions commerciales et des distorsions des marchés mentionnées plus haut, on observe d'importants écarts de prix sur les produits alimentaires d'une province et d'une ville à l'autre. Les disponibilités de maïs provenant de l'aide alimentaire à Luena, Saurimo et Kuito (qui sont toutes des villes présentant des problèmes de sécurité) aident à répondre aux besoins et à maintenir les prix à un niveau bas par rapport au marché de Lubango, par exemple, dont l'activité est relativement normale. Le tableau ci-après montre les prix à la consommation sur différents marchés, tels qu'ils ont été relevés par la mission.

Tableau 5. Prix sur les marchés de mai 2001 (kwanzas par kg)

Marchés/Produits
Maïs entier
Farine de maïs
Mil
Farine de manioc
Haricots
Riz
Farine de blé
Arachides
Pommes de terre
Lubango (Huila)
10-15
-
3.5-4.5
-
11
-
-
11
-
Kuito (Bie)
3
5
-
2.5-3
12
15
16
-
9
Caala (Huambo)
10
-
-
-
15
-
-
-
10
Lobito (Benguela)
-
5-6
-
-
8-25
7
7
-
10-20
Luena (Moxico)
3-5
5-7
-
3-5
15-17
20
-
-
-
Malange (Malange)
-
7
-
8
25
15
-
35
-
Ganda (Benguela)
7
-
-
-
-
13
-
-
-
Ondjiva (Kunene)
-
6-8
5-6
-
10-12
7-10
-
-
20-25
Saurimo (Lunda Sul)
5
12
-
10
25-35
30
25
-
-
Source : Etudes des marchés locaux réalisées par la mission.

S'agissant des variations de prix dans le temps, le coût en dollars d'un assortiment alimentaire fondé sur le maïs mais comprenant aussi d'autres aliments tels que les haricots, l'huile, le sel, présente pour certaines provinces consommatrices de maïs des variations saisonnières, mais aucune indication d'une tendance à la hausse ou à la baisse entre les campagnes de commercialisation 2. Cette tendance ressort aussi de l'examen des seuls prix du maïs, comme l'indiquent les graphiques ci-après. Cela traduit une certaine stabilité à moyen terme des disponibilités alimentaires, essentiellement pour le maïs, qu'il soit produit localement ou qu'il soit importé.

La mission a constaté que la distribution gratuite de vivres et autres programmes d'assistance alimentent les personnes déplacées et les aident presque partout à se réinstaller. Cette situation a été observée à Luena/Moxico et dans les environs, à Saurimo et Kuito, les capitales des provinces de Lunda Sul et de Bie, respectivement, et dans le nord de la province de Huila. Le soutien des donateurs devra être maintenu jusqu'à ce que les familles déplacées puissent regagner leurs terres de culture d'origine ou soient réinstallées ailleurs. Dans les zones de concentration, il n'existe pratiquement pas de possibilités d'emplois pour les personnes déplacées.

La mission a observé que dans les provinces de Lunda Sul, Malanje et Moxico, la population réinstallée procédait année à d'importants semis de manioc. L'accroissement des disponibilités de manioc prévu pour l'année prochaine améliorera la sécurité alimentaire de nombreuses familles exploitantes dans les zones de réinstallation, mais le déficit alimentaire à court terme doit être couvert par des importations de céréales, très probablement sous forme d'aide alimentaire.

5.2 Bilan de l'offre et de la demande de céréales en 2001/2002

Le maïs, le mil, le sorgho et le manioc sont les principaux produits de base en Angola, quoique leur importance relative varie d'une région à l'autre (le manioc dans le nord et le nord-est, le maïs sur les hauts plateaux du centre et le mil/sorgho dans le sud). Les produits à base de farine de blé ainsi que le riz sont des aliments de grande consommation dans les villes.

Le tableau ci-après résume la situation de l'offre et de la demande pour la campagne 2001/2002 de commercialisation des céréales et du manioc.

Tableau 6. Bilan alimentaire pour la campagne de commercialisation 2001-2002 (en milliers de tonnes)

 
Céréales secondaires
Riz (usiné)
Blé
Total des céréales
Manioc
DISPONIBILITÉS INTÉRIEURES
577
3.5
0
581
5 254
Production 2001
577
3.5
0
581
5 254
Prélèvement sur les stocks
0
0
0
0
0
UTILISATION AU PLAN NATIONAL
801
110.4
250
1 161
5 254
Utilisation sous forme d'aliments
686
110
250
1 046
3 6781/
Autres applications
115
0.4
0
116
1 576
IMPORTATIONS REQUISES
224
107
250
581
0
Importations commerciales
48
107
250
405
0
Besoins estimatifs d'aide alimentaire
176
0
0
176
0
Stocks/promesses d'aide alimentaire
33
0
0
33
0
Promesses attendues
143
0
0
143
0
1/ Une partie de la récolte restera dans le sol et ne sera transportée que l'année prochaine.


Les besoins nationaux de consommation de céréales ont été calculés sur la base d'une estimation de la population (13 758 764) établie au milieu de la campagne de commercialisation et d'une consommation annuelle de céréales de 76 kg par habitant. La consommation par habitant a été augmentée par rapport au niveau historique de 70 kg utilisé par le passé, et portée à 76 kg de manière à tenir compte des rations fournies par le PAM à 1 337 069 bénéficiaires qui dépendent entièrement de l'aide alimentaire pendant la campagne 2001/02. Les rations du PAM se composent comme suit: assistance d'urgence, 450 grammes par personne/jour; vivres-contre-travail, 400 grammes par personne/jour; filet de sécurité, 50 à 350 grammes par personne/jour. Selon les récentes estimations établies par l'Unité de la sécurité alimentaire du Ministère de l'agriculture, la consommation annuelle de manioc s'élève à 97 kg par habitant. Cependant, les statistiques de production et de consommation de manioc ne sont peut-être pas tout à fait fiables et auraient éventuellement besoin d'être affinées.

Parmi les autres applications des céréales et du manioc on peut citer la rétention de semences pour les semis de la prochaine campagne, pour compenser les pertes après récolte et pour l'alimentation des animaux, ces autres applications étant estimées par MINADER/GSA comme suit: 20 pour cent de la production totale de céréales secondaires; 30 pour cent de manioc et 10 pour cent de riz.

On ne dispose pratiquement d'aucune information sur les stocks et la mission a donc considéré que ceux-ci n'avaient pas varié.

Sur la base des calculs ci-dessus, la mission prévoit un déficit de 581 000 tonnes de céréales pour la campagne 2001-02 (avril/mars). Des importations commerciales sont prévues à hauteur de 405 000 tonnes, dont 250 000 tonnes de blé, 107 000 tonnes de riz et 48 000 tonnes de maïs. Les projections concernant les importations de blé et de riz, céréales que le pays ne produit pas, ont été fondées sur les importations enregistrées au cours du premier trimestre de l'année et ajustées après consultation auprès des commerçants privés et après examen des indicateurs macro-économiques. La farine de maïs est importée sur une base commerciale en quantité relativement modeste, essentiellement sous forme de tourteaux de maïs. Le marché des produits alimentaires en Angola est libre; la commercialisation, la fixation des prix et le commerce extérieur des produits agricoles sont libéralisés. Cependant, les importations sont limitées par l'accès au crédit sur le plan national. Cette année, l'accès au crédit ne devrait pas varier par rapport à l'année dernière.

Après les importations commerciales, il reste encore un déficit de 176 000 tonnes de céréales à couvrir au moyen de l'aide alimentaire. Sur cette quantité, 33 000 tonnes sont couvertes par les stocks d'aide alimentaire et les promesses de contribution, en sorte que 143 000 tonnes doivent encore être assurées par des promesses de contribution. On estime à 1 337 069 le nombre de bénéficiaires nécessitant une assistance alimentaire par le biais de programmes d'aide alimentaire d'urgence, de programmes "vivres-contre-travail" et de programmes d'assistance aux groupes défavorisés. Sur ce nombre, le PAM prévoit d'assister 1 172 561 bénéficiaires (voir le tableau 9).

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6. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE

Généralités: les besoins en secours d'urgence et en aide alimentaire à la réinstallation présentés dans le présent rapport sont fondés sur un exercice d'évaluation de la vulnérabilité effectué par le PAM et les ONG ainsi que par le Gouvernement et les institutions partenaires des Nations Unies en avril/mai 2001 dans chaque province où une aide alimentaire a été distribuée. L'analyse de vulnérabilité accorde une attention toute particulière aux besoins des femmes et des enfants et tient compte des discussions menées avec les bénéficiaires (qu'il s'agisse de personnes déplacées ou de résidents) et les personnes représentant les principales sources d'informations. Les résultats de cette évaluation ont été utilisés par les équipes de gestion du PAM déployées dans les provinces pour établir les besoins d'assistance alimentaire dans la province et des estimations préliminaires ont été préparées. Elles ont été examinées par la mission lorsqu'elle s'est rendue dans cette province. A cette occasion, elle a accordé une attention toute particulière à l'évaluation de la récolte par les membres FAO de l'équipe.

Il convient cependant de noter que, même si la situation s'est améliorée sur le plan de la sécurité dans certaines régions par rapport à 2000, la circulation dans la plupart des provinces est restée limitée à une étroite zone sécurisée autour de chaque capitale de province. La situation au-delà de cette zone n'a pu être évaluée avec précision ni par les groupes d'évaluation de la vulnérabilité dans les provinces ni par les membres de la mission FAO/PAM.

Difficultés d'accès du groupe cible à la nourriture: pour l'essentiel de la population angolaise vivant dans les provinces, la sécurité alimentaire est étroitement liée à l'accès à la terre et à d'autres intrants, notamment la main-d'_uvre, pendant la campagne agricole. Tous les ménages ayant besoin d'avoir accès à des sources alimentaires autres que leur propre production , la sécurité alimentaire est directement tributaire de l'accès qu'ont ces ménages aux ressources autres que celles dont ils ont besoin pour leur production vivrière. Il s'agit notamment de l'accès aux ressources forestières et pastorales et aux débouchés commerciaux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du secteur agricole. Sécurité et accessibilité sont des conditions préalables à ces activités. L'accès à l'eau potable et aux services de santé pour le traitement des maladies qui ont une incidence sur l'absorption des éléments nutritifs sont également d'une importance vitale pour le maintien de la sécurité alimentaire au niveau des ménages et des particuliers.

Les populations rurales déplacées sont particulièrement exposées à l'insécurité alimentaire dans la mesure où elles ont rarement la possibilité d'emporter avec elles leurs effets personnels ou leurs réserves de nourriture au moment de leur déplacement. On a observé que, ces dernières années, les déplacements de populations avaient lieu généralement juste avant la récolte, lorsque les stocks alimentaires des ménages sont à leur niveau le plus bas. Les personnes déplacées ne redeviennent autonomes qu'après leur insertion dans l'économie locale ou lorsqu'elles regagnent leur région d'origine et réintègrent leur foyer. Celles qui ont des parents parmi la population des résidents finissent par obtenir des terres dans la zone sécurisée, mais les autres dépendent des programmes publics de distribution de terres et de l'aide alimentaire en attendant de se réinstaller ou d'émigrer vers les villes côtières. Il est à noter que même dans les zones considérées comme sûres, l'effondrement de l'économie de marché et le déclin du niveau des services sociaux publics accentuent de plus en plus la vulnérabilité des ménages résidents à l'insécurité alimentaire.

Accès à la terre pour les personnes déplacées: peu de personnes déplacées ont été en mesure de regagner leur zone d'origine pendant l'année 2000. Cependant, durant cette période, les autorités des provinces et leurs partenaires ont intensifié leurs efforts pour distribuer des terres exploitables aux personnes déplacées dans les zones sécurisées. En octobre 2000, le Conseil des ministres a promulgué un décret fixant les directives officielles qui doivent être suivies par les autorités des provinces pour l'attribution de terres aux populations déplacées, dans des zones autres que leur zone d'origine. Bien que le problème de la sécurité foncière des terres ainsi reçues et d'autres problèmes continuent d'entraver l'application de ces directives, celles-ci n'en représentent pas moins une avancée vers l'intégration à long terme des personnes déplacées dans l'économie locale et vers leur autosuffisance. Une campagne améliorée de distribution des intrants agricoles a permis à de nombreuses personnes déplacées d'étendre les superficies qu'elles cultivent.

Accès des résidents à la terre: bien que l'existence de problèmes particuliers d'accès à la terre soit manifeste dans la province de Bie et dans d'autres où le conflit a été particulièrement intense, les résidents de nombreuses provinces ont pu, de manière générale, accéder plus facilement à leurs terres pendant la période septembre-mars 2000/01 que pendant la même période en 1999/2000. Comme pour les ménages de personnes déplacées, une campagne améliorée de distribution des intrants agricoles leur a permis de mieux profiter des facilités d'accès.

Manque d'activités rémunératrices non agricoles: comme indiqué ci-dessus, la contraction de l'économie a entraîné une augmentation du nombre de personnes tirant l'essentiel de leur revenus de leurs activités saisonnières sur les exploitations agricoles des autres membres de la communauté, de petits commerces, de la vente de bois de feu et de charbon de bois, de la production de boissons traditionnelles et de la fourniture de services tels que le "portage" et autres travaux occasionnels. L'afflux de populations déplacées vers les grands centres provinciaux et municipaux après la reprise des hostilités à la fin de 1998 a perturbé davantage les systèmes de commercialisation et les économies des grandes villes et accentué la concurrence pour les catégories d'emplois qui constituaient déjà la seule source de revenu pour une bonne partie de la population résidente. À l'exception de la région de Namibe et des parties occidentales des provinces de Kenene et de Huila, la situation n'a évolué dans aucune des provinces de l'intérieur. L'économie de ces provinces demeure pour l'essentiel au point mort et la mission a constaté que, par rapport à l'année 2000, il n'y avait pas eu d'amélioration en ce qui concerne les possibilités d'emploi rétribué - en dehors de l'agriculture - pour les personnes déplacées et vulnérables.

Nutrition: les enquêtes nutritionnelles effectuées dans les régions où l'aide humanitaire peut accéder pendant la période prise en compte (avril 2000-mai 2001) ont fait apparaître des progrès notables dans la situation nutritionnelle de l'ensemble du pays pendant la période d'avril à août 2000. Cependant, de septembre 2000 à janvier 2001, une détérioration de la situation nutritionnelle a été observée dans certaines régions du pays, et le nombre d'admissions dans les centres d'alimentation thérapeutique et complémentaire a eu tendance à augmenter. Cet accroissement peut être imputé à la période de soudure, à la baisse des réserves alimentaires des ménages et à l'arrivée de personnes déplacées. Au cours du premier semestre 2001, des taux élevés de malnutrition et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans ont été constatés dans certaines régions nouvellement accessibles (par exemple, à Camacupa dans la province de Bie et à Mussende dans la province de Kuanza Sul). Les ONG et le Ministère de la santé ont effectué récemment des enquêtes nutritionnelles dans les provinces de Malanje, Huambo, Kuito, Benguela, Moxico et Uige. Elles ont révélé une amélioration de l'état nutritionnel des résidents et des personnes déplacées, sauf dans les zones où de nouvelles personnes déplacées sont arrivées en raison de l'insécurité qui sévit dans leur région d'origine.

La situation nutritionnelle générale est stable dans les zones accessibles. Dans les villes et dans les municipalités sous contrôle gouvernemental, la population a généralement accès à la terre pendant la campagne agricole. Elle a su trouver un complément de ressources grâce à des mécanismes d'adaptation s'inscrivant dans une stratégie de survie. Ainsi, dans ces régions, la situation nutritionnelle n'est pas préoccupante. Cependant, dans certaines des zones nouvellement accessibles, la situation nutritionnelle est encore inconnue et dans d'autres, où une enquête préliminaire a été effectuée, la situation sur le plan de la sécurité n'est pas encore suffisamment stable pour permettre aux organisations d'aide humanitaire de mettre pleinement en _uvre des programmes nutritionnels en fonction des besoins.

Perspectives à moyen terme: la mission constate des améliorations dans les systèmes de distribution de terres aux personnes déplacées et une coordination nettement améliorée de la campagne de distribution de semences et d'outils. Elle note par ailleurs qu'une part importante de la population qui avait été déplacée lors de la recrudescence des troubles intérieurs en 1998/99, a été partiellement ou entièrement absorbée dans les économies locales des chefs-lieux de province où elles avaient trouvé refuge. Cependant, la mission note avec préoccupation l'état peu satisfaisant d'occupation des terres reçues par de nombreuses personnes déplacées et prie instamment les administrations provinciales et leurs partenaires d'adhérer aux conditions minimales régissant la réinstallation des ménages déplacés, qui sont clairement définies dans le décret approuvé par le Conseil des ministres en octobre 2000. La mission prie aussi instamment le Gouvernement et la communauté humanitaire de continuer à faire des efforts pour assurer une meilleure coordination des campagnes de distribution de semences et d'outils.

Tout en prenant acte des améliorations apportées au cours des 12 derniers mois, la mission estime qu'une assistance alimentaire sera également requise pour l'année à venir, notamment dans les provinces où il reste de nombreuses personnes déplacées qui n'ont pas encore reçu de terres, c'est-à-dire dans les provinces où les hostilités sont encore intenses et où on observe un afflux continu de personnes déplacées vers les zones sécurisées. Les familles récemment réinstallées auront encore besoin d'aide tant qu'elles ne pourront cultiver suffisamment de terres pour assurer leur autosuffisance en produits alimentaires de base. Les mauvaises perspectives d'amélioration de l'économie nationale, en particulier dans les provinces de l'intérieur, et la mauvaise récolte attendue dans certaines des provinces du nord signifient que de très nombreuses personnes déplacées réinstallées et de très nombreux résidents seront vulnérables pendant la "période de soudure", c'est-à-dire à partir de septembre, jusqu'à la récolte de 2002.

Nombre de cas: au moment où la mission a été effectuée, en mai 2001, le nombre de personnes nécessitant une assistance pendant la période 2000/01 était estimé à 1,86 million. Le nombre de personnes qui, selon les estimations de la mission, auront besoin d'une assistance en 2001/02 est de 1,34 million. Cela représente une baisse importante par rapport à l'année précédente. Mais surtout, la structure du groupe bénéficiaire devrait être sensiblement différente en 2000/01 par rapport à l'année précédente. Les estimations préliminaires du nombre de personnes qui auront besoin d'une pleine ration familiale distribuée gratuitement sont tombées autour de 780 000, soit 46 pour cent de moins que l'année dernière, et ce chiffre comprend une proportion croissante de bénéficiaires qui sont des personnes déplacées réinstallées dans des conditions correspondant aux normes minimales de réinstallation prévues dans le décret pris par le Gouvernement en octobre 2000 et qui devraient parvenir à une autosuffisance totale à la prochaine récolte. Ainsi, le groupe bénéficiaire devrait se composer en grande majorité de personnes recevant une aide alimentaire pour une partie de l'année seulement, essentiellement pendant la période septembre 2001-avril 2002. Idéalement, ces bénéficiaires devraient avoir accès aux activités de distribution alimentaire s'adressant par définition des groupes particuliers de consommateurs, par exemple les activités et programmes "vivres-contre-travail", qui s'adressent aux membres vulnérables de la population exposés à un risque de malnutrition.

Pour ces estimations, on a pris comme hypothèses la poursuite d'une campagne bien menée de distribution de terres aux personnes déplacées ainsi que de semences et d'outils aux personnes déplacées et aux résidents; l'existence d'activités appropriées "vivres-contre-travail" et la volonté des ONG et de la communauté des donateurs de fournir des ressources pour ces activités; et le maintien du niveau actuel d'intensité du conflit.

Le tableau ci-après récapitule le total de personnes qui auront besoin d'une assistance alimentaire pendant la période 2001-2002, ventilé par province et par catégorie d'intervention.

Tableau 7. Angola - Nombre total de bénéficiaires d'une aide alimentaire par province et type d'assistance, pour la période 2001-2002

Province
Filets de sécurité
Aide d'urgence
Vivre-contre-travail
Total
Bengo
3 683
29 185
5 210
38 078
Benguela
58 302
30 605
6 642
95 549
Bie
68 755
159 513
7 625
235 893
Cabinda
-
-
-
-
Cuando Cubango
4 259
50 781
10 615
65 655
Cuanza Norte
3 661
48 250
27 213
79 124
Cuanza Sul
8 718
46 075
22 038
76 830
Kunene
3 155
7 607
3 898
14 660
Huambo
99 225
90 075
7 213
196 513
Huila
11 543
110 052
15 110
136 704
Luanda
10 650
9 400
3 164
23 214
Lunda Norte
-
-
-
-
Lunda Sul
3 834
47 571
9 503
60 908
Malanje
38 488
78 675
33 613
150 775
Moxico
7 933
47 609
23 885
79 427
Namibe
2 962
8 030
4 325
15 317
Uige
8 964
11 488
38 938
59 389
Zaire
2 260
3 524
3 251
9 036
TOTAL
336 390
778 440
222 240
1 337 069

Le nombre de personnes qui auront besoin d'une telle aide au cours de l'année à venir sera en moyenne de 1 337 000 par mois.

Le tableau 8 ci-après, où les céréales secondaires (essentiellement le maïs) totalisent 176 112 tonnes, présente à titre indicatif un assortiment alimentaire complet requis pour une telle aide.

Tableau 8. Aide alimentaire requise par l'ensemble des bénéficiaires

Catégorie
Céréales
Légumes secs
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Filets de sécurité
29 023
3 390
3 823
4 701
925
532
42 394
Aide d'urgence
115 834
17 309
7 795
1 090
4 366
1 292
147 685
Vivres-contre-travail
31 255
3 176
2 035
0
0
400
36 866
TOTAL
176 112
23 875
13 653
5 791
5 291
2 223
226 945

Sur la population susmentionnée nécessitant une aide d'urgence, le PAM pense toucher chaque mois 1 172 500 personnes en moyenne, ce qui représente 88 pour cent du total. Il est prévu que le reste recevra une aide alimentaire par d'autres filières de donateurs (essentiellement le CICR, la Commission européenne, CARITAS).

La stratégie du PAM pour ce pays a été révisée en octobre-décembre 2000 au terme d'un examen approfondi de la situation en Angola et de la réponse que l'Organisation y apportait. Elle a été intégrée à l'actuelle intervention prolongée de secours et de redressement (IPSR 6159.01), approuvée par le Conseil d'administration en février 2001. La structure du groupe bénéficiaire du PAM prévu pour 2001-2002 reflète la stratégie révisée. Elle prévoit l'arrivée de nouvelles personnes déplacées, quoiqu'en plus petit nombre, un programme nettement amélioré et élargi de réinstallation de personnes déplacées et un recours plus large aux dispositifs de distribution d'aide alimentaire s'adressant par nature à des groupes particuliers de consommateurs, le but étant d'apporter un soutien à court terme aux ménages pendant les périodes relativement brèves ou saisonnières de déficit alimentaire.

Le tableau ci-après présente une ventilation du nombre des bénéficiaires du PAM, par province et par type d'intervention.

Tableau 9. Nombre de bénéficiaires (en moyenne) d'une aide alimentaire de la filière PAM, par province et par type d'assistance pour 2001-2002

Province
Filets de sécurité
Aide d'urgence
Vivres-contre-travail
Total
Bengo
3 683
4 185
5 210
13 078
Benguela
58 302
16 155
6 642
81 099
Bie
68 755
155 730
7 625
232 110
Cabinda
-
-
-
-
Cuando Cubango
4 259
50 331
10 615
65 205
Cuanza Norte
3 661
38 750
27 213
69 624
Cuanza Sul
8 718
18 750
22 038
49 505
Kunene
3 155
4 657
3 898
11 710
Huambo
99 225
41 625
7 213
148 063
Huila
11 543
99 602
15 110
126 254
Luanda
10 650
9 400
3 164
23 214
Lunda Norte
-
-
-
-
Lunda Sul
3 834
37 571
9 503
50 908
Malanje
38 488
67 425
33 613
139 525
Moxico
7 933
47 159
23 885
78 977
Namibe
2 962
7 580
4 325
14 867
Uige
8 964
11 488
38 938
59 389
Zaire
2 260
3 524
3 251
9 036
TOTAL
336 390
613 932
222 240
1 172 561

Le tableau 10 ci-après, où les céréales secondaires (essentiellement le maïs) totalisent 158 645 tonnes, présente à titre indicatif un assortiment alimentaire complet requis pour une telle aide.

Tableau 10. Angola - Total de l'aide alimentaire prévue au titre du programme du PAM 2001-2002, par produit de base et par type d'intervention (tonnes)

Catégorie
Céréales
Légumes secs
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Filets de sécurité
29 023
3 390
3 823
4 701
925
532
42 394
Aide d'urgence
98 367
14 069
6 067
1 090
4 321
1 105
125 018
Vivres-contre-travail
31 255
3 176
2 035
0
0
400
36 866
TOTAL
158 645
20 635
11 925
5 791
5 246
2 037
204 278

Le Tableau 11 présente une ventilation des prévisions (en moyenne) concernant l'assistance du PAM, par province et par produit de base.

Tableau 11. Ventilation des prévisions concernant l'assistance du PAM, par province et par produit de base (en tonnes)

Province
Céréales
Légumes secs
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Bengo
1 686
215
141
93
44
23
2 202
Benguela
8 443
1 021
861
828
265
135
11 553
Bie
32 121
4 280
2 367
1 261
1 232
402
41 665
Cabinda
-
-
-
-
-
-
-
Cuando Cubango
9 892
1 358
653
171
375
116
12 564
Cuanza Norte
10 422
1 324
677
150
292
125
12 989
Cuanza Sul
6 814
848
494
187
164
89
8 595
Kunene
1 551
203
123
73
47
21
2 018
Huambo
16 860
2 001
1 531
1 115
501
240
22 248
Huila
18 983
2 691
1 306
365
758
225
24 328
Luanda
2 766
403
276
220
110
39
3 813
Lunda Norte
-
-
-
-
-
-
-
Lunda Sul
7 649
1 037
506
148
280
91
9 711
Malanje
18 715
2 411
1 380
590
598
247
23 941
Moxico
11 479
1 498
785
263
362
140
14 528
Namibe
2 053
269
150
63
67
26
2 627
Uige
8 131
941
598
235
121
105
10 132
Zaire
1 078
136
77
29
31
13
1 364
TOTAL
158 645
20 635
11 925
5 791
5 246
2 037
204 278

Stratégie et méthodes d'intervention du PAM

La stratégie du PAM en Angola comporte deux volets. Le premier consiste à fournir pendant un laps de temps limité, en partenariat avec les structures administratives locales, les ONG et d'autres partenaires, une aide alimentaire d'urgence aux bénéficiaires visés pour leur permettre de survivre et/ou d'entreprendre des activités productives propres à leur donner de nouveaux moyens de subsistance durables. On distingue pour cela trois méthodes principales: l'insertion dans l'économie locale (y compris des programmes de distribution de terres et de réinstallation), la réinstallation dans leur région d'origine ou l'émigration.

Outre l'aide alimentaire d'urgence, le PAM fournit une aide alimentaire aux familles et aux individus qui connaissent de brèves périodes d'insécurité alimentaire pendant l'année et ont besoin d'une assistance en attendant que leurs revenus ou leurs disponibilités alimentaires retrouvent un niveau suffisant pour leur permettre de redevenir autonomes. En Angola, une telle assistance est particulièrement bienvenue pendant la "période de soudure", lorsque les réserves alimentaires constituées par les ménages lors de leur précédente récolte s'épuisent et ne suffisent pas à leur garantir le minimum nutritionnel requis pour mener une vie saine et active. Cette assistance est fournie par le biais d'activités s'adressant par nature à des groupes particuliers de consommateurs, notamment les programmes "vivres-contre-travail" et les centres d'alimentation complémentaire et thérapeutique.

Les trois principaux modes d'intervention pour 2001-2002 seront les suivants :

i) Une réponse d'urgence sous forme d'aide alimentaire gratuite, qui sera fournie pendant des périodes strictement limitées aux personnes nouvellement déplacées et rapatriées. Les ménages nouvellement déplacés bénéficieront de distributions gratuites jusqu'à un maximum de deux pleines campagnes agricoles. Les rapatriés et les personnes déplacées réinstallées qui vivent dans l'insécurité alimentaire et sont réinstallés dans des conditions correspondant aux normes minimales de réinstallation définies dans le décret gouvernemental d'octobre 2000, recevront des rations familiales pendant une période de huit mois, ceci afin de leur permettre de construire des logements permanents et de préparer leurs champs pour les semis. Le cas échéant, douze autres mois de demi-rations leur seront fournis pour les encourager à étendre leur superficie cultivée.

ii) Des opérations d'urgence/rétablissement par des filets de sécurité, ciblées ou s'adressant par nature à des groupes particuliers de consommateurs, veilleront à ce que ceux qui ont vraiment besoin d'une assistance pour satisfaire les besoins alimentaires de leur famille continuent de la recevoir. Ces filets de sécurité seront constitués:

iii) Des programmes de rétablissement/redressement sur la base "vivres-contre-travail" s'adresseront par nature à des groupes particuliers de consommateurs et viseront les familles vivant dans l'insécurité alimentaire dans les zones à haut risque de malnutrition. Les bénéficiaires potentiels peuvent choisir s'ils veulent profiter ou non de l'assistance proposée.

Logistique

Le réseau d'activités du PAM en Angola couvre 17 provinces organisées autour de 11  bureaux auxiliaires provinciaux, dont celui de Luanda. Le climat d'insécurité générale continue de rendre la plupart des grands axes routiers peu sûrs pour les transports e vivres. Ceci explique que le transport aérien représente encore 62 pour cent de tous les vivres distribués à l'intérieur du pays.

Le Bureau du PAM en Angola peut acheminer entre 15 000 et 17 000 tonnes de vivres par mois dans les provinces. La plupart des vivres sont importés par les trois principaux ports maritimes (Luanda, Lobito et Namibe). Des quantités limitées de céréales, de sel et de poisson séché sont achetées localement dans les provinces de Benguela et de Huila. Pour l'IPSR en cours, Lobito doit gérer 48 pour cent des vivres, Luanda 39 pour cent et Namibe 13 pour cent. Les capacités moyennes de déchargement des ports sont les suivantes: Namibe, 600 tonnes/jour de marchandises en vrac et 400 tonnes/jour de marchandises diverses; Lobito, 800 tonnes/jour de marchandises en vrac et 600 tonnes/jour de marchandises diverses; et Luanda, 800 tonnes/jour de marchandises en vrac et 600 tonnes/jour de marchandises diverses. La capacité de transport est suffisante pour recevoir ces tonnages et les transférer immédiatement vers les points de stockage primaires.

Les entrepôts primaires situés à Luanda, Lobito et Lubango sont loués sur une base commerciale et leurs capacités respectives sont: Luanda, 19 000 tonnes; Lobito, 24 000 tonnes et Lubango, 6 000 tonnes. Les facilités d'entreposage dans 12 bureaux auxiliaires provinciaux sont soit louées sur une base commerciale soit mises à disposition par le Gouvernement. Des unités d'entreposage temporaire sont prévues pour couvrir une éventuelle augmentation des besoins, notamment pour les stocks tampons.

Les opérations aériennes sont menées à partir de trois grandes zones de transit, à Luanda, Catumbela et Benguela. Namibe et Lubango seront davantage utilisés, notamment lorsque les opérations au départ de Catumbela sont limitées. En outre, pour les escales présentant des contraintes de piste, comme Ganda et Balombo, on utilise un Buffalo DHC-5 au départ de l'aéroport de Lobito.

En plus des préoccupations liées à la sécurité et compte tenu de l'utilisation prédominante du transport aérien pour les ravitaillements alimentaires, les autres principales contraintes pesant sur les opérations logistiques du PAM demeurent le mauvais état des pistes d'aéroport et les difficultés à obtenir du carburant aux aéroports de départ. La capacité du PAM à réduire l'utilisation des transports aériens au profit du transport de surface, moins coûteux, pour rallier des villes comme Huambo et Kuito, est limitée par des critères de sécurité. Ces deux provinces doivent recevoir 32 pour cent du tonnage total, dont la majeure partie est encore transportée par voie aérienne. Les tentatives faites pour accroître les transports routiers à destination de Huambo ont été limitées par des problèmes de sécurité (embuscades, banditisme) sur la route. Cependant, les livraisons vers la province de Malanje, qui doit recevoir 11 pour cent de toutes les expéditions alimentaires, continueront de se faire par la route. L'état des pistes d'aéroport, en particulier à Kuito, ne s'est pas amélioré, ce qui a conduit le PAM à utiliser uniquement le modèle d'avion à hélices L 100, plus coûteux. Les pistes et les voies de circulation des aéroports d'autres villes, notamment ceux de Huambo, Luena, Negage et Saurimo, sont presque toujours en mauvais état, de sorte que ces aéroports sont complètement fermés ou soumis à un usage limité. Les disponibilités de carburant, notamment aux aéroports de Catumbela et de Benguela, ne sont pas assurées en permanence et des vols doivent parfois être annulés. L'unité des activités aériennes de Luanda surveille en permanence la situation et ajuste ses horaires afin que les tonnages requis puissent être acheminés dans les délais.

Des opérations logistiques au niveau des provinces sont en place, avec les arrangements nécessaires pour réceptionner les vivres à leur arrivée, les entreposer et les acheminer à leurs destinations finales.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations le cas échéant
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO, Rome
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: GIEWS1@FAO.ORG
M. Aranda da Silva
Directeur régional, OSA, PAM, Rome
Télécopie: 0039-06-6513-2839
Mél: Manuel. ArandadaSilva@WFP.ORG
Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1 Le contenu de cette section s'appuieest fondé sur diverses sources, notamment le Rapport du PNUD sur le développement humain ; l'Appel interinstitutions des Nations Unies en faveur de l'Angola ; le Pprofile de pays - Angola 2000 et le Rrapport de pays - Angola 1er trimestre 2001 (The Economist Intelligence Unit) ; diverses publications de la National Bank of Angola et du Ministère de la pPlanification.

2 Sur la base des informations du VAM/PAM.